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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 7 novembre 2024 25 minContradictoireMixteÉconomie & entreprisesSolidarités & familleSantéEnvironnement & énergie

Fonctionnaires, vous allez souffrir ! Porcher décrypte les annonces du gouvernement et de Kasbarian

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça veut dire, 'l'économie pour les 99%' ?

  • 2:28OuverteRéponse directe

    Pourquoi tu as choisi le format BD ?

  • 4:42OuverteRéponse directe

    Le gouvernement durcit le régime d'arrêt maladie des fonctionnaires. Qu'en penses-tu ?

  • 5:48RelanceRéponse partielle

    On nivelle par le bas, c'est le privé qui fait la règle ?

  • 13:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que les 35 heures ont fait du mal à l'hôpital public ?

  • 15:40OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas plus une catastrophe humaine et politique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:46PrésentateurFait
    « le ministre de la Fonction publique, Guillaume Casbarian, a annoncé qu'il pensait à durcir le régime d'arrêt maladie des fonctionnaires, augmenter les jours de carence de 1 à 3 et diminuer l'indemnisation en arrêt de travail à 90% contre 100% actuellement. »
  • 5:44PrésentateurChiffre
    « Le gouvernement espère économiser 1,2 milliard d'euros par an avec ça. »
  • 5:04InvitéFait
    « Les premiers à être pénalisés par l'absentéisme dans la fonction publique, ce sont les fonctionnaires eux-mêmes qui sont pénalisés parce qu'ils doivent absorber la charge de travail de leurs collègues qui sont absents. »
  • 5:21InvitéFait
    « Les arrêts de travail, ils ont explosé depuis une dizaine d'années. »
  • 8:37InvitéFait
    « enlever des droits sur les jours de carence ne réduisait pas forcément les arrêts maladie. »
  • 15:16PrésentateurFait
    « L'Espagne connaît des inondations meurtrières qui tournent en catastrophe humanitaire avec au moins 217 morts, des blessés, des disparus et des immenses dégâts. »
  • 15:34PrésentateurFait
    « le président de la région avait supprimé l'unité d'urgence dédiée à la gestion des catastrophes. »
  • 21:11PrésentateurChiffre
    « La Commission européenne s'est réjouie d'une baisse des émissions nettes de gaz à effet de serre de 8,3% en 2023 dans l'Union européenne donc par rapport à l'année précédente grâce, je cite, au développement des énergies renouvelables. »

Temps de parole

  • Présentateur74 %
  • Présentateur 224 %
  • Invité3 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Je n'ai jamais vu une manifestante, une infirmière, un médecin manifester. Remettez-nous les 39 heures, je n'ai jamais vu ça de ma vie. C'est surtout qu'aujourd'hui les soignants font beaucoup plus que 35 heures. Mais bien sûr, ça fait plaisir, ça alimente le débat et on en a parlé pendant une semaine, on a retapé sur les fonctionnaires. Pourquoi on ne devrait pas s'en réjouir à un moment ? Qu'il y ait des meilleures conditions de travail, des meilleurs salaires, pourquoi on ne devrait pas s'en réjouir ? Les fonctionnaires crient de la richesse, contrairement à ce qu'on entend tout le temps.

Ils créent de la richesse. Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché avec tous les discours qu'on entend autour de nous. Notre meilleure arme est de les connaître et de les comprendre. Vous êtes plus de 64 000 à avoir signé notre grande pétition pour une répartition plus équitable et plus démocratique des fréquences TNT. Continuez de signer et de partager cette pétition sur tnt.lemédiatv.fr et sachez qu'on est arrivé maintenant sur la plateforme Molotov. Vous pouvez donc aussi nous regarder là-bas en plus de Free et de notre chaîne YouTube. La diffusion du média s'agrandit et c'est grâce à vous. Merci beaucoup.

On ne vit que par votre soutien. Alors n'hésitez pas à vous abonner à partir de 5 euros par mois. Bonjour Thomas. Salut Lisa. Alors avec toi aujourd'hui au programme, le gouvernement s'attaque aux arrêts maladie et on revient sur la catastrophe non pas naturelle mais politique des inondations meurtrières en Espagne. Mais tout d'abord, on va parler de ton dernier ouvrage. C'est parti. Alors Thomas, tu viens de sortir un nouveau livre, une BD, c'est tout chaud, c'est il y a quelques jours, l'économie pour les 99% aux éditions Stock. Qu'est-ce que ça veut dire, c'est les 99% et c'est qui les 1% du coup ? On en a beaucoup parlé dans cette émission, des 1% et des 99%. Non.

Quand j'ai mis ce titre, l'économie pour les 99%, ça voulait dire grosso modo l'économie accessible à tous, c'est-à-dire très bien expliqué, de manière la plus pédagogique possible et l'économie au service de tous. Donc il y a une double définition de ce titre-là. Et les 99%, c'est la majorité d'entre nous. En fait, ces 30 dernières années, les 1%, comme on l'a dit, qui ont 25% du patrimoine, donc des très grosses fortunes, ont réussi à dompter l'économie et à la mettre à leur service. Et d'ailleurs, dans tous les chiffres, on voit que ces 1% ont eu leurs richesses qui ont augmenté plus vite que le reste de la population, les 99%.

Et donc ce livre montre comment, en économie, il y a des débats économiques et différents avenirs qui peuvent plus servir les 99% et dont il faut parler sur un pied d'égalité. Voilà. Et là, on te voit dedans. Il y a plein de petits dessins, etc. Il y a même des scènes d'humour. Je n'irai pas plein parce que je ne veux pas non plus divulgacher. Mais pourquoi tu as choisi le format BD ? Est-ce que c'est encore cette histoire de pédagogie, d'accès à tout le monde ? C'est important de toujours élargir le plus possible. Nous, on a une émission qui est sur YouTube. On en fait des petites capsules d'écran. On la partage un peu partout. Et c'est vrai qu'on a touché des gens.

Peut-être qu'on n'aurait pas touché dans les médias traditionnels. Dans les médias traditionnels, on peut toucher des gens qui, eux, ne sont pas trop connectés, sont un peu plus vieux, sont moins sur Internet. Avec les essais, on peut toucher des publics de lecteurs. Mais il y a toujours une partie plus jeune ou parfois qui n'a pas envie, forcément, après une journée de travail, d'ouvrir un livre d'économie, un essai, parce que les journées sont fatigantes et qui voudraient un petit peu se détendre. Et là, avec le format de la BD, moi, je trouve qu'on peut se détendre tout en apprenant.

Et ça peut être un premier pas pour ceux qui peuvent être un peu réfractaires à l'économie, pour qu'ils puissent mettre ce pas dans la science économique et qu'après, ils aillent plus loin, dans des livres, notamment, ou dans des émissions. Mais le format BD, je trouve que c'est aujourd'hui le format le plus pédagogique possible. Donc on commence, en fait, dans ce livre, j'arrive, je suis invité par une raffinerie, histoire vraie, et je rencontre une jeune étudiante, Zoé, qui porte un intérêt aux questions environnementales, mais qui maîtrise mal l'économie.

Et on discute un peu, elle me dit, moi, j'aime pas l'économie, mon père est banquier, ça m'intéresse pas, ce monde travaille que pour l'argent. Et là, je vais lui expliquer, en fait, on va faire une espèce de road trip, et à travers les gens qu'on va rencontrer, agriculteurs, fonctionnaires, ouvriers, on va parler finalement de tous les grands débats d'économie contemporain de notre société. Oui, donc c'est une histoire, t'emmènes les gens par la main. Oui, j'emmène les gens par la main, et après, il y a des chiffres, etc., mais qui sont mis avec des graphiques.

Par exemple, la dépense publique, c'est très marrant dans le livre, on compare les dépenses publiques américaines, françaises et allemandes, et on fait des millefeuilles. Et avec, il y a une petite partie des millefeuilles, il y a les retraites, les dépenses sociales, le service public, et on voit que dans les autres pays, il y a des millefeuilles plus ou moins maigres, parce qu'ils n'ont pas de retraite publique, etc., etc., et on explique ces différences-là de manière très simple et imagée. Et pourtant, c'est une information qu'on utilise tout le temps aujourd'hui dans nos émissions ou ailleurs. Donc ça reste simple d'accès, mais c'est quand même très sérieux.

On le sait maintenant, le gouvernement cherche à faire des économies. C'est au tour des fonctionnaires d'être dans le collimateur. Dimanche 27 octobre, le ministre de la Fonction publique, Guillaume Casbarian, a annoncé qu'il pensait à durcir le régime d'arrêt maladie des fonctionnaires, augmenter les jours de carence de 1 à 3 et diminuer l'indemnisation en arrêt de travail à 90% contre 100% actuellement. Pour justifier une telle mesure, les macronistes avancent que les salariés du public seraient avantagés par rapport à ceux du privé.

5:04
Invité

Les premiers à être pénalisés par l'absentéisme dans la fonction publique, ce sont les fonctionnaires eux-mêmes qui sont pénalisés parce qu'ils doivent absorber la charge de travail de leurs collègues qui sont absents. Ça génère du stress, ça génère des difficultés au quotidien. Les arrêts de travail, ils ont explosé depuis une dizaine d'années. Il y a 10 ans, c'était la même chose dans le privé et dans le public. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus important dans le public et singulièrement dans la fonction publique territoriale. Ce que propose Guillaume Casbarian avec courage, c'est d'aligner le public sur le privé. C'est une mesure, me semble-t-il, absolument salutaire.

Encore une fois, on ne travaille pas assez dans notre pays et surtout, on est dans une situation dans laquelle on produit moins que nos voisins européens. Il faut absolument que tout cela change.

5:44
Présentateur

Le gouvernement espère économiser 1,2 milliard d'euros par an avec ça. L'argument mis en avant, ce serait le manque d'équité entre les salariés du public et ceux du privé. Qu'est-ce qui se passe Thomas ? On nivelle par le bas, c'est le privé qui fait la règle. Surtout que dans le privé, beaucoup n'ont en fait aucun jour de carence et bien d'autres avantages qu'on connaît. Alors en fait, pour moi, c'est la vieille opposition secteur privé et fonctionnaire. Quand on regarde les chiffres, les arrêts maladie augmentent partout, dans tous les secteurs, que ce soit privé ou public.

Effectivement, au final, vous avez un petit écart entre le public et le privé qui est de trois jours, trois jours sur une année. Et vous avez après un écart un peu plus élevé si on commence à ventiler avec les fonctionnaires des collectivités territoriales. Mais quand on regarde fonctionnaire et salaire du privé, vous avez trois jours d'écart sur une année. Alors ces trois jours d'écart, il faut regarder après un peu plus en détail parce que le rapport qui a fait ça va en détail. Mais on ne ressorte que ce chiffre-là. Mais quand on regarde le rapport, il va en détail sur certaines choses.

La première des choses, c'est qu'on constate que la plupart des fonctionnaires sont dans des métiers qui concernent la santé. L'hôpital public. Il y a aussi l'éducation, vous êtes avec des jeunes, la petite enfance. Et donc vous êtes dans des métiers qui sont beaucoup plus exposés au risque de maladie. Le rapport le dit également. Ça, c'est un constat factuel. Et après, quand on regarde aussi la démographie, parce qu'on ne peut pas tout confondre. Quand on est jeune, on a une capacité de résistance à la maladie qui est beaucoup plus élevée que quand on a 5, 50, 60 ans. Et quand on regarde la démographie, les fonctionnaires sont quand même légèrement plus vieux que les gens du secteur privé.

Donc en réalité, les trois jours qui sont quand même, on n'est pas sur des différentiels énormes, trois jours sur une année, s'expliquent notamment par des raisons structurelles et le fait qu'on est dans des métiers plus exposés et qu'il y a légèrement, les fonctionnaires qui sont légèrement plus vieux que ceux du privé. Mais il y a une volonté derrière ça de réutiliser la même opposition qu'on a vu sur les retraites, qu'on voit quasiment sur tout à chaque fois, sur les lois travail. On nous a ressorti les fonctionnaires qui, eux, avaient le travail à vie. Donc le but étant de diviser, étant de...

Voilà, il y a des salaires, effectivement, des gens du privé qui ont des conditions de travail parfois beaucoup plus difficiles que les fonctionnaires. Ah ben donc, il faudrait mettre tout le monde à ce niveau-là. Donc pour moi, comme il y a une politique qui vise à taxer les plus riches, il faut que de l'autre côté, on retape un petit peu sur les vieilles rengaines que sont les fonctionnaires. Puis après, on aura probablement le service public, l'hôpital. Puis après, on aura la dette. Toujours les mêmes discours depuis 30 ans. On finira par une loi immigration. Et on finira par ça. Et on repassera par ceux qui ont un emploi protégé et qui sont privilégiés par rapport aux chômeurs.

Parce que ça, on y arrive aussi toujours. Et puis à la fin, comme tu le dis, il y aura le travailleur vis-à-vis de l'immigré. Et ça l'est déjà plus ou moins dans ce gouvernement. Ça a commencé. Donc on en arrive toujours au vieux clivage et aux vieilles oppositions habituelles. Surtout que plusieurs études, plusieurs travaux ont montré qu'en fait, enlever des droits sur les jours de carence ne réduisait pas forcément les arrêts maladie. Ça a montré qu'il y avait des arrêts plus longs ou que les femmes étaient forcément beaucoup plus touchées par ce genre de mesures. Donc c'est quoi le macronisme ? C'est dire s'il y a des arrêts maladie, on enlève les arrêts maladie.

S'il y a du chômage, on enlève le chômage. C'est exactement ça. C'est-à-dire que la plupart, les trois quarts des entreprises, les prennent en charge, ces jours de carence. C'est-à-dire que même elles, elles partent du principe que quand quelqu'un est malade, il ne vaut mieux pas qu'il vienne dans l'entreprise. Parce que s'il vient dans l'entreprise, je ne sais pas moi, avec une grippe, il risque de la transmettre à tout le monde. Et là, tout le monde va. Et vous avez in fine une perte probablement de productivité. Donc même les entreprises se disent, non, non, on le prend en charge, reste chez toi. C'est ça qu'elles disent. Et là, on se dit, non, non, on va retirer le jour de carence.

Et puis, on te sort une histoire en disant, vous avez vu, quand on rajoute des jours de carence, les gens vont plus travailler. Oui, ils vont travailler, mais ils vont travailler malades. Je ne sais pas si c'est très efficace. Non, ce n'est pas efficace. Donc, il faut arrêter avec ça. La différence est très légère. Elle a été expliquée, comme j'ai dit, parce que les gens sont dans des métiers beaucoup plus exposés aux problèmes de santé. Oui, quand on travaille avec des enfants ou à l'hôpital, c'est dans les risques du métier de tomber malade.

Je ne sais pas, je n'aimerais pas, moi, que quelqu'un de malade vienne s'occuper, quelqu'un qui a une bronchite vienne s'occuper de mon enfant qui a moins de six mois et qui est en crèche. Et comme je n'aimerais pas que quelqu'un qui a une bronchite vienne s'occuper de ma grand-mère qui a 97 ans à l'hôpital, parce qu'il y a un risque de lui transmettre quelque chose de fatal. Donc, il y a aussi ça qu'il faut prendre en compte. Et eux, ils ne prennent en compte. On va rajouter quelques jours de carence. On tape un peu sur les fonctionnaires. Ça fait du bien. En termes d'impact sur la productivité, il n'y a rien du tout. Il n'y a rien du tout.

En termes de risques sanitaires, par contre, il y a des risques. Mais bon, ça fait plaisir. Ça alimente le débat. Et on en a parlé pendant une semaine. On a retapé sur les fonctionnaires. Je rappelle que les fonctionnaires des collectivités locales, qui sont quand même la cible principale des attaques, ce sont majoritairement des catégories C. Ce sont des emplois qui sont quand même utiles dans le périscolaire, la petite enfance, les chauffeurs de car, le nettoyage de la ville. Et que souvent, quand on les supprime, qu'est-ce qu'on fait ? On les remplace par des entreprises privées qui vont coûter plus cher et qui font perdre souvent de la compétence à la mairie.

On se souvient de la privatisation des eaux. Tout le monde en revient. Donc, il faut faire attention. Si vous n'avez pas de fonctionnaires, vous avez du secteur privé. Si vous n'avez pas de dépense sociale, vous avez de la dépense privée. Donc, il faut faire attention à ça. Il y a des vases communicants. On ne va pas laisser une ville sans nettoyage. On va prendre d'autres gens qui vont coûter probablement plus cher et on va perdre la compétence. Et puis, le risque aussi, c'est qu'être fonctionnaire, ça devient moins avantageux que de travailler dans le privé. Voilà, effectivement. Ça dépend des secteurs, évidemment.

En fait, quand vous les catégorisez, elles gagnent un petit peu plus que dans le privé. Mais pourquoi on ne devrait pas s'en réjouir à un moment ? Qu'il y ait des meilleures conditions de travail, des meilleurs salaires, pourquoi on ne devrait pas s'en réjouir ? On parle de salaires qui sont quand même très faibles. Oui, ils ont la sécurité de l'emploi. C'est très bien. Oui, ils gagnent un peu plus, mais c'est très bien. Et puis, on rappelle à quoi sert un fonctionnaire. Un fonctionnaire, c'est de mettre une partie du salariat pour des raisons d'importance du travail effectué à l'abri des aléas politiques.

Si demain, vous avez à Béziers un maire qui est du FN, comme c'est le cas, il ne peut pas virer tous les fonctionnaires de la ville. Alors que si c'était du secteur privé, il peut changer tout le monde et mettre des gens qui sont à son service politique. Là, ce n'est pas le cas. Donc, c'est important d'avoir aussi une place, une partie de nos salariés qui soient fonctionnaires. Et disons-le aussi clairement, les fonctionnaires créent de la richesse, contrairement à ce qu'on entend tout le temps. Ils créent de la richesse. Vous regardez, dans le PIB, il y a une partie, ils créent de la richesse. Donc, c'est important de le rappeler. Et normalement, ces débats devraient être enterrés.

Depuis la crise du Covid, il y avait normalement... Ça devrait être enterré. Et moi, ce qui me fait halluciner, c'est la plasticité des débats et avec la récurrence avec laquelle ils reviennent sur le tapis. On pourra prouver par A plus Z qu'il y a une utilité. On l'a vu, on a été confrontés dans cette crise. Et là, les collectivités locales, elles ont été vraiment à l'avant-poste. L'hôpital a été à l'avant-poste. Et bien là, hop, on a oublié, on repart. On repart là-dessus. Mais tu vois, le député qu'on est allé interviewer, dont on vient de voir un extrait, lui, il parle d'absentéisme. C'est quand même... C'est pas pareil, la maladie, absentéisme.

Le choix du vocabulaire, Guillaume Casbarian aussi parle d'assentéisme. Ce député-là, donc Mathieu Lefebvre, parle aussi du fait qu'il veut une fonction publique compétitive. C'est pas des mots choisis au hasard. Et ce même député, la semaine dernière, toujours à notre micro, nous disait que le problème dans l'hôpital public, c'était pas un manque de moyens, c'était les 35 heures qui avaient fait du mal et la désorganisation. Entre ça et la réforme de Guillaume Casbarian, qu'est-ce que cherche à faire le gouvernement là ? Alors, je trouve ça horrible qu'on dise que c'est les 35 heures.

Moi, j'ai été à toutes les manifestations de l'hôpital à l'époque, avant le Covid, où cette question n'était pas prise au sérieux par le gouvernement. Je n'ai jamais vu une manifestante, une infirmière, un médecin manifester à dire remettez-nous les 39 heures. J'ai jamais vu ça de ma vie. C'est surtout qu'aujourd'hui, les soignants, ils font beaucoup plus que 35 heures. Mais bien sûr, tous ceux qui vivent avec des soignants le savent. Donc, il y a le nombre d'heures officielles et puis après, il y a le reste, le nombre d'heures effectives. Effectives que l'on fait. Et c'est bien plus que 35 heures.

Alors, bien sûr, peut-être qu'il y a eu des problèmes d'organisation, mais le mal-être de l'hôpital, ce n'est pas ça. C'est un manque d'investissement, la tarification à l'activité, à un moment, la volonté de certains de vouloir noter, de comparer les hôpitaux, ce qui est complètement stupide. Vous voyez, ça, c'est des histoires de compétitivité. À un moment, des gens pensaient qu'on devait noter des hôpitaux en fonction de leur taux de réussite et les comparer entre eux. Donc, si vous faites, je ne sais pas moi, des appendices, vous avez quasiment 100% de réussite. Si vous soignez des maladies graves ou des maladies rares, vous avez très peu de chances de réussite.

Donc, on ne peut pas comparer un service public sur les mêmes critères d'efficacité que quelqu'un qui va faire de la livraison ou quelqu'un qui va produire des pizzas. Ce n'est pas du tout la même chose. Un service public, il n'a pas la même obligation de résultat que le secteur privé parce qu'il n'est pas sur les mêmes matières. Il ne fait pas la même chose. Donc, vous voyez, la compétitivité, elle a été faite. Ça a été fait. On a vu ce que ça a donné partout dans tous les services publics. Ça a rendu le service public moins accessible. Ça l'a appauvri.

Il y a eu un certain nombre de réglementations en plus qui ont été faites, d'organisations en plus qui ont rendu encore plus difficile l'organisation de l'hôpital. Et aujourd'hui, on en est revenu. On devrait en revenir. Ce dont ont besoin les hôpitaux et le service public, c'est des moyens et de l'investissement. Et ils vous le disent tous. À l'éducation, c'est des moyens d'investissement. L'hôpital, moyens d'investissement. Et je dirais même dans les entreprises de l'énergie publique, on a besoin d'investissement.

Donc, il ne faut pas tourner autour du pot en nous disant qu'on va réglementer, faire de la compétition, faire du new management public, ce qui a déjà été fait ces 20 dernières années. L'Espagne connaît des inondations meurtrières qui tournent en catastrophe humanitaire avec au moins 217 morts, des blessés, des disparus et des immenses dégâts. La région de Valence a connu des pluies diluviennes causant des inondations les plus graves connues de notre époque. La population, très en colère, a même jeté de la boue sur le roi en visite. Il a dû être évacué. En 2023, le président de la région avait supprimé l'unité d'urgence dédiée à la gestion des catastrophes.

Thomas, on nous parle beaucoup de catastrophes naturelles. Est-ce que là, ce n'est pas plus une catastrophe humaine et politique, ce qui est arrivé ? Il y a en fait... Déjà, la première chose qu'il faut dire, c'est que les catastrophes liées au dérèglement climatique, qu'il faut bien dissocier des catastrophes naturelles, vont être de plus en plus difficiles à évaluer. Une catastrophe naturelle, vous en pouviez parfois, selon un certain nombre de facteurs, avec des modèles probabilistes, estimer le risque de catastrophes naturelles et même le prévoir parfois. Sur les catastrophes liées au dérèglement climatique, ça va être de plus en plus compliqué.

Tout le monde le dit parce que c'est un méli-mélo de risques entremêlés. Ce qui fait que ça rend les situations très difficiles. À partir de ce moment-là, il faut en amont, effectivement, maintenir des services publics qui puissent permettre de prévoir et puis même préparer les populations à ce type de situation. Comme au Japon, quand on vit dans une zone sismique, on sait quoi faire. Là, grosso modo, dans cette affaire, le SMS a été envoyé trop tard, mais il n'a pas été pris au sérieux aussi par un certain nombre de personnes qui ont dit « Oh non, ça va bien se passer, qu'on prie leur voiture. » Personne ne sait comment réagir demain en cas de catastrophe naturelle.

Si on avait le même type d'inondations à Paris ou à un problème similaire, personne ne sait comment réagir. Certains vont vouloir partir et peut-être ça va être la mauvaise décision. Certains vont... On ne sait pas. Donc, il faut aujourd'hui former les populations à ça. Et puis après, en amont, il faut aussi que les politiques prennent la mesure du problème. Je veux dire, pourquoi il y a eu cette coulée d'eau ? Parce qu'il y avait beaucoup de routes. Il y avait une artificialisation des sols qui a fait que l'eau a coulé. Elle n'a pas été absorbée par les sols.

Et comme tu l'as dit, parce qu'il y avait des baisses de dotation sur des fonctionnaires dans des secteurs liés au climat que l'on jugeait inutiles. Et c'est ce que l'on fait aujourd'hui en France. Parce qu'en France, les premières coupes, c'est toujours pour l'écologie. Deuxième berce, mais c'est souvent l'écologie. Donc, on fait quasiment la même chose. Alors même que quand on est confronté à ce type de risque, vous l'avez vu, l'Espagne, c'est un pays riche et ils n'ont pas réussi à être à la hauteur. Au-delà de s'adapter aux risques climatiques, il y a aussi le fait de les atténuer parce qu'on ne peut pas s'adapter dans un monde à plus de 3 degrés.

Beaucoup pointent une inaction climatique aussi qui, le résultat, c'est ça en fait. Oui, et ils ont raison. Ils ont raison. Ils ont entièrement raison. Moi, je pense à tous ceux, toute cette nouvelle génération de militants pour le climat qui disent sans cesse ce n'est pas suffisant, qui demandent plus. Et je trouve ça très, très bien. Parce que oui, tout à fait. Quand on regardait les rapports du GIEC pendant très longtemps, et c'était l'idée qui était arrivée, même si le GIEC pointait parfois du doigt des différences, mais on pensait que les risques climatiques étaient pour les pays les plus pauvres.

Et d'ailleurs, en fait, les plus vulnérables, encore aujourd'hui dans le rapport du GIEC, les plus vulnérables, c'est les 3,5 milliards d'habitants les plus pauvres de la planète qui ont une très forte vulnérabilité alors qu'ils ne sont responsables que de 10% des émissions de CO2. Et ensuite, il y a un autre facteur qui est bien sûr la région où vous habitez. Si vous habitez dans une région désertique, polaire, etc., il y a des risques un peu supérieurs. Mais on pensait toujours que c'était pour les plus pauvres. Or là, l'Espagne, c'est un pays riche, les Espagnols sont des pays riches et ils ont pris de plein fouet cette crise climatique.

Et donc, il y a beaucoup de gens, des militants, qui nous disent depuis longtemps, oui, l'action climatique, elle se joue aussi dans les pays riches. D'ailleurs, parce que les pays riches ont historiquement un impact sur le climat beaucoup plus fort. Donc moi, je comprends leur désarroi. Oui, il y a nécessairement et obligatoirement des questions liées à l'adaptation. C'est-à-dire qu'il va falloir qu'on se prépare à ce type de risque. Et là, c'est une forme d'adaptation. Mais après, il va falloir faire en sorte d'atténuer le plus possible la trajectoire aujourd'hui qui est la nôtre. Et après, la méthode pour l'atténuer, je ne sais pas...

Alors moi, j'adore les jeunes militants, mais je ne sais pas si on l'a encore trouvé. Moi, je pense toujours aux anciens qui étaient minoritaires comme Maxime Combès, qui a fait un travail formidable dans les années 2000-2010, Geneviève Hazan, d'Attac, qui était encore... Avant, Maxime Combès qui a fait un travail génial. Et puis maintenant, ça a un flux dans la société. Vous avez des militants pour le climat avec des positions extrêmement radicales. Ça parle à certains. Je ne pense pas que ça puisse parler à tout le monde. Et l'important, vraiment, c'est de réunir le maximum de monde.

Et pour réunir le maximum du monde, on l'a déjà dit ici, il ne faut pas que la question du climat devienne une question morale. Je suis un homme parfait. Regardez, je mange tout comme il faut. Je me déplace comme il faut. j'arrête de prendre l'avion, je n'achète plus de vêtements, etc. Parce que vous heurtez. Alors certes, c'est très bien parce qu'il y a des gens à heurter qui profitent trop, mais vous heurtez aussi toute une autre partie de la population parce que personne n'est parfait. Personne n'est parfait. Des gens prennent leur voiture pour aller travailler. Des gens pauvres le font. Des gens peuvent prendre leur avion pour aller voir leur famille à l'étranger.

C'est toute la question de politiser l'écologie et d'avoir une conscience de classe dans l'écologie. Bien joué, exactement. C'est ce que disait Marx. Non mais oui, c'est ce que disait Marx. Marx disait, les individus sont libres dans un système qu'ils n'ont pas choisi. Ils sont libres de leur vie dans un système qu'ils n'ont pas choisi. Grosso modo, il disait ça. Si on commence à attaquer la personne et qu'on fait de l'écologie un problème individuel, qu'il en est un aussi. Mais on ne va pas réussir à gagner. Il faut vraiment que ce soit un combat effectivement de classe aussi. Parce que c'est le... Surtout que la véritable écologie punitive, c'est les plus pauvres qui trinquent.

On ne peut pas être dans un système où tout est déréglementé en haut pour in fine que tout repose sur l'adaptation du consommateur en bas. Tout doit être réglementé en haut justement pour que le consommateur soit libre de tout ça. Alors moi, je comprends. Moi qui ai fait des conférences sur le TAFTA, les traités de libre-échange, à la fin de la conférence, les gens me disaient qu'est-ce qu'on peut faire ? Alors moi, j'ai dit toujours aller militer, aller interpeller vos dirigeants politiques. Ils disaient non, mais concrètement dans notre vie, qu'est-ce qu'on peut faire ? Et les gens, ils veulent avoir des choses à faire concrètement dans leur vie. Mais ça ne peut pas être que ça.

C'est un combat aussi qui est politique, très politique, me semble-t-il. Oui. La Commission européenne s'est réjouie d'une baisse des émissions nettes de gaz à effet de serre de 8,3% en 2023 dans l'Union européenne donc par rapport à l'année précédente grâce, je cite, au développement des énergies renouvelables. Thomas, est-ce que tu vois ça comme une bonne nouvelle ? Et surtout, est-ce que c'est efficace de regarder seulement à l'échelle européenne dans le sens où l'Union européenne produise partout dans le monde et pollue partout dans le monde ? Qu'est-ce qu'on peut se réjouir de cette nouvelle ?

Là où on peut s'en réjouir, c'est qu'effectivement, il y a le développement des énergies renouvelables qui s'est fait quand même en Europe et que les choses quand même avancent trop lentement mais elles avancent sur la question des mines de charbon, etc. À l'intérieur de l'Europe, ça devient de plus en plus compliqué. Ça ne veut pas dire que c'est fini. Mais voilà, les choses quand même avancent. Dans les mentalités, ça avance. Toute une génération, et on l'a dit avant, qui ont fait des longues études, souvent dans les meilleures écoles, ont conscience de ce problème climatique. Donc les choses avancent quand même. Mais après, il faut faire très attention.

Les émissions de CO2, c'est une chose. L'empreinte écologique, c'est autre chose. Dans les émissions de CO2, vous savez par exemple l'Île-de-France, en termes d'émissions de CO2, l'Île-de-France, c'est la plus faible des régions en France. C'est la plus faible. Pourquoi ? Parce qu'elle ne fait que des services et elle ne produit rien sur place. Tout ce qu'elle produit, elle importe des autres régions ou du monde entier. Quand on commence à prendre l'empreinte écologique, c'est-à-dire les consommations qui sont importées, et bien là, tout de suite, l'Île-de-France devient celle qui a le plus gros impact sur le climat.

Donc il faut faire très attention, c'est-à-dire que tant qu'on se sépare de nos industries, tant qu'on consomme des biens produits en Chine, dans des conditions énergétiques mauvaises, avec des centrales à charbon, conditions sociales mauvaises, et bien finalement, on est toujours plus ou moins responsable. Donc il faut regarder l'ensemble des indicateurs. Oui, il y a du progrès et c'est une bonne chose parce qu'il y a un progrès parce que les taux de croissance des émissions de CO2 au niveau mondial sont moins fortes que la décennie précédente. Donc il y a une forme de progrès. Est-ce que c'est suffisant ? Pas du tout.

Quand on voit la trajectoire, on est sur une trajectoire encore beaucoup trop haute par rapport à la trajectoire de l'accord de Paris. Mais maintenant, on ne peut pas se réjouir en disant « Ah, on est les seuls à faire des efforts, nous c'est bien, le problème c'est la Chine » quand on nous consomme des biens importés de ces pays-là. Donc il faut vraiment regarder l'ensemble des scopes. Le scope 1, c'est les émissions. Le scope 3, c'est ce qui prend tout en compte nos importations, etc. Et là, on a une vision un peu plus claire de ce qui se passe. Merci Thomas. Merci Lisa. Et tu donnes rendez-vous du coup aux gens qui voudraient te rencontrer à Paris.

Oui, le mercredi 6 à la librairie ici qui est à Grand Boulevard, un boulevard poissonnière. Il y a une présentation à 19h de la BD suivie d'un échange et d'un petit cocktail. Donc je rappelle « L'économie pour les 99% » que tu as co-écrit avec Ludivine Stock et Raphaël Ruffier-Fossoul aux éditions Stock. Merci. Merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique de direct par jour, du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête, le média. C'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien.

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