Friedrich Merz, un leader pour les 27 ?
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- 2:14OuverteRéponse directe
Est-ce que le nouveau futur chancelier Merz aura les moyens de ses ambitions et notamment de faire en sorte que l'Allemagne revienne un peu au centre du jeu politique en investissant de manière massive dans sa défense ?
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Cette règle constitutionnelle sur la dette, c'est-à-dire qu'elle prévoit quoi ?
- 6:07OuverteRéponse directe
C'est-à-dire, il y a quand même des changements majeurs. Et entendre un nouveau chancelier dire qu'il serait partant pour que son pays bénéficie du parapluie nucléaire britannique et français, c'est quand même quelque chose totalement inattendu.
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Est-ce que l'Europe a besoin du retour d'une Allemagne peut-être un peu plus forte ou en tout cas un peu plus sur le devant de la scène eu égard à ces bouleversements du monde ?
- 12:08FerméeRéponse directe
résolution sur l'immigration pour dire voilà on n'accepte plus de réfugiés exactement
- 19:35OuverteRéponse directe
on a eu une mélonie qui a dit tout de suite il faut tout de suite faire un sommet entre les Etats-Unis l'Ukraine et l'Europe
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Locuteur non identifiéFait
« C'est pour moi une priorité absolue, et je ne me fais absolument aucune illusion quant à ce qui se passe aujourd'hui en Amérique. »
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« La première chose, c'est cette règle constitutionnelle sur la dette. Il faut s'en débarrasser. »
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« L'Allemagne ne doit pas dépasser tant pour cent de... »
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« on parlait de dépenses militaires de l'ordre de 2-3% du PIB. C'était les ratios de l'OTAN. »
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« Et aujourd'hui, petit à petit, on se dit que ça va peut-être être 5. »
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« la dépense du PIB en temps de guerre, sur le militaire, c'est plutôt 35-40. »
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« Mme Merkel, alors chancelière, avait dit, à un moment donné, pendant le mandat de Trump, avait dit, il faut maintenant que les Européens prennent leur destin en main. »
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« résolution sur l'immigration pour dire voilà on n'accepte plus de réfugiés exactement »
- 12:15Locuteur non identifiéFait
« mais c'était la première fois que la CDU faisait passer une résolution avec les voix des néonazis de l'AFD au Parlement »
Temps de parole
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Nouveau visage du monde et de nouveaux visages aussi à l'échelle européenne. Il y a une nouvelle donne depuis dimanche dernier, un nouveau chancelier en Allemagne. Elle n'est pas encore en poste, mais ça va être bientôt. C'est Friedrich Merz qui va succéder dans quelques jours à un Olaf Scholz, critiqué pour son manque d'implication justement dans le conflit ukrainien.
Il est devenu clair que les Américains, en tout cas cette partie des Américains, ce gouvernement, sont largement indifférents aux sortes de l'Europe. Je suis très curieux de voir quelle trajectoire nous prendrons d'ici au sommet de l'OTAN fin juin, si nous parlerons encore de l'OTAN dans sa forme actuelle, ou si nous ne devons pas établir beaucoup plus rapidement une capacité de défense européenne autonome. C'est pour moi une priorité absolue, et je ne me fais absolument aucune illusion quant à ce qui se passe aujourd'hui en Amérique.
Voilà Friedrich Merz, vainqueur des législatives de dimanche dernier en Allemagne sous la bannière de la CDU-CSU. Reçu déjà mercredi soir par Emmanuel Macron à l'Elysée, signe d'une volonté commune de relancer au plus vite une relation franco-allemande passablement entravée depuis trois ans. Il est vrai qu'il y a urgence, sur l'égard au bouleversement du moment, les Allemands avaient déjà reçu un coup derrière la tête lors de l'invasion russe en 2022, Berlin étant dépendant de Moscou sur le plan énergétique. Ils ne peuvent plus désormais compter sur la seule protection, notamment militaire, des Etats-Unis.
Alors à première vue, Friedrich Merz, atlantiste convaincu, n'est pas le mieux placé pour encaisser ce choc, mais le futur chancelier semble décider à opérer, vous l'avez entendu, une espèce de révolution copernicienne. Nous devons nous préparer au fait que Trump ne respectera plus inconditionnellement l'engagement de défense mutuelle de l'OTAN. Et il envisage de laisser l'Allemagne sous la protection nucléaire conjointe de la France et du Royaume-Uni. Ce serait un changement absolument majeur de ce côté-ci du Rhin. Alors est-ce à dire que Friedrich Merz, en rejoignant l'idée d'une défense européenne autonome, va réussir à remettre son pays au centre du jeu communautaire ?
Et en aura-t-il les moyens ? L'Allemagne souffre économiquement et reste attachée à des règles budgétaires assez strictes. Alors faut-il à nouveau compter avec l'Allemagne en Europe ? Natacha Walla, première question à l'économiste que vous êtes. Est-ce que le nouveau futur chancelier Merz aura les moyens de ses ambitions et notamment de faire en sorte que l'Allemagne revienne un peu au centre du jeu politique en investissant de manière massive dans sa défense ? En tout cas, ce qui est une très bonne nouvelle, c'est qu'il a posé des diagnostics de façon très courageuse avec son air d'être premier de la classe.
Si vous avez regardé l'émission télévisée à l'issue des élections, tous les chefs de partis étaient là. D'ailleurs, j'ai trouvé ça assez novateur comme format. Il était très spontané dans sa réaction, très directe et finalement très rapide. C'est-à-dire qu'il a un programme où il nous dit deux choses qui sont un peu des ruptures pour l'Allemagne. La première chose, c'est cette règle constitutionnelle sur la dette. Il faut s'en débarrasser. Et il assume cette position. Et il dit qu'il faut aller vite parce que justement, le Parlement va être recomposé. On ne sait pas encore exactement avec quelle coalition, enfin le Parlement l'est, mais avec quelle coalition au niveau du gouvernement.
Donc, un courage par rapport à ça. Cette question de la dette allemande qui est très, très ancrée, non seulement dans les élites politiques, mais aussi dans la population. Donc, ça, je pense que s'il arrive à passer ce cap-là, on enfonce vraiment beaucoup, on ouvre de nouvelles portes pour le financement, non seulement de l'économie allemande, mais aussi de ces affaires européennes, en particulier de la défense, mais pas seulement la défense. Cette règle constitutionnelle, d'ailleurs, sur la dette, Natacha Valla, c'est-à-dire qu'elle prévoit quoi ? L'Allemagne ne doit pas dépasser tant pour cent de... Voilà, c'est qu'on ne peut pas passer dans le rouge pour la...
On ne peut pas dépenser, faire des dépenses courantes en utilisant de la dette. C'est-à-dire qu'il faut rester dans une discipline budgétaire, j'allais dire mois après mois, en tout cas année après année, et cette discipline, elle s'exerce à tous les niveaux d'exercice du pouvoir. Donc, ça, c'est une contrainte très, très forte qui a défini, alors, d'une part, une certaine rigueur budgétaire qui va nous servir à tous aujourd'hui, très certainement, puisque si on arrive à bénéficier de cette capacité d'emprunt dont bénéficie l'Allemagne, pourquoi ? Parce qu'il a un ratio de dette sur PIB qui est quand même beaucoup moins élevé que le nôtre, à peu près à la moitié.
Donc, si on a cette capacité de financement par la dette, elle va nous servir à tous et elle servira aussi à l'économie allemande pour des raisons qui sont, pour le coup, cette fois-ci, de nature beaucoup plus interne et domestique. On sait que dans le débat pré-élection, et c'est une des difficultés qui va se poser à lui quand il va se lancer, j'imagine, dans la recherche d'une grosse coalition avec le SPD, pour faire les compromis nécessaires sur d'où viendront les baisses d'impôts, d'où viendra l'allocation des nouvelles dépenses. Mais en tout cas, je pense que la voie est vraiment très franchement ouverte.
C'est une très, très bonne nouvelle pour l'Europe de façon générale, pour le financement des dépenses militaires. Il faut savoir aussi qu'on est en train, pour faire le lien avec le débat qu'on avait tout à l'heure, on est en train d'avoir un glissement de paradigme. Il y a quelques semaines encore, on parlait de dépenses militaires de l'ordre de 2-3% du PIB. C'était les ratios de l'OTAN. Et aujourd'hui, petit à petit, on se dit que ça va peut-être être 5. Et puis, quand on regarde dans l'histoire, la dépense du PIB en temps de guerre, sur le militaire, c'est plutôt 35-40. Donc, on est en train d'accompagner.
Et le fait que l'Allemagne, aujourd'hui, soit tout à fait partie prenante, se positionne de façon très ouverte sur des dossiers qui étaient complètement tabous sur le militaire, notamment, et vis-à-vis de la France, vis-à-vis du nucléaire, et implicitement vis-à-vis des dépenses que la France a effectuées pendant des années pour maintenir sa capacité militaire. Alors, on ouvre, le terrain de jeu est complètement renouvelé. Et ça nous permet, effectivement, comme le dirait Kayakalas, qui est en charge de nos affaires internationales, on est en position, vraiment, de mettre l'Europe comme leader du monde démocratique et libéral. Kayakalas, qui est la chef de la diplomatie européenne.
Sylvain Kahn, vous êtes d'accord avec Natécha Valla ? C'est-à-dire, il y a quand même des changements majeurs. Et entendre un nouveau chancelier dire qu'il serait partant pour que son pays bénéficie du parapluie nucléaire britannique et français, c'est quand même quelque chose totalement inattendu. C'est-à-dire, il y a quelques années, on n'aurait jamais imaginé ça.
Alors, inattendu, ce n'est pas la première fois que la question est posée. Et d'ailleurs, lorsque, alors je vous dis ça de mémoire, lorsque en 2020, si je ne m'abuse, Emmanuel Macron avait évoqué quelque chose de très approchant dans un discours qu'il avait fait, je ne sais plus si c'était en Pologne ou en Allemagne, qui avait suscité très peu de réactions, ni pour ni contre. Alors, il y avait quand même eu celui qui était, à l'époque, au sein de la CDU, donc le parti de Mertz, responsable des affaires militaires et qui était député au Bundestag, qui avait dit, c'est très intéressant, ça va dans le sens de ce à quoi nous devons réfléchir.
Et il disait ça notamment parce qu'on était encore à la fin du mandat de Trump. Et rappelons-nous que Mme Merkel, alors chancelière, avait dit, à un moment donné, pendant le mandat de Trump, avait dit, il faut maintenant que les Européens prennent leur destin en main. Bon, elle n'avait pas du tout été plus concrète, mais il y avait déjà eu une première alerte, on peut le dire comme ça. Donc, je veux dire, comme souvent les idées très disruptives ou qui apparaissent comme ça, comme un gigantesque éclair ou un tonnerre dans un ciel bleu, elles ont été un peu préparées en amont par des signaux faibles. Voilà.
La deuxième chose, effectivement, là où je rejoins totalement ce que vous dites les uns et les autres, c'est qu'en effet, pour un leader de la CDU, donc la démocratie chrétienne allemande, c'est un tournant énorme, mais parce que, traditionnellement, depuis 1949, la CDU est très atlantiste. Mais il faut bien voir que la CDU, elle est également très, on va dire, européiste. Et en fait, la situation dans laquelle est plongée aujourd'hui... Ça n'était pas incompatible jusqu'à... Eh bien voilà, dernièrement. Exactement. Jusqu'à... Pendant 80 ans, on va le dire comme ça, c'était finalement les deux jambes d'une même politique étrangère allemande. Voilà.
Aujourd'hui, manifestement, Bertrand Baddy l'a rappelé tout à l'heure, cette alliance atlantique est en train de voler en éclats. Il y a une période de 80 années qui se clôt. Alors en même temps, 80 ans, ce n'est pas rien. C'était presque un siècle. Et c'était un peu miraculeux que la plus grande puissance mondiale accepte de garantir la défense du territoire européen. Et ça ne coûtait pas grand-chose aux Européens, finalement. Voilà. Ça s'arrête. Et donc, d'une certaine manière, il faut que les Allemands choisissent. Il faut qu'ils choisissent entre leur atlantisme qui, de toute façon, n'existe plus ou bien leur politique pro-européenne. Voilà.
Mais, une fois qu'on a dit ça, il faut compter sur la société allemande. Parce qu'il ne faut pas imaginer qu'au sein de la société allemande, tout le monde va dire « Ah ben oui, c'est formidable. Merde, ça a raison. On le suit. »
Il y a 20% des lecteurs qui ont voté pour l'AFD. Et oui.
Il y a aussi 9% des lecteurs qui ont voté pour Die Linke, la gauche radicale allemande, traditionnellement, on va dire pacifiste et qui, je pense, ne va pas du tout être favorable à l'idée d'une Allemagne sous parapluie nucléaire britannico-français. Troisièmement, il faut bien voir qu'en Allemagne, pour des raisons sur lesquelles on ne va pas revenir, mais qui sont notamment liées à la philosophie politique, je pense à Anders, par exemple, ou à Jonas, il y a une réticence de la société allemande au nucléaire qui est très, très profonde et très ancrée et pas seulement au nucléaire civil, mais au nucléaire militaire.
Donc là aussi, ça va poser des énormes débats et le SPD, enfin, puisque Natacha Vala disait qu'il va y avoir une grosse coalition entre le SPD et la CDU, il faut bien voir que le SPD, traditionnellement, disons, est porteur d'une histoire plus encline au pacifisme. Voilà. Donc, ce tournant qui est annoncé, il ne va pas se faire comme ça d'un claquement de doigts.
Vous avez cité Anders et Jonas sont deux philosophes ? Oui. Voilà, pourquoi ?
Oui, ce sont deux philosophes qui ont écrit sur Jonas, sur l'esprit de responsabilité et Anders, notamment, sur la catastrophe mentale, philosophique et culturelle que représentait la naissance de l'énergie nucléaire appliquée aux militaires.
Voilà, petite fiche bibliographique. François Gemmène, est-ce que l'Europe a besoin du retour d'une Allemagne peut-être un peu plus forte ou en tout cas un peu plus sur le devant de la scène eu égard à ces bouleversements du monde ? Mais peut-être qu'elle n'était pas si en retrait que ça. On dit beaucoup qu'Olaf Scholz est responsable notamment de la faiblesse de ce fameux couple franco-allemand. Quelle est votre analyse ?
Il y a indéniablement pour le moment une certaine forme de faiblesse allemande qui est avant tout une faiblesse de son industrie. On sait que les industries allemandes ont beaucoup de mal depuis le début de la guerre en Ukraine et que par ailleurs le pays est traversé par plusieurs changements de paradigmes. On a évoqué la dette à l'instant, on a évoqué la question du nucléaire. Avant cela et avec l'offensive russe en Ukraine il y avait aussi eu le rapport à la Russie, il y avait eu la politique énergétique, il y avait eu la question du pacifisme et du militarisme. Tout ça ce sont des changements de paradigmes majeurs qui arrivent pour le moment en Allemagne.
Alors est-ce que Friedrich Schmerz va être le nouvel homme fort de l'Europe ? Là sincèrement je ne m'aventurerai pas sur ce terrain pour plusieurs raisons. D'abord parce que il ne faut pas oublier que même si je salue effectivement ses déclarations d'après-élection il va lui rester une fameuse épine dans le pied et c'est cette résolution commune qu'il a fait passer avec l'AFD qui est donc la principale alliée de Donald Trump en Europe qui lui était reproché à la fois par beaucoup d'Allemands qui sont descendus en masse dans la rue qui lui étaient reprochés par Angela Merkel et je pense que c'est quelque chose qu'il va traîner comme un boulet s'il veut
résolution sur l'immigration
résolution sur l'immigration
pour dire voilà on n'accepte plus de réfugiés exactement résolution largement symbolique
mais c'était la première fois que la CDU faisait passer une résolution avec les voix des néonazis de l'AFD au Parlement deuxième problème que nous avons tendance à oublier un peu vu de France c'est que l'Europe s'est considérablement élargie à l'Est depuis quelques années nous avons perdu la Grande-Bretagne à l'Ouest par contre nous avons gagné des états membres à l'Est nous aurons demain l'Ukraine peut-être la Moldavie ça veut dire que la capitale géographique de l'Europe elle s'est sensiblement déplacée elle n'est plus à Bruxelles pour le moment elle serait plutôt autour de Vienne ou de Bratislava ce qui veut dire que des leaders d'Europe centrale et orientale on pense évidemment à Kayakalas on pense aussi à Donald Tusk en Pologne sont devenus aussi des voix qui comptent dans l'Europe et je pense qu'on aurait tort d'imaginer que l'Europe se réduit encore un peu au couple franco-allemand dernier élément je pense que le moment est venu d'aller véritablement vers une Europe fédérale et que si nous voulons avoir un homme fort ou une femme forte en Europe il faut que nous l'élisions au suffrage universel et je pense que le moment est venu d'aller vers l'élection du président ou du président de l'Europe au suffrage universel ce qui lui permettrait d'avoir une assise populaire considérable plus considérable encore que le président des Etats-Unis et que les différents Etats membres sont amenés à devenir des Etats comme les Etats américains et donc notre président serait demain un gouverneur
pour l'instant celle qu'on peut considérer comme la présidente de l'Europe François Jemen c'est Ursula von der Leyen qui est allemande elle aussi le principal groupe au Parlement européen c'est le Parti Populaire européen le PPE qui est dirigé par un allemand Manfred Weber alors ce n'est peut-être pas Merz le nouvel fort de l'Europe mais est-ce qu'en tout cas l'Allemagne ne dispose pas de cartes absolument majeures pour infléchir l'Union européenne sinon l'Allemagne
au moins la démocratie chrétienne allemande effectivement dispose de cartes majeures puisqu'effectivement tous les hommes et femmes fortes dans l'Union européenne pour le moment sont issus de l'Atsidou ça ne veut pas dire qu'ils s'entendent tous parfaitement entre eux Ursula von der Leyen n'ont pas les meilleurs rapports du monde avec Manfred Weber qui eux-mêmes n'ont pas les meilleurs rapports du monde avec Friedrich Merz donc attention je pense à ne pas imaginer qu'il y ait une sorte de monopole de la CDU sur les affaires européennes pour le moment
Bertrand m'a dit dans les nombreuses déclarations de Friedrich Merz pendant la campagne et puis depuis sa victoire il y en a eu une je me suis dit tiens ça il l'a dit pour faire réagir Bertrand m'a dit puisqu'il dit à propos de l'Allemagne nous devons passer de puissance moyenne endormie à puissance moyenne de premier plan
oui alors effectivement on s'était téléphoné avant c'est pour ça qu'il a dit ça mais en fait la notion de puissance moyenne d'abord faudrait réussir à la définir moi la meilleure illustration de la diplomatie de puissance moyenne c'est lorsque Westerweiler disait avec son collègue japonais Okada nous avons besoin d'une diplomatie modeste pourquoi ?
parce que dans une situation d'interdépendance moins vous jouez une mégaphone et plus vous rassurez et plus vous êtes efficace en même temps je pense qu'il est bien parti pour continuer quand même dans cette logique et il faut admettre que jusqu'à maintenant il gère bien ce temps post-électoral mais le problème auquel on est confronté et qui fait rebondir cette notion de puissance moyenne point d'interrogation c'est que le patient allemand souffre de deux maladies en même temps c'est pas bon quand vous avez une seule maladie on arrive à la soigner quand on en a les deux c'est plus difficile et surtout lorsque ces deux ont des relations complexes il y a d'une part effectivement d'être privé d'un paradigme qui n'avait pas d'autre élément d'alternative qui est le paradigme atlantiste qui a été une stricte continuité ça a été dit depuis 1945 et déjà avec la république fédérale allemande se convertir à autre chose est très aléatoire très très difficile à envisager surtout qu'il y a toujours ce risque justement qu'une défense européenne se traduise par le leadership de la seule puissance nucléaire européenne qu'est la France et vous savez on préfère toujours être protégé par quelqu'un d'éloigné que par le voisin immédiat que par votre voisin de palier et ça c'est un véritable problème c'est un véritable dilemme l'autre pathologie c'est quand même la fièvre d'extrême droite et quand vous regardez les cartes électorales c'est très intéressant où l'AFD gagne-t-elle bien sûr dans l'ancienne Allemagne de l'Est et dans un certain nombre de districts peu nombreux mais où elle est en forte progression en Allemagne de l'Ouest je pense à Kaiser Slotern par exemple ou à Gelsenkirchen qu'est-ce que c'est que ces districts c'est des districts qui sont en régression économique sévère et on retrouve ce qui est constitutif de la fièvre néo-populiste et d'extrême droite à savoir cette situation de désespoir et de frustration face à une mondialisation que l'on perçoit comme hostile responsable des malheurs qu'on a à subir et donc toute la dialectique va être d'une part de se replier sur l'Europe c'est ce qui a été dit et là je suis tout à fait d'accord tout en régénérant sa politique d'insertion dans la mondialisation parce que si ce repli se fait dans l'Europe sans qu'il y ait une réactivation de ce qui était quand même la ressource numéro un de l'Allemagne à savoir son commerce extérieur là on risque de voir la fièvre AFD se renforcer et du coup paralyser le discours d'ouverture et de mutualisation et pro-européen de Mertz et là c'est là que la perversion est à son comble parce que la crise économique allemande je vous dis sous votre contrôle elle est en partie due au conflit ukrainien et la montée de l'AFD également donc il y a un lien entre les deux et la crise de l'atlantisme aussi donc il y a un lien entre tout ça obligeant à des choix contradictoires il faut de l'audace vous savez dans les situations de crise la seule solution c'est de l'audace moi je pense que la seule solution c'est une mutualisation de la dissuasion nucléaire mais une vraie mutualisation alors ça implique tout un tas de précautions techniques mais une vraie mutualisation qui soit pas seulement oh venez j'ai un parapluie venez partager mon Pébrock avec moi c'est pas comme ça que ça se passe il faut aller encore au-delà
puisque vous avez parlé sous le contrôle de Natacha Vala non effectivement moi je pense que cette évolution vis-à-vis des Etats-Unis ça marque un pas dans la dynamique européenne je pense qu'il faut qu'on s'assure quand même que ce pas soit partagé par tous effectivement c'est une bonne nouvelle qu'on ait aujourd'hui des conditions plus favorables à une association franco-allemande forte telle qu'on l'a vécu par le passé mais il ne faudrait pas reproduire ce qui a été fait par le passé sur le franco-allemand en excluant l'ensemble des grands des autres en tout cas même de tous les pays de l'Union Européenne voire même de l'Europe dans son ensemble si vous revenez sur les réactions par rapport à ce qui s'est passé vendredi on a eu une mélonie qui a dit tout de suite il faut tout de suite faire un sommet entre les Etats-Unis l'Ukraine et l'Europe donc est-ce qu'il faudra une médiation avec les Etats-Unis est-ce que l'Italie se voit dans ce rôle-là est-ce que c'est une bonne chose j'en sais rien et puis deuxième hésitation c'est celle de sans doute mais justement il faut qu'on s'assure quand on est tous sur la même page sur cette question-là et puis Starmer au Royaume-Uni qui a mis quand même 24 heures avant de réagir comme il fallait qu'il réagisse c'est-à-dire en tant qu'hôte du sommet d'aujourd'hui il ne pouvait pas réagir autrement que de dire je soutiens l'Ukraine mais quand même ces deux pays qui ont une relation quand même particulière qui était en plus de l'Allemagne avec une relation très particulière avec les Etats-Unis maintenant que l'Allemagne se recentre sur l'Europe il faut qu'on s'assure d'avoir vraiment toutes les forces européennes et même au-delà de l'Union Européenne autour de nous pour pouvoir faire de l'Europe un continent fort