Pourquoi Laurent Fabius cachait son activité d’artiste ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
ce que j'imagine de lui. - A.-E.Lemoine: Des toiles signées de l'ancien Premier ministre, ancien président du Conseil constitutionnel, qui aurait pu être candidat de "Secret Story", tant il a longtemps gardé secret son talent de peintre...
On accueille L.Fabius et C.Beaugrand. - C.Beaugrand: Bonsoir. - A.-E.Lemoine: On est très heureux de vous réunir ce soir. - C.Beaugrand: C'est vrai qu'il aurait pu faire "Secret Story". - A.-E.Lemoine: Je dis pas que des bêtises! - C.Beaugrand: Moi non plus. - A.-E.Lemoine: C'est pas facile de vous imaginer avec ce talent de peintre, qui s'ajoute à votre CV très long. 50 ans consacrés à la vie politique et aux plus hautes responsabilités.
Vous comprenez que ça puisse étonner? - L.Fabius: Bien sûr.
Ca m'étonne moi-même. - A.-E.Lemoine: Surtout que vos débuts ont été mauvais.
Vos débuts de peintre. - L.Fabius: Oui.
Je peins depuis une quinzaine d'années. Je suis de la vieille école. Tant que j'avais des fonctions officielles, je voulais pas mélanger les genres.
Maintenant, je suis simple particulier. Je peux consacrer plus de temps à la peinture et exposer, notamment cette dernière exposition. - A.-E.Lemoine: Les Français ignoraient votre passion pour la peinture, mais pas les Chinois.
Là-bas, tout le monde sait que vous êtes un peintre. Pourquoi? Vous êtes le candidat idéal de "Secret Story". - L.Fabius: Des Français dans les sphères officielles et des Chinois dans les sphères officielles savaient que je peignais.
Mais tant que j'avais des fonctions officielles, non. On m'a fait une proposition de faire une exposition à Shanghai, l'année dernière, qui a été un grand succès. J'avais dit que la prochaine exposition serait à Paris. - A.-E.Lemoine: Ca y est.
C'est à la galerie Art Absolument. Pour ceux qui n'auraient pas le loisir de voir vos oeuvres, vous nous en avez apporté 3 sur le plateau. Elles sont splendides, monumentales.
La première, au centre... - L.Fabius: Il faut que je me tourne. - C.Beaugrand: Le poteau nous gêne beaucoup! - A.-E.Lemoine: Celle qui est au centre s'appelle "Profondeur". - L.Fabius: J'adore les bleus.
Le bleu est la couleur préférée des Français, d'ailleurs. Avant, c'était le rouge. Je ne sais pas s'il y a...
Le bleu est merveilleux. Il y en a tellement de différents, le bleu Klein, le bleu de Monet, de Kandinsky... - A.-E.Lemoine: Elle vaut cher?
Je pourrais l'acquérir? - L.Fabius: Le Fabius coûte entre 4000 et 25 000 euros. - A.-E.Lemoine: On est plutôt vers les 25 000? - L.Fabius: Ca dépend de la taille.
Celle-là est grande. - A.-E.Lemoine: J'attire l'attention de nos téléspectateurs sur la toile "There is no planet B", hommage à E.Macron.
C'est lui qui a parlé de "il n'y a pas de planète B". - L.Fabius: C'est Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies.
Il se trouve que je me suis un peu occupé du climat. Je continue un peu à m'en occuper. J'ai fait cette toile il y a pas mal de temps.
Je sais pas exactement ce que ça représente. Pour moi, il n'y a pas de différence entre l'abstrait et le figuratif. Est-ce que c'est la planète actuelle rendue inutilisable, invivable ou est-ce que c'est une autre planète dont on voit bien qu'elle serait extraordinairement difficile à habiter?
Je trouve que les couleurs, le style général montrent ma sensibilité par rapport à cette question. - C.Beaugrand: C'est pas très optimiste, pas très joyeux. - L.Fabius: Je suis optimiste, mais aussi lucide.
Je vais pas vous faire un cours sur le réchauffement climatique. - A.-E.Lemoine: La prise de conscience a été réelle ces dernières semaines.
Les critiques d'art ont la dent aussi dure que les éditorialistes politiques? - L.Fabius: Pour l'instant, non.
Je touche du bois. J'attendais des critiques assez sévères, mais en règle générale, elles ne l'ont pas été. Pourvu que ça dure. - A.-E.Lemoine: Vous imitez qui? - L.Fabius: Napoléon. - B.Chameroy: Je croyais que c'était Garcimore. - L.Fabius: La mère de Napoléon disait ça, "pourvu que ça dure", avec l'accent corse. - P.Lescure: Vous êtes autodidacte en matière de peinture, mais un artiste a beaucoup compté dans votre vie: P.Soulages. - L.Fabius: Nous habitions à côté à Paris.
Nous allions au marché le samedi ensemble. On a fait connaissance. On est devenu amis.
Pierre était très intelligent, très talentueux. Il a été très généreux avec moi. Nous parlions de rugby, parce qu'il adorait ça, et moi aussi, et de peinture.
Il m'a donné des conseils. Je débutais. Il m'a libéré.
Pierre peignait pas seulement avec des pinceaux, mais avec des brosses, toute une série d'outils. Je m'y suis mis aussi. Je peins avec des pinceaux, des brosses, des cailloux, mes doigts...
Des pierres que je ramasse. C'est une peinture...
On ne le voit pas, mais c'est une peinture charnelle, avec beaucoup de matière. Quand je sens...
Je peins tôt le matin. Quand je sais que je vais avoir du temps, la veille au soir, avant de me coucher, je réfléchis, je m'endors, je rêve. La nature est bien faite.
Le lendemain matin, j'ai une idée. - A.-E.Lemoine: Vous êtes assis à côté de Christophe, qui a des talents de dessinateur.
Vous avez illustré un de vos ouvrages, "L'Eloge de la loose". - C.Beaugrand: C'est du style BD, mais j'ai toujours été passionné par la bande dessinée.
Ma mère pensait que j'allais devenir dessinateur, mais je me suis plongé vers le journalisme, la télévision. Je dessine toujours régulièrement. - A.-E.Lemoine: C'est des caricatures? - C.Beaugrand: Ca ne vaut pas encore 25 000 euros!
Il faut penser à l'après. La télé, c'est difficile. Il faut s'organiser. - B.Chameroy: "Ici la Voix.
Christophe, puisque L.Fabius est devenu peintre, je te propose de deviner à quelle personnalité politique française appartient ce secret." On commence avec un secret facile. "Je jouais de l'accordéon." - C.Beaugrand: Giscard. - A.-E.Lemoine: Vous aviez la réponse, Laurent? - L.Fabius: Oui. - B.Chameroy: "Je suis une photographe reconnue." Elle a été ministre du Travail. - L.Fabius: M.Pénicaud. - B.Chameroy: "Je fais de la sculpture à New York." - C.Beaugrand: Socialiste? - A.-E.Lemoine: Plutôt de droite. - P.Lescure: NKM. - C.Beaugrand: Elle revient, là. - L.Fabius: L.Fabius l'ignorait. - A.-E.Lemoine: On n'a jamais vu le résultat. - B.Chameroy: "J'ai lancé une marque de glaces bio." - C.Beaugrand: Ca pourrait être A.Montebourg. - B.Chameroy: C'est lui. - A.-E.Lemoine: On vous a donné les réponses? - C.Beaugrand: Il a lancé plein de choses. - A.-E.Lemoine: Comment vous pouvez être plus cultivé que L.Fabius? - B.Chameroy: J'aime bien celui-ci. "Je fais des réunions depuis mon poulailler." - C.Beaugrand: Y.Braun-Pivet.
Elle avait communiqué sur son poulailler. - B.Chameroy: Non, c'est quelqu'un au coeur du gouvernement. - A.-E.Lemoine: Si ce n'est à la tête. - C.Beaugrand: S.Lecornu. - B.Chameroy: Oui.
Il organise des réunions depuis son poulailler avec des écouteurs dans ses oreilles. "Je suis fan de la série 'Un si grand soleil'." - L.Fabius: Moi. - A.-E.Lemoine: Première bonne réponse! - B.Chameroy: Vous essayez de ne rater aucun épisode. - L.Fabius: Oui.
Je regarde en fin de semaine, avec ma compagne, la totalité des épisodes. Il y a toujours un suspense ce qui vous oblige à regarder la semaine suivante. - A.-E.Lemoine: C'est fait exprès. - L.Fabius: J'ai l'impression. - A.-E.Lemoine: Est-ce que vous ferez un jour une toile qui s'appelle "Un si grand soleil"? - B.Chameroy: Non. - L.Fabius: J'ai dit que le bleu était la couleur préférée.
Avant, c'était le rouge. - C.Beaugrand: On verra ça en coulisses. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup, la Voix.
Laurent Fabius