Macron offre un pognon de dingue aux patrons | Mathieu Cocq
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Et Mathieu Coque, d'où vient cet argent ?
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Est-ce que vous attendez une prise de position ? Est-ce que Macron va dire encore « je m'en fiche, je fais ce que je veux » ?
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Dans un climat social déjà très tendu, une telle étude qui expose au grand jour l'hypocrisie du gouvernement, est-ce qu'elle peut avoir un impact sur le peuple et justement faire grandir les rangs des manifestations, des rassemblements, de la protestation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ce sont pourtant bien les entreprises qui nous coûtent un pognon de dingue, un tiers du budget de l'État. »
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« Nous, on n'avait pas de chiffre global, ce qui est quand même un scandale démocratique majeur parce qu'on sentait bien que les montants en jeu étaient colossaux. »
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« le chiffre s'élève à peu près à 160 milliards d'euros par an. »
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« C'est une multiplication par cinq depuis la fin des années 90. »
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« Ça représente pratiquement un tiers du budget de l'État. »
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« Il faudrait rajouter 80 milliards d'euros. »
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« Et là, il faudrait rajouter, avec la fraude fiscale, là aussi à peu près 80 milliards d'euros. »
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« la suppression à venir de la CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises pour à peu près 8 milliards d'euros. »
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« une augmentation d'un point du point d'indice, c'est 2 milliards d'euros pour tous les fonctionnaires. »
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« Le déficit des retraites, Olivier Dussopt a annoncé dans 10 ans, qu'il serait d'à peu près 15 milliards d'euros. »
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« Les aides publiques aux entreprises, c'est 6 fois le budget de l'enseignement supérieur. »
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« C'est 2 fois le budget de l'éducation nationale. »
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« Et c'est 5 fois la dette des hôpitaux. »
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« Le déficit public enregistré pour l'année 2021 s'élève justement à 160 milliards d'euros. »
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Chers auditeurs du Média, vous aimez nous écouter ? Vous êtes la garantie de notre liberté et de notre indépendance et nous avons besoin de vous pour continuer. Devenez sociaux et abonnez-vous sur lemediatv.fr. Le gouvernement est trop occupé à combattre la fraude sociale, notamment à l'endroit des allocataires, de l'assurance chômage. Ce sont pourtant bien les entreprises qui nous coûtent un pognon de dingue, un tiers du budget de l'État. Pour en parler, je reçois Mathieu Coque, responsable du pôle économique de la CGT. Vous êtes à l'initiative de cette étude. C'est vous qui l'avez commandée et coordonnée. Pour quelles raisons ?
Nous, on n'avait pas de chiffre global, ce qui est quand même un scandale démocratique majeur parce qu'on sentait bien que les montants en jeu étaient colossaux. Mais à la CGT, on ne prend aucun chiffre à la légère. Et quand on n'est pas certain, du coup, on demande. Évidemment, les administrations ne nous disent pas grand-chose parce qu'elles-mêmes sont bien en difficulté pour avoir un chiffre. Et donc, pendant deux ans, on a travaillé via l'Institut de recherche économique et sociale avec un labo qui s'appelle le Clercé à Lille, une équipe de chercheurs.
Il y en a pratiquement une dizaine, si je ne dis pas de bêtises, pour avoir justement un chiffrage et puis des éléments économiques précis sur cette affaire quand même qui, à mon avis, mérite de discussion, qui est celle des aides publiques aux entreprises. Alors, le premier élément, c'est que c'est quand même un comble, que ce soit la CGT, d'être à l'initiative pour produire un chiffre d'une telle importance pour le débat public, d'importance d'autant plus que le chiffre s'élève à peu près à 160 milliards d'euros par an. Et la dernière date en date, pour le coup, c'est 2019, donc avant le Covid.
Alors, si vous me donnez peut-être deux minutes, je vais peut-être vous dire ce que ça représente, parce que je pense que pour celles et ceux qui nous écoutent, 160 milliards d'euros, ça peut paraître un peu cryptique. C'est une multiplication par cinq depuis la fin des années 90. Ça représente pratiquement un tiers du budget de l'État. Donc, c'est colossal. Quand on met toutes les aides bout à bout, c'est la première dépense de l'État, en vérité. Et tout ce que je vous dis là, les 160 milliards, c'est sans compter les mesures d'urgence pendant la crise sanitaire. Il faudrait rajouter 80 milliards d'euros. C'est sans compter la fraude sociale des employeurs, pas celle des travailleurs.
Et là, il faudrait rajouter, avec la fraude fiscale, là aussi à peu près 80 milliards d'euros. Et c'est sans compter les nouvelles aides publiques qui ont été décidées, et notamment la suppression à venir de la CVAE, la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises pour à peu près 8 milliards d'euros.
Et Mathieu Coque, d'où vient cet argent ?
C'est un peu tout le problème. C'est que tout cet argent, il ne sort pas de nulle part. Il est utilisé pour autre chose que ce que... Enfin, pourquoi il devrait être utilisé ? En gros, l'essentiel de ces aides publiques, c'est ce qu'on appelle des dépenses fiscales ou des dépenses socio-fiscales. Ça veut dire qu'au lieu de donner directement aux entreprises, on dit « je vous prélèverai moi ». Donc en fait, toutes les baisses d'impôts, les baisses de cotisations compensées par l'État, c'est l'essentiel de ces aides publiques aux entreprises. Et puis, si on met peut-être quelques chiffres en face, je pense que ça donne aussi la mesure de ce qui se joue.
On parle beaucoup des salaires aujourd'hui, évidemment, on se bat pour ça tous les jours à la CGT. Si on revalorisait le point d'indice. Vous savez, le point d'indice, c'est la base du traitement des fonctionnaires. En gros, une augmentation d'un point du point d'indice, c'est 2 milliards d'euros pour tous les fonctionnaires. Donc si on augmentait aujourd'hui le point d'indice de 10 %, ça coûterait 7 fois moins cher que ce qu'on dépense tous les ans pour les entreprises. Le déficit des retraites, Olivier Dussopt a annoncé dans 10 ans, qu'il serait d'à peu près 15 milliards d'euros. C'est 10% du total des aides publiques aux entreprises.
Les aides publiques aux entreprises, c'est 6 fois le budget de l'enseignement supérieur. C'est 2 fois le budget de l'éducation nationale. Et c'est 5 fois la dette des hôpitaux. Est-ce que vous commencez à comprendre de quel montant on parle ? C'est juste colossal.
Oui, voilà, c'est ça. C'est que le déficit public enregistré pour l'année 2021 s'élève justement à 160 milliards d'euros. Alors, selon Mediapark, le ministère des Finances n'a pas réagi à cette étude. Est-ce que vous attendez une prise de position ? Est-ce que Macron va dire encore « je m'en fiche, je fais ce que je veux » ? Vous connaissez bien l'expression.
Bien sûr. Je pense qu'ils savent très bien ce qu'ils font. Évidemment qu'on attend une réaction, mais on attend surtout des explications. C'est un peu pour ça qu'on essaie de faire un peu de bruit autour de cette étude. C'est qu'il y a plusieurs choses en jeu, là. Un montant aussi important, comment est-il possible que ce ne soit pas une des discussions prioritaires alors que M. le ministre de l'Économie nous explique qu'on est à l'euro près ? C'est quand même quelque chose de totalement incompréhensible pour la majorité des Françaises et des Français. Et il va falloir commencer à rendre des comptes, je pense, un jour sur ces montants.
Ce que ça veut dire concrètement, c'est que quand on veut mettre des moyens, finalement, on sait le faire. Ça fait des années qu'on nous explique qu'on n'a pas les moyens, qu'on continue à nous l'expliquer. Et pourtant, on est capable de déverser chaque année 160 milliards d'euros pour les entreprises. En fait, ce qu'on sait concrètement, et c'est derrière le titre du rapport, c'est que le capitalisme, il est sous perfusion d'argent public. Il est sous perfusion monétaire avec l'action des banques centrales. Et puis maintenant, on sait aussi qu'il est sous perfusion des États qui, en permanence, utilisent le budget pour soutenir les profits des entreprises parce que c'est ça qui est en jeu.
Ça sert à une seule chose, ces aides. Ça sert à augmenter ce qu'on appelle le taux de marge des entreprises ou en tout cas à le garantir. Donc en fait, pour bien comprendre, on est en train de garantir, avec l'argent public, un niveau de profit minimal, permanent pour les entreprises et donc derrière, des versements minimaux pour les actionnaires. Ça, c'est un truc qui est impressionnant de mon point de vue. On a créé une espèce de mise en sécurité sociale, pour utiliser un mot provoquant, des actionnaires et du capital.
Et ce qui est terrible, c'est qu'une lobbyiste comme Agnès Verdier-Mollinier, elle voudrait faire 60 milliards d'économies sur les dépenses publiques et en voilà 160 à faire très facilement.
Exactement. Ou en tout cas, ça mériterait qu'on fasse autre chose avec cet argent. Parce qu'évidemment, ce n'est pas aussi simple en fonction des entreprises. Ça veut dire que nous, on n'a jamais été contre les aides publiques pour les TPE et les PME. On a pleine conscience qu'entre un groupe comme Total et un artisan qui embauche deux personnes, on n'est pas sur les mêmes enjeux économiques. Donc nous, ce qu'on demande, c'est des conditions très strictes sur le versement des aides publiques, d'abord en direction des sous-traitants, des TPE et des PME, etc. Alors, ce n'est pas le paradis de les TPE et les PME. On demande aussi des augmentations de salaires, évidemment.
Mais ce qu'on dit, nous, également, c'est que ça fait des années qu'on se bat pour un développement des services publics, ce qui est l'inverse de ce qui est fait aujourd'hui. Utilisons cet argent-là pour développer les services publics, au lieu de donner de l'argent aux entreprises, en espérant par miracle que ça se transforme en emploi. Alors, ça ne marche pas. Toutes les études, depuis maintenant cinq ans, montrent que les effets escomptés, que ce soit du crédit impôt compétitivité emploi, pardon, du crédit impôt pour la recherche, et puis, du coup, de l'ensemble des mécanismes ne sont pas efficaces. Ça ne crée pas d'emploi, en tout cas, pas suffisamment pour le coût. D'accord ?
Donc, on pourrait très bien dire, à la place, on pourrait dépenser directement. On pourrait créer des emplois dans l'éducation, dans l'hôpital, etc. là où il y a des besoins qui sont très importants. Et puis, surtout, je viens de vous parler du point d'indice, voilà un élément très fort. Moi, j'invite toutes les personnes qui travaillent dans les trois fonctions publiques de mettre sous le nez de leurs collègues et sous le nez de leur direction ce chiffre de 160 milliards pour mettre en face ce que coûterait une augmentation de 10 % du point d'indice. C'est sept fois moins.
Donc, maintenant, qu'on ait une discussion sérieuse sur les salaires dans la fonction publique, qu'on ait une discussion sérieuse sur ce qu'on fait de l'argent public concrètement et sur l'emploi public aussi.
Dans un climat social déjà très tendu, on l'a vu tout à l'heure, une telle étude qui expose au grand jour l'hypocrisie du gouvernement, est-ce qu'elle peut avoir un impact sur le peuple et justement, on va dire, faire grandir les rangs des manifestations, des rassemblements, de la protestation ?
Écoutez, il ne m'appartient pas à moi de dire ce qu'on souhaiterait. Enfin, j'imagine mal Philippe Martinez dire qu'il serait contre que ça s'étende. Il a dit le contraire ce matin. Donc, j'imagine, il ne m'en voudra pas, il sera d'accord avec ça, qu'évidemment, ça doit contribuer aussi au débat dans les entreprises mais aussi en dehors des entreprises et de rappeler que, enfin, on nous explique qu'on n'a pas les moyens d'augmenter les salaires, c'est juste absolument faux. De l'autre côté, les dividendes sont en train d'exploser. Ça, c'est aussi quelque chose qui est majeur. Ça dépasse le cadre de ce qu'on raconte sur les aides publiques.
Mais ce qui est absolument scandaleux, c'est que c'est grâce à ces aides publiques aussi qu'on distribue des dividendes si importants. Donc, je pense que là, évidemment, on ne peut qu'espérer que ça contribue au débat, que ça contribue à la prise de conscience qu'on peut faire autrement, ça veut dire qu'on peut avoir de meilleurs salaires, qu'on peut tous et toutes avoir un emploi correct, bien rémunéré. C'est pour ça que la CGT se bat et on continuera à le faire, évidemment, avec d'autres études. J'espère que celle-là, ce sera un point de départ pour d'autres choses.
C'est ça, à mon avis, de tout l'intérêt, de mettre en discussion ce chiffre qui ne sort pas de nulle part, qui est l'issue d'un travail de recherche de deux ans et que ça contribue ensuite à soutenir les mobilisations en cours.
Merci beaucoup, Mathieu Coq, un responsable du pôle économique de la CGT. Voilà, c'est la fin de ce Flash Info. J'en profite pour vous rappeler que le média ne peut compter que sur votre soutien, vos dons et vos abonnements. Si nous voulons débarquer sur les télés et venir installer notre discours au milieu des médias mainstream, il nous faut impérativement atteindre les 12 500 abonnés avant fin octobre des abonnés payants, 5 euros par mois. Nous comptons sur vous et je vous donne rendez-vous pour notre prochain Flash à 15h. A tout à l'heure. à l'heure.
Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous. Merci à tous.