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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 21 décembre 2023 11 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsJustice

Loi immigration : "Il faut respecter le vote du parlement", s'indigne Eric Ciotti

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:06OuverteRéponse partielle

    Y aura-t-il une loi sur l'immigration en 2024 ?

  • 0:09RelanceRéponse directe

    Elle est votée, mais sera-t-elle appliquée ?

  • 0:16OuverteRéponse directe

    Hier, le Premier ministre et le Président ont appelé au Conseil constitutionnel pour censurer des mesures qu'ils ont fait voter.

  • 0:23OuverteRéponse directe

    Des départements et villes promettaient de contourner la loi. Qu'en pensez-vous ?

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Vous étiez deux à crier victoire mardi soir. De qui est-ce la victoire ?

  • 2:21FerméeRéponse directe

    D'autres, c'est le Rassemblement National ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:52Invité politiqueFait
    « Les Français veulent moins d'immigration. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « Ce texte, très largement, c'est le nôtre. »
  • 2:25Invité politiqueFait
    « J'ai entendu qu'on ne compterait pas les voix du Rassemblement National. C'est un déni de démocratie insupportable. »
  • 3:38Invité politiqueFait
    « Nous voulons revenir au texte des Républicains tel qu'il était sorti du Sénat, avec des dispositions courageuses, fortes, puissantes. »
  • 3:46Invité politiqueFait
    « Ce texte va dans la bonne direction pour mieux expulser notamment les étrangers en situation irrégulière. »
  • 5:25Invité politiqueFait
    « Nous sommes le pays en matière de prestations sociales le plus généreux d'Europe pour les étrangers. »
  • 6:10Invité politiqueFait
    « Tout le monde doit appliquer la loi de la République et a fortiori quand on est élu. »

Temps de parole

  • Éric Ciotti78 %
  • Présentateur22 %

5,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Éric Ciotti

Sonia De Villers, votre invitée ce matin est députée des Alpes-Maritimes et président du parti Les Républicains.

0:06
Présentateur

Y aura-t-il une loi sur l'immigration en 2024 ? Elle est votée, ça oui, elle est votée par la majorité des macronistes, par la droite et par l'extrême droite, mais sera-t-elle appliquée ? Hier, Premier ministre et Président de la République en appelaient au Conseil constitutionnel pour censurer des mesures qu'ils ont pourtant fait voter. Hier encore, des départements et des villes promettaient qu'ils les contourneraient. Bonjour Eric Ciotti. Bonjour. D'abord, on voudrait comprendre. Mardi soir, vous étiez deux.

0:32
Éric Ciotti

C'est compliqué à comprendre.

0:33
Présentateur

C'est compliqué à comprendre.

0:34
Éric Ciotti

Et le Président de la République n'y participe pas vraiment.

0:37
Présentateur

Ah.

0:37
Éric Ciotti

Quelque part, donner le sentiment qu'il s'oppose à une loi qu'il a lui-même proposée, je crois que ça confine un grand écart particulièrement hasardeux.

0:48
Présentateur

Particulièrement hasardeux. Bon, alors on va y revenir. Ma première question, c'était pas celle-là, mais si vous voulez, on y va direct. Ma première question, c'était mardi soir. Non, non, allez-y, je vous en prie. Mardi soir, vous étiez deux, Eric Ciotti. C'était un sentiment matinal. Eh bien, tant mieux. Vous étiez deux à crier victoire mardi soir. Vous, une victoire historique de la droite. Et Marine Le Pen, une victoire idéologique du Rassemblement National. Alors d'abord, de qui est-ce la victoire ?

1:10
Éric Ciotti

Écoutez, je crois que c'est la victoire des Français qui, toutes les enquêtes d'opinion le soulignent, soutiennent à plus de 70%, quelquefois sur des mesures qui sont d'ailleurs les plus décriées à 80 ou 90%, des dispositions qui sont utiles et qui sont toutes de bon sens si on veut reprendre le cours de notre destin. Et je note le grand écart, là aussi j'évoquais le grand écart du président de la République, mais le grand écart entre les commentateurs et une certaine classe politico-médiatique parisienne et ce que veulent les Français. Les Français veulent moins d'immigration. Et ce message, il doit être entendu.

Et ce message, c'est celui que je défends depuis des années parce que cette immigration aujourd'hui massive, on ne peut plus l'intégrer et elle est source de grandes difficultés pour le pays social, économique, sécuritaire, communautariste. Et c'est ça qu'il faut prendre en compte. Soit on détourne le regard, soit on agit. C'est ce qu'ont voulu faire les Républicains. Ce texte, très largement, c'est le nôtre. D'autres se sont greffés dans le vote, c'est leur choix. Et je respecte le choix.

2:21
Présentateur

D'autres, c'est le Rassemblement National ?

2:22
Éric Ciotti

C'est le Rassemblement National. Deux remarques là-dessus. Un, j'ai entendu qu'on ne compterait pas les voix du Rassemblement National. C'est un déni de démocratie insupportable. Un député représente la nation tout entière. Sa voix n'a pas à avoir de distinction, qu'elle soit de la NUPES ou du Rassemblement National. Est-ce qu'il y aurait des députés de seconde zone ? Est-ce qu'il y aurait des députés de second rang ? Tous les députés sont députés du peuple de France. Et cette sélection, ce tri, ce mot qui est quelque part insupportable en démocratie, n'a pas sa place. C'est premier point.

3:03
Présentateur

Donc vous vous enorgueillissez, Éric Ciotti, de voter un texte, main dans la main, avec le Rassemblement National.

3:09
Éric Ciotti

Il y a des députés de la majorité, il y a des députés LR qui ont fait ce texte. Je le souligne. Comment ça s'est passé ? Nous avons voté la motion de rejet. Je l'ai décidé avec Olivier Marlex. Les députés LR ont voté une motion de rejet pour dire non. Nous ne voulons pas le texte de gauche sorti de la commission des lois, totalement dénaturé. Nous voulons revenir au texte des Républicains tel qu'il était sorti du Sénat, avec des dispositions courageuses, fortes, puissantes, qui peuvent endiguer ces flux migratoires qui deviennent insupportables et qui peuvent, et je dis bien peuvent parce qu'il y a des nuances.

J'ai toujours dit que ce qui était nécessaire, c'était une grande réforme constitutionnelle, approuvée par référendum. On y va. Mais néanmoins, ce texte va dans la bonne direction pour mieux expulser notamment les étrangers en situation irrégulière et pour limiter aussi l'attractivité de notre modèle social.

4:11
Présentateur

Justement, quand le RN dit que ces idées ont gagné, est-ce qu'ils n'ont pas raison ? En parlant de la priorité nationale, le sujet de l'accès aux prestations familiales, aux aides au logement, etc., Marine Le Pen déclarait sur le principe « le concept est validé ». Est-ce que vous validez le concept ?

4:25
Éric Ciotti

Moi, j'ai toujours défendu, quelles que soient les positions des uns et des autres, depuis que je suis député, le fait que les étrangers qui arrivent en France ne puissent pas disposer lorsqu'ils ne travaillent pas, c'est-à-dire lorsqu'ils ne paient pas de contribution. Il y a une distinction très claire, et elle est toujours là dans ce texte, entre ce qu'on appelle les prestations contributives, c'est-à-dire un salarié, naturellement, il a droit à l'assurance maladie, naturellement, il a droit au chômage, naturellement, il a droit à la retraite. C'est la contrepartie de ces cotisations.

Mais quelqu'un qui ne travaille pas, qui sollicite l'arrivée en France, ne peut pas bénéficier des mêmes droits dès la première minute que quelqu'un qui est en France depuis des années. D'ailleurs, ça existe, vous savez, le RSA, ce n'est pas nous qui l'avons fait, il faut cinq ans avant de le toucher. Les allocations familiales, il y a un délai de carence, il faut six mois. Nous disons la même chose pour les autres prestations sociales, il faut allonger ce délai parce que nous sommes le pays, en matière de prestations sociales, le plus généreux d'Europe pour les étrangers.

Et ça veut dire que les étrangers, quand ils veulent venir en Europe, ils privilégient la France parce qu'il y a cette générosité. Et cette générosité, elle n'est plus possible.

5:43
Présentateur

Éric Ciotti, 32 départements dirigés par la gauche, comme le Lot, par exemple, des municipalités, vous avez entendu la maire de Strasbourg au journal de 7h, annonce qu'ils n'appliqueront pas certains articles qu'ils jugent indignes. Qu'est-ce que cela vous inspire ?

5:57
Éric Ciotti

On est dans une république bananière, il y aurait des petits rois telés locaux qui décideraient de ne plus appliquer les lois de la République. C'est de la sédition. Ces personnes se mettent hors des lois de la République. Tout le monde doit appliquer la loi de la République. et a fortiori quand on est élu. Donc tout ça, c'est de la communication, c'est ridicule, ça peut être sanctionné par la loi et c'est naturellement contraire à tout principe légal.

6:25
Présentateur

Quand Laurent Wauquiez, qui est président de la région Rhône-Alpes et membre éminent des Républicains, refuse d'appliquer la loi zéro artificialisation nette, comment vous appeliez ça à ce moment-là ?

6:35
Éric Ciotti

Ce n'est pas la même chose. C'est une capacité d'adaptation qui est dans les mains des régions. Là, on est dans une loi de la République qui s'applique à tout le monde. Sur la zone zéro artificialisation nette, c'est les régions qui vont fixer les zones qui sont concernées. Le président de la région dit « je n'appliquerai, ces zones n'existeront pas ». Ça n'a rien à voir, c'est sa capacité d'appréciation. Là, il y a une loi de la République qui s'applique de façon égale sur tout le territoire et ne pas l'appliquer, c'est naturellement ahurissant, scandaleux.

7:11
Présentateur

Capacité d'appréciation encore. Hier au micro de France Inter, Elisabeth Borne, sur certaines mesures, comme la caution par exemple demandée aux étudiants, elle allait finalement jusqu'à l'évoquer une somme symbolique de 10 euros, n'excluait pas d'y revenir, n'excluait pas de s'adapter, n'excluait pas de modifier la loi. Est-ce que ça vous paraît acceptable ?

7:30
Éric Ciotti

C'est très choquant là encore. La loi a été votée, nous avons discuté pendant des heures entières avec la Première Ministre. Cette disposition, elle a été adoptée par le Sénat, elle a été adoptée en commission mixte paritaire, elle a fait le fruit d'un accord de la Première Ministre et on viendrait renoncer à la parole. Je l'ai dit, j'ai appelé la Première Ministre hier. J'ai dit « attention, ce que vous faites est extrêmement dangereux » parce que si le respect de la parole n'a aucun sens, n'a aucune valeur, si la parole du gouvernement et si encore beaucoup plus fort, le vote du Parlement n'a aucune valeur, que vont penser les Français ?

Ça veut dire que d'abord, il n'y aura plus aucune capacité de discussion, et je l'ai dit à la Première Ministre, pour la suite, la majorité n'est que relative et même cette majorité est de plus en plus fracturée en son sein. Donc, où en année ? Comment gouverner le pays dans cette espèce de chaos où on a vu ce qui est quand même... Vous lui rappelez là, quand vous l'appelez hier au téléphone Elisabeth Borne,

8:36
Présentateur

vous lui rappelez qu'elle ne peut plus gouverner sans vous ? C'est ça que vous lui rappelez quand vous l'appelez au téléphone hier ?

8:40
Éric Ciotti

Je lui ai dit qu'une loi a été votée, que sa majorité n'existe pas, qu'elle est de plus en plus fragile, qu'il y a eu un texte, fruit d'un accord, fruit d'un vote au Sénat, qu'il faut respecter ce vote.

8:55
Présentateur

Et le Conseil constitutionnel, alors ? Et la gauche, c'est-il le Conseil constitutionnel ? Et le Premier ministre ? Et le Président de la République s'en remettent au Conseil constitutionnel qui pourrait censurer un certain nombre de mesures sur les quotas, sur les prestations sociales, sur les droits du sol ? On verra. Et ça, qu'en pensez-vous ?

9:12
Éric Ciotti

Nous verrons bien. Je ne vais pas préjuger de la décision du Conseil constitutionnel. J'entends des pressions politiques. On voit bien qu'il y a une envie du Président de la République que le Conseil constitutionnel se substitue au Parlement. Attention !

9:27
Présentateur

Vous sous-entendez que le Conseil constitutionnel n'est pas indépendant ?

9:30
Éric Ciotti

Attention ! Il y a des membres qui sont nommés par le Président de la République. Attention à ce que le Conseil constitutionnel ne redevienne pas, ne devienne pas une instance politique. On est en droit. Nous avons toujours dit, et moi le premier, et pour moi c'était impréalable, que nous avons besoin en matière migratoire d'une réforme constitutionnelle. Et je souhaite, pour qu'elle balaye toutes ces oppositions qu'on entend et qui sont contraires à la volonté du peuple, que cette réforme soit approuvée par les Français. Parce qu'on n'a jamais interrogé les Français pour savoir ce qu'ils veulent sur l'immigration.

Ce n'est pas aux journalistes, ce n'est pas à telle ou telle organisation ou association de dire ce que veulent les Français, de juger ce que veulent les Français, c'est de juger le Parlement. Là, ce n'est plus la démocratie. C'est un régime particulier qui n'est pas conforme à l'idée que je me fais de la démocratie. Donc il faudra un jour cette réforme constitutionnelle, notamment sur l'asile à la frontière, notamment sur les plafonds migratoires, tout ça sur les expulsions, nous le disons.

Quand on voit qu'on a dû aller rechercher un Ouzbék, qui est dangereux pour la France, dans son pays, par une décision du Conseil d'État qui est conforme au respect des engagements internationaux, on marche sur la tête. Nos concitoyens ne peuvent pas comprendre ça.

10:51
Présentateur

La France a respecté le droit international. Merci Eric Ciotti.

10:54
Éric Ciotti

C'est pour ça qu'il faudra changer les choses. Merci Eric Ciotti. Et merci Sonia de Villers.