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interviewParti socialiste (sur YouTube)· 8 juillet 2026 34 minAutoproduit

🟣 La loi intégrale, au coeur du Projet socialiste

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] Bonjour et bienvenue dans Vivre Libre, l'émission qu'on a décidé de consacrer au nouveau projet socialiste. les 30 minutes avec deux invités pour débattre de notre proposition pour transformer la société et nous avons décidé de consacrer cette première émission à la question des violences sexistes et sexuelles faites aux femmes mais aussi faites aux enfants dans le contexte du meurtre tragique de la petite Liana il y a peu. Liana avait 11 ans. son assassin et son violeur présumé faisaient déjà l'objet de plainte pour viol de la part d'autres petites filles et pourtant il n'a jamais été inquiété ni par la justice ni par la gendarmerie jamais entendue jamais fouillé et donc on va chercher à comprendre ce qui ne va pas dans cette société qui n'arrive pas à protéger ses enfants dans cette société qui fait que seul 1 % des viols dépouchent aujourd'hui sur une condamnation.

C'est un problème global qui demande une réponse globale et au Parti socialiste, nous nous portons à travers la voix de la députée Céline Thiebo Martinez que j'ai la joie d'accueillir sur ce plateau, la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles conjointement avec tout un ensemble d'organisations et d'ONG féministes dont la fondation des femmes. Et donc je présente mes deux invités pour aujourd'hui. Céline Tierbo Martinez, tu es député de S et Marne et tu es l'autrice de cette proposition de loi intégrale contre les violences sexiste et sexuelle qui va être examiné à la rentrée à la suite d'une mobilisation dont vraiment je vous félicite féministe suite au meurtre de la petite Liana pour que enfin le gouvernement inscrive cette proposition de loi à l'ordre du jour et Florian Bol tu es directrice des affaires publiques. de la fondation des femmes.

La fondation des femmes, c'est un peu la maison des associations féministes en France. Sans vous, il y aurait plein d'association féministe sur le terrain qui ne pourraient pas continuer à vivre. Donc, vous avez un rôle absolument essentiel. [musique] Donc ces violences sexistes et sexuelles qui sont massives dans notre pays, on nen peut plus, ça peut plus durer.

Et avant de discuter de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles que nous portons, je voudrais peut-être qu'on s'arrête d'abord sur la réalité de ces violences sexistes et sexuelles. Il y a eu alors des prises de conscience avec l'affaire péico et cetera. On sait que il y a une femme tous les 3 jours en France qui meurt sous les coûts de son conjoint ou de son ex-conjoint que 160000 enfants par an victimes de violence sexuelle.

Mais est-ce que Floriane, tu pourrais revenir sur des chiffres pour nous éclairer sur le caractère massif de ce phénomène et nous dire aussi pourquoi il y a une défaillance structurelle, une incapacité de notre pays à y faire face toujours à présent. Oui. Alors, c'est vrai que les violences sexuelles, elles sont elles sont massives et ça c'est aussi cette prise de conscience qui a amené à tout ce mouvement, qui a amené pour à une coalition féministe et enfantiste pour pour une loi intégrale.

Euh quelques chiffres, c'est nous le chiffre qui a vraiment aussi amené un déclic en 2024, c'est le 94 %. 94 % de classement sans suite pour les plaintes pour viol sur les femmes majeures. C'est une enquête de l'Institut des politiques publiques qui publie ça en 2024, qui publie ce chiffre au moment où il y a eu un peu avant le séisme, enfin l'affaire qui qui a été provoquée par Judith Godch, l'affaire de la baie pierre, il y a eu la 2024, c'est une une des années depuis 2017 et mi-tou, on ne cesse d'avoir cette accumulation d'affaires de moments où on se pose collectivement, on parle collectivement des violences sexuelles et de la justice qui n'avance pas.

Euh mais en 2024, il y a eu un nouveau et un acmé parce que aussi finalement Mou était en 2017 et il y avait pas eu de grande loi sur les violences sexuelles. Et les chiffres nous, on les connaît. Ce qu'on avait pu aussi mesurer, c'est que ce qu'il faut avoir, ce dont il faut avoir conscience, c'est qu'avec mitou, il y a eu cette on parle de libération de la parole, mais il y a eu ce grand moment où à la fois de prise de conscience, de révélation, des violences qui ont été vécues.

Et on a dit aux femmes et le gouvernement a dit aux femmes les réseaux sociaux c'est pas l'endroit où aller chercher la justice. Il faut aller en justice. Et donc ce cette augmentation des plaintes enfin nous cette libération de la parole et ce mouvement mitou on l'a vu [grognement] dans les chiffres.

C'estàd qu'on a vu entre 2016 et 2024 une augmentation de à plus de 200 % des plaintes. [grognement] Il y a vraiment eu cette explosion. Les associations, elles les ont elles l'ont vu tous les jours sur le terrain euh sur les les portes enfin de c'est les elles ont été sursollicitées cette explosion des demandes et ça s'est pas traduit ni dans les moyens ni donné aux associations ni dans un sursaut de se dire en fait on va avoir cet afflu de parole comment on y répond et nous les associations féministes on a cessé d'alerter là-dessus en disant vous envoyez les victimes dans le mur les associations n'ont pas les capacités de leur répondre la justice n'a pas été pensé pour répondre à cette ce grand mouvement de de plainte pour les violences sexuelles.

Et en fait, c'est vrai que aujourd'hui, c'est à peu près 120000 plaintes pour violence sexuelles qui sontgan enregistré tous les ans, enfin récemment en fait pour pour par les services de police et on estime à plus de 300 3200 je crois le nombre de victimes de violence sexuelle par an et là encore on parle des femmes majeures pour les enfants. On sait c'est les chiffres de la Civis qui nous ont beaucoup éclairé. 160000 enfants euh par an, trois enfants par classe.

Et c'est des chiffres qui sont absolument massifs et c'est vrai que l'affaire Liana, elle nous impose aussi à nouveau d'ouvrir ce regard sur ce qu'on veut souvent pas voir, qui sont les violences sexuelles faites aux enfants. Donc ce que tu nous dis très bien, c'est que au moment de Mou, on a fini par dire aux femmes "Arrêtez de vous plaindre sur les réseaux sociaux, vous faites de la délation, portez plainte" et en fait ensuite on a juste pas su traiter leurs plainte, leur donner un débouché. judiciaire, même en matière d'enquête.

Céline, toi qui est député euh qui est confronté chaque semaine au gouvernement, comment expliques-tu cette inaction euh si on peut appeler ça comme ça, ou ce manque d'action du gouvernement à agir pour protéger les femmes et les enfants dans notre pays ? Alors, je pense que l'inaction du gouvernement euh c'est peut-être pas exactement une inaction, c'est plutôt une façon de faire he qu'on voit sur les violences faites aux femmes et sur tout un tas d'autres sujets euh qui est une action qui est très opportuniste, c'est-à-dire que euh ce gouvernement et les ceux qui qui l' qui qui l'ont précédé face un à une affaire comme Liana et on a bien vu la la toutes premières réactions du garde des saut mais aussi du premier ministre he qui depuis a cheminé a évolu élu, c'était de dire c'est un dysfonctionnement euh et de proposer tout de suite des solutions de type on va renforcer la gravité des peines et cetera. Donc être c'est des réponses immédiates mais c'est pas des réponses de fond.

Donc avec l'affaire Liana, ce que ce qu'on a fait avec les associations féministes et enfantistes, c'est justement apporter cette grille de lecture et dire non, ça n'est pas du dysfonctionnement. Vous ne pouvez pas une fois de plus nous faire une réponse ponctuelle. On a besoin d'une réponse de fond.

Hm. Et Emmanuel Macron, sa première une de ses de de ces premières réactions à l'affaire Liana, ça a été de dire "Ne me dites surtout pas que c'est un problème de moyen. Euh c'est un problème de défaillance individuelle en gros et c'est pas une question de moyen." Qu'est-ce que tu penses de cette affirmation là du président de la République ?

B enfin c'est une forme d'entêtement. Je pense à vouloir expliquer que quel que soit le sujet, c'est pas une question de moyens. Donc celui-ci comme les autres.

Euh les quelques chiffres de comparaison, hein, qui sont maintenant assez connus puisqueils sont régulièrement mis en avant, euh des moyens euh dont on dispose de la justice française par rapport aux moyens qui sont donnés à la justice allemande, par exemple, la justice espagnole, on voit bien que la France est pas très très en retard. C'est-à-dire que on a on est totalement enfin notre système judiciaire, il est totalement sous-doté du début jusqu'à la fin de la chaîne. Euh donc peut-être que c'est pas un problème de moyens en fait.

Si parce que on manque de magistrat, on manque de de d'officiers de police judiciaire. Toute la chaîne euh a besoin de moyens supplémentaires. Et la question c'est comment dans maintenant et un temps qu'il faut déterminer, donc il faut programmer, on est en capacité de rattraper ce retard.

Mais pour pouvoir rattraper ce retard, il faut fixer un objectif. Et aujourd'hui, l'objectif euh en terme de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, c'est d'abord et avant tout un objectif qui est fixé par la coalition des associations, qui est fixé par les parlementaires qui ont euh signé le texte de la de la loi intégrale, mais du côté du gouvernement, voilà, et on voit bien qu'ils sont en train de d'avancer, mais ça reste quand même pas très clair jusqu'à présent. [musique] Alors sur ce point, on va en venir justement à la solution qui peut se résumer en une phrase : une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.

J'aimerais bien qu'on revienne sur la jeunèse de cette loi que vous nous racontiez ça. C'est porté par tout un collectif d'associations féministes et maintenant de parlementaires en France, mais aussi sur l'historique et la comparaison avec l'Espagne qu'on fait qu'on fait souvent. En 2004, je crois l'Espagne a adopté une loi contre les violences sexistes et sexuelles.

Est-ce que tu peux nous en parler par exemple Florian si tu connais cette histoire là ? Oui, mais c'est vrai que c'est la loi intégrale, pourquoi on demande aussi une loi intégrale ? C'est vraiment pour s'inscrire dans cet héritage ou cet exemple espagnol qui est souvent cité en France quand l'Espagne adopte en 2004 cette loi intégrale alors à l'époque contre les violences conjugales depuis elle en a adopté d'autres aussi sur les violences sexuelles et sur les violences faites aux enfants.

Elle l'adopte avec un plan de société de dire il ça suffit les violences conjugales. C'est à la suite d'un cas de féminicide qui avait retourné l'opinion. Euh l'Espagne était très marquée par les féminicides et ce qui a montré le gouvernement espagnol qui associe 1 milliard d'euros hein à ces à cette loi intégrale, c'est que c'est possible de faire baisser les féminicides si on y met de la volonté politique, des dispositifs innovants, spécifiques et adaptés et euh et des moyens.

Et cet exemple-là, il a cessé d'inspirer les féministes françaises, notamment en 2019 au Grenel des violences conjugales. Nous, à la fondation des femmes, on s'est fondé sur le fait que justement la lutte contre les violences, c'est une affaire de moyens. Donc, on peut pas forcément entendre ce que le président nous dit et c'est un discours qui nous tient euh qui nous est tenu évidemment de façon répétée depuis 10 ans.

On a obtenu grâce à nos chiffrages, grâce à nos mobilisations, des augmentations des moyens mais pas suffisant, pas dans la proportion de ce qui a été fait en Espagne. Et donc c'est aussi pour ça qu'on reprend cette adapte ce titre de loi intégrale, c'est pour se mettre dans ce cheminlà qui a été quand même dessiné il y a 20 ans chez nos voisins. On parle pas voilà de de l'autre bout de la terre ou de quelque chose d'incongru.

Et en vrai ce qu'on voit en France c'est que les violences sexuelles et les violences faites aux femmes aussi conjugal elles ne baisse pas remonte. Les féminicides là nous on on s'inquiète de remonter de ces féminicides parce qu'on n pas pris ce tournant. Et donc ce qui se passe en 2024, il y a cette accumulation d'affaires à nouveau et puis on on voit que il y a des choses qui ont été faites sur les violences conjugales.

Les violences ont ont quand même été enfin il y a des dispositifs qui ont été efficaces qui ont permis de sauver des vies mais sur les violences sexuelles, il y a pas eu de réponse, il y a pas eu de grande loi. Et aussi ce qui est important en France et c'est pour ça que nous ce qui est historique et inédit, c'est l'aspect féministe et enfantiste. On s'allie avec des associations de droits de l'enfant.

On s salit aussi dans cette coalition avec des syndicats, avec des ONG comme Oxfam par exemple euh pour euh vraiment se dire on va mettre toutes les solutions sur la table, on va porter des choses et c'est aussi euh on va être force de proposition en fait avec ces 140 mesures. Et donc il se passe 6 mois où autour de la table, on écrit toutes les bonnes idées de site de là, on essaie de récupérer, on vient avec ce projet de loi intégrale sur le modèle espagnol. Nous ce qu'on dit c'est en fait on va le faire nous-même si vous voulez pas le faire.

Et puis euh c'était un mouvement aussi. Il y avait une tribune du monde avec tous les visage de ces de ces mitous justement qui avaient été incarnés pendant 10 ans parce que il y a eu ces vagues et ces vagues de de mitou. Il y a eu le mitou incest, le mitou cinéma, il y a eu énormément de de prises de parole et jamais de déclic.

Et la question de la pédocriminalité, elle est très présente aussi quand on parle des violences sexuelles en France. Donc c'est à nouveau ce pourquoi ça fait un tel écho cette affaire et ce meurtre de la petite Liana. Euh et à la fondation des femmes, pardon, j'avais on lance cette pétition qui aujourd'hui a atteint 300 plus de 330000 signatures.

Ce qui ce qu'on voit c'est qu'en fait on dit les associations on demandent des actions, on vous propose des choses et puis la société civile est derrière nous. Quand il y a vraiment quelque chose de la protection des femmes, la protection des enfants contre les violences et notamment les violences sexuelles. Nous, on le mesure à la fondation des femmes.

Ça fait partie des prix des causes prioritaires d'action et de demande d'action. Et puis bah, on échange avec des parlementaires élus nouvellement parfois en 2024 comme avec Céline Thiebo Martinez qu'on connaissait bien sûr pour son engagement féministe et on construit et on construit main dans la main ce qui va ensuite devenir la proposition de loi. Excellent.

Et donc en Espagne, ça a marché dans un pays où voilà avec une culture machiste quand même ancrée euh mais quand même dans notre pays aussi hein. Mais bon voilà et ça ça a fonctionné ça a fait baisser le nombre de féminicides et le nombre de violences sexistes et sexuelles. Oui, ça a fait baisser le nombre de de féminicides et puis ils ont il y a aussi toute une culture de la protection, une culture de la où on croit les victimes et une culture de des de se dire il faut des professionnels formés et spécialisés.

En Espagne, on a des juridictions spécialisées, des policiers spécialisés. Et donc aussi ce qu'on dénonce avec c'est enfin cette loi intégrale, c'est cette culture aussi de la remise en cause des victimes. Ce que nous a montré le procès de Giselle Pélico.

Il y a plus de 50 hommes accusés de viol qui sont sur le banc des accusés et pourtant elle doit subir 2 mois de de procès où on va encore lui demander si est-ce que c'est elle fait bien de se de se balader toute nuit quand elle sort de la de la douche. Voilà. Comment c'est possible que les juges posent de telles questions ?

Et bien c'est la c'est la culture judiciaire. Aujourd'hui, il y a des hauts magistrats comme Genolicos qui ont rendu des rapports qui ont dit la justice en France n'a pas fait sa révolution de genre. Et donc on a cette culture qui est aussi probablement inspirée par enfin voilà la philosophie pénale qui amène en fait quand le doute profite à l'accusé.

Bah finalement, ce qui fait que c'est à la victime euh c'est lafin on se retourne contre la victime. Et c'est aussi tout ce qu'on dénonce depuis très longtemps chez les féministes de se dire en permanence on doit on demande à la victime de prouver qu'elle a vraiment été victime de violence et c'est cette culture là qui est insupportable et c'est ça qu'on appelle la culture du viol aussi. Bien sûr.

Alors Céline, est-ce que tu peux nous expliquer ce qu'il y a dans cette loi dite intégrale ? Parce que c'est vrai que quand on entend le terme tout de suite la question c'est mais qu'est-ce pourquoi ça s'appelle intégral et qu'est-ce qu'il y a derrière ? Qu'est-ce que ça va changer ?

Alors c'est une loi intégrale parce que elle reprend en partie les propositions des associations féministes et enfantistes parce que comme comme Florian l'a dit à un moment quand la coalition féministe enfantiste produit 140 propositions je crois que c'était 140 propositions dedans. Il y a pas que des mesures qui relèvent du du législatif. on a un peu de règlementaire et puis à ce que nous on a appelé euh de la de la bonne pratique.

Donc à partir du moment où on a on a ce travail là où nous on a fait ce tri, donc côté assemblée nationale, on a travaillé avec les parlementaires pour produire un document, un texte en fonction des affinités des uns et des autres, en fonction aussi des priorités qui étaient définies par les associations et et je dois dire que c'était un travail transpartisant, que c'est un travail vraiment parlementaire parce qu'il y avait aussi bien des députés que des sénateurs et particulièrement des sénatrices. Donc il y a il y a il y a une mobilisation de la part des parlementaires qui est remarquable et qui je pense fait enfin participe de la de la dynamique qu'on a autour de cette de cette loi intégrale et de la coalition des associations. dans le dans le texte de la loi intégrale, la première partie, elle est consacrée à ce qui est probablement le le le enfin le cœur du réacteur, c'est notre système judiciaire.

Parce que à titre personnel, je pense que on ne peut pas continuer à faire des lois qui n'aboutissent jamais à une sanction dès lors que ces lois elles prévoient de sanctionner. Et en matière de viol ou d'agression sexuelle, on est exactement dans ce cas-là. euh 1 % des auteurs de viol sont condamnés, 1 % des auteurs d'inceste sont condamnés.

Euh ça c'est pas un système euh qui fonctionne. Euh là pour le coup, on peut dire que c'est un système qui disfonctionne. Donc euh la première partie de la loi, elle est consacrée à euh la constitution de juridiction spécialisée.

Alors c'est pas exactement ce qui se passe en Espagne, mais ça reprend en partie les principes du modèle espagnol. Et donc on a une série de mesures autour de ça. On a des mesures aussi sur dans cette partie sur la formation notamment des magistrat.

Euh on a on a des choses sur euh les expertises médicales euh parce que enfin les expertises judiciaires pardon parce que dans un procès euh souvent il y a des expertises qui sont demandées et quand une victime ou un auteur se retrouve face à un expert qui euh ne connaît pas le psychotraum euh qui ne sait pas ce que c'est que les violences sexistes et sexuelles, qui n'a pas idée que de ce que c'est que la culture du viol, on se retrouve avec des expertises qui souvent desservent la victime et c'est tellement le cas dans notre pays que la France C'est régulièrement condamné par la Cour européenne des droits de l'homme. Donc ça c'est important de le dire. Ce qui est important enfin ce que je veux dire par là c'est que c'est les attentes des associations, les attentes de la société c'est une attente qui vise à plus de justice, une justice qui nous est demandée du fait de nos engagements internationaux, du fait de nos engagements conventionnels.

Donc ça c'est une première partie. On a une partie aussi qui est consacrée à la protection des enfants. Hm hm. avec en particulier l'entretien individuel annuel pour avoir une détection, c'est-à-dire pour chaque enfant pour chaque enfant.

Euh donc on est enfin ça ça va être l'objet je pense de beaucoup de discussions euh mais on est sur une détection systématique une fois par an dès la première année de scolarisation. Euh l'idée étant donc dès la maternelle, c'est ça ? Donc ça ça relève de la loi parce qu'on est dans une dans un comment un entretien qui est individuel et qui peut faire l'objet d'une remontée qui enfin qui ne sera pas anonymisée.

Donc on a besoin d'un véhicule législatif pour ça et l'idée c'est qu'on arrive à faire une détection vraiment massive de ces violences et dès le plus jeune âge. Ces détections là, au-delà de la question de l'organisation et de ce cas ça pourrait coûter aux collectivités ou au ministère de l'éducation nationale, elles ont une vertu pédagogique extrêmement puissante. Si dès le plus jeune âge des enfants sont interrogés sur leur environnement, c'est des choses qui vont rapporter chez eux, c'est des choses qui vont porter dans leur environnement. et il y a une dimension euh de prévention qui est assez importante euh dans cette mesure-là euh qui euh pour moi est assez importante.

Et ensuite euh on a des mesures sur euh la la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le travail. Euh on a euh tout un chapitre qui est consacré euh à la santé euh notamment aux violences obstétricales et gynécologiques, aux mutilations sexuelles. Les mutilations sexuelles, c'est des problématiques que les femmes rencontrent.

On a sans doute l'impression que ça se passe pas chez nous. En réalité, ça se passe chez nous et euh il y a des femmes ou des jeunes filles qui peuvent être emmenées à l'étranger alors qu'elles sont françaises pour subir des mutilations sexuelles et euh on ne peut pas rester euh inactif euh concernant ces ces sujets-là. Alors, merci beaucoup, c'est super intéressant sur la prévention puisque tu as prononcé ce terme et tu t'es attardé sur une des mesures qui consiste à annuellement interroger chaque enfant euh dès dès la maternelle. pour détecter les violences.

Dans cette loi, on en parle beaucoup de prévention alors que dans le débat public, on entend beaucoup à droite, beaucoup des hommes d'ailleurs nous parler uniquement de la répression qui est nécessaire. Vous avez toutes les deux beaucoup parlé de la justice et de toute la réforme de la justice qu'il va falloir euh faire et de la police et de la gendarmerie. Mais nous ce qu'on veut c'est que le viol n'est pas lieu.

Et donc nous ce qu'on veut c'est abattre ce qu'on appelle la culture du viol et vous l'avez mentionné plusieurs fois. Est-ce que peut-être, je crois que c'est intéressant pour ceux qui nous regardent, pouvez revenir justement sur ce qui fonde la culture du viol et sur ce qui fait que les hommes violent puisque 99 % des auteurs sont des hommes et que 99 % de ces de ces gens-là ne sont pas des gens avec une maladie psychiatrique qui altérerait leur raisonnement, ce sont finalement des hommes comme les autres. C'est ce qu'on a essayé de dire avec l'affaire Giselle Pélico.

Donc qu'est-ce qui ne va pas dans la façon dont aujourd'hui on éduque malheureusement certains jeunes garçons, certains jeunes hommes et qui font que qui fait que leur rapport à la sexualité peut-être déformé et qu'il la conçoivent uniquement sous le prisme d'un rapport de pouvoir ou d'un rapport de domination puisque le viol c'est bien ça. une prise de pouvoir sur l'autre plutôt que un acte sexuel d'amour partagé ou de plaisir partagé. Donc qu'est-ce qu'on peut faire en matière de prévention pour faire évoluer ça et pour en finir avec la culture du viol et puis d'abord qu'est-ce que qu'est-ce que la culture du viol ?

Florian peut-être tu commences. Alors [rires] euh c'est une longue c'est une longue et vaste question et réponse. Euh la culture du viol, c'est vraiment cette adhésion en fait à euh la disponibilité du corps des femmes et même en fait du corps aussi des enfants.

Euh parce que donc on a parlé de domination. C'est vrai que le viol c'est vraiment un crime de domination. C'est un acte de domination de la même façon que l'inceste c'est encore plus un crime de domination.

C'est la sociologue, l'anthropologue pardon Roté Dusci qui a écrit ce livre le berceau des dominations pour parler de l'inceste. Et je pense que cette la culture du viol c'est ça, c'est vraiment l'adhésion à la disponibilité des corps et l'idée que d'une certaine manière voilà quand on parle de culture du viol est-ce que les les femmes elles devrait pas un peu cherché quoi est-ce que et donc à ce jeu on est rarement gagnante. La culture du viol, c'est un peu un des ciments du patriarcat en fait.

C'est aussi pour moi, c'est le bras armé. Comment les le patriarquest, c'est l'idée que il y a une domination masculine sur les femmes et le viol, c'est l'outil de cette domination masculine à mon sens. Et encore une fois, voilà, le violination.

Ce n'est pas un acte sexuel comme tu l'as dit très justement. Euh comment on y met fin ? Alors, c'est sûr que c'est un travail immense.

C'est une question de société et aujourd'hui parfois on peut avoir l'impression de vider un océan à la petite cuillère. Donc il faut se retusser les manches et s'armer de patience. Mais on y met fin déjà, on n'y mettra pas fin avec un système judiciaire qui fonctionne pas.

Et ça c'est aussi c'est très important qu'on le dise, c'est que ce que nous on propose aussi, c'est de quand même avoir une justice qui fonctionne aujourd'hui quand 94 % des viols sont classés sans suite, c'est pas le cas. On demande pas une justice d'exception, on demande juste la même justice que pour toutes les autres victimes de crime. Or aujourd'hui, les victimes de viol, les victimes de not aussi d'un reste, elles sont elles ont pas la même justice que que les autres.

Euh et ça c'est important parce qu'en fait lice ne fonctionne pas, ça renvoie quoi ? Ça renvoie à une culture de l'impunité et ça permet aussi de perpétrer les viols. Et c'est Muriel Salmona, une grande experte qui a psychologue qui a créé ce concept enfin qui est à l'origine de beaucoup de travaux sur le psychotrauma en France qui dit qui dit aussi comment on enrille la fabrique des agresseurs.

On l'enrille d'abord avec une justice qui fonctionne et quand même la peur du gendarme, elle fonctionne aussi. Ça c'est très important de se dire que avoir une justice qui fonctionne, ça contribue à la prévention. Ensuite, dans la loi intégrale, que ce soit les mesures des associations ou la proposition de loi portée par euh Céline, il y a évidemment beaucoup de mesures euh de prévention portée par les associations de depuis longtemps.

Je pense à l'effectivité de euh l'éducation, à la vie euh affective, relationnelle et sexuelle avec cette loi de 2001 dont voilà qui ce gouvernement son est emparé de comment on assure ces trois séances par an, par enfant. Pourquoi ça n'est pas appliqué cette loi ? pendant il y avait pas de programme pendant 20 ans puis il y avait pas de volonté politique aussi.

Je crois que c'est ça. Oui, c'est bien résumé. Donc pendant 20 ans, on n pas appliqué une loi ou vaguement appliqué.

C'est impliqué un petit peu mais même là les les enfin j'ai plus le chiffre en tête mais tous les élèves ne bénéficient pas des des temps des farces. Et donc là il y a des objectifs fixés par le ministère de l'éducation nationale pour que à 2 ou 3 ans, tous les élèves en bénéficient. C'est-à-dire qu'on y est toujours pas quoi.

C'est c'est absolument dingue quand on sait à quel point c'est essentiel d'avoir une relation enfin un rapport sain à la vie affective et et sexuelle justement et à quel point ça fait partie des mesures de prévention. Donc il y a ça comme mesure de prévention dans la loi intégrale, l'entretien annuel et est-ce qu'il y a d'autres mesures euh où vous pensez que c'est c'est déjà Il y a beaucoup d'autres mesures. Oui, il y a beaucoup d'autres mesures et après il y a dans la dans la plateforme de de vos propositions.

Mais je pense qu'on met beaucoup l'accent en effet à la fois sur la formation parce que je pense que la formation ça fait partie de la prévention parce que quand vous allez former des magistrats, des gendarmes, quand vous allez former des experts aussi hein, puisque tout à l'heure je disais que la France était régulièrement condamnée par la CEDH pour victimisation secondaire, c'est très souvent parce que on n' pas une bonne prise en charge des victimes et qu'on va enfin qu'on interprète pas correctement l'attitude ou les mots de la victime par exemple. Donc faire la enfin faire de la formation, c'est aussi faire de la prévention pour un certain nombre de dans un certain nombre de cadres. Euh et ensuite [grognement] euh là euh en tout cas enfin comment je sais pas, on n' pas forcément la réponse absolue à comment on fait pour que les hommes arrêtent de violer, mais en revanche, on sait que certaines des propositions qu'on a pu entendre euh dans euh la suite de l'affaire Liana euh et qui vient avec le fait de pointer la enfin voilà de pointer les juges et la responsabilité individuelle. quand on entend parler de peine de mort ou de castration chimique, c'est pas comme ça qu'on y arrivera parce que euh en fait encore une fois sur la c'est très important que cette loi intégrale ça sa nouveauté c'est aussi qu'elle s'adresse aux femmes et aux enfants en reprenant aussi le travail enfin qu'elle s'adresse à toutes les victimes de violence sexuelle dont sont en majorité victimes les femmes et les enfants.

Et c'est vrai que quand tu as un enfant qui va révéler la parole euh enfin va révéler euh des actes et encore une fois 82 % euh des euh des violence commise sur les enfants, elles viennent du cercle proche, du cercle familial. Donc c'est important de se de se dire que un enfant qui révèle des des une agressions sexuelle qu'il a subi, il y a très peu il y a il y a beaucoup de chance que ça vienne d'une personne qui est de son papa, enfin de d'un proche de sa famille. Et donc quand il sait que révéler ces cette ces violences, ça peut impliquer euh le le peine de mort, c'est pas comme ça qu'on favorise euh la révélation et la parole des enfants.

Donc c'est une très mauvaise idée. Ça vient évidemment de gens qui ne connaissent pas les sujets dont on parle. Et de la même façon sur la castration chimique, le viol étant un acte de domination, ça ne résout pas euh ces questions et nous on n' pas euh la réponse forcément, mais on sait aussi ce qui euh mais on essaie d'apporter des euh des des solutions pour déjà enrayer cette impunité, enrayer ce qui fabrique des agresseurs.

Et ce qui nous inquiète aussi sur les en parlant de prévention auprès des plus jeunes, c'est que le patriarcat, le masculinisme, enfin a toujours des nouvelles façons de de d'embrigader en fait, d'avoir cette des paroles extrêmement violentes qui favorisent la violence, qui favorise la culture du viol. Et c'est aussi pour ça qu'il y a un combat de société à à mener et c'est nous la enfin la parole qu'on porte aussi de se dire aujourd'hui alors qu'on voit l'émergence de paroles très violentees euh notamment sur les réseaux mais pas que il y a le il y a eu un rapport le Sénat est rendu la semaine dernière un rapport sur le masculinisme qui est quand même une un risque de terrorisme aujourd'hui pris comme tel par les forces policières. On a aussi des raisons de s'inquiéter et c'est aussi pour ça qu'il faut agir car les masculinistes gagnent du terrain en fait gagnent du terrain sont financés notamment par des pays autoritaires comme la Russie comme certaines fondations aux États-Unis conservatrices et donc tout cela est très inquiétant et quand tu parles de masculinisme c'est aussi quelque chose qui se déroule en ligne sur les réseaux sociaux qui touchent notamment les les jeunes garçons, les adolescents. dans la loi intégrale, vous vous attaquez à ce qu'on appelle les cybervolences.

En France, c'est ça fait froid dans le dos, mais je crois qu'on est un des pays au monde où il y a le plus de contenu pédocriminel en ligne. Est-ce que vous pouvez nous en parler Cine ? Est-ce que En fait, on a dans la dans la loi intégrale, il y a il y a deux volets qui sont consacrés aux cybervolviolences.

Donc [raclement de gorge] notamment un volet qui vient protéger les enfants et l'usage de tous les outils qui visent à la nudification, à la sexualisation. euh des corps et c'est clair que c'est un c'est un sujet qui est très important parce que il a un énorme impact sur les les enfants parce que les enfants utilisent énormément internet euh parce que il y a des faux enfants sur internet qui viennent euh chercher enfin qui viennent apâ enfants pour leur faire des choses absolument ignobles. Et dans le texte, on a un certain nombre de dispositions justement pour venir sanctionner le proxénétisme en ligne par exemple pour venir retirer des enfin obliger les plateformes à retirer des contenus.

Euh donc il y a euh une série de mesures qui visent à combler euh les vies juridiques qu'on observe aujourd'hui, mais qu'on observe parce que c'est une matière qui est en évolution permanente et on essaie là avec le texte euh voilà de venir euh palier à ces à ses trous dans la raquette. Euh et probablement qu'au moment où on discutera de ces euh comment de ces dispositions, elles seront ajustées parce que on estimera à ce moment-là qu'il y a des il y a encore d'autres choses nouvelles qu'il faut qu'il faut prévenir ou qu'il faut sanctionner. Est-ce qu'on peut utiliser l'intelligence artificielle par exemple pour mieux repérer les les cybercriminels en ligne ?

Mais je crois que il y a une partie des propositions des 140 mesures qui viennent d'un des rapports de la fondation pour l'enfance sur justement IA deep fake à l'encontre des des enfants. Euh j'ai perdu aussi voilà. Oui, la traque et c'est vrai queen tout cas en ligne ça peut être assez terrifiant parce qu'il y a une forme d'école de l'ultraviolence qui est permise aujourd'hui pour les jeunes et on sait que ce qui ce sont aussi des contenus qui ciblent volontairement les jeunes garçons pour aussi enfin voilà apprendre cette cette ultraviolence les accoutumer à cette c'est cette violence contre les contre les femmes quand sur les corps.

Et c'est aussi ça qui doit être combattu pour si on veut construire une société aussi d'égalité aujourd'hui. Et bien c'est un vaste programme mais en tout cas nous on ne cessera jamais de [raclement de gorge] se battre contre cette culture du viol de vouloir abolir le patriarcat. Je pense qu'on peut se rassurer en voyant que dans l'histoire, il y a eu des progrès.

Euh il y a encore euh quelques dizaines d'années, on pouvait trouver ça normal de de de frapper sa femme. Le viol conjugal a été interdit seulement au début des années 90. Euh avant 1963, on avait même pas de carte bleue ou le droit d'en avoir une.

Donc l'histoire parfois évolue plus rapidement qu'on ne le croit et les sociétés aussi. Et c'est grâce à des femmes comme vous, des féministes [raclement de gorge] engagés euh qui portaient les bons combats au bon moment. Donc merci beaucoup euh d'avoir partagé ce temps d'échange avec nous et euh on invite tous celles et ceux qui nous regardent, si vous avez aimé cette vidéo, à la partager et surtout à rester présent pour les prochains épisodes de cette nouvelle émission sur le nouveau projet du part socialiste où on reviendra sur tous les thèmes de de société qui intéressent les françaises et les français et voir comment est-ce qu'on peut construire ensemble un monde plus libre, plus juste.

Voilà, merci beaucoup. Et à bientôt. À bientôt.

Merci. À bientôt. Je sais pas. [musique]