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interviewC dans l'air· 20 mars 2026 63 min

Quentin : une manif... et des enjeux politiques - C dans l’air - 21.02.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

que le rasoir 5 lames le plus vendu du marché. Sous-titrage en direct france.tv access.

Générique. -A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". Va-t-on assister aujourd'hui à un nouveau déchaînement de violence à Lyon? Les forces de l'ordre sont en alerte une semaine après la mort de Quentin Deranque.

Une marche se tient pour lui rendre hommage, avec la crainte de voir encore les identitaires et les antifascistes s'affronter. Jordan Bardella a demandé aux élus du RN de ne pas s'y rendre. Le parti va-t-il aller au bout de son entreprise de dédiabolisation?

Et si c'était le second tour de la présidentielle qui se jouait aujourd'hui? Abel Mestre est avec nous. Vous êtes chef-adjoint du service politique au journal Le Monde.

Vous avez écrit "Le système Le Pen". Jérôme Jaffré, vous êtes chercheur associé au Cevipof. Agathe Lambret, vous êtes journaliste sur Franceinfo.

Vous faites l'interview politique de la matinale et également un podcast, dont l'épisode 2 est sorti hier avec Raphaël Glucksmann. Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département d'opinion à l'Ifop. La marche en hommage à Quentin Deranque a commencé aux alentours de 16h30 à Lyon, avec un dispositif de sécurité conséquent.

Plus de 500 membres des forces de l'ordre quadrillent la ville. C'est un déploiement équivalent à celui du 1er mai. Il y a plus de 3000 manifestants, selon la préfecture.

Est-ce que l'on vit un moment à haut risque? -A.Mestre: Oui.

C'est toujours à haut risque, ce genre de manif, que ce soit organisé par les radicaux de gauche ou de droite. C'est beaucoup, pour cette mouvance qui est éclatée et minoritaire, même au sein de l'extrême droite, 3000 personnes. C'est important, beaucoup plus que l'année dernière, le 9 mai, un autre défilé d'extrême droite radical, très marqué politiquement.

Donc, là, le pari est en passe d'être réussi s'il n'y a pas de violence. -A.Casse: On va avoir la réaction de ceux qui sont dans la manif dans un instant.

Jérôme Jaffré, on a l'impression que le seuil de violence politique monte de jour en jour, alors qu'on est à 22 jours du premier tour des municipales et à à peu près un an de la présidentielle. -J.Jaffré: Il faut espérer que ce seuil de violence que l'on a atteint au maximum avec la mort du jeune Quentin la semaine dernière retombe, quand même.

Le problème, c'est que notre vie politique tout entière et notre démocratie sont atteintes. A partir du moment où, dans votre introduction, vous l'avez dit, on va potentiellement vers un deuxième tour de la présidentielle qui verrait s'opposer les deux camps les plus antagonistes du pays...

Jamais ça ne s'est produit dans une présidentielle. Il y a eu des qualifications, on s'en souvient, du Rassemblement National, en 2002, en 2017 et en 2022, mais il n'y avait pas en face le camp le plus antagoniste. Il y avait un camp plus rassembleur.

En 2002, Jacques Chirac. En 2017 et en 2022, Emmanuel Macron. Si nous voyons l'affrontement des extrêmes qui dominent la vie politique, et je ne les qualifie pas négativement en parlant d'extrême, simplement ils sont aux deux bords de l'échiquier politique, d'un côté, La France Insoumise, et de l'autre, le Rassemblement National, et que ces partis sont aiguillonnés par les ultras, alors qu'ils jouent le jeu démocratique, ce que le Rassemblement National fait de plus en plus, très manifestement d'ailleurs...

Jordan Bardella ne voulait pas que ses élus aillent à cette manifestation, par exemple. On voit bien qu'il n'avait aucune envie que ses élus soient confondus avec les images que l'on va voir. Déjà, ces personnes en noir et masquées donnent une image de la démocratie qui n'est pas la nôtre.

Les élus sont à visage découvert. On les reconnaît. Ils sont respectables par définition, puisque ce sont des élus.

Le Rassemblement National fait très attention à ne plus se mélanger. Si vous avez des ultras qui font pression sur les extrêmes pour aboutir à des batailles de rue, c'est notre démocratie qui est menacée très fortement dans l'année qui vient. -A.Casse: On va se mettre dans l'ambiance de cette manifestation avec quelques slogans. - JUSTICE POUR QUENTIN! - LFI, ASSASSINS! -A.Casse: Je ne sais pas ce qui vous marque dans ce que l'on vient d'entendre et de voir. -J.Fourquet: Le "Justice pour Quentin" était attendu.

C'est assez classique dans ce genre de manifestation commémorative, où l'on rend un hommage à quelqu'un qui est décédé. Le "LFI, assassins", c'est une antagonisation de la vie politique. On passe d'adversaires politiques à ennemis. "Assassin", ça peut appeler à des vengeances, à des représailles.

On peut comprendre la colère d'une partie des manifestants, qui pouvaient être proches du jeune Quentin, mais on voit bien qu'on est dans une antagonisation. Même si ce sont des marges assez extrêmes, comme l'a rappelé Abel Mestre...

On voit les cortèges. On voit un public un peu plus divers que ce que l'on constate dans les manifestations d'ultra-droite ou d'extrême droite traditionnelle. En termes d'âge, par exemple.

Vous avez des personnes un peu plus âgées. Il n'y a pas que de jeunes militants ultras. On a aussi la présence de femmes, notamment assez âgées, des gens qui sont venus en couple.

Cela explique que la jauge soit plus importante que ce que l'on connaît habituellement, même si ça reste assez marginal. Le Rassemblement National n'avait pas appelé à ce que ses militants se mêlent à ce rassemblement. On voit qu'il y a quand même une base militante qui est très remontée.

Sans doute que certains auront envie d'en découdre, de faire le match retour. La ville de Lyon est le théâtre, hélas, d'affrontements entre ces deux camps depuis un moment. -A.Casse: Ils se répartissent la ville. -J.Fourquet: Oui.

Il y a une espèce de guerre de position dans tel et tel quartier. -A.Casse: Est-ce qu'il y a l'idée de faire de la mort du jeune Quentin un martyr?

Le Charlie Kirk français? -A.Mestre: Oui.

Ils l'érigent en martyr. Pour eux, c'est un martyr. Les plus politiques des radicaux se disent que c'est le moment de rassembler cette famille complètement éparpillée, extrêmement divisée historiquement entre différentes chapelles.

Les chapelles idéologiques sont aujourd'hui moins marquées qu'il y a quelques décennies. Les groupes se structurent autour de quartiers, de villes, dans une logique de citadelles. Ils se disent que c'est le moment pour se rassembler.

Pour la première fois de leur vie, une grande partie du pays a l'oreille attentive à leurs revendications. C'est le moment de faire pression sur le Rassemblement National, sans y entrer, mais pour imposer leurs thèmes, des thèmes très durs sur l'immigration, avec une analyse plus ethnique de la xénophobie, etc. -A.Casse: Il y a un risque de débordement, non pas maintenant, mais plus tard?

Et pourtant, cette manifestation n'est pas interdite. -A.Lambret: Alors que le maire avait demandé son interdiction.

Il y a eu une non-interdiction de Laurent Nunez, qui a décidé cela pour trois raisons au moins. D'abord, c'est un hommage à un mort. Ce n'est pas une manifestation.

C'est un hommage après un drame qui a ému tout le pays. Il y a donc un message politique de dire qu'ils ont le droit de se recueillir. Ensuite, ne pas interdire la manifestation fait qu'elle peut se tenir dans un périmètre défini et contrôlé par les forces de l'ordre.

Si elle était interdite, il pourrait y avoir des affrontements entre groupuscules dans différents endroits. Ce serait plus difficile à contrôler. Et enfin, mais le ministère de l'Intérieur ne le dira jamais, à chaque manifestation de ce type, de groupes radicaux, il y a les services de renseignement qui sont là et qui observent les manifestations.

Ca leur permet de mettre à jour les fiches. Cette manifestation est aussi intéressante pour les services de renseignement et pour le ministère de l'Intérieur. Dernière chose, ça va aussi donner le la des prochaines semaines.

Il y avait une inquiétude après la mort de Quentin. On a retrouvé des tags sur les universités, des alertes à la bombe. Il y avait la crainte d'un embrasement.

Cette manifestation est aussi une façon de prendre le pouls de ces mouvements et de voir comment ça va évoluer. -A. Casse: Le RN a tenté de diaboliser La France Insoumise toute la semaine.

Ce sont des jeunes de Jeune Garde qui sont soupçonnés d'avoir tué Quentin Deranque. Jean-Luc Mélenchon, de son côté, ne rompt pas avec ce groupuscule. *- Jean-Luc Mélenchon et plusieurs insoumis pointés du doigt pour leurs liens avec la Jeune Garde. *- La violence déborde sur le débat public. plus que jamais. - Jean-Luc Mélenchon et La France Insoumise en pleine tempête politique.

Sept hommes ont été mis en examen pour homicide volontaire ou complicité. Deux étaient collaborateurs du député Raphaël Arnault. L'onde de choc provoquée par le drame s'est propagée cette semaine à l'Assemblée nationale. - Aujourd'hui, l'extrême gauche a du sang sur les mains.

Ce n'est pas l'extrême gauche qui est agressée, c'est l'extrême gauche qui agresse. Non, ce n'est pas la police qui tue, c'est l'extrême gauche qui tue. - Il est temps que vous fassiez le ménage, madame la présidente Panot.

Le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et dans vos rangs! - La plupart des individus mis en examen sont connus pour être membres ou proches de la Jeune Garde. Si Jean-Luc Mélenchon condamne la violence, il ne renie rien de sa proximité avec l'organisation. - Nous n'acceptons pas les leçons que nous donne monsieur le Premier ministre, qui a pété un câble cet après-midi aux questions d'actualité.

Le mouvement de la Jeune Garde est d'abord le produit spontané de jeunes gens qui se sont accordés entre eux pour résister au fascisme. Nous approuvons leur résistance et leur organisation. - Malgré les appels à la démission et à l'exclusion de Raphaël Arnault, fondateur de la Jeune Garde, LFI fait bloc autour de son député.

De quoi semer la pagaille à gauche. - La France Insoumise est un boulet pour la gauche. C'est aussi un handicap pour lutter contre le Rassemblement National. - Il y a aussi ceux qui sont embarrassés par l'affaire et l'attitude de Jean-Luc Mélenchon. *- On est dans une actualité toxique dans laquelle les faits divers sont instrumentalisés par les uns et par les autres.

Les écologistes ont toujours condamné la violence. Personne ne devrait mourir pour avoir manifesté. - Pas d'embarras, en revanche, pour le RN.

Conférence de presse cette semaine pour tenter d'accélérer sa propre dédiabolisation. - Lorsqu'une organisation utilise la terreur pour imposer son idéologie, alors, elle doit être combattue avec la même force que le sont les groupes terroristes. J'appelle donc à constituer un véritable cordon sanitaire pour isoler La France Insoumise et la tenir à l'écart des institutions, que ce soit à l'Assemblée nationale ou en vue des prochaines élections municipales. - Dans ce climat très tendu, le siège de La France Insoumise à Paris a été évacué mercredi après une alerte à la bombe.

En déplacement en Inde, Emmanuel Macron réagit et renvoie dos à dos LFI et le RN. - Aucun groupe mettant en oeuvre de la violence n'a de légitimité dans la République. Je le dis avec beaucoup de force.

Les partis extrêmes doivent faire leur ménage. L'extrême gauche et l'extrême droite aussi, qui a dans ses rangs des militants qui justifient l'action violente. - Une affaire commentée également aux Etats-Unis.

L'administration Trump dénonce la violence politique de l'extrême gauche, qu'elle considère comme une menace. -A.Casse: J'aimerais avoir votre regard sur la réaction de l'administration Trump.

On voit déjà des dirigeants étrangers s'emparer de cette affaire. -J.Jaffré: On sait bien que l'administration Trump cherche à emmener au pouvoir en Europe les partis patriotiques, les partis chargés de détruire l'Union Européenne.

Ce sont les partis d'extrême droite, les partis nationalistes qui mettent l'idée de nation en tête, ceux qui ne veulent pas de l'intégration européenne qui sont les amis de Trump. Ce sont des amis stratégiques. Il s'agit de détruire de l'intérieur l'Union Européenne.

Tout ce qui est fait pour démolir les administrations en place quand elles ne plaisent pas va dans ce sens. Il y a énormément de choses dans le reportage. -A.Casse: On va les prendre dans l'ordre.

Le fait que l'administration Trump réagisse, ça montre que la manifestation qui a lieu en ce moment est importante. -J.Fourquet: Il va se passer encore beaucoup de temps avant la présidentielle.

Il y aura d'autres événements qui vont rebattre les cartes. On ne connaît pas encore les personnalités qui seront candidates, mais c'est une étape de plus dans la définition du paysage dans lequel cette présidentielle va s'opérer. -A.Casse: Est-ce que le RN va réussir à faire en sorte que le cordon sanitaire se déplace vers La France Insoumise? -J.Fourquet: Le RN veut parachever sa stratégie de dédiabolisation.

Pour eux, c'est du pain béni. Jordan Bardella a donné des consignes très claires à ses cadres en leur demandant de ne pas s'afficher dans cette manifestation. Si jamais elle tournait mal, ils seraient ramenés à leur collusion avec des formations extrémistes.

Ca ne colle pas avec leur stratégie. Le deuxième objectif, c'est de repasser une bonne fois pour toutes le mistigri du diable de la République à La France Insoumise. Ils vont dire que le cordon sanitaire ne doit plus s'appliquer contre eux, mais contre LFI.

Il y avait déjà eu une première étape après le 7 octobre 2023, lors de la grande marche contre l'antisémitisme. Marine Le Pen et certains de ses lieutenants avaient eu le droit de participer à cette manifestation quand La France Insoumise avait été très fortement pointée du doigt comme ayant insuffisamment condamné ce qui s'était passé le 7 octobre. Si on revient assez longtemps en arrière, c'était un tête-à-queue tout à fait spectaculaire.

Après la profanation du cimetière juif de Carpentras, il y avait eu une grande manifestation républicaine contre l'antisémitisme et Jean-Marie Le Pen avait été désigné comme le paria à cette époque. Jean-Luc Mélenchon faisait partie du cortège. -A.Casse: "Jean-Luc Mélenchon a ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des meurtriers présumés", ce sont les mots de Jordan Bardella. -A.Lambret: En même temps, quel parti a investi le patron de groupuscules?

C'est La France Insoumise. Marine Le Pen a tout fait pour essayer de s'arracher de cette étiquette du diable en commençant par l'antisémitisme. La première rupture, c'était l'antisémitisme de son père.

Elle a tout fait pour que le parti de son père n'ait plus rien d'antisémite. Jean-Luc Mélenchon lui rend un immense service. En 2022, Marine Le Pen appelait Emmanuel Macron à dissoudre tous les groupes d'ultragauche et d'ultradroite.

Le Rassemblement National, de temps en temps, il y a des polémiques. En général, ils sont exclus. D'un côté, on a un parti qui n'assume pas du tout ses relations avec les ultras, et de l'autre, on a La France Insoumise qui assume de faire entrer un groupuscule à l'Assemblée. -A.Casse: Pourquoi Jean-Luc Mélenchon va dire toute son affection à la Jeune Garde? -A.Lambret: C'est une stratégie.

Ca a été analysé. C'est la même stratégie que l'avocat qui a inspiré Donald Trump à ses débuts. C'est un avocat conservateur américain.

C'est une stratégie en trois points: attaquer encore et encore, nier, revendiquer toujours la victoire et ne jamais admettre la défaite. -A.Casse: Jean-Luc Mélenchon fait du Trump? -A.Lambret: En tout cas, il n'accepte pas ses erreurs.

Il aurait pu avoir un message d'apaisement un peu fort, mais il campe sur ses positions. Comme LFI est un parti qui obéit, à partir du moment où Jean-Luc Mélenchon a eu cette expression, tous ses lieutenants ont adopté cette ligne. -A.Casse: Où en est l'enquête? -A.Mestre: Le procureur de la République de Lyon a annoncé sept mises en examen dans l'instruction qui a été ouverte pour homicide volontaire.

Il y a eu six personnes incarcérées, dont Jacques-Elie Favrot, le collaborateur de Raphaël Arnault. Lui, c'est pour complicité d'homicide par investigation. Il aurait incité à commettre ces actions.

Evidemment, d'autres interpellations vont avoir lieu. Ils n'ont pas encore fait toute la lumière sur le déroulé. -A.Casse: Qu'est-ce qu'on sait du déroulé? -A.Mestre: Pas grand-chose, à part ce qui a été dit.

Il y a eu des affrontements en marge d'une conférence de Rima Hassan. Il y a eu le lynchage et le tabassage de Quentin, mais on n'en sait pas beaucoup plus. Ils ont besoin de prendre un peu plus de temps pour établir les faits précisément.

Le procureur est très prudent. -A.Casse: Oui, tout en disant qu'il pourrait y avoir de nouvelles interpellations. -A.Mestre: Mais il se garde bien de les qualifier politiquement. -A.Lambret: Vous demandez pourquoi les insoumis ne reculent pas.

Ils sont comme investis d'une mission contre le fascisme. C'est une stratégie. Certains comme Gabriel Attal pensent que Jean-Luc Mélenchon souhaite la victoire du Rassemblement National pour qu'il y ait un chaos. -A.Casse: Je vais vous donner la parole dans un instant.

Les députés LFI font-ils tous bloc derrière Raphaël Arnault? -A.Mestre: En tout cas, tous ceux qui s'expriment le font.

Ce n'est pas un mouvement dans lequel on conteste la parole du leader, à moins qu'on ait envie de se faire renvoyer. Effectivement, ils font bloc. C'est dans la culture militante de La France Insoumise.

On ne touche pas à un camarade. Jean-Luc Mélenchon a adopté cette stratégie populiste, il est persuadé que, dans cette stratégie, il y a deux populismes qui finiront par s'affronter: le populisme de droite et le populisme de gauche. C'est toute sa stratégie qui découle de ça. -A.Casse: Qu'en pensent les Français?

Quelle perception auprès des Français? -J.Fourquet: Avant le drame, il y avait eu une autre polémique à la suite de la qualification par le ministère de l'Intérieur de LFI comme faisant partie de l'extrême gauche pour les formations politiques pour les municipales.

LFI s'était offusqué de cela en disant que c'était une décision politique et en disant que le ministre de l'Intérieur était à la fois juge et partie. Quand l'Ifop interroge les Français sur le sujet, 70% d'entre eux considèrent que ce classement est justifié. 70% des sympathisants du PS et 95% des sympathisants de la majorité présidentielle considèrent que ce qualificatif correspond bien à ce qu'est la réalité aujourd'hui de LFI.

Ca, c'est un premier élément. Ensuite, il y aura la question des éventuelles alliances et de l'attitude des électorats et des états-majors politiques des autres formations, notamment de gauche, vis-à-vis de LFI. Pour l'instant, LFI se dit que sa base électorale est suffisamment constituée et qu'elle en a vu d'autres.

Pour eux, ce n'est pas le moment de lâcher, il faut se maintenir dans la tranchée. On parlait des liens avec la Jeune Garde. La conférence de presse donnée par Jean-Luc Mélenchon a été donnée depuis le local du parti ouvrier indépendant, une autre organisation d'extrême gauche.

Elle est très liée à LFI. Je n'attendais pas de repentance de la part de LFI. Ils vont tenir la ligne et ils le font par conviction et par calcul parce qu'ils considèrent que cela va leur être bénéfique. -A.Casse: Je vois que Jérôme agite l'index. -J.Jaffré: C'est un moment politique.

Derrière cette mise au ban de LFI, vous avez toute une recomposition politique. C'est le très grand bonheur du Rassemblement National, c'est-à-dire qu'à ce moment-là, ce n'est plus le Rassemblement National qui est victime du cordon sanitaire. L'adversaire principal du pays, ça devient LFI.

A ce moment-là, il y a l'effondrement de la gauche qui est derrière. Dans les législatives, ça ne reflète pas la NUPES ni le Nouveau Front populaire. Si vous considérez que LFI n'est pas fréquentable, vous ne présentez pas des candidats de cette union au premier tour.

S'il n'y a plus de candidats de cette union, la gauche ne fera pas long feu aux présidentielles. Du coup, la droite et le centre sont enchantés de cette recomposition politique. Si la gauche est dans les choux parce qu'elle se divise encore plus, cela laisse un espace pour pouvoir dire: "Si vous ne voulez pas de l'autre extrême, le RN, si vous voulez garder la paix dans le pays, ne votez ni pour les uns ni pour les autres." Pour le centre, il s'agit d'éviter de se diviser entre plusieurs candidats. -A.Casse: Il y a pléthore de candidats. -J.Jaffré: Oui, pour l'instant.

Ils voient la possibilité de l'espérance d'une victoire. Ils doivent fixer les règles. S'ils n'y arrivent pas, tout est possible, y compris un second tour entre le candidat LFI et le ou la candidate du RN.

Il y a tout un paysage politique qui bouge. -A.Casse: Vous prédisez l'effondrement de la gauche. -J.Jaffré: Je ne le prédis pas.

Je l'analyse modestement. J'analyse plus modestement. Quand François Hollande dit qu'il faut rompre avec LFI, il va même au-delà.

Il dit qu'aucune alliance n'est possible avec LFI. Sur BFM, il a même fait le pari que Jean-Luc Mélenchon ne serait pas au second tour du scrutin présidentiel. -A.Mestre: Ce n'est pas à François Hollande de redonner de la force à la social-démocratie.

Il veut profiter de ce moment. Il veut profiter de ce moment pour affaiblir son adversaire direct, Jean-Luc Mélenchon, et il espère attirer à lui une partie de l'électorat de La France Insoumise qui serait effrayé par cette nouvelle façon de faire de la politique. -A.Casse: La dirigeante italienne, Giorgia Meloni, a très vite réagi.

Cela n'a pas plu à Emmanuel Macron. - Je suis toujours frappé de voir que les gens qui sont nationalistes sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres. - J'ai été très impressionnée par cette déclaration de Macron.

Je ne m'y attendais pas. Je vois un climat que je n'aime pas. Je le vois en Italie, en France et aux Etats-Unis.

J'ai aussi commenté le meurtre de Charlie Kirk. -A.Casse: Quelle est votre réaction, Jérôme Fourquet?

Emmanuel Macron a voulu très vite réagir. Peut-être trop vite? -J.Fourquet: Chacun jugera.

Il y a plusieurs niveaux d'analyse possibles. Le premier, c'est qu'il y a peut-être un peu d'amour propre dans tout ça. Si Giorgia Meloni se permet ça, c'est parce qu'elle a aussi, dans son pays, à faire face à une montée de la radicalité politique, notamment de l'ultragauche.

C'est sans doute parce qu'elle a la mémoire longue. Quand elle a gagné les élections en Italie, Emmanuel Macron avait dit qu'il faudrait placer le gouvernement italien sous surveillance démocratique. Là, elle renvoie la politesse à son voisin Macron en disant: "Commencez déjà à balayer devant chez vous." On voit aussi comment la position de la France est fragilisée en Europe, notamment sur les questions de défense.

On voit qu'un axe commence à se dessiner. -J.Jaffré: Mais on l'a déjà connu dans l'histoire. -J.Fourquet: La formule est malheureuse.

Disons plutôt une relation entre ces deux pays. Il y a tout ça qui se joue. On a parlé de Trump et on se demandait pourquoi il avait interféré.

Il veut fracturer les démocraties occidentales, mais il a surtout son propre agenda politique aux Etats-Unis. Suite de l'assassinat de Charlie Kirk, l'administration Trump a fait placer la mouvance antifa américaine sur la liste des organisations terroristes. Le fait qu'il y ait eu un assassinat en France de la part des membres de cette mouvance apporte de l'eau à son moulin. -A.Casse: Le sommet franco-italien qui était prévu en avril vient d'être reporté au mois de juin.

On va retrouver notre correspondante à Milan pour Ouest-France. Ce drame, la mort de ce jeune militant nationaliste a une résonance particulière en Italie. Ca réveille les fantômes du passé.

Ca explique la réaction de Giorgia Meloni? *-C.Bordecq: Bonsoir.

C'était très intéressant. Si on écoute l'entièreté de l'intervention de Giorgia Meloni, quand elle se dit surprise de la réaction d'Emmanuel Macron, elle évoque indirectement les réactions que le gouvernement avait émises à son égard. -A.Casse: Je suis désolée, on vous entend mal, Caroline.

On a un problème de liaison. Je voyais Abel Mestre qui acquiesçait. -A.Mestre: Quand on écoute l'entretien en entier, elle le dit.

Elle a dit qu'on l'accusait d'ingérence. Elle répond que l'ingérence est plutôt du côté de celui qui dit qu'il faut surveiller le gouvernement d'un pays voisin. C'est une manière pour elle de répondre à cette première attaque d'Emmanuel Macron. -A.Casse: Ca va tellement loin qu'il a été question de Raphaël Arnault lors d'un débat à la chambre des députés en Italie ce mercredi.

Il était demandé de faire une enquête sur Raphaël Arnault et sur sa possible implication lors d'une rixe le 7 janvier à Rome. -A.Mestre: C'était en marge d'une contre-manifestation antifasciste.

En Italie, l'extrême droite radicale est très importante et organise régulièrement des manifestations assez impressionnantes avec tout le décorum, les flambeaux, des saluts fascistes qu'ils appellent saluts romains, des militants d'extrême droite sont morts lors de rixes avec l'extrême gauche. L'extrême droite italienne indique que Raphaël Arnault aurait été...

Elle indique qu'il aurait pris part à ces affrontements. On remarque que plusieurs petits mouvements radicaux italiens ont rendu hommage à Quentin pas plus tard qu'hier soir. -A.Casse: Il y avait des Italiens à Lyon? -A.Mestre: On ne sait pas.

Le radicalisme italien est particulier, on va dire. Hier soir, à Rome, on voyait des flambeaux, des fumigènes, des hommages rendus à Quentin. C'est quelque chose qui a une résonance là-bas. -A.Casse: Il y a un cordon entre le RN et les grands patrons. - Au coeur du 8e arrondissement de Paris, dans les salons feutrés de ce club parmi les plus fermés de France, une quarantaine de chefs d'entreprises ont répondu présent pour ce déjeuner du très libéral Mouvement patronal éthique. - Je suis vraiment ravie de vous avoir aujourd'hui tous ici.

Je voudrais signifier que ça suffit d'insulter les patrons, de les faire payer, de les taxer, de les détester quand ils réussissent... - A sa tête, Sophie de Menton, souvent présentée comme le trait d'union entre le RN et les grands patrons.

Elle appelle de ses voeux une union des droites. - Ca ne s'appelle pas l'extrême droite, mais le RN. S'ils arrivent au pouvoir, je travaillerai avec eux. - Même si la contradiction à la tête du parti ne lui a pas échappé. - Il y en a un qui prend l'économie du côté libéral et il y en a d'autres qui privilégient plutôt ceux qui ont du mal. - A l'Assemblée nationale, Marine Le Pen mise sur la ligne sociale, vote pour la taxation des multinationales, pour la taxation des superdividendes et pour la suspension de la réforme des retraites, mais qu'importe pour celui qui incarne la vitrine libérale du RN.

Jordan Bardella tente de séduire les milieux économiques. - Il y a beaucoup de patrons, des petits patrons, des patrons de grands groupes qui considèrent que les mesures que nous portons sur la baisse des impôts de production, les prix français sur l'énergie, partagent les propositions que formule le RN. - Au MEDEF, Jordan Bardella tentait de gagner la bataille de la crédibilité.

Cela a été couronné d'un certain succès. - Certains sont plus conscients des périls qui se passent dans le reste du monde que d'autres. Ce n'est pas un parti pris de ma part.

C'est plutôt Gabriel Attal et, dans une certaine mesure, Jordan Bardella. - Une forme de validation qui pousse de plus en plus de chefs d'entreprise à discuter avec le Rassemblement National, comme le patron de Total, convaincu de la nécessité d'engager un dialogue avec les extrêmes. Ce n'est pas le seul. - Il est essentiel que les représentants du monde économique parlent avec tous les politiques. - Parler et échanger pour réussir à influer sur la politique économique du Rassemblement National.

A ce même déjeuner, certains croient l'objectif réalisable. - Je pense qu'ils pourront plus facilement s'adapter, s'y faire et apprendre des leçons d'économie que LFI. - Quand une partie du monde économique n'a plus peur du RN... - On a essayé ceux qui ont gouverné ces 30 dernières années, on a essayé l'élite française et regardez la situation du pays: appauvrissement, déclassement, la santé, c'est une catastrophe.

Aujourd'hui, je pense que même si le RN gagne demain, il ne gouvernera pas seul. - La dédiabolisation en marche alors que le RN espère beaucoup des prochaines municipales, un test avant la présidentielle de 2027. -A.Casse: Il y a une autre anecdote qu'on pourrait raconter.

A la fin de l'année dernière, un des fils de Bernard Arnault a organisé un dîner avec des amis pour qu'il rencontre Jordan Bardella alors que son père a toujours refusé de rencontrer Marine Le Pen. -A.Lambret: Ca dit aussi beaucoup du pragmatisme des patrons ou des grandes fortunes françaises.

Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est qu'un des rares partis qui a des chances de l'emporter, c'est le Rassemblement National. Ils sont aux portes du pouvoir. Pour les patrons, il vaut mieux leur parler plutôt que de les austraciser.

Au-delà de ce pragmatisme, il y a aussi la peur des patrons de voir LFI progresser. C'est un objectif commun avec le Rassemblement National. Jordan Bardella et Marine Le Pen n'ont pas la même ligne.

Jordan Bardella promet des baisses massives d'impôts de production et essaye d'appâter les patrons, mais entre lui et la réalité du programme économique du RN à l'Assemblée, il y a un gouffre. Le RN avait promis aucun impôt nouveau, et lors du budget, ils ont voté toute une succession de taxes. Les macronistes les ont critiqués sur ce point. -A.Casse: Les milieux d'affaires veulent à tout prix éviter La France Insoumise et sont prêts à suivre Bardella à condition qu'il fasse un virage sur l'Europe, comme Giorgia Meloni.

On se demande si les patrons ne vont pas pousser la victoire de Jordan Bardella. -J.Jaffré: Je n'irais pas jusque-là.

Les patrons font une analyse simple, l'anticipation du résultat de la présidentielle de 2027. Ils considèrent que le candidat du RN a des chances très sérieuses de gagner cette élection. A l'intérieur du Rassemblement National, ils font leur choix.

Il y a les louanges pour Bardella. Pour Marine Le Pen, on oublie. Son programme, son attitude, sa façon de faire...

Elle est là pour ramener des électeurs, mais surtout pas pour exercer le pouvoir. On verra ce que décident les juges. Votre reportage était très intéressant.

Les patrons souhaitent que le Rassemblement National ne gouverne pas seul et qu'une partie de la droite veuille bien le rejoindre. A ce moment-là, c'est la fracture au sein des Républicains qui les intéressent. Eric Ciotti a montré la voie.

Les municipales vont avoir de l'importance. S'il apparaît qu'Eric Ciotti gagne largement à Nice contre Christian Estrosi, après... -A.Casse: Je crois qu'il ne faut pas trop parler des municipales. -J.Jaffré: On peut rester sur des si.

Ils demandent au RN d'évoluer dans son programme. C'est là où les patrons risquent de se faire rouler à l'arrivée. Quand le RN de Jordan Bardella dit qu'il faut des simplifications de normes, en fait, c'est une addition à l'ensemble des mesures qu'ils proposent sans se soucier des contradictions entre les différentes choses.

Ce qu'ils promettent sur la retraite, qui coûtera une fortune au pays actuellement, mais dont ils ne se posent pas la question de savoir comment la financer...

Annoncer 0 impôt et voter 34 milliards de taxes supplémentaires sur le dos des entreprises...

Et les patrons trouvent ça formidable? On voit bien qu'il y a un chemin, et que ce chemin n'est pas vraiment pris, pour le moment, de cohérence. Si les patrons se disent que si le RN doit arriver au pouvoir, il faut leur faire entendre raison... -A.Casse: Il peut y avoir des changements concernant le programme économique du RN. -J.Fourquet: Comme ils n'ont jamais exercé le pouvoir, les changements ne sont pas difficiles à opérer.

Vous n'êtes pas comptable et je vais rendre hommage à la qualité du reportage. Un témoignage était très intéressant. On voit un élément qui rentre dans l'analyse: le dépit du milieu patronal vis-à-vis du bilan d'Emmanuel Macron.

Beaucoup de ces patrons ont soutenu Emmanuel Macron. Ils croyaient beaucoup en son discours, a minima en 2017. Emmanuel Macron voulait faire la start-up nation, une politique de l'offre.

Beaucoup de ces patrons sont revenus. Ils constatent, ceux qui sont à la tête de groupes internationaux, qu'on a un affaiblissement de la position de la France à l'étranger. Certains d'entre eux se disent qu'ils ont un peu tout essayé.

Donc, pourquoi pas cornaquer le jeune Jordan Bardella? Peut-être y a-t-il aussi une forme de naïveté ou de condescendance chez eux, en se disant que c'est un jeune candidat, pas trop cortiqué idéologiquement, et qu'ils peuvent en faire ce qu'ils veulent. Ils vont mettre des gens des Républicains à des ministères clés, sous-entendu des gens sérieux, et ça passera. -A.Casse: Qui les patrons vont-ils préférer au pouvoir, Marine Le Pen ou Jordan Bardella? -A.Mestre: On pourrait imaginer que ce serait Jordan Bardella.

Au-delà de la différence de ligne, qui n'est pas non plus énorme entre Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est plus des nuances que des grandes différences...

Le Rassemblement National n'a pas de courant. Il n'y a pas de débat en interne. Mais bon, il n'y a pas deux visions du monde différentes.

On a l'impression qu'il y a une tentation chez certains patrons de pousser Jordan Bardella parce qu'il serait plus malléable, avec une personnalité moins forte que Marine Le Pen, qui, elle, est plus difficile à manoeuvrer. -A.Casse: C'est ce que l'on pense souvent des plus jeunes.

Ce n'est pas pourtant aussi simple que cela. -A.Mestre: Quand Emmanuel Macron a été élu, il était jeune, mais il ne s'est pas fait manipuler.

On a l'impression qu'il y a cela, derrière cette liste de compliments derrière Jordan Bardella. Après, il y a aussi quelque chose de très pragmatique. Leur candidat naturel serait plutôt une personne de droite, et c'est très faible.

Ils ne peuvent pas gagner l'élection présidentielle seuls. Ils prennent donc le véhicule le plus performant, Jordan Bardella, en voulant l'entourer de gens capables, parce qu'au Rassemblement National, il y a une grave crise des cadres. On ne sait pas avec qui le Rassemblement National pourrait gouverner seul.

Il n'y a pas une dizaine d'énarques, de gens qui ont déjà exercé des fonctions de pouvoir. Ils se disent que c'est peu être le coup à jouer, mais c'est risqué. -A.Casse: Emmanuel Macron passe la journée au Salon de l'agriculture, sans vache, cette année.

Il a appelé au calme concernant les manifestations d'aujourd'hui. On se demande comment il va s'engager dans la campagne présidentielle qui approche, lui qui n'a toujours pas désigné d'héritier. - C'est un passage obligé, véritable rituel, l'ouverture du Salon de l'agriculture par le chef de l'Etat.

Trois ans que le salon s'ouvre sur fond de colère du syndicat agricole. Cette année, c'est la dermatose nodulaire qui a enflammé les passions. La colère est portée par la Coordination rurale. - Les agriculteurs attendaient de ce salon une réponse.

Il n'y a plus de vaches. C'est une honte. - On est en train de crever la gueule ouverte.

Il n'y a pas un Français ni même une personne sur cette planète qui n'est pas au courant de la situation de la crise agricole en France, et il ne se passe rien. A chaque fois que vous croiserez ce gars, si vous arrivez à le croiser, parce qu'il y a au moins deux ou trois barrières avant de le croiser, c'est inadmissible...

Il faut le huer à chaque fois. - Un monde agricole en souffrance. - Je suis ruiné. - Et des sujets chauds, comme le Mercosur.

La France à beau avoir voté contre, Emmanuel Macron se devait de répéter son opposition. - Il y a eu un vote du Parlement européen qui a conduit à saisir la cour de justice. On est encore dans les procédures.

Nous, on a la même préoccupation, la même vigilance. Les règles qui se sont appliquées et qui s'appliquent à nos producteurs pour des raisons qui sont des raisons de santé publique...

On mettrait des règles à nos producteurs pour faire prendre des risques à nos consommateurs avec des produits que l'on importe? On ne veut pas cela. - Emmanuel Macron aura rencontré la Coordination rurale en marge de sa déambulation dans les allées.

Un président de retour sur la scène nationale après avoir été au centre du jeu international. Le président et ses lunettes d'aviateur en une de la presse fin janvier après un discours qui a marqué les esprits, à Davos. - Nous avons besoin de plus de stabilité.

Nous préférons le respect plutôt que les brutes, la science au complotisme, l'Etat de droit à la brutalité. - Un discours et une formule très remarquée, au point d'être reprise sur les réseaux sociaux. - For sure. - Ce n'est pas pour déplaire à un président en fin de mandat. - C'est à la fois le caractère un peu insolite de ces lunettes, le moment de fortes tensions politiques avec les Etats-Unis, le fait que l'on ait dit stop et la franchise, et puis la France à l'international.

Mais c'est très sympa. - Surtout pour regagner quelques points de popularité. Les derniers sondages observent un rebond chez sa base, notamment.

La politique étrangère, domaine réservé du président qui communique beaucoup sur ses voyages officiels. Dernier en date, l'Inde, et une proximité affichée avec le Premier ministre Narendra Modi. - Le partenariat entre l'Inde et la France ne connaît aucune frontière.

Il s'étend des profondeurs des océans aux plus hautes montagnes. - Un partenariat économique aussi. Au menu, promesse d'achat de 114 Rafale pour l'armée de l'air indienne, l'inauguration d'une chaîne de montage d'hélicoptères Airbus, sans oublier l'intelligence artificielle. - La France et l'Inde croient en une IA au service de notre humanité.

Nous sommes prêts à mettre en place des régulations. - Affichés à proximité, bâtir des partenariats avec de grandes puissances, une réponse peut-être au protectionnisme de Donald Trump. -A.Casse: Comment vous regardez cette séquence, sa présence sur la scène internationale et le fait que ce soit un crépuscule? -J.Jaffré: Le règne a subi tellement de soubresauts avant la fin que ça donne un petit peu d'espace supplémentaire à Emmanuel Macron.

Est-ce que le président saura bien en jouer? Il y a deux axes pour lui. Il ne peut pas se représenter, donc ça lui donne une certaine liberté de parole et d'attitude.

On ne peut pas penser que tout ce qu'il dit est dans le calcul d'avoir des voix en 2027. C'est un avantage par rapport à certains de ses prédécesseurs. Je ne citerai personne.

Il y a deux éléments qui jouent pour lui et dont il peut espérer tirer profit. D'abord, il y a les bouleversements du monde. Il y a le trumpisme, l'attaque russe en Ukraine qui continue...

On est à la quatrième année qui s'est écoulée depuis le début de la guerre russe en Ukraine. La politique étrangère, domaine par excellence du président de la République, a un écho, une importance. Ce n'est pas toujours facile.

Sur les questions de défense en Europe, on ne peut pas dire que l'on réussisse à installer ni la défense ni les éléments de défense européenne que l'on voudrait, ni la préférence européenne dont parle le président. Malgré tout, les bouleversements du monde font qu'il y a un intérêt sur ce sujet. Le nombre d'émissions que "C dans l'air" consacre aux sujets internationaux depuis des semaines le montre bien.

Le deuxième élément, c'est ce dont le président se saisit contre le déferlement des nationalistes et le risque des extrêmes. Il a une route droite. Il ne désigne pas d'héritier.

Personne ne lui plaît. -A.Casse: Est-ce qu'il le tuerait en le désignant? -J.Jaffré: Il a tout à fait raison.

Le déferlement nationaliste et le risque que les extrêmes font courir au pays, voilà deux axes qui lui permettent en permanence d'intervenir et probablement d'intervenir pendant la campagne pour dire aux Français de faire attention aux choix, parce que le choix des extrêmes a des conséquences. Si c'est le déferlement nationaliste qui gagne, ce sera un affaiblissement profond de la France en Europe. Elle a pourtant besoin de l'Europe pour exister. -A.Casse: On se demande s'il n'est pas aussi en train de verrouiller l'Etat.

Il place à des postes-clés Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, par exemple, est-ce que ce n'est pas ce qu'il est en train d'essayer de faire? -J.Fourquet: Peut-être.

Ca lui est reproché par ses opposants. Ce ne serait pas le premier président à utiliser ce droit quasimonarchique de très large nomination pour placer à des postes stratégiques des gens qui lui sont proches ou qui portent globalement sa vision des choses. On a vu, sur les réseaux sociaux, les petits gimmicks un peu amusants, avec les lunettes...

Il y a une autre expression qui monte depuis un moment, c'est "dans la France à Macron" qui tourne beaucoup. Ca nous dit quand même beaucoup de choses sur l'époque. un côté monarchique, c'est lui qui a modelé cette France...

Donc, tout ce qui ne va pas en France lui est imputé. Ca fait plusieurs années qu'il est en responsabilité. La France de Macron, c'est aussi comme on disait "la France de Louis XIV" ou "de Balzac".

C'est une référence chronologique. Il y a un règne. Ce type de phrase est beaucoup utilisé dans la jeunesse, mais c'est un indice aussi d'une forme d'usure, comme si beaucoup de Français en avaient marre et voulaient passer à autre chose.

Je mets aussi en garde sur le petit rebond dans les sondages dont il a bénéficié. A mon avis, ce n'était pas le coup de pub des lunettes, mais l'attitude qu'il avait eue sur la crise du Groenland. C'est lui qui avait mobilisé les Européens pour essayer de tenir tête à Donald Trump.

On voit quand même que sa parole a beaucoup de mal à passer. -A.Casse: Est-ce que ça ne peut pas continuer avec les tarifs douaniers de Trump qui ont pris un coup, hier?

Ca ne peut pas encore plus porter la parole d'Emmanuel Macron? Il a réagi aujourd'hui en disant que les contre-pouvoirs étaient importants. -J.Fourquet: Là-dessus, je pense qu'il n'est pas trop audible.

Ce que les Français vont constater, c'est, en dépit d'un certain nombre de succès diplomatiques, et il y avait aussi son engagement dans la reconnaissance de l'Etat palestinien, le fait que la parole de la France...

On en revient à la bisbille avec Giorgia Meloni ou les fritures sur la ligne avec le chancelier allemand. On voit que la parole de la France est affaiblie, au niveau national, dans la France de Macron, et beaucoup de Français veulent tourner la page. -A.Casse: On continue à en parler avec vos questions. -A.Lambret: C'est une bonne question.

A La France Insoumise, c'est Jean-Luc Mélenchon. On a du mal à imaginer un avenir de La France Insoumise sans Jean-Luc Mélenchon. Comment se recompose la gauche?

Y a-t-il une rupture claire du Parti Socialiste avec LFI ou pas? Pour l'instant, non. Olivier Faure a raté une occasion de faire la clarté sur ce point. -A.Casse: Parce qu'il s'est exprimé hier? -A.Lambret: Oui, en plusieurs temps.

Il a commencé mardi soir par parler à trois journalistes, mais il ne disait pas grand-chose. Il disait qu'il fallait attendre l'enquête qui était en cours. Tout le monde a commenté en disant qu'il y avait un silence assourdissant du PS.

Olivier Faure a été piqué au vif. Le lendemain, il a pris la plume sur son blog et il a dénoncé plus clairement la brutalisation de LFI. Il a fait le parallèle entre les groupes d'ultragauche antifas et les groupes d'ultradroite.

Ca lui a été reproché. Il a ensuite supprimé ce passage. Mais à aucun moment dans ce texte n'a-t-il parlé d'alliance avec LFI.

C'est la question, aujourd'hui. Aux municipales, il y a plusieurs listes, dès le premier tour, qui partent avec des LFI, des PS, des communistes, alors qu'officiellement, il n'y a pas d'alliance au niveau national. Olivier Faure ne veut sans doute pas prendre trop ses distances avec LFI pour cela. -A.Casse: Nouvelle question. -A.Mestre: Alors, ça dépend de quel programme on parle.

Je rappelle, pour les plus anciens, que Jean-Marie Le Pen se définissait comme le Ronald Reagan français. Donc, un ultralibéral. Après, sous l'influence de sa fille, il s'est pris de passion pour la critique du mondialisme, et il se disait anti-mondialiste.

Marine Le Pen, elle, se disait souverainiste, pour la sortie de l'Union Européenne...

Ce n'est plus le cas maintenant. En fait, ils n'ont pas une vraie colonne vertébrale économique. Pour l'instant, en tout cas.

Ca dépend aussi beaucoup des conseillers qui entourent Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Parfois, selon les époques, ils sont plus libéraux et ils vont adopter un programme libéral. Parfois, ils sont plus interventionnistes, comme quand c'était Florian Philippot qui était numéro 2 du parti.

Ils empruntaient parfois à la gauche. Quand je suivais le Front National, parfois, elle parlait de la charte de La Havane, un texte altermondialiste. On ne comprenait même pas pourquoi en parler.

Aujourd'hui, c'est peut-être un peu plus libéral qu'il y a quelques années. -A.Casse: Nouvelle question. -J.Fourquet: Alors, il n'est pas appliqué du tout de la même manière.

Jérôme Jaffré a rappelé tout à l'heure ce qu'il s'est passé aux élections législatives de 2024. Le cordon sanitaire et le front républicain ont été réactivés avec une très grande efficacité contre le Rassemblement National, alors même que LFI, qui n'était pas catégorisé comme étant d'extrême gauche, était rentré dès le premier tour dans un jeu d'alliances. C'était des candidatures communes avec le Parti Socialiste, notamment.

De notre point de vue, la gauche va avoir beaucoup de difficultés, à la fois en termes de conviction, d'histoire politique, mais aussi d'intérêts électoraux, à rompre avec LFI. Ce qui va se jouer, en revanche, pour cette question du cordon sanitaire, c'est ce que va faire ce qu'il reste de l'électorat du bloc central. Est-ce qu'il continue, dans un duel entre le RN et LFI, à faire comme en 2024, à voter pour LFI pour faire barrage au RN, ou est-ce que, comme en 2022, la ligne était plutôt bonnet blanc et blanc bonnet, et donc l'électorat du bloc central n'avait pas beaucoup arbitré?

En 2022, dans les duels entre la gauche et le Rassemblement National, le RN l'emporte dans 56% des cas. Toute une partie du bloc central refusait de choisir entre ces deux alternatives. En 2024, le taux de victoire du RN est tombé à un peu plus de 30% dans la même configuration. -A.Casse: Est-ce que ce n'est pas la fin du cordon sanitaire tout court? -J.Jaffré: On peut le prendre comme ça.

Pour redire un mot là-dessus, en 2022, les électeurs considéraient qu'il n'y avait aucun risque de victoire du RN. Ils avaient tendance à favoriser le RN au second tour. En 2024, il y avait une probabilité grande de victoire du RN, et donc une mobilisation qui a joué dans ce sens.

C'est en fonction de la crainte ou d'espérance de la victoire d'un camp que les électeurs bougent. Si vous estimez que l'année prochaine, LFI et Mélenchon n'ont aucune chance, mais que le RN, eux, ont de grandes chances, vous déplacez la partie des électeurs qui ne souhaitent pas la victoire d'un camp. Au-delà du cordon sanitaire, il y a la question de qui l'on souhaite favoriser. -A.Casse: Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir participé à "C dans l'air".

Bonsoir, Mohamed Bouhafsi. -M.Bouhafsi: Bonsoir.

Le 28 décembre 2025, la France disait adieu à une icône du cinéma français. Brigitte Bardot a laissé une trace incroyable dans notre histoire. Son mari a la mission de poursuivre son combat.

Il a choisi le plateau de "C à vous" pour se confier. Ils sont rares à la télévision. Ils nous font rêver.

Un film leur est consacré. Deux pilotes de la Patrouille de France sont nos invités. Bienvenue à bord de "C à vous". -A.Casse: Ca décolle dans un instant,