"C'EST PAS MA FAUTE, C'EST MÉLENCHON ET LE PEN" DÉCRYPTAGE DU DISCOURS DE MACRON AU 20h
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Il a été censuré, ce qui est inédit depuis 60 ans, parce que l'extrême droite et l'extrême gauche se sont unis dans un front anti-républicain et parce que des forces qui, hier encore, gouvernaient la France ont choisi de les aider. Je sais bien que certains sont tentés de me rendre responsable de cette situation. C'est beaucoup plus confortable. Mais si j'ai toujours assumé toutes mes responsabilités, les bonnes choses comme parfois les erreurs que j'ai pu faire, je n'assumerai jamais les responsabilités des autres.
C'était l'allocution d'Emmanuel Macron après la chute du gouvernement de Michel Barnier. On revient sur ce plateau pour en parler avec mes invités. Je te redonne la parole, Ritchie, pour ta réaction après les mots d'Emmanuel Macron.
En réalité, les choses sont claires. Il ne veut pas démissionner alors qu'il est acculé et que plus personne ne veut de lui.
Il a dit que j'exercerai pleinement mon mandat jusqu'à son terme.
Jusqu'à la dernière seconde. Et donc, puisqu'il ne veut pas démissionner, puisqu'il n'a aucun honneur et que l'honneur voudrait de partir alors qu'il est minoritaire, eh bien, nous allons le contraindre à l'abdication. Et je le dis solennellement aujourd'hui. Et je lui rappelle encore une fois, ça me vaut d'ailleurs un procès qui est reporté en 2026. Je rappelle à ce sinistre éborgneur parce que ce n'est rien d'autre que cela. Moi, je n'oublie pas mes amis qui ont été éborgnés durant le mouvement des Gilets jaunes sous les ordres de ce monsieur. Eh bien, que nous sommes dans le pays de la Révolution française, que nous sommes dans le pays qui fait tomber la tête des monarques.
Alors, au sens littéral, cette époque qui révolue le 21 janvier 1793 avec Louis XVI, mais au sens figuré, on fait tomber la tête des monarques, on est contraint à l'abdication Charles X et bien d'autres encore. Donc, moi, je dis aujourd'hui que j'ai foi en ce pays. Je crois en notre capacité à le démettre. Et oui, nous allons le démettre parce qu'aujourd'hui, c'est un casseur, monsieur Macron. C'est un homme qui sème le chaos dans le pays. Il détruit la vie des gens. Il saccage la planète. Les politiques qu'il mène ont ces effets-là, ces effets désastreux. Il soutient les pires personnages. Il a un soutien inconditionnel au régime de monsieur Netanyahou qui commet un génocide en Palestine.
Il invite, il a parlé de Notre-Dame et de la réinauguration de Notre-Dame comme si c'était de son fait, et bien qu'il va inviter monsieur Trump. Le premier déplacement de monsieur Trump à l'international, c'est en France, aux côtés de monsieur Macron. Donc, aujourd'hui, monsieur Macron est un peu le porte-voix des réactionnaires un peu partout dans le monde. Et aujourd'hui, il y a clairement une bataille à mener, une bataille pour défaire Macron et défaire avec lui la Ve République, défaire un régime pyramidal qui conduit au pire.
Parce que Macron, s'il peut faire tout ça, c'est parce qu'il y a un régime politique, un système qui est taillé pour lui, qui est taillé pour l'homme qui décide au nom de tous, le chef suprême. Et donc, aujourd'hui, je pense que la leçon qu'on doit tirer de cet épisode, c'est qu'un homme ne peut pas avoir autant de pouvoir entre les mains. Eh bien, il faut en ce sens défaire la Ve République, ne pas construire une énième république, mais construire une vraie démocratie, la première démocratie, sur le modèle de la Commune de Paris, à l'échelle locale, à taille humaine, où les gens décident de leur vie. C'est ça, aujourd'hui, la perspective politique qui doit être la nôtre.
On doit en finir avec un régime où un homme concentre tous les pouvoirs et peut gouverner seul contre tous. Et donc, le prochain gouvernement, quel que soit le Premier ministre, d'ailleurs, il a décidé que ce serait un homme réactionnaire qui plus est, quand on voit le cap qui est annoncé, c'est inquiétant. Et moi, j'appelle aujourd'hui toutes les forces de gauche, les vraies forces de gauche, j'appelle les citoyens, les citoyennes, les classes populaires de ce pays, les travailleurs de ce pays, les écologistes de ce pays, à s'organiser et à construire, dans les jours qui viennent, des mobilisations populaires. Et le cap doit être très clair, c'est Macron démission.
Et moi, je suis convaincu, parce que je crois en la puissance révolutionnaire de ce pays, que nous allons faire tomber M. Macron avant la fin de son mandat.
Mohamed Komad, Emmanuel Macron a annoncé qu'il nommera dans les prochains jours, sans préciser donc, quand exactement, un Premier ministre, pour un gouvernement d'intérêt général, il parle de quelqu'un capable de faire le consensus le plus large possible. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les noms qui sortent, que ce soit François Bayrou, M. Lecornu, M. Cazeneuve, ce ne sont pas forcément des noms capables de faire le consensus, dans l'échiquier politique actuel.
– Bien sûr, ce sont tous des noms qui ne font pas l'unanimité chez tout le monde, parce que soit si quelqu'un de la droite, il va être censuré, si quelqu'un de la gauche, il va être censuré. Donc d'après, moi, je commente, je ne dis pas mon avis personnel, mais je commente juste par rapport à ce qu'il a dit Macron. On peut résumer qu'il va prendre du temps. Donc il y a une promesse qui n'ait pas été tenue, parce qu'il avait déjà dit, quand il était en Arabie saoudite, qu'il nommera quelqu'un sous 24 heures. – Exactement, donc promesse non tenue.
Donc ça se voit qu'il a discuté avec Gérard Larcher et les autres personnes, François Bayrou, qu'il faut prendre le temps pour nommer un Premier ministre et pas forcément peut-être un Premier ministre technocrate. Peut-être même qu'il a eu des discussions avec Bayrou Lecornu cet après-midi qu'ils ont refusé, tout simplement, parce qu'ils savent très bien qu'ils vont être censurés. Donc il prendra bien sûr le temps à nommer un Premier ministre technocrate, mais de toute façon, ça sera juste un gouvernement de passage.
Donc un gouvernement qui va essayer de discuter avec toutes les forces politiques de gauche, de droite ou même avec les extrêmes, mais essayer un peu d'apaiser les choses, de continuer à gouverner, de gérer les dossiers jusqu'à ce qu'il y aura de nouvelles élections. Donc il ne faut pas attendre vraiment gros-chose durant les premiers mois de 2025. Après, ce que je n'ai pas un peu apprécié, même que moi je savais ça, c'est le style d'Emmanuel Macron, c'est qu'à la fin, il est parti parler de l'ouverture de Notre-Dame et des Jeux Olympiques, alors que le sujet d'aujourd'hui, le sujet des Français n'a rien à voir avec ce qui va se passer le samedi ou les Jeux Olympiques qui sont passés en été.
Parce que tout ça, c'est le travail de tous les Français. Ça n'a rien à voir avec la politique, avec le discours de Macron, la dissolution ou la censure du gouvernement. Si Notre-Dame, le samedi, va être réuné au gouiré, c'est parce qu'il y a plein de Français qui ont travaillé des années sur ce chantier, qui n'ont rien à voir avec la politique, rien à voir avec ce qui s'est passé durant les derniers mois. Et pareil pour les Jeux Olympiques. Mais lui, il a l'habitude d'utiliser ce genre de sujet pour un petit peu apaiser l'attention, pour un petit peu rentrer dans la tête des Français, faire oublier un peu les problèmes. Mais en fin de compte, le problème n'est pas résolu.
Pour que le problème soit résolu, il faut dégager une majorité. Oui, alors, c'est assez drôle parce que quand on entend les hypothèses de non des potentiels premiers ministres comme Bernard Cazeneuve, François Bayrou, j'ai vraiment l'impression que Macron, en fait, il va dans le cimetière de la politique et qu'il va ressusciter des gens qu'on croit disparus. Et il est assez doué pour faire ça. On peut lui, quand même, lui donner ce compliment. Vous voyez comme quoi je ne le diabolise pas totalement. Et il redonne vie à des gens qui n'ont plus aucune légitimité démocratique, qui n'ont plus de mandat, que les gens ont rejeté à plusieurs reprises.
Et donc, je voulais le dire ainsi, déjà, parce que c'est assez caractéristique de ce monsieur. Mais ensuite, dire que ce soir, il vient à nous en nous disant « J'invente une nouvelle méthode ». Il veut se faire passer pour un homme disruptif, comme ils aiment le dire chez les macronistes. Mais en réalité, la méthode de M. Macron, elle a toujours été la même depuis 2017 et elle ne changera pas. Elle repose sur deux choses. Pour gérer les institutions, c'est le 49-3, le passage en force permanence. Et pour reconduire les gens au silence qui vont dans les rues de ce pays, c'est le LBD 40. Donc Macron, c'est le passage en force permanent.
Alors, il nous fait croire qu'il veut inventer une nouvelle méthode. Mais je suis désolé, je ne sais pas moi ce qu'il a appris à Sciences Po ou dans ses grandes écoles où on n'apprend pas grand-chose. Il a beau faire tous les brouillons du monde et imaginer une nouvelle méthode, il n'en demeure que s'il est minoritaire, c'est assez simple, eh bien, il ne pourra pas gouverner. C'est par définition, quand tu ne suscites pas d'adhésion, tu es obligé de gouverner avec le bâton et avec la matraque. Et là, les gens ne vont pas se laisser faire.
— Et pourtant, lui, trouve que si son premier ministre a été censuré, c'est parce que l'extrême droite et l'extrême gauche se sont unis pour...
— Surtout, il a fait un coin sur l'extrême droite, plus que la gauche. Parce que la gauche, dès le départ, ils ont été clairs. Moi, je ne fais pas de commentaire sur la gauche parce qu'ils ont été clairs. Dès le départ, ils ont dit « S'il y aura un premier ministre en dehors du nouveau franc populaire, on va le censurer. Ils ont le droit de le faire. » C'est très clair depuis le départ. Moi, ce qui a choqué peut-être le président de la République, c'est le Rassemblement national. Et il l'a dit pour cette raison qu'il a nommé Michel Barnier parce qu'il a obtenu quelques garanties que le gouvernement, il ne va pas être censuré si Michel Barnier est nommé premier ministre.
Mais c'était une promesse non tenue par l'extrême droite. Mais il a raison quand il a dit pourquoi ils ont fait ça. C'est pour des raisons purement électorales pour les élections présidentielles de 2027. Surtout que Marie Le Pen, actuellement, il y a une forte probabilité qu'elle ne pourra pas se présenter, qu'elle ne sera pas éligible pour se présenter pour les élections présidentielles de 2027. À cause de son procès, elle va être jugée le 31 mars. Le problème, c'est que ce n'est pas seulement qu'elle va être culpabilisée, mais c'est une peine avec une exécution immédiate. C'est-à-dire qu'elle ne pourra pas se présenter pour les élections présidentielles de 2027.
Et c'est pour cette raison aussi qu'elle a décidé de jouer avec tous les armes. Voilà qui est pour faire tomber le gouvernement et faire tomber Macron et peut-être même accélérer les élections présidentielles. Mais moi, je connais comment il pense Emmanuel Macron. Il va aller jusqu'au bout par rapport à son mandat. Parce que lui, il pense avec une manière qu'il est bien sûr élu à travers des élections avec un suffrage direct. C'est son droit de rester. Il pourra démissionner, à mon avis, dans un seul cas.
S'il y a vraiment une grande pression économique de la part, par exemple, de toute la France, de toutes les entreprises, du CAC 40, des investisseurs, l'Union européenne, etc., que la France rentre dans une période économique extrêmement sombre. Et c'est là, en fait, qu'il y aura une pression sur lui. Mais là, par rapport à la situation actuelle, là, on reste plus sur une crise qui est purement parlementaire. Donc, il va bien sûr choisir de continuer à exercer son pouvoir et essayer de minimiser les choses et nommer un premier ministre technocrate qui va gouverner pendant quelques mois jusqu'à ce qu'il y aura une nouvelle dissolution, une nouvelle élection parlementaire.
En tout cas, il aura subi, et je te donnerai la parole, Ritchie, il aura subi une immense pression ces derniers jours, notamment de la part des députés LFI qui ont clairement demandé son départ. Je vous propose d'en écouter deux d'entre eux.
Il n'y a pas d'accord de gouvernement technique, il n'y a pas d'accord de non-censure. C'est soit un gouvernement du nouveau Front populaire, soit on votera la censure contre le nouveau gouvernement qui sera nommé. Ça, c'est inévitable. Mais ça, c'est le jeu démocratique. Mais au moins, respectant le résultat des élections, nous, ce qu'on demande, c'est que le nouveau Front populaire est arrivé en tête. Qu'il soit nommé au gouvernement, on fera des propositions, il y aura des débats dans l'Assemblée. Si une motion de censure censure le nouveau gouvernement du nouveau Front populaire, c'est le jeu démocratique.
Mais au moins, on aura respecté le résultat des élections, ce qui aujourd'hui n'est pas le cas. Michel Barnier incarne la quatrième force politique. Personne n'a voté pour Michel Barnier. Cette année n'a été élu par personne. Donc il est illégitime depuis le début. La censure, elle était inévitable. Elle arrive, à mon avis, deux mois trop tard, parce qu'on a perdu deux mois pour les Françaises et les Français. Et aujourd'hui, il faut revenir à la raison avec un nouveau gouvernement issu du résultat des élections. Si Emmanuel Macron s'entête, il doit partir. C'est NFP ou rien. On l'a toujours dit. C'est nous qui avons remporté les élections législatives. C'est ce que veulent les électeurs.
Les électeurs ont envoyé un message clair à la fois le programme du nouveau Front populaire en tête et le barrage contre l'extrême droite. Là, nous étions gouvernés depuis plusieurs semaines par le seul gouvernement, les seules personnes qui n'ont pas appelé à faire barrage. Et ce qu'on demande, c'est pas uniquement la question de Matignon. Si on demande dorénavant une question, une présidentielle anticipée, c'est pour ça tout à l'heure que mon collègue Gabriel Amard a demandé si M. Retailleau avait pris ses dispositions et est-ce qu'il avait commencé à organiser les conditions de cette présidence puisqu'on ne peut pas tenir comme ça pendant trois ans.
Voilà. Dans l'ordre, Thomas Porte et Gabriel Catala. Ritchie, est-ce que malgré cette allocution d'Emmanuel Macron, la pression doit s'exercer sur sa démission ou sa destitution ?
Alors, je vais venir, mais juste avant, sur la question précédente, moi j'aimerais revenir sur les notions d'extrême droite et d'extrême gauche. C'est très important, me semble-t-il, parce qu'il alimente une confusion, M. Macron, à ce sujet. C'est intéressant
parce qu'il met le NFP dans l'extrême gauche. Tout à fait. Alors qu'on sait très bien qu'il y a des forces politiques dans le NFP qui sont même contestablement de gauche.
Et alors, il faut vraiment prendre le temps de décrypter cela. En ce qui concerne l'extrême droite, il y a effectivement une extrême droite réactionnaire, raciste, qui siège à l'Assemblée nationale, le Rassemblement national, ex-front national, fondée par des Waffen-SS, fondée par des collabos, des gens qui ont enfermé, qui ont aidé à déporter les juifs, qui ont enfermé mes ancêtres voyageurs dans les camps, qui ont traqué les résistants. Donc c'est ça, aujourd'hui, l'extrême droite, ce sont les héritiers de cette histoire, le Rassemblement national. Et Macron enchaîne les génuflexions devant cette extrême droite. Il lui a offert un boulevard.
L'extrême droite n'a jamais été aussi puissante dans le pays depuis qu'il est président. Donc ça, c'est le rappel concernant l'extrême droite. Et ensuite, l'extrême gauche, je suis désolé, mais cette notion ne veut rien dire. L'extrême gauche, c'est les gens, par exemple, moi j'ai pas mal de camarades qui sont anarchistes qui veulent l'abolition d'État. Que tu me dises que ces gens-là sont de l'extrême gauche, ok, mais le Nouveau Front Populaire, je suis désolé, c'est une coalition d'appareils politiques qui sont sociodémocrates, les plus radicaux étant la France insoumise, mais qui veulent une transformation de la société par la réforme, par ce qu'appelle M.
Mélenchon la révolution citoyenne. C'est tout, sauf le guévarisme dont parle Mme Le Pen. Moi, je n'ai entendu aucun député du Nouveau Front Populaire ni même de la France insoumise appeler à la lutte armée, à renverser l'État. Et c'est ça, l'extrême gauche. Ils ne sont pas d'extrême gauche, le Nouveau Front Populaire, c'est la gauche avec certaines nuances. Donc, M. Macron, il faut qu'il arrête de parler d'extrême gauche quand il parle du Nouveau Front Populaire, il cherche à agiter la peur. Par contre, il y a un autre extrémisme dont il n'a pas parlé, c'est l'extrémisme qu'il incarne. M. Macron, c'est l'extrême centre. Cet homme-là est un extrémiste.
Et je le dis avec beaucoup de gravité, depuis qu'il est au pouvoir, il y a des milliers de personnes qui se retrouvent à la rue. Chaque année, il y a plusieurs centaines de personnes qui meurent de froid dans les rues. Il y en a plusieurs centaines d'autres qui tombent malades dans des logements qui sont mal isolés. Il y en a des centaines d'autres qui tombent malades à cause de la malbouffe. Il y a des centaines de personnes qui meurent au travail. Ça, c'est des vies humaines qui sont... Il y a des gens qui meurent aujourd'hui dans ce pays à cause de choix et de décisions politiques de M. Macron. C'est ça, l'extrémisme. M. Macron, il a les sombres pleines de main.
L'extrémisme, c'est par exemple décider d'éborner 30 personnes durant le mouvement des Gilets jaunes. L'extrémisme, c'est par exemple ne pas vouloir remettre, refonder la police nationale qui tue chaque année des gens dans les quartiers populaires. C'est ça, l'extrémisme. Et il faut aujourd'hui arrêter de parler de tout et n'importe quoi. Il y a une extrême droite, il y a un extrême centre qui en réalité s'amuse et s'acoquine avec l'extrême droite. Et aujourd'hui, au Parlement, il y a, pour en revenir à votre question, effectivement, une gauche parlementaire mais qui ne pourra pas à elle seule obtenir la démission et l'abdication de M. Macron.
Effectivement, il faut la procédure pour la destitution et c'est salutaire ce que fait la France insoumise dans la matière. Mais je pense réellement que si on veut dégager, si on veut que M. Macron fasse ses valises et sorte du Palais d'Elysée avec Brigitte et ses copains, eh bien, il va falloir créer un rapport de force dans la rue. Les institutions ne peuvent pas suffire. Il faut des mobilisations populaires et il faut bloquer le pays tant qu'on ne dégage pas Macron parce que le sujet, ce n'est pas juste dégager Macron parce que c'est un homme exécrable et détesté dans le pays.
C'est le dégager parce qu'il mène une politique qui est une politique de guerre contre les gens, une politique de guerre sociale, une politique de casse sociale, une politique de destruction de la planète et du vivant. Et notamment, ma génération, aujourd'hui, elle est, à cause des choix politiques de M. Macron, en péril, dans la mesure où les politiques de M. Macron sont des politiques productivistes, des politiques écocidaires et tant qu'on ne met pas un terme à ces orientations politiques libérales, capitalistes, productivistes, eh bien, c'est notre vie, c'est le destin de l'humanité qui est en danger. Et donc, il faut vraiment les foutre à la porte avec urgence.
Alors, certains vont me dire que je rabâche mais on n'entend personne dans les médias dominants dire ça. Donc, heureusement, vous êtes là avec le Média TV pour nous offrir cette antenne pour dire que la majorité des gens, aujourd'hui, ils en ont ras la casquette, ils en ont ras le bol.
Alors, on va rejoindre ou alors on est rejoint plutôt par Sabrina Sébailly, députée écologiste des Hauts-de-Seine. Sabrina Sébailly, bonsoir.
Bonsoir.
Alors, j'aimerais votre première réaction après les mots, le discours d'Emmanuel Macron, qu'en avez-vous pensé ?
Écoutez, moi, je crois que le premier mot qui me vient, c'est la sidération. On a vu un président de la République totalement hors sol qui a accusé tout le monde d'être responsable de la situation actuelle dans le pays, sauf lui, qui n'est responsable de rien, qui n'a pas pris part, qui n'a pas finalement dissous une Assemblée nationale pour demander aux Français de s'exprimer sur les équilibres au sein de l'Assemblée nationale, qui n'a pas respecté le vote des Français, qui a nommé un premier ministre qui était de la force politique qui a fait moins de 6%. Enfin, vraiment, moi, c'était la sidération.
En plus, dans les propositions qui l'esquissent, parce qu'on voit bien en plus qu'on est vraiment dans, finalement, il invente au fur et à mesure de ce qui se passe. Il nous parle d'un front anti-républicain quelques mois après que les Français se soient mobilisés pour faire barrage à l'extrême droite. C'est une gifle qu'il fait à l'ensemble des Français qui se sont mobilisés contre l'extrême droite il y a de cela à peine quelques semaines. Et puis, par ailleurs, il nous explique qu'il va nommer un gouvernement dont on ne sait pas très bien, puisqu'il ne précise pas d'arc républicain, par ailleurs.
Donc, il pourrait tout à fait y avoir peut-être des ministres du Rassemblement national dans ce gouvernement. On ne comprend pas très bien ce qu'il veut. Moi, pour moi, je vois plutôt un président de la République dont le mandat est terminé et qui est dans le déni du fait que son mandat soit déjà derrière lui.
Il parle d'une personnalité capable de faire le consensus. On a difficilement l'impression que ce serait possible au vu des divisions politiques actuelles.
Mais parce qu'encore une fois, le président de la République n'a pas compris que la question n'était pas le qui, mais plutôt ce que, pourquoi faire ? Les Français ont exprimé des choses très claires aux dernières élections législatives. Ils ont dit d'abord qu'ils ne voulaient plus de la politique libérale d'Emmanuel Macron. Le deuxième message était de dire qu'ils ne voulaient pas de l'extrême droite au pouvoir.
Or, suite à ces élections législatives qui ont envoyé un signal très clair, Emmanuel Macron a non seulement nommé un gouvernement qui était libéral, ultra-libéral et qui continuait à profiter aux plus riches et que par ailleurs, c'était le Rassemblement national qui gouvernait puisqu'il fallait que Marine Le Pen donne son accord et son aval au Premier ministre qui serait choisi par Emmanuel Macron. Donc, il a bafoué par deux fois ce qu'ont dit les Français dans les urnes au mois de juillet.
Donc, si vous voulez, aujourd'hui, moi, je ne sais pas de quoi il veut parler, je ne sais pas de quelle personne, à quelle personne il pense, la seule manière d'avoir une stabilité dans ce pays est de respecter ce qui est sorti des urnes. Respecter ce qui est sorti des urnes, ça veut dire nommer un ou une Première ministre issue du Nouveau Front Populaire sur la base d'axes programmatiques sur lesquels on peut travailler ensuite à aller chercher des majorités texte par texte. Je pense que certains du Nouveau Front Populaire ont été très clairs en disant qu'on ne ferait pas usage du 49.3. S'il y a une majorité pour voter des textes, eh bien, ils passeront.
S'il n'y a pas de majorité, ils ne passeront pas. Mais il est bien clair que les mêmes causes entraînent ont les mêmes effets. S'il n'a pas un soutien ferme et définitif, et on a bien vu à quel point on ne pouvait pas faire confiance au Rassemblement National de l'extrême droite pour maintenir un gouvernement de façade, eh bien, il y aura de nouveau une censure et nous entrerons dans, finalement, l'instabilité de la 4e République au sein de la 5e République.
Emmanuel Macron qui promet aussi le passage d'une loi spéciale, il a dit, pour faire adopter le budget 2025, mi-décembre, c'est un passage en force
Mais qu'attendre de ce président ? On a eu, vous savez, sous la présente législature, un nombre très important de 49.3, le passage en force, c'est leur spécialité. Sur l'abrogation de la réforme des retraites, plus de 1 000 amendements déposés sur la niche de la France insoumise, c'est du passage en force en permanence. Maintenant, ce qui est certain, c'est que si nous n'avons pas un gouvernement rapidement, la loi spéciale permettrait d'avoir un semblant de budget jusqu'à avoir un projet de loi rectificatif sur les finances, c'est important, parce que nous ne pouvons pas laisser le pays sans projet de loi de finances, c'est évident. Maintenant, quel projet de loi de finances ?
Encore une fois, si c'est un projet de loi de finances qui va encore aggraver les inégalités sociales, enrichir ceux qui ont déjà les plus gros moyens, ne pas créer de nouvelles taxes, comme ça a été proposé par le Front populaire, et à côté de cela, diminuer les fonds pour l'hôpital public, la suppression de 4 000 postes dans l'éducation nationale, vous le savez, toutes ces mesures, elles étaient dans les budgets qui ont été proposés. Donc, si c'est pour refaire la même chose, bien évidemment que nous ne pourrons pas le voter. Et je pense que ça ne répond pas aux préoccupations des Français.
Si on prend juste l'état de l'hôpital public aujourd'hui, nous avons eu 32 présidents de CHU qui ont tiré la sonnette d'alarme sur les CHU. Comment voulez-vous qu'on continue à fonctionner quand vous allez aux urgences aujourd'hui ? C'est 7 à 10 heures d'attente aux urgences. Il y a des patients qui meurent sur des brancards aujourd'hui à l'hôpital public. Ce n'est pas acceptable. Vous avez une éducation nationale et des professeurs qui sont mal payés, qui sont méprisés par ce président de la République, qui n'ont plus les moyens de faire correctement leur travail. Et c'est pareil pour la police, pour la justice, c'est pareil partout.
Donc, si c'est le même budget, je ne vois pas en fait comment ça peut fonctionner. Et pour moi, aujourd'hui, la réalité, je l'ai dit, le mandat d'Emmanuel Macron est terminé. Et la réalité, c'est que si vraiment il prenait ses responsabilités, eh bien, il devrait partir.
Eh bien, justement, Sabrina Sebailly, quelle va être la stratégie du nouveau Front populaire, sachant qu'Emmanuel Macron ne va certainement pas se tourner vers une force politique qui l'accuse d'avoir précipité la chute de son Premier ministre ? LFI prône toujours la destitution. Est-ce que le nouveau Front populaire dans son entièreté, vous, les écologistes, êtes prêts à soutenir une motion de destitution ?
En fait, quand elle est passée au bureau de l'Assemblée nationale, nous avons voté pour la recevabilité de cette motion de destitution. La réalité, c'est que nous sommes dans un blocage aujourd'hui institutionnel qui fait que nous ne pouvons pas aller, nous ne pouvons pas débattre de cette motion de destitution. Donc, moi, j'entends l'envie d'aller sur cette motion de destitution, sauf qu'aujourd'hui, dans les équilibres actuels qui sont à l'Assemblée nationale et parce que nous ne dirons pas la commission des lois, par exemple, nous ne pouvons pas avoir ce débat, nous ne pouvons pas voter cette motion de destitution. Donc, cela rend la chose impossible.
La seule issue, aujourd'hui, il faut bien en être conscient, c'est la démission du président de la République. S'il ne démissionne pas, je ne vois pas d'autres issues aujourd'hui par une motion de destitution qui ne serait pas débattue et qui devrait être validée en plus par, vous le savez, et le Sénat et l'Assemblée nationale et connaissez mieux que moi sûrement la composition du Sénat. Donc, on est dans une impossibilité aujourd'hui, on est dans un chaos démocratique qui a été mis en œuvre par un président de la République aux abois qui n'a plus de soutien, y compris dans son propre camp.
Il faut bien l'avoir en tête, aujourd'hui, y compris dans le camp des macronistes au sens global, il y a des divergences entre ceux qui voudraient faire avec l'extrême droite et ceux qui ne veulent plus se compromettre avec l'extrême droite. donc moi, je ne sais pas ce que ça donne dans quelques jours, dans quelques semaines. Ce qui est évident, c'est que le pays est dans un état critique, pas de notre fait, pas du fait de la motion de censure. Le pays est dans un état critique parce que d'abord, ce gouvernement et celui qui l'a précédé a menti sur le déficit public.
Ils ont mis en place 3 000 milliards de dettes pour la France, ils ont menti sur les marchés, ils ont menti aux investisseurs et c'est ça qui crée la rupture de confiance. Ce n'est pas la censure. Je pense qu'il faut vraiment le dire parce que les laisser jouer leur petite musique de c'est le nouveau Front populaire qui a été responsable, ils emmènent le pays au chaos, c'est faux. C'est faux. Nous sommes dans le chaos à cause d'Emmanuel Macron et de ses choix.
Restez avec nous Sabrina Sébaillé et on va donner la parole à nos intervenants en plateau. Mohamed Komat, est-ce que la droite aujourd'hui, en cas de motion d'un nouvel examen, d'une motion de destitution serait prête à aller dans le sens de la gauche du NFP ?
Je rejoins en fait sur l'idée que Mme la députée a dit. La motion de destitution n'est pas actuellement, n'est pas l'heure d'actualité.
Donc,
elle ne sera pas traitée au niveau de l'Assemblée nationale. Après, il faut prendre en compte qu'il faut avoir deux quarts au niveau du Sénat et le Sénat est actuellement une majorité droite. donc, elle a zéro chance aujourd'hui pour qu'elle soit approuvée, la motion de destitution. Après, c'est juste un geste symbolique parce que je pense que c'est le premier président de la Ve République où il y a une motion de destitution qui a été déjà examinée en commission des lois. Voilà, c'est ça, c'est la première fois, donc c'est un geste symbolique. Mais après, là, l'enjeu du nouveau Front populaire, c'est de faire pression pour qu'Emmanuel Macron démissionne.
mais quand j'ai expliqué le style de Macron, lui, il doit, il va aller jusqu'au bout par rapport à son mandat. Donc, il pourra démissionner dans un seul cas s'il y a vraiment une grande pression, une grande crise, je ne dis pas seulement politique, mais économique. là, on est vraiment sur une crise politique purement parlementaire que lui, il a essayé de la minimiser et que réellement, elle n'est pas minime, elle est grande, bien sûr, mais il a essayé dans son discours de la minimiser.
Mais après, on va voir ce qu'il va parvenir à nommer un nouveau Premier ministre technocrate qui pourra discuter avec la gauche et avec la droite sans les extrêmes parce que je sais très bien que par rapport à son discours, il n'a pas dit clairement que ce Premier ministre, il va discuter avec les extrêmes, sachant que c'est ça vraiment le problème parce que quand on regarde le Rassemblement national dans les dernières élections du mois de juillet, ils ont eu 11 millions de voix. Donc, il y a 11 millions de personnes qui ont voté pour le Rassemblement national.
Moi, personnellement, je n'adhérerai jamais à ces idées, bien sûr, mais il ne faut pas négliger ça, il faut prendre en compte qu'il y a 11 millions de personnes qui ont voté pour eux. Il y a un problème. Ce n'est pas qu'il faut écouter les idées du Rassemblement national, mais il faut écouter un petit peu les idées de ceux qui ont voté pour eux, pourquoi ils ont voté pour les extrêmes.
Des idées de répli identitaire, de fascisme, il faut les écouter.
Pas forcément, c'est 11 millions. Il faut prendre en compte que ces 11 millions qui ont voté pour eux, ils ne sont pas fascistes, ils ne sont pas tous. Non, non, c'est des citoyens français.
Le Rassemblement national, il valorise des idées réactionnaires.
Oui, je suis d'accord avec eux. D'accord, pardon, d'accord avec vous par rapport à ce que vous venez de dire. D'accord avec vous par rapport à ce que vous venez de dire. Mais les 11 millions de voix qui ont voté pour eux, ils ne sont pas tous des fascistes ou des identitaires. Non, ce sont des gens qui ont voté pour eux parce qu'ils ont des problèmes économiques, sociaux, et qui croient que le Rassemblement national, c'est eux qui vont régler tous ces problèmes. Donc, il faut écouter ces électeurs aussi et travailler ensemble pour essayer de ne pas faire monter les extrêmes. Je sais que le seul responsable de monter de ces extrêmes, c'est le président de la République lui-même.
C'est lui le responsable. Mais, il faut vraiment que le prochain Premier ministre travaille vraiment sur ce point-là et aussi les forces de gauche, pas les forces entre parenthèses extrême gauche, mais parce que le nouveau plan populaire il est composé de plusieurs forces politiques, mais il faut aussi que la gauche participe pour réduire la montée de l'extrême droite. Ritchie ? Oui, alors déjà dire que j'ai un peu du mal à saisir quelque chose dans ce que vous dites parce que vous dites que M. Macron alimente l'extrême droite, mais vous êtes membre d'un parti, vous représentez un C.U. parti qui accepte de gouverner avec M. Macron et qui a fait une alliance avec M. Macron.
Donc ça, c'est assez incompréhensible. Mais alors, je voudrais vraiment me tourner vers Mme Sébailly. Je la remercie parce qu'elle est fidèle à l'engagement programmatique du nouveau Front populaire, du moins, je crois comprendre de ses propos, mais j'aimerais lui demander si elle condamne les appels du pied de Mme Duflo et de M. Jadot à la formation d'un gouvernement d'Union nationale, à savoir à une rupture avec le nouveau Front populaire et si par ailleurs elle peut nous donner l'engagement que les écologistes ne participeront pas à la manœuvre annoncée par M. Macron ce soir. Sabrina Sébailly. Oui, oui, je vous entends. J'entends tout à fait les questions.
Moi, je pense que d'abord, sur la question d'un engagement des écologistes, vous savez, moi, je suis députée, je parle en mon nom et au nom des électeurs qui m'ont fait confiance par deux fois en 2022 et en 2024. Et à chaque fois, c'est à eux que je rendais compte, y compris en les réunissant assez régulièrement pour leur demander leur avis sur les décisions que je prends et les votes que je dois faire à l'Assemblée nationale. La deuxième chose, c'est qu'on a effectivement des personnes chez les écologistes qui ont expliqué qu'à un moment, on ne pouvait pas rester dans une situation de blocage et que peut-être il allait falloir chercher des majorités pour aller travailler.
Mais je crois que vraiment, mis à part deux, trois personnes, personne n'envisage aujourd'hui d'aller dans un gouvernement où il y aurait des macronistes où l'idée, ça serait de se compromettre sur un projet qui ne ressemblerait pas plus à ce sur quoi on a été élus. en réalité, en 2024. Et d'ailleurs, le groupe des députés écologistes à l'Assemblée nationale était très clair. Nous avons mis 11 chantiers prioritaires dont le premier est l'abrogation de la réforme des retraites en disant ce sont les lignes rouges sur la base desquelles nous pouvons travailler.
et en réalité, ceux du socle du bloc central qui sont responsables aujourd'hui aussi et qui normalement devraient travailler dans l'intérêt des Français qui pensent qu'ils peuvent travailler à des majorités texte par texte, eh bien, il faut qu'ils soient raisonnables et qu'ils travaillent avec la coalition qui est arrivée en tête lors des dernières élections législatives. C'est cela, le message qu'il faut faire passer. Il faut rester ferme sur le fait que la seule stabilité possible, c'est celle-ci. Toute autre tentative, en réalité, pour moi, il n'y a que deux options.
Soit il y a un gouvernement qui est nommé, qui va continuer la politique libérale d'Emmanuel Macron, qui va continuer à creuser les inégalités et à appauvrir les gens. Et dans ce cas-là, eh bien, le Rassemblement national aura une difficulté, c'est qu'il devra faire face à ses électeurs parce que bien évidemment que la préoccupation majeure des électeurs du Rassemblement national, bien avant la question de l'immigration, c'est la question du pouvoir d'achat. Et donc, il faudra qu'ils y répondent. Et la seule réponse qu'ils pourront y apporter, c'est la censure ou la compromission avec le bloc libéral.
Et si ce n'est pas le cas, ça voudrait dire un gouvernement qui irait totalement dans la compromission avec l'extrême droite avec des textes très durs sur l'immigration pour faire plaisir au Rassemblement national. Et dans ce cas-là, il faudra dire clairement que Marine Le Pen, sans avoir gagné, elle gouverne la France aux côtés d'Emmanuel Macron. Et je pense que dans ce cas de figure, eh bien, vous le pensez bien que le nouveau Front populaire ne peut être d'accord ni avec le premier scénario ni avec le deuxième.
Donc on n'assistera pas à un effritement du nouveau Front populaire parce qu'on a entendu, et je crois que la question de Ritchie Chibot est liée aussi à cela, on a entendu souvent des personnalités, que ce soit des écologistes ou des socialistes, essayer de prendre la distance de la France insoumise pour peut-être être citée pour occuper des positions au prochain gouvernement ou peut-être même avoir un premier ministre.
Très sincèrement, je ne pense pas que ce soit pour occuper dans un gouvernement macroniste le fait et de dire que, en fait, nous avons des scénarios qui sont très différents les uns des autres. Si nous décidons que finalement, il n'y a rien à faire, il n'y a rien à construire et que nous rentrons dans une instabilité totale et que l'objectif est de faire tomber les gouvernements successifs les uns après les autres en attendant une prochaine dissolution, c'est une possibilité. Il y a une autre possibilité qui est de dire aujourd'hui, il y a un nouveau Front populaire qui a 192 députés qui est en capacité de proposer des choses, de gouverner, de proposer des améliorations pour les Français.
Ce que nous demandons, c'est que ceux qui se sentent responsables et qui ne souhaitent pas le chaos dans ce pays ne votent pas la censure a priori avec l'extrême droite. C'est plutôt ça le message. Parce que si nous voulons pouvoir mettre des choses en place, il faut quand même avoir le temps de gouverner et de faire passer des textes. Si on dit il faut absolument nommer un gouvernement du nouveau Front populaire qui aura une durée de vie de 3-4 jours, qu'est-ce que cela changera la vie des Français ? Rien.
Merci beaucoup. Sabrina Sebaï, si vous voulez lui poser une question, mais sinon on va...
Je veux juste dire une chose par rapport à ce qu'il est a dit le président de la République, il a dit qu'il y aura un pacte de non-censure. Cela veut dire que le prochain Premier ministre, normalement, il va, avant qu'il soit nommé, il va essayer normalement de discuter avec toutes les forces politiques pour essayer d'avoir un pacte de non-censure. Qu'il ne soit pas censuré au minimum durant tout... Par exemple, les premiers mois de 2025 jusqu'à juillet quand la Constitution permettra d'avoir de nouvelles élections. Et ça, c'est un élément très très important. Cela veut dire que s'il n'y aura pas un engagement de non-censure, il n'y aura pas de gouvernement.
Merci Sabrina Sebaï d'avoir été avec nous ce soir pour parler de cette allocution. Emmanuel Macron, je rappelle, députée des Routsen.
Excusez-moi, si je peux se déranger à ce qui vient d'être dit.
Oui.
Je me permets quand même de dire que le président de la République n'utilise pas les mots par hasard. Quand il dit front, il ne parle pas de front républicain sur les partis qui vont être sollicités. Et pour nous, il est clair que toute discussion qui met la durée de survie du prochain gouvernement entre les mains de l'extrême droite, ce n'est pas discutable, ce n'est pas négociable. Donc, en fait, à partir de ce moment-là, il n'y a pas de discussion possible. Et évidemment, que si c'est l'extrême droite qui gouverne, je ne vois pas comment il n'y a pas de censure de la part du Nouveau Front Populaire.
Merci, Sabrina Sebailly. Bonne soirée à vous.
Bonne soirée.
Ritchie, vous vouliez réagir. Je te donne la parole.
Oui, oui, merci. Je trouve qu'il faut qu'on prenne le temps quand même de se dire quelque chose. C'est que là, on évoque les potentiels issus institutionnels à cette situation. Or, je pense honnêtement qu'on voit que sur le plan institutionnel, on est face à une impasse. On s'engage dans une impasse. Effectivement, Mme Sebailly l'a dit, on peut très bien se retrouver dans une conjoncture similaire à celle de la Quatrième République où les gouvernements tombent les uns après les autres. Donc moi, je suis convaincu en ce sens qu'il faut aller chercher la solution ailleurs. Et la solution, il faut aller la chercher du côté des gens, du côté du peuple, du côté de la société.
Et en ce sens, je pense que la période actuelle nous montre très bien que ces institutions ne fonctionnent pas, ne permettent pas de répondre aux aspirations populaires. Et c'est pourquoi le mouvement politique auquel j'appartiens, PEPS, pour une écologie populaire et citoyenne, prône l'auto-organisation des citoyens et des classes populaires. Et je pense aujourd'hui que partout dans le pays, il faut que les gens s'organisent, s'auto-organisent pour être souverains, pour être autonomes. et il faut par exemple construire des maisons du peuple pour accueillir les personnes sans-abri. Il faut mettre en place des expérimentations de la sécurité sociale, de l'alimentation.
Aujourd'hui, on voit très bien qu'on ne peut pas faire confiance à ces institutions. On ne peut faire confiance qu'à nous-mêmes. Et je pense que s'il y a une des leçons à laquelle on ne pense pas spontanément de la situation attirée, c'est que les gens doivent s'auto-organiser. Et qu'aujourd'hui, les mouvements partisans dominants, les magouilles politiciennes ne suffisent plus, si tant est qu'elles aient déjà suffi, à répandre aux aspirations des gens. Et donc, il faut créer partout des pouvoirs populaires.
Et je pense sincèrement, nous, on défend l'idée de la révolution rampante, que s'il y a tout un tas de pouvoirs populaires qui s'affirment dans la société, in fine, on peut réussir à contrecarrer l'État minoritaire qui impose son agenda politique par la force et la brutalité.
Mohamed Komat, un dernier mot ?
Oui, je pense que la situation est compliquée et qu'en dehors de ce qui se passe dans l'Assemblée nationale et de toutes les forces politiques, qu'il faut penser aux citoyens français. Parce que malheureusement, dans tous les cas, l'année 2025 va être économiquement très difficile pour la France et pour toute l'Europe. Soit avec ce budget, soit avec le budget qui va être reconduit, là, de vue du 2024, qui va être reconduit sur 2025. Après, il y aura des décrets, normalement, mois par mois, qui vont être revotés. de toute façon, ça sera très, très négatif pour les citoyens français.
Peu n'importe la classe moyenne ou la classe pauvre, ils vont payer, bien sûr, plus d'impôts, les services publics vont s'ouvrir, il y aura moins de postes pour les recrutements, l'économie, la dette publique, le déficit, les intérêts.
Imaginez, par exemple, si un citoyen voudrait juste rester un logement, par exemple, en 2025, les prêts, ils vont être très, très difficiles à négocier avec les banques, les intérêts vont augmenter parce que le taux d'empreinte pour la France au niveau de la Banque Centrale Européenne va augmenter, il y aura 60 milliards juste des intérêts qu'il faut juste rembourser, ça c'est juste les intérêts, il y a plus que 3 000 milliards de dettes publiques, donc c'est vraiment ici des chiffres qui sont catastrophiques, vertigineux, et pas seulement la France, c'est aussi le moteur de l'Europe, l'Allemagne, actuellement, qui souffre aussi, donc il y a vraiment une crise économique dans toute l'Europe qui peut gravager vraiment beaucoup de pays et c'est vraiment la classe moyenne et la classe pauvre qui va beaucoup souffrir en France l'année prochaine, donc vraiment, il faut travailler ensemble, main dans la main, dans cette situation difficile, peu importe notre couleur politique, dans l'intérêt général, moi, personnellement, que je suis LR, je n'adhère pas à 100% aux idées, bien sûr, de macronistes, mais je suis pour l'intérêt général, l'intérêt général du pays, donc j'écoute, quand je suis venu ici, j'écoute, voilà, des personnalités de gauche comme madame la députée, bien sûr, j'adhère à quelques idées, j'écoute même aussi, quand j'ai dit qu'il faut écouter les 11 millions d'électeurs d'extrême droite, pas forcément que ces gens sont des fachos, non, c'est juste, ils ont voté pour le Rassemblement National, il faut respecter leurs choix, il faut au contraire, il faut les écouter, il faut leur poser la question pourquoi vous avez voté pour l'extrême droite, donc il faut travailler ensemble dans cette situation difficile afin d'aider le pays dans l'intérêt national.
Merci Mohamed,
le mot de la fin, vraiment, pour Ritchie. Déjà, s'il y a 11 millions de personnes qui ont voté pour l'extrême droite, je pense qu'il faut se poser les bonnes questions, c'est aussi parce qu'il y a une bataille culturelle qui est menée par certains milliardaires comme M.
Bolloré qui met ses milliards à disposition d'un appareil médiatique qui vise à générer une guerre de civilisation dans le pays et à prendre pour cible directement nos concitoyens qui sont de confession musulmane en nourrissant une islamophobie d'État, donc c'est aussi de là que vient le vote pour l'extrême droite, c'est très rationnel, c'est-à-dire qu'il est alimenté par une peur qui est générée par un appareil médiatique, donc ça, il faut le dire et je pense qu'il ne faut pas juste dire qu'on va interroger le monsieur qui vote pour l'extrême droite, il faut prendre qu'il y a des mécanismes qui permettent aujourd'hui que l'extrême droite fasse de tels corps, c'est-à-dire qu'on a des chaînes de télé en continu qui diffusent et qui véhiculent la haine, qui véhiculent les pires idées, qui sont révisionnistes sur le plan historique, donc heureusement que le Média TV existe pour contrecarrer cette parole-là, mais j'aimerais dire une dernière chose, adresser un message aux téléspectateurs du Média TV et aux camarades qui nous écoutent pour leur dire que parfois dans l'histoire, il ne faut pas perdre espoir parce que c'est quand on est face au pire que le meilleur advient et j'aimerais donner deux exemples.
Celui de la Révolution française, il s'avère que dans les années 1780, il y avait une situation de crise sociale majeure dans le pays et ça a débouché sur la fin de la monarchie absolue. Prenons l'exemple également de la Commune de Paris en 1871, il y a les Prussiens qui envahissent la France, il y a Napoléon III qui décide de rendre la France aux Prussiens et d'abandonner Paris, de vendre la France et de trahir la France et que fait le peuple de Paris, que font les Français et les Parisiens ? Ils s'auto-organisent et ils décrètent la Commune de Paris et ils mettent en place la plus formidable expérimentation de démocratie collective et directe qui a pu exister dans l'histoire moderne.
Et donc c'est assez fascinant et je pense qu'il ne faut pas perdre espoir et que la période qu'on vit elle est plus qu'intéressante. Moi je suis arrivé à la politique par les Gilets jaunes à l'âge de 14 ans sur le rond-point de Pinoy-en-Girande et j'ai envie de dire que depuis les Gilets jaunes on est face à une succession de mobilisations populaires. Il y a une effervescence populaire dans le pays.
Il y a eu les Gilets jaunes, il y a eu les mobilisations contre la réforme des retraites de 2019, il y a eu celle de 2023, il y a eu les différentes mobilisations et les luttes sociales dans les services publics, il y a eu Sainte-Soline, il y a eu les émeutes populaires contre les crimes policiers. Il y a aujourd'hui une effervescence populaire qu'il faut réussir à structurer, à organiser pour faire front commun et pour faire bloc contre notre ennemi commun, contre le régime capitaliste, le régime écocidaire. Donc avec un cap clair on va loin.
Merci beaucoup Ritchie, Ritchie Chibok, cofondateur de Peuples révoltés et activistes et à vous aussi Mohamed Komat, membre du Conseil national des Républicains et président du think tank Big Decision Messi d'être venu ce soir commenter cette allocution d'Emmanuel Macron et merci à vous de l'avoir regardé cette émission, ce fond de l'info est toujours debout également sur le média. Dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez sur YouTube ou via e-mail si vous nous regardez à la télévision.
Emmanuel Macron