Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 8 novembre 2024 9 min

Narcotrafic, le plan du gouvernement à l'épreuve - Sébastien Chenu  est l'invité du vendredi 8 novembre 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Merci d'être avec nous ce matin. Bruno Retailleau, le ministre de l'Intérieur et Didier Migaud, celui de la justice, vont se rendre à Marseille aujourd'hui pour présenter, on le sait, un plan pour lutter contre le narcotrafic. On connaît déjà quelques pistes, une coordination nationale notamment contre le crime organisé, la création d'un statut du repenti, la trappe de la corruption. Est-ce que vous partagez, disons, les objectifs et vous approuvez les moyens qui vont être mis pour y accéder ?

0:27
Sébastien Chenu

Les objectifs, évidemment, c'est un combat qui est devant nous. La lutte contre le narcotrafic, le trafic de drogue, la lutte contre la drogue dans la société française, c'est un combat devant nous. C'est un combat sur lequel le gouvernement précédent, Gérald Darmanin, était totalement en échec. Moi, je me souviens de Darmanin. Il y avait les opérations place nette notamment. Oui, on va fermer tous les points de deal, etc. Vous voyez, je retourne dans ma circonscription de Denain après. Et on sait, comme tous les habitants, où sont les points de deal et ce qui, évidemment, existe.

0:53
Présentateur

Et là, vous sentez une différence ? Vous approuvez ? Vous êtes derrière ces mesures qui sont annoncées ?

0:58
Sébastien Chenu

D'abord, c'est beaucoup d'images. Pour l'instant, moi, je me méfie. Je me méfie parce que comment faire confiance, je pense, à Bruno Retailleau, à quelqu'un qui, par ailleurs, accepte le pacte de relocalisation des migrants dans les campagnes et donc qui, quelque part, accepte de ne pas regarder le lien ?

1:13
Présentateur

Vous faites un lien direct, un signe égal entre migrants et trafic de drogue.

1:17
Sébastien Chenu

En tous les cas, entre immigration et trafic de drogue, c'est-à-dire la nécessité de gérer les frontières. Et je ne vois pas ça dans la politique actuelle. Il faut traquer les narcotrafiquants comme on traque les terroristes. C'est à ce niveau-là que ça doit se passer. Il y a des bonnes dispositions, probablement, qui seront annoncées. Mais là encore, je pense que tant qu'on ne règle pas, tant qu'on ne s'attaque pas à la gestion des frontières, au nécessaire contrôle des frontières, il est très difficile, évidemment, parce que la drogue arrive bien de quelque part, il est très difficile de pouvoir résoudre le problème. Et puis, il n'y a pas que ça.

Il y a évidemment les nécessaires moyens donnés au service du fisc, saisir les avoirs des trafiquants, expulser les familles de trafiquants lorsqu'elles occupent un logement social. Ça fait partie du panel.

2:02
Présentateur

Le ministre de l'Intérieur a parlé de mexicanisation du pays. Est-ce que c'est un terme qui vous choque ? Il en a heurté certains. Est-ce qu'on est aujourd'hui au bord comme ça de... C'est un point de bascule, je répète, ces termes, avec un pays qui risque cette dérive ?

2:18
Sébastien Chenu

Non, le terme ne me choque pas. Mais ce sont des mots. Vous savez, j'ai vu des ministres de l'Intérieur, et Bruno Retailleau ressemble aux autres en cela, qui roulent les mécaniques, font des grands discours. Et lorsqu'il s'agit d'avoir, de voter des propositions, on avait fait une proposition pour expulser les délinquants étrangers. Beaucoup sont liés au trafic de drogue. Eh bien, la majorité que soutient Bruno Retailleau, eh bien, ils ne sont pas là. Oui, mais d'accord. Mais bien sûr, il faut les peines planchées. Je vous donne un exemple pour les Français.

Les peines planchées, cette majorité, on ne sait même pas si c'est une majorité, en tout cas LR macroniste, a refusé de voter les peines planchées. Donc, vous voyez, il y a des dispositions qui vont dans le bon sens. L'idée de s'attaquer en narcotrafic est une évidence, et ça va dans le bon sens. Mais la question de la confiance dans l'œuvre de Bruno Retailleau me laisse un peu dubitatif, encore plus en celle de Didier Migaud, le garde des Sceaux, qui, là encore, dans ce domaine-là, incarne une forme de laxisme.

3:11
Présentateur

Il y a un débat sur la pénalisation des consommateurs. Est-ce que vous êtes favorable à ce que soit mis en détention, mis, oui, c'est ça, des fumeurs de joint ou des consommateurs occasionnels de cocaïne ou de drogue de synthèse ?

3:22
Sébastien Chenu

Il y a une échelle de peine. En tous les cas, criminaliser le consommateur me semble être nécessaire. Les États qui ont fait l'inverse, on regardera, on parlera peut-être des États-Unis, mais il y a un État aux États-Unis qui a dépénalisé la consommation de drogue dure. Ils ont eu une augmentation, une explosion de 30% de la consommation.

3:39
Présentateur

Excusez-moi d'apporter cette précision. Par exemple, au Canada, le cannabis est légalisé depuis 2018, et c'est un des pays où la criminalité est la plus faible. Donc, vous savez qu'il y a un débat là-dessus.

3:47
Sébastien Chenu

Il y a un débat, mais majoritairement, les pays qui ont dépénalisé sont revenus en arrière ou se trouvent face à des consommations qui sont en hausse. Donc, moi, je pense qu'il faut criminaliser la consommation. Il y a une espèce de bienveillance, de regard...

4:00
Présentateur

Éventuellement, mettre en détention des consommateurs.

4:02
Sébastien Chenu

Mais il y a une échelle de peine à avoir. Mais pourquoi pas mettre en détention des consommateurs ?

4:05
Présentateur

Ça doit faire partie de l'échelle de peine, absolument. On parlait des États-Unis. Cette semaine est évidemment marquée par la victoire de Donald Trump. A priori, ce n'est pas une très bonne nouvelle pour la France et pour l'Europe, notamment à cause de la guerre commerciale, de la remise en cause de la lutte contre le réchauffement climatique. Vous, vous en avez pensé quoi, vous-même et au Rassemblement National ?

4:22
Sébastien Chenu

Non, mais il ne faut pas se faire d'illusions. Les Américains, ce n'est pas des Français qui parlent anglais. Ce sont des gens qui défendent leurs intérêts nationaux. Nous, il se trouve qu'en France, on est malheureusement habitués à avoir un président de la République qui défend les intérêts de la planète entière, sauf ceux des Français. Donc Donald Trump, comme l'aurait été d'ailleurs Kamala Harris, sont des candidats et ensuite des élus qui défendent l'intérêt des Américains. Donc Donald Trump, il ne faut pas se faire d'illusions, va défendre l'intérêt des Américains. Mais c'est la victoire, bon d'abord, de la démocratie, c'est une démocratie.

Les États-Unis, c'est l'échec aussi des sondeurs, des experts, d'ailleurs pas dans cette maison, mais sur le service public, on a vu aussi la façon dont Trump a été diabolisé, caricaturé. Mais bon, maintenant qu'il est élu... D'accord, mais ce que je veux dire, c'est que là aussi, regardons les Américains avec ce qu'ils sont, c'est-à-dire un système de valeurs dans lequel le religieux a du poids, dans lequel l'économie a été au centre des débats.

5:13
Présentateur

Mais qu'est-ce qui manque au Rassemblement National pour obtenir ce que Trump a fait, c'est-à-dire pour gagner, puisque vous défendez sur bien des sujets les mêmes idées que ses supporters ?

5:24
Sébastien Chenu

Non, on ne défend pas les mêmes idées, on défend l'idée de mettre l'intérêt national au centre du jeu. Alors qu'est-ce qui vous manque pour gagner ? Mais aussi les attentes du peuple et de respecter la volonté du peuple. Mais nous, on est en voie pour gagner. Moi, je ne dis pas ce qu'il nous manque pour gagner, on est en train de faire en sorte de sélectionner des bons candidats, de travailler sur notre programme, on s'améliore à chaque élection, on n'est plus très loin de la victoire. Mais vous savez, aux États-Unis, il y a un phénomène de balancier, c'est souvent une fois les démocrates, une fois les républicains. Nous, nous n'avons jamais été ici aux responsabilités, comme on dit.

5:55
Présentateur

Mais est-ce que ça vous donne, en quelque sorte, de l'espoir, cette victoire ? Est-ce que ça a fait naître ce qu'on a appelé une sorte de rêve américain au Rassemblement national ?

6:04
Sébastien Chenu

Vous savez, le rêve américain, il est partagé par beaucoup de Français, d'ailleurs. Les États-Unis, ça fait beaucoup réveiller.

6:09
Présentateur

Donald Trump n'est pas populaire dans le film, si on en croit les...

6:11
Sébastien Chenu

Oui, mais ça réveille quelque chose. En 16 ans. Et je pense que, en ça, c'est intéressant, c'est le fait de dire que lorsqu'on défend l'intérêt national, l'autonomie stratégique, l'indépendance, eh bien, on gagne. Quand le peuple vote, le peuple gagne. C'est ce que vous dites.

6:25
Présentateur

Est-ce que ce sera derrière Marine Le Pen ? Elle semble préparer les esprits à une éventuelle absence dans cette présidentielle de 2027, puisqu'il y a le procès des assistants parlementaires qui s'est poursuivi. On aura les réquisitions du parquet le 13 novembre. Et elle a dit, on veut m'empêcher, enfin, je risque d'être empêché d'être candidate en 2027. C'est un scénario sur lequel vous travaillez ?

6:44
Sébastien Chenu

En tout cas, c'est un scénario sur lequel certains rêvent. Moi, j'ai aucun doute sur la finalité des choses. Marine Le Pen sera innocentée. Elle en fait la démonstration. Elle sera notre candidate. Et sera notre candidate en 2027. Mais si elle ne l'est pas, elle a une peine d'inéligibilité. Moi, je n'y crois pas, cette peine d'inéligibilité, parce qu'elle est en train de faire la démonstration de son innocence. Mais il y en a certains qui rêvent d'instrumentaliser la justice. Pour cela, nous nous battons. Marine Le Pen se bat chaque jour. Et elle sera évidemment notre candidate en 2027. Des violences ont eu lieu cette nuit aux Pays-Bas,

7:14
Présentateur

après le match de football Ajax-Amsterdam-Tel-Aviv. Des supporters israéliens auraient été agressés, ont été agressés, rapporte la presse israélienne. Benjamin Netanyahou a envoyé d'ailleurs des secours sur place. Il y avait une banderole cette semaine au Parc des Princes soutenant la Palestine. Il y a des menaces sur le... En tout cas, des demandes d'annulation du match France-Israël. Qu'est-ce que vous pensez de cette... Finalement, de cette arrivée du conflit israélo-palestinien dans les stades aujourd'hui ?

7:40
Sébastien Chenu

Une politisation et en même temps des messages de haine récurrents contre Israël, maintenant dans le foot. Moi, j'étais... Sincèrement, je suis très interrogatif sur les positions de l'UFA, qui ne veut pas sanctionner le déploiement de cette banderole, qui évidemment s'est fait avec des complicités. C'est un message politique, c'est un message de haine, ça doit être sanctionné. Je pense qu'on n'a jamais vu de drapeau en soutien à Israël dans un stade. Donc par conséquent, je pense qu'il y a deux poids, deux mesures. Est-ce que c'est parce que le PSG est financé majoritairement, en tous les cas, par un actionnaire qui est le Qatar, qu'on ferme les yeux sur ça ?

Moi, je crois que derrière ça... Oui, bien entendu, je pense que derrière ça, on ne veut pas déranger. C'est pour ça que l'UFA n'intervient pas. On ne veut pas déranger l'actionnaire qatarie. C'est inadmissible. Les messages de haine, les messages politiques contre Israël dans les stades de foot, ou comme d'ailleurs contre n'importe quelle communauté ou pays, sont inadmissibles.

8:31
Présentateur

Merci Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord. C'est la suite de Télématin. Merci beaucoup.