SEULE SURVIVANTE D’UN CRASH D’AVION : ON LUI A CACHÉ LA MORT DE SA FAMILLE PENDANT PLUSIEURS JOURS
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Chapitres
Questions et réponses
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- 47:16OuverteRéponse directe
Tu parlais de 8 mois, tu as dit sont restés 8 mois à l'hôpital ? Est-ce que les gens qui t'ont aidé, on va y revenir, mais est-ce que tu as des nouvelles de l'hôpital ?
- 47:54OuverteRéponse directe
Il est venu te voir à l'hôpital ?
- 48:34OuverteRéponse directe
Tu parlais de l'infirmière tout à l'heure, c'est qui t'a sauvé la vie ?
- 49:18OuverteRéponse directe
La gendarmerie va demander à te voir pour l'enquête. Est-ce que c'est quelques semaines après, quelques jours après ton réveil ?
- 49:57OuverteRéponse directe
Tu vas découvrir ton corps brûlé. Tu le dis parce qu'au réveil tu ne t'en rends pas compte ?
- 50:34OuverteRéponse directe
Tu es totalement rasé. Comment tu as vécu ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 16:40non_speechFait
« Un peu parfois vexantes avec des questions. »
- 35:21non_speechFait
« Ne lui dites pas que sa famille est décédée. C'est ça. »
- 47:16Fait
« Il y a eu beaucoup de témoignages des amis de mes parents qui ont parlé et ils ont parlé d'eux et ça m'a fait plaisir d'entendre de belles choses d'eux. »
- 48:34Fait
« Christian le randonneur, il est à mon réveil du coma est venu me voir. Il avait besoin de me voir. »
- 49:57Fait
« Les grands brûlés généralement sont rasés parce que pour les greffes quand on est brûlé au visage généralement ils prennent la peau du cuir chevelu pour greffer sur le visage. »
- 51:43Fait
« La première fois que j'ai vu mon visage, c'était avec la psychologue. »
- 55:41Fait
« Je pouvais même pas manger seul. On me faisait manger. »
- 1:01:27Fait
« Quand l'infirmière m'a montré le masque, ben là, je me suis mise à pleurer. »
- 1:04:08Fait
« La vraie rééducation, ce sera en dehors du centre de rééducation, d'être confronté au regard des gens. »
- 1:08:42Fait
« Je m'habillerai tout le temps, même l'été, pantalon chemise, des gants et aujourd'hui j'assume de sortir en manche courte en maillot de bain. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui, notre invité s'appelle Laura Vebelle. Elle a vécu un accident d'avion avec toute sa famille avec un petit avion de tourisme où il y a [musique] quatre places à l'intérieur. Va nous raconter d'éc de sa famille et aussi comment elle a passé plus de 18 mois, vous allez voir d'hospitalisation. Tu te rappelles de quoi juste juste avant le donc on survole le lac [musique] Dancy et on fonce dans des arbres et après on s'est directement craché. Il y avait ton fauteuil mais il y avait plus [musique] d'avion et c'était disloqué. Ouais c'est ça. Mais l'avion c'est plus un avion, c'est un am de débris.
C'est comme si j'avais eu une bulle de protection qui m'avait protégé. Tu tu as eu la peau brûlée [musique] ? Quand je me suis vue franchement je me reconnaissais mon visage était rouge, j'avais des plais de cassé. J'ai même fait un malaise parce que je de te voir. Ouais. de me voir parce que c'est vraiment la peau était à vif violet. Tu es assis sur le siège sur la place de ton frère dans l'avion ? Bah en fait il m'a un peu laissé sa vie. J'ai pris la place de mon frère. Ça devrait être mon frère là aujourd'hui. Pourquoi moi j'ai survécu et pas mon frère, pas mon père ou ma mère quoi ? Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gendes. Aujourd'hui notre invité s'appelle Laura Vebelle.
Et là, 22 ans, elle a vécu un accident d'avion avec toute sa famille lorsqu'elle faisait un tour de France avec un petit avion de tourisme ça s'appelle où il y a quatre places à l'intérieur. Va nous raconter son histoire, pourquoi ils sont partis faire ce Tour de France. Euh malheureusement le le problème qu'ils ont eu en l'air qui malheureusement a craché l'avion va nous raconter euh tout son parcours, le décès de de sa famille et aussi comment elle s'est reconstruit après euh et comment elle a découvert son corps après en centre de rééducation. Elle a passé plus de 18 mois, vous allez voir, euh d'hospitalisation euh avec un masque si elle va nous raconter toute son histoire.
En tout cas, merci d'être là juste avant de de commencer l'émission. Euh les amis, abonnez-vous, ça prend vraiment 30 secondes avant de commencer et ça nous aide beaucoup à avoir des invités exceptionnels comme Laura aujourd'hui qui vient nous raconter son histoire. Vous êtes tous les bienvenus. Il suffit juste de nous envoyer un email d'ailleurs sur contact@légendegrou.fr si vous voulez venir euh raconter votre histoire. Vous nous envoyez quelques anecdotes avec votre numéro de téléphone et vous êtes tous les bienvenus ici. Hésitez pas à commenter l'émission, à lui mettre des petits mots. J'imagine que elle les lira à la sortie de l'émission.
Euh vous pouvez aller euh mettre des petits commentaires, liker euh la vidéo pour le référencement et en podcast audio sur Spotify, dieser Apple Podcast, Amazon Podcast. Juste avant de commencer l'émission, je voulais remercier notre partenaire sur cette vidéo. C'est Finari. Finari qui est une plateforme qui permet de gérer son argent et de permettre de comprendre, vous allez voir, de gérer son budget parce que chaque année, on se dit qu'on va mieux gérer son argent. Là, c'est directement concret. Grâce à Finar, vous pouvez loguer vos comptes et voir directement tous vos frais, tous les abonnements inutiles que vous avez.
Vous pouvez vous rendre compte combien vous avez de frais sur votre plan épargne retraite même sur les actions vous avez surtout vos investissements. Ça vous permet de piloter vraiment tout ça et de pouvoir aussi investir d'ailleurs grâce à Finari. On a reçu à quelques temps Mounier Lagoun qui est le patron celui qui a créé [raclement de gorge] Finari et on a abordé non seulement tout ça dans l'émission comment bien gérer et faire évoluer aussi son argent et comment les grandes familles françaises font pour optimiser leur patrimoine et pour continuer de rester très riche leurs choix leurs décisions en bourse et leur stratégie.
On a aussi parlé de Warren Buffet qui est très très riche et comment il a réussi à devenir très riche et aussi grâce à la bourse. On a abordé tous ces sujets très intéressants. Donc si voir l'émission directement sur Finar, vous allez dans la description de cette vidéo. Voilà, merci beaucoup à eux de nous sponsoriser juste avant de commencer l'émission. Je sais que Laura vient de Nant. On va y passer aussi. Je vous rappelle qu'on part en tournée pour le légend tour à partir d'octobre 2026. On a réservé les plus grandes salles de France. On va passer à Paris, on va passer à Rennes, à Nant, à Bordeaux, à Liverant, on va à Rouan aussi, à Montpellier, à Strasbourg, à Nice.
On va passer à Paris à la Adidas Arena deux fois le 14 novembre et le 15 novembre 2026 et on va passer à forêt nationale aussi deux fois. Donc si vous voulez avoir toutes les dates, c'est sur légendetour.fr. Au milieu de ces salles, il y aura une scène centrale avec six invités qui ont marqué la chaîne. Philippe Box, le médecin légiste. Il y a par exemple Julien qui est pilote de tigre, hélicoptère de de combat à l'armée de terre. Il y a beaucoup d'invités, ils vont raconter des anecdotes exceptionnelles. On ne pourra pas filmer à l'intérieur. Donc tout ce qui va se passer en salle sera unique et va se vivre une seule fois.
Il y aura Franck Dubosque qui viendra avec nous sur certaines dates, Maxime Gasteuil sur d'autres, Kevadame sur d'autres. Il y aura beaucoup d'autres invités qui seront annoncés juste avant parce que on garde la surprise. Il y a des trucs exceptionnels qu'on est en train de de préparer. En tout cas, j'ai hâte de vous y voir aussi. Et c'est parti maintenant avec Laura Vebelle sur les gendes. On y va. Je m'appelle Laura Vbelle, j'ai 22 ans et je suis la seule rescapée d'un accident d'avion. Et aujourd'hui, je vais vous raconter mon histoire. Et ben voilà, bienvenue Laura. Surprend le clap. Oui. Euh, tu viens de Nant ? Oui oui oui, j'éite à Nant. Ouais. Tu as fait l'aller-retour ? Oui oui oui.
Tu es venu exprès. Merci beaucoup. Euh on t'a on t'a contacté je crois il y a quelques quelques temps. Tu as écrit un mail pour pour te recevoir, tu as vécu une histoire. tu m'as dit tu connaissais l'émission donc tu vois un peu comment ça marche. Oui oui oui oui [grognement] bien ou on refait le parcours de l'invité comprendre sa vie son parcours et cetera euh toi tu as eu il y a il y a à peu près 5 ans aujourd'hui un un accident d'avion tu vas nous raconter ce parcours parce que tu es étudiant ton corps aujourd'hui he tu as 22 ans. Ça c'est ça tu as eu un un accident où tes parents sont décédés et ton frère qui avait un an de plus que toi aussi.
On va revenir sur l'histoire si tu veux bien. Tu nous racontes ton parcours. C'était un petit avion dans lequel tu étais. Un avion, on dit avion de tourisme. C'est ça. Tu m'as appris quelque chose dans le bureau, c'est qu'il y a en fait pas mal d'accidents d'avion de tourisme. Alors, on entend moins parler parce que il y a pas 200 personnes dedans comme les avions d'Air France, voilà, les longs courriers, les vols commerciaux. Mais il y a quand même pas mal d'accidents. Je crois que c'est aux alentours de 70 l'année dernière encore en France. Euh donc c'est énorme.
Euh on va raconter ton histoire parce qu'après tu as vécu 2 mois de coma euh et durant ces 2 mois au réveil euh il y a ta grand-mère qui va être à à côté du lit à ton je fais mais qui va pas te dire que ta famille est décédée qui tout le monde va faire semblant entre guillemets que tout va bien pour pas que tu retombes dans le coma en gros. C'est ça. Oui, c'est enfin c'est la demande des Oui, voilà. C'est à la demande. Il faut que ce soit un médecin qui annonce ce genre de d'évêtement de de choc pour que ce soit, on va dire, bien aussi compris par la personne quoi.
Pendant pendant ils vont te ment dire juste, on va revenir sur l'histoire, mais pendant combien de temps ils vont pas te dire quand tu es réveillé ? J'ai du mal à m'en rendre compte, mais c'était quand même plusieurs jours. Plusieurs jours. Ouais. Non, c'est fou. Mais au début, ouais, à mon réveil, ouais, je me je m'en rendais pas compte en fait. Je me posais pas de questions. Et en fait, c'est à partir du moment où justement j'ai vu ma grand-mère et qu'il y a eu plusieurs petits petites choses qui m'ont questionner que je me suis demandé et c'est là qu' m'ont annoncé. Ouais. Non. Oui. Tu t'es posé des questions au fur et à mesure ? Ouais. Ouais. Ouais. Oui.
Tu faisais quoi avant pour comprendre ? C'est donc tu avais 18 ans de l'accident, tu venais d'être majeur en gros. Qu'est-ce que tu faisais ? Ben, je venais juste d'avoir mon bac euh et à ce moment-là, c'était les vacances et je comptais bien profiter avant de commencer mon année mon année scolaire parce qu'en septembre, j'étais censée aller en en passe commencer médecine parce que du coup moi depuis que je suis petite, ça peut paraître bizarre mais je souhaitais devenir dentiste et donc c'était ça, je devais commencer m Pourquoi ça pourrait paraître bizarre ? Bah parce qu'il y en a plein qui aiment pas aller chez le dentiste. Ah oui oui.
Ben attends mais c'est pas le problème d'être chez le dentiste. Quand tu es le dentiste, tu sens pas la douleur. Oui oui c'est ça. Mais bonouais mais je sais que ouais mais moi enfin je peux pas l'expliquer mais je me souviens quand j'étais petite, je suis allée chez le dentiste et j'ai su que je voulais faire ça. Donc tu étais quel genre d'ados ? Tu étais euh plutôt sage ? Oui oui oui. Très ouais très très suvieuse, très très organisée, très Ouais. Je travaillais bien à l'école. Euh oui après je profitais avec mes amis aussi. Euh enfance bienveillante. Exactement. Ouais. Oui vraiment. dans une famille aussi très [souffle coupé] très soudée, très heureuse, très très épanouie. Ouais.
Tu habitais où à l'époque ? À Nant. À Nant ? Nant. Ouais. Dans dans la même maison qu'aujourd'hui. Exactement. Ouais. Hm. Tu as repris la maison, tu l'as gardé en tout cas la maison famille. Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. C'était mon souhait. Ouais. H euh Comment ça va se passer ? Ton tes parents avant leur décès et avait une boîte je crois. Ton ton ton père avait une société. Qu'est-ce qu'il faisait dans la vie tes parents ? [grognement] Et ben, ils étaient donc chefs d'entreprise. Ils avaient une entreprise de sanitaire chauffage pombri avec un magasin pour les professionnels et pour les particuliers dans le bâtiment du coup. Exactement. Oui, c'est ça.
Dans la salle de bain, chauffage et cetera. Et euh donc il gérait ça. Il y avait quand même à peu près une vingtaine de salariés et euh et en fait ma mère avant était cadre bancaire et elle a rejoint ensuite mon père pour bah pour qu'il travaille ensemble et ça se passait très très bien. Ouais. Et et donc ton frère a un an de plus que toi pour comprendre le le noyau familial euh et comprendre le parcours. Euh il s'appelle Alexandre. C'est ça. C'est ça. Euh qu'est-ce qu'il faisait dans la vie lui ? Et ben lui c'était donc il avait un an de plus que moi. Donc il avait commencé ses études supérieures mais ça lui plaisait pas. Donc il était en train de se réorienter.
Il avait commencé une école dans le parce que lui il était fan de jeux vidéo. Il était il avait fait une école dans l'événementiel dans le esport et en fait il s'est rendu compte que ça lui plaisait pas. Donc il cherchait pour se réorienter à la rentrée. Ouais. Tu t'entendais bien avec lui ? Ouais, très très bien. Oui. Bah mes parents, ils ont toujours dit, on était comme des jumeaux. Enfin, ils nous ont élevé à un an d'écart. On a toujours tout vécu ensemble. Oui, mon frère c'était on s'entendait très très bien. On était complètement différent mais on était très très proche. Ouais. Tu avais une famille fusionnelle quoi. Ouais, ouais, ouais. Oui, vraiment. Ouais.
Et ton c'est ton père qui était passionné de de d'aviation plus que ta mère ou que ton frère ? Oui, oui, oui. Ça c'était vraiment la passion de mon père. Ouais. Ouais. Ouais, depuis toujours il voulait il voulait voler et donc il a passé son brevet, je crois que c'était en 2010 et et ouais, c'est sa passion. Ouais, ouais, ouais, c'est c'était sa passion. Donc il pilotait très régulièrement parce que nous en plus on habite pas très loin de l'aéroclub de Nant. Oui, c'est les aéréoclubes, c'est comme des petits aéroports. Des tout petits, c'est que c'est une piste, c'est les aérodromes. Non, c'est pas Et ben là, celui de Nant, ça fait partie de l'aéroport de Nant.
Donc ça veut dire qu'on décolle sur la piste des des avions commerciaux et c'est très impressionnant parce que tu te sens vraiment très petit à côté des des gros avion quoi. Il en faisait tout le temps. Enfin parce que je crois que quand tu as le brevet de pilote, moi je connaissais pas trop l'aviation comme ça mais je crois que tu tu dois faire un nombre d'heures minimum. Non c'est ça. Oui oui je sais plus exactement mais oui on est on est obligé de faire un certain nombre d'heures par an. Donc oui mon père il en faisait on va dire que c'était son loisir le weekend le dimanche très régulièrement. Il en faisait. Ouais, il avait un un avion. Je vous mets une photo. Je t'ai montré la photo.
Tu m'as dit que c'était ça. C'est c'est pas une photo de l'avion de de ton de tes parents. Et tout simplement parce que tu avais le téléphone mais lors du crash, tu as perdu évidemment. Ouais. Donc j'ai perdu beaucoup de photos. Ouais. Donc tu as pas de photos du Georgie. Non non non non. Et cetera. Ça s'appelle un Robin. Si vous nous écoutez en en podcast audio, ça s'appelle un Robin DR500. C'est ça. Robine ou Robin. Oui. Euh ouais. Robin. Ouais. [grognement] Donc ça c'est des locations en gros. C'est ça. C'est ça. Ouais. Oui. Oui. Bah parce qu'il faisait partie de l'aéroclub de Nant et donc ça se loue. Ça se loue pour la journée pour plusieurs semaines. Ça dépend.
En gros, c'est un petit avion. C'est petits avions qu'on va passer parfois au-dessus de la mer. Quand vous êtes à la mer, il y a toujours des petits des petits vols comme ça, des des gens d'aéroclub. Donc je connaissais pas trop le principe mais en fait tu payes une cotisation, tu payes un forfait dans les aéroslubs. Alors ça dépend lesquels et cetera et en fait tu as le droit à un nombre d'heures de vol et après tu payes le carburant évidemment et cetera. Mais en fait, c'est des avions de location qui appartiennent à l'aéroclub qui sont pas qui étaient pas à ton père. C'est ça. C'est ça. Ouais, complètement. Ouais. Vous pouviez monter à combien dedans dans un avion comme ça ? Quatre.
Maximum quatre. Oui. Qu'est-ce que vous faisiez ce jour-là ? Vous allez parce que là tu disais il en faisait souvent mais c'était habituel que ton père t'emmène avec tout à l'heure ? Non non non. Ben généralement lui il pilotait le c'était souvent le dimanche. Euh il il partait de Nant juste pour la journée quelques heures. En plus comme nous on habite à Nand c'est vrai que c'est sympa. On est rapidement sur la côte donc c'est super sympa. Mais là, pendant ce voyage, le en fait son rêve c'était parce que lui il est alsacien et en fait c'était de faire le trajet Nant Alsace en avion et de rejoindre sa famille. C'était ça a toujours été son rêve. Partir de l'ouest à l'est. Exactement.
Traverser la France. Ta mère est de Nant et ton père était de de de Strasbourg. Ça Oui, oui, oui, exactement. Il s'est rencontré à Hawaï. Tu Ouais, ils se sont rencontrés à Hawaï. Ouais, c'est c'est fou mais ouais. [grognement] Et après oui, mon père l'a rejoint à Nant et c'est comme ça qu'après ils nous ont eu et Ouais. Et donc, il voulait faire quoi exactement ? Donc c'était ça. Donc il voulait faire ce trajet là. Ça a toujours été son rêve de faire le trajet Nant Nant Strasbourg. Et donc il à ce moment-là enfin il proposait aussi de continuer le trajet en continuant en France.
Et donc après le programme c'était d'aller à Ansy passer quelques jours là-bas et ensuite Ansy Sarla et après rentrer. Ansy c'est le lac c'est magnifique comme région. Et après Sarla, c'est dans le sud-ouest, c'est la ville du canard. Et vous deviez traverser là en fait faire un Tour de France quoi. C'est ça. C'est ça. C'était le projet. Ouais. Et en combien de jours ? En un peu plus d'une semaine. C'est vrai que ça doit être sympa. En famille, c'est rigolo. Tu décolles un petit aérodrome, tu te poses plus loin. [raclement de gorge] Oui. Oui. Non mais c'est magnifique hein, les paysages qu'on a vu d'avion. C'est c'est magnifique. C'est sûr. Ouais. H Il avait un nom l'avion ?
Euh oui, il s'appelait le président. Le président. Ouais. Pourquoi ? Je sais pas. Je sais pas. Mais je ils ont des noms comme ça mais je ne sais même pas pourquoi. Ouais. Non. Et et ton père pour comprendre, il était mécano, il s'y connaissait un peu en mécanique ? Est-ce qu'il bricolait lui-même ? Pas du tout, franchement, pas du tout. Non non, c'est [raclement de gorge] vraiment depuis qu'il est jeune, il y a cette passion pour l'aviation. Ouais. C'est le chef d'entreprise qui va louer son petit avion et quand même sa famille. Il vous forçait à y aller. Enfin, genre vous pousser un peu comme un père qui est passionné, qui a envie de Bah ouais.
Bah quand il volait le weekend, c'est vrai qu'à chaque fois il nous proposait de l'accompagner. C'est que mon frère lui, il aimait pas trop ça. Il y allait seulement quand on y allait tous les quatre. Mais sinon, il était pas trop Ouais. Non, pas du tout, pas du tout. Ma mère, elle le faisait plus pour mon père. Elle aimait bien mais des fois, elle avait un petit peu peur quand même. Et c'était surtout moi qui l'accompagnait souvent parce que moi j'aimais ça, j'aimais bien l'accompagner. C'était, on va dire, un peu notre moment tous les deux. Euh ouais. Tout enfin ouais. Père et fille. Voilà, c'est ça. Et par Ouais. Ouais. Ouais.
Bah après oui puis avec mon père on s'entendait très très bien et là c'était enfin c'est vrai que c'est un moment particulier d'être dans l'avion survoler en plus la côte proche de chez nous. Enfin c'est c'est magnifique. Ouais. Et si vous partiez souvent en vacances ou c'était la première fois que vous faisiez un aussi gros trajet avec l'avion ? C'était la première fois. Ouais tous les quatre. Mais après mon père il avait déjà fait plusieurs plusieurs voyages bah justement avec l'aéroclub [souffle coupé] où il était. Il était déjà allé en Corse dans le sud de la France. Enfin, c'était pour lui, c'était pas son premier gros voyage avec l'avion.
Il avait jamais eu de problème où il avait eu peur en avion. Il t'avait dit "Putain, là je me suis fait peur ce weekend, je peut-être arrêté ou parce que comme tu disais qu'il y avait pas mal d'accidents, c'était assez récurrent." Ouais mais non pas du tout. Je l'ai jamais entendu dire ça et même moi avant l'accident je m'étais jamais questionné. Pour moi, les accidents d'avion, ça existe pas. Enfin, je m'étais jamais questionné. Donc oui, tu dises pourquoi ça nous arrive. Voilà, c'est ça. Pour moi, c'est impossible. Et puis c'est aussi que j'avais une confiance inouie en mon père. Enfin, pour moi, mon père, enfin ça a toujours été mon modèle. Enfin, j'ai toujours eu confiance en lui, quoi.
Donc pour moi, c'était inimaginable. Tu voulais passer ton brevet de pilote, il t'avait donné envie ou pas non plus ? Non, pas à ce point-là quand même parce que je voyais que c'était quand même très compliqué. Euh donc non, ça me donnait pas forcément envie de le faire mais j'aimais être avec lui à côté de Pieloter quoi. Donc là, on est en 2021. Oui. Euh et donc c'est l'été. Oui, c'est ça. Vous partez quand ? rapp début alors en fait moi j'étais déjà en Alsace avec mon frère et le trajet Nant Strasbourg c'était il l'a fait uniquement avec ma mère. Il est venu vous chercher. Voilà exactement il est venu nous chercher pour ensuite continuer les vacances à Ansy et Sarla. D'accord.
Donc donc moi j'étais en Alsace et donc ils nous ont rejoint. Euh donc toi tu fais que Strasbourgy. Voilà c'est ça. C'est le premier stop et à chaque fois vous dormez quelque part. Je sais pas en une journée. Ça c'est ça. Oui oui on avait on est resté de jours à NY avant de repartir pour Sarla. Ouais. Hm. Donc [grognement] là, c'est quel jour ? Tu te rappelles de la date ? Je me souviens plus exactement. Ça devait être le 2 ou 3 août, quelque chose comme ça. Ouais. En part de Oui, c'est ça. qu'on part d'Aguenau. Je crois que c'était le 2 août, il me semble. Ouais. H Et est-ce qu'il se passe quelque chose de particulier le matin ?
Est-ce que tu vois quand vous partez, donc vous êtes tous les quatre, vous avez beaucoup de bagages. J'ai du mal à imaginer. On peut prendre des bagages dans un avion comme ça ? Oui. Oui. Oui. Ben, justement, le poids est limité. Justement, il nous avait dit, je sais plus combien c'était de kilos, mais c'est maximum tant de kilos 400 kg en tout et faut compter quoi. C'est ça. Ouais. Du coup, ouais, on avait c'était une petite vanise par personne. Ouais. Ouais. Ouais. Donc là, vous chargez. Oui. Ton père pas stressé ? Non. Parce que tu vas me tu me l'as raconté tout à l'heure, mais après il y a eu des enquêtes Ouais. Un peu parfois vexantes avec des questions. On en reparlera. Voilà.
Est-ce que votre père a été sucère ? Pas du tout. Est-ce que machin ? Bon, c'est normal. Après de poser des questions, on y reviendra. Hm euh tout le monde allait bien ? Oui oui oui très bien. Oui oui oui oui. Il se passe rien de spécial Strasbourg. Alors si si sur ce trajet là justement mon père décéle enfin voulait souhaiter ouais de Strasbourg souhaiter décoller et en fait il se rend compte qu'il y a une aiguille de la sonde pito qui ne fonctionne pas. Qu'est-ce que ça veut dire ? Euh ça il me semble que c'est pour l'altitude. Donc c'est très important. Ouais c'est ça. Et en fait elle fonctionne pas donc il forcément il arrête le le décollage.
Il l'essaye une deuxième fois ça ne fonctionne pas. Donc du coup, on va voir un technicien à l'aéroclub et euh et le technicien nous dit tout simplement que en fait comme il a plus ces derniers jours, il y a sûrement eu de l'eau qui qui a dû rentrer dans dans la sonde et qui a bloqué qui a bloqué en Ça c'est un Strasbourg. Voilà. Exactement. Oui. Et je me souviens, il dit "Bah faut juste un peu souffler dedans pour évacuer l'eau quoi." Et donc je sais que mon père souffle. Moi j'étais dans l'avion euh et il fallait que je lui dise quand est-ce que l'aiguille bougeait. Et donc effectivement à un moment elle elle refonctionne donc on repart.
Mais c'est vrai qu'à ce moment-là pour le coup je pense que c'était la première fois que j'étais pas sereine de partir parce que je me suis dit bah juste en soufflant ça a débloqué le truc. Enfin c'est vrai que j'étais pas très rassuré. Bah ouais c'est vrai qu'avec du recul je me dis on aurait peut-être dû un peu plus s'inquiéter mais bon comme ça refonctionnait et que mon père çaavait pas l'air de de l'inquiéter et ben on a et donc il va décoller quand même. Oui. Bah une fois que l'aiguille refonctionne et que oui le technicien lui a dit que c'était bon. On est on est parti. Ouais. jusqu'à NC le trajet se passe très bien. Non non non du tout.
Non non dans mes souvenirs le Ouais tout se passe très bien. Ouais. Et donc tu vas passer de nuit Ansy c'est magnifique au bord du lac. On embrasse les amis d'Ancy. C'est vraiment une ville extraordinaire quoi. C'est de la beauté. Ah oui moi j'adore. Ouais. Voler auudessus d' NC ça va être exceptionnel. Ah bah oui oui oui. Mais justement là parce qu'en fait l'année d'avant on était allé à Ans en vacances, on avait adoré. C'est pour ça qu'on souhaitait y retourner avec l'avion. Sauf que cette année-là, justement, il a pas fait beau du tout. Donc pendant nos de jours à Ancy, il a fait que pleuvoir. Donc on en a pas du tout profité. On était limite presque content de partir, c'est sûr. Ouais.
Mais donc là, vous partez sous la pluie. Alors, le jour où donc où on décolle pour Sarla, euh non, il pleuvait pas mais c'était c'était nuageux. Ouais. Donc, vous êtes tous les cas, est-ce que tu as des souvenirs toi beaucoup ou est-ce que avec le choc, tu as parfois une amnésie ? Tu sais si je me souviens de cette de ce moment avant avant l'accident si si je m'en souviens très bien. Ouais ouais ouais. Je me revois je me souviens on était allé acheter notre sandwich, je me souviens très bien à brioche doré. Je me souviens encore du sandwich que j'ai pris et tout que j'ai mangé juste avant.
Je revois qu'on prend le bus, qu'on arrive à l'aérodrome et et je me souviens que bah mon père forcément avant un vol, il est obligé d'aller préparer l'avion, mettre le carburant et cetera. et je le revois revenir nous voir et nous dire que va falloir qu'on attende un peu parce que c'est nuageux et que là on peut pas encore partir quoi. Effectivement, on a attendu un moment à l'aérodrome et un moment quand il y a eu une éclaircie et que et que oui qu'il y avait plus de nuage, on a pu on a pu décoller et je me souviens Ouais. très très bien de du début du vol. Oui. Je me rappelle que bah forcément en fait on traverse le lac d'AC et pour moi ce moment-là c'est comme un un rêve.
C'est c'est juste magnifique. C'est c'est un peu un moment suspendu. Ouais. Donc là vous pouvez voler. Vous parlez en l'air, tu as un casque qui pe parler he du bruit. Oui oui oui complètement. Et là ça discute de tout, de rien quand vous voyez. Dans mes souvenirs, je me souviens plus trop de ça. Des paroles. Ouais, je me souviens pas du tout. Tu te rappelles de quoi juste juste avant le le et alors je me rappelle donc on survole le lac Dancy et en fait mon père pour rejoindre Sarl voulait passer par la montagne donc ça faisait un détour quand même mais c'était son souhait parce que c'est vrai que vue d'avion c'est c'est magnifique quoi.
et et je me souviens que après d'avoir traversé le lac, on arrive dans la vallée et c'est à partir de ce moment-là que ça commence à ben en fait, on perd beaucoup d'altitude et là je me rends compte Tu perds l'altitude dans les nuages ou tu vois que tu je vois je vois. Ouais ouais ouais baisse baiss un problème moteur il accélérait plus l'avion. Ça, je j'avoue que je me souviens pas mais je me souviens juste avoir dit, c'est mon un de mes derniers souvenirs d'avoir dit on est trop bas mais je me rappelle pas avoir entendu s'il m'a répondu ou quoi ça j'ai souvenir. Non non non plus. Et donc il y a le choc. Ouais vous vous vous touchez quoi ?
Euh et ben on perd beaucoup d'altitude mais c'est très très rapide et on fonce dans des arbres. Ça c'est mon dernier souvenir. On fonce dans des arbres. Ouais. Ouais. Dans Ouais. En fait c'était dans la vallée et oui on est on a foncé dedans et après on s'est directement craché. très proche Ouais. des arbres. Ouais. Et tu étais proche d'une route de passant de de Oui, oui, oui. C'était J'ai envie de dire par chance, ouais, c'était proche d'une d'une route et c'est aussi pour ça que je suis là aujourd'hui parce que ces personnes-là étaient sur la route et ils m'ont sauvé. Tu as été sauvé inextrémiste. C'est vraiment tu as de la chance he enfin tu as eu une chance. Ouais.
Oui, ça c'est vraiment je vois quelques secondes près. Ouais. Pour moi, si l'avion s'était craché plus loin, je serais pas là aujourd'hui. Ouais. Tu tu vas tuas tu as des souvenirs de de du moment où non, on te raconte. Ouais, tout ça, on me l'a raconté. Qu'est-ce qui se passe à ce momentl ? Alors du coup, qu'est-ce qu'on te raconte ? Ben bah que je suis complètement surexcitée, que je suis encore attachée à mon siège, mais l'avion c'est plus un avion, c'est un débris, c'est un am de débris mais que je suis encore attachée à mon siège et que je gesticule dans tous les sens et il y a des gens qui te voient. Ouais.
Bah, notamment un cycliste qui s'appelle Julien qui est tout de suite venu me sortir me sortir de l'avion. Enfin, en tout cas, il m'a il m'a enlevé ma ceinture et euh et je suis descendue avec lui et euh et je marchais avec lui en fait. Je marchais, il me tenait un petit peu mais je marchais pour m'éloigner en fait. Je m'en souviens pas. Non non non mais j'étais très excitée. Puis ça veut dire quoi ? Tu tu étais sur votre l'adrénaline. L'adrénaline au maximum. Ouais. En fait, ils m'ont éloigné mais moi je me rendais très bien compte de ce qui se passait et je faisais que de leur dire mais aller aider mes parents et mon frère.
Eux pour me rassurer, il me disaient "Oui, oui, on s'en occupe." Je me rendais bien compte que c'était pas le cas. Et j'essayais de me relever. J'essayais, en fait, moi je voulais y retourner pour aller les sauver. Ils sont décédés sur le coup. Tu as eu des infos après ? Ça, j'avoue que j'ai pas exactement le détail mais de ce qu'on m'a dit après, en fait, Julien le cycliste m'a dit que il n'a vu que moi. Il m'a dit euh "Ouais, ça je l'ai su plus tard, mais ouais, il n'a vu que moi. Il me voyait sur mon fauteuil avec mes cheveux. Ouais, comme si j'étais vraiment une miraculé quoi. Il m'a dit ça faisait comme dans un film.
C'est qu'il y avait ton fauteuil mais il y avait plus d'avion et c'était disloqué. C'est ça, c'est ça. Il m'a dit "C'est comme si j'avais eu une bulle de protection qui m'avait protégé et ouais. tu as eu des chocs toi physiquement ? Tu as eu des os cassées qui parce qu'après on va raconter, on va y revenir après, mais tu as tu as tu as eu un peu de peau brûlé ? Oui. Enfin 30 % de ton corps. Ouais. Alors à ce moment-là, ça se voit pas les brûleurs. Le ce qui a le plus impressionné, c'est que j'ai eu un traumatisme crânien impressionnant. On voyait mon cerveau et euh on voyait mon cerveau. Ouais. Bah si. Ouais. Ouais. Ouais. C'est ce qu'on boienne ouverte. Ouais. Ouais. Ouais.
Bah c'est justement après il y a une il y a une autre touriste qui est venue rejoindre donc les deux personnes qui ont sorti de l'avion. C'est c'était pardon c'était des tu disais donc Julien un cycliste c'était vraiment au bord de la route ça que la route te voyait enfin les gens qui passaient pouvait voir qu'il y avait un truc Oui oui c'était vraiment c'est vraiment à 5 m de la route. Ouais mais c'est une route de montagne hein donc c'est Mais oui oui c'était juste à côté ou tu disais que tu tu as eu la la peau brûlée donc l'avion a pris feu quand je viens qu'on l'embrasse d'ailleurs. Je sais que tu es resté amis on va parler après si regarde il il t'a vu.
Tu étais en train de de Tu étais en train en fait ça se voyait pas non. À ce moment-là justement lui il pensait que j'avais peu de séquelle parce que au début les brûlur ça se voit pas en fait. Moi j'ai été brûlé par la chaleur. En fait mes vêtements étaient Heureusement d'ailleurs, j'avais comme il faisait pas beau, j'avais un jean et un pull mais en fait ils étaient en parfait état. Mais c'est que la chaleur, elle a été comprimée dans mon jean, dans mes vêtements et c'est ça qui m'a brûlé. La chaleur de quoi ? Bah la chaleur des des flammes du du carburant de carburant. C'est ça. C'est ça.
Et donc lui, il pensait ouais que j'avais peu de séquel à part mon trauma crrainien qui était visible. Donc il te prend tout seul au départ. C'est ça. Il est tout seul ? Oui, il est tout seul. Et après, il y a un autre touriste qui s'appelle Christian qui l'a qui l'a aidé à me à me m'éloigner du de l'avion. Et après, c'est là qu'il y a Delphine, donc une touriste aide soignante et qui habite en plus à Nant à côté de chez moi. Truc. Donc, elle est soignante, elle passe par hasard. Elle fait quoi là-bas ? Bah, elle est en vacances elle aussi là-bas. Elle est en famille ou toute seule ? Exctement. En famille. En famille. Donc quand il s'arrête au bord de la route, il y a sa famille. C'est ça.
Oui. Oui. Elle elle était en voiture et il y avait son mari et son fils en vélo devant. Ouais. Et donc elle va s'arrêter, qu'est-ce qu'elle va faire ? C'est ça. Bah elle en fait elle a vu elle a vu l'avion se cracher. Ouais. Ah c'est pour ça elle est venue exprès. Voilà. C'est ça. Oui. Elle est venue après. Ouais. En plus elle avait une trousse de secours. Elle m'a fait les premiers les premiers soins en attendant que les secours arrivent. Ouais. Ils arrivent vite en montagne les secours quand même ? Il me semble que oui. Et puis c'est surtout que l'hélicoptère était proche. Il est il est venu très rapidement. Il en hé chercher. Ouais ouais ouais.
Toi tu perds par connaissance alors qu'on voit alors qu'on voit ton cerveau. Alors je n'ai jamais perdu connaissance mais je m'en souviens pas. Je m'en souviens pas mais je n'ai jamais perdu connaissance. Et tu tu es ouverte où ? Au niveau du front. Ouais. Sur le côté. Ouais. Sur le côté. Donc c'est ton ton c'est ta boîte créenne qui est cassée. Bah ouais. Ouvert. Ouais. Ouais. Ouais. Et elle justement en fait son rôle c'était de comprimer pour éviter qu'il y ait trop de sang qui qui et tu as sauvé aussi. Ouais bah oui oui complètement. Ah bah oui oui. Ah oui. Et elle justement c'était dur parce qu'il fallait trouver la bonne pression.
Fallait pas trop appuyer mais fallait quand même trouver la bonne pression. Tu sens que dans ses yeux tu te rappelles plus du tout de ça ? Est-ce qu'il y a une inquiétude ? Si tu vois les gens te regarder un peu. Non, je m'en souviens pas mais non, je ça ouais non, je m'en souviens pas mais je sais qu'il y avait beaucoup Je me souviens si je me souviens de Christian, c'était le randonneur donc le deuxième je me souviens le voir. Je me souviens juste de son visage et lui dire enfin mais vraiment j'étais j'étais énervée. Je leur disais mais allez aider mes parents et mon frère. Et je me rappelle, il me disait oui oui on s'en occupe.
Enfin pour me rassurer mais je voyais que c'était c'était faux. Et je sais que je leur ai dit mais vous êtes des menteurs et tout. Enfin, je je m'énervais quoi. Enfin, j'étais Moi, je voulais y retourner. Ils étaient obligés de me clouer au sol, quoi. Ah bon ? Ouais. Parce que moi, je voulais y retourner. Ouais. Et tu as pas eu d'information après par les pompiers sur sur s'ils ont retrouvé les corps, s'ils étaient encore en vie, s'ils ont essayé de Tu as pas eu d'infos. Ça, j'avoue que je sais que Ouais, non, j'ai pas j'ai pas cette info là. J'avoue que c'est encore un peu dur de savoir ça. [grognement] Ils vont te mettre dans l'hélicoptère. Oui, c'est c'est le SAMU.
C'est pompiers, c'est ça. Oui. Oui. Le Sam euh je crois que c'était un avion de la gendarmerie. Ouais. Mais le Samu est venu et c'était le Samu. Ouais. D'accord. Et donc ils vont t'emmener jusqu'ù ? Euh et ben l'hôpital le plus proche, donc l'hôpital de Lyon au service des grands brûlés. Mais ce jour-là la il y avait un problème au niveau de l'ascenseur et il filtrait les entrées. C'està dire quoi ? Bah c'est-à-dire queil prenait pas tout le monde parce que comme l'ascenseur ne fonctionnait pas, c'est sûr que enfin c'est on va dire dangereux de de transporter on va dire les bah les malades. Voilà c'est ça.
Sans ascenseur donc il filtraient par chance accepté et donc c'est là que après bah toute toute mon hospitalisation a commencé là-bas. Ouais. Tu t'en rappelles de ça ? Ça non je me rappelle pas. Et je me souviens juste justement dans les escaliers, je revois l'anesthésiste qui me dit "On va te mettre dans le coma dans le coma artificiel pour éviter que tu souffres." Tu te rappelle de ça ? Ça je me rappelle juste de ça. Ouais. Je revois son visage dans dans les escaliers me dire ça. Ouais. Et après ? Et après plus rien. Ils m'ont mis dans le coma et ouais plus rien. Mais encore une fois de ce qu'ils m'ont dit, j'étais très excitée. J'appelais ma famille.
Tu leur demandais aux médecins où ils étaient ? S'ils avaient des nouvelles ou Non mais non mais je criais leur nom. Je disais papa, maman, Alexandre, je les appelais. Ouais. C'était quoi les prénoms de tes parents ? Christophe et Fabienne. Et et est-ce que ton pronostic vital était engagé ? Ah ouais, ouais, ouais. Ah oui, oui. Il a été Oui. Bah, notamment par mon trauma crraen qui était au début le trauma crraien passait au-dessus des brûlures. Pour eux, c'était plus grave. Et puis bah, les brûlures quand même brûlé sur 30 %. Notamment, j'étais brûlée en circulaire. Donc, ça c'est assez Ça veut dire quoi ?
Bah ça veut dire que je suis brûlée en fait sur euh bah en circulaire au niveau de mes jambes et du coup ça fait des odèmes et donc du coup faut rapidement inciser pour éviter que que ça fasse des odèmes et euh et être amputé quoi. Donc euh donc euh il y avait ça et puis bah j'ai aussi eu des fractures au niveau de de des cervicales des clavicules. Donc ouais mon j'avais des fractures en plus. Ouais même au niveau du visage. Oui j'ai Ouais. Ils vont te mettre dans un coma ce qu'on appelle coma artificiel. C'est c'est médicamenteux. Oui, c'est pas dû à un choc où tu dors.
C'est et j'ai parfois reçu des des invités ou ou vu des documentaires où certaines personnes disent qu'ils entendent dans le coma que c'est une espèce de de c'est c'est un entre deux, c'est pas du sommeil. C'est c'est très particulier parce que tant qu'on l'a pas vécu, on peut pas trop le décrire. Qu'est-ce que toi tu ressens ? Est-ce que tu as des souvenirs ? Est-ce que tu entends des discussions ? Je vais te demander une question un peu plus folle, mais on va bientôt faire une émission de sur les EMI. expériences de mort imminentes, des gens qui sont sortis de leur corps, qui ont vu la pièce, qui ont vu la pièce d'à côté alors qui n'y sont jamais allés.
Il y a il y a plein de de de cas comme ça. Est-ce que toi tu as vu quelque chose ? Est-ce que tu avais parfois les yeux qui voyaient ? Alors moi je me souviens pas trop mais je sais que quand ma famille venait me voir, enfin mes grands-parents et cetera et qui me parlaient, je faisais des oui non de la tête. Donc ouais je Ouais. Ouais. même dans le coma. Ouais. Donc moi je m'en souviens pas mais je suis sûre que ça m'a ça m'a sauvé. Ouais, parce que je les entendais et et je savais qu'ils étaient présents. Donc c'est pour ça moi j'insiste bien sur le fait que quand il y a des personnes dans le coma, il faut il faut aller les voir parce que on entend tout.
Moi, je m'en souviens pas mais vu que je réagissais, je m'en souvenais même. Je sais qu'il me faisait écouter de la musique. Euh tu entendais la musique ? Ouais, ouais, ouais, je m'en souviens pas. Mais oui, oui. Et ou même des clés USB où mes amis me disaient des messages. Euh ouais, j'étais et moi tu avais conscience. Ouais. Et moi, je suis sûr que ça ça m'asso et de savoir que j'étais entourée et que j'avais du monde autour de moi. Ouais. Combien de temps tu vas passer réellement dans le dans le coma ? Partir, ils appuyent sur ce bouton la première fois. 2 mois. C'est 2 mois d'un coup. Ouais. De mois. Ouais. Est-ce que tu as conscience du temps qui passe ?
Est-ce que quand tu es en coma, tu sens que c'est pas une nuit entre guillemets, que c'est plus long. Ouais. Non, pas du tout. Je m'en rends pas du tout. C'est pas du tout. Non non mais ouais. Non, pas du tout. Mais je me C'est ça. Ouais. Mais j'avais ce qui est c'est que j'avais l'impression de vivre de continuer ma vie dans le coma. Quand je me suis réveillée, je me demandais si c'était les choses que j'avais rêvé c'était vraiment passé ou pas. Notamment dans mon com, ce qui est assez fou, c'est que j'avais rêvé, enfin ouais, dans mon comtais disputé avec mes parents et mon frère. Et quand je me suis réveillée du coma et que je les voyais pas, je pensais que c'était lié à cette dispute.
Et pas du tout. même pareil, je me voyais dans mes études, je me voyais bah pareil, je je rêvais de nourriture, je voyais des pizzas au fond de de de ma chambre et que je pouvais pas les atteindre. Euh je me voyais Ouais, parce que même ils ont dû parce que j'étais assez apparemment excitée pendant mon coma parce que je faisais des crises d'angoisse et cetera. Ça il le voyait. Il m'avait attaché et je me rappelle de je me sentais attachée dans mon dans mon coma comme si je pouvais vraiment pas circuler ou quoi dans la pièce où j'étais. Comment ils te donnent comment ils te nourrissent ?
Alors question naïve mais tout le monde le sait pas dans un dans un réponse mais quand on plonge quelqu'un dans le coma comment est-ce que tu es nourris ? Comment est-ce que tu bois et cetera ? Ouais. Ouais, c'est des sondes tout simplement. Ouais, des sondes c'est c'est c'est des gouttes à gouttes. Oui, c'est ça. Ouais. Oui, oui. Puis un produit avec qui nourrit. Ouais. Et ça suffit du coup c'est que tu tu Bah oui, faut croire mais bon, j'ai quand même perdu beaucoup de poids mais oui, ça suffit quand même. Tu perds Ouais, tu fondes allongé, j'imagine tu utilises pas tes muscles déjà. Bah c'est ça, c'est ça. Bah surtout au bout de mois, oui, j'ai perdu mon muscle.
Ouais, j'ai perdu quasiment 10 kg. Ouais. Et je crois que quand tu es dans le coma artificiel, je veux pas dire de bêtises, mais tu ne peux plus respirer normalement. Donc faut une machine pour te respirer. Ouais, c'est ça. Oui, je suis intubé. Ouais, complètement. Et c'est ça qui tu m'as raconté tout à l'heure et qui t'a un peu cassé la voix. Tu le sentiment d'avoir une voix différente depuis. Ah oui oui. Ah oui, ma voix, elle a complètement changé. Même au début, je chuchotais. Je je pouvais pas parler plus fort que ça. Enfin, je Ouais ouais, ouais. Donc là, j'ai un petit peu récupéré, mais c'est vrai que j'ai toujours ma voix euh modifiée. Ouais.
Qu'est-ce qui va se passer pendant euh euh donc ces 2 mois ? Tu as pas de souvenir ? C'est eux qui décident de te faire sortir du coma au bout de 2 mois ou c'est ça ? Ils te mettent un produit où il diminue le produit pour que tu reviennes ? C'est ça. En fait, le réveil se fait vraiment progressivement. il diminue petit à petit les médicaments. Donc c'est pour ça je me souviens pas d'un réveil, on va dire comme ça en quelques secondes.
Ça s'est vraiment fait progressivement mais et puis de toute façon, j'étais sous médicament donc mon réveil est quand même assez flou mais je me revois quand même voir cette chambre d'hôpital de réanimation impressionnant avec tous les médicaments et de me voir bander de la tête au pied quoi. Comment tu vas te sentir au réveil ? Déjà tu ouvres les yeux, est-ce qu'il y a quelqu'un dans la chambre à ce moment-là ou même pas ? Je me rappelle, ouais, de voir quelqu'un et qui me dit que on est début octobre et qu'on est à Lyon. Et là, dans ma tête, le premier truc que je pense, c'est mes études. Euh, je devais censé, j'étais censée commencer en septembre. Ouais, exactement.
Bah, c'est exactement ça ce qui me vient à l'esprit directement. Et là, je me on me dit que je suis à Lyon. Je me dis "Mais qu'est-ce que je fais à Lyon ? J'ai jamais été à Lyon de ma vie." Tu te rappelles pas de l'accident du tout là, tu remets pas à ce momentlà. Pas du tout. Non non, non. Pour moi, non. Je Ouais, même je me posais pas de question en fait. Non, je non, j'étais à Lyon. J'ai Ouais. Première fois que tu ouvres les yeux après 2 mois, déjà parfois quand tu fais une grosse nuit, tu es un peu ébloui et cetera. Est-ce que tu as déjà J'imagine tu dois être ébloui, tu doas te demander Ouais. Tu es comment en réveil ? Est-ce qu'on est très vaseux après de mois ? Ouais, complètement.
Ouais. Ouais. Ouais. Puis hyper fatigué. Euh et puis ouais, j'ai l'impression bah comme j'ai aussi des très forts médicaments, j'ai l'impression Ouais. Je je comprends pas trop aussi pourquoi que pourquoi je suis là. Ouais. Mais euh tu divagues un peu enfin Exactement. Ouais. Hm. [raclement de gorge] Exactement. Et qui vient te parler pour euh qui tu vas voir en premier parce que je crois qu'ils vont te remettre dans le coma après. Oui, c'est ça. Alors en fait oui, j'ai eu un premier réveil euh où mes grands-parents d'Alsace sont venus me voir. Euh c'était les parents de de ton papa ? Ouais, c'est ça. Ils sont venus me voir, tout se passait très bien.
Je leur parlais mais à aucun moment je leur ai parlé de l'accident et eux n'avaient pas le droit aussi de m'en parler. Et euh donc c'est c'est les médecins qui leur ont dit. Ne lui dites pas que sa famille est décédée. C'est ça. Exactement. Vous lui faites croire qu'ils vont bien. Enfin qu'ils sont là. Il me semble que on a jamais parlé de ma famille. Il me semble que non, on en a jamais parlé. On parlait de tout et de rien, mais pas de ma famille. Oui, mais toi quand tu te réveilles, tu dois demander où sont tes parents. Ben justement, je pensais à mon coma où je m'étais disputé avec eux. Donc dans mes souvenirs, je leurais jamais demandé où est-ce qu'ils étaient, comment ils Ouais.
Non, non, non. Pendant plusieurs jours, tu demandes pas à les voir ? Non, non, non. Ni ton frère ? Non. parce que j'ai dans ma tête ça de cette histoire du coma et je sais pas par moment je me disais bah on a peut-être un accident de voiture et eux-même ils sont à l'hôpital. J'avais ça aussi en fait jusqu'au bout j'avais espoir que ma famille était aussi à l'hôpital [grognement] et je pense que ouais j'osais pas demander aussi pour pour pas savoir. Ouais. H tu parles de tout de rien du coup ? Ouais de tout et de rien vraiment. Ouais et oui oui oui. Non ça se passe très très bien et je me souviens c'est le lendemain ils reviennent me voir et là je ne parle plus du tout en fait.
J'ai fait une infection des poumons. Je suis remontée à 41 de fièvre. Donc ils m'ont remis dans le coma. À 42, on meurt hein. La fièvre, faut le savoir. 42, le cerveau. Oui, mais oui, oui, oui, oui, c'est très grave. Donc là, ils m'ont remis dans le coma. 41, c'est limite. Oui. Oui. Oui. Oui. Bah, ils me mettent une couverture rafraîchissante et tout. Enfin, c'était c'était impressionnant. Et euh il te replonge, ils te disent "Vous reparter." Je m'en souviens pas de ça parce que même pour moi tout ce moment-là, je m'en souviens pas. Je pense que ouais, j'étais tellement pas bien que ouais, non, je m'en souviens pas. Et enfin, ça c'est ma grand-mère qui m'a qui m'a tout raconté.
Et donc, ils me remettent dans le coma pendant 3 4 jours euh et euh et après donc une fois que la fièvre est descendue, il me réveille une deuxième fois et c'est à mon réveil que là, je vois euh j'étais encore intubée et c'est à ce moment-là là que j'ai vu ma grand-mère de Nant qui vient me voir. Euh et je C'est là où tu lui demandes où est ta famille. Voilà, c'est ça. En fait ce qui m'a là où je me suis posé les questions, c'est parce que je la vois venir avec une très bonne amie de ma mère et là je me dis mais pourquoi elle vient pas avec maman ? Et donc à ce moment-là, j'étais intubée donc je pouvais pas parler.
À ce moment-là j'avais un alphabet, je montrais les lettres pour pour parler mais j'arrivais pas à parler. Tu étais intubé. Attends mais intubé c'est un tube. OK. C'est dans la bouche ou c'est par le nez ? C'est dans la bouche. Ah donc tu peux Ouais. à ce momentl Ouais. Dans l'intérieur. Très douloureux en plus. quand il l'enlève. Ouais. H donc je pouvais presque pas parler. Mais à ce moment-là, j'ai réussi à à dire le mot maman. Ma grand-mère, elle a tout de suite compris ce que je voulais lui demander et elle m'a dit "Elle se repose. Et à ce moment-là, bah là je je me suis posé des questions. Je me suis dit ça veut dire quoi elle se repose ? Elle est aussi à l'hôpital ?
Elle se repose comme moi ou est-ce que tu la crois pas trop ? moyennement, mais je commence à réaliser un petit peu un petit peu ce qui se passe. Ouais. Mais de toute façon, elle pouvait pas me dire la vérité. Elle avait pas le droit donc et mais j'ai vu que forcément même je l'ai vu dans son regard quand elle me l'a dit, je voyais qu'il y avait quelque chose qui allait pas. Je voyais qu'il y avait quelque chose qui allait pas. Et et je sais que c'est elle en partant de l'hôpital, elle a demandé à l'équipe médicale de m'annoncer qu'il fallait y aller quoi, qu' fallait qu'il fallait me le dire parce que je me posais des question quoi.
Et je me souviens aussi euh euh je recevais du courrier à l'hôpital, des lettres et cetera et donc c'était toujours les infirmiers qui me lisaient mon courrier. Et à un moment, je me souviens euh la personne me lit la lettre et à un moment alors je sais pas si c'était fait exprès ou pas mais il y avait écrit toutes mes condoléance et elle me dit ça et là je me dis là je me pose encore une fois une question toutes mes condolances ouais ils me disent ça ouais je sais pas avoir prévenu à l'avance que tu es pasé donc à ce moment-là je sais pas si c'était une erreur si c'était fait exprès ou pas mais à ce moment-là je me dis là je commence à à comprendre que il y a quelque chose. Ouais.
Et tu demandes pas au médecins de voir tes parents sont là. passe une semaine là. C'est Ouais, à peu près. À peu près. Ouais. C'est une semaine après que le médecin va venir. Ouais, c'est ça. Bah du coup, c'était c'est le lendemain où ma grand-mère était venue où vous lui avez demandé de de m'annoncer et je me souviens le matin même cette journée, je m'en souviens très très bien. Le matin même, il me désinte. Donc sensation très désagréable. Mais que il te rendorme pas, il t'enlèv le Ouais, il me l'enlève parce que s'il te rendorment, ils pourront plus enlever le tuyau parce que tu auras besoin du tuyau pour respirer. Ça c'est ça. Donc il me l'enlève sensation très désagréable.
Mais j'étais contente qu'on me l'enlève parce que c'est quand même un soulagement, on va dire. Et je me rappelle que l'après-midi, il y a ce médecin que je n'avais jamais vu qui rentre dans ma chambre avec une infirmière et il se pose chacun des deux côtés de mon lit, il s'assoit et là bah là il m'annonce il m'annonce l'accident quoi. Et tu t'y attendais là quand tu les vois arriver, tu commences à comprendre que pas trop. Non non. Non non, je jusqu'au moment où il m'annonce ce qui s'est passé. Non non parce que au fond de moi jusqu'au bout, j'avais espoir que que c'était pas possible quoi. Enfin que Ouais. Comment tu réagis là ?
Tu demandes d'avoir un psychologue est-ce queil te propose quand tu es parce que tu apprends que tu es toute seule à être en ville. Oui oui oui complètement. C'est un choc énorme. Ah oui. À 18 ans, tu apprends que tu es tu es toute seule. Ah oui oui. Ah bah qu'est-ce qui se passe dans ta tête ? Tu te demandes où tu vas habiter ? Ah oui ! Non, ben à partir du moment où il m'a annoncé ce qui s'est passé, tous les souvenirs reviennent en tête. Les quelques souvenirs qui me qui me restaient, c'est-à-dire quand on fonce dans les arbres de revoir. Ouais, tout revient dans ma tête. Et là, je comprends je comprends, je comprends tout.
Et comme je te disais, je pense que ouais, mon cerveau, j'avais espoir que c'était pas possible quoi. Et oui, effectivement, à ce moment-là, au moment où le médecin m'a annoncé tout ça, bah c'est le début du cauchemar. Ouais, c'est c'est le début de l'enfer. Franchement, [soupir][souffle coupé] je me souviens, je le regarde, je lui je lui dis "C'est pas possible." Je lui dis "C'est pas possible." Et je le revois, je revois très bien son visage me dire "Si" et faire des hachemins de tête si quoi. Compliqué à annoncer pour le médecin aussi hein. Ouais. Bah oui. Oui, c'est sûr. Il va sortir de la pièce, il va pas rester longtemps. Dans mes souvenirs, il reste quand même un petit peu quand même.
Enfin, j'ai j'ai pas d'idée du temps, mais il part pas directement après quand même. Je me souviens, il m'avait pris la main pareil. J'avais bah j'étais en état de choc. Je me suis là cette fois-ci m'avait apporté une couverture chauffante parce que ouais, j'étais dans un état enfin je j'y croyais pas quoi. Enfin c'était je je pour moi j'étais complètement sous le choc et je lui disais "J'y crois pas, j'y crois pas. Tu voulais pas l'admettre ? Enfin leouais ouais pour moi à ce moment-là je me suis dit non mais c'est pas possible, c'est un cauchemar et demain je vais me réveiller et tout." [raclement de gorge] Ouais voilà dans ma tête c'était ça. Fin tu te dis je suis dans un cauchemar.
Exactement. Pour moi, c'était impossible. Ouais. H En fait, tu perds tout ton repère. Tous tes repères. Ouais. Complètement que tu as depuis que tu es né quoi. C'est ton frère, tes deux parents en même temps. Tu étais proche de tes grands-parents ? Oui aussi. Oui. Oui. Très proche. Ouais. Oui. Tu C'est pas avec eux que tu vivais dans ton environnement quotidien. Voilà. Ça c'est ça. Ah ben oui, mais à ce moment-là, enfin toute ma vie pour moi était était fille. J'ai perdu ma famille, mon corps, je suis brûlée. Euh comment pour moi ? Ouais, pour moi c'est à ce moment-là, je me dis mais comment je vais faire pour pour vivre tout ça quoi ? À ce moment-là, j'ai j'étais dans cette optique là.
Ma vie elle est finie. Ma vie elle est finie. Bon, tu vas voir le syndrome du survivant s'appelle. Qu'est-ce que Qu'est-ce qui se passe dans ta tête à ce moment-là ? Moi, les premières questions que j'ai tout de suite eu, c'est pourquoi pourquoi moi pourquoi moi j'ai survécu et pas mon frère, pas mon père ou ma mère quoi ? Et pour moi c'est c'est ça, c'est cette question du pourquoi pourquoi moi ? Et encore aujourd'hui, je je le sais pas, mais c'est vrai que ce sentiment aussi de comment de presque d'avoir volé la place de quelqu'un. Ouais. H pour l'anecdote, tu m'as raconté tout à l'heure, tu tu t'es assis sur le siège, sur la place de ton frère dans l'avion.
D'habitude, il se mettait un siège et là, vous avez C'est ça en fait. Ouais. à chaque trajet euh on alterne la place de devant parce que c'est vrai que quand on est devant à côté de mon père, on a une meilleure vue quoi, on voit mieux et euh et à chaque fois on alternait avec mon frère et ma mère et euh sur ce trajet-là, normalement ça devait être autour de mon frère d'être devant d'être devant. Sauf que comme je t'ai dit, mon frère n'aime pas l'aviation et comme c'était le lac Dan et moi j'adore, je lui ai demandé bah est-ce que je peux me mettre devant ? Je verrai mieux même pour enfin pour les photos et tout. Enfin bref, c'est c'est mieux quoi.
Et euh et vraiment lui, mais lui il y avait aucun souci. Il m'a dit "Mais pas de souci enfin pas du tout." Au contraire, au contraire, il était même très content de me donner sa place parce que lui pour le coup, enfin dans l'avion, lui, il a ses écouteurs enfin il profite pas du truc quoi. Donc vraiment, c'était avec grand plaisir qu'il me laissait sa place quoi. Mais il y avait donc forcément après même encore aujourd'hui, je me dis bah en fait, il m'a un peu laissé sa vie. Après, il y a une part de moi qui me dit "Ça se trouve si ça avait été lui devant, ça se serait passé différemment.
Je sais pas mais c'est vrai qu'au début je m'en voulais énormément par rapport à ça de me dire queen fait j'ai pris la place de de mon frère. Ça devait ça devrait être mon frère là aujourd'hui. Donc donc ça ouais c'est dur à Tu as eu du mal à l'accepter au début ? Ouais ouais ouais beaucoup. Ouais. Ta grand-mère va revenir te voir après que le médecin t' annoncé ça là. Tu as les deux grand-mères qui restent pas loin quand même que toiou non que que là ma grand-mère d'Alsace. Ouais, ma grand-mère et et Ernest son compagnon sont on enfin sont restés quasiment 8 mois à Lyon pour ma pour être avec moi tous les jours accompagné quoi. Ouais, complètement.
Tu tu vas leur dire pourquoi vous m'avez pas dit et cetera. Il y a tu as de la colère au départ ou même pas même pas. Non, même pas franchement non. Ça, je leur je leur en ai pas voulu parce que bah je pense que même pour eux, ça aurait été compliqué de de m'annoncer ça pour enfin que ce soit quelqu'un d'extérieur, un médecin. Euh ouais, je pense que c'était même pour eux que c'était mieux. Ouais. Est-ce que tu as des jours avec des pensées sombres quand il t'arrive ça, est-ce que tu dis bon, je vais partir aussi alors je pas vivre toute seule, franchement, je m'en sens pas capable.
tu des baisses de morale complètement légitime avec ce que tu as vécu alors au début mais ça a duré que quelques jours. Ça vraiment pas duré longtemps. Mais au début, j'étais dans cet état d'esprit de j'aurais préféré mourir avec eux. Au début, je me disais ça, j'aurais préféré mourir avec eux. Ça n'a pas duré longtemps. Et après, tu t'es ressais en c'est ça. Mais au début, ah mais oui, mais de toute façon, à partir du moment où j'ai compris ce qui se passait, où le médecin m'a annoncé ça, c'était c'était terrible. Je je n'arrivais plus à dormir. Dès que je fermais les yeux, j'avais des images de flamme. Je repensais tout le temps à ça. Et oui, pour moi, ma vie, elle était finie.
Je me posais mes 10000 questions. Je Ouais. En plus, tu travailles de de mois de coma. Ouais. Donc c'est que tes parents ont été enterrés. Exactement. J'ai pas été à l'enterrement. Ouais. H Et ton frère aussi ? Oui, ça aussi ça c'était très dur. Franchement, c'est la double peine quoi. Certainement. En plus, tu peux même pas aller dans ta Ouais, pour moi. Bah ouais, j'ai pas pu leur dire au revoir comme il le fallait, on va dire. Ouais. H ça c'était très très dur mais voilà, il fallait que ça se fasse et voilà. Mais c'est vrai que ça mais ce qui a été bien par contre c'est que l'enterrement a été filmé donc j'ai pu le voir plus tard. Tu as regardé l'entendement ? Ouais, j'ai regardé. Ouais.
[raclement de gorge] Ouais. Ouais. C'est mais quand j'étais prête et c'était forcément très dur mais ça m'a fait du bien aussi de le voir pour ton deil. Ouais, exactement. Oui, et aussi il y a eu beaucoup de témoignages des amis de mes parents qui ont parlé et ils ont parlé d'eux et ça m'a fait plaisir d'entendre de belles choses d'eux euh ouais, on va dire voilà de voir qu'ils étaient si appréciés que [souffle coupé][soupir] que tout le monde Ouais. les aimait beaucoup. Ouais. Tu tu parlais de 8 mois, tu as dit sont restés 8 mois à 11 parce que tu vas y rester en fait longtemps.
Est-ce que les gens qui t'ont aidé, on va y revenir encore plus tard parce que je sais qu'aujourd'hui tu les as revu, mais est-ce que tu as des nouvelles deux à l'hôpital ? Est-ce qu'ils prennent des nouvelles ? Comment est-ce qu'ils vont rester en lien avec toi ? Euh et ben tout simplement parce que ma famille en Alsace, certaines personnes sont allées sur le lieu de l'accident très rapidement après pour justement avoir enfin en savoir plus et avoir contact avec ces personnes-là. C'est comme ça qu'on a eu leur numéro de téléphone [souffle coupé][soupir] et je sais que bah Christian le randonneur, il est à mon réveil du coma est venu me voir. Il avait besoin de me voir. Ah bon ? Ouais.
Pour lui en fait tout le monde a réagi différemment mais lui pour lui pour avancer il avait besoin de me voir. Donc il est venu me voir à l'hôpital. Je l'ai vu très rapidement après et après il est revenu me voir aussi au centre de rééducation. Euh lui pour avancer il devait voir que je vais bien. Incroyable. Tu l'as reconnu parce que tu sais que tu avais pas trop si je suis lui je me souvenais de son visage donc oui oui je l'ai quand même reconnu ouais à ton réveil de coma ouais oui oui oui oui. C'est quelques jours après enfin oui quelques semaines après mon réveil du coma qu'il est venu. Ouais. Ça t'a fait plaisir de le voir rentrer ? Oui complètement complètement.
Mais ces personnesl de toute façon enfin à chaque fois je les remercie parce que enfin mais ça suffit pas de les remercier ce qu'ils ont fait c'est juste exceptionnel. H tu parlais de l'infirmière tout à l'heure, c'est qui t'a sauvé la vie ? Elle tu l'as revu combien de temps après ? Je l'ai revu plus longtemps après quand je suis quand j'étais surnant. On s'est revu sur Nant. Comment tu as eu ses coordonnées à elle ? Bah pareil parce que ma famille avait avait ses avait ses contacts. Ouais. H Et et oui forcément on a un lien particulier et aujourd'hui on se voit régulièrement. Ouais. H [grognement] tu tu vas découvrir ton ton corps brûlé.
Tu tu le dis parce que au réveil tu le tu t'en rends pas compte. Tu es intubé au tout début. Euh je juste en même temps, j'ai pas exactement la période, mais la gendarmerie va demander à te voir pour l'enquête. Est-ce que c'est quelques semaines après, quelques jours après ton réveil, comment ça se passe ? Ouais, l'audition non. Alors, il souhaitait que ça se fasse le plus rapidement possible après mon réveil mais ça a été décalé parce que au tout début, j'étais pas capable d'en parler. Donc ça, ça s'est fait beaucoup plus tard, quelques mois plus tard. Mais effectivement, oui. Euh la première fois que j'ai vu mon visage, c'était avec la psychologue. Ouais. Hm. Ah, c'est vrai. Hm. Ouais.
Parce que moi dans ma chambre, je me voyais je me voyais habiter bander de la tête au pied mais je voyais pas mon visage. Et en plus quelques jours avant donc j'étais brûlée aux mains, j'avais des atel aux mains donc je pouvais pas vraiment bouger, me toucher ou quoi. Les atels, c'est pour empêcher de bouger. C'est comme un morceau de bois qu'on peut enfin à l'époque he si vous voyez une natel artisanale [raclement de gorge] c'était c'était un bout de bois qu'on qu'on fixait au bras et comme ça ça empêchait de bouger quoi. Maintenant c'est plus moderne. Mais voilà c'est ça. Moi c'était aussi pour pour que les cicatrices les greffes prennent bien.
Ouais voilà c'est çaou bou et donc moi je voyais que ça. Je savais pas du tout à quoi je ressemblais. Et je sais qu'à un moment il y a une infirmière qui vient dans ma chambre mais je sais pas je lui dis mais ça va mes cheveux pour les laver et tout enfin je sais pas. Je dis un truc comme ça. Et là elle me dit bah on a dû traser. Et là bah c'est la goutte de trop. Enfin c'est il t'avait coupé les cheveux. Il m'avait complètement rasé. Et c'est vrai que bah je suis brûlée de la tête au pied et en plus j'ai plus mes cheveux. Enfin à ce moment-là, je me dis mais à quoi je vais ressembler quoi. Enfin c'est Ouais.
Tu vois la cicatrice sur ton crâne parce que tu j'imagine s'il ont coupé c'est parce qu'il y avait une opération. Alors en fait les grands brûlés généralement sont rasés parce que pour les greffes quand on est brûlé au visage généralement ils prennent la peau du cuir chevelu pour greffer sur le visage. Ils essayent de prendre la peau la plus proche de la zone à greffer pour que ça se ressemble plus. D'accord. Mais c'est aussi parce que j'avais mon trauma crânien et que j'avais des plas aussi sur le cuir chevelu. Ouais. H Et donc tu es totalement rasé. Totalement rasé. Ouais. Donc ça ça Ouais. Ça vraiment c'était la goutte de trop. Ouais. Franchement c'était dur d'accepter ça.
Enfin je pense pour n'importe quelle femme d'être rasée. C'est Tu tu as eu un masque transparent. Ça c'était après ou Ouais c'était plus tard. Ouais. Ouais. C'était pour la greffe. Oui c'est ça en fait. Bah pour les cicatrices de brûlure en fait, on est obligé de comprimer les cicatrices pour avoir un meilleur résultat pour éviter que ça gonfle, réduire l'inflammation, éviter les brides, que la peau se rétracte. Donc oui, oui, oui, j'ai porté après ensuite en centre de rééducation tout ça. Ouais. Et là donc tu vas te lever la première fois avec l'infirmière, elle va dire "On va on va se regarder ensemble." C'est ça. Ouais. C avec la psychologue. Ouais.
Non non non, c'était avec la psychologue. Et je me souviens très bien. Ouais. Avant, on en avait bien parlé et ouais, elle me sort le Tu avais peur de te voir parce que tu dis tiens s'il y a quand même une psychologue pour que je me regarde dans la glace, c'est que Ouais. Ouais quand même. Ah bah oui oui, je m'attendais. Ouais ouais ouais, je m'attendais je m'attendais au pire et effectivement quand je me suis vu franchement je [soupir][souffle coupé] me reconnaissais pas. Je me reconnaissais pas. C'était Je sais que ça peut paraître bizarre aujourd'hui parce que aujourd'hui je sais que ça a bien cicatrisé mais ou ça ça se voit quasiment pas.
Oui oui oui mais bon il y a eu d'autres opérations, il y a eu d'autres choses de faites entre temps, il y a eu le masque. Mais c'est vrai qu'à ce moment-là, mon visage était rouge mais rouge rouge tomate. J'avais des plettes de partout. J'ai moi je suis brûlée au niveau des des paupières. Donc j'avais une paupière qui était à moitié fermée, donc un œil à moitié fermé. J'avais les dents de cassée. Moi, je voulais être dentiste, donc je vois que ça. Euh enfin, non, je me reconnais pas. Mais encore heureux en fait, j'avais un pansement au niveau du du front. Donc je ne voyais pas mes cheveux, enfin mon crâne. Je ne voyais [raclement de gorge] pas ça.
Et heureusement parce que je pense que si je m'étais vu sans ce pement là et que je m'étais vu donc le enfin sans cheveux, je pense que ça aurait été encore plus dur. Ouais. Et tu vois ton corps ou pas ? À ce moment-là non parce que au début il me faisait mes pansements sous anesthésie. Il il m'endormait pour les pansements pour éviter général. Ouais parce que c'est très douloureux. Moi au début mes pensements ils duraient 4 heures. Tous les deux jours. [grognement] Tous les deux jours être endormi. Ouais. pour ton corps, ça doit être fatiguant. Ouais. Ah oui. Mais justement, je me souviens du de la première fois ils m'ont fait le pansement sans anesthésie.
Donc, j'étais encore à l'hôpital euh et pareil, je me souviens quelques jours avant, euh j'avais demandé pareil à l'infirmière mais enfin ça peut paraître une question bête, mais comme j'étais bandée, je savais pas du tout à quoi ça ressemblait en dessous et je lui demande mais ça ressemble à quoi ? C'est comment et tout et je me souviens, elle m'a dit c'est par semé. Et donc pour moi, par semer ça voulait dire bah ça exactement. Donc je me disais bon bah ça va. Et en fait bah le jour où ils m'ont fait le pansement sans m'endormir et que j'ai vu mon corps bah c'était pas du tout c'était pas du tout ça.
C'était bah j'ai même fait un malaise parce que je te voir ouais de me voir parce que c'est vraiment la peau était à vif violet euh très impressionnant. J'avais jamais vu mon corps comme ça. Ouais il y a pas d'autres mot. C'était violet. C'était violet. sur tout le haut du corps. Tu moi non, c'est surtout c'est les deux bras, les deux jambes [grognement] et c'était surtout mes jambes. Gross partie du corp qui bouge en plus. Donc c'est toutes les parties mobiles. Exactement. Ouais. H et ouais, à ce moment-là, je vraiment ça me fait encore un choc et je me souviens, je je fais un malaise, je me sentais pas bien quoi.
Tu tu es accompagné psychologiquement, par la suite après mais pour pour quand tu vas sortir avec ce masque et l'habitude des gens, enfin tu vas tu vas pas t'habituer justement au regard des gens, mais juste avant à l'hôpital, tu es suivi par des psy qui t'accompagnent. Est-ce que ça t'aide ? Est-ce que ça te sert pas à quel à grand-chose ? parce que malheureusement bah tu es tu es tu es très triste. Bah à partir du moment oui. Donc j'ai j'ai su l'accident. Ouais. Je voyais la psychologue tous les deux enfin tous les jours ou tous les deux jours. Ouais. Et oui, ça me faisait du bien quand même. Oui. Oui. Oui.
Après, ce qui me faisait, je pense le du bien aussi, c'était d'être entouré, d'être avec quelqu'un qui me parlait. Parce que moi ce qui était ce que j'avais du mal à supporter, c'était de me sentir seul dans ma chambre et en fait euh et de et en fait que quelqu'un était avec moi de parler, ça ça me faisait du bien en fait de savoir que j'étais pas seule. Parce que tu sais quoi de la journée ? Ah bah les journées mais c'était c'était une horreur. C'est pour moi les les journées elles me paraissaient mais c'était terrible. Je pouvais rien faire parce qu'en plus comme j'avais les cervicales de déplacé, j'avais un gros corset donc je pouvais même pas bouger. Je voyais juste Ouais, c'est ça.
Et au niveau du dos aussi, j'avais j'avais tout. Je pouvais juste regarder la télé mais la télé moi j'en pouvais plus quoi. Enfin ce puis je pouvais pas au début non, je pouvais pas marcher. Donc j'étais vraiment clouée à mon lit. Je ne pouvais rien faire. Jeis Vous pouvez même pas avoir de téléphone ? Non. Bah de toute façon oui. Non, à ce moment-là j'avais pas envie aussi d'allumer mon téléphone. Non, mais est-ce que tu avais pas envie d'appeler ? Est-ce que tu avais un copain ? Non non non non. Est-ce que tu avais Bah tu avais des amis ? Oui oui oui. Est-ce que tu avais est-ce que tu avais des nouvelles ? Comment tu as fait pour prévenir tes amis ou est-ce que ils étaient déjà prévenus ?
Ouais, ils étaient tous déjà au courant. Ouais, ouais, ouais. Mais non. Bah il m'appelait, ils appelaient le numéro de de l'hôpital, il m'appelait régulièrement. Ouais. Il me passait l'infirmière me collait le téléphone à mon oreille et on Ouais. Tu pouvais avec tes mains comme ils avaient été un petit peu brûlé, est-ce que tu pouvais envoyer des textos ? Est-ce que tu pouvais même pas toucher téléphone ? Au début, au début, non. Non. Non, je pouvais pas. Non, non. Tu ne pouvais rien faire de tes mains ? Vraiment, je ne pouvais rien faire. Je pouvais même pas manger seul. On me faisait manger. Ouais. Parce que je n'arrivais pas du tout à plier les doigts. Ouais.
Et puis même au début, bah de toute façon, j'avais plus mon téléphone mais j'avais pas ce j'avais pas envie de retourner sur les réseaux sociaux, de voir la tout que tout le monde allait bien. Enfin, j'avais pas envie de voir les photos de vacances. Oui, voilà. Exactement. Alors que moi, j'étais Ouais. Non. Donc, j'ai mis du temps. Ouais. Combien de temps après tu tu peux replier les doigts et réutiliser tes mains toutes seulle ? Ça a mis du temps euh parce que donc après je suis allée en centre de rééducation et là j'avais 2 heures de kiné par jour. 1 heure le matin, 1 heure l'après-midi tous les jours.
Euh euh ouais ça a mis plusieurs mois avant enfin ouais plusieurs semaines avant de pouvoir Il y a quelqu'un qui va te marquer à l'hôpital en dehors des services psychologiques qui tu vas vraiment bien t'entendre qui va beaucoup t'aider. H ouais ben j'ai eu la chance de rencontrer des soignants incroyables et notamment une infirmière, je me souviens euh parce que moi voilà, j'étais toute la journée dans enfin dans ma chambre àité à l'ité et je ne rêvais que d'une chose, c'était de sortir dehors et de respirer l'air frais, d'être dehors.
Et à un moment, c'est elle, elle m'a emmené parce que de temps en temps quand même, il me mettait en fauteuil roulant quand même enfin que que je puisse m'asseoir. Et et donc elle m'emmène dehors et je me souviens mais on a eu une discussion, je pourrais pas dire aujourd'hui ce qu'elle m'a dit mais cette discussion, elle m'a elle m'a énormément marqué. Elle m'a [soupir] elle m'a touché et je me souviens, elle m'a dit "Lur, tu auras une vie extraordinaire." Je me souviens je me souviens juste de cette phrase. Elle me dit ça et on a une longue discussion et je sais que elle m'envoie beaucoup de force de et elle me dit "Tu auras une vie extraordinaire." Tu as des nouvelles d'elle ? Ouais ouais.
Je suis toujours en contact avec C'est quoi son prénom ? Elle s'appelle Fanny et à chaque fois elle me dit "Tu es la patiente de ma vie." Incroyable. Ouais ouais. Bah oui, on a des Ouais. des liens particuliers, c'est sûr. Je me souviens parce que même moi aussi mes cheveux ça me enfin je pleurais aussi beaucoup. Mes cheveux j'avais peur qu'il repoussent pas. J'avais peur que et je me souviens, elle me disait "Mais tu auras des cheveux de bébé, tu auras des trop beaux cheveux." Enfin, elle me Ouais, elle me rassurait énormément. Je me souviens parce que à ce moment-là, il y a pas il y a pas d'autres mots, hein. J'étais totalement en déprime. J'étais Ouais. J'étais pas bien du tout.
Et je me souviens, elle avait fait une liste des choses positives qui m'arrivaient dans la journée. Par exemple, je sais plus mais un moment quand je pouvais un petit peu manger seule, bah elle écrivait ça pour trouver un peu de positif dans mon hospitalité. Ouais, bien sûr. Bien. essayer de voir le bon côté des choses. Voilà, c'est ça. Parce que oui, à ce moment-là, il y a pas d'autres mots. Et elle, elle était pas psy, elle était juste soignante. Pas du tout. Ouais. Bravo au soignant. Vous embrass. Oui, vraiment. [grognement] Euh, ils te disent il te reste tant de semaines avant de sortir ou non ? C'est au fur et à mesure de quand tu iras mieux en fait.
Est-ce que est-ce que tu as le le bout du tunnel ? Est-ce que tu sais où il est ? Est-ce que tu as une projection ? Et ben donc quelques semaines après mon réveil, ils me disent que oui effectivement, il va falloir que j'aille en centre de rééducation. Et il me parle de 3 mois au début. Au final, je suis restée plus d'un an. Oh là là ! Parce que ouais même moi je me je me revois et je m'étais dit en janvier, c'est bon, je suis chez moi, je vais pouvoir reprendre reprendre les cours quoi. Au final non, je suis restée beaucoup plus longtemps. Et parce qu'en fait pour les grands brûlés, le plus important c'est la rééducation. En fait, il y a énormément de soins, les pensements euh et ouais.
Oui. [grognement] Tu rencontres d'autres personnes euh tu es dans un service de grand de Grand Brûet, tu rencontres d'autres personnes qui ont été justement très abîmées par un accident ou autre avec qui tu vas discuter, avec qui ça va t'aider ? Oui, complètement. Bah, c'est vrai que d'arriver euh dans un centre de rééducation, en plus c un centre de rééducation pédiatrique, on était réparti par groupe d'âge. Euh donc moi, j'étais avec les ados adulte et là, je me sentais pas seule parce que c'est vrai que dans ma chambre d'hôpital, je ne sortais jamais donc je me sentais vraiment seule. Et quand je suis arrivée là-bas, j'ai vu que bah non, je suis pas la seule à être grande brûlée.
Et c'est vrai que bah ça rassure de se dire que on n'est pas seul. Et effectivement, quand je suis arrivée, j'ai rencontré une autre patiente qui a un an de plus que moi qui venait d'arriver. et euh et on s'est très très bien entendu et pendant toute notre éducation, on l'a vécu ensemble et c'est vrai que de l'avoir vécu ensemble, c'est juste enfin ça nous a vraiment aidé toutes les deux. Ouais. Et c'est là où tu vasir d'autres opérations, ils vont te faire porter ce masque. C'est ça. Euh et ben oui, très rapidement. Après, en fait, quand j'ai plus de pansement, j'ai porté le masque. Ouais. Euh ou c'est un masque que tu portes 24h sur 24 ou c'est ça ?
On l'enlève juste pour manger et euh et me laver quoi. C'est censé compresser un peu ton visage pour aider la cicatrisation. Exactement. Et la nuit aussi je le porte. Sauf que visuellement bah c'est très visible puisque c'est le visage. Et donc tu l'as aussi quand tu sors. Ouais. Bah je me souviens très bien. Ça c'était encore à l'hôpital quand il m'avait montré un masque parce que moi avant d'avoir eu cet accident, je savais même pas ce que c'était d'être grand brûlé. J'avais jamais entendu parler de ça, les les masques, les compressibles, j'avais jamais vu ça. Et je me rappelle que quand l'infirmière m'a montré le masque, ben là, je me suis mise à pleurer.
Je me suis dit "Mais comment comment je vais faire pour pouvoir supporter ça ?" Quoi ? Rien qu'au niveau déjà du confort et puis même visuellement. Toute la journée, tu l'avais ? Toute la journée. Ouais. Et la nuit aussi. Combien de temps tu l'as eu ? Alors, normalement en principe c'est à peu près 18 mois mais moi je me suis refait opérer et en fait quand on se refait opérer, on repart de zéro. Donc je l'ai porté 3 ans. Ouais. Ouais. Ouais. Et pendant 3 ans. Ouais. 3 ans. H au début forcément c'est très très désagréable mais après tu t'yffais. Ouais. Et franchement limite quand je l'avais pas, je me sentais nu. En fait, je me suis vraiment reconstruite avec.
Et il faut savoir que même le jour où mon médecin m'a dit que je pouvais arrêter de le porter, alors je ne rêvais que de ça, mais au final je n'ai pas du tout réagi comme ça. Je n'osais pas l'enlever parce que j'ai enfin je me disais "Et ben maintenant on va voir mes cicatrices, on voit pas mon masque, on voit mes cicatrices." Et c'était ça en fait que Ouais. et j'ai mis beaucoup de temps à l'enlever. Ouais, je mets une photo, je me permets, tu tuas montrer voilà ce que ça faisait le masque. Comment les gens réagissaient dans la rue. Est-ce qu'il y en a qui réagissaient bizarrement ? parce que j'en comprenais que tu étais une grande brûlée.
Il y a eu un film je crois sauvé au périr et Pierre Ninet je crois qu'il a un masque le quand il joue le rôle du pompier malheureusement qui vrai hein qui a été brûlé. Il il a un masque comme ça transparent. Ou euh est-ce que toi les gens réagissaient bizarrement ou ça allait ? Ah oui oui. Ah oui oui. Bah tu as l'impression d'être un extraterrestre hein. Franchement, on te regarde les regards. Enfin c'est moi je me souviens de la première euh la première fois où je suis sortie du centre parce que le centre aussi il y a aussi ce côté-là où euh justement nous être confronté aussi au regard des autres et ça on le vit aussi avec d'autres passions. On n'est pas seul.
on sort avec euh avec les aides soignants et cetera pour justement être confronté à ça. Et je me souviens de notre première sortie donc on était plusieurs grands brûlés forcément avec le masque, l'appareillage. Donc oui, effectivement on nous remarque. Je me souviens, on était allé au restaurant, tout se passe bien. Et là, à un moment il y a une il y a une dame qui vient nous voir et qui nous dit "Mais c'est pas Halloween aujourd'hui." Et là, c'est ta première sortie. tu te prends ça dans la figure, c'est tu te dis "OK, il y a du travail à faire" et là tu te disa tu réponds à la dame, pardon.
Mais non mais je sais que la soignante qui était avec nous par contre l'a pris à part et lui a dit et après elle s'est excusée enfin du bout des lèvres à peine quoi. Grande classe vraiment. Ouais. [grognement] Ah non mais c'était complètement Ouais. Et euh et à ce moment-là, c'est là que je me rends compte queen fait la vraie rééducation, ce sera en dehors du centre de rééducation, d'être confronté au regard des gens. Parce que au centre de rééducation, bah tout le monde est pareil. Tu te dis bah voilà, c'est ça en fait, personne te regarde bizarrement, c'est normal quoi là-bas. Et là, tu dis OK, il va y avoir du travail à faire quoi. Et ça et ça et ça ça arrive régulièrement.
Après, tu vois, tu vas le vivre quand tu vas sortir seul, tu vas au supermarché et cetera. Ça c'est des réflexions que tu entends. Tu as ce genre de réflexion parfois de personnes qui ne comprennent pas pourquoi tu as un masque. Ah ouais, très souvent. Bah quand maintenant que j'ai plus mon masque moins mais quand j'avais mon masque quasiment à chaque fois c'est vrai. Enfin ouais très souvent déjà on me regardait insistement et souvent ouais des gens mais vraiment pas du tout gênés venaient me voir en me disant mais qu'est-ce que qu'est-ce que vous avez au début c'était compliqué. Il faut mieux quelqu'un qui s'intéresse.
Ça c'est souvent quand on a eu des gens en situation de cap dis je préfère quelqu'un qui vient demander que quelqu'un qui me prend en photo ou qui rigole ou qui me sort des vannes. Voilà. Oui. Oui, c'est vrai. Mais il y a une manière de dire les choses et de d'aborder quoi. Il y en a c'était de la curiosité mal placé quoi. Donc c'est pour ça moi des fois euh au début quand c'était vraiment très rapidement après l'accident euh ça m'arrivait je je disais pas la vérité. J'inventais un accident, je disais un comment bah toi tu as un crash d'avion. C'est les gens peuvent comprendre que tu as un masque parce que Oui. Oui. Mais je sais pas, j'avais pas envie de j'avais pas envie de dire ça. Ouais.
Parce que je voulais pas qu'il soit je sais pas mais je voulais pas dire la vérité. Donc des fois ça m'arrivait de de dire autre chose que bah c'était un accident domestique et voilà et ça s'arrêtait là quoi parce que justement les fois où je disais la vérité les gens étaient complètement choqués. Il me posait plein de questions. Euh c'était Mais eux ils étaient encore plus gênés du coup de m'avoir demandé parce que il me disait enfin [grognement] ils savaient pas comment réagir quoi. Mais c'est pour ça en fait ça dépendait des moments mais des fois c'est vrai que quand je savais que ça allait rien m'apporter bah je disais pas la vérité ou alors je je répondais pas tout simplement. Ouais.
C'est c'est à cette période que la gendarmerie va te convoquer du coup. Ouais. Comment ça va se passer ? Ils te ils te ils te font venir ? C'est eux qui viennent au centre. Ouais. C'est eux qui viennent au centre de l'éducation et là bah pendant 4 heur c'est on parle que de l'accident de tout et n'importe quoi. Des questions sur bah oui comment allait mon père comment était notre vie enfin ouais des questions vraiment ce qui buvait l'alcool. Ouais tout ça. Ouais tout ce genre de question. Ouais et c'est vrai que moi c'est enfin cette audition ouais elle m'a beaucoup marqué parce que c'était je voulais pas de la pitié ou quoi mais j'avais l'impression de parler à des robots quoi.
Il y avait aucune émotion, rien du tout quoi. Donc c il y a pas de tacte non plus. Pas du tout. Non non non. Ah ouais non c'était Ah c'était 4 heur horrible. Ouais c'est vrai. Ouais vraiment. Oui. Et après par contre quand on a fini l'audition par contre on a eu une discussion j'ai envie de dire normale sans voilà exactement. Et en fait, je me suis mis rendu compte que en fait il en c'était eux aussi pour se protéger et c'est que là ils étaient dans leur [souffle coupé] Ouais, mais c'est professionnellement. Ça peut être une critique constructive. Ceux qui critiquent pour critiquer.
Oui, mais une critique constructive de dire si vous êtes gendarme et vous faites une une enquête sur quelqu'un qui est la seule survivante, peut-être d'y aller doucement ou plus avec plus d'empathie. Exactement. C'est toujours bien de le dire et puis qu' soit ça soit entendu. Peut-être qu'il y a des gens qui qui te regardent là qui un jour feront une interview enfin une déposition de quelqu'un et ils auront entendu ce que tu disais. Donc ça peut être utile dire comme ça quoi. Oui. Ah oui oui. Ouais. Parce que tout le monde n'est pas parfait. Donc là s'ils ont fait une erreur, il faut qu'à Ouais. Euh tu vas dire non à la chirurgie esthétique. Tu vas dire que tu veux pas.
Alors ça ça a mis du temps mais quand je suis sortie du centre de l'éducation, je savais que quelques mois après j'allais me refaire opérer parce que j'avais euh au niveau de la main, j'avais des brides et au niveau du visage aussi. Donc je me suis refait opérer. [souffle coupé][soupir] Oui, c'est un petit peu c'est des tensions de la peau en fait qui se rétractent et qui empêch de bouger. Voilà. Exactement. Et moi au niveau de mon visage aussi ça me gênait. Euh donc ils m'ont réopéré. Donc oui, c'est réparatrice, on appelle ça plutôt.
Mais effectivement, je sais que donc j'ai refait ces deux opérations là et l'été dernier, je me suis encore une fois refait opérer au niveau des mains, mais cette fois-ci c'était parce que en fait, j'arrivais pas à récupérer pleinement mon j'arrivais pas à plier complètement mes doigts parce que j'avais des tensions au niveau des tendons. Donc, je me suis refait opérer par rapport à ça l'été dernière. Mais on m'a aussi proposé oui, des chirurgies esthétiques, de refaire des greffes et cetera.
Et effectivement, je pensais pas dire ça un jour mais oui, j'ai refusé parce que aujourd'hui, j'accepte mes cicatrices, elles font partie de moi et les cacher, ce serait caché mon histoire et en fait je peux pas cacher mon histoire, ça fait partie de moi. Je me suis reconstruite comme ça et et aujourd'hui ouais franchement je je dés mais ça je pensais vraiment pas lui dire ça au tout début quand je me suis réveillé du coma. À ce moment-là, je m'étais dit "Mais je m'habillerai tout le temps, même l'été, pantalon chemise, des gants et aujourd'hui, j'assume de sortir en manche courte en maillot de bain. C'est ton corps, quoi.
Bah c'est ça, mais ça a mis beaucoup de temps à l'accepter he quand même. Je me revois enfin oui, au début retourner parce que moi je fais de la de la piscine, retourner dans sa piscine en maillot de bain avec son nouveau corps, c'est compliqué de revoir des gens queon a vu avant. Ouais. Et tout le monde vient de parler quand même ou quand tu retournes dans ton dans ta ville, tu habites à Nant même ou à côté.
Est-ce que dans ton village, on va dire, est-ce que les gens euh qui qui étaient au courant de l'histoire, est-ce que tu vas rentrer 1 an et 2 mois plus tard euh le 16 décembre 2022, donc même un peu plus qu'un an et 2 mois en totalité, quasiment un an et demi entre août et et décembre, euh entre le 5 août 2021 et le 16 décembre, si j'ai pas de bêtises, il va se passer quasiment un an et demi. Quand tu vas rentrer dans ton village, est-ce qu'il y a des gens qui viennent te voir, t'apporter un peu de soutien ? Est-ce que tu sens que tu es un peu aidé ? Ouais. Ben en fait, je me rends compte que tout le monde est au courant. Tout le monde est au courant.
Bah déjà, j'ai mon masque donc en plus euh on repère. Voilà. Mais ouais, je me rends compte que oui, quand je fais mes courses, même encore aujourd'hui, euh des fois des gens que je connais pas viennent me voir euh euh parce que ils m'ont vu et oui, effectiv. Oui. Ouais, c'est Oui. Ou tu vas recroiser des gens que tu connais ? Tu vas tu vas tu vas dormir où là au départ ? Parce que tu as la maison familiale mais tu vas pas là-bas. Ouais. Non, j'y vais pas tout de suite après parce que je me sentais pas capable dès le début. Donc je retourne chez ma grand-mère à Nant qui habite enfin à 500 m de chez moi. Donc [souffle coupé] j'ai Ouais.
Je dormais chez elle mais en journée, j'allais chez moi justement pour préparer mon mon parce que je souhaitais y retourner quelques mois après. Ouais. Quelle est la première chose que tu vas faire là-bas dans ma maison ? Ouais. Non, déjà chez ta grand-mère, tu arrives en dehors de de cet hôpital, tu vas passer un an et demi ? Ouais. Bah bah je suis trop contente de me rendre compte que c'est bon, la rééducation c'est fini, que je vais retrouver entre guillemets une vie normale, même si j'ai encore des soins, je vais au kiné, psychologue et tout. Mais c'est sûr que ce sentiment là de se dire "OK, c'est fini, même si je savais quelques mois plus tard, j'allais me refaire opérer".
Parce que c'est ça en fait pour les grands brûlés, c'est beaucoup d'opération. La rééducation c'est très long. Enfin là aujourd'hui, ça fait 5 ans et je suis je vois encore mon kiné, je vois encore ma psychologue. C'est très très long quoi. 10 mois plus tard, en septembre 2023, tu vas retourner à ta maison. Ouais. Donc tu vas tu vas dire à ta grand-mère, écoute, je vais je vais retourner à la maison. C'est la maison où il y avait tes parents, où il y avait ton frère, sa chambre. Tuvrees la porte, c'est resté dans son jus de l'époque ou est-ce qu'il y a des gens de ta famille qui sont allés un peu préparés avant que tu rentres ? Non, non, non.
Justement, moi je je voulais retrouver la maison aussi comme on l'avait laissé, mais du coup, quand j'étais chez ma grand-mère, je dormais, je vivais chez elle, mais dans la journée, j'étais dans ma maison justement pour préparer mon retour dans cette maison. Et ouais, j'ai fait beaucoup de tri, j'ai fait beaucoup de travaux. Euh je voulais en fait m'approprier encore plus cette maisonlà quoi. Je voulais continuer ma reconstruction là-bas mais quand même me l'approprier parce qu'au début cette maison je savais pas quoi en faire. Je me disais parce que la première fois quand même que j'y suis retourné c'était très compliqué.
À ce moment-là je savais pas du tout et je pensais pas y retourner à ce moment-là. Et en fait, c'est au bout de quelques jours où je me suis dit "OK, en fait cette maison, je m'y sens bien." J'ai l'impression qu'ils sont toujours là et c'est un peu mon J'ai toujours vécu dans cette maison. C'est mon dernier souvenir de physiquement, on va dire. Et effectivement, dans cette maison, je m'y je m'y sens très bien. Et tu l'as gardé encore aujourd'hui. Ouais. Ouais. Aujourd'hui, je suis toujours dedans. Tu as laissé la chambre de tes parents ? Ouais. La chambre de ton frère ? Tu as laissé dans dans le enfin dans tu as rien touché ?
Il y a des choses si j'ai fait un peu de tri mais oui, c'est encore comme avant. Ouais. Hm [grognement] oui, j'y vais pas régulièrement mais en fait j'avais besoin de f enfin de continuer ma reconstruction dans cette maison-là. Ma vie elle a tellement changé que j'avais besoin de retourner dans ma maison base. Ouais, c'est ça. Et là-bas, je enfin dans cette maison, je me sens bien quoi. Enfin, c'est Mais tu as laissé leurs petits ustensiles, leur c'est c'est c'est inimaginable ce que tu vis. Donc, on peut se mettre à ta place, mais est-ce que tu laisses les brosses à dents, les trucs ? Ouais. Non, ça, j'ai quand même fait du tri quand même si.
Si si même j'ai changé beaucoup de choses quand même dedans. J'ai refait les travaux. Les travaux qui souhaitaent faire, j'ai continué à les faire parce que c'était important pour moi aussi de continuer ce que eux avaient commencé et mais ouais non si j'ai fait quand même j'ai changé pas mal de meubles et tout. J'avais besoin parce que sinon c'est encore trop dur quoi. Mais effectivement, je revois par exemple le bureau de mon père et ben alors oui, j'ai changé de bureau et tout mais j'ai remis un nouveau bureau dans la même disposition et en fait quand je travaille là-bas et ben j'ai l'impression que enfin je suis à sa place mais j'ai l'impression qu'il est avec moi qu'il veille sur moi.
Pareil le fauteuil de ma mère où elle s'assayait tout le temps. Bah ça je l'ai gardé. C'est vrai que je m je m'y assois jamais dedans mais c'est symbolique. Ouais. Tu gardes des souvenirs. Ouais. tu vas hériter financièrement euh comment tu vas vivre au départ ? Tu m'as dit que je pouvais te poser toutes tes questions, c'est vraiment histoire de comprendre ton parcours. Comment ça va se passer ? Tu vas tu vas tu vis avec quel argent au début ? Bah l'argent dans soit de que je que je vais héritais. tu hérites tout de suite. Euh ça a été une très longue, ça a mis beaucoup de temps parce que c'était une succession quand même qui était importante avec trois personnes.
Il y a eu le comment le la vente de l'entreprise de mes parents. C'est ça aussi qui a pris du temps. Tu t'es posé la question la reprendre à un moment donné ? Ouais. Bah ça en fait, j'ai dû prendre cette décision assez rapidement après l'accident parce que bah fallait pas laisser l'entreprise comme ça sans dirigeant quoi. Donc ouais, c'était dur de de prendre cette décision là parce que moi dans ma tête avant l'accident, c'était je faisais médecine pour dentaire et si j'ai pas ça, je veux si j'arrive pas à faire dentaire, je reprends l'entreprise de mes parents. Donc c'était quand même dans un coin de ma tête.
Et à ce moment-là, bah je me disais bah est-ce que je pourrais pas reprendre l'entreprise ? Mais à ce moment-là, je sortais du bac, j'avais pas commencé mes études. Donc je j'avais pas aussi la capacité à ce moment-là de reprendre l'entreprise seule. Donc j'ai beaucoup réfléchi et je me suis dit, je pense que la meilleure chose, c'est malheureusement de de la vendre et qu'elle qu'elle pendant qu'elle vaut encore quelque chose. Voilà, c'est ça. Si tu es la se périté. Exactement. Ouais. Ouais. Ça aurait été prendre plus de risque autre chose. Et je me dis voilà, au moins là, elle est entre deux bonnes mains. OK, elle est plus dans dans ma famille mais elle continue de vivre.
Comment ça va se passer ? entièrement comment est-ce que tu trouves un acheteur ? Comment est-ce que tu es aidé ? Est-ce que l'État t'a aidé à ce moment-là ? Est-ce que Comment ça marche quand une boîte se retrouve sans dirigeant du jour au lendemain après un décès ? Comment ça fonctionne ? Et ben bah en fait quand j'étais dans le coma, on m'a mis sous sauvegarde de justice parce qu'on savait pas à ce moment-là comment j'allais me réveiller. À ce moment-là, j'ai un gros trauma crânien à ma [raclement de gorge] famille. Il ils se sont jamais prononcés sur l'État. Il savaient pas comment il savaient pas pour eux.
Ils avaient tout de suite dit quand elle se réveille, on lui on lui fait un encéphalogramme pour voir comment elle va. Mais ils avaient peur parce que c'était quand même un gros travaux. Tu te transformes et au final quand je me suis réveillé, je parlais normalement donc ils m'ont jamais fait l'encéphalogramme et donc ça c'est déjà assez fou que j'ai pas de séquel au niveau de ça. Mais pendant mon coma bah donc ils m'ont mis ce sauvegarde de justice. Donc il y a une société en fait quelqu'un après j'ai été mise sous curatel qui s'occupait de de gérer tout ça parce que il y a quelqu'un qui a géré pour toi la boîte. Ouais ouais ouais. C'est ça. Le temps que tu te décides. Exactement.
Ça c'est quelqu'un de l'État. Euh c'est le juge de commerce de Nant qui décide ça. Ouais, c'est quand même bien fait du coup. Ouais. Oui. Oui. Quand même oui. Oui. Oui. Il y a tout de suite quelqu'un qui a été mis en place. Ouais. Donc tu vas décider de vendre. Tu tu qu'est-ce que tu vas faire de de l'argent ? Tu vas tu veux tu veux tu vas hésiter au début à acheter quelque chose pour toi ? Comment tu vas faire ? Parce que tu Ouais, c'est des trucs que tu aurais pas imaginé quelques mois avant. Enfin, oui, oui, ben c'est sûr. Enfin, oui. Euh et ben au début même, je réalisais pas trop euh je me rendais pas compte de tout ça mais j'ai été accompagné.
Oui, déjà par par le représentant enfin le la curatelle et après j'ai été accompagnée par un gestionnaire de patrimoine et cetera. Ouais. Parce que moi, enfin j'avais 18 ans quand j'ai eu l'accident euh j'avais aucune notion de tout ça, de l'argent, de faire les impôts, tout ça. J'avais aucune notion. Donc ouais, j'ai été accompagnée pour tout ça puisque je pouvais pas le faire seul. Ouais. [grognement] Il y a eu une enquête après pour savoir ce qui s'était passé dans l'avion.
Je pas demandé tout à l'heure parce que on a on a suivi le déroulé de l'histoire, mais est-ce que il y a il y a eu une enquête qui a déterminé qu'il y avait un problème de tu disais tout à l'heure d'une aiguille, un problème mécanique ? Qu'est-ce qu'ils en ont conclu ? Comment est-ce qu'ils ont fait l'enquête ? Et ben oui, l'enquête elle est sortie mais pour eux en fait c'est plein de d'hypothèses en fait.
Ils m'ont moi parce que j'avais vu quand même les enquêteurs qui étaient venus m'expliquer oralement le le résultat de l'enquête et il me disait qu'en fait il on saura jamais vraiment qu'est-ce qui s'est passé, c'est que des hypothèses mais pour eux c'est plusieurs petits petits comment voilà qui ont mené à l'accident quoi, que l'avion n'était sûrement pas assez puissant, que le vol en montagne est très compliqué euh que peut-être on était trop chargé, enfin bref, plein de petites choses comme ça qui ont mené à l'accident. Mais ils m'ont bien dit que mon père a très bien réagi parce qu'il a essayé de faire demi-tour et ils m'ont dit que ça c'était très bien quoi.
Tuas tu as 22 ans aujourd'hui toi. Comment ça va psychologiquement ? Tu disais tu as continué le de voir les psychologues pour t'accompagner ? Est-ce que tu les vois toujours ? Je les vois toujours mais justement là à mon dernier rendez-vous, ma psychologue m'a proposé justement qu'on diminue petit à petit euh les séance parce que Ouais, c'est très très bon signe. Ouais, ouais, ouais. Parce que Oui, ça oui, ça fait 5 ans, ça va. Oui, je suis très bien entourée et ça va mieux. Ouais, mais oui, après j'ai été enfin je tiens à préciser que ouais, pendant à peu près un an après l'accident, j'ai quand même été sous antidépresseur.
Euh et j'ai fait aussi de l' MDR parce que je faisais des cauchemars la nuit et d'hypnose qui permet de de pour moi toutes ces petites chosesl m'ont énormément aidé. Ouais. parce que ouais, je rêvais la nuit, je rêvais de ma famille et le matin, je me réveillais et euh et je me rendait compte que en fait euh bah c'était pas la réalité quoi. Donc je me réveillais en pleur tous les matins. [grognement] Donc c'était très dur ça. Est-ce que ta définition du bonheur a changé quand on vit un truc comme ça ? Est-ce que après on relativise plus, on est plus on essaie d'être plus heureux sur des petits détails complètement. Ah bah oui oui. Chaque Ouais. Oui oui vraiment.
Ah oui, j'essaie de de me réjouir de n'importe quoi. Ouais, ouais, ouais. Aujourd'hui, ouais, je sais que la vie peut changer en quelques secondes, donc je sais que je sais ce que ça vaut. Ouais. H [grognement] Est-ce que tu allais les voir au cimetière ? Après, tu dis que tu as vu l'enterrement en vidéo qui qui a pu être filmé. Est-ce que après tu as pu pour faire ton deuil, c'est un sujet important. Est-ce que tu as pu aller les voir après ? Oui, oui, oui, oui, oui. Euh, ouais, pour moi c'était important d'aller au cimetière, de les voir. Euh et donc ouais, aujourd'hui au cimetière, j'y vais toutes les semaines. Ouais. Ouais. Pour moi, c'est important. de enterré à côté de chez toi. Ouais.
Et truc assez impressionnant, c'est qu'à chaque fois que j'y vais, il y a un avion qui passe au-dessus de du cimetière. Et à chaque fois, je me dis au début, je faisais attention mais sans trop faire attention. Et après, je me suis dit bah quand même c'est Ouais. Et je me dis bah c'est c'est eux quoi, c'est un signe. Il y a un petit avion de tourisme qui passé. Des fois c'est des gros avions aussi mais quand même ça reste un avion. et je me dis ben c'est en en tout cas moi je vois ça comme un signe de Ouais qui me montre que ils sont encore là quoi. [grognement] Comment tu essayes de faire ton deuil ? Comment est-ce que tu essayes d'aller mieux quand on vit un truc comme ça ?
Comment comment on se soigne pour faire son deuil ? S'il y en a qui te regardent et qui ça peut arriver aussi. Ben moi ce qui m'a beaucoup aidé, c'est de me dire que je sais que si mes parents et mon frère il pouvaient me parler, je sais qu'il voudrai que j'aille bien et qu' que je vive pour eux et que je profite pour eux. Je sais que il voudrai pas me voir dans ma chambre à pleurer à rien faire de ma vie. Je sais que il voudrait juste que que je continue ma vie et que je sois heureuse. Et c'est ça en fait. À chaque fois je en fait je les vois presque me le dire, me dire Laura, vis ta vie. Et je me dis je pense qu'on se retrouvera un jour.
[grognement] Est-ce que tu as moins peur de la mort maintenant ? Euh la côtoie de si près, tu vois. Bah en fait, je me dis là ce que je vis pour moi, c'est comme un surplu de vie. J'ai tellement failli voilà, c'est ça. Je me dis en fait ouais c'est une deuxième vie ce que je vis là. Donc mais si la mort me fait quand même toujours peur, c'est sûr. Si si. Ouais. Tu crois plus en Dieu ? Ouais. Je me suis posé beaucoup de questions. Ouais. En tout cas, ça ça a remis en cause un peu ta foi, on va dire. Ouais. Oui, parce que avant l'accident, on est enfin, j'étais dans une famille quand même croyante.
Euh mais c'est vrai que depuis l'accident, je me dis "Mais bah comment euh comment on a pu laisser enfin se passer ça quoi." Je me dis bah si Ouais. En étant croyant, je me dis bah il nous aurait protégé, il nous aurait aurait pas eu ça quoi. Ouais. Et aujourd'hui non non je non même oui. Enfin ouais donc je me pose des questions. Ouais mais je sais qu'il y en a au contraire qui me disent bah attends tu es vivante tu devrais justement remercier de te laisser en vie mais moi je le vois pas de ce côté-là forcément. Tu dis que tu crois au destin ? Ouais, je crois au destin. Ouais. Bah c'est vrai que dans cet accident, il y a beaucoup de choses.
Je me dis enfin c'est quand même assez fou qu' a cette soignante qui est de Nantes. Pareil la patiente que j'ai rencontré au centre, elle a eu son accident proche de Nant à côté de chez moi. Enfin, il y a plein de trucs où je me dis mais ces personnes-là je enfin je devais les rencontrer et je ça devait se passer comme ça. Bah, notamment quand j'ai revu Julien qui m'a expliqué que j'étais la seule, enfin il voyait que moi comme si j'étais vraiment, il m'a dit miraculer et je me dis bah ça devait se passer comme ça. Tu [grognement] tu es sur les réseaux sociaux aujourd'hui ? Pas trop.
Non non non mais en tout cas j'ai j'ai enfin oui, j'écris mon livre et après j'aimerais bien justement après m'investir un peu plus aussi dans les associations pour les grands brûlés parce que je sais que enfin pour l'avoir vécu, je sais que c'est très dur et j'espère en tout cas que mon témoignage et que redonner espoir à ces personnes-là parce que je sais que moi quand je me revois à mon réveil du coma à ce moment-là je me disais mais ma vie elle est finie et aujourd'hui quand je me vois 5 ans après là ici à témoigner Enfin, des fois j'ai du mal à réaliser. Je me dis mais moi-même des fois le matin, je me lève et je me dis mais Laura, comment tu fais pour pour te lever et aller bien ?
Et j'ai pas la réponse. Enfin, je bah depuis cet accident, j'ai envie de dire, il y a comme une force en moi qui s'est développée. Je sais pas mais en tout cas je Ouais. Tu arrives à te retrouver belle maintenant que tu as les cheveux de bébé poussé comme Ouais, ouais. Ouais. Bah non, c'est dur. Franchement, c'est dur. Bah sur ton visage maquillage. Ouais. Ouais. Ouais. Non mais heureusement qu'il y a le maquillage. Sans maquillage quand même, ça se voit quand même bien. Mais je m'accepte. Je m'accepte et voilà, je me dis bah ouais mes cicatrices, elles font partie de mon histoire, ça fait partie de moi. Et si quelqu'un les accepte pas, bah c'est qu'il a rien à faire avec moi.
Tu [grognement] tu as tu as tu es tombé amoureuse depuis ? Tu as un chéri ? Depuis Non, non, non. Mais j'espère, j'espère parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, [soupir] je rêve que d'une chose, c'est de revivre aussi des moments familial heureux parce que bah moi aujourd'hui, que ce soit les fêtes de Noël ou ou n'importe quelle fête, bah il y a l'absence de de ma famille et c'est vrai que moi j'attends qu'une seule chose, enfin Noël, j'attends qu'une seule chose, c'est d'être le 2 janvier, d'avoir fini toutes ces fêtes là. Ouais. Parce que ça me rappelle trop l'absence. Et tu tu es avec tes grands-parents quand même pour Oui oui, je suis avec mes grands-parents.
Non, je suis jamais toute seule, hein. Je suis très très bien entourée. Mais il y a forcément cette absence là et et et voilà. Moi, je comment Ouais, c'est dur. Donc, j'espère un jour enfin j'espère me marier, avoir des enfants. Aujourd'hui, c'est tout ce que je souhaite. Ouais. H Est-ce que tu as réussi depuis à reprendre l'avion ? Est-ce que quand on a un crache d'avion, quand on fait une victime d'un crash d'avion, est-ce qu'on arrive à remonter dans un avion ? Euh oui, mais seulement les vols commerciaux, les petits avions comme j'ai pris ça plus jamais. Ah ouais, non, j'avais ultime confiance en mon père là. Euh je Non, c'est impossible.
Mais les gros avions, enfin pour moi, les sensations, enfin les c'est pas du tout pareil. Tu es allé où en avion ? B en plus mon premier vol euh c'était au Canada donc j'ai fait 7h. Ouais. C'était la première fois que je reprenais l'avion. C'est vrai que avec du recul, ouais. J'ai pas pris à Montréal. J'ai pas pris le petit le petit trajet. Et au décollage, tu as pas même pas. Non non non. À ce moment-là non, c'est tu as pas eu de turbulence ou des trucs qui t'ont fait peur en l'air ? Tu t'es dit merde. Non mais par contre quelques mois après, je suis allée en Espagne et euh et au retour, l'avion n'a pas pu se poser à Nant.
Il s'est posé à Toulouse parce qu'il y avait énormément de turbulence. Ah ! Attends, de Nant à Toulouse, c'est loin. Ouais, ouais, ouais, ouais. Bah en fait, on est allé jusqu'à Nant, sauf que mais des turbulences, jamais vu ça. Et dans ma tête, à ce moment-là, je me dis non mais c'est pas possible, j'ai pas une deuxième fois quand même. Et en fait, il a fait demi-tour à Toulouse parce que c'était impossible. Et ça ça t'a pas vacciné complètement parce que là tuulence en plus tu t'es dit bon. Ouais bah c'est vrai que ça m'a fait revivre tout ça et je me enfin oui dans ma tête j'étais là mais c'est pas possible. Pas une deuxième fois quand même déjà une fois voilà.
Et au final non parce que aussi moi j'aime tellement voyager que en fait j'ai pas envie de aussi de me priver de ça mais c'est sûr que j'attends qu'une seule chose c'est de c'est qu'on c'est qu'on atterrisse. Quand je suis dans l'avion. Tu disais que tu écrivais un livre il y a 2 secondes là. Ouais. C'est quoi ? Oui. Bah c'est le témoignage. Le témoignage de tout ce que j'ai vécu aussi de ma vie d'avant. Parler de ma famille puis aussi bah forcément de l'accident et de toute ma rééducation de ce que c'est d'être grand brûlé. Et pour moi ce livre c'est c'est une thérapie. C'est une thérapie.
Je mettrai le lien si tu veux mais dès qu'il sort nous envoie le lien, tu nous diras et on le rajoutera. Donc si vous regardez cette vidéo et que le livre est sorti, sachez qu'il sera dans la description juste en dessous de l'épisode et puis si vous nous écoutez sur Spotify, sur 10, sur Apple Podcast, Amazon Podcast, il sera aussi dans le lien de l'épisode dans la description directement. Je mettrai tes réseaux sociaux si vous voulez suivre Laura comme ça son actualité la suivre au quotidien quand tu feras donc la sortie de ton livre quand tu vas annoncer la sortie de ton livre ou les association aussi. Je vous mets tous les liens donc dans la description directement YouTube et de l'épisode.
Hésitez pas à vous abonner les amis, ça nous aide beaucoup à commenter l'émission aussi puis à la liker. Ça nous aide vraiment sur le référencement et sur les plateformes de podcast audio. Vous pouvez nous mettre 5 étoiles. Ça pousse vraiment aussi les podcasts et merci encore de faire de légendes le premier podcast de France. Aujourd'hui, tu es dans la tu es en gestion de patrimoine, tu es parti complètement sur une autre branche. Tu as pas repris médecine enfin ou dentiste ou Ouais. Bah, j'avais besoin de couper en fait. Je je te dis change de vie.
Alors, c'est aussi parce que je pouvais pas aussi reprendre médecine, enfin faire dentaire parce que comme moi je suis brûlée au niveau des mains, dentiste c'est quand même un métier très manuel et en fait j'ai compris que je pourrais pas le faire avec mes mains. Donc ça, c'était compliqué aussi d'accepter que je pourrais même pas faire le métier que que je souhaitais faire. Donc c'était dur.
Mais après voilà aussi avec mon parcours, j'ai découvert le métier de gestionnaire de patrimoine et c'est comme ça que en fait je me suis dit bah en fait ça m'intéresse, je trouve ça super et et donc c'est comme ça que je me suis réorientée et aujourd'hui ben je pense que c'est le meilleur choix que j'ai fait parce que je suis ça me convient très bien. J'aime beaucoup le métier donc je suis très contente. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu savoures plus maintenant qu'avant l'accident ? Tu fais moins attention à un détail de la vie. Bah c'est surtout, ouais, je profite vraiment de chaque instant quoi.
Vraiment dès que je sais pas, je suis en vacances, même je vais au restaurant, je mange un truc qui me plaît ou quoi, je bah je profite vraiment. Alors que avant, c'est vrai que je profitais pas autant. Donc ouais, aujourd'hui, chaque beau moment, j'essaie en tout cas de profiter à 100 %. Ouais. Tu penses que si ta famille te voyait serait fier de toi là, tu penses J'espère en fait aujourd'hui c'est tout ce que je souhaite c'est ça, c'est qu'il soit fier de moi. En fait c'est je veux vraiment que qu'il soit fier de moi et je l'espère. Ouais. H bravo en tout cas. Merci d'être venu. Je sais que c'est pas facile encore pour toi. Tu c'est encore c'est encore très récent.
Août 2021 c'est c'est a pas il y a pas si longtemps. Euh merci en tout cas d'être venu. Je je de loin. Euh merci d'avoir pris le le temps de venir nous raconter. Je savais que tu avais cours. Ça fait qu'on est en semaine et que tu avais cours. Et merci [rires] d' rater quelques heures de cours. Euh mais voilà, je mettrai tous les liens si vous voulez suivre Laura puis quand il y aura ton livre. On dit Laura Vbelle he c'est ça ? W E I B L si vous voulez la suivre. Merci les amis d'être si nombreux à nous suivre sur légende. Voilà, je remercie aussi l'équipe de de préparer, de filmer, de produire toute cette émission. On a une super équipe au quotidien.
On essayie de vous mettre trois émissions par semaine, le mercredi, le vendredi et le dimanche sur les gens, des interviews, des documentaires aussi. Hésitez pas si en commentaire vous avez les idée d'interview puis hésitez pas à vous abonner, ça nous aide vraiment pour avoir des invités exceptionnels. Toi, tu suivis l'émission, tu enf tu connais. Ouais, ouais, ouais, je regardais. Oui, oui, je regarde. Oui, oui. OK. Bah, merci beaucoup. Je vous embrasse fort chez vous et puis on se retrouve de toute façon très vite pour une prochaine vidéo sur les jambes. Ciao tout le monde.
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