Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
debateyoutube.com

Débat OGM - Delphine Batho - Germinal Peiro

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Merci, Mme Delphine Bateau. Oui, merci, M. le Président.

En entendant notre collègue Folio, il y a quelques instants, parler d'une plante OGM qui pourrait fixer l'azote, comme d'autres collègues ont évoqué au cours de ces débats des plantes résistantes à la sécheresse, pouvant pousser dans le désert ou dans le sel. Je ne résistais pas au fait de rappeler que cette idée, cette promesse technologique, c'est celle qu'on entend depuis l'année 1968, c'est-à-dire depuis 40 ans. Je voudrais citer le chercheur Robert Horsch, chercheur à Monsanto, cité par le journaliste Hervé Kempf, dans un ouvrage qui fait référence sur les OGM.

Je cite. Je dis cela pourquoi ? Parce que moi aussi, je crois à la recherche et donc je pense qu'il n'est pas interdit de continuer à chercher, j'allais dire, la plante aux œufs d'or, celle qui, effectivement, permettrait de résoudre un certain nombre de problèmes.

Mais comme je sais que les firmes semencières ne sont pas philanthropes et qu'elles cherchent essentiellement à fabriquer des OGM pour vendre des pesticides et non pas pour résoudre le problème de la faim dans le monde, je pense utile de faire le rappel des promesses qui sont celles des semenciers depuis presque bientôt 40 ou 50 ans. Ensuite, je voulais, à propos de la lutte contre la faim dans le monde, apporter à la connaissance de notre Assemblée une autre information qui concerne notamment l'attachement que portent les industriels des semences à la lutte contre la faim dans le monde, puisque ces industriels viennent de se retirer de l'IAASTD. L'IAASTD, c'est le programme d'évaluation internationale des sciences et technologies agricoles en faveur du développement.

C'est un programme qui a été lancé par la Banque mondiale et les Nations unies, donc la FAO, l'OMS, le PNUD, le PNUE, l'UNESCO, afin de mener des programmes d'évaluation et de prospective sur toutes les techniques et technologies agricoles dans le but de réduire la faim et la pauvreté dans le monde. Et pourquoi les semenciers s'en sont retirés ? Tout simplement parce que le projet de rapport de ce programme d'évaluation prévoit de dire, qui doit être publié très prochainement, je crois au mois d'avril, donc dans très peu de temps, prévoit de rendre publics les travaux de recherche de plus de 4 000 chercheurs de par le monde, notamment concernant les OGM, et que ce rapport met en cause notamment ce qui est dit sur les rendements des OGM.

Et c'est ce rapport, je crois, M. le ministre, que vous avez cité un matin à Europe 1 en disant, je cite, « Il n'est pas vrai que les OGM ont amélioré le rendement à terme. Passé la sixième année, c'est un rendement décroissant. » C'est pourquoi je pense qu'avant de dire que les OGM vont résoudre le problème de la faim dans le monde, il faut y regarder à deux fois.

M. Germinal Perrault. Oui, M. le ministre, mes chers collègues, le doute que le ministre a affirmé, c'est plus qu'un doute d'ailleurs, c'était une certitude, ce qu'il pensait des OGM il y a quelque temps.

Ce doute, nos compatriotes le partagent, tout le monde le sait. Et d'ailleurs, vous devez ressentir, chacun dans vos circonscriptions, à quel point nous sommes en décalage aujourd'hui. Et vous êtes en décalage, vous, notamment le groupe UMP, avec la majorité de nos concitoyens.

Pourquoi nos concitoyens doutent ? Ils doutent parce que ceux qui se sont servis de la science, à des moments, pour jouer les marchands, leur ont menti, et ils le savent. On leur a menti sur l'amiante, en leur disant qu'il n'y avait pas de danger.

On leur a menti sur les dioxines. On leur a menti sur les PCB. Et tout ça, ils l'ont vécu au cours du siècle dernier.

On en est rendu, mes chers collègues, au point, vous le savez, qu'on ne peut plus consommer les poissons qui vivent dans le Rhône. Voilà à quel point nous en sommes rendus aujourd'hui, en 2008.