Instant Porcher | "Fiche de paie simplifiée" : le plan de Bruno Le Maire pour vous arnaquer
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Est-ce que là, on est plus face à une invisibilisation qu'une simplification, comme le dit Bruno Le Maire ?
- 5:35OuverteRéponse partielle
Est-ce que ça, ce genre de petit détail qui peut paraître anecdotique, rentre dans un projet politique global pour le gouvernement sur la question du travail ?
- 9:56OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que tu retiens du discours du président de la République ?
- 15:29OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que tu penses de ces orientations ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Le gouvernement supprime surtout beaucoup d'informations et de compréhensions pour les salariés sur le pourquoi du comment de notre pays. »
- 3:23InvitéFait
« Le gouvernement d'Emmanuel Macron attaque le modèle social. »
- 3:39InvitéFait
« Bruno Le Maire a appelé à ce que les salaires augmentent, mais ça n'a pas suivi. »
- 3:56InvitéChiffre
« L'étatisation de l'assurance chômage, c'est à la fin une assurance chômage très faible, en tout 500 euros, ce qui est le cas au Royaume-Uni. »
- 4:41InvitéFait
« Les prestations chômage et les durées de prestation diminuent. »
- 9:27InvitéFait
« Emmanuel Macron appelle à nouveau à un emprunt européen pour investir dans l'armement. »
- 9:50InvitéFait
« Il n'y a pas de souveraineté sans frontières. »
- 15:13InvitéChiffre
« Il estime ce mur d'investissement entre 650 et 1000 milliards d'euros par an. »
- 19:07InvitéFait
« L'Europe est humaniste. »
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Génial, très bien, super. Fallait sortir une mesure gadget. Cette mesure est un gadget. Histoire de dire, voilà, on a simplifié des choses pour les salariés, on a rendu lisibles plus leurs fiches de paye. Je ne sais pas d'où sort cette idée, je ne sais pas qui est-ce qui l'a pondue. Ça frôle le ridicule. Ce qui est assez marrant avec tous les discours sur l'Europe, c'est un peu comme une série Netflix. Vous avez le même type de scénarisation. On dirait que c'est les mêmes. Alors là, c'est l'Europe va mourir. Il y a 10 ans, l'Europe est en danger. Il y a 20 ans, l'Europe est à un carrefour. Vous êtes jeune, vous écoutez le discours, vous y croyez. Vous dites, c'est intéressant.
Puis la deuxième fois, vous y croyez à 50%. La troisième fois, vous n'y croyez plus. Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porché. À l'heure où l'on est assommé par les discours de toutes parts, il est bon de se poser, faire le tri et décrypter. Avant de commencer, on vous dit un petit quelque chose. Les autorisations des 15 chaînes nationales de la TNT arrivent à échéance en 2025. L'Arcom a donc lancé un nouvel appel à candidature qui représente une opportunité pour le média. Nous allons déposer un dossier de candidature pour être diffusé sur la TNT.
Une tâche loin d'être simple, voilà pourquoi on en appelle aux spécialistes des médias, de la télé, juristes, experts et experts techniques pour nous aider à monter ce dossier de candidature et marquer un nouveau tournant dans l'histoire des médias indépendants et engagés. Soutenez-nous, abonnez-vous, parlez de nous, parlez de vous. Bonjour Thomas. Salut Lisa. Alors avec toi aujourd'hui au programme, Bruno Le Maire sabre dans la fiche de paix et le grand discours d'Emmanuel Macron sur l'Europe. C'est parti. Bruno Le Maire va simplifier la fiche de paix. Ça paraît anecdotique, mais c'est finalement très politique et cela fait partie intégrante du projet politique du gouvernement.
Regardez, nos fiches de paix vont être drastiquement raccourcies. Les détails sur les cotisations envolées, les détails sur les remboursements ou déductions diverses disparus. Bruno Le Maire vante une meilleure lisibilité. Dans les faits, le gouvernement supprime surtout beaucoup d'informations et de compréhensions pour les salariés sur le pourquoi du comment de notre pays. Nos cotisations pour la retraite ou le chômage deviennent simplement un coût pour l'employeur. Thomas, est-ce que là, on est plus face à une invisibilisation qu'une simplification, comme le dit Bruno Le Maire ?
Alors, dans toute politique qui est mise en place, il faut se poser quand même la question de l'effet que ça peut avoir et aussi de l'utilité que ça a. Et là, c'est très difficile à comprendre l'utilité que ça va avoir parce que finalement, vous simplifiez une fiche de paix, mais ce qui vous reste à la fin pour vous nourrir, pour payer votre loyer, c'est exactement la même chose. Donc, je ne vois pas vraiment quelle va être l'utilité. D'ailleurs, ça a souvent été très critiqué par des gens de gauche comme de droite, puisque aujourd'hui, le vrai problème, c'est quoi ces deux, trois dernières années ? C'est que nous avons une très forte période d'inflation et que les salaires n'ont pas suivi.
Que Bruno Le Maire a appelé à ce que les salaires augmentent, mais ça n'a pas suivi. Ça a suivi assez tardivement avec un effet retard, mais les gens ont dû se serrer la ceinture. Ils ont perdu du pouvoir d'achat. Et là, il y a une volonté de s'attaquer quelque part à la fiche de paix et au salaire, mais qui est juste, voilà, une volonté d'effacer des lignes pour qu'on les voit, d'invisibilité, une partie des cotisations sociales pour qu'on ne les voit pas, mais au final, rien ne change. Donc, je ne sais pas d'où sort cette idée. Je ne sais pas qui est-ce qui l'a pondu, mais ça frôle le ridicule.
Ne pas savoir combien on cotise et pourquoi, ça permet aussi de s'abrer dans les droits sociaux en toute discrétion. Mais le net augmentera, donc on sera content, sans savoir qu'en fait, on sera beaucoup moins protégé. Quand on invisibilise une partie des choses, c'est souvent qu'on veut après l'attaquer. Bon, ce n'est pas nouveau que le gouvernement d'Emmanuel Macron attaque le modèle social. Il avait déjà baissé les cotisations salariales et il les avait remplacées par de la CSG. Au début, tout le monde a dit, c'est génial, les cotisations salariales diminuent, ça va augmenter le net par rapport au brut. Tout le monde a trouvé ça super.
Sauf que derrière ça, on préparait la réforme de l'assurance chômage. Parce que quand il n'y a pas de cotisations salariales qui sont payées, mais qu'il y a des cotisations patronales, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à l'UNEDIC, les salariés n'ont plus voix au chapitre. Et on est en voix d'étatisation de l'UNEDIC et de l'assurance chômage. C'est le souhait de Bruno Le Maire, il l'a annoncé. Et l'étatisation de l'assurance chômage, c'est à la fin une assurance chômage très faible, en tout 500 euros, ce qui est le cas au Royaume-Uni. Ce qui n'était pas le cas chez nous. Donc, chaque fois que vous supprimez des cotisations, il y a un impact. Il faut vraiment l'avoir en tête.
Et le fait de les invisibiliser complètement, ça prépare souvent à la suite du programme d'Emmanuel Macron qui est, plutôt que d'augmenter les salaires, faire des migmacs entre le brut et le net pour légèrement augmenter. Ça devait créer de l'emploi, ça a déjà été fait, ça n'en a pas créé. Les Français l'ont très vite oublié. Et ils ont vu, dans les périodes de crise, comme la crise du Covid, que heureusement qu'il y avait le modèle social, mais que ça ne va pas durer comme ça. Et qu'aujourd'hui, les prestations chômage et les durées de prestation diminuent. Alors, également, seuls les montants seront affichés. Les colonnes taux et bases sont effacées.
Impossible donc de vérifier son nombre d'heures supplémentaires, ses jours de congés payés, son arrêt maladie, pour avoir un peu plus le contrôle sur son salaire ou vérifier, par exemple, une erreur patronale, qu'elle soit volontaire ou non. Donc, ça va se compliquer. Le ministre de l'Économie a toutefois précisé que l'intégralité des informations sera disponible pour le salarié, mais sur demande. Et enfin, réduire l'information sur les cotisations et donc réduire la compréhension de l'écart entre le brut et le net. C'est pratique aussi pour faire détester le modèle social et abîmer le consentement à l'impôt. C'est ce qu'on a dit plusieurs fois ici.
Par contre, Bruno Le Maire, il dit l'objectif est de faciliter la vie des chefs d'entreprise. Alors, cette mesure s'inscrit dans le plan d'action simplification du gouvernement pour les entreprises. On en avait parlé. Réduction des démarches, accompagnement et moins de sanctions, allègement des normes. On en avait parlé en détail dans un dernier épisode que je vous invite à aller voir. Thomas, est-ce que ça, ça rentre, ce genre de petit détail qui peut paraître anecdotique, dans un projet politique global pour le gouvernement sur la question du travail ? Ce gouvernement n'a pas fait grand-chose pour les salariés.
Quand il a simplifié le droit du travail, ce qu'il a dit simplifié, en fait, en réalité, il a retiré des protections. Et quand il simplifie la vie des entreprises, il retire des réglementations. C'est deux choses différentes. Et il baisse des impôts. C'est deux choses complètement différentes. Donc là, il fallait sortir une mesure gadget. Cette mesure est un gadget. Histoire de dire, voilà, on a simplifié des choses pour les salariés. On a rendu lisible plus leur fiche de paye. Génial, très bien, super. Et après, qu'est-ce qu'on a fait pour simplifier leur vie ? Rien. On a surtout retiré des réglementations avec les deux lois travail.
Par contre, pour les patrons, là, on leur a retiré énormément de réglementations. On leur a baissé les impôts. Et après, on leur dit, attention, c'est ce qu'a dit d'ailleurs Emmanuel Macron, il faut décarboner l'économie, mais en même temps, il faut la déréglementer. Mais bon, je ne sais pas comment on va s'y prendre. Parce que lui, il part peut-être du principe que les entrepreneurs vaut décarboner d'eux-mêmes. Bon, très bien. On a vu ce que ça a donné ces dernières années. Donc là, on voit bien que c'est toujours la même chose. C'est-à-dire, on retire des protections aux salariés. On simplifie leur fiche de paye pour dire qu'on a simplifié quelque chose.
Et en haut lieu, on permet aux chefs d'entreprise d'avoir le droit à l'erreur, d'avoir des réglementations beaucoup moins contraignantes sur l'environnement et sur le social. On sait ce que ça va donner. Ça va flexibiliser en aval la vie des salariés. Et ça va enrichir en haut la vie des grands entrepreneurs. Pas des petits, des très grands. Qui font déjà des bénéfices énormes et qui vont en faire encore plus. Et ces bénéfices vont finir où ? Chez les actionnaires, dans la spéculation, plutôt que dans l'économie réelle.
Emmanuel Macron a prononcé son discours sur l'Europe jeudi dernier à la Sorbonne, pendant que dehors, à quelques mètres, les étudiants manifestaient contre sa venue et pour la Palestine sur une place du Panthéon complètement bouclée par les forces de l'ordre. A l'intérieur, le chef de l'État s'est aussi imposé en chef de l'Europe et ou en chef de guerre. Après avoir fait un bilan, Emmanuel Macron a présenté ses propositions pour l'Union européenne sans lien avec les élections, bien sûr, comme l'assurent ses équipes. Sur le bilan d'abord, le président de la République française a déclaré que rarement l'Europe n'aura autant avancé en évoquant les différentes crises, guerre, Covid.
Mais Emmanuel Macron se veut pragmatique et affirme que la bataille n'est pas encore gagnée.
Le risque est immense d'être fragilisé, voire relégué. Parce que nous sommes dans un moment inédit de bouleversement du monde, d'accélération, de grandes transformations. Et mon message d'aujourd'hui est simple. Paul Vélieri disait au sortir de la Première Guerre mondiale que nous savions désormais que nos civilisations étaient mortelles. nous devons être lucides sur le fait que notre Europe aujourd'hui est mortelle. Elle peut mourir. Elle peut mourir et cela dépend uniquement de nos choix. Mais ces choix sont à faire maintenant. Parce que c'est aujourd'hui que se joue la question de la paix et de la guerre sur notre continent et de notre capacité à assurer notre sécurité ou pas.
Parce que les grandes transformations, celles de la transition digitale, celles de l'intelligence artificielle comme celles de l'environnement et de la décarbonation se jouent maintenant et la réallocation des facteurs de production se joue maintenant.
Emmanuel Macron lit l'avenir européen et l'avenir de la France indissociable. Selon lui, les mots union et souveraineté sont revenus à maintes reprises. Le président vante la confiance et l'interdépendance des pays entre eux au sein de l'Union européenne ou le fait de produire et échanger ensemble, cas unique au monde en prenant l'exemple des vaccins, de l'énergie ou encore de la défense. Sur la défense, justement, nous disions que le président s'était érigé en chef de guerre. En effet, Emmanuel Macron appelle à nouveau à un emprunt européen pour investir dans l'armement. Dans l'extrait qu'on a vu, on entendait que l'Europe était mortelle.
Le président a détaillé les risques qui menacent le continent, citant la guerre en Ukraine et la Russie qui ne veut plus nous dire quelle est sa limite. Je cite. On parle d'Europe puissante, de bâtir une défense européenne crédible et de renforcer l'OTAN. Enfin, Emmanuel Macron a également appelé à retrouver la maîtrise de nos frontières et à l'assumer en avançant qu'il n'y a pas de souveraineté sans frontières. Thomas, avant de rentrer dans les détails, toi, qu'est-ce que tu retiens du discours du président de la République ?
Alors, vous savez, ce qui est assez marrant avec tous les discours sur l'Europe, c'est que comme c'est un sujet assez difficile, les gens ne s'y penchent pas trop et on peut ressortir un peu toujours le même type de discours. Je me suis tapé quand même le discours pendant 1h49 en préparant ma salade grecque hier et je l'ai lu après sur le site de l'Elysée et franchement, c'est un peu comme une série Netflix. Vous avez le même type de scénarisation. Chaque fois, les discours de l'Europe se ressemblent. On dirait que c'est les mêmes sauf qu'ils réactualisent, ils changent des mots mais c'est les mêmes. Ça commence toujours par un constat alarmant. Alors là, c'est l'Europe va mourir.
Il y a 10 ans, l'Europe est en danger. Il y a 20 ans, l'Europe est à un carrefour. Ça commence toujours comme ça. Puis après, il y a les défis de l'Europe dans la mondialisation qui changent. Il y a toujours un... Il y a un discours du président du Conseil de l'Europe en 2001, donc il y a 23 ans, où il y avait exactement ce plan-là. Et la troisième chose, c'est qu'il faut que l'Europe change. Donc vous voyez, au début, quand vous êtes jeune, vous écoutez les discours, vous y croyez, vous dites c'est intéressant. Puis la deuxième fois, vous y croyez à 50%. La troisième fois, vous n'y croyez plus du tout. Donc les discours de l'Europe, ils ne servent pas à grand-chose, en fait.
Et c'est des discours où on parle de tout et finalement, quand on parle de tout, on ne parle de rien. Voilà. Et le discours de Macron, c'est ça hier. Cette ère où l'Europe achetait son énergie et ses engrais à la Russie, faisait produire en Chine, déléguait sa sécurité aux Etats-Unis et révolue. Qui a dit ça, Thomas ? Eh bien, c'est Emmanuel Macron. Le président regrette une économie ouverte qui soit décalée par rapport à la recomposition du monde. C'est à peu près ce que tu viens de dire. Mais il est vite revenu à ses premiers amours. Je le cite. On réglemente trop, on investit peu, on est trop ouvert et on ne défend pas nos intérêts.
Mais pas question de remettre en cause les traités de libre-échange pour le chef de l'État qui pointe la démagogie des discours anti-CETA, donc cet accord avec le Canada dont le Sénat a rejeté la ratification contre l'avis du gouvernement le mois dernier. Alors on avance comme solution une recette dont on en a soupé ici, la simplification des règles et le marché unique. Est-ce que c'est encore un épisode là de en même temps, Thomas ? Exactement. Alors Macron, il veut une souveraineté européenne. Il faudra vraiment m'expliquer ce que c'est parce que vous savez, il y a parfois, on peut rester souverain européen tout en perdant nos industries en France.
Quand des industries délocalisent au Portugal ou délocalisent en Europe de l'Est, pour la souveraineté européenne, il n'y a pas de problème puisqu'on reste en Europe. Pour la souveraineté française, pour les industries françaises, il y a un gros problème. Donc il ne faut pas faire comme s'il n'y avait pas de concurrence entre États et entre salariés à l'intérieur même de l'Europe. L'Europe a reproduit la mondialisation dans son ensemble avec des pays périphériques qui attirent en fait les productions avec des bas coûts, avec des paradis fiscaux au sein de l'Europe. Alors ça, on n'en parle pas, on fait comme si il faut la souveraineté européenne.
Ben oui, si le siège social d'une grande entreprise française s'installe en Irlande et ne paye pas d'impôts ou très peu d'impôts, c'est de la souveraineté européenne. Mais c'est de l'évasion fiscale dans l'Europe. Donc il faut bien comprendre que la souveraineté européenne, c'est un concept très, très, très, très, très, très, très, très flou. La base de l'Europe, c'était de faire un marché unique et de mettre en concurrence des pays qui échangent entre eux. Donc une grosse partie de nos échanges sont avec les pays européens. Et là, il faudrait quand même régler un certain nombre de choses.
Les différences de modèles sociaux, les injonctions à la baisse des déficits et la compétition entre salariés. Et là, il n'y a pas un mot là-dessus. Il dit qu'il faut aller encore plus loin. Il dit même qu'il faut un marché des capitaux unifiés, c'est-à-dire une bourse européenne. Donc là, on voit bien qu'il y a un passif quand même chez Rothschild. Il y a une confiance vraiment énorme envers les bienfaits de la financiarisation avec ce marché boursier initié, mais aussi un certain nombre de règles qu'il faudrait arrêter qui ont été mises en place après 2008. Je veux dire, pour Macron, ce qui profite à la finance profite à l'économie réelle. C'est un peu faux.
Je veux dire, ça profite surtout à la spéculation et à un petit nombre d'individus et pas aux petites entreprises ou à l'économie réelle. Donc sur beaucoup de points, il y a quand même pour moi des changements cosmétiques, mais pas des changements majeurs. Après, je rajouterai une chose. Il a vanté un bilan en disant qu'il y avait eu des achats groupés de vaccins qui avaient permis d'avoir des vaccins moins chers, qu'il y avait eu un endettement commun avec d'autres pays européens et donc que l'Europe avait évolué. Oui, l'Europe a peut-être évolué, mais c'était une parenthèse. C'est comme si on disait il y a eu un plan de relance en 2008. Oui, un plan de relance parce qu'il y a eu une crise.
Mais après, la parenthèse a été fermée. il y a eu 10 ans d'austérité. Donc, ce que met en avant Macron, c'est une parenthèse due à une crise sanitaire comme il y a eu une parenthèse due à la crise financière en 2008. Très vite, l'Europe retrouve ce qu'elle a été, c'est-à-dire un pacte de stabilité, austéritaire, des réductions de déficits demandés, des cases des services publics imposées au nom de la réduction des déficits, des règles d'or sur le déficit structurel. Là, l'Europe devient ce qu'elle a été. Et là, là-dessus, il n'y a pas eu un mot. Et je trouve ça inquiétant.
Les européistes un petit peu naïfs qui nous disent « Oui, l'Europe, c'est super, c'est la paix dans le monde, c'est l'humanisme. » Il faut qu'ils se penchent sur les questions un peu budgétaires parce que l'Europe, c'est aussi une machine austéritaire. Alors, toujours dans cet objectif de souveraineté, Emmanuel Macron a parlé d'industrie européenne forte et le président veut intégrer dans l'émission de la Banque Centrale Européenne au moins un objectif de croissance voire un objectif de décarbonation industrie et la protège.
Le chef de l'État avance donc à un nouveau choc d'investissement commun, un grand plan d'investissement budgétaire, je cite, pour la défense et l'intelligence artificielle mais aussi la décarbonation. Donc, il estime ce mur d'investissement entre 650 et 1000 milliards d'euros par an. Il a également proposé d'inscrire dans les traités communautaires la préférence européenne dans la défense et le spatial. Qu'est-ce que tu penses de ces orientations, Thomas ? Alors, je trouve ça très bien. Je trouve ça très bien.
Mais alors, il faut qu'il se mette d'accord avec son ministre de l'économie parce que doubler les investissements, OK, mais là, son ministre de l'économie veut plutôt réduire les déficits à tout va en coupant dans les dépenses publiques et en coupant donc en partie dans l'investissement. Donc, je ne sais pas à quelle échelle il veut faire ça mais si à l'échelle européenne, il faut faire ça mais pas à l'échelle nationale jusqu'à preuve du contraire. Aujourd'hui, chaque pays rend sa copie à l'Europe sur sa gestion du budget. Donc là, il n'est pas du tout raccord avec ce qui se passe réellement. Après, moi, ce qui m'a toujours étonné, c'est cette espèce de naïveté.
C'est-à-dire que j'aimerais moi être dans le sens du vent comme ces gens parce qu'ils changent tout le temps d'avis et finalement, ils ont tout le temps raison. Quand il y a eu le nom à la Constitution en 2005, il y avait des intellectuels qui ont pensé l'Europe. Je pense beaucoup à Yves Sales qui était conseiller d'État qui a écrit un livre L'Europe que nous voulons ou Pour une autre Europe où là, il mettait déjà à l'époque, je veux dire, on parle d'un livre qui a plus de 15 ans, presque 20 ans. Il disait à l'époque qu'il y avait une agressivité très forte des multinationales américaines et qu'il fallait en Europe que nous, on aie aussi des champions pour résister à cette agressivité.
À l'époque, on disait c'est un nationaliste, il est contre l'Europe, etc. Il y avait tout ce débat un petit peu sur les valeurs de l'Europe. Vous n'aimez pas l'Europe si vous dites ça. Et aujourd'hui, Macron, il lui a fallu 20 ans pour se rendre compte de ça. Il nous dit dans le discours à un moment, oui, on a cru que les matières premières allaient être infinies. Je ne sais pas, il s'est peut-être le seul à l'avoir cru mais beaucoup de gens disaient quand même que ça devenait de plus en plus difficile quand on regardait les évolutions démographiques et les évolutions aussi de PIB par habitant des pays émergents.
Et il nous dit on ne pensait pas qu'il allait y avoir une géopolitique des matières premières. Mais je veux dire, la Chine a commencé à arriver en Afrique il y a plus de 20 ans pour sécuriser son acheminement des matières premières. Et ça, tous les gens qui étaient sur place l'ont vu, les Africains mais aussi les entreprises françaises de l'époque. Et lui, il découvre ça. On découvre qui aurait pu s'imaginer le changement climatique. Voilà, exactement. Et puis qui aurait pu s'imaginer que l'hôpital était important avant la crise du Covid. Qui aurait pu, qui aurait pu, qui aurait pu, qui aurait pu. Il faut aujourd'hui avoir un petit peu de...
Déjà, plutôt que de projeter toujours des plans sur l'Europe alors qu'il y en a eu beaucoup. Je veux dire, je vous rappelle quand même une chose qui est intéressante c'est en 2001, la stratégie de Lisbonne c'était de faire de l'Europe en 2010 la première économie mondiale de la connaissance, de la cohésion sociale et du plein emploi. C'était ça le projet en 2010. Je ne sais pas si on a réussi. Donc tu vois, là les plans à 2030 ils font rire tout le monde. À un moment, il faut aussi avoir un bilan de ce qu'a été l'Europe, un bilan et un bilan aussi critique.
Et là, visiblement, Macron, il a du mal à avoir ce bilan critique parce qu'il a fait partie de ces gens qui ont porté le marché unique, qui ont porté la concurrence, qui ont porté les coupes dans la dépense publique et qu'aujourd'hui, il se rend compte que c'est ça qui nous a amenés à la vulnérabilité que nous connaissons aujourd'hui en France et en Europe. Il y a un autre aspect aussi. Emmanuel Macron a beaucoup insisté sur l'humanisme. Est-ce qu'on peut prétendre aujourd'hui, Thomas, que l'Europe est humaniste ? L'humanisme, pour moi, c'est le terme le plus flou qui n'a jamais été évoqué.
Souvent, les gens, y compris à gauche, remplacent le terme social par humanisme parce que c'est simple d'être humaniste. C'est toi qui choisis, tu donnes une pièce d'or à tes humanistes, tu vas jouer au foot avec des jeunes de banlieue ou tu vas faire une marotte, te promener, donner un moment. Là, tu es humaniste. Mais pour le social, c'est autre chose. On est prêt à couper dans les retraites, on est prêt à couper dans l'assurance maladie, on est prêt à couper dans l'assurance chômage, on est prêt à couper partout. Donc, l'humanisme, c'est quelque chose vraiment dont je ne vois pas les contours.
Et quand on parle d'Europe humaniste, quand on voit la cure austéritaire qu'on a imposée à la Grèce et des gens comme Macron étaient d'accord. Ce n'était pas le seul. Quand on voit finalement ce qui se passe avec les migrants dans la Méditerranée, quand on voit finalement l'Europe qui n'a pas su parler d'une voix sur ce qui se passe à Gaza, la ramener en disant qu'on fait de l'humanisme, c'est de l'humanisme à géométrie variable. Franchement, là, il aurait mieux fait de se taire sur ce point-là. Merci à vous, chez vous, et d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois votre attention avant de se quitter.
La situation politique est inédite, urgente, on l'a vu encore aujourd'hui. Deux directs par jour, du terrain, du reportage, mais aussi de l'enquête, c'est Le Média, c'est 25 travailleurs et travailleuses qui produisent de l'information au quotidien. Abonnez-vous au Média à partir de 5 euros par mois. L'abonnement, c'est notre moyen de financement le plus pérenne, le plus solide. Être abonné, c'est faire vivre une chaîne télé d'information indépendante et engagée, accessible à toutes et tous en francophonie. Être abonné, c'est faire vivre le pluralisme et le débat dans le très petit monde de la télé. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas chaque semaine.
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