Cohabitation : qui a le dernier mot ? - Reportage #cdanslair 15.08.2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 20 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00O.SchrameckFait
« On peut avoir une cohabitation atténuée avec un gouvernement dit de coalition. »
- 2:00J.ChiracFait
« Je ne crois pas qu'il y ait de domaine réservé ou de domaine partagé. La Constitution prévoit des choses. Ces choses donnent notamment une prééminence, un peu le dernier mot au président. »
- 3:00O.SchrameckFait
« Rien ne garantit au président de la République qu'il puisse imposer une politique étrangère à laquelle le gouvernement serait hostile. »
- 4:00O.SchrameckFait
« Elle a été féconde en réformes de toute nature, économiques, sociales, écologiques, institutionnelles. »
- 5:00V.Reille SoultFait
« Ils réclament des projets concrets. »
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pendant la 3e cohabitation, O.Schrameck. Quelles sont les règles?
Comment se répartissent les rôles entre le Premier ministre et le président? - Il est l'un des plus fins connaisseurs de l'Etat. O.Schrameck a derrière lui l'expérience de 2 cohabitations, Mitterrand-Balladur et Chirac-Jospin.
Il a été au coeur des arcanes du pouvoir. 2 expériences qui ne se conjuguent pas au présent. La situation est inédite et nécessite d'accorder cohabitation et coalition.
Toutes les hypothèses sont sur la table. - O.Schrameck: On peut avoir une cohabitation atténuée avec un gouvernement dit de coalition.
On peut avoir une cohabitation en trépied, sur la base des 3 forces politiques que nous connaissons. On peut avoir une cohabitation dispersée si aucune majorité, même relative, ne se forme clairement. - En temps de cohabitation, qui a le plus de poids?
Le Premier ministre ou le président? Lors de la cohabitation entre L.Jospin et J.Chirac, chacun a son avis sur la question.
Une querelle éclate entre les 2 hommes pour savoir qui a le dernier mot. - J.Chirac: Je ne crois pas qu'il y ait de domaine réservé ou de domaine partagé.
La Constitution prévoit des choses. Ces choses donnent notamment une prééminence, un peu le dernier mot au président. - Dans les faits, ce n'est pas aussi tranché, comme sur les questions liées à la défense, par exemple. - O.Schrameck: Rien ne garantit au président de la République qu'il puisse imposer une politique étrangère à laquelle le gouvernement serait hostile.
Le président est le chef des armées. Le gouvernement est responsable de la défense nationale. Il tient les cordons de la bourse.
Il ne peut pas y avoir ni de loi de programmation militaire ni de loi de finances portant sur les crédits militaires sans qu'une majorité se dégage pour l'adopter ou sans qu'il y ait usage de l'article 49-3. - Parfois, cela tourne au bras de fer entre l'Elysée et Matignon, comme en 2000, lorsque L.Jospin force la main à J.Chirac pour la réforme des 35 heures. - O.Schrameck: D'emblée, le président a fait savoir qu'il n'était pas favorable aux 35 heures.
Le gouvernement...
C'était dans le programme présenté au suffrage des Français lors des législatives. Donc le gouvernement l'a appliqué. En matière de politique intérieure, le président de la République peut s'ériger, en cas de cohabitation frontale, bien sûr, en représentant de l'opposition.
Il est le plus qualifié, en quelque sorte, pour exprimer, au nom de l'intérêt général et des garanties qu'il doit assurer la continuité du pays et de ses institutions, des critiques fortes. - Chirac, Jospin, 5 ans de partage du pouvoir. Une cohabitation au long cours dont le Premier ministre n'a pas réussi à tirer profit. - O.Schrameck: Elle a été féconde en réformes de toute nature, économiques, sociales, écologiques, institutionnelles.
Elle a probablement une ombre portée sur l'image que l'opinion publique avait des 2 têtes de l'exécutif. Elle a brouillé les cartes politiquement et a expliqué le faible score électoral des 2 candidats qui étaient considérés comme majeurs et qui ne se sont pas retrouvés face à face au 2e tour. - Mai 2002.
Coup de tonnerre en France. J.-M.Le Pen arrive au 2e tour de la présidentielle face à J.Chirac.
La cohabitation prend fin et L.Jospin se retire de la vie politique. - M.Lauqué: On a parlé des 3 cohabitations précédentes.
Là, on est dans une situation politique inédite. - H.Mathoux: La cohabitation potentielle à laquelle on va assister n'a aucun rapport avec les 3 qu'on a connues. - M.Lauqué: En trépied ou dispersée... - H.Mathoux: Les fois précédentes, c'était clair.
Il y avait une majorité absolue à l'Assemblée nationale représentée par le Premier ministre et une opposition incarnée par le président. Le gouvernement devra négocier chaque texte âprement à l'Assemblée nationale à cause de la majorité relative. Le président, a priori, sera représenté dans cette majorité relative.
C'est incomparable. On ne peut pas s'appuyer sur un précédent historique pour tirer des conclusions. Ca rend l'exercice intéressant. - J.Garrigues: A priori, la cohabitation, c'est le retour à l'esprit et à la lettre de nos institutions qui permettent au Premier ministre de gouverner en s'appuyant sur une majorité parlementaire.
Problème: cette majorité va être très fragile. D'où les descriptions d'O.Schrameck avec le trépied.
On est dans quelque chose qui, paradoxalement, peut renforcer la position du président de la République. Or, on a une demande sociale qui est celle d'affaiblir cette hyperprésidence. On a une demande sociale qui est de donner plus de pouvoir au Parlement et une meilleure connexion entre le peuple et le Parlement.
On est dans une situation presque contre-intuitive. Vous avez cette possibilité d'équilibre des pouvoirs qui me semble souhaitée par une majorité de la population, mais la situation du Parlement fait qu'on est dans une difficulté à avoir une majorité forte pour soutenir un Premier ministre. Il me semblerait de l'intérêt d'E.Macron, étant donné le rejet qu'il a engendré pour des tas de raisons, de prendre un peu de recul, d'être un président un peu replié sur son Aventin et d'aller un peu plus vers ce qu'on appelle le domaine réservé, les affaires internationales.
Sauf que s'il se retrouve dans une position où il a toujours la situation d'arbitre et où face à lui, il a un Premier ministre faible ou affaibli, je ne suis pas sûr que ça se passe comme ça. On est dans une situation difficile. - M.Lauqué: On parlait de ce que voulaient les Français.
Quand vous observez les réseaux, que disent les Français? - V.Reille Soult: Il y a 3 blocs.
Chacun a des ennemis. Même les Français sont un peu perdus. Qui est mon ennemi?
Contre qui je dois me battre? Ils réclament des projets concrets. On parlait des sujets de préoccupation.
Par exemple sur le logement, ça a un coût. C'était intéressant de voir que pendant les législatives, le RN avait fait une proposition sur le logement. Faisable ou pas?
Je ne sais pas, mais ils voulaient repousser la date concernant les logements passoires. Au-delà des gens militants ou sympathisants, ces idées étaient peu reprises ou débattues. C'étaient plutôt des postures.
Cette mesure avait été énormément commentée, voire approuvée par des gens qui étaient loin du RN. A chaque fois que quelqu'un disait que c'était proposé par le RN, ils disaient qu'ils n'étaient pas d'accord. On voit bien qu'ils veulent des choses concrètes.
Les Français sont empreints de bon sens, même s'ils sont parfois un peu excessifs sur les réseaux. Les Français veulent participer à leur façon. Il faudra leur trouver une place, une place qui n'est pas...
On a le droit de voter toutes les X années...
Ils ont presque voté tous les 6 mois, là!
Lionel Jospin