Laurent Lafon : « Pour trouver un accord, il faut que les partis d’opposition soient responsables »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Laurent Lafon, merci d'être avec nous sénateur Union centrice du Val de Marne. Vous présidez ici au Sénat la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport. On va revenir évidemment dans quelques instants sur la situation de l'audiovisuel public, mais d'abord on va regarder ensemble les unes de la presse régionale.
D'abord la une de la Marseillaise, bras de fer avec le patronat. 3 jours de la nouvelle journée de mobilisation, le MEDF s'inquiète de la force du mouvement social et les syndicats mettent la pression sur Sébastien Lecornu. La deuxième, c'est celle du Midili portable en pause, un fiasco, la collecte de téléphones devait être une mesure phare de la rentrée dans les collèges, mais les chefs d'établissement l'estiment coûteuse et pas utile.
Et puis la dernière, c'est celle du Berry républicain, permis de conduire l'embouteillage. Les auto-écoles, on l'a dit, manifestent aujourd'hui contre les délais de passage du permis. Une situation qui alimente un business avec des franciliens qui passent leur examen dans des départements ruraux comme le Cher.
De quelle lune avez-vous envie de nous parler ? Ah bah peut-être le portable. Euh le le portable puis ça concerne l'enseignement.
Je je pense que c'est une mesure indispensable. Il faut la mettre en œuvre dans ce que vous avez dit sur le titre. que ça soit un peu compliqué à mettre en œuvre, c'est possible parce que ça suppose une organisation au début de l'éc enfin la matinée qui est un peu complexe mais c'est faisable.
Moi je l'ai vu dans certains établissements. En revanche quand le MIDI libre dit que certains proviseurs ou principaux sont principaux en l'occurrence sont opposés, ça ça pose un petit problème parce que je pense que il y a il y a nécessité de de consacrer le temps scolaire uniquement à l'apprentissage et évidemment de ce point de vue-là la présence d'un portable dans les mains d'uncence ça perturbe un peu la concentration. C'est coûteux, pas utile ?
Vous vous dites pas ça vous coûteux ? Non, c'est c'est c'est je pense pas que ce soit une histoire de coup, c'est une histoire d'organisation au début de la matinée pour faire en sorte que quand tous les collégiens arrivent, on puisse déposer les les portables. En revanche, bon, ça suppose un petit temps de préparation, je suis pas inquiet, on est fin septembre.
Que tout soit opérationnel au jour d'aujourd'hui ou ne soit pas, c'est pas perturbant. Par contre, il faut que tout le monde aille dans le même la même direction. On va passer à l'actualité politique et Sébastien Lecnu qui a donc donné une interview su au journal Le Parisien dans laquelle il dit que lui et son gouvernement sont sous la tutelle du parlement.
Le mot est fort. Est-ce que c'est le cas ? C'est c'est la réalité.
C'est celle que nous vivons depuis depuis un an. Il y a pas de majorité. Donc forcément pour arriver à faire passer des textes et passer des lois de finances, il faut trouver des accords.
On est revenu à un système de gouvernance parlementaire et et c'est tout l'enjeu de ce qui est en train de se passer actuellement, c'està-dire est-ce que ça fonctionne ? Est-ce que ça marche ? Est-ce que les formations politiques notamment à l'Assemblée nationale sont suffisamment mur responsables pour passer des accords ?
C'est c'est l'enjeu des jours à venir. Et vous pensez que ce sera le cas ? Il dit qu'il faut revenir au parlement d'autrefois, aller chercher des compromis en séance jusque tard dans la nuit que lui-même donnera l'exemple.
Là, il est dans une rupture avec ses prédécesseur. Oui, surtout je pense qu'il fait un constat, c'est la réalité, ça se passe comme ça. On le voit sur des textes ordinaires et on va le voir bien sûr sur sur la la loi de finance. il va falloir trouver des accords.
Mais pour trouver des accords, il faut que les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale soient responsables et qu'elles veuillent trouver des accords. Et c'est tout le l'enjeu des des jours à venir. Est-ce qu'on est dans du du calcul de politicien, j'allais dire qui aboutira à un échec ou est-ce que on prend en compte les grands enjeux de la France ?
Et vous pensez que ce sera le cas ? Nous verrons la fin de la semaine. Vous redoutez qu'il y ait pas de budget ?
Oui, bien sûr. Je je redoute qu'on soit dans une situation d'impasse politique parce que je crois que ce sera un profond constat d'échec euh et que les les Français jugeront surtout très durement la situation. Il faut pas se euh tromper.
Dans les petits calculs euh politiques que certains ont à l'esprit euh actuellement, euh la la sentence des Français euh sera à mon avis très forte. Alors Sébastien Lecnou, il dit pas de retour de l'ISF, pas de taxe Zucman. Euh, il dit aussi dans sur un un autre registre non à une suspension de la réforme des retraites.
Est-ce qu'il a raison de fermer autant de portes à la gauche ? Oui, ben il faut former les les portes irréalistes. L'attaque Zukman c'est une aberration.
Tout tout tout le monde le le sait. C'est même dommage que le débat politique soit tiré depuis quelques semaines sur cette taxe dont on sait qu'elle est elle est inapplicable, invraisemblable et et dangereuse. En revanche, il ouvre d'autres portes parce qu'on on sait qu'il faut davantage de de justice fiscale.
C'est c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille notamment avec les députés et les sénateurs socialistes, mais ne nous égarons pas sur des pistes qui brouillent complètement le message et qui fait qu'à la fin, c'est beaucoup plus difficile de se retrouver. Donc une taxation des plus riches, des plus grandes entreprises. Oui.
Oui. C'est c'est des pistes sur lequel on a travaillé ici au Sénat depuis plusieurs années. Notamment le groupe centrist a mis en avant depuis plusieurs années.
On sait qu'il faut aller dans cette direction. Il faut arriver à trouver quelque chose qui ne soit pas contreproductif du point de vue de l'économie et de l'emploi. C'est c'est la difficulté du système mais il faut aller vers davantage de justice fiscale.
Donc là-dessus, vous pensez à un compromis possible avec le PS notamment si si le PS est raisonnable. ce ce que j'espère parce que les les députés comme les sénateurs socialistes sont des gens qui sont raisonnables et responsables mais s'ils vont dans cette logique et s'il surtout s'ils prennent leur distance par rapport aux insoumis parce que c'est tout l'enjeu de politique actuellement c'est qu'ils prennent leur distance par rapport aux insoumis et sans braquer les LR parce queils ils sont pas forcément favorables à plus de taxes et à des taxes qui visent les plus riches. C'est la difficulté des compromis c'est que dans un compromis chacun fait un effort et en fonction de la demand à vos partenaires ici au sénat de faire un effort.
Oui bien sûr. sur sur la taxation des des plus riches, il faudra faire un effort. On sait que c'est une attente aussi de de la population et que dans le point d'équilibre qu'il faut trouver, c'est un élément important.
Le Premier ministre qui en appelle également a une meilleure maîtrise des dépenses des collectivités et on va voir ce qu'on pensent les élus locaux. On va en Alsace, on retrouve Antoine Nommé. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
Vous êtes MPS de Vittenheim, c'est dans le hain. Vous êtes également trésorier général de l'association des maires de France. Antoine nommé, je le disais dans son interview au parisien, Sébastien Lecornu en appelle, je cite, à une meilleure maîtrise des dépenses des collectivités territoriales.
Il dit "Les efforts ne seront compris que s'ils sont partagés et justes." Vous n'êtes pas d'accord ? Alors, on l'a déjà fait.
C'est-à-dire que je suis très étonné que Sébastien Lecournu qui a été élu local très longtemps tombe dans le même piège que je considère que les collectivité ne gérerait pas bien. Nous sommes soumis contrairement à l'État à la règle d'or et donc nous avons perdu des dizaines de milliards de DGF. On pourra reparler de la taxe d'habitation.
Donc je crois qu'il faut que le gouvernement balille devant sa porte et que dans le dialogue avec les élus, ce n'est pas une bonne manière de l'engager que de laisser à croire que nous aurions des marges de manœuvre. ce qui n'est plus le cas depuis 15 ans 20 ans sous les différents gouvernements, on a mis à mal la fiscalité locale, on nous a privé de ressources, on nous a mis en difficulté. Donc même si nous voulions, je ne suis pas sûr que cela soit aujourd'hui possible et donc c'est pas une bonne façon d'engager le dialogue.
Je suis étonné de cette façon de faire. Ouais. Et la GF juste le précise, c'est la dotation globale de fonctionnement.
C'est la la principale dotation qui qui va aux collectivités. Laurent Lafonquet, qu'est-ce que vous dites de de ce que vient dire monsieur le maire ? C'est pas la c'est pas la bonne méthode.
C'estàd qu'il faut y aller avec mesure. Ici au Sénat, la majorité sénatoriale a a donné les limites de l'effort, hein. En l'occurrence, on a chiffré à 2 milliards, donc un effort à hauteur de 2 milliards, mais pas plus pour faire en sorte que ce qui fonctionne ne soit pas déstabilisé.
Or, les collectivités locales aujourd'hui, elles fonctionnent dans la diversité des des niveaux de collectivité et notamment elles investissent puisque c'est un des une des grandes faiblesses de l'État aujourd'hui, c'est qu'il n'investit pas. Il faut pas qu'on freine l'investissement local et pour ça il faut que l'effort demandé soit mesuré. On l'a chiffré nous ici au Sénat 2 milliards d'euros.
Mais est-ce que vous diriez comme Sébastien Lecnu qu'il faut une meilleure maîtrise des dépenses des collectivités ? Mais ça tout gestionnaire d'argent public doit euh maîtriser euh ce ces son l'argent public et et donc les collectivités comme tout autre opérateur. Euh je je n'ai pas noté que les collectivités étaient dans des excès, dans des abus, dans des euh Mais ils savent les maires, les présidents de conseil départementaux et les et et régionaux savent que nous sommes dans une période où tout argent public doit être maîtrisé avec beaucoup de rigueur et de sérieux ce qu'au fond notamment beaucoup de ma.
Ouais. Antoine Nommé, qu'est-ce que vous dites de Je constate que nous sommes d'accord avec monsieur Lafond que au-delà des différences et la MF est une association transpartisane, nous sommes d'accord, les maires ne sont pas éloignés des habitants, ils sont face à eux, ils sont responsables, ils devront bientôt rendre compte prochain et de toute façon, nous avons toujours été face à une contrainte financière de proximité avec la baisse des dotations extrêmement brutales et je l'ai dit hein, qui a concerné différents en gouvernement avec la suppression de la taxe d'habitation qui fut une énorme erreur et qui a été une des causes d'ailleurs du des difficultés budgétaires du pays. Et bien évidemment que nous sommes depuis très longtemps soumis à une contrainte forte et que nous nous adaptons pourquoi ?
Pour maintenir les services publics à la population. Cela font a été ma aussi. Euh nous sommes ceux euh qui gérons les services publics de proximité en contact avec les habitants.
Donc nous sommes responsables par principe. Ah, on a on a on a un petit problème de de Ah oui, c'est bon, je vous entends. Euh, monsieur Humet.
Juste, vous nous parlez beaucoup de la taxe d'habitation. Alors, on le sait hein, que les maires dénoncent la suppression de cette taxe d'habitation parce que ça fait une ressource en moins pour les communes. Est-ce que du coup vous demandez le retour d'un impôt local qui se réait fléchait sur les communes ?
Alors la position de la MF sur ce point est très très claire. Cela fait plusieurs années que nous disons qu'il n'est pas juste que l'ensemble des citoyens ne contribue pas aux dépenses publiques. Après, il faut le faire de façon juste, proportionnée en fonction des ressources des uns et des autres.
On peut également le faire à enveloppe égale. Par exemple, aujourd'hui, beaucoup de citoyens se plaignent les propriétaires d'être les seuls à payer. C'est vrai que ça n'est pas équitable.
Donc, il s'agit pas de donner un coût fiscal, il s'agit d'équilibrer les choses. Et euh aujourd'hui, lorsque nous discutons avec les habitants, ils comprennent cela très bien. Rien n'est gratuit dans ce monde et par conséquent, les services publics locaux ont un prix.
Il est équitable que tout cela soit justement réparti. Mais je le dis encore une fois, en fonction des capacités contributives de chacun, il faut être juste et équitable. C'est la position de la MF.
C'est une position de responsabilité. Nous refusons la démagogie et nous savons que les baisses d'impôts non financés de monsieur Macron était une des principales causes, on ne le dit pas assez, de la situation financière du pays aujourd'hui. Laurent Lafond, est-ce qu'il faut envisager de rétablir un impôt qui finance les communes ?
Oui, bien sûr. Après toute la difficulté, c'est est-ce que c'est le moment de le faire ? On voit bien que le le débat sur la fiscalité, il est complexe.
Le débat sur la pression fiscale est très complexe. Je partage l'avis de de monsieur le maire. Le fait d'avoir supprimé des impôts locaux, c'est une mauvaise chose pour les collectivités locales parce que ça fait ça leur diminue leur autonomie fiscale, mais c'est une mauvaise chose surtout dans le lien entre la commune, les collectivités, on va dire de manière générale et le et et les habitants, les citoyens contribuables.
C'est important cette forme de responsabilisation à travers l'impôt et c'est vrai que les différentes suppressions, il y a eu la taxe d'habitation comme le rappelait monsieur le maire, mais il y en a eu d'autres aussi d'un pot locaux qui on été diminué voire supprimé. Tout ça n'allait pas dans le bon sens. Merci Antoné, merci d'avoir été avec nous, maire de Venheim, trésorier général de l'association des maires de France.
Autre sujet dans l'actualité, c'est cette interview hier dans le journal du dimanche de Nicolas Sarkozy qui reparle de sa condamnation disant que c'est une extrême gravité pour l'état de droit. Est-ce que c'est une décision de justice politique ? Écoutez, moi j'irai pas jusque là d'abord parce que je pense qu'il faut pas trop commenter les décisions de de de justice.
Il faut expliquer respecter cet état de notre état de droit qui fait que la justice est est indépendante. En il aurait pas dû tenir ses propos Nicolas Sarkozi ? C'est c'est un c'est un homme qui est sans doute blessé et qui a des choses à dire et il a sa liberté d'expression.
En revanche, c'est vrai que une des difficultés de la justice actuellement, c'est d'arriver à faire mieux comprendre ces décisions. Et et c'est vrai que il y a sans doute une communication à voir de la part de la justice pour que les décisions en droit soient davantage expliquées et donc compris parce que c'est la décision de la semaine dernière de concernant Nicolas Sarkozy, c'est vrai, a posé un certain nombre d'interrogations de droit. Je parle pas de de politique mais en droit et c'est vrai qu'on aurait besoin d'explication de et notamment celle de l'exécution provisoire qui fait que le chef de l'État, l'ancien chef de l'État ira en prison avant même d'être jugé en appel.
Gérard Larchet dit que ça questionne cette exécution provisoire. Il faut revenir sur cette loi. Oui, ça ça questionne effectivement on sait dans quel état d'esprit a été instaurée cette exécution provisoire. c'est éviter des récidives, faire en sorte que quelqu'un qui peut nuire à la société qui présente un danger soit tout de suite incarcéré.
Bon, évidemment, Nicolas Sarkozi ne rentrait dans aucun de de ces cas de figure. Donc ça effectivement ça pose question le recours non pas systématique mais plus régulier à l'exécution provisoire. C'est là où on aurait besoin d'avoir un un dialogue avec euh la justice pour savoir quelle interprétation ils font de cet article. de de de loi et de ce dispositif législatif parce que manifestement il y a une il y a un écart entre ce que voulait le législateur et la façon dont ça a été appliqué.
On va parler de l'audiovisuel public puisque dans les prochains jours, vous allez rencontrer les patrons de l'audiovisuel public ainsi que l'ARCOM, l'autorité régulatrice et c'est l'objet de votre éclairage. Alexandre, le Sénat qui lance donc cette semaine un cycle d'audition sur l'audiovisuel public en plein dans la tourmente. Oui.
Alors, dès demain, une délégation de sénateur les Républicains va se rendre à France Télévision pour rencontrer la présidente de France Télévision, Delphine Ernaut. Ce mercredi, le président de l'ARCOM, l'autorité de régulation de l'audiovisuel public sera auditionné au Sénat. Tout comme la semaine prochaine, Delphine Ernut, la présidente de France Télévision et également Sibil Veille, la présidente de Radio France.
Alors, les sénateurs souhaitent réaliser ces auditions alors que la guerre est déclarée entre l'audiovisuel public et les médias appartenant à Vincent Boloré. Une querelle ancienne mais qui s'enflamme depuis 3 semaines et depuis la vidéo. La diffusion d'une vidéo par le média d'extrême droite l'incorrect montrant deux journalistes de France interre Thomas Land et Patrick Cohen dans une brasserie parisienne avec des responsables du Parti socialiste.
Thomas Land leur assurant que lui et Patrick Cohen et je cite s'occuper de Rachid Adati en vue des municipales à Paris. S'en est suivi une campagne d'attaque des médias du groupe Boloré contre l'audiovisuel public, que ce soit dans la presse écrite. On voit cette une journal le JD News, le magazine du journal du dimanche ou alors à la télévision sur la chaîne C News des attaques contre l'audiovisuel public auquel la présidente de France Télévision Delphine Ernote a répondu de manière assez virulente le 18 septembre dernier dans une interview au journal Le Monde.
Je la cite, il faut admettre que ces news est un média d'opinion qu'ils assument d'être une chaîne d'extrême droite. Laurent Lafond, est-ce qu'une présidente d'un groupe d'audiovisuel public doit tenir ses propos ? Moi je je trouve que les propos de Delphines sont maladroits.
Euh d'abord parce que c'est c'est comme vous l'avez rappelé à l'instant, c'est pas nouveau. Euh le fait que euh l'extrême droite soit très opposé à l'audiovisuel public, c'est même, j'allais dire hein de de leur fondement euh idéologique. Donc on n'est pas dans quelque chose de nouveau.
En revanche, ce qui ce qui est de nouveau, c'est effectivement qui est cet affrontement entre des responsables de l'audiovisuel public et et un courant de pensée en l'occurrence celui de de l'extrême droite. Je pense que l'audiovisuel public doit se placer au-dessus de de ça et et doit être dicté en permanence par un souci d'impartialité, d'éclairage, de travail de fond. Et c'est dommage que justement cette cette attitude de la présidence de France Télévision vienne brouiller ce message et cette attitude que doit avoir l'audiovisuel public.
Et sur le fond, est-ce que Delphine Ern a raison ? Est-ce que C News est une chaîne de télévision d'extrême droite ? Moi, je j'irai pas jusque là.
C News est une chaîne d'opinion. Oui, très clairement dans l'organisation de leurs émissions, dans leur ligne éditoriale, il referaiit une opinion, pas plusieurs opinions. Donc de ce point de vue-là, c'est c'est une chaîne d'opinion.
Est-ce que la présidente de France Télévision d'un groupe qui est sans commis de mesure avec ces news en terme d'audience, en terme de budget doit se placer au même niveau que ces news en allant l'affronter directement ? Honnêtement, je ne pense pas. Et dans ce contexte, la Cour des comptes publie un rapport critique sur les finances de France Télévision.
Oui, les temps sont durs pour euh France Télévision qui va connaître un déficit de 40 millions d'euros cette année. On le rappelle, le budget de France Télévision est de 3 milliards d'euros euh dont 80 % de subvention euh publique. Et selon euh le rapport de la Cour des comptes France Télévision se trouve, je cite, dans une situation non soutenable, sans réforme structurelle majeure.
Ce rapport pointe du doigt. Alors premièrement, une masse salariale et des avantages sociaux trop importants dans le groupe. Ensuite, la stratégie de l'État très hésitante ces dernières années est également critiquée par ce rapport.
Et puis les sages de la rue Cambon appellent euh le groupe à réaliser les investissements nécessaires pour réaliser la transition, réussir la transition euh numérique. Laurent Lafonde, Delfini Nut a réagi à ce rapport de la cour de la Cour des comptes et elle estime, je cite, que ce déficit est dû à la mauvaise stratégie de l'État. Depuis la fin des Jeux Olympiques, l'État a coupé à peu près tous les 2 mois la subvention publique à France Télévision.
Est-ce qu'elle a raison ? Elle a partiellement raison. Le rapport de la Cour des comptes est beaucoup plus complet que ça.
Et dans le court résumé que vous avez fait, c'est très juste. Il y a certes un effort de l'État qui doit être un un un un investisseur davantage attentif au aux besoins stratégiques de France Télévision. Mais il y a aussi des efforts à faire en interne à France Télévision et et vous l'avez rappelé, ce qui plombe les comptes de France Télévision actuellement, c'est des accords collectifs qui en terme de masse salariale pèsent lourd sur les comptes et l'audiovisuel public ne peut pas passer à chaque fois à côté des réformes.
Et on voit bien que à travers ce que les propos de Delphine Airnaut, il y a cette volonté de dire ne bouge pas, ne nous ne nous mobilisons pas sur des objectifs de réforme et ça c'est dangereux pour l'audiovisuel public. On voit bien que le secteur audiovisuel est en pleine mutation, que les concurrents de l'audiovisuel public vont très loin dans les transformations et que il y a une tentation propre à l'audiovisuel public de dire "Ne changeons rien." Et ça, je crois que c'est un vrai danger.
Donc pour alléger cette masse salariale de France Télévision, il faut supprimer des postes. Non, c'est pas ça. Il faut revoir les les accords collectifs.
Il faut que les métiers de l'audovisuel public s'adaptent aux nouvelles technologies. La Cour des comptes le montre très bien dans son rapport. On a une organisation très segmentée qui n'est plus adaptée au aux nouvelles technologies.
C'est c'est tout ça qui faut revoir. Évidemment, ça sera un peu perturbant pour les les salariés de de de France Télévision, mais c'est absolument nécessaire si on veut que l'audiovisuel public gagne en agilité et soit davantage concurrentiel par rapport au aux grands acteurs qui ne sont pas, je le répète, que des acteurs français mais des acteurs américains qui vont très vite dans ce secteur. Des syndicats demandent l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur la trajectoire budgétaire de France Télévision ces 10 dernières années.
Est-ce que vous allez le faire ? Non, pas sur la trajectoire budgétaire. La trajectoire budgétaire, c'est des décisions qui été prises en en loi de finance.
C'est c'est ainsi. En revanche, nous suivrons avec beaucoup d'attention. Delpine Arnot a annoncé la la qu'elle révisait les accords collectifs.
Nous suivrons avec beaucoup d'intention la la les nouvelles négociations qui qui vont s'ouvrir et et surtout seront extrêmement vigilants pour faire en sorte que ça aille dans le bon sens. Donc, il y aura pas de commission d'enquête parlementaire sur France Télévision. pas à mon initiative en tout cas, pas sur le point de la trajectoire budgétaire mais sur un autre point.
Non, on verra. Nous allons lancer un cycle d'audition, vous l'avez dit à l'instant avec le président de l'Arcom et surtout les deux présidentes de l'audiovisuel public en fonction de des réponses qui nous seront apportées. Nous verrons comment nous conons.
Est-ce qu'il peut y avoir un manque de transparence et des choses qui méritent d'être creusé ? Non, je je crois que c'est nécessaire que les présidents de l'audiovisel public aient un dialogue avec la représentation nationale et en l'occurrence avec le Sénat. On a un certain nombre de points de questions à leur poser, que ce soit sur des questions d'impartialité, que ce soit sur des questions de gestion des entités publiques.
Ce dialogue, il est nécessaire et important et en fonction de ce qui nous sera dit, nous verrons quelle poursuite nous ferons à nos travaux. On parle de l'audio de la PPL pardon proposition de loi sur l' audiovisuel public. Oui, puisque Laurent Laffond, vous êtes l'auteur d'une proposition de loi de réforme de l'audiovisuel public qui crée une holding chapautant les différentes entités de notre de notre audiovisuel public.
Dans le calendrier du Parlement à venir, dans les semaines, dans les mois à venir. Est-ce que cette réforme doit doit être une priorité ? Oui, elle est indispensable et on le voit bien les les l'audiovisel public est arrivé au bout d'un cycle.
Il faut inventer, créer un nouveau cycle euh qui permette à l'audiovisuel public d'être davantage de d'être plus agile, d'être plus performant et cetera. Euh et tout en restant bien sûr sur ces missions de service public. Cette réforme, elle est absolument indispensable et ce qui vient de se passer depuis 15 jours 3 semaines, on est une nouvelle fois l'illustration.
Et vous pensez qu'il y aura de la place pour cette réforme dans le calendrier ? Tout devient plus compliqué forcément dans le contexte politique qui est les nôtres et puis dans le fait que bah chaque semaine qui passe, c'est un temps parlementaire en moins. C'est des des jours pour lequels on aurait pu faire passer un certain nombre de textes qui qui disparaissent.
Mais moi, je souhaite bien entendu que cette réforme aille jusqu'au terme. On y est presque. Il reste plus qu'une lecture à l'Assemblée nationale.
On va aller voir l'actualité dans votre département du Val de Marne. On retrouve Cécile Dubois. Bonjour Cécile, merci d'être avec nous.
Rédactrice en chef de 94citoyen.com. Cécile avec vous.
On va évoquer le dossier du projet de prison de noiseau. Les choses se précisent. Oui, pas dans le sens voulu par les élus.
Le projet de d'une prison de 800 places à Noiseau qui est une petite ville qui compte encore des terres agricoles a fait l'unanimité des habitants et des élus contre lui depuis son annonce par l'État en 2018 donnant lieu à de nombreuses mobilisations, des manifestations aux démarches en coulisse. Un des derniers remparts était le schéma directeur régional qui prévoyait de maintenir des activités agricoles sur place. Mais cet été, la publication de ce schéma définitif a douché les espoirs.
L'État a en effet conditionné la validation du schéma à l'ajout d'une pastine ouvrant la voie à une possible artificialisation des sols pour pouvoir construire la prison. Euh et pourquoi il a fait ça ? Parce que euh la prison a fait l'objet d'un classement en projet d'intérêt général par l'État en 2024.
Alors étant donné le problème de surpopulation carcérale actuelle, il semble assez peu probable qu'un fléchissement puisse intervenir maintenant sur ce sujet. Est-ce que comment réagir dans ce contexte ? Faut-il renoncer à s'opposer au projet et l'accompagner ou y a-t-il encore des voies de recours crédible et lesquels ?
Monsieur Lafond, d'abord si bien résumé la situation. On est dans un bras de fer entre l'État et et les élus, les collectivités de de d'un côté puisque effectivement il y a une unanimité côté élu et collectivité pour s'opposer à ce projet qui n'a jamais été fait en partenariat, de jamais été fait en concertation et qui nous est imposé dans un endroit où on pense que ce n'est pas adapté pour plusieurs raisons. La question de la préservation des terres agricoles, mais aussi le problème d'accès à ce ce future prison, la voirie n'est pas adaptée.
Et donc bah il faut continuer ce ce bras de fer sur le plan politique bien entendu, mais aussi sur le plan juridique. Il y a un certain nombre de recours qui ont été déposés. Nous verrons quels sont les issues à ces à ces recours.
Cécile, merci. Tout est clair. Merci beaucoup.
Merci. Merci beaucoup à Cécile Dubois pour votre réponse rédactrice en chef de 94citoyen.com.
Merci Cécile d'avoir été avec nous. Un dernier mot Laurent Lafond puisque dans quelques secondes à votre place, on va recevoir Éric Cocrel, le député la France insoumise qui a déposé une proposition de loi la semaine dernière pour interdire la multipropriété dans le sport. C'est-à-dire qu'un actionnaire ne pourrait pas avoir un club français et un club européen.
Est-ce que vous y êtes favorable ? Alors, la proposition de loi telle qu'elle est rédigée, pas forcément, mais en revanche que nous travaillons sur ce sujet, oui, et qu'on travaille avec tout le monde, oui, nous-même avec Michel Savin, on a on a commis un rapport euh sur la financiarisation du football français dans laquelle nous dans lequel nous, pardon, nous abordions la question de la la multipropriété parce que c'est vrai que ça c'est un sujet nouveau qui pose question et qui pose question notamment du point de vue des règles sportives. Voilà.
Est-ce que la multipropriété ne vient pas mettre en difficulté les les compétitions sur un plan sportif ? Donc il y a sans doute nécessité de d'encadrer davantage cette multipropriété. Est-ce qu'il faut aller jusqu'à l'interdire ?
Tel que propose Écrel. Je crois honnêtement que ce ne soit pas ça n'est pas faisable d'un point de vue juridique notamment au regard du du droit européen. En revanche à mieux l'encadrer et à donner à la DNC à la DNCG qui est l'organisme de contrôle de gestion des moyens pour prévenir les situations dans lesquelles une multipropriété peut poser problème.
Je crois que c'est nécessaire. vous allez vous allez pouvoir travailler avec lui. C'est une proposition de loi qui est transpartisane.
On est ouvert avec tout le monde. Nous nous-mêmes nous avons une proposition de loi qui est d'ors et déjà dans les tuyaux législatifs puisqu'elle a été votée quasiment à l'unanimité ici au Sénat et on attend le passage à l'Assemblée nationale. On peut imaginer que dans la proposition de loi que j'ai déposé et pour lequel Michel Sav était le rapporteur, euh il y ait aussi des amendements qui se greffent sur la question de la la multipropriété.
C'est pas inenvisageable donc il faut qu'on travaille ensemble. Merci Laurent Lafond. Merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. [Musique]
Laurent Lafon