Face aux experts du mercredi 4 septembre 2024
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h28, merci d'avoir choisi LCI ce matin. Face aux experts aujourd'hui, Sébastien Chenu, bonjour monsieur le député. Bonjour monsieur. Vous êtes membre du Rassemblement National, donc vous êtes également vice-président. Information TF1 LCI, hier soir, Marine Le Pen aurait à nouveau échangé avec Emmanuel Macron. Est-ce que vous nous le confirmez ?
Bon, ce n'est pas à moi de vous confirmer un échange entre le Président de la République et Marine Le Pen, la présidente du groupe parlementaire, du premier groupe d'ailleurs parlementaire de l'Assemblée Nationale. mais en tous les cas, si tel est le cas, si le Président de la République a souhaité échanger avec Marine Le Pen, Marine Le Pen lui aura répété ce qu'elle lui a déjà dit, aujourd'hui en être toujours à peu près au même point. Donc Marine Le Pen lui aura répété ce que nous lui disons. Nous déposerons ou voterions une motion de censure immédiate face à un Premier ministre issu du nouveau Front populaire parce que nous en connaissons le programme et que nous y sommes hostiles.
Donc ça, quelle que soit son identité ou son courant politique ? Alors, face à un Premier ministre issu du nouveau Front populaire, face à un Premier ministre qui serait Bernard Cazeneuve ou Xavier Bertrand, pour les raisons qu'on connaît, Cazeneuve parce que c'est la reproduction des années Hollande et on sait ce qu'il a fait, Xavier Bertrand parce qu'effectivement que ce soit en termes de résultats nationaux lorsqu'il était ministre régionaux en tant que président de région ou par son comportement représente à peu près ce qu'il y a de pire en politique.
C'est votre adversaire politique dans le Nord, pour que les gens comprennent bien aussi peut-être d'où vous parlez ce matin.
Ce n'est pas une histoire d'ailleurs personnelle, je le connais fort bien depuis très longtemps, mais c'est quelqu'un dont le comportement politique, au-delà de ne représenter d'ailleurs que lui-même, il n'a pas été choisi par les Républicains, par sa propre famille politique, lorsqu'il l'avait quitté puis rejoint puis requitté, on ne sait plus très bien, pour en devenir le candidat, il n'avait pas été choisi. C'est quelqu'un qui a aussi eu quand même des faiblesses, on va dire, vis-à-vis de l'islam politique. Moi, je l'ai vu dans le Nord avec le lycée Averroès qui est longtemps financé.
Bref, sur ces trois options, Marine Le Pen dit que ce n'est pas possible, nous déposerions ou voterions immédiatement une motion de censure. Pour le reste, on aura bien un Premier ministre et nous regarderons quel est le discours de ce Premier ministre. Et nous avons quelques exigences, quelques conditions pour ne pas le censurer immédiatement.
Si on revient à Xavier Bertrand, il y a un veto net sur Xavier Bertrand, de ce qu'on comprend, on peut lire, notamment ce matin dans Politico, que vous avez discuté.
J'ai ce genre de rumeur, c'est une espèce de mythomanie XXL de Xavier Bertrand qui, en fait, pour essayer d'être nommé, dit qu'il a reçu des assurances du Rassemblement National qu'on ne s'opposerait pas à lui. J'ai bien redit qu'il serait le premier sur la liste à qui on s'opposerait et qui dit dans la même façon, et j'ai vu qu'Olivier Faure avait réagi de la même façon, que côté du groupe socialiste, il arriverait à décrocher des soutiens. Olivier Faure lui a rappelé que non, non, il serait bien.
Donc, si vous voulez, c'est le coup de bluff de l'agent d'assurance qui essaye de faire croire à Emmanuel Macron pour être nommé un peu au forcing, que, en fait, tout le monde sera bienveillant à son endroit. Pas du tout, nous nous opposerons prioritairement à Xavier Bertrand. Il y a cette espèce de mythomanie assez malvenue, il faut bien le dire.
Donc, vous dites prioritairement à Xavier Bertrand, mais est-ce que ça pourrait être un autre Premier ministre issu de LR ? Est-ce qu'il y a un bloc sur LR ou uniquement sur Xavier Bertrand ?
Non, après, ce n'est pas des histoires d'hommes ou d'étiquettes. On sait bien que le Premier ministre qui sera...
Vous venez de dire le contraire. Non, vous venez de dire que Xavier Bertrand, c'est un point de fixation. Oui, c'est son action.
C'est irratrapable, Xavier Bertrand, pour vous ? Oui, enfin, ce sera immédiatement... Mais oui, écoutez, moi j'ai repris tout ce que Xavier Bertrand avait fait nationnellement lorsqu'il était ministre de la Santé. Ça commence à d'être, quand même. Oui, d'accord, mais enfin, on juge un homme sur ce qu'il a fait publiquement. Les franchises médicales, les fermetures de lits, la tarification à l'acte, ça, c'était lorsqu'il était ministre de la Santé. Dans le Nord, je vous ai parlé du financement d'un certain nombre de structures islamistes comme le lycée Averroës pendant des années. C'est très marginal, monsieur. Non, c'est pas du tout marginal, monsieur.
Ça donne exactement la couleur politique de l'individu. Ça dit exactement ce qu'un individu...
On reviendra sa politique de réindustrialisation en plus que le lycée Averroës, pardon.
Je suis désolé. Pas les journalistes, en tout cas. J'aimerais que la région des Hauts-de-France soit, par exemple, attractive. Nous sommes la région la moins attractive. On ne va pas pour les investisseurs.
On construit des usines partout dans le Nord, aujourd'hui.
C'est pas lié à Xavier Bertrand, c'était d'ailleurs lié à l'action de l'État. Et nous, nous avons... Non, mais... Je veux dire, vous pouvez vous faire l'avocat de Xavier Bertrand. Nous, on le voit sur le terrain. On sait que c'est quelqu'un qui, en réalité, n'a pas de colonne vertébrale. Et on l'a bien vu. Un coup, il était chez les Républicains, un coup, il était en dehors. C'est quelqu'un qui roule pour lui, Xavier Bertrand. Donc ça, c'est immédiable.
L'identité économique aussi, c'est un gaulliste social qui s'est parlé aux couches populaires, dans ses discours, c'est ce qu'il revendique, en tout cas. Non, non, non. Est-ce que ça ne pourrait pas satisfaire... Je n'ai pas du tout un gaulliste social, c'est un homme de communication. Il part de vos électeurs.
Vous répétez des aimants de langage que Xavier Bertrand utilise à son propre intérêt. Ce n'est pas un gaulliste social, c'est un homme de communication. Je vous donne un exemple Proche-Emploi. Il a créé une structure qui s'appelle, dans le nord, Proche-Emploi. Un échec total qui a coûté énormément d'argent aux habitants des Hauts-de-France pour ne pas ramener d'habitants vers l'emploi. Forcément, il y a déjà des structures qui existent dans notre pays, heureusement, et on peut s'en satisfaire. Donc, si vous voulez, c'est un homme de communication qui se fait passer pour un gaulliste social, mais en réalité, il n'y a pas de résultat.
Monsieur Chenu, on va clore le dossier à Xavier Bertrand, est-ce que vous l'avez rhabillée pour la saison qui s'ouvre ?
Je voudrais comprendre quel choix pourrait satisfaire le Rassemblement National puisque, a priori, Marine Le Pen a à nouveau échangé avec le Président de la République hier. Donc, est-ce que le choix qui pourrait vous satisfaire, vous n'allez pas me dire quelqu'un de gauche, ce serait très étonnant, est-ce que c'est donc quelqu'un, je reprends la question de ceci, issu des rangs de LR ?
Alors, c'est là où ce n'est pas une histoire dont le censurer immédiatement. C'est quelqu'un ou un Premier ministre qui s'engagerait, j'allais dire, sur plusieurs choses. D'abord, qui respecterait les oppositions, en tous les cas, la première opposition qu'est le Rassemblement National. Il y a des gens qui se comportent bien dans la vie politique tout en ayant des options différentes. Je note que ce n'était pas le cas de Xavier Bertrand. Mais qui se comporte bien, par exemple ? Il y a des tas de gens dans la vie politique. Citez-nous deux, trois noms. Je vais vous donner un nom.
Jean-Louis Borloo est, par exemple, quelqu'un avec qui on a des vraies différences d'approche, c'est le moins qu'on puisse dire, qui est un homme qui se comporte bien. Ça ne veut dire que valide. David Lissnard aussi ? Probablement, c'est quelqu'un qui sert... Jean-François Copé ? On s'éloigne. Mais je ne vais pas jouer à ça. Mais ce que je veux dire, c'est que, voilà, vous avez cité des noms, ce sont des gens qui respectent leur opposition tout en ayant des vraies différences. Ce serait quelqu'un qui aurait la lucidité de s'attaquer réellement à l'immigration, à l'insécurité, au soutien du pouvoir d'achat des Français.
Je vous donne effectivement ces exemples, parce que tout à l'heure, et peut-être on reviendra sur la candidature d'Edouard Philippe, mais des gens qui nous disent, lorsqu'ils ne sont plus au pouvoir, ah, il faut revoir les accords de 68 avec l'Algérie, c'est très bien. Mais enfin, c'est quand on est au pouvoir qu'il faut voir la lucidité de s'attaquer à ces sujets-là. Donc, quelqu'un qui serait ok pour appliquer des grands points du programme du RN ? Non, pour s'attaquer à ces sujets-là, pour ouvrir ces dossiers-là, qui, à notre goût, n'ont pas été ouverts. Et puis, qui ouvriraient, parce qu'il faudra bien sortir de ce qu'a opérée, qu'il faudra le dossier de la proportionnelle.
Alors, justement, dans quelle mesure... Par exemple, François Bayrou est quelqu'un qui ouvrirait le dossier de la proportionnelle.
M. Chenu, dans quelle mesure est-ce que cet élément-là pèse dans la balance ? Dans quelle mesure est-ce que le RN dit à Emmanuel Macron, si la proportionnelle est votée là, si vous le mettez en place, nous sommes prêts à céder sur ça, ça, ça, ça, ça ?
C'est un élément essentiel, pourquoi ? Parce que c'est un élément de déblocage de la cité. Pour rappeler cette belle citation du film Le Dîner de Con, ce qui m'inquiète, c'est pas la stratégie, c'est le stratège. Et là, on peut effectivement considérer que le stratège Emmanuel Macron a plongé notre pays dans une sorte de chaos politique. Donc, il faut en sortir. En sortir comment ? On voit bien que c'est une année dans laquelle, puisqu'il y a trois grands blocs à l'Assemblée nationale, il sera très difficile de faire passer des grandes réformes. Peut-être quelques réformes... Donc, il faut la proportionnelle.
Mais ça veut dire que vous êtes prêts à céder sur d'autres pans, si vous avez ça ?
C'est pas céder sur d'autres pans. C'est une négociation, il faut dire. Non, mais on est réaliste sur la situation politique. On ne va pas réussir à faire passer nos textes. En tout cas, pas tous nos textes. Nous, on va proposer, par exemple, l'abrogation, la réforme des retraites au mois d'octobre. On verra ce qu'il en est. Peut-être que là, il y a une majorité dans l'Assemblée nationale. Mais évidemment, je pense qu'on ne pourra pas faire passer l'ensemble de nos textes. Et c'est valable pour les autres groupes aussi. Donc, il faut sortir de ça. Donc, ça veut dire que nous, nous considérons qu'en 2025, il faudra revenir vers les Français si la situation est inextricable.
Donc, François Bayrou à Matignon, c'est ce que vous avez dit. François Bayrou à Matignon, ça vous va ? Non, mais j'ai parlé de Jean-Louis Borlon, on a parlé de David Lissard, on a parlé de François Bayrou.
Parce qu'on a pu entendre que votre parti voulait plutôt un Premier ministre technique.
Vous, vous pensez qu'il faut un politique ? Je pense qu'aujourd'hui, un Premier ministre dite technique, compte tenu du schéma, du blocage, de toutes les consultations et les expressions qui se sont succédées, quelqu'un qui ne braquerait pas, en tous les cas, immédiatement, les trois groupes politiques pourrait évidemment être regardé de près.
François ? Il y a quelque chose que je ne comprends pas quand vous dites sur la proportionnelle. Beaucoup de pays européens, en fait, la très grande majorité des pays européens ont adopté la proportionnelle pour leur législative. Mais ça n'a jamais donné la possibilité à un seul parti, précisément, d'avoir une majorité absolue au Parlement. Et donc, ça oblige à des coalitions et vos partenaires d'extrême droite aux Pays-Bas, en Autriche, en Italie, ailleurs, à partir de leurs propres résultats, souvent ils arrivent en tête ou souvent ils arrivent deuxième, mais ils forment des coalitions avec le centre, avec la droite, parfois même en Italie, on l'a vu à un moment, avec la gauche.
Qu'est-ce qui vous empêcherait intellectuellement de vous laisser aller à cette idée que vous pouvez collaborer, travailler, réfléchir et réformer le pays avec d'autres parties que le vôtre ?
Je crois que vous vous trompez si j'ose dire. D'abord, on nous a dit que le scrutin majoritaire est garant d'une certaine stabilité. On voit que ce n'est pas vrai. Ça a été le cas pendant l'heure. Ça a été le cas, mais ça n'est pas vrai aujourd'hui. Donc, il n'y a pas de garantie à 100%. Et on nous a dit souvent que la proportionnelle, c'est l'inverse, c'est une sorte d'instabilité.
Or, on voit bien qu'il y a dans un certain nombre d'élections, je pense aux municipales et aux régionales, où ce sont des listes élus à la proportionnelle, avec une prime majoritaire, la possibilité d'une certaine forme de stabilité qui ne nécessite pas d'alliance contre nature ou en tous les cas de coalition qui existe dans notre pays. Donc, il y a probablement un système à imaginer. La proportionnelle, elle peut être départementale, elle peut être régionale, elle peut être nationale. Le seuil auquel on met la capacité à avoir des élus peut être discuté. Mais moi, je pense qu'on vient de l'expliquer, d'avoir une certaine forme,
de donner une certaine forme de stabilité. Mais ça veut dire pour gouverner seul ou pour gouverner avec d'autres ? Et particulièrement avec les autres, parties de droite. C'est ce qu'on voit aussi se faire en Europe. C'est une alliance des droites parce qu'on se rend compte qu'elles ont des intérêts à gouverner ensemble. Je ne souscris pas à ce terme.
Je ne l'ai jamais fait et nous ne le faisons pas avec Marine Le Pen au terme de l'union des droites parce qu'on le trouve trop restrictif. On a des partenaires qui sont de droite assumés. Je pense à Éric Ciotti. Aucun problème, évidemment. Mais nous, nous pensons qu'il faut aller au-delà. On ne peut pas simplement se regarder entre gens dits de droite. Moi, je ne me considère pas forcément comme quelqu'un uniquement de droite. Je crois que c'est un peu restrictif. On a une conscience sociale qui est probablement plus aboutie que ne l'est aujourd'hui. Par exemple, la droite de Laurent Wauquiez qui est un peu haro sur les pauvres tout le temps.
Eh bien, nous, nous considérons qu'on doit aller au-delà. Donc, la proportionnelle permet en plus d'accueillir des gens qui ont d'autres sensibilités.
C'est vrai que sur le terrain économique, vous êtes plus proche de LFI. Vous aussi, vous voulez revenir, je liste, vous voulez revenir sur la réforme des retraites, vous voulez augmenter votre programme, sans guillard de dépenser.
Un impôt de solidarité sur la fortune. Non, on veut un impôt sur la fortune financière. Ce qui n'est pas la même chose. Non, mais non. Le chenu à d'autres, pas à nous, quand même. Non, non. Non, mais parce que vous caricaturez les choses en disant non, non, non, non, c'est la réalité.
C'est une caricature. Le programme n'est pas proche de LFI. Il faut l'admettre. Il faut l'admettre. Vous avez un pouvoir souverainiste. Je ne vais pas vous faire plaisir,
cher monsieur, quand vous avez une lecture caricaturale. Interventionniste.
Étatiste. Comme LFI.
Vous cherchez ? Non, non, je ne cherche rien. Non, non, pas comme LFI. Vous dénaturez les choses. Quand on est souverainiste, moi, j'assume ceci. Quand l'État doit intervenir pour réguler, j'assume ceci. Quand l'État doit intervenir pour demander un effort supplémentaire, par exemple, en matière de sur-profit. Donc, on considérait que mettre en place une taxe dans le temps limité sur les sur-profits était effectivement nécessaire. Mais je vois que monsieur Bérou aussi proposait cela. La majorité, d'ailleurs, était intéressée à cela.
Je ne crois pas que monsieur Bérou soit particulièrement étatiste et la famille politique dans laquelle il vient, dont il est issu, n'est pas une famille politique particulièrement d'État. Alors, justement, je voudrais revenir à cette majorité, monsieur Chenu. Il ne faut pas être caricaturaux.
Je voudrais revenir à cette majorité dont fait partie Edor Philippe. Il est donc officiellement candidat à l'élection présidentielle 2027. Interview dans le point hier. Ce n'est un mystère pour personne, dit-il. Je suis candidat. Il faut en avoir envie. J'en ai envie. Et il se dit même prêt à l'être s'il y avait une élection présidentielle anticipée, faisant écho à des propos tenus, notamment à gauche, sur une possible destitution ou démission dans votre propre camp. Comment est-ce que vous réagissez à cette candidature ?
C'est effectivement un calendrier un peu curieux dans le sens où chacun essaie de trouver des solutions pour le pays qui est bloqué et quelque part de réfléchir d'une façon collective. Je sais très bien que les hommes sont les hommes. Ils ont des ambitions. Mais qu'Edouard Philippe fasse passer ses ambitions personnelles. avant l'intérêt du pays qui est, je le rappelle, de trouver des solutions. Par exemple, là aussi, c'est une proposition qui ne ressemble pas vraiment à celle de LFI sur la hausse des salaires des Français. Nous, on considère que les Français ont besoin de voir leur forme de travail. Et donc, on ne propose pas du tout la hausse du SMIC.
Nous, on propose une hausse des salaires de 10% en échange d'un gel des cotisations patronales. Ce n'est pas du tout la même chose. Et d'ailleurs, la LFI nous en fait suffisamment le procès parce qu'on considère que la hausse du SMIC à 1 600 euros est intenable pour les PME, les TPE. Vous voyez, on a une... Revenons à Edouard Philippe, s'il vous plaît, monsieur. Sur Edouard Philippe, cette volonté de faire primer son ambition personnelle au moment où, collectivement, les Français se font du souci sur l'avenir de leur pays est quand même assez étrange.
L'inélégance, mais quelque part, ça ne me regarde pas, qu'il a vis-à-vis d'Emmanuel Macron en l'enterrant aujourd'hui, en dit long sur ce que, aujourd'hui, l'ex-majorité présidentielle, les amis d'Emmanuel Macron pensent de la capacité qu'Emmanuel Macron a encore imprimée dans les années à venir. En fait, ils l'ont enterré. Ils considèrent que, finalement, Emmanuel Macron, sa parole et son action seront extrêmement limitées et qu'il faut passer à autre chose.
C'est un point de vue que vous partagez aussi au Rassemblement de l'Assemblée ?
D'accord, mais nous, on n'est pas les alliés d'Emmanuel Macron. Si vous voulez, on n'a pas été nommés par Emmanuel Macron et je trouve que, je sais qu'en politique, l'élégance n'est pas toujours exacte. Moi, je l'ai vu au pouvoir, j'étais député lorsque Édouard Philippe était Premier ministre. Qu'est-ce que j'ai vu ? J'ai vu un homme qui essayait d'imposer, qui avait beaucoup de mal, qui essayait d'imposer des réformes et non pas de les négocier. Je me souviens des 80 km heure. Ça avait beaucoup, d'ailleurs, braqué les gilets jaunes. Donc, j'ai vu quelqu'un qui avait quand même une colonne vertébrale un peu psychorigide et qui avait beaucoup de mal à aller vers la négociation.
J'ai vu un homme qui est un, je veux dire, on ne lui en fait pas le procès, son ses convictions, qui est un libéral assumé et qui est pour une retraite à 69 ans. Il l'a dit, ça n'a pas été fait, mais en tous les cas, c'est sa boussole et je crois qu'il le sous-entend encore dans son interview. Donc, on est face à quelqu'un qui a des différences d'approche majeures avec ce que nous croyons bon pour le pays. J'ai parlé tout à l'heure sur le régalien de sa faiblesse lorsqu'il a eu rencontré, je crois, deux fois le président de Géry d'avoir quelque part un petit avantage en ce qui concerne l'immigration. Eh bien, aujourd'hui, Edouard Philippe nous dit qu'il faudrait le faire.
Moi, je suis toujours étonné par ces gens qui, à un moment, ont eu les manettes pour faire les choses. Edouard Philippe, il avait une majorité, il était Premier ministre, il était à tête d'un gouvernement, il avait la possibilité de faire bouger les choses et il ne l'a pas fait. Je pense que Edouard Philippe a un point Alain Juppé là-dessus.
Un point de courage. Très important, je parle sous le contrôle de notre expert en économie, Pascal Péry. Bercy nous informe que le déficit glisse de 5,5, il est à 5,6, s'il pourrait dépasser les 6 en 2025 s'il n'y a rien d'effet, ce qui signifie que des mesures, il faut le dire, amères, pourraient être prises pour que cela recule. Votre objectif, vous, c'est de gouverner. Est-ce que vous pensez que votre programme est applicable en l'État ou est-ce que vous, au pouvoir, vous, majoritaire à l'Assemblée nationale, vous prenez conscience de cette situation et vous agissez ?
Marine Le Pen a toujours dit qu'une dette, ça doit se payer parce que si on considère, si on dit qu'on ne paiera pas la dette ou comme l'avait dit Jean-Luc Mélenchon, encore différence majeure, qu'on passe ça par-dessus l'épaule, eh bien vous avez en face les marchés sur lesquels nous empruntons qui diront, puisque la France ne peut pas s'acquitter de sa dette, ça va être de plus en plus difficile de lui prêter puisque c'est de l'argent perdu. Donc une dette, ça se paye. Ça c'est le principe de base, j'allais dire. Avec quoi ?
Alors, il y a effectivement des rentrées fiscales et j'ai vu tout à l'heure, j'ai écouté avec attention votre édito, il y a des rentrées fiscales ou des sources d'économie que vous n'avez pas listées. Vous allez dire...
J'évoquais le conseil du Trésor de Bercy. C'est vrai. J'ai des idées personnelles mais je les garde pour moi. D'accord,
en tous les cas qui n'ont pas été mises sur la table et sur lesquelles on a ce sentiment qu'il y a un tabou français. Les dépenses liées à l'immigration, nous nous considérons et nous avons listé un certain nombre, j'en ai sous les yeux, un certain nombre de recettes possibles car vous savez très bien que pour relancer une machine économique, il faut des recettes mais il faut aussi une dynamique économique.
Sans faire le listing complet, vous arrivez à quel résultat ? À quel montant ?
On avait, dans le programme présidentiel de Marine Le Pen, on avait calculé qu'il y avait une possibilité de 15 milliards d'euros par an de recettes supplémentaires sur ce domaine-là. Je note...
Là, Bercy nous dit, M. Chenou, juste sur les derniers 24 heures,
il faut 16 milliards de plus. J'y arrive. La situation... La situation... La situation que nous laisse le gouvernement Macron et Bruno Le Maire, étrangement silencieux d'ailleurs, quand vous rendez les clés ce qui va se passer de Bercy 7 ans après avec un bilan pareil, vous devez quelques explications évidemment aux Français.
Ça n'empêche pas le Rassemblement National de proposer 100 milliards d'euros de dépenses publiques supplémentaires. Je suis pour la dépense publique quand elle est utile, M. Chenou, soyons clairs. Mais comment la financez-vous dans telles conditions ?
On ne propose pas 100 milliards de plus tout de suite comme ça. Pas tout de suite, mais c'est... Il faut faire 100 milliards d'économies. Mais aujourd'hui, nous sommes face à un mur de la dette qui va nous amener à reconsidérer totalement le périmètre, notamment, d'intervention de l'État, notamment, de priorité. Nous, on considère... Je viens de vous le dire que, par exemple, sur l'immigration, il y a une chose d'économie réelle. Il en manque 85. Nous considérons que sur la contribution à l'Union Européenne, là aussi, ben oui, mais là aussi, il y a une source d'économie... Vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Le problème...
Restez dans l'Europe et ne pas payer les cotisations. Le problème avec l'Union Européenne, c'est que, pour l'instant, on n'a ni le beurre ni l'argent du beurre puisqu'on donne plus qu'on ne reçoit. Enfin, vous empruntez...
On emprunte grâce à l'euro un taux...
On donne plus qu'on ne reçoit.
Si on était en franc, on double reine.
C'est le principe même de l'Union Européenne. C'est un système qui fonctionne sur les solidarités. Et puis, je pense qu'effectivement, il faut qu'il y ait plus de gens qui travaillent, c'est-à-dire qui rentrent plutôt sur le marché du travail. Là aussi, c'est une différence d'approche. Vous savez, il y a eu des propositions que moi, j'ai trouvées très intéressantes sur ce qu'on appelait la majorité professionnelle. Rentrer plutôt sur le marché du travail. Je pense que c'est une piste qui n'a pas le marché du travail. Là, il y a aussi, j'allais dire, une capacité à relancer une machine économique.
Un dernier mot, s'il vous plaît, rapidement, sur ce drame terrible qui s'est noué dans la Manche hier. Une embarcation cool. Au moins 12 personnes sont mortes. Enfin, 12 personnes sont mortes. La recherche a pris fin. C'était des migrants qui cherchaient à gagner l'Angleterre. Gérald Darmanin dit hier soir qu'il veut renégocier les accords de migration avec la Grande-Bretagne. Je rappelle les accords du Touquet négociés par Nicolas Sarkozy qui en compte partie d'une frontière à portes financiers. La frontière anglaise est sur les côtes françaises. Est-ce qu'il faut les renégocier ?
Oui, d'accord. Alors, probablement et bien sûr, ça fait là aussi des années qu'ils sont en responsabilité. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait ? Pourquoi est-ce que ce dossier l'arrêtait ? C'est parce qu'il faut changer de paradigme. Moi, je pense qu'à partir du moment où on fait croire que ce sont des migrants qui veulent aller en Angleterre mais que l'Europe est un Eldorado, évidemment, c'est une histoire sans fin. Donc, par conséquent, on ne peut pas traiter ce problème sans sécuriser les frontières extérieures et les frontières intérieures, les frontières extérieures de l'Europe et les frontières intérieures de notre pays.
Notre pays ne peut pas devenir une autoroute de migrants et notre pays ne peut pas accueillir plus d'immigration. Donc, vous ne touchez pas
aux accords du Touquet pour l'instant ? Non, mais c'est un ensemble
C'est dans votre région, par ailleurs. Vous connaissez le sujet. C'est un ensemble qu'il faut revoir. Mais je pense que ce n'est qu'une partie du problème que les accords du Touquet.
Merci beaucoup, M. Chenu, d'avoir été avec nous ce matin en direct sur LCI. Voici la météo de Vanessa Matagne. Il est 8h49.