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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 février 2015 10 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileInstitutions & électionsTravail & emploi

Bruno Le Maire : "Je ne vote pas socialiste"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Que dire de plus Bruno Le Maire, que faire de plus ?

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous comprenez ou partagez la colère du président du CRIF sur l'antisémitisme ?

  • 3:04RelanceRéponse partielle

    Quel besoin y avait-il pour l'UMP de rouvrir le débat sur le port du voile à l'université ?

  • 3:27RelanceÉludée

    Quel est le besoin de faire cette proposition sur le voile ?

  • 4:40RelanceRéponse directe

    Elle ne répond pas à certains problèmes posés aujourd'hui par l'islam. Mais quel problème ?

  • 6:15OuverteRéponse directe

    Vous avez vu ce sondage ce matin : les sympathisants UMP sont de plus en plus séduits par le FN. Comment en être arrivé là ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:32Invité politiqueFait
    « il y a aujourd'hui des centaines de combattants qui se trouvent en Syrie, en Irak, qui pourraient revenir »
  • 0:49Invité politiqueFait
    « je pense aux mesures au niveau européen, on n'a toujours pas adopté ce fameux PNR qui permettrait de contrôler les listes de passagers »
  • 1:12Invité politiqueFait
    « une des urgences est de faire en sorte qu'on contrôle tous les passagers qui sortent ou qui rentrent dans l'espace Schengen »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « aujourd'hui ce qui menace la liberté c'est la violence terroriste »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « il y a en France désormais un antisémitisme chronique »
  • 2:32Invité politiqueFait
    « les citoyens français qui sont juifs ont peur en France »
  • 4:06Invité politiqueFait
    « les religions se soumettent à la République, et que ce n'est pas la République qui se soumet aux religions »
  • 4:22Invité politiqueFait
    « La loi de 1905, c'est une loi fondatrice. Ce n'est pas une loi de circonstances »
  • 8:02Invité politiqueFait
    « nous avons déçu une partie de cet électorat »
  • 8:14Invité politiqueFait
    « ça fait 30 ans qu'on leur explique qu'on va faire baisser le chômage et 30 ans qu'on reste avec un traitement social du chômage »
  • 8:24Invité politiqueFait
    « On n'a pas le courage de toucher au droit du travail et de le simplifier »
  • 8:34Invité politiqueFait
    « aligner les règles de cotisation en matière de retraite du secteur public sur le secteur privé »
  • 8:38Invité politiqueFait
    « On n'a pas le courage de proposer un nouveau contrat de travail »
  • 9:09Invité politiqueFait
    « il nous reste peu de temps. J'ai parlé d'électrochoc à la suite de l'élection du Doubs »
  • 9:39Invité politiqueFait
    « Il n'y a pas de compromis possible avec un parti dont on ne partage aucune des idées et aucune des propositions pour le pays »

Temps de parole

  • Bruno Le Maire80 %
  • Présentateur20 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le 7-9, Patrick Cohen, sur France Inter. Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Patrick Cohen. Attentat au Danemark, profanation en Alsace, l'Europe est à nouveau frappée, et on a entendu ce week-end les mêmes mots qu'il y a un mois après les attentats de Paris. Que dire de plus Bruno Le Maire, que faire de plus ?

0:18
Bruno Le Maire

Dire à la fois sa consternation, bien sûr, tout le monde le fait, tout le monde le dit, je pense, comme le dit Bernard Guetta, que c'est nécessaire.

Se préparer aussi à ce que ces actes se renouvellent en Europe, et peut-être en France, puisqu'il y a aujourd'hui des centaines de combattants qui se trouvent en Syrie, en Irak, qui pourraient revenir, c'est sans précédent, dans notre histoire récente, d'avoir autant de combattants partis de France se former en Irak ou en Syrie, et puis continuer à prendre un certain nombre de mesures qui ne sont toujours pas prises, je pense aux mesures au niveau européen, on n'a toujours pas adopté ce fameux PNR qui permettrait de contrôler les listes de passagers, il y a urgence désormais à ce que le Parlement européen vote, vote rapidement cette disposition.

Il y a urgence à ce que l'on renforce Schengen, j'ai vu il n'y a pas très longtemps le responsable de la lutte contre le terrorisme à Bruxelles, nous en avons discuté ensemble, je crois qu'une des urgences est de faire en sorte qu'on contrôle tous les passagers qui sortent ou qui rentrent dans l'espace Schengen, qu'ils soient citoyens européens ou non, et qu'on confronte leurs documents au fichier d'Interpol. Là aussi il y a un blocage, on ne veut pas consulter le fichier d'Interpol, on dit que ça pourrait menacer les libertés, aujourd'hui ce qui menace la liberté c'est la violence terroriste.

1:33
Présentateur

A propos de la profanation en Alsace à sa réunion, est-ce que vous comprenez ou est-ce que vous partagez la colère du président du CRIF, Roger Kuckerman, on l'a entendu tout à l'heure à 8h, cette haine qui s'exprime montre qu'on a complètement raté l'éducation de nos jeunes, dit-il ?

1:48
Bruno Le Maire

Je partage cette colère et je voudrais exprimer ce matin un profond dégoût et en même temps une certaine lassitude devant cet antisémitisme chronique, car il y a en France désormais un antisémitisme chronique. Cet antisémitisme chronique il peut conduire au pire, c'est ce qui s'est passé dans le supermarché Kachère où un terroriste rentre et abat de sang-froid des gens parce qu'ils sont juifs. Ce n'est plus la panache de la France, on l'a vu ce week-end à Copenhague. On l'a vu ce week-end à Copenhague, mais en France il peut ensuite se traduire par des profanations de cimetières juifs, ça se fait depuis des années.

Et puis il y a cet antisémitisme chronique qui se traduit par un mauvais regard, qui se traduit par de la violence verbale, qui se traduit par une menace insidieuse, qui fait qu'aujourd'hui les Français qui sont juifs, et je le dis bien dans cet ordre-là, les citoyens français qui sont juifs, ont peur en France. Et se disent, mais dans le fond, notre avenir est peut-être de partir de France.

Eh bien, à nous tous ensemble, tous les républicains, tous ceux qui refusent cet antisémitisme chronique, de prendre les dispositions nécessaires, de l'école jusqu'aux mesures de sécurité, pour arriver à éradiquer cet antisémitisme qui n'est pas conforme aux valeurs les plus fondamentales de la République.

3:02
Présentateur

Dans ce contexte, Bruno Le Maire, quel besoin y avait-il pour l'UMP de rouvrir le débat sur le port du voile à l'université ?

3:11
Bruno Le Maire

Ce n'est pas l'UMP qui rouvre le débat sur le port du voile. Il y a une proposition d'Éric Ciotti, Éric Ciotti parlementaire,

3:18
Présentateur

et une prise d'opposition de votre secrétaire national chargé de la laïcité.

3:21
Bruno Le Maire

Libre à chacun de prendre des initiatives. Il va y avoir un débat...

3:26
Présentateur

Je peux changer ma question. Quel est le besoin de faire cette... Cette proposition a été faite dans le cadre aussi, dans la préparation de la journée de réflexion sur l'islam, décidé par Nicolas Sarkozy.

3:35
Bruno Le Maire

Il y a un débat sur l'islam. Je souhaite que ce débat soit un débat digne, et soit un débat cadré, qui conduise à des positions qui soient les plus claires possibles. Les positions que je défends sur ce sujet, elles sont claires et elles n'ont pas changé, elles restent les mêmes. Moi j'estime aujourd'hui que l'essentiel, c'est que nous fixions les règles du jeu. Que l'État français fixe les règles du jeu, que les pouvoirs publics fixent les règles du jeu, et les rappellent clairement. La règle du jeu en France, c'est quoi ? C'est que les religions se soumettent à la République, et que ce n'est pas la République qui se soumet aux religions.

Et que par conséquent, quelle que soit la religion, elle doit respecter ce qui fait aujourd'hui notre État de droit. La séparation stricte entre l'espace religieux et l'espace public. Sans modifier la loi de 1905. Sans modifier la loi de 1905. La loi de 1905, c'est une loi fondatrice. Ce n'est pas une loi de circonstances. Alors si on commence à changer la loi de 1905, en fonction des circonstances, en se disant, tiens, il y a telle difficulté ou telle difficulté, on va changer la loi, là je pense qu'on fera une grave erreur.

4:40
Présentateur

Elle ne répond pas à certains problèmes posés aujourd'hui par l'islam. Mais quel problème ? Notamment le financement des lieux de culte,

4:45
Bruno Le Maire

la construction des lieux de culte. Mais il y a eu des difficultés dans la construction des lieux de culte dans beaucoup de villes, à Marseille, à Bordeaux, à Paris. Vous savez bien que les municipalités, les collectivités détournent la loi de 1905. Mais si elles détournaient la loi de 1905, elles seraient condamnées. Elles ne le sont pas. Donc c'est bien la preuve qu'aujourd'hui, on y arrive. Alors on me dit qu'il y a un problème d'organisation institutionnelle. Mais alors qu'est-ce que l'on veut ? Que l'État s'occupe de l'organisation de l'islam en France à la place des musulmans ? Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.

J'ai lu une très bonne interview de Tarek Oubrou, il n'y a pas très longtemps, qui disait que la vraie difficulté aujourd'hui, c'est l'organisation théologique de l'islam en France. Savoir qui va fixer les grands préceptes de l'islam. C'est à l'État français de s'occuper de ça ? Non. L'État français doit s'occuper de ceux qui veulent pratiquer leur culte pour qu'ils puissent le pratiquer librement. Il doit s'occuper aussi, permettez-moi de le dire, de tous ceux qui ne croient pas, de tous ceux qui peuvent être de confession musulmane, mais qui ne pratiquent pas la foi musulmane.

J'aimerais que les majorités de musulmans en France, qui sont de tradition, de culture musulmane, mais qui ne pratiquent pas, ne soient pas prises en otage par un débat qui concerne une minorité. Attention à bien respecter les lignes de partage. Parce que ce qui fait au bout, Patrick Cohen, le citoyen français. Le citoyen français, c'est un citoyen universel, parce qu'il y a d'un côté ce qui concerne sa sphère privée, ce en quoi il croit, ses convictions intimes, et il y a ce qu'il exprime dans l'espace public. Et les deux ne se mélangent jamais. Et si on commence à mélanger les deux, on tombe dans le communautarisme.

Pour revenir à ma première question, le voile à l'université, à vos yeux, ne pose pas de problème ? Regardons la réalité. Est-ce que nous arrivons à appliquer aujourd'hui la loi sur le voile intégral ? Si vous vous déplacez beaucoup en France, je suis sûr que ça vous arrive, vous verrez, qu'il y a encore beaucoup d'endroits en France. Ça peut être dans le métro, ça peut être dans le RER, ça peut être dans d'autres villes, où des femmes circulent en voile intégrale. Beaucoup d'endroits. Il y a beaucoup d'endroits où des femmes circulent en voile intégrale. Ce n'est pas des milliers de personnes, mais il y en a. Est-ce que la loi est suffisamment respectée ? Non.

Faisons déjà respecter cette loi. Il y a sur la question du port du voile dans les crèches, il peut y avoir des difficultés. Souvenez-vous de Babylou, où j'avais pris position très clairement pour la directrice de la crèche qui avait eu le courage de refuser qu'une femme voilée s'occupe des enfants. Mais occupons-nous déjà de cela. Faisons respecter la loi telle qu'elle existe. Nous n'ouvrons pas de nouvelles difficultés auxquelles nous ne serons pas capables d'apporter des réponses.

7:14
Présentateur

Vous avez vu sans doute ce sondage ce matin pour TNS Offres, pour France Info, Le Monde et Canal+. Les sympathisants UMP sont de plus en plus séduits par le Front National. Près d'un sympathisant sur deux de l'UMP souhaite des alliances au cas par cas, au plan local, pour les élections départementales. Et près d'un sur deux estiment que le FN est un parti capable de participer à un gouvernement. Comment en étant arrivé là,

7:43
Bruno Le Maire

Bruno Le Maire ? Je ne crois pas de participer à un gouvernement. Vous demanderez à les politologues comment est-ce que nous en sommes arrivés là. Moi, je crois tout simplement...

7:50
Présentateur

Mais c'est ça le paradoxe. C'est qu'il n'y a pas un dirigeant UMP qui dit aujourd'hui qu'il voterait au second tour au Front National. Il n'y en a pas un qui dise que le Front National peut participer à un gouvernement. Et il y a la moitié de l'électorat UMP qui pense le contraire.

8:02
Bruno Le Maire

Parce que nous avons déçu une partie de cet électorat. Parce que nous leur avons promis mon zémerveille et que nous n'avons pas tenu promesse. Parce qu'une partie de notre électorat, comme une grande partie des Français, ils voient tout simplement les choses. Ça fait 30 ans qu'on leur explique qu'on va faire baisser le chômage et 30 ans qu'on reste avec un traitement social du chômage dont on sait tous, quand on en discute ensemble, qu'il ne résoudra pas le problème du chômage en France. Parce qu'on n'a pas le courage de toucher au droit du travail et de le simplifier.

On n'a pas le courage de toucher à l'indemnisation du chômage d'aligner les règles de cotisation en matière de retraite du secteur public sur le secteur privé. On n'a pas le courage de proposer un nouveau contrat de travail. Alors que lorsque vous discutez avec des jeunes qui cherchent un emploi, qui déposent 40, 50, 60 CV par jour et qui n'ont aucune réponse, ce sont les premiers à vous dire mais moi, mettez-moi le contrat de travail que vous voulez. La seule chose qui compte, c'est que je puisse faire mes preuves dans une entreprise et y entrer. On n'a pas eu le courage de changer notre modèle économique et social.

Moyennant quoi, vous avez toute une partie du peuple français complètement perdu qui se dit puisqu'ils ne comprennent pas, on va voter pour Marine Le Pen pour leur faire comprendre que nous, on veut autre chose. Eh bien, il nous reste peu de temps. J'ai parlé d'électrochoc à la suite de l'élection du Doubs pour dire qu'il fallait effectivement que nous proposions quelque chose de radicalement différent. S'agissant ensuite de ceux qui seraient tentés aux élections départementales d'aller conclure un accord avec le Front National en prenant une voie ici ou une voie là, les choses doivent être claires.

Chaque membre de l'UMP qui s'amuserait à prendre la voie d'un membre du Front National pour conserver son département ou prendre un département devrait être selon moi exclu immédiatement de l'UMP. Il n'y a pas de compromis possible avec un parti dont on ne partage aucune des idées et aucune des propositions pour le pays.

9:46
Présentateur

On y reviendra dans quelques minutes avec vous Bruno Le Maire et sur d'autres questions avec les auditeurs d'Inter qui continuent de nous appeler au 01 45 24 7000 tout de suite la revue de presse il est 8h31.