Instant Porcher | Pour stopper la colère populaire - Thomas Porcher révèle la grande diversion de Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:44OuverteRéponse directe
C'est quoi la stratégie de s'attaquer à la fraude sociale ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Et qu'est-ce que tu penses des mesures annoncées ?
- 7:17OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que tu penses de ce volet de mesures-là ?
- 9:37OuverteRéponse directe
Et dans les mesures aussi, faire attention aux fameuses créations de postes...
- 10:30OuverteRéponse directe
Quand les industriels gagnent des milliards sur le dos de la transition écologique...
- 11:24OuverteRéponse directe
Thomas, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce système ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Donc il y a un pouvoir de marché. Et en fait, la loi du marché, c'est la loi du plus fort. »
- 2:01PrésentateurChiffre
« La plus grosse fraude sociale, c'est celle aux cotisations qui est estimée entre 6,8 et 8,4 milliards quand la fraude aux prestations sociales est estimée à 2,3 milliards d'euros. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Macron a décidé pendant ce mois entre les deux manifestations organisées par les syndicats de cibler en fait la classe moyenne. »
- 5:30Invité politiqueChiffre
« Alors, bien sûr, les chiffres en estimation que tu as donnés, on parle de 2 milliards, mais 2 milliards sur l'ensemble des prestations, qui sont plus de 60-60 milliards, on est sur des bases où on doit être à 2% de fraude, 2-3% maximum. »
- 6:09Invité politiqueChiffre
« Et puis après, quand on parle de la fraude fiscale, avec dedans l'évasion fiscale, on a des chiffres qui sont en plusieurs dizaines de milliards. »
- 8:14Invité politiqueFait
« Pourquoi ? Parce que les pays qui attirent le plus déjà d'immigration, souvent des pays qui n'ont pas un modèle social aussi développé qu'en France, c'est le Royaume-Uni. »
- 11:38Invité politiqueFait
« Ce qui s'est passé dans les années 90, c'est que tout ce qui était des solutions de marché était mis en avant. »
- 12:50Invité politiqueFait
« Donc le marché du carbone, on prend des entreprises par secteur, on leur donne un plafond de droits à polluer, voilà, des quotas qu'elles ont le droit de polluer et puis si elles n'atteignent pas ces quotas, elles peuvent les revendre sur le marché. »
- 14:11Invité politiqueFait
« Donc elles ont eu des droits pollués beaucoup plus élevés et donc c'était une incitation finalement à ne rien changer puisque vous aviez le droit de polluer à des niveaux très élevés. »
- 15:39Invité politiqueFait
« ça fait des dizaines d'années qu'on le critique dans des bouquins qui sont sortis en 2015 on le critiquait vous voyez donc on savait que ça n'avait pas fonctionné parce qu'on voyait que les quotas étaient très élevés. »
- 17:34Invité politiqueFait
« un prix du carbone avec un marché du carbone s'il est bien mis en place avec ce qu'on appelle un prix plancher c'est-à-dire un prix qui ne peut pas descendre qui augmenterait au fur et à mesure pour suivre la trajectoire finalement que l'on veut atteindre en termes de transition écologique ça pourrait fonctionner. »
- 19:12Invité politiqueFait
« il ne faut jamais oublier que l'Europe c'est tous les travers de la mondialisation mais en pire. »
Temps de parole
- Invité politique69 %
- Présentateur28 %
- ?2 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Je veux dire, ça fait des dizaines d'années qu'on le critique, ce marché du carbone. Si vous voulez prédire la mode de demain, vous dites que ça va être la mode du pâte d'éléphant l'année prochaine. Personne ne vous écoute. Peut-être qu'on vous balance même des tomates. Mais si vous êtes, je ne sais pas moi, l'héritier de Karl Lagerfeld et que vous dites que c'est la mode du pâte d'éléphant, tout le monde dit que ça va être le pâte d'éléphant, les entreprises vont produire du pâte d'éléphant et la prophétie va être autorisatrice, le pâte d'éléphant va devenir à la mode. Donc il y a un pouvoir de marché. Et en fait, la loi du marché, c'est la loi du plus fort.
C'est tous les travers de la mondialisation, mais en pire.
Bonjour tout le monde et bienvenue pour ce nouvel Instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver. L'instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas Porcher, chaque semaine pour décrypter l'actualité. Avec la multitude des discours qu'on entend autour de nous, se poser, connaître et comprendre est une véritable arme démocratique. Vous le savez, cela fait des mois que le média tend le micro comme on lève le poing pendant cette bataille des retraites, que nous avons multiplié les reportages et les émissions. On le rappelle, le média fait beaucoup avec peu.
Avec trois caméras, quatre micros, une vingtaine de travailleurs et travailleuses, nous sommes au plus près des luttes. Ces années encore, nous sommes restés libres et indépendants. Grâce à votre soutien, vous êtes notre seule force. C'est pourquoi nous lançons cette campagne de dons. Nous avons besoin de 100 000 euros pour pouvoir continuer. Nous vous rappelons que pour ceux qui paient l'impôt sur le revenu, ce sont des dons défiscalisés à hauteur de 66%. Si vous donnez 100 euros, 66 euros vous seront reversés par le service des impôts. Un don pour garder votre chaîne d'infos et de combat, le média des luttes, de celles et ceux qui luttent.
Pour celles et ceux qui le peuvent, rendez-vous sur soutenez.lemédiatv.fr. Au programme de l'Instant Porcher aujourd'hui, l'État intraitable avec les fraudeurs sociaux. Et révélation sur ces industriels qui ont gagné des milliards sur le dos du marché carbone. C'est parti. L'État sera intraitable avec les fraudeurs. Ce sont les mots de Gabriel Attal. Après avoir annoncé son plan contre l'évasion fiscale il y a un mois, le ministre des Comptes publics revient avec son plan contre la fraude sociale. Et là, tout le monde pense aux méchants qui fraudent quelques centaines d'euros d'APL. Sortons de ce narratif erroné.
La plus grosse fraude sociale, c'est celle aux cotisations qui est estimée entre 6,8 et 8,4 milliards quand la fraude aux prestations sociales est estimée à 2,3 milliards d'euros. Et encore, c'est des broutilles par rapport à l'évasion fiscale. Nous y reviendrons. Un plan qui ne tient pas forcément compte de ses échelles. En voici les principales annonces. Augmentation des pénalités en cas de fraude. Pour le volet aide sociale, on a obligation de résider 9 mois en France par an pour toucher une aide sociale. C'était 6 avant pour le minimum vieillesse par exemple. A partir du 1er juillet, il n'y aura pas de versement d'allocations sociales sur un compte bancaire hors Union européenne.
Contrôle des retraités de plus de 85 ans à l'étranger. Croisement automatique des fichiers de la CAF et de l'intérieur pour lutter contre les prestations sociales versées à des étrangers en situation irrégulière en France. En ce qui concerne la fraude aux prestations de santé, le ministre note que 70% incombe aux professionnels de santé sa solution déconventionnée lorsqu'une fraude est détectée. Et en 2025, les patients dentaires ou ophtalmo recevront un SMS avec la liste des soins facturés pour vérifier.
Création de 1000 postes supplémentaires avec la formation de 450 cyber enquêteurs pour lutter contre les faux arrêts maladie en ciblant les arrêts du lundi et fusion de la carte vitale et de la carte d'identité. Et pour la fraude aux cotisations sociales, Gabriel Attal annonce renforcer de 60% les effectifs de l'URSSAF. Et pour les plateformes type Uber, Deliveroo, le ministre annonce que celles-ci paieront à la source désormais les cotisations des micro-entrepreneurs. Je le cite, je ne veux pas d'uberisation des droits sociaux.
Thomas, on peut voir que l'exécutif ne s'acharne pas sur les plus grosses fraudes mais persiste et signe dans le récit du fraudeur aux allocs qui fonctionnent l'argent de ceux qui travaillent. C'est quoi la stratégie de s'attaquer à la fraude sociale ?
En fait, la stratégie globale du gouvernement, elle est de faire en sorte de protéger grosso modo la classe moyenne. C'est ça en fait, de s'intéresser à la classe moyenne. On est encore dans le débat mais finalement, il y a une grosse mobilisation de l'ensemble de la population française. Plus de 70% de tiers qui étaient encore favorables au retrait ou contre la réforme des retraites. Macron a décidé pendant ce mois entre les deux manifestations organisées par les syndicats de cibler en fait la classe moyenne.
La classe moyenne, c'est celle qui n'en peut plus en fait des très riches qui voient leur salaire augmenter plus fortement et qui pareil ne supportent pas trop la fraude sociale des plus pauvres. Donc cette classe-là, Macron a décidé de leur baisser de 2 milliards les impôts. Et puis, on a tout un plan et là, on voit bien que c'est très bien orchestré. Chaque semaine, on propose des plans pour faire des économies, pour dire qu'on ne fait pas des économies sur le dos des Français mais sur tout le monde. La semaine dernière, il faut le dire, Gabriel Attal, il s'est attaqué à l'évasion fiscale et à l'optimisation fiscale. Et là, il passe à l'autre en s'attaquant à la fraude sociale.
Donc le but, c'est quoi ? C'est d'occuper le terrain et de faire comme si, en fait, même si on demandait à tout le monde de faire des efforts, on allait s'attaquer à tous les gens, y compris les plus riches, pour faire en sorte de faire des économies. Surtout dans un contexte où la note française a été encore une deuxième fois dégradée. Donc le but, c'est de dire que ce ne sera pas que sur les retraites, ce sera sur la fraude de manière générale.
Et qu'est-ce que tu penses des mesures annoncées ?
Alors, ce que tu as très bien rappelé, ce qu'il faut rappeler, c'est que la fraude aux prestations sociales, celle dont on parle tout le temps, parce qu'on en parle beaucoup dans les médias, pas depuis le gouvernement Macron, depuis même le gouvernement Sarkozy et même sous François Hollande, c'est en fait la plus petite fraude. C'est rien du tout.
Alors, bien sûr, les chiffres en estimation que tu as donnés, on parle de 2 milliards, mais 2 milliards sur l'ensemble des prestations, qui sont plus de 60-60 milliards, on est sur des bases où on doit être à 2% de fraude, 2-3% maximum, en prenant une base large, 3% finalement de fraude sur l'ensemble des prestations sociales, on peut dire que c'est marginal. Surtout que vous avez un recouvrement souvent de ces fraudes sur les 3 ans à venir. L'État arrive toujours à en récupérer. Donc, c'est des fraudes qui restent très marginales. Après, la fraude aux cotisations sociales, c'est-à-dire le travail non déclaré, là, on passe déjà dans des chiffres qui sont de plusieurs milliards.
Et c'est autre chose. Et ça, il faut s'y attaquer. Et puis après, quand on parle de la fraude fiscale, avec dedans l'évasion fiscale, on a des chiffres qui sont en plusieurs dizaines de milliards. Donc, il y a un narratif qui est beaucoup plus admis quand on parle de la prestation sociale, de ce pauvre qui tricherait. Par contre, quand on parle de l'évasion fiscale, on parle soit comme quelque chose qui est acquis ou qui est même compris parce que ce sont des gens qui sont devenus riches. Et donc, ils donnent déjà beaucoup d'argent. Et pourquoi ils donneraient plus d'argent ?
Mais quand on regarde finalement la pression fiscale, elle est beaucoup moins forte souvent que l'ensemble de la société. Donc, il y a toujours cette volonté de taper sur le plus pauvre avec cette idée que si on a décidé d'être chômeur, c'est un choix. Alors que si on a réussi, on se doit tout à soi-même. Et donc, on n'a pas à contribuer au reste de la société. Donc, c'est toujours plaisant pour une partie de la droite de taper sur ces gens-là. Mais quand on regarde les chiffres en eux-mêmes, même si toute fraude doit être punie, ça reste quand même assez marginal. Et le chiffre comparé à tout le pataquès qu'on entend là-dessus au niveau politique, il y a vraiment deux mondes.
Sachant en plus qu'il y a une grosse partie des prestations qui ne sont pas demandées comme le RSA où un tiers des gens ne le demandent pas. Et donc, en réalité, si on commence à faire tous les calculs, on est encore sur des montants encore plus infimes finalement de ce que ça pourrait représenter. À l'échelle de l'ensemble des prestations qui sont distribuées.
Dans les mesures contre la fraude aux aides sociales, même si on vient de dire qu'elle est hyper marginale, il y a toutes ces mesures autour de la personne étrangère qui prendrait de l'argent en France, le fait de devoir résider en France pour toucher son minimum vieillesse et ne pas pouvoir faire sa retraite, etc. Qu'est-ce que tu penses de ce volet de mesures-là ?
En fait, il y a toujours cette idée qui a été beaucoup mise en avant par le Front National. Et visiblement, ça infuse, même dans les partis centristes et dans le reste de la société, que le modèle social français serait un appel d'air à l'immigration. C'est-à-dire que quelqu'un qui serait, je ne sais pas moi, au Congo-Brazzaville, en Syrie, connaîtrait mieux le modèle social français qu'un français lui-même. Puisque vous avez un tiers des gens qui ne demandent pas le RSA parce que c'est compliqué, parce qu'ils ne savent pas qu'ils y ont droit, ou parce que même c'est immédiat.
Donc il y aurait quelqu'un comme ça dans un pays très pauvre où il est difficile de voir ce que l'on aura à manger à la fin de la journée et qui donc décide d'aller en France pour ce modèle social-là. C'est parfaitement faux et tous les chiffres le prouvent. Pourquoi ? Parce que les pays qui attirent le plus déjà d'immigration, souvent des pays qui n'ont pas un modèle social aussi développé qu'en France, c'est le Royaume-Uni. Beaucoup de gens traversent la France pour aller au Royaume-Uni, d'où les problèmes qu'il y avait du côté de Calais. Et c'est aussi les États-Unis. Donc ce n'est pas ça que les gens recherchent un emploi et ils vont dans les endroits où il y a de l'activité.
Donc ce n'est pas le modèle social qui attire ça. Et de l'autre côté, il y a cette idée que les gens profitent d'un modèle social généré en France pour aller le dépenser ailleurs. Alors vous avez toujours l'exemple que vous allez trouver pour prouver que, mais ce n'est souvent pas le cas. On reste toujours sur, finalement, de la politique politicienne qui va plaire à un certain électorat et qui va, au lieu d'élever le débat, qui va satisfaire, en fait, l'instinct primaire de certaines personnes qui sont peut-être sensibles à ces questions-là et qui ont envie de s'en prendre plus facilement à des gens qui seraient issus de l'immigration, etc. Donc on est dans quelque chose qui est de l'ordre.
On va satisfaire les bases d'instincts pour des raisons politicales. Alors que les chiffres, encore, ne montrent que bénéficier les aides sociales, c'est très compliqué quand on est étranger. Le RSA, il faut travailler pendant 5 ans. Le minimum vieillesse, c'est une dizaine d'années. Vous regardez, un certain nombre d'emplois sont interdits. Un emploi sur cinq sont interdits aux étrangers. Il y a beaucoup, en plus, de chefs d'entreprise qui demandent une main-d'œuvre étrangère parce qu'ils n'arrivent plus à trouver de la main-d'œuvre, notamment dans la restauration et le bâtiment.
Voilà, c'est beaucoup plus compliqué que de dire qu'il y a des gens qui connaissent le modèle social et qui veulent en profiter.
Et dans les mesures aussi, faire attention aux fameuses créations de postes qui, des fois, sont juste des déplacements de postes qui vident, du coup, de substances les autres services à Bercy.
Je rajouterais une chose sur Bercy. C'est très bon, en fait. Moi aussi, c'est ça qui m'embête. On l'a déjà vu dans une autre émission. C'est que Bercy est, finalement, le ministère où il y a eu le plus de suppressions de postes. Après, c'est l'écologie. Donc, pendant des années, on a supprimé des postes. Et puis là, on se dit, tiens, on va créer quelques-uns. Plutôt que de former quelqu'un à l'intérieur de Bercy, déjà, on l'a liquidé. Là, on dit, ah non, mais les compétences, ce n'étaient pas les mêmes. Donc, pendant très longtemps, ces questions-là, sur l'évasion fiscale, sur plein de choses, elles n'étaient pas.
Alors, on nous dit, oui, mais on est passé maintenant à des prélèvements automatiques. C'est toujours ce qu'on dit à chaque fois. C'est-à-dire que, oui, Internet est là, donc on doit... Mais en réalité, il y a des milliards à récupérer dans la fraude fiscale, des milliards dans la fraude aux cotisations sociales. Et donc, il faut des équipes, à un moment, qu'ils soient là. On ne peut pas, à chaque fois, dire, ah bon, on a supprimé des postes, puis on n'en recrée que quelques-uns pour dire que tout va bien.
Quand les industriels gagnent des milliards sur le dos de la transition écologique, beaucoup alertés, c'est maintenant prouvé. L'enquête du Monde, en deux volets, révèle comment les entreprises polluantes ont transformé les quotas gratuits de CO2 en un marché de plusieurs milliards d'euros et que le système de quotas gratuits de CO2 pour inciter les industriels à réduire leurs émissions est à fiasco. Le Monde s'est penché sur les cimentiers et les sidérurgistes français et espagnols qu'on connaît bien ici, tant on a vu les délocalisations et plans de suppression d'emplois depuis des années.
Pour vous la faire simple, l'Union européenne a lancé un système en 2005 de quotas de droits à polluer, donné gratuitement pour inciter les plus gros pollueurs à réduire leurs émissions de CO2. Si l'industriel a dépassé son quota annuel, il peut en acheter. Si au contraire, il a émis moins que ce qui était prévu, il peut revendre. Des quotas qu'on peut vendre, stocker, faire fructifier, spéculer, bref, détourner. Et c'est ce qui a été fait. Thomas, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce système ?
Tout à fait. Alors, il faudra un jour qu'on fasse le bilan de ces années 90-2010 tant ils ont fait du mal à l'énergie, à la transition énergétique et à la transition écologique. Ce qui s'est passé dans les années 90, c'est que tout ce qui était des solutions de marché était mis en avant. Alors, pour les grands énergéticiens que nous avions, qui étaient des monopoles publics, il fallait libéraliser. Libéraliser, c'est-à-dire ouvrir à la concurrence parce que la concurrence fait baisser les prix et est une bonne chose.
Aujourd'hui, on voit que les prix sont plus élevés, les prix de marché, et on voit que les entreprises, elles n'ont eu que des, comment vous dire, des incitations de court terme. Alors que dans l'énergie, il faut des incitations de long terme, des investissements très longs, ce qu'elles n'ont pas fait. Et donc, on se retrouve aujourd'hui avec, qu'est-ce qu'on fait sur telle centrale nucléaire ou qu'est-ce qu'on fait pour la transition énergétique ? On ne fait rien.
Il y a eu, par exemple, sur le renouvelable, pareil, des subventions pour se dire c'est un prix un peu plus cher donc on va le subventionner pour rendre le prix moins cher ce qui va permettre de développer massivement les renouvelables. On n'a pas vu ça. Elles se sont développées, mais au même rythme que se sont développées de l'industrie pétrolière et d'autres, donc ça n'a pas eu l'effet escompté. Et pour les entreprises, on s'est dit on va faire une solution de marché. Nous avons un marché qui est défaillant, le marché comme il est, de l'offre et de la demande dans tous les secteurs, le ciment, le pétrole et ailleurs.
Et comme ce marché est défaillant parce qu'il ne prend pas en compte ce qu'on appelle les externalités négatives, c'est-à-dire les impacts négatifs sur le climat, on va créer un autre marché à côté pour réguler les externalités négatives de ce premier marché. C'était le marché du carbone. Donc le marché du carbone, on prend des entreprises par secteur, on leur donne un plafond de droits à polluer, voilà, des quotas qu'elles ont le droit de polluer et puis si elles n'atteignent pas ces quotas, elles peuvent les revendre sur le marché et puis celles qui dépassent les quotas et qui veulent continuer leur activité doivent en acheter à d'autres qui n'ont pas atteint leurs quotas.
Ce qui fait que vous avez un marché du quota qui s'échange de droits à polluer qui s'échange sur ce marché-là avec un prix. Et si les entreprises ne respectent pas suffisamment, vous avez le prix qui augmente et donc leur compétitivité qui est impacté. Et celles qui sont vertueuses peuvent les revendre et se faire de l'argent et ont une meilleure compétitivité. Donc ça devait inciter toutes les entreprises à devenir vertueuses d'un point de vue écologique.
Alors c'est très bien sur le papier, c'est très bien à présenter dans un séminaire d'économie, c'est très bien dans un monde sans frottement, sans lobby, sans influence et ça a été défendu par des très grands économistes mais dans la vraie vie, il y a des lobbies et les entreprises qui sont en place, elles ont des milliards. Elles ont plus de lobbies que celles qui sont émergentes. Notamment par exemple du renouvelable qui se font d'ailleurs souvent acheter par les grands groupes et démanteler ensuite. C'est souvent le cas.
Donc ces grandes entreprises-là ont dépensé vraiment de l'énergie en termes de lobbying à la Commission européenne qui est assez sensible au lobbying pour dire écoutez, nous on veut bien accepter le jeu mais il nous faut des quotas très élevés, des plafonds très élevés pour qu'on puisse faire notre transition parce que sinon c'est des emplois perdus etc. Donc elles ont eu des droits pollués beaucoup plus élevés et donc c'était une incitation finalement à ne rien changer puisque vous aviez le droit de polluer à des niveaux très élevés. Donc c'est le lobbying qui a fait en sorte que ce marché ne fonctionne pas et c'est ça que les économistes qui ont défendu ça n'ont pas vu.
C'est que dans un marché ce n'est pas qu'une offre et une demande qui se croisent comme on apprend à l'école. Une offre avec une concurrence où il n'y a pas de pouvoir de marché. Dans un marché vous avez des gens qui ont un pouvoir de marché plus que les autres et qui imposent leurs règles aux autres. Il y a un exemple que je donne toujours moi à mes étudiants. Si vous voulez prédire la mode de demain et que vous êtes Thomas Porcher vous dites ça va être la mode du pâte d'éléphant l'année prochaine. Bon personne ne vous écoute. Peut-être on vous balance même des tomates.
Mais si vous êtes je ne sais pas moi l'héritier de Karl Lagerfeld et que vous dites c'est la mode du pâte d'éléphant tout le monde dit ça va être le pâte d'éléphant les entreprises vont produire du pâte d'éléphant et la prophétie va être autorisatrice le pâte d'éléphant va devenir à la mode. Donc il y a un pouvoir de marché et en fait la loi du marché c'est la loi du plus fort celui qui a le plus de pouvoir du marché impose aux autres et là c'est ce qui s'est passé les plus forts étant les pollueurs ils ont imposé des plafonds plus élevés ce qui fait que les prix se sont écroulés et que ça a été une incitation à ne rien changer et on a perdu plus de 10 ans.
Thomas pourquoi les gens ont tellement voulu continuer à mettre en place ce marché du carbone alors que les prix étaient faibles ?
Alors que beaucoup d'économistes et de confrères d'Attaque des économistes comme Maxime Combès et d'autres comme moi ou Jean Gadret ou d'autres il y en a beaucoup ont critiqué ce marché du carbone ils l'ont critiqué je veux dire ça fait des dizaines d'années qu'on le critique dans des bouquins qui sont sortis en 2015 on le critiquait vous voyez donc on savait que ça n'avait pas fonctionné parce qu'on voyait que les quotas étaient très élevés et puis on savait que c'était pas avec des solutions de marché qu'on allait gagner la bataille parce que l'industrie l'énergie ont besoin d'avoir une vision de long terme or un prix du marché est un prix extrêmement flexible donc vous voyez quand ça baisse les gens disent ça baisse mais c'est dû à la conjoncture économique à réaugmenter et d'ailleurs là regardez ça augmente un peu donc ça marche mais non c'est faux alors déjà il y a une grosse partie du marché du carbone qui a été infiltrée on l'a vu avec le film sur le marché du carbone par des gens qui ont créé des fausses sociétés ce qui a fait qu'il y a eu une spéculée d'inflation des prix qui étaient parfaitement qui ne dépendaient pas réellement de l'activité des entreprises et d'ailleurs les prix ont chuté très fortement quand il y a eu toutes ces affaires autour du carbone mais surtout les solutions de marché ne fonctionnent pas en fait elles ne fonctionnent pas parce que le marché est une construction et la volatilité des prix de court terme ne sont pas des bonnes choses pour l'industrie qui a besoin d'une vision de long terme et l'énergie qui a besoin d'une vision de long terme et ce qui est assez marrant c'est qu'aujourd'hui et nous l'avons vu la semaine dernière des économistes comme Pisani Ferry commencent par dire les solutions de marché ne fonctionnent pas c'est des investissements publics qu'il faut donc c'est 15 ans qu'on a perdu pour le climat parce que beaucoup de gens avaient alerté mais bon finalement les gens s'en rendent compte et ça c'est une bonne nouvelle
Donc ce système est voué à disparaître en 2034 et laissé place aux mécanismes d'ajustement carbone aux frontières de l'Union Européenne pour taxer les importations dans les pays tiers aux normes moins stricts cela a été adopté par le Parlement Européen en avril cela peut stopper la tendance à aller émettre dans des pays où il n'y a moins ou aucun contrôle par exemple Thomas pourquoi le marché du carbone a été privilégié à une taxe carbone au départ ?
Alors c'est assez marrant parce que la taxe en fait dans l'esprit des gens qui nous gouvernent et des économistes qui sont en vogue c'est quelque chose de négatif alors qu'en fait un prix du carbone un prix du carbone avec un marché du carbone s'il est bien mis en place avec ce qu'on appelle un prix plancher c'est-à-dire un prix qui ne peut pas descendre qui augmenterait au fur et à mesure pour suivre la trajectoire finalement que l'on veut atteindre en termes de transition écologique ça pourrait fonctionner mais si vous faites ça c'est-à-dire un marché bien fait avec un prix qui augmente ça revient à faire une taxe en fait parce qu'un prix plancher c'est-à-dire un prix c'est comme une taxe donc ça revient à faire une taxe qui est très simple à faire sauf qu'une taxe au niveau européen les pays ne sont pas d'accord sur ce qu'il faut taxer et pas taxer l'Allemagne nous aurait dit qu'il faut taxer le nucléaire peut-être à un moment et nous on aurait dit qu'il faut taxer peut-être autre chose du gaz et l'Allemagne aurait été contre on n'est pas d'accord sur les transitions ça aurait été compliqué et puis surtout il y a une défiance alors qu'on aurait pu faire des recettes budgétaires importantes pour l'Europe pour financer des choses importantes mais il y a une défiance de la part des autorités et on le voit bien aussi Macron qui refuse de relever les impôts sur le fait de mettre en place des taxes alors que des taxes bien réfléchies peuvent être très efficaces si elles sont bien réfléchies pas mises n'importe comment comme la taxe carbone sur les carburants qui était une erreur
Du coup là on y passe enfin un petit peu non ?
Non on n'y passe pas complètement parce que là on est passé d'un mécanisme qui était à l'intérieur de l'Europe à un mécanisme en fait où à l'intérieur de l'Europe il n'y aura pas grand chose à part des objectifs et des taxes sur ce qui vient de l'extérieur or il faut les deux il faut aussi qu'à l'intérieur de l'Europe il y ait un certain nombre de choses qui soient mises en place alors là il n'y aura pas de taxes carbone à la frontière française elle sera finalement à la frontière européenne ce qui est une bonne chose mais à l'intérieur de l'Europe ce sera encore la mise en place de la concurrence sociale, fiscale et environnementale et donc on ne sera pas sortis du problème européen il ne faut jamais oublier que l'Europe c'est tous les travers de la mondialisation mais en pire c'est ça qui se passe à l'intérieur de l'Europe donc si à l'intérieur de l'Europe il n'y a pas des mécanismes de régulation ça continue quoi on se déplacera dans les pays qui ont des normes fiscales sociales et environnementales plus faibles que les nôtres
Qu'est-ce que tout ça dit de nos dirigeants finalement ?
Un dirigeant normalement il est là pour imposer son point de vue notamment aux industriels en leur offrant pas les imposer de manière brutale mais en leur offrant finalement un horizon de long terme alors là on se demande si nos dirigeants en fait ne choisissent pas toujours les solutions qui seraient les plus agréables pour les industriels et je veux dire l'industrie c'est très important et il faut qu'elle soit pilotée il faut protéger des industries parfois contre la concurrence internationale il faut redonner vie il y a des industries qui s'essouffent parfois quand elles servent un projet intéressant de transition écologique etc il faut avoir cette vision là mais la vision de je fais venir Tesla qui peut contrer mes producteurs automobiles ou je laisse des entreprises françaises de localiser au Portugal alors qu'on a besoin peut-être d'acier pour faire du rail etc c'est qu'il n'y a pas de politique industrielle et en fait les solutions de marché sont des solutions qui sont à l'inverse de la politique on laisse le marché décider si ça ne fonctionne pas c'est le marché qui a décidé donc ce n'est pas d'autre faute si ça fonctionne on avait raison le marché l'a décidé donc il y a une volonté en fait de créer tout le temps des vines à gaz et de ne plus faire de politique et en fait pourquoi personne ne s'y oppose de manière générale parce que en fait ça permet aux grandes entreprises de ne pas faire d'efforts ou d'en faire le minimum finalement avec leur quota elles n'ont pas eu à faire d'efforts nous le savons aujourd'hui mais c'est pareil quand vous dites oui on va imposer des normes aux consommateurs pour qu'ils consomment moins etc on va faire en sorte de l'avertir etc elles s'en foutent parce qu'elles savent très bien qu'elles sont tellement installées qu'on peut marquer il y a trop de sucre on peut marquer consommer moins on peut marquer habillez-vous moins elles sont tellement en place que ça se passe toujours bien donc il y a une volonté en fait de se concentrer sur les mécanismes liés à la consommation et sur les contraintes liées à des espèces de marché de mécanismes de marché qui leur imposent en réalité très peu de contraintes
vous le savez cela fait des mois que le média tend le micro comme on lève le point pendant cette bataille des retraites que nous avons multiplié les reportages et les émissions on le rappelle le média fait beaucoup avec peu avec 3 caméras 4 micros et une vingtaine de travailleurs et travailleuses nous sommes au plus près des luttes cette année encore nous sommes restés libres et indépendants grâce à votre soutien vous êtes notre seule force c'est pourquoi nous lançons cette campagne de dons nous avons besoin de 100 000 euros pour pouvoir continuer nous vous rappelons que pour ceux qui payent l'impôt sur le revenu ce sont des dons défiscalisés à hauteur de 66% si vous nous donnez 100 euros 66 euros vous serons reversés par les services des impôts un don pour sauvegarder votre chaîne d'infos et de combat le média des luttes de celles et ceux qui luttent rendez-vous pour celles et ceux qui le peuvent sur soutenez.lemédiatv.fr chaque geste compte alors vos j'aime partage et pub autour de vous sont également indispensables nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires et pouces en l'air sous les vidéos spectateurs abonnés donatrices et sociaux je vous dis à la semaine prochaine merci de vous
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