Christophe Bataille, soigner nos brûlures
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] bonjour à tous et bienvenue au tour de votre grande table je ne voit pas poindre à notre horizon la fin de l'amour comment serait-ce humainement possible mais des transformations profondes dans l'idée d'amour et les formes d'unions voilà ce qu'elle écrit alors quelles sont ses métamorphoses les céistes belinda cannone hauteur de le nouveau nom de l'amour chez stock sera l'invité de la grande table des idées aujourd'hui à partir de 12h55 mais d'abord avec la brûlure publié chez grasset il signe comme ils l'indiquent en dédicace un pacte d'amour pour la fin des temps comment réparer nos blessures comment faire entrer la lumière éditeur et écrivain christophe bataille est notre invité à écouter tout de suite jusqu'à midi et demi plus tard si vous le souhaitez sur france culture point fr [Musique] au bout la grande table olivia j'espère c'est un roman à deux voix celle de l'homme qui monte en haut des arbres celle de la femme qu'il aime j'ai serré terrain à travers le tissu est à genoux j'ai embrassé ton vendre tu m'as décoiffer ils se connaissent depuis longtemps ils se connaissent bien un corps à corps amoureux jusqu'au drame lui était lager arboristes grimpeurs d'arbres ce dernier matin d'août je me sentais heureux prêts à en découdre tu sais en fin de saison nos corps se confondent aux idées ils se livrent à elle en haut d'un être ils s'approchent de trop près d'un nid de frelons asiatiques qui l'attaquent par milliers plus d'une centaine de piqûres vont lui arriver son visage ne sera pas épargnée ils chutent bonjour christophe bataille bonjour les violeurs nouveau roman s'appelle la brûlure paraît chez grasset votre maison s'engage alors un troisième corps à corps avec la femme avec l'arbre et maintenant avec la vie ou avec la mort pour ce grimpeur d'arbres suite à cette chute que va-t-il se passer s'ils voulaient en fait le le le pour voir les choses différemment la brûlure a commencé à 7 ans il ya sept ans moi le parisien au bras maigrelet j'ai fait comme un bon un bonhomme rapide aujourd'hui j'ai dit à mon cousin ça va tu à leur enfant que le trouve et lui cet homme magnifique cet ouvrier du corps ce héros de giono qu'on trouve un peu d'ailleurs je trouve chez robert linhart tout ou dans le journal la manoeuvre ou ou dans certains films d'alain cavalier le matelassier l'homme qui refait les fauteuils ou ou parfois chais de pardon il m'a dit les choses simplement il m'a dit tu vois ça fait six mois que j'ai dans le coma que j'ai été brûlés et comme je ne comprenais pas très bien ce que ça voulait dire j'ai été brûlés moi qui pourtant est travaillé avec avec rithy panh au cambodge qui ai gratté dans des charniers qui trouvaient des ossements qui trouvaient des tissus il est fils choses très belles il a relever ses manches il est ouvert sa chemise et là j'ai vu la brûlure donc ce qui est assez troublant c'est que ça commence par un parent sphère réelle et toute la suite du roman était comme un long en remerciement à cet homme il ya sept ans ce cousin peut-être familièrement qui du coup a pu me montrer ceux ci et qui m'a montré son corps j'ai voulu que le livre à soi même soit une brûlure mais aussi une douceur que dans cette brûlure au centre comme au psaume 22e ce qu'il est écrit tu as traversé la vallée de la mort est une a plus peur lui a toujours peur moi j'ai terriblement peur en particulier aujourd'hui mais en même temps il ya une douceur sublime et j'ai pensé que cet homme qui n'a aucun souvenir de ce qui lui est arrivé quand il tombe dans le coma il brûle il veut mourir il ne sait plus mais la femme qu'il aime avec qui depuis 25 ans il vit dans une sorte de maison un peu énigmatique au centre géographique de la france près de bourges la capitale alchimique la capitale où l'on fait les rois tout d'un coup cette femme prend le relais raconte pour lui c'est l'ensemble de ce dispositif qui je crois permet d'avoir accès à la brûlure et c'est vrai que c'est aussi halliche et la transformation car cet homme moi je le connais bien longtemps maintenant j'ai 49 ans comme diritti panne au milieu de la vie l'enfance revient et et lui me raconte qu'il ya 25 ans quand il a commencé quand il faisait de la mob quand sa copine était plein de kérosène de sueur de désir et qu'ils hésitaient entre les saules les chênes et châtaigniers qu'il ne savait pas trop la nature n'était pas la même donc chaque année dans leur maison ils font des photographies il essaie de capter un peu comme jean françois millet au fond une sorte de millet brûlé cramer définitif de capter ce qu'est devenue la nature les russes et chez les rues et ruelles les fossés à l'abandon les murs qui s'effondre comment ça les inquiète et vous comment aussi les arbres désormais son boulot ils sont échaudés et donc la brûlure c'est tout ça à la fois donc vous dans cette histoire vous êtes le romancier vous êtes le romancier témoin vous êtes aussi peut-être un peu le romancier guérisseur réparateur comme cette femme qui est à ses côtés celle qui tend une main réparatrice elle veille elle panse les plaies et ce récit et peut être avant tout aussi vous l'avez pas évoquer encore une histoire d'amour celle de cet homme et de cette femme avec au milieu de ce couple l'arbre qu'est-ce qu'il prend comme place l'arbre entre eux deux ll le trait pas en rival cet arbre un et pourtant ils lui volent l'étreinte souvent de celui qu'elle aime le véritable héros c'est l'arbre l'arbre il a plusieurs dimensions d'abord c'est un enfant parce que dans le livre plusieurs fois ils sont deux figures d'enfants qui passe on sait pas très bien moi j'aime beaucoup le flou l'époque à tort de n'être les bêtes pas forcément internet mais ce qui est nette moi j'adore le flou et donc 7 9 7 enfants passent on sait pas très bien si c'est lui enfant on sait pas très bien si l'enfant si c'est leur projet qu'un jour il ya un enfant et c'est vrai que la plus belle structure du monde c'est la nature non transformé c'est l'arbre le même philippe raconte que la deuxième partie du livre quand il a la chance d'aller en sicile il à pieds nus dans un olives des indes olivier un olivier qui a entre trois quatre cinq mille ans que jamais l'homme n'a touché que l'homme dans sa salle andrée sassano ça nous rappelle qu'ils en aient ça nous rappelle qui en est donc là il sent quelque chose moi j'adore le monde j'ai beaucoup fréquenté au cambodge j'adore le monde chamanique et on l'a vu évidemment dans le livre merveilleux cela mythe car à la famille ours comme des fauves il sent quelque chose l'arbre qui lui parle qui lui donne autre chose et dans l'arbre en fait il vit un monde peut-être comme le chat de schrödinger mi homme mi dieu il n'est plus tout à fait sûr la terre qui n'est pas encore dans le ciel et dans cette sphère de sphères à 6,7 fut maître du monde il est entièrement seul il est entièrement seul mais il voit un monde merveilleux il voit sa femme dans une maison ils voient le passé il voit le temps ils voient la cathédrale de bourges imparfaite et il voit aussi des et show dure donc ils voient l'arbre brûlé qui veut dire peut-être que c'est la fin des temps et j'aime beaucoup d'officiers me citer cette dédicace que je vous ai fait avoue olivier giesbert un pacte d'amour contre la fin des temps c'est à dire cet amour là ce n'est pas seulement un homme ami et ce par drake a écrit contre la fin des temps à rêver a écrit pour la phrase j'ai écrit pour la fois des temps vous voyez je c'est encore plus beau mais ça m'a échappé j'aime beaucoup de moi ça m'a étonné vous pouvez l'expliquer l'idée c'est qu'en fait le la nature se transforme elle brûle la première partie du livre s'appelle les grandes chaleurs jamais on a connu des températures pareilles moi je ne suis ni zain penseurs 10 un scientifique ni zanella glee n'a ni un élagueur ni un spécialiste pourtant je constate qu'il se passe quelque chose d'extrêmement grave qui vient là aussi c'est assez intriguant presqu'îliens d'asie comme les frelons asiatiques comme sin sur de mythologie ne venait pas cette fois-ci de l'antiquité méditerranéenne mais du monde de l'est à travers des bateaux des barges des avions des personnes ne sait pas en réalité ce qui s'est passé il nous apporte une monstruosité un jour il n'y a pas que les frelons qui viennent d'asie il passe des frelons qui viennent d ivry d'autres d'autres monstres un jour ces frelons enr disparus seront dispo remplacés par d'autres monstres mais il y a je crois une façon de lutter par la douceur et en particulier moi je crois au parc de poétique on ne peut pas avoir uniquement des scientifiques des brunes david que j'admire infiniment il faut aussi que dans le désir poétique on puisse lutter contre la faim d'été parce qu'il ya aussi des merveilles et dépenses est extrêmement forte qui nous viennent d'asie notamment de chine est gamin qui connaît bien cette culture il en a écrit des causeries c'est jean marie le clézio en l'écoutent je crois que en font tout être humain en lui ce désir de se séparer de la terre et de connaître cette ivresse des oiseaux n'ont pu être rattachées ariane d'élargir son horizon que le ciel de vienne clausus elles deviennent la terre et qu on soit voisins les nuages voilà jean marie le clézio qui nous rappelle que tous les hommes rêvent d'aller se chercher là où quelque part dans le ciel est votre personnage votre élagueurs ce grimpeur d'arbres c'est un icare d'aujourd'hui il est monté très haut il a voulu toucher le soleil il s'est brûlé les ailes il va frôler la mort il va vivre dans le couloir des flammes il lui raconte à elle dans un monologue intérieur cet instant où sa vie basculer ce que vous pouvez nous le lire d'abord j'aime beaucoup l'idée de lire wakili si mal moins qu une diction aussi affreuse face à la vôtre mais je vais le faire en trois secondes tu vois je serai au sol écartelé le ventre à l'air le visage pris dans nos chairs brindis douce heureuse mais tu sais bien je n'ai plus de visage je voudrais sangloter pleurer du fer ou du sel tous les saints jaillit me frapper me brûlent ils sont 130 ils sont 5000 je ne sens que mon crâne en feu bientôt la terre qui m'emporte menois jeunes et plus vieux je n'ai plus demain je n'ai plus d'organes les gars ont bondi ils ont ils m'ont rouler dans les couvertures ça je le sens la laine comme un sommeil pour matt est énorme mais main énorme elle aussi et on dirait que des pannes mécaniques plis vers moi à grande vitesse mon dieu je brûle je brûle je brûle le livre aurait pu s'appeler la douleur mais le titre était déjà pris il s'appelle donc la brûlure quelle est cette brûlure christophe bataille comment on vous la définiriez c'est une expérience haussier c'est une expérience et si vous voulez moi j'ai eu la chance d'avoir très bien connu marceline loridan et et très léchée elle dix fois vingt fois cent fois souvent en échouant un jour quand j'ai voulu lui présenter d'autres projets qui ressemblait aux siens ginette kolinka à nice postel-vinay francine christophe esther sono qui sont d'autres récits qui sont complémentaires aux siens elle m'a dit tu ne vas quand même pas en faire un élevage cette phrase est atroce cette phrase est délicieuse je n'ai pas osé de son vivant continuer et puis quand elle est partie j'ai pu publier ginette kolinka et au fond le combat continue et donc cette brûlure c'est un combat moi j'aime l'idée surtout que dans la deuxième partie du livre qui s'appelle le grimpeur d'arbres tout d'un coup un peu comme chez marceline loridan et jean rouch on est dans le cinéma vérité on est face caméra et un homme dans une sorte de diptyque dans une sorte de retables de bois qui n'est pas celui du grünewald s'exprime à son tour qui n'est pas tout à fait le même personnage mais qui dit tu vois j'ai été brûlés maintenant j'ai un peu peur j'ai un peu peur des moustiques j'ai un peu peur de l'arbre moi qui était piquée par des frelons par des phasmes des araignées j'ai encore un peu peur mais je te donne tout ça pour que tu dises au monde peut-être que le combat n'est pas terminé à la fin d'un livre ya toujours des remerciements ici ils sont pour votre épouse je crois et pour philippin ce grimpeur d'art mg il ya aussi cette note vous écrivez avec des citations de flaubert de lutter au maire aristote sartre conrad michelle perrot patrick boucheron jean rouch et du livre de l'exode quel est le fil qui les relient tous quel est le lien entre eux je pense qu'à un fil et un fils très profond qui est celui d'avoir bientôt 50 ans l'enfance qui revient donc moi je n'avais jamais imaginé un seul instant que le livre de l'exode que la présence de jean calvin que la présence d'eau mère puisse avoir du sens et je trouve ça assez beau d'ailleurs que le véritable grimpeur d'arbres lui aurait voulu que je cite cette phrase célèbre et à mon avis apocryphe d'un grand maître indien qui dit le sens des arbres portent l'histoire des hommes et bois qui aime tant le monde chamanique j'ai préféré la phrase de jean calvin qui dit si c'est la fin des temps alors je plante un arbre et l'idée qu'au fond la genèse revient et qu'on va recommencer et c'est aussi une réponse peut-être à l'idée que l'arbre d'un enfant cette phrase de lutter qui à la fin du livre que vous avez choisi à la fois enveloppante et menaçante parfois hostile il ya cette forêt il ya ces arbres qui charrie aussi tout un univers mythique et mythologique vous parler d'un retour à l'enfance on a quand même du mal à pas penser en vous lisant au baron perché d'un certain italo calvino [Musique] à travers la porte vitrée nous le vîmes prendre dans le vestibule son tricorne sa petite épée au bout d'un moment nous la personne par les fenêtres qui grimpaient dans luz il avait la tenue et les habits fort soigné que notre père exigeait la table je veux poudré et que nouer le ruban cravate de dentelle petit habit vert à basque culotte move les p o côte est et de longues guêtres de peau blanche montant jusqu'à mi cuisse qui était l'unique concession à notre vie campagnarde ainsi vêtu il se hissait le long de l'arbre nous et remuant bras et jambes au travers des branches avec la précision et la rapidité que lui avait donné le long entraînement auquel nous nous étions livrés nous passions de longues heures dans les arbres et ce non pas pour y chercher des fruits ou des nids comme la plupart des garçons mais pour le plaisir de triompher des reliefs difficiles et des fourches d'arriver le plus haut possible de trouver de bonnes places pour nous installer et regarder le monde au dessous de nous en faisant des farces vous sont décrits à l'intention de ceux qui passaient à terre comme monta jusqu'à la fourche d'une grosse branche où ils pouvaient s'installer commodément et ça si la légende pendante les mains sous les aisselles la tête rentrée dans le coup son tricorne ramener sur le front je ne descendrait pas ainsi par la com et il ta parole c'est pas facile de redescendre christophe bataille les hommes ont perdu la nature raconte l'homme qui monte en haut des arbres je vis fort mon rapport à la nature je suis un romantique j'utilise les mots où il ya des gens plus tranquille quand je monte dans l'arbre je vois des choses la fiction c'est ça la fiction c'est aller se placer à la cime en haut des arbres pour regarder le monde christophe bataille la fiction saaq c'était ça c'est accepter d'être différent et c'est pour ça que je pense que les gens comprennent très mal la fonction de d'éditeurs et d'écrivain c'est de se dire au fond on nous pose toujours des questions prosaïque coup je comprends très bien que moi même j'ai posé à philippe quand je suis allé le voir que c'est à dire ça marche comment une si comment on s'accroche comment tu as fait pour descendre en 40 secondes comment survit à 130 piqûres et moi mes propres parents belize toujours alors ton métier c'est lire des livres donc la littérature qui est de se dire j'accepte l'un performatif j'accepte que ce ne soit pas performant je ne suis pas greta tune bergues je ne sais pas parler de façon efficace je ne sais pas ce que ça veut dire et en un sens ça n'a aucune importance je sais mon travail tout seul pendant des années pendant dix ans je suis allé voir charlotte rampling dans le 6e arrondissement pour un livre de 80 pages et quoi de plus beau que la productivité de se dire j'ai connu rithy panh cependant j'ai écrit l'élimination de 2004 2012 que de temps perdu c'est magnifique non le grimpeur d'arbres il pensa italo calvino peut-être sans citer il évoque aussi jack london un outil dormons sous la voûte étoilée des élagueurs on pourrait parler aussi des alpinistes il aime monter là-haut voir pourquoi vous pensez au fond et ski aussi est ce que philippe vous a raconté ça ce besoin cette envie de défier leur condition de mortel parce que je trouve très beau c'est que je pense que philippe pétain un icare tendre on vit dans un monde de prédateurs ce n'est pas un prédateur tendent ces teintes comme je l'aï dit un ouvrier à la juno poétique magnifique j'ai très peu modifié son propre texte à la fin en cinéma vérité face caméra ce qui est vrai c'est que le je pense qu'il découvre dans son propre parcours que la nature a changé qu'elle s'est transformée et que c'est très difficile d'accepter qu'on peut avoir été piquées attaquer mais qu'un jour ça n'est plus possible qu'il ya une petite part d'orgueil une petite part de regard de tout là haut ça me paraissent évidents lui l'a payé très cher et j'aime beaucoup d'idées que il rappelant un épisode qui n'est pas de leur banque principale qui est qu'à 22 ans à la fin d'un été sa femme était enceinte il était en forme il était joyeux il avait la pêche il a il été distrait il penser un peu à autre chose hélas il est tombé de 16 m et cette chute qui n'est pas dans le roman principal dit quelque chose quand même bien sûr on peut y voir une dimension purement religieuse et je ne crois pas tout d'un coup son système de bardage cd feu et il est hautement tombée hier il fallait pas pour ses roachs on ne pense pas autre chose quand on est dans les bras d'une femme ni quand on est dans les gradins d'un arbre peut-être ça aussi c'est comme une chambre moi j'aime bien dit vick dans cette chambre là on peut pas avoir un téléphone portable à la main alors lui se définit comme un mystique un mystique de la nature en tout cas dans les mots que vous lui prêtez et vous vous êtes un mystique de quoi christophe bataille moi je suis investie de la tente si j'ai l'impression que tout ce qui est beau et tout ce qui est grand et toujours devant moi ou ou bien c'est l'effet génial les prêtres qui m'ont éduqué pendant dix ans le royaume est là et m'attend ou bien je pense que chaque matin je ferai une rencontre nouvelle moi qui suis si timide s'y cacher moi qui n'aime pas venir là moi qui suis terrifiée depuis trois jours à vous voir tout cela avec des masques micro d'un studio sat et je trouve ça terrifiant vous avez des monts à normand attendu ce moment je n'ai pas attendu je suis dit qu'après ça irait mieux et je partir à vélo dans paris et ce sera magnifique je n'ai pas attendu les jours de canicule pour sentir nos corps qui brûle ça pourrait être du christophe bataille dans le texte mais non ces mots sont chantés par une autre si c'est difficile pour moi aussi de supporter tout ça par seulement de parler mais de porter sa déjà en moi donc voilà j'ai ce livre là ça fait des années que qui traîne et là dans mon ventre et nous voilà et fausses à aubevoye écrite retrouver quelqu'un que vous ai décrit l âge tome c'est un grand écrivain qui extrait / bataille khimki med qui qui se met vraiment au service de 2,2 de ce travail qui me prêtent qui prête son intelligence son talent c'est à il faut trouver quelqu'un moi si j'écris ça tout seul je m'enflamme irait sa série tipping qui parle de vous le cinéaste qu'il vous a longtemps attendu et entendu par la suite est tout de suite françois brottes [Musique] france culture la grande table olivia gesbert je n'ai pas attendu [Musique] les jours de canicule pour sentir le corps couvrir nos langues en feu mon prince mon dieu jean dans nos membres qui rebute du feu de la dynamite [Musique] jacques jour je guette l'apothéose j'ai faim et soif de bien des choses je l'aurais jusqu'à l'usure cre [Musique] doyon sur nos fourrure je vois theron qui pas le but un flash invisible s'agit dans l'alcool iq tous nos flux magnétique tg ce document et nos corps centre [Musique] on françoiz breut dévoile ici avec ce premier titre mais pêché s'accumulent un extrait de son prochain disque le flux flou de la foule qu'il sera dans les boucles 19 mars chez 30 février mais pêché s'accumulent la chante françoise brut qui commence par ces mots je n'ai pas attendu les jours de canicule pour sentir nos corps qui brûle christophe bataille et vous est-ce que vous laisser aussi les vôtres vous pêchez s'accumuler d'abord moi je crois profondément à la communion des saints donc c'est vrai que mes péchés s'accumulent gravement mais les grâces aussi parfois deviennent y compris les y compris qu'au mondial églises et les grâces non sacramentelle qui sont nés grâce de rencontre et par exemple jamais j'aurais imaginé qu'en entrant un jour dans un bureau de chez grasset en 2004 parce que je m'ennuyais un peu j'ouvre une porte je tombe sur un type que je connais pas je découvre que c'est l'homme qui vient de faire s 21 où la machine de mort khmère rouge et et seul un homme qui a un grand péché peut que lui dit tu peux lui dire comme un con si un jour vous avez besoin de moi on fait quelque chose ensemble et puis douze ans après ça fait un livre bon c'est pas mal ça cette espèce d'arrogance conte qui donne peut-être des belles choses ni le racontait dans l'extrait qu'on a entendu juste avant cette chanson ce type de françoise brut le fait qu'il vous a attendu ou qu'il vous ait attendu aussi et vous écrivez vous dans la brûlure christophe bataille la vie est un abandon joyeux à force et comme tous rêvent ils s'apprivoisent c'est ce que pour s'abandonner à la manière de rithy panh avec vous acceptez vos mots sur ses douleurs il faut aussi de la confiance il faut la confiance et c'est pour ça que je suis un homme de la préhistoire géant tranché brasseur 1996 j'avais 23 ans je quittais mon service militaire chez l'oréal comme disait frédéric mitterrand il ya quelques années je crois que j'étais vraiment très con et et aujourd'hui qui peut comprendre ça comment christophe ça fait quoi 25 ans que tu es là même le même qu sur le même bureau de la même chose c'est une blague et en fait ça c'est la confiance ou c'est la patience ou c'est l'obstination ou cissé l'a confié le manque de courage et la confiance de penser qu'avec quatre cinq amis on peut faire des choses différentes on peut faire des rencontres on peut oser des choses et que ça donne des livres très secret des livres que personne ne lit que ça n'a aucune importance si compte c'est de continuer personne ne lit personne ne lit certains lisent certains et voilages et publie des livres côté des grands succès le livre de laure adler livre de raphaëlle bacqué etc mais c'est pas la véritable récompense le riz ward comme on dit aujourd'hui c'est pas la meilleure liste des ventes s'est pas gf car c'est pas l'express a c'est une facilité la vraie facilité c'est de se dire au fond est-ce que la trahison des clercs de julien benda apparu en mars 23 ou ont fait voyait trou en février 24 nul ne sait vous avez écrit trois livres avec rithy panh dont l'élimination l'image manquantes et l'an passé la paix avec les morts rithy panh vous dit de lui qu'il vit dans la mort 1 et que c'est un rescapé vous lui avez prêté vos mots comme à d'autres c'est ce qui fait de vous quand même un assez drôle de personnage comme éditeur vous faites entendre les mots des autres comme écrivain votre propre voix enfin pas que parce que parfois vous prêtez aussi votre plume à d'autres pour les aider à mettre les mots sur ce qu'ils ressentent c'est le cas aussi dans la brûlure vous l'évoquez avec ses doubles construction ce dispositif à la fois la partie fiction votre réappropriation de l'histoire de ce grimpeur et le témoignage de philippe qui succède il ya un autre exemple de duos littéraire vous l'avez évoqué rapidement c'est celui que vous avez entrepris avec charlotte rampling pour qui je suis il aura fallu presque dix ans de discussions je crois de rencontres d'écriture pour qu'advienne se livre intime on l'a dit assez secrète on a dit pudique pourquoi pensez-vous s'est elle confiée à vous on aurait pu lui poser la question mais vous avez dû y réfléchir aussi est-ce que c'était le bon moment dans sa vie et ce qu'elle a trouvé en vous aussi une sensibilité qui était commune à la sienne un respect je crois qu'elle a senti quelque chose qu'on se sent chez rithy panh et marceline et qui était assez dit matic et qui est presque plus du secret thérapeutique c'est à dire je pense qu'ils sentent que je peux les comprendre même si moi j'étais en cinquième à saint-jean de béthune à versailles à faire du latin et l'allemand pendant que rithy panh lui enterré sa soeur de les charniers donc nous le nos vies sont incomparables ma soeur comme la soeur de charlotte rampling ne s'est pas suicidé quelques temps après son accouchement mais ce qui est vrai c'est que je crois que leur offre deux choses la première c'est le temps allez tous les après midis chez charlotte rampling au coeur de paris juste discuter sans l'appareillage sans contrat sans enregistrements sans garantie et et pour moi je crois que la plus amusante c'est l'idée du livre légendaire du livre qui n'existera jamais le livre avait critique ça faisait sourire tout le monde chez grasset c'est le fameux livre impossible qui ne peut pas exister et c'est pas mal aussi cette façon là de voir les choses l'idée là encore de tomber dans le tomber hors de la performance toutes ces années tu te souviens j'ai noté mes journées dans les arbres comme un explorateur des pages par centaines avec mes dessins de feuilles de rameau il ne tout un vote grimpeur d'arbres dans ses carnets et on voit une fois encore que l'homme doit livrer peut être une autre bataille dans sa vie bataille contre l'oubli et vous les aider à mener cette bataille là une seconde un mot dans cette période si particulière pour vous l'éditeur quel type d'histoire vous avez envie d'éditer de raconter de quoi avons nous besoin christophe bataille et je vais vous raconter l'histoire que moi je suis en train de terminer un pour être non pas uniquement narcissique mais prosaïque il ya vingt ans j'ai commencé à raconter là la disparition de la neige ça titre qui malheureusement a déjà été pris pourquoi il ya plus de neige pourquoi ce matin je venais à vélo je me disais ah ils pourraient presque neigé merde je remonte la seine et là je termine ce texte de 20 pages presque impubliables qui s'appelle noël à versailles et qui raconte cinq enfants 5 noël versaillais avec de la neige donc on a besoin de neige en spammant exaucé sacriste vos batailles la brûlure votre roman vient de paraître chez grasset merci beaucoup à vous d'avoir été avec nous merci
Jean-Pierre Bataille