Radio France : Maison de la radio et de la musique. Avec Jack Lang, Hervé et Sibyle Veil
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Les Matins de France Culture
Guillaume Herner Et aujourd'hui, on va évoquer une institution culturelle, la Maison de la Radio, qui va devenir la Maison de la Radio et de la Musique. Et pour accompagner de ça, notre institution culturelle, Jacques Lang, bonjour. Vous êtes président de l'Institut du Monde Arabe, ancien ministre de la Culture, et vous publiez un livre tout à fait étonnant, une révolution culturelle dit et écrit, une édition établie et présentée par le camarade Frédéric Martel. On découvre toute une série de notes, de lettres que vous avez adressées à François Mitterrand, mais aussi à vos confrères, aux ministres avec qui vous aviez travaillé à l'époque.
On a presque envie de dire que ce sont des choses qu'on ne lit jamais. Il y a eu un livre qui s'appelait Un Président ne devrait pas dire ça. Alors je ne sais pas si un ministre devrait publier ça. Alors je vous en cite une, par exemple, c'est une note que votre équipe, vous avez faite le 20 mai 1985 pour la préparation de l'heure de vérité sur Antenne 2, donc le 3 juin 1985, avec une mention confidentielle. Et il est écrit, pensez à toutes les questions vaches qu'on peut adresser à Jacques Lang, Homme de politique, spectacle, bouffon du roi. Comment vous prépariez-vous à ce type d'émission ?
Je ne me souviens plus exactement, mais c'est vrai que, surtout dans les premiers temps, j'étais un bleu, j'étais un neuf, un nouveau, et donc il fallait s'aguerrir et en effet se préparer. Oui, en pensant un peu à l'avance, aux choses trappent, voilà, c'est normal. Ça veut dire que ? Mais, quelle que soit la préparation, vous le savez, c'est l'émission elle-même qui compte, c'est le mouvement dans l'instant. Et puis c'est surtout ce qu'on a vraiment à dire ou pas.
Mais ça veut dire aussi que vous deviez vous battre avec votre image, essayer de comprendre quelle était-elle, et puis surtout, comment vous pouviez la contrer ?
Non, ça c'est vraiment secondaire. Bon, il pouvait se produire comme ça, à la marge que ce soit attaqué sur ceci ou cela, mais ça fait partie, disons, du folklore politico-journalistique.
Ce n'est pas si secondaire que ça, parce qu'il y a beaucoup de ces notes qui sont consacrées au spectacle que vous pouviez regarder à la télévision. Alors, je vous cite autre chose. Alors là, vous adressiez à François Mitterrand une note, une note assez longue, sur une émission de Michel Drucker, où il était question de Thierry Luluron, qui faisait fredonner par les spectateurs le refrain « L'emmerdant, c'est la rose ». Alors, ça doit rappeler des souvenirs à certains de nos auditeurs. Et vous évoquiez cette émission en disant « On a organisé un véritable meeting partisan en présence de 15 millions de téléspectateurs ».
Ce n'était pas vraiment pas faux. Je n'ai plus en mémoire cela. Vous le rappelez à l'instant, oui. Mais quand on est en responsabilité ou dans l'opposition, il n'y a aucune raison de se laisser taper dessus sans réagir. Moi, je suis quelqu'un qui aime dire ce qu'il pense et agir en conséquence. Ce livre, d'abord, il faut en être reconnaissant à M. Barré, qui est le concepteur de bouquins, et à M. Martel, qui a eu le courage de collecter des notes, des discours, des textes. Et il m'avait demandé, il y a un an ou un an et demi, est-ce que vous accepteriez d'ouvrir vos archives ? Je dis « Bien sûr, librement ».
D'ailleurs, la preuve, c'est que vous retrouvez des documents qui, peut-être, sont un peu corrosifs.
Absolument, ce sont les cuisines de Jack Lang.
Cuisines, non. Enfin, la cuisine, d'ailleurs, je ne suis pas contre les cuisines. Vous le savez, moi, je suis un fanatique de la gastronomie, pour laquelle j'ai essayé d'agir, d'ailleurs, en son temps. Ce qui est passionnant, ce que Martel a pu réaliser à partir de ses notes, c'est que ça raconte toute l'épopée de ces années 80 et suivantes, et surtout, ces relations, je dois dire, quand je l'ai relis aujourd'hui, j'en suis moi-même parfois surpris, ces relations entre François Mitterrand et le ministre de la Culture de l'époque que j'étais.
Alors, le ministre de la Culture, qu'est-ce qu'il fait ? Il se bat pour le budget de la culture. Et il se bat en écrivant à Michel Charas, par exemple, qui est ministre délégué du budget. Donc, c'est, par exemple, le 19 octobre 1990. Il refuse de vous donner de l'argent. Et alors, vous lui écrivez des lettres, comme par exemple, « Monsieur le ministre, est-ce un canular ? »
Oui, bien sûr. Si vous voulez, une discussion. Quand vous croyez aux choses, et moi, j'y croyais et j'y crois encore. Quand je croyais, comme François Mitterrand, croyais que la culture devait être au premier rang des préoccupations du gouvernement et du pays. Alors, on se bat. Et en effet, Charas était un ami, en même temps, il était ministre des Finances. Et de temps à autre, nos relations étaient hardes, comme on dit en français, dures et dures.
Oui, c'est très impre. Parce que lorsque Charas refuse de vous donner de l'argent, vous écrivez à Mitterrand et vous lui écrivez « Ce que je découvre ce matin à propos de la culture est proprement stupéfiant. »
Bien oui, bien sûr. Et j'informais François Mitterrand de la situation qui était éventuellement réservée au ministère de la Culture. C'est tout à fait normal. C'est le contraire qui est anormal. C'est lorsque des gouvernants croisent les bras, sont passifs, immobiles, et laissent passer les choses. Non. Nous étions dans un combat pour donner au pays un élan culturel nouveau. Et ça a supposé, effectivement, vous évoquez les finances, des moyens, des possibilités concrètes d'agir. Alors Charas, de manière en même temps très amicale, se moquait parfois de mes entêtements et de mes engagements.
Oui, c'est ça. C'est-à-dire qu'en fait, on voit avec la multiplicité de ces notes, puisque je l'ai dit au départ, c'est un bouquin. Donc un bouquin, c'est très épais. Je veux dire la collection bouquin. Et donc, on voit que vous pouvez être extraordinairement abrasif, faire deux ou trois notes par jour pour obtenir 10 millions de plus. Je ne dis pas que 10 millions, c'est une paille. Déjà quand je parle en franc. Mais néanmoins, il y a en fait quelque chose d'incroyablement obstiné dans l'exercice du ministère de la Culture.
Peut-être que j'ai un peu abusé parfois de l'affection et de la gentillesse de François Mitterrand. En effet, en relisant ces documents, je m'aperçois, vous le dites vous-même, que parfois sur certains sujets, je harcelais le président deux à trois fois par jour. Et je me souviens que lorsque nous avons été battus aux élections de 93, c'était la Bérezina, j'appelle François Mitterrand pour prendre de ses nouvelles. Et il me dit, avec son humour très particulier, en tout cas, cher Jacques, il y a une chose que je ne regretterai pas, ce sont vos notes incessantes.
Alors, effectivement, parce que là aussi, elles sont fort bien écrites. On n'est pas encore à l'époque du PowerPoint et donc on a affaire à de longues lettres. François Mitterrand écrivait très bien, on le sait. Et vous aussi, Jacques Lang, on le découvre dans ses notes. Et alors, toujours parmi vos épisodes d'harcèlement du président de la République, à un moment, par exemple, vous avez un différent sur le financement du cinéma et sur la manière dont le cinéma peut coexister avec une chaîne de télévision. A l'époque, c'était la 5 et vous lui écrivez, voulez-vous la mort du cinéma français ?
Et alors, il vous rembarre en vous répondant en disant, Jacques Lang, personne ne veut la mort du cinéma français.
Ça a été un moment... Le plus souvent, entre le président de la République et moi-même, il y avait une forme, on dirait, d'harmonie et d'affection. Et il m'accordait sa confiance. On le décrivait François Mitterrand comme une sorte d'impérator ou de César, mais vis-à-vis de ses ministres, il était confiant. Sauf s'il commettait de graves bêtises. Et il y a eu deux ou trois fois où je me suis trouvé, en effet, en désaccord. Et lui, avec moi, la création d'une chaîne privée, je la trouvais choquante. Et surtout, je redoutais que l'on remettait en cause ce que nous avions arraché pour le cinéma.
Et dans ce document, ou ce livre, pardon, qui est publié là, il y a une lettre manuscrite de François Mitterrand qu'il m'adresse. C'était une manière de solliciter, au fond, mon affection pour calmer le jeu. Et il me dit dans cette lettre, faisons baisser la fièvre. Et voilà. Nous étions à trois mois d'élection législative. Je n'allais pas davantage le mettre en difficulté.
Ça donne aussi une idée, Jack Lang, si vous écrivez trois notes dans la même journée au président de la République...
Pas toutes les semaines, quand même, mais pas tous les mois. Pas tous les jours, mais bon.
Cela arrive. Il y a certains jours, vous écrivez trois notes à François Mitterrand. Ça veut dire que le temps qu'il passait sur le dossier culturel était un temps extrêmement important aussi.
Très important. C'était une passion. D'ailleurs, l'originalité, disons, de notre combat à ce moment-là, c'est que nous étions, lui-même et moi-même, nous étions collectivement portés par une volonté collective puissante. Placer la culture au premier rang de la vie de la société et du gouvernement. D'ailleurs, les autres ministres partageaient ce même idéal, ce même rêve. Oui, c'était considéré comme une question prioritaire.
Question prioritaire. Et la culture était éminemment politique. C'est-à-dire que vous faisiez de la politique avec la culture. Et là aussi, on est étonné de trouver ces notes. Je vous en cite une, par exemple. Elle date de 1991 au sujet de la Bibliothèque de France. Et donc là, vous vous battez contre Chirac. Vous dites, nous disposons d'importants moyens de rétorsion contre la ville de Paris au titre des abords des monuments historiques. Nous sommes en mesure de bloquer toute une série de chantiers parmi lesquels l'aménagement de l'avenue des Champs-Elysées, la réalisation de la maison européenne de la photographie rue François Miron.
Je ne vais pas citer tout ce que vous évoquez, mais ça veut dire que si Chirac refuse la BNF, vous, vous allez l'embêter sur toute une série de points à Paris.
Mais c'était un combat. Et disons que ce livre raconte l'épopée, la genèse, la naissance de nos projets. Mais aussi, effectivement, les luttes assez vives, il faut le dire, entre l'opposition de l'époque incarnée par Jacques Chirac et nous-mêmes. Et Jacques Chirac, après avoir été dans un premier temps plutôt un soutien de notre politique de la culture, il était tellement content que M. Gilles Ferzistin ait été battu. Ensuite, il est redevenu homme d'opposition. Et son équipe a combattu avec force tous nos projets.
Mais alors, pourquoi combattre la BNF, par exemple ? Pourquoi combattre la BNF, Jacques Lang ?
Parce que, je ne crois pas qu'il n'était pas nécessairement en désaccord avec l'idée de la BNF, mais il était en désaccord peut-être avec l'implantation, je n'ai plus exactement le souvenir.
Vous aussi, d'ailleurs, vous aviez des doutes sur l'architecture ?
C'est vrai. Et surtout sur l'implantation. J'avais tenté de convaincre François Mitterrand de choisir d'autres sites. Soit l'île Seguin, je rêvais d'une île bibliothèque. Soit près du château de Vincennes, là où il y a une caserne. La bibliothèque eût été placée entre le jardin de Vincennes et ce magnifique monument du château de Vincennes. Finalement, François Mitterrand a opté pour ce lieu et je redoutais qu'il soit progressivement enserré et entouré par des constructions plus ou moins laides.
Et alors, autre bataille, immense bataille pour vous, qui débute d'ailleurs peu de temps après l'élection de François Mitterrand le 10 mai 1981, la bataille du Grand Louvre pour faire naître le Grand Louvre. Et là aussi, il y a une multitude de combats qui sont des combats politiques qui vont se dérouler en coulisses. Là aussi, qu'est-ce qui bloquait avec le Grand Louvre, Jacques Lang ?
Non, enfin, notez si vous voulez, puisque vous évoquez le Grand Louvre, que dès les premières semaines de notre accès aux responsabilités, nous arrachons trois décisions qui donnent son assise en quelque sorte au ministère de la Culture. Et en fait, à ce moment-là, un ministère plus puissant face, je dirais, au puissant ministère des Finances. Un, la loi sur le prix unique du livre, qui en temps normal aurait dû être présentée par le ministre de l'Économie. Deux, le doublement du budget de la Culture.
Et trois, la note que j'adresse à François Mitterrand sur le Grand Louvre en lui disant « Et si nous décidions de transférer ailleurs le ministère des Finances, qui à l'époque était rue de Rivoli, pour dédier le palais du Louvre en totalité au musée ? » Ce sont trois décisions qui, je dirais, arriment le ministre de la Culture dans une relation de force vis-à-vis des puissances financières habituelles.
Et puis alors, là aussi, Jack Long, ministre, scrute la presse. Alors, vous écrivez par exemple dans une note à François Mitterrand en 1984, vous faites le compte des journaux qui sont pour et contre le projet. Alors, vous dites par exemple « Le Matin et Libération sont prêts à faire campagne pour le Grand Louvre, les trois principaux hebdomadaires aussi. En revanche, deux journaux vont organiser des campagnes hostiles, Le Figaro et François. » Ça veut dire que vous étiez aussi ministre de la communication du gouvernement sur ces sujets-là ? Vous suiviez cela attentivement ?
Mais écoutez, c'est vrai que, vous l'avez dit tout à l'heure, vous-même. Aujourd'hui, bon, tant mieux, je crois que chacun considère que cette pyramide est une belle réalisation. Mais à ce moment-là, c'était un combat à la fois esthétique et idéologique et nos opposants. C'est-à-dire, surtout, le Figaro magazine dirigé par un homme brillant qui s'appelait Poels, mais en même temps très idéologue.
Voilà, Louis Poels qui menait campagne contre langue et contre la manière dont vous alliez, par exemple, défigurer la cour du Louvre et un certain nombre de bâtiments patrimoniaux.
Oui, absolument. Je dois dire que c'était un opposant que je respectais beaucoup parce qu'il était brillant, intelligent, mais il pouvait faire mal. Il était normal que nous puissions organiser une contre-offensive, par exemple, en obtenant le soutien de personnalités comme Pierre Boulez, Jean Prouvé, Mme Pompidou et d'autres qui étaient favorables au projet. Donc, disons que chaque projet était une lutte et un combat, mais c'est normal et tant mieux. Rien n'est pire que l'indifférence, rien n'est pire que la platitude, rien n'est pire que l'immobilisme. Et à ce moment-là, c'est vrai, grâce à nous et grâce à nos adversaires, la culture était en combat.
Simplement, on n'a pas l'habitude de le lire puisque généralement, ces notes, elles ne sont pas publiées. Et par ailleurs, Jack Lang, on voit aussi que c'est un monde en partie disparu où un éditorial dans les Matins de Paris, les Matins de Paris, ça n'existe plus, mais un éditorial dans les Matins de Paris faisait trembler le ministère de la Culture. Et donc, vous décidiez d'un certain nombre de rétorsions ou de mesures à prendre. Vous suivez également, de manière très précise, les nominations. Vous envoyez de longues notes pour dire, je propose Paul Puot comme président du conseil d'administration à l'Opéra, héritier de Villars, solide et expérimenté.
Il donnerait par sa présence une nouvelle coloration politique et culturelle à l'institution. Ce qui veut dire, Jack Lang, que finalement, le premier pouvoir d'un politique, ce sont les nominations.
Non, c'est un pouvoir, un pouvoir important lorsqu'il se traduit par des nominations qui ont une force et un sens. Lorsque, dès notre arrivée, je propose que l'on nomme Jean-Pierre Vincent à la comédie française, c'est l'expression d'un radical changement de l'institution. Lorsque je propose plus tard que ce soit Antoine Vitesse qui lui succède, c'est aussi un changement important. Mais il n'y a pas que des nominations, il y a d'abord, effectivement, le budget du dernier pas, mais surtout les grandes lignes de la politique culturelle, ce qu'on entreprend pour le théâtre, pour sauver le cinéma français.
Par exemple, c'est clair que les mesures que nous avons prises ont permis quand même, en ce temps-là, d'éviter que le cinéma français connaisse le sort de tous les autres cinémas européens, italiens, allemands, anglais, par la volonté qui a été la nôtre de sauvegarder le cinéma en salle.
Et puis alors, vous pesez sur la ville, sur les dîners en ville, les dîners en ville où le président de la République est l'un des convives. Alors par exemple, vous faites une liste, vous dites, si vous disposiez d'un jour, alors là c'est pas un dîner, c'est un déjeuner, si vous disposiez d'un jour d'un déjeuner, écrivez-vous à François Mitterrand, il serait utile que vous acceptiez d'inviter certains intellectuels, naguères à gauche et aujourd'hui égarés par leur anticommunisme véhément, je pense notamment à Morin, Bourdieu, Châtelet ou Claude Roy. Par ailleurs, Jean Hélène Stein, qui était un historien du communisme, aimerait vous revoir.
Et Mitterrand n'accepte qu'Hélène Stein, il refuse donc Bourdieu, Morin, pourquoi ?
Ça parait bizarre, non justement, je ne comprends pas pourquoi, parce qu'Edgar Morin était un grand ami de la résistance, Edgar Morin et François Mitterrand, donc je ne sais pas.
Alors pourquoi Mitterrand ne voulait-il pas manger avec Bourdieu ?
Peut-être qu'à ce moment-là, il souhaitait rencontrer seulement Hélène Stein, c'est tout, c'est pour des raisons de commodité, de discussion, mais très franchement, Edgar Morin, François Mitterrand, même combat.
Scène de la vie parisienne, avec une foule de choses à apprendre sur la manière dont vous avez vécu, Jack Lang, avec François Mitterrand. Ce passage, ce long passage au ministère de la Culture, une révolution culturelle dit et écrit, c'est dans la collection Bouquin. Et l'on évoque cette maison de la radio qui va devenir maison de la radio et de la musique.
Nous sommes en compagnie de Jack Lang, président de l'Institut du Monde Arabe, avec une forte activité éditoriale autour de vos écrits, une révolution culturelle dit et écrit, c'est aux éditions Bouquin, avec notamment une édition établie et présentée par Frédéric Martel, et puis un autre livre, Jack Lang, les années langues, une histoire des politiques culturelles à la documentation française, un ouvrage collectif dirigé par Vincent Martini, Emmanuel Vallon et Laurent Martin. Et puis, nous recevons la présidente directrice générale de Radio France, Sybille Veil. Bonjour Sybille Veil.
Bonjour Guillaume Erner, bonjour aux éditeurs de France Culture.
Il faut donc nous expliquer pourquoi ce changement de nom, Sybille Veil.
Alors, en complétant le nom de ce bâtiment rond iconique, ce que j'ai voulu, c'est d'abord marquer une évidence, c'est le fait que nous sommes non seulement un formidable groupe de radio, mais nous avons aussi quatre formations musicales, deux orchestres symphoniques, un chœur, une maîtrise. Nous produisons chaque année 300 concerts. Nous en diffusons plus d'un millier sur nos antennes que nous allons enregistrer partout en France pour couvrir la diversité musicale et le foisonnement culturel de notre pays. Nous commandons aussi plus de 100 œuvres à des compositeurs chaque année.
Donc, il y a une évidence dans le rôle historique que cette maison a toujours joué pour soutenir la diversité musicale, pour soutenir les artistes, leur développement, guider les auditeurs dans la découverte aussi, en promouvant la trace de la qualité plutôt que simplement l'accumulation de nouveautés. Et j'ai voulu le faire après deux années de crise qui ont été extrêmement difficiles pour beaucoup d'artistes. Raison pour laquelle cette maison s'est mobilisée comme jamais en augmentant la diffusion de musique sur ses antennes avec plus d'artistes français.
C'est donc à la fois le témoignage de cet engagement très fort et c'est aussi la volonté de continuer à soutenir une forme d'exception culturelle et musicale française. Et je le dis devant Jack Lang qui, en tant que ministre, a promu, a poussé, s'est battu pour cette exception culturelle. Et je pense qu'aujourd'hui c'est un enjeu. Et qu'aujourd'hui, la question qu'on doit tous se poser, c'est comment s'assurer que les enfants qui naissent aujourd'hui, dans 20 ans, pourront encore entendre des artistes français ?
Maisons de la radio et de la musique. Alors lorsque l'on pense à la musique, à la fête de la musique, Jack Lang, on pense à vous, on pense donc à toutes ces notes que vous faisiez, à François Mitterrand. Vous continuez à en faire pour Emmanuel Macron ?
Pas au même rythme, tout de même. Non, de temps à autre, effectivement, il m'arrive de m'adresser au président sur tel sujet que... Par exemple ? Par exemple, sur Notre-Dame de Paris, mais je ne vais pas en parler aujourd'hui. Par exemple, tout récemment, j'ai attiré son attention sur la fête de la musique. Bon, j'approuve la manière dont les autorités publiques ont géré la crise sanitaire. C'est très difficile. Et en même temps, je ne refuse pas à comprendre pourquoi le pays inventeur de la fête de la musique, la France, aujourd'hui se trouve dans une contre-exception, si j'ose dire. Puisque les règles qui ont été instaurées en serrent et en ferment les initiatives de manière très stricte.
Dans le même temps, aux Etats-Unis, dans 150 villes, en Chine, dans 200 villes, à Berlin, en Angleterre, partout, elle va battre son plein. Et j'ai attiré l'attention du président sur ce sujet. J'ai confiance, j'ai confiance qu'il pourra, en raison de l'évolution des choses, proposer une sorte d'assouplissement qui permettra à ceux qui aiment cet événement de se retrouver, de se rencontrer, de s'aimer aussi, et de célébrer l'arrivée de l'été.
Alors, la fête de la musique, il y a eu aussi la fête de la radio, les 100 ans de la radio. Sibyl Veil, votre point de vue sur la manière dont ce média a traversé ces 100 ans et sur la façon dont il a, aujourd'hui, un rôle à jouer ?
Alors, moi, je suis très optimiste sur le fait qu'aujourd'hui, nous vivons une révolution qui est une révolution du son qui permet de créer un nouveau lien avec nos auditeurs au travers de la réécoute dans la durée de nos podcasts. D'ailleurs, nous-mêmes, nous faisons fortement évoluer ce que nous proposons aux auditeurs en leur permettant de réécouter les contenus, les pépites qui ont été faites sur nos différentes antennes. Donc, je pense que nous vivons une période formidable d'expansion que montre vraiment la hausse de l'écoute de nos différentes antennes. Néanmoins, comme dans toute révolution, nous vivons aujourd'hui une période de transition.
Et cette période de transition, c'est le passage d'une écoute du direct sur des postes de radio à une écoute qui se fait sur des postes de plus en plus numériques. Donc, il y a des questions de distribution qui se posent pour le média radio. Il y a aussi des questions sur la diversité de ce paysage. Mais fondamentalement, même si cette année, on a vécu quelques difficultés parce que la radio est un média d'habitude et que quand les habitudes des Français sont bouleversées, comme on l'a connue depuis deux années, ce qui a fait que l'écoute de la radio a pu être perturbée au cours des deux dernières saisons, néanmoins, dès la rentrée prochaine.
Quand les conditions sanitaires seront revenues à la normale, je pense qu'on va vivre une vraie période de développement et d'expansion du média radio, du média audio dans laquelle cette maison continue d'écrire l'avenir de ce média en essayant d'être vraiment en phase avec l'évolution des modes d'écoute des Français qui n'écoutent plus simplement encore une fois sur le poste de radio qui écoutent sur leur téléphone portable qui peuvent écouter une émission comme Le chemin de la philosophie pas simplement quand elle passe en direct mais à l'heure où ils ont la disponibilité et le temps pour l'écouter et sur les émissions de fond telles que nos antennes les proposent c'est une vraie chance de pouvoir en développer ainsi l'écoute.
Donc vous êtes confiante même si la durée de l'écoute il faut l'expliquer aux auditeurs a beaucoup baissé pendant la crise sanitaire tout simplement parce que les habitudes d'écoute avaient changé moins par exemple d'autoradio vous pensez que ça va revenir à la normale qu'on n'a pas à faire à une désaffection de ce média Sibyl Veil
La radio reste écoutée chaque jour par 40 millions d'auditeurs donc ça reste un média de masse donc ces deux années de crise ont plus pesé sur l'écoute de la radio parce que 50% de son écoute se fait en dehors du domicile donc quand les gens restent à domicile qu'ils ne se déplacent plus évidemment que l'écoute de la radio est perturbée mais elle va retrouver ses couleurs
Tchèque Lang Un mot simplement pour dire même la présidente que nous sommes très nombreux en France à être fiers fiers de cette radio publique à la fois pour l'information pour la culture pour la musique c'est vraiment vraiment une source de bonheur et puis bravo d'ouvrir largement le champ à la musique et ce jour où vous inaugurez où vous baptisez pardon la maison de la radio maison de la radio de la musique c'est une date importante et vraiment c'est réjouissant tout n'est pas réjouissant dans le paysage audiovisuel
qu'est-ce qui n'est pas réjouissant ?
tous les oh bah des chaînes de télévision au rabais des programmations banales pire que la 5 pardon pire que la 5 parce que la 5
je veux dire la 5 de l'époque c'est peut-être pire en effet
que la 5 en question heureusement d'ailleurs dans l'intervalle nous avons réussi à créer une 5 publique qui est remarquable Arte qui est aussi une chaîne remarquable et disons-le le paysage des chaînes publiques en France est un paysage assez brillant
pour l'ensemble les chaînes publiques de radio on en a parlé Sibylle Veil il y a aussi des chaînes privées ce qu'on appelait jadis les radios périphériques elles semblent souffrir comment expliquez-vous cela ? Alors elles se plaignent notamment d'un certain nombre de conditions liées à la publicité aujourd'hui comment voyez-vous le paysage ?
Alors pour certains de ces acteurs privés ils sont aujourd'hui en train de vivre une évolution liée à des évolutions de leur actionnariat des évolutions des groupes auxquels ils appartiennent et il y a plusieurs grandes radios de ce paysage Europe 1, RTL qui sont concernées par ces évolutions moi en tant que présidente de Radio France ce que je souhaite c'est que le média radio se porte bien qu'il continue d'être un média qui soit un média qui inspire confiance aux Français ce qui est le cas aujourd'hui et donc pour cela je souhaite que mes concurrents les concurrents privés se portent bien aussi ce que je vois c'est que les évolutions très rapides successives de la programmation de certaines des radios concurrentes l'heure à nuit j'espère pour elles qu'elles vont arriver à une stabilité qui va permettre de porter encore ce média dont je suis convaincu qu'il a un grand avenir aujourd'hui pour les auditeurs et pour tous les Français qui peuvent y retrouver toute la richesse qui est celle notamment évidemment de nos antennes en termes d'information d'accès à la culture et de musique parce que la première motivation de la radio il faut le rappeler c'est l'écoute de la musique
avec donc un rôle de prescription Sibyl Veil que vous entendez renforcer des concerts avec dès aujourd'hui un concert à partir de 16h 6h de live en plein air avec notamment Jean-Louis Aubert Youssoupha Hervé qu'on va entendre dans quelques instants et accentuer donc la diversité des genres de musiques qui sont proposés sur l'antenne
Alors tout d'abord le baptême qu'on a voulu faire il n'intervient pas à n'importe quel moment il intervient aussi comme un cri du coeur en soutien à tous les artistes qu'on a soutenus au cours des deux dernières saisons et on a voulu le faire d'une manière festive pour accompagner aussi les Français qui ont vécu des mois absolument éprouvants qui aspirent à revivre aspirent à écouter de la musique aspirent à des sorties culturelles et donc on a voulu proposer une fête populaire pour la première fois nous aurons une scène installée sur les bords de scène de manière à pouvoir accueillir du public qui puisse venir évidemment dans le respect des normes sanitaires mais si on peut offrir une belle fête voilà j'en serais très heureuse parce que je pense que c'est ce dont aujourd'hui voilà ce à quoi aspire beaucoup de Français ça sera le prélude à un été très musical évidemment au moment de la fête de la musique qui est souvent le départ de beaucoup de festivals et nos antennes vont tous les couvrir comme on le fait toujours toute la diversité le foisonnement des scènes musicales qu'il y a en France qui montre à quel point le fait de soutenir ces événements permet d'avoir encore des scènes des artistes et une scène musicale très diversifiée et très forte en France et je pense que c'est une des grandes chances de notre pays
Jack Lang sur la diversité de la scène musicale sur la manière dont il faut soutenir les artistes puisque là aussi dans vos dits et écrits vous écriviez à François Mitterrand à quel point les artistes étaient importants sur le plan culturel ça c'est évident mais aussi sur le plan politique vous lui rappeliez vous disiez voilà il faut il faut vous souvenir que ce sont aussi grâce aux artistes que nous sommes là
oui c'est vrai c'est vrai que nous souhaitions c'est pas pour des raisons politiques étroites mais parce que nous pensions que la création était un des ciments de la société la création donne et la culture en général donne un sens aux choses donne le goût de la vie le bonheur d'être ensemble et ce que nous avons tenté avec François Mitterrand c'était justement à partir d'un grand projet de civilisation d'imaginer un dessin pour les nouvelles générations et je continue d'ailleurs à espérer que cette exigence intellectuelle et culturelle dominera les prochaines années
avez-vous l'impression que ce lien s'est distendu entre les politiques et les artistes puisque on voit avec quel soin par exemple vous recommandiez à François Mitterrand d'aller en voyage avec François Sagan ou avec Boulez de voir comment on pouvait faire en sorte de mettre en valeur ce patrimoine artistique notamment musical ou littéraire
non je crois que l'actuel président de la république est un homme de culture un passionné d'art un homme lettré il est assez présent sur la scène intellectuelle autant qu'il est possible pour lui il est occupé par beaucoup d'exigences mais disons que je déplore quand même que les partis politiques qui devraient être la structure même d'une démocratie vivante s'intéressent si peu à la culture au delà à la science au savoir à l'éducation c'est quand même un affaissement qui touche je dirais pratiquement presque toutes les formations politiques et c'est un grave recul
Jack Lang il y avait par exemple dans l'air l'idée d'un new deal de la culture à l'image de celui qui avait été fait par Roosevelt au moment de la grande dépression vous le voyez aujourd'hui avec cette crise sanitaire ce new deal de la culture pardon est-ce que vous le voyez ce new deal de la culture autrement dit ce grand projet pour faire en sorte que la culture permette à la France de sortir vers le haut de cette crise
plus que jamais il y a crise plus que jamais la réponse elle est d'abord intellectuelle culturelle et morale et c'est d'ailleurs un des courriers que j'ai adressé au président de la république au cours de la dernière période je me permette de lui dire que Roosevelt lorsqu'il était confronté à cette grande crise sociale qui a écrasé les Etats-Unis avait mis au point toute une série de mesures culturelles à partir desquelles d'ailleurs les Etats-Unis ont conquis une place grandissante dans la vie culturelle mondiale et je note d'ailleurs que Joe Biden à côté des mesures de relance qu'il a adoptées à annoncer un plan à la manière de Roosevelt pour soutenir les artistes et les créateurs oui je le crois et je pense que sans doute le président de la république il songe parce que ce peut être une occasion fantastique cette crise terrible comme l'a très bien dit la présidente qui a écrasé étouffé fait souffrir tellement de gens et de familles doit être en même temps saisie par les cheveux pour imaginer une nouvelle donne et la date d'aujourd'hui peut en être le point de départ la maison de la radio et de la musique alors il faut être encore plus ambitieux et je suis très heureux d'entendre ce que la présidente de Radio France nous a annoncé à l'instant
alors Sibyl veille précisément aujourd'hui parmi les enjeux pour cette maison de la radio et de la musique il y a une concurrence qui est toujours la concurrence avec les radios dites musicales mais aussi avec les plateformes et là un rôle de prescription par rapport à ce que l'on peut faire entendre aux auditeurs
nous vivons un moment où toutes nos vies sont de plus en plus numériques or les algorithmes ne sont pas conçus pour porter la diversité ils ne sont pas conçus pour porter les acteurs de la culture nationale et c'est pour ça qu'il y a des acteurs comme nous dont c'est la mission de soutenir la diversité culturelle la transmission aussi du patrimoine de ce que fait France Culture sur son antenne ce que fait France Musique et nous le faisons d'une part avec des antennes qui sont un antidote à l'uniformité des goûts culturels et des goûts musicaux nos antennes sont des antennes de diversité le nombre pour en parler de musique le nombre de titres de musique qui passent sur une antenne comme FIP et France Inter est très supérieur à ce qu'on peut écouter partout ailleurs parce que ce sont des choix humains faits par des passionnés des mélomanes des passionnés de culture donc qui font des choix qui détectent les artistes avant qu'ils soient reconnus qui les accompagnent dans la durée à rebours des carrières très rapides fulgurantes mais terriblement courtes qu'on peut voir telles qu'elles sont poussées par les emballements des réseaux sociaux et donc c'est là qu'on a vraiment un rôle à jouer pour guider les auditeurs pour accompagner les artistes et ce rôle là cette maison l'a toujours pris historiquement à bras le corps et c'est un engagement que nous renouvelons avec ce nom de Maison de la Radio et de la Musique
alors parmi les choix que nous avons faits Sibyl Veil il faut le dire nous avons invité Hervé pas seulement Hervé Gardette qui vient d'entrer dans ce studio bonjour Hervé Gardette mais aussi Hervé le chanteur qui est en duplex avec nous bonjour Hervé bonjour vous allez être aujourd'hui même sur cette scène le baptême de la Maison de la Radio et de la Musique et on va faire entendre un extrait de votre album hyper hyper prolongation
un extrait
de l'album hyper d'Hervé qui est avec nous monde meilleur Sibyl Veil vous voulez désannoncer Hervé nous dire ce que vous en pensez d'Hervé
alors tout d'abord moi je suis très heureuse qu'on accueille ce soir Hervé parce qu'on aura à la fois des artistes confirmés comme Jean-Louis Hubert mais des artistes jeunes comme Hervé formidables qui sont soutenus par nos antennes et nos antennes en particulier France Inter qui soutient Hervé ont souvent été la matrice originelle d'artistes qui étaient en train d'émerger les ont accompagnés je peux citer énormément d'artistes qui sont dans ce cas de Clara Luciani ces dernières années si je remonte dans le temps Benjamin Biolet ou encore dans le passé Alain Souchon donc à toutes les époques nous avons soutenu les artistes qui émergeaient pour les porter les accompagner et je suis très heureuse que ce soir on accompagne et qu'on puisse faire écouter Hervé qui sera diffusé donc dans l'émission de Laurent Goumard
Hervé vous êtes auteur compositeur interprète comment avez-vous vécu cette période cette pandémie vous en avez profité pour beaucoup faire de musique
oui j'ai fait beaucoup de musique j'ai fait beaucoup de clips avec mon téléphone on a bricolé beaucoup pendant un an sans se voir en vrai en étant replié chez soi pour mieux se tourner vers les autres ensuite et là ça rouvre petit à petit on a joué à la cigale lundi c'était formidable c'était génial parce que j'imagine que la scène vous a beaucoup manqué ah oui terriblement et d'ailleurs pour le concert de ce soir on a fait on a fait les balances hier donc les répétitions pour faire nos réglages et c'est vrai que c'est un cadre absolument magnifique et je dois dire que je suis très très je suis honoré de jouer ce soir parce que France Inter c'est la première radio où j'ai fait ma première interview avec Didier Varro mon premier live en radio c'était à France Inter en fait la première fois que j'ai mis les pieds dans une radio c'était à France Inter
et peut-être que la première fois qu'on a entendu Hervé en matinale c'était sur France Culture
ah bah ouais quasi quasi ouais quasi donc on a fait une première mondiale tous ensemble
et c'était c'était ouais oui c'était voilà c'est avec des je crois qu'on vote les programmations à main levée enfin voilà il y a une culture de la musique qui est présente dans les maisons de la radio et dans toutes ces antennes
et oui parce qu'en fait comme vous le rappeliez Sybille Veil il y a un travail artisanal qui est fait pour écouter pour sélectionner les différents artistes qui sont programmés sur les différentes antennes de Radio France
pour sélectionner les artistes pour soutenir la création et les créateurs et évidemment France Culture le fait aussi donc je suis il faut que je rende hommage aussi à tout le travail que fait France Culture pour passer des commandes à des jeunes auteurs vous en avez on en a multiplié pendant la crise sanitaire pour justement donner l'opportunité à ces auteurs d'écrire ce qu'ils ressentaient sur ce que cette période a pu révéler et comment est-ce qu'ils l'ont vécu donc le soutien de la création toutes nos antennes le font France Culture le fait aussi et je voudrais saluer ce que fait France Culture sur la musique des petits bijoux que sont les concerts fictions qui sont peut-être pas très connus mais qui symbolisent vraiment le croisement des cultures le croisement des artistes et des genres qui est le propre de cette maison
Tchèque Lang oui je me réjouis en effet que France Culture nous y sommes et bravo quand même c'est aussi une originalité France Culture dans le paysage radiophonique international et avoir tenu bon au fil des ans face aux fanatiques de l'audimat aux fanatiques de la facilité c'est formidable c'est vraiment c'est aussi une source de fierté pour nous tout en ayant
plus d'auditeurs
aujourd'hui et oui absolument ça montre bien que quand on vise haut on peut atteindre loin on peut toucher loin et c'est pas en baissant les choses que l'on peut conquérir disons profondément et durablement les cœurs
alors Hervé vous appartenez à la jeune scène mais vous avez également collaboré avec un artiste cher au cœur de beaucoup à France Culture vous avez collaboré avec Johnny Hallyday puisque vous avez co-écrit trois titres je ne suis qu'un homme un enfant du siècle et pardonne-moi oui il faut que vous nous disiez ça il y a beaucoup de fans de Johnny ici même
c'est une aventure absolument incroyable en fait j'avais un groupe de musique et je traînais pas mal en studio pour faire des arrangements et en fait j'ai croisé la route de Yodelis Maxime Nucci à son studio et en fait il avait plein de musique sans texte et on s'est enfermé un week-end et j'ai fait des textes comme ça et c'était le vendredi ou le samedi et ensuite donc Yodelis partait à Los Angeles le mardi ou le mercredi un truc complètement irréel comme ça et Johnny enregistrait le vendredi il me semble sa première chanson c'était complètement fou je ne l'ai jamais rencontré il faut dire
que c'était sur l'album
posthume mon pays c'est l'amour voilà exactement c'était une relation purement épistolaire quoi finalement
un peu un peu à la manière de la relation épistolaire que Jack Lang avait avec François Mitterrand il y a eu plusieurs lettres et est-ce que cette collaboration vous a donné envie d'écrire pour d'autres également Hervé
oui là c'est vrai que je je défends cet album depuis un an hyper donc c'est vrai que vous avez été
révélation masculine aux victoires de la musique
oui tout à fait oui oui ça a été un accélérateur de particules fantastiques encore une fois c'est une cérémonie sur le service public en prime time où on peut jouer en live un titre en live à la télévision et c'est vrai que ouais ça a été ça a été un accélérateur mais j'aurais rêvé de travailler avec Christophe ça ça aurait été mon plus grand rêve qui me manque beaucoup d'ailleurs
oui il nous manque beaucoup et on va pouvoir vous entendre tout à l'heure à quelle heure passez-vous Hervé ? alors 22h en dernier plutôt tard mais en tout cas on va vous entendre avec d'autres il y aura Giorgio il y aura Jean-Louis et Aubert Youssoupha l'Orchestre National de France Félicien Brut et Marie Perbos notamment Sibyl Veil on a la possibilité d'entendre ça à partir donc de 16h jusqu'à 22h et oui parce qu'il faut quand même respecter le couvre-feu
de 16h jusqu'à 22h sur les différentes antennes de Radio France et on le fait aussi avec Culture Box qui diffusera ce concert demain donc c'est aussi une très belle collaboration avec France Télévisions et qui montre la capacité qu'on a dans cette maison de faire à la fois du live des concerts de vivre l'émotion de ces concerts de les diffuser sur nos antennes et de toucher aussi un public différent en les faisant voir à la télévision donc c'est toute la magie de cette maison qui sait sur les différents supports faire vivre les artistes et les rendre accessibles
La culture que l'on écoute grâce à vous Hervé bon concert ce soir Jack Lang une révolution culturelle dit et écrit aux éditions bouquins et les années langues une histoire des politiques culturelles sous la direction de Vincent Martini Emmanuel Vallon et Laurent Martin et alors on reçoit un autre Hervé Hervé Gardette bonjour et au nom de tous les Hervé du monde entier je voudrais d'ailleurs remercier Hervé d'avoir réhabilité ce prénom qui était devenu quand même assez ringard et Géraldine elle a réhabilité aussi le prénom Géraldine bonjour Géraldine
bonjour Guillaume bonjour à tous
Hervé ce matin vous allez nous parler d'écologie et de Suisse oui et de référendum et de votation et vous Géraldine je crois que vous avez oublié un rendez-vous
mais je me suis souvenu Guillaume que je l'avais oublié je vous en parle tout à l'heure
allez dans quelques instants merci
Simone Veil