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interviewLe Monde· 15 janvier 2026 2 min

Ce qu'il faut retenir des vœux aux armées d'Emmanuel Macron

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Pour rester libre, il faut être craint. Pour être craint, il faut être puissant. Au Groenland, territoire autonome du royaume de Danemark, les Européens ont une responsabilité particulière. La France a décidé de se joindre à l'exercice qui a été programmé et lancé par le Danemark de manière souveraine et indépendante. Une première équipe de militaires français est déjà sur place et sera renforcée dans les prochains jours par des moyens terrestres, aériens et maritimes. Nous sommes dans un monde où des puissances de déstabilisation se sont réveillées. La différence, c'est que nous voyons que des certitudes qui parfois avaient des décennies sont remises en cause.

Et l'Europe est bousculée dans certaines de ces certitudes. Et elle a des compétiteurs qu'elle ne pensait pas voir. Et elle a parfois des alliés qu'on pensait prévisibles, toujours à nos côtés, qui se mettent à faire douter beaucoup, voire qui se retournent vers ceux qui se doutaient le moins. Et puis un discours qui parfois sème le doute, y compris chez les alliés par certains, mais en tout cas un nouveau colonialisme qui est à l'œuvre chez quelques-uns. Nous avons vu la capacité d'innovation et l'accélération sur le théâtre ukrainien. Et soyons clairs, nous sommes en retard. Nous sommes à portée de ces tirs.

Et donc, si nous voulons là aussi rester crédibles, nous devons, nous, Européens, et tout particulièrement la France qui dispose de certaines technologies, nous saisir de ces nouvelles armes qui changeront la donne à court terme. L'actualisation de la loi de programmation militaire prévoit pour la période 2026-2030 un effort supplémentaire de 36 milliards d'euros, dont 3,5 milliards d'euros dès 2026, pour préserver la crédibilité opérationnelle de nos armées et faire face si nous devions y être confrontés à un engagement majeur d'ici 3 à 4 ans.

La campagne de recrutement vient de débuter et en septembre prochain, les premiers appelés du service national feront leur classe pour venir renforcer les rangs de nos armées et renforcer la résilience de la nation. Nos armées et toutes nos armées sont notre assurance vie. Le signal envoyé à nos partenaires ukrainiens, aux autres Européens et au monde, c'est que nous sommes prêts, nous sommes prêts à dissuader face aux nouvelles agressions ou à tenir la paix sur notre sol.