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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 10 juillet 2023 54 minContradictoireMixte

ChatGPT, l'école est finie ?

Source d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Temps de parole

  • Invité28 %
  • Invité 227 %
  • Invité 316 %
  • Présentateur13 %
  • Auditeur6 %
  • Locuteur non identifié5 %

≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:15
Présentateur

Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Aujourd'hui, nous sommes dans la tête d'un lycéen qui a une dissertation de philosophie à faire. Il y a encore quelques mois, il se serait plongé dans la lecture des plus grands penseurs. Il aurait élaboré, raturé, dessiné un plan au crayon de papier. Ce serait arracher les cheveux à son bureau. Il aurait peut-être fait un ou deux copiés-collés sur Wikipédia. Mais sa copie aurait été unique, le fruit de sa réflexion. Mais depuis la naissance de l'outil conversationnel ChatGPT en novembre dernier, il ne résiste plus. Cela devient obsessionnel, c'est si facile.

S'il s'est posé les bonnes questions à cette intelligence artificielle, elle va faire son devoir, lui assurer la moyenne et son professeur n'y verra que du feu. Alors à quoi bon faire un effort ? L'intelligence artificielle a fait une entrée fracassante dans le monde de l'éducation. Certains veulent déjà l'interdire car elle force l'école à revoir sa copie. Mais n'est-ce pas un combat perdu d'avance ? Comment intégrer ces champs, cet outil au champ éducatif ? Faire de l'intelligence artificielle une chance pour nos élèves ? On est ensemble jusqu'à 13h sur France Inter. Paola Puerari, le débat de midi sur France Inter.

Et nous avons attendu le premier lundi où il n'y a pas école, que les salles se vident, que les élèves partent pour organiser. C'est donc ce grand conseil de discipline pour savoir s'il faut exclure l'agent Tchett-GPT, loin de l'école ou au contraire le rendre obligatoire. Alors j'ai convoqué à ma table des cerveaux très affûtés, des intelligences humaines. Luc Ferry, bonjour.

1:47
Invité

Bonjour Paola.

1:48
Présentateur

Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes philosophe, ancien ministre de l'éducation nationale et on peut le dire aussi un geek passionné d'intelligence artificielle. Bonjour Isabelle Rille. Bonjour Paola. Vous êtes enseignante et directrice de Prairie du Centre de Recherche sur l'intelligence artificielle, experte des questions d'innovation. Et enfin, bienvenue à vous Cédric Villani.

2:06
Invité

Bonjour Paola.

2:07
Présentateur

Bonjour mathématicien. Médaille Fields en 2010, vous aviez rendu un rapport sur l'intelligence artificielle au gouvernement. Et vous nous direz si c'est une révolution ou une malédiction pour l'école. Et avant d'ouvrir par un témoignage d'un auditeur, je vous ai tous demandé de plancher sur une image pour illustrer l'impact de l'intelligence artificielle à l'école. Dites-nous celle que vous avez choisie, Cédric Villani.

2:28
Invité

Alors, moi je vais vous proposer l'image du répétiteur avec un jeu de mots. Les répétiteurs, c'était ces assistants professeurs qui dans le temps, dans certaines écoles, établissements universitaires, s'occupaient après la classe de faire répéter les jeunes élèves pour vérifier qu'ils ont gomme tel ou tel défaut de prononciation, qu'ils ont bien compris tel ou tel cours. C'est un peu ça, pour moi, le rôle que peut jouer l'intelligence artificielle là-dedans. Alors, un répétiteur qui va s'immiscer dans les intervalles entre les cours, sauf qu'il va être ce répétiteur parfaitement servile. Il fera exactement ce qu'on lui demandera de faire. Il n'aura pas de personnalité.

Et il va obéir aux ordres de l'élève éventuellement. Et il va être parfaitement encyclopédique, avec un savoir extraordinaire. Donc, ce répétiteur parfaitement encyclopédique et parfaitement servile, à portée de tout le monde, pour moi, c'est l'intelligence artificielle. Et vous, Isabelle Rillelor, quelle image avez-vous choisie ? Alors, une image peut-être un peu moins aboutie que celle de Cédric. On va rester sur le côté outil, par répétiteur. C'est pour moi un outil qui aurait dû peut-être être une goutte d'eau dans l'ensemble des outils qui sont proposés, qui sont aujourd'hui à disposition. Vous avez cité Wikipédia.

Ça s'est avéré être un pavé dans la mare, puisqu'on en parle sans discontinuer depuis plusieurs mois. Et peut-être que finalement, après tout, ça sera le tsunami qu'on attendait pour nous obliger à repenser le système éducatif.

4:01
Présentateur

Ah d'accord, un tsunami quand même. Donc, c'est un petit peu plus qu'un répétiteur. Et pour vous, Luc Ferry ?

4:05
Invité

Ah moi, tableau de Raphaël et puis de Dan Socrate, posant des questions. Parce que moi, j'ai surtout des questions. On a quelques réponses aussi. Question de savoir ce que ces LLM, comme on les appelle, enfin ces modèles de langage large, pour traduire en français, donc ce chat de GPT en particulier, qu'est-ce qui va changer dans nos vies ? Dans le domaine de l'entreprise et de l'emploi, dans le domaine de l'éducation évidemment, mais ils sont très liés, parce que malgré tout, l'éducation et l'emploi, ce n'est pas totalement déconnecté. Et puis dans le domaine de la vie morale et politique.

Et donc, je pense que là, voilà, c'est Socrate posant des questions qui me viennent immédiatement à l'esprit, parce que je pense qu'on a presque tous, même les spécialistes, il y en a autour de cette table, deux qui sont formidables, même les spécialistes se posent encore aujourd'hui beaucoup de questions.

4:51
Présentateur

Et alors vous, vous avez déjà conversé avec ce chat de GPT, mais alors pour les auditeurs qui n'ont pas eu cette même curiosité, est-ce que vous pouvez donner un petit champ de ce qu'il est capable de faire ?

4:59
Invité

Écoutez, si j'étais encore professeur de philo, ce que j'ai été pendant je ne sais pas combien de décennies, je ne l'interdirais pas, et au contraire, je le rendrais obligatoire, si je puis dire, en philosophie. Alors peut-être que dans le domaine des mathématiques ou de la physique, ça pose des problèmes différents, notamment aux examens, on y viendra peut-être tout à l'heure, mais dans le domaine de la philosophie, je dirais à mes élèves, voilà, je vous pose une question, peut-être même je peux vous donner un exemple de question philosophique que j'ai posée à chat de GPT numéro 4.

5:27
Présentateur

Oui, donnez-nous, donnez-nous cette question.

5:28
Invité

Je vais vous en donner un tout de suite. Je dirais à mes élèves, vous posez la question à chat de GPT, vous donnez sa réponse et vous la discutez, vous la commentez, vous la critiquez, comme on le fait pour une explication de texte, si vous voulez. Et moi, j'avais demandé à chat de GPT, je lui avais posé une question politiquement incorrecte exprès, je lui avais dit, voilà, il ne reste plus qu'un seul couple, il y a eu une guerre abominable, il ne reste plus qu'un homme et une femme sur Terre. L'homme veut perpétuer l'humanité, donc il veut coucher avec la femme pour faire un enfant, mais la femme ne veut pas coucher avec lui, est-ce qu'il a le droit de la violer ?

Et chat de GPT m'a fait trois réponses que je trouve étonnamment intelligentes. Il m'a dit, première réponse, non, tu n'as pas le droit, parce que quoi qu'il arrive, ce n'est pas négociable, si la femme ne veut pas coucher avec toi, tu n'as pas le droit de coucher avec elle. Deuxième réponse, tu peux essayer d'utiliser l'éthique de la discussion de Jürgen Habermas pour essayer de convaincre cette dame de coucher quand même avec toi, parce qu'il y a un enjeu majeur qui n'est pas négligeable, qui est de perpétuer l'humanité. Et trois, si elle ne veut toujours pas, tu peux essayer de trouver dans un hôpital le matériel nécessaire à faire une PMA. Je suis désolé. Voilà.

Alors après, une fois que vous avez cette réponse-là... En combien de temps il a fait ses réponses ? Cinq secondes. Et donc, quand vous avez ça, après, si vous n'êtes pas un élève stupide, vous pouvez réorganiser toute la dissertation à partir de cette réponse. Et puis, vous pouvez lui poser trois, quatre, cinq questions de plus. Qu'est-ce que c'est que l'éthique de la discussion ? Qui est Habermas ? Et donc, en vérité, vous savez, aux Etats-Unis, on paye jusqu'à 500 000 dollars les gens qui sont capables de poser les questions. Et donc, si vous avez...

Je ne vais pas dire qui c'est, mais j'ai un très proche qui a fait entièrement à Warwick, en Angleterre, son mémoire de maîtrise avec ChadGPT, parce qu'il ne se contente pas de la première question. Il en pose 10, 20, 30, et après, il fait sa tambour.

7:07
Présentateur

Oui, il y a un art de poser la question.

7:08
Invité

Et après, d'accommoder, comme en cuisine, d'accommoder les réponses.

7:11
Présentateur

Et les élèves l'ont bien compris, puisqu'il y a beaucoup d'auditeurs qui nous ont laissé des messages, notamment Quentin, qui s'est enregistré sur l'application France Inter.

7:19
Invité

Bonjour à tous, moi, c'est Quentin. Je suis étudiant en sciences sociales. Et c'est vrai que, perso, un outil comme ChadGPT, pendant les périodes d'examens, quand il y a beaucoup de dessert à rendre, ça m'aide pas mal. Et là, oui, dernièrement, j'ai sauté un peu le pas et j'ai fait écrire un truc à ma place. Et j'ai eu la moyenne, quoi. Donc, je n'en suis pas forcément fier. Mais oui, ça peut vraiment être utile quand on est un peu sous l'eau. Et là, même chose pour des candidatures, quand il faut écrire des lettres de motivation, moi, pour l'année prochaine, je vais essayer d'avoir un master. Ma lettre de motive, elle passe très bien avec ChadGPT.

7:54
Présentateur

Je vous ai vu rigoler sur ce plateau. Alors, c'est de la triche ou pas ? Est-ce que ChadGPT s'est un peu trompé ?

8:03
Invité

Bon, d'abord, le jeune Quentin, je crois qu'on a entendu, il le reconnaît très bien. Il dit, j'en suis pas forcément fier. Et il comprend qu'en période d'examen, certes, ça a permis de poser le pansement dans l'urgence, mais c'est pas ça qui l'a renforcé durablement. Ensuite, ce rôle qu'on a évoqué, qu'évoquait Luc Ferry, il y a quelques instants, sur la possibilité de donner des réponses possibles, de soumettre, comme de se lancer dans une discussion avec l'étudiant, pour peu que ce soit assumé et qu'on fasse tourner le moteur. C'est un outil qui peut être un excellent pouvoir stimulant.

ChadGPT, on le sait bien et on le voit au fur et à mesure qu'on pose des questions, il est paradoxal, parce qu'on a l'impression qu'il sait tout, et en même temps, il peut faire des erreurs de débutant, de gamin. Oui, par exemple,

8:58
Présentateur

qu'est-ce qu'il fait comme erreur ?

8:59
Invité

Par exemple, alors tout à l'heure, Luc Ferry nous parlait de ses expériences philosophiques avec ChadGPT, je vais vous livrer la mienne, j'ai posé à ChadGPT l'une de mes questions favorites, je lui ai demandé quel philosophe de l'Antiquité a argumenté contre l'usage de l'écriture ?

Bon, on va réfléchir, et puis il se lance, et puis, après un certain, ça semble être un instant de réflexion, évidemment, ça n'en est pas un, c'est quelque chose qui est là pour nous tromper, mais il me répond avec le bon dialogue de Platon dans lequel les bons arguments de Socrate sont énumérés, et il me les donne d'une façon, il me donne les arguments d'une façon qui est pas mal du tout, plausible, je ne sais plus, il y en avait deux sur les trois, Socrate parle de la mémoire, il parle du fait qu'on ne redécouvrira plus les choses par soi-même, si on fait confiance à l'écrit, il parle des contresens qui seront faits si on écrit, si on n'adapte pas le discours à son éditeur.

Je vois ça, en tout cas un étudiant qui me rend ça sur sa copie, je me dis, c'est un étudiant qui a bossé, c'est une bonne note. Ben bien sûr. Mais dans le même temps, le même Tchadjipiti, quand je lui demandais de façon un peu égocentrique qu'est-ce que Cédric Villani a pu rencontrer le général de Gaulle, il m'a répondu non, Cédric Villani n'était qu'un enfant quand le général de Gaulle est mort, ce qui techniquement n'est pas vrai, puisque je suis né trois ans après la mort du général de Gaulle. Et donc ça, c'est juste à partir de choses accessibles publiquement sur Wikipédia, on voit qu'il n'est même pas capable de faire la bonne opération élémentaire pour voir.

Donc à la fois les erreurs élémentaires et en même temps les réponses profondes et érudites. Ben, il faut tirer parti de ça. Tchadjipiti n'a pas été conçu pour être fiable. Ça, c'est quelque chose de majeur. Il n'est pas là. Ce n'est pas son but. Son but, c'est de donner des réponses plausibles qui sonnent juste à vous de voir ce que vous voulez en faire.

10:43
Présentateur

Néanmoins, revenons dans la salle de classe pour ces questions de triche. Isabelle Rille, le problème, c'est que c'est indétectable puisque c'est un contenu original. Donc on ne peut pas créer un logiciel anti-plagiat, par exemple.

10:55
Invité

Alors d'abord, ce n'est pas forcément indétectable puisque comme on le voit, il y a des erreurs et souvent des manques de précision sur certains faits. Il y a aujourd'hui encore des gens qui travaillent sur la détection des contenus générés par Tchadjipiti et qui ont des résultats assez satisfaisants. Néanmoins, on peut supposer qu'avec l'amélioration continue, ça ne durera pas très longtemps et que ça va devenir totalement indétectable sous peu. Mais je voudrais en revenir à ce qui avait été dit. C'est effectivement, il faut intégrer cet outil comme un outil qui existe dans le paysage sans servir.

Et ce qui est important, c'est justement d'apprendre alors aux étudiants en licence comme l'auditeur, mais en beaucoup plus tôt. Pour les plus jeunes, c'est beaucoup plus important. Dès quel âge, par exemple ? Dès qu'ils l'utilisent. Certains étudiants, en tous les cas au lycée, voire même au collège, se mettent à essayer de rendre des devoirs avec cet outil. Les éduquer pour qu'ils comprennent les limites et les possibilités de cet outil et qu'effectivement, ils comprennent que ce n'est pas la vérité.

Le pire qui pourrait nous arriver, on a dans un journal, un de vos confrères, en janvier publié en Catifop, dans lequel on découvrait que la plupart des jeunes, je crois que c'était plus de 40%, considèrent qu'une information est vraie et que si jamais le nombre de followers de la personne sur TikTok qu'il a présenté est important, il ne faudrait pas qu'on arrive dans un monde où la vérité va être ce que ChatGPT dit.

12:28
Présentateur

Bien sûr.

12:28
Invité

Ce n'est juste pas possible. Et c'est pour ça d'ailleurs

12:30
Présentateur

qu'il y a de nombreux enseignants qui veulent interdire ChatGPT. On a donné la parole au sociologue Dominique Boulier qui pense que pour l'instant, il ne veut pas ChatGPT dans sa classe.

12:41
Invité

OpenAI a lancé une opération commerciale agressive avec ChatGPT pour prendre de vitesse ses concurrents. La communauté éducative se retrouve de fait sommée de réagir à une technique qui n'a pas été évaluée, qui n'a pas été certifiée et qui n'a pas été conçue avec les enseignants et qui de fait encourage la triche. Et pire encore, invente des réponses fausses et surtout fait croire qu'il y a une réponse alors qu'on veut éduquer, nous, à la recherche, à explorer des possibles, au débat contre la victoire.

13:07
Présentateur

Luc Ferry, qu'est-ce que vous en pensez ?

13:09
Invité

Non, non, je pense que c'est arrêter les chutes d'Uniagara avec une passoire à thé. Donc je pense que ce qui est la bonne nouvelle, la bonne nouvelle, c'est comme vient de le dire, je suis entièrement d'accord avec ce qui a été dit par mes amis autour de cette table ou par mes collègues autour de cette table, mais je pense que la bonne nouvelle, c'est qu'il n'est pas fiable. Moi, par exemple, il m'a mis Yvon Gattaz, patron de la CFDT, donc évidemment, j'étais mort de rire parce que ce n'est pas exactement ça. Et donc, c'est pour ça que je dis... Oui, mais il peut apprendre

13:36
Présentateur

très vite aussi.

13:37
Invité

C'est sûr que quand vous aurez Tchadjipiti 10, numéro 10, il fera beaucoup, beaucoup moins d'erreurs. Je ne vais pas être méchant, mais pour repérer le plagiat, la grande différence avec le copie des élèves, c'est qu'il ne fait pas de faute d'orthographe. Pardon de le dire, mais là, c'est vrai. Il écrit dans 150 langues. Et donc, ce que je dis, c'est qu'il faut l'utiliser. C'est ça, il faut apprendre à l'utiliser.

Alors maintenant, pour les examens, si vous faites des partiels, donc des examens, ce qu'on appelait les examens sur table quand j'étais gamin à l'école, eh bien là, peut-être qu'il faut en effet ne pas utiliser Tchadjipiti dans des domaines scientifiques où il va vous donner des réponses qui sont parfaites. Mais dans le domaine de la philosophie de l'histoire et des lettres, je continue à dire que les réponses de Tchadjipiti, elles sont assez courtes, en vérité. Bon, là, les derniers modèles peuvent faire 100 pages, mais la première réponse est en général assez courte.

Je pense que c'est pas mal de faire discuter, critiquer cette réponse parce que, exactement comme on demande dans un commentaire de texte en philo, de construire un débat, au fond, un dialogue, une dissertation à partir du texte.

14:38
Présentateur

Mais ça signe quand même la fin des devoirs à la maison, non ? Parce qu'on ne va jamais donner des devoirs... Non, même chose. Pourquoi ? Pourquoi ? C'est la même chose, c'est pareil.

14:45
Invité

C'est la même chose. Vous pouvez dire à l'époque, après tout, qui vous dit que le devoir qui est fait à la maison, il n'a pas été rédigé par le grand frère ou par la maman ou par quelqu'un qui est de la famille. On avait ce même débat. Comme dit Cédric, j'ai fait tous mes devoirs de grec et de latin en copiant, à chaque fois que je trouvais dans les classiques la traduction, comme je n'étais pas totalement débile, je changeais les mots et la structure de la phrase. Donc, tu as entièrement raison. Pardon de t'avoir interrompu, mais c'est juste pour dire qu'on est entièrement d'accord. Et, comme dit Luc, où commence le plagiat ? Selon la taille de la documentation que vous avez chez vous ?

Selon les bouquins ? Je vous rappelle que pendant des années, c'était encore toujours un commerce. Des bouquins du genre on vous propose des sujets corrigés, on vous rédige, on vous donne un plan pour faire ceci et cela. Tchadipiti, ou les autres outils du même genre, par leur puissance, ouvrent et amplifient. Mais, au niveau du principe, vous avez le même genre de paradoxe, le même genre de problème. Et, je vais faire deux remarques. D'abord, Tchadipiti parle en 150 langues, comme le disait Luc il y a quelques instants. C'est même encore plus impressionnant que ça, il ne fait pas la distinction entre les vraies langues et les fausses langues.

Il vous parle en elfique de Tolkien, un de mes amis Bertrand Braunschweig m'a l'air fait même sur le fait qu'il se débrouille en cobayen la langue imaginaire inventée par le groupe Magma dans le temps pour certains de leurs albums de rockfusion. C'est un truc invraisemblable, on ne trouve aucun dictionnaire là-dessus. Ça abolit les barrières dans ce qui est plausible entre le vrai et le faux. C'est un terrain de jeu extraordinaire. A contrario, quand on a essayé de faire des variantes qui distinguaient le vrai du faux, ça n'a pas marché. C'est ce qui a causé l'effondrement en bourse à un moment de Google pour leur solution. Donc, il y a ce côté fascinant de la façon dont ça prend le savoir.

Pas du tout comme un dictionnaire qui vous donne une autorité qui dit sous l'autorité de Bailly ou de qui sait quoi, du Larousse ou de qui sait quoi. telle et telle citation est vrai. C'est un outil complètement différent. Isabelle Rille,

17:02
Présentateur

vous vouliez réagir. Je vous voyais au chien. Oui, je voulais réagir avant le début.

17:07
Invité

Il est sur le sujet de la triche et du devoir à la maison. Pourquoi ne pas simplement un peu changer l'esprit de juste la production de quelque chose mort ? Si vous regardez dans les... On a une... Quelque chose par lequel on est tous passés, c'est la soutenance de thèse, dans les pays du nord de l'Europe, c'est encore ce qu'on appelle une défense. C'est-à-dire un argumentaire pour défendre son travail. On peut très bien imaginer qu'un étudiant à tout niveau fasse ses recherches à la maison et des tchats de GPT, mais qu'on lui demande de restituer et d'expliquer pourquoi il a choisi ça, pourquoi il n'a pas choisi un autre argument, pourquoi il a choisi ce texte et d'imposer son point de vue.

C'est aussi très important. Cédric Villaniel. L'idée est magnifique et j'insiste par rapport à ce que vient de dire Isabelle. C'est une défense au sens même où vous avez quelqu'un dont c'est le boulot le jour de la soutenance d'attaquer l'impétrant, la personne qui soutient en disant ce qu'il a fait ce n'est pas terrible, il s'est arrêté là, il n'est pas allé jusqu'au bout de l'exercice et après, il lève soutien. Il dit ouais, mais quand même, si c'est ça. Et c'est vraiment... On revient à cette dialectique socratique. Voilà, c'est pour ça. Luc Ferry. Mais je suis entièrement d'accord avec mes amis, ça me fait vraiment plaisir parce que je n'aime pas trop les polémiques inutiles.

Et donc, il s'agit un, de produire quelque chose à partir de ChatGPT, pas de le recopier. Alors ça, d'ailleurs, l'étudiant tout à l'heure a dit qu'il n'était pas fier. Il a raison de ne pas être fier. Ce n'est pas ça qu'on demande à un étudiant. C'est pour ça que je dis qu'il faut le rendre obligatoire. Vous donnez la réponse de ChatGPT et à partir de cette réponse, vous produisez quelque chose et deuxièmement, vous défendez ce que vous dites à partir de ce que vous avez produit à partir de ChatGPT. Et donc, je pense que là, intellectuel extraordinairement fécond et justement, le fait qu'il fasse des erreurs. Mais ce que je...

C'est positif pour l'instant, mais ce que je crains, c'est que dans cinq ans, il n'en fera plus si les LLM existent encore. Enfin, si cette intelligence générative existe encore. Yann Lequin, qui est donc un des papes de l'intelligence artificielle dans le monde, dit que les LLM, donc cette intelligence générative, sera morte dans cinq ans. Voilà. Parce qu'il pense qu'on va passer à une autre forme d'intelligence artificielle. Je ne sais pas. Moi, je crains qu'il ne se trompe. Mais peu importe. En tout cas, ce qui est certain, c'est que la progression, il n'est pas encore totalement connecté à Internet, loin de là. C'est aussi pour ça qu'il se trompe sur Cédric.

C'est parce qu'il n'est pas très bon sur la... Il n'a pas tout. Excuse-moi, parce qu'il a quand même ma date de naissance, la date de naissance du général de Gaulle, pour l'exemple que je donnais. Tu n'es pas tout petit.

19:37
Présentateur

Il apprend vite, en tout cas.

19:39
Invité

Mais il reproduit les erreurs qu'il a dans sa base de données, c'est ça que je veux dire. Oui, il est répétiteur et on peut le prendre en jeu de mots, il répète aussi. Mais en plus, quand tu l'engueules, quand tu lui dis, moi je t'entends, je l'engueule pour m'amuser, je lui dis, mais t'es vraiment très très con parce que là, tu t'es trompé totalement. Yvon Gattaz n'est pas le patron de la CFD. Il dit, mais je vous demande pardon, je suis désolé. Il s'excuse. Mais ce qui est drôle aussi, c'est quand on lui demande de prendre position... Il donne la bonne réponse, c'est évident. Ne parlez pas de son même temps. Pardon, pardon.

Quand on lui demande de prendre position sur un sujet économique ou politique, genre, est-ce que tu penses qu'il va y avoir une récession ? Il est normand. Ou est-ce que tu penses... Là, waouh ! La réponse de normand, les convolutions et tout ça. Peut-être bien que oui, peut-être bien que non.

20:17
Présentateur

Bon, on va continuer dans ce débat dans quelques minutes sur France Inter. Continuer à mesurer l'impact de l'intelligence artificielle dans les champs éducatifs. Et donc, je vous invite à réagir, amis auditeurs, sur l'application France Inter. Si vous êtes prof, élève, envoyez-nous vos témoignages. Et dans la prochaine partie l'intelligence artificielle n'offre pas la possibilité d'un apprentissage personnalisable. Fini le socle commun, il y aurait donc autant de cours que d'élèves.

20:45
Auditeur

Elle m'a menti pour me protéger. Je suis un glouton. J'ai tout mangé. Je suis plus qu'une moitié. Je suis plus que... Qu'est-ce que tu bricoles ? Je parie que tu... Ton service te rend... C'était l'homme pâle, à peu près.

24:03
Présentateur

On est ensemble jusqu'à 13h sur France Inter pour se poser cette fameuse question. L'intelligence artificielle est-elle une révolution pour l'école ? Toujours en compagnie du philosophe Luc Ferry, ancien ministre de l'Éducation nationale, du professeur de mathématiques Cédric Villani et d'Isabelle Rille, enseignante adophile, experte en intelligence artificielle. Et on va se demander si cette intelligence artificielle ne pouvait pas bouleverser en collectant la donnée, par exemple, en scannant les copies. N'est-ce pas le début d'un apprentissage personnalisé ? C'est en tout cas l'avis de Guillaume-Luc Boucher qui est fondateur de l'IA pour l'école.

Il nous a laissé une note vocale sur l'application France Inter. Grâce aux algorithmes, nous pourrons créer un véritable apprentissage adaptatif. Cet apprentissage adaptatif sera une vraie évolution pour améliorer les connaissances par matière, changer la relation entre les élèves et les professeurs. Et aujourd'hui, on peut dire véritablement que les algorithmes sont en train d'arriver dans les salles de classe et que l'IA n'a pas fini de bouleverser la notion d'enseignement. Isabelle Rille, est-ce que c'est le début d'une nouvelle ère où il y aurait par exemple autant de devoirs, autant d'exercices de dictée que d'élèves ?

On aurait compris qu'un élève a des problèmes en participe passé, d'autres en subjonctif. Est-ce que vous y croyez à ça ?

25:18
Invité

Ça m'a l'air un petit peu prématuré d'imaginer qu'on va remplacer tous les enseignants par des IA. Je n'ai pas dit de remplacer les enseignants, juste de faire

25:27
Présentateur

des exercices

25:29
Invité

selon les élèves. L'usage du numérique pour l'enseignement existe depuis très longtemps. Ce n'est pas juste de l'IA, c'est aussi surtout une histoire d'interaction et c'est plutôt les spécialistes de sciences cognitives qui s'y intéressent. Pour des tas de domaines, par exemple, il y a déjà plus d'une dizaine d'années, il y avait un collègue à Berkeley qui avait un projet de répétition de l'anglais pour les petits-enfants, 4-5 ans, via une interface chez eux lorsqu'ils sont d'une famille, par exemple, hispanophone pour permettre l'apprentissage. C'est un outil de répétiteur comme le disait Cédric. Ce n'est pas encore une interaction humaine et une réaction. Effectivement, ça s'améliore.

Il y a des chercheurs qui travaillent sur la manière d'intégrer des intelligences artificielles et des interfaces, de la faire communiquer et dialoguer, mais toujours en complément, en modifiant, en interaction et pas en remplacement. Bien sûr. Luc Ferry,

26:25
Présentateur

vous n'y croyez pas à cet apprentissage personnalisable ?

26:29
Invité

Je pense que ça peut être un outil formidable. Ce que vient de dire Isabelle me paraît extrêmement juste. Ça peut être un outil formidable. Mais même quand il y aura une interaction parfaite, parce que ça, on va y arriver, c'est qu'une question de temps, je pense que rien ne remplacera le charme, et j'emploie exprès le mot charme, le charisme d'un grand professeur. On a tous dans nos vies rencontré deux ou trois très très grands profs, quelquefois un tout petit peu plus, mais pas beaucoup plus, et qui nous ont fait complètement changer, qui nous ont fait aimer une discipline qu'on n'aimait pas du tout.

Moi, j'ai eu en quatrième un professeur de maths qui s'appelait Galerne, je m'en souviendrai toute ma vie, et qui m'a fait adorer les maths alors que je détestais ça. Voilà. Et après, j'ai eu deux très très grands profs à l'université en philosophie, mais qui m'ont fait me découvrir des choses. Et ça, ça suppose une relation de charme. Au fond, les grands profs sont aussi des grands acteurs. Et donc, comme un très grand comédien, comme un Depardieu, comme un Jouvet, voilà. Et donc, ça, c'est absolument irremplaçable par la machine. Donc, elle peut être un outil formidable.

Donc, ce que disait Isabelle sur le côté répétiteur de ses instruments, ça, je suis tout à fait pour, et je pense que Stanislas Dehene dit la même chose, il ne faut pas écarter ça de l'enseignement. Mais rien ne... L'enseignement est un art, ce n'est pas une science. Ce que disait Kant, il avait raison, comme la politique. Il n'y a pas de science politique, c'est une blague. Il n'y a pas de science de l'éducation, c'est une blague. La pratique, c'est un art. Et c'est un grand art. Et on a tous eu des profs, encore une fois, géniaux.

Et quand on essaye d'analyser ce que c'était qu'un prof génial qui vous faisait découvrir un pan entier de la culture pour lequel on n'avait a priori aucun intérêt, ça relève du charme de la séduction et de cette pédagogie qui est vraiment un art. Et on a eu des profs merveilleusement savants mais totalement ennuyeux et ça ne passait pas. Et ça, la machine ne s'est pas faite. D'ailleurs, la télévision scolaire, ça n'a jamais marché.

28:15
Présentateur

Non, mais par exemple, si on regarde l'exemple de la Chine qui a équipé ses élèves de stylos connectés où la caméra du stylo peut collecter, transmettre des données. Ça, Cédric Villani, vous qui avez un peu travaillé sur cette question, qu'est-ce que vous pensez de ce scénario un peu orwellien ?

28:30
Invité

Avant de répondre à d'autres questions, je vais dire à quel point je reprends à mon compte la déclaration d'amour que Jules vient de faire pour les enseignants et à quel point moi aussi, j'aurais pu citer les noms de tel ou tel. Les enseignants, ça marque, c'est des personnalités, le mot charme est important. Et il y a peu de temps dans une conférence publique, je rendais hommage à mon professeur de mathématiques de troisième, décédé il y a peu, qui avait eu une influence majeure sur moi. C'était un profil étonnant, en partie autodidacte, très très exigeant, complètement hors programme. Vraiment ! Quelqu'un à côté atypique.

Il a joué un rôle majeur dans mon parcours, dans ma vie, comme quelques autres enseignants que j'ai eus. Et l'enseignement à un art, oui ! Et le plus important, ce n'est pas le savoir livret, ce qui est exact, c'est vraiment ce que vous arrivez à transmettre. Je me souviens de cette fois, tenez, j'étais en tant que médaillé fils, je me retrouvais à parrainer tel ou tel concours et j'examine les devoirs qu'avaient fait les élèves. C'était un projet de recherche, je ne sais plus dans quel cas c'était, c'était peut-être Matanjin, c'était peut-être un projet de recherche pour le lycéen, en tout cas, je ne sais plus exactement.

Mais je discute avec l'enseignant et je vois qu'il commence à me raconter une ou deux énormités scientifiques. Je me dis, oulala, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qu'ils auront eu les élèves ? Et en même temps, je vois que cet étudiant, cet enseignant était plein d'enthousiasme vraiment communicatif. Le travail fait par les élèves était nickel, c'était impeccable, ça faisait plaisir. C'est plus important de savoir communiquer votre passion que l'exactitude par rapport à la matière. et pour l'instant, dans toutes les interactions avec la machine, certes intéressantes, oui, ça fait répétiteur pour apprendre des mots de vocabulaire.

Il y a quelqu'un dans ma famille qui s'est perfectionné en finlandais avec l'algorithme qui lui faisait répéter ces mots ici et là. Oui, je connais des gens qui se sont formés en utilisant le MOOC de telle ou telle université, mais pour l'instant, ça n'a pas résolu ce problème de la motivation par l'interaction humaine. De l'altérité. Il faut être humble par rapport aux évolutions parce qu'à peu près tous les 10 ans arrive l'innovation technologique dont on vous dit qu'elle va tout révolutionner dans l'enseignement.

On a connu l'époque où on a dit et c'était l'essai du regretté Michel Serres sur la petite poussette, le fait de pouvoir communiquer avec son smartphone va révolutionner l'enseignement. On attend de voir avec tout le respect et l'amitié que je peux avoir pour le formidable philosophe qui était Michel Serres. On a eu l'époque où les MOOCs sont arrivés, les massifs open online course ou les formations en ligne ouverte à tous. Ce fou de Peter Thiel a déclaré dans 10 ans il n'y aura plus que 10 universités dans le monde, ça va être la révolution et tout ça. On attend de voir, ça n'a pas été la révolution.

Il y a eu le moment où on a dit c'est encore autre chose, c'était quand la Khan Academy est arrivée, on a dit voilà, le modèle qui va tout changer, qui va bouleverser. Ok, ça a eu du succès, c'est intéressant. C'est quelques dizaines de millions d'utilisateurs dans le monde mais ça n'a pas tout remboursé.

31:27
Présentateur

Isabelle Rille, c'est un petit peu plus quand même là que les exemples que citait Cédric Villani

31:32
Invité

ou pas beaucoup plus. Pourquoi ? Non. C'est une évolution de plus, elle est importante, je pense que la révolution d'Open AI c'est un coup médiatique, ça marque les esprits. Est-ce que ça changera plus le monde que les autres ? Est-ce que ça changera plus que comme le dit Anne Lequin, la prochaine qui va arriver ? Est-ce qu'on en sait quelque chose ?

Là où je parlais en introduction de Tsunami, c'est pour nous obliger à réfléchir, justement peut-être à faire moins de bachotage, moins de devoirs à la maison dont on ne sait jamais si c'est le grand frère ou la grande sœur qui l'a fait et peut-être changer la manière dont on interroge les étudiants, la manière dont on apprend aux élèves à s'occuper de la matière en question, à la questionner, à l'appréhender. Ça serait peut-être un effet de bord tout à fait imprévisible mais qui pourrait être formidable.

32:30
Présentateur

Alors l'autre question que pose l'irruption de l'intelligence artificielle dans les champs éducatifs est posée par un auditeur qui nous a laissé un message. Il s'appelle Bastien et il a réagi sur l'application France Inter.

32:39
Invité

Pensez-vous que des outils comme ChatGPT ont tendance à augmenter ou à diminuer les inégalités sociales ? Sachant que comme pour toute nouvelle technologie, l'accès ne sera pas équitable mais que cela permettrait à des élèves d'avoir l'équivalent d'un soutien scolaire à domicile à travers un assistant virtuel.

32:56
Présentateur

Luc Ferry, ça peut être une chance l'intelligence artificielle pour démocratiser les savoirs ?

33:02
Invité

Je ne crois pas vraiment parce que je rejoins ce que nous disions tous les trois tout à l'heure. En fait, la question de la motivation à apprendre est absolument essentielle. La vérité, c'est que vous avez aujourd'hui accès à 15 millions de livres sur votre ordinateur. La Library of Congress, c'est 15 millions de livres. Mais si un enfant ne lit que deux livres en dix ans, ce n'est pas la peine d'avoir accès à 15 millions de livres. Ça ne sert à rien. Et donc, le fait d'avoir accès à tout le savoir humain ne motive pas. Ce n'est pas là que se trouve la motivation.

Et je pense que là où il y a un vrai sujet, pour moi, ce serait si j'étais encore ministre de l'Éducation, ce serait probablement mon sujet numéro un de préoccupation, vers quel secteur il faut orienter nos enfants ? Si ce sont des mathématiciens ou des informaticiens talentueux, des physiciens, des biologistes, bref, s'ils sont formidables en science, pas de problème, on va en avoir besoin comme jamais. Bon, de data scientistes, d'informaticiens dans la cybercriminalité, on aura besoin d'emplois hyper sophistiqués avec un très haut niveau de formation.

Mais si vos enfants ne sont pas des formidables en science, je pense que les métiers que l'intelligence artificielle n'attaquera jamais, ce sont les métiers qui associent la tête, le cœur et la main. C'est crucial.

34:15
Présentateur

Oui, on va en revenir dans la dernière partie.

34:17
Invité

Autrement dit, l'intelligence, les relations humaines et le savoir-faire manuel. Le radiologue disparaîtra bien avant le généraliste en médecine et le généraliste bien avant l'infirmière. Pour retourner quelqu'un lui piquer le cul en lui disant que ça lui fera pas mal, la machine ne saura jamais faire. Il faut un humain ou une humaine de préférence pour moi. Mais en tout cas, il est clair qu'il faut orienter nos enfants vers des métiers. Juste un dernier point et je me tais, je pense que l'intelligence artificielle générative va attaquer à peu près toutes les tâches et assez peu de métiers. Quand Goldman Sachs dit ces 300 millions d'emplois qui vont disparaître, c'est pas vrai.

Presque toutes les tâches seront impactées par l'IA mais très peu de métiers. Par exemple, beaucoup de tâches de secrétariat sont impactées par l'IA parce que je ne vais pas faire un fichier tout ça, scanner, etc. L'IA va le faire mais en revanche, on a toujours besoin d'une secrétaire. Il faut upgrader ces métiers dont les tâches seront impactées par l'IA mais dont les métiers ne disparaîtront pas et deviendront des métiers de plus en plus intelligents, utiles et intéressants aussi. Donc ça, c'est plutôt une bonne nouvelle. Mais encore une fois, la question de l'orientation à mon avis de nos élèves est en revanche vraiment posée par ces machines de manière exponentiellement importante.

35:32
Présentateur

Mais c'est vrai qu'avant, on disait par exemple j'aimerais bien que mon fils soit avocat ou juriste. Ça par exemple, c'est un métier qui a de l'avenir juriste ?

35:40
Invité

À coup sûr d'abord. À coup sûr ? Plus vous avez d'IA, plus vous avez de questions de droits subtils, plus vous avez de grains à moudre pour les juristes. À coup sûr. Et peut-être dans certains cas, ça sera des affrontements en tria avec certaines chargées d'engendrer des contrats types et d'autres chargées de débusquer les erreurs qui sont dedans. Mais vous aurez toujours besoin des spécialistes et des personnes ou des équipes mixtes avec des spécialistes de droit et des spécialistes d'informatique travaillant ensemble. Et de toute façon, c'est une tendance générale depuis que l'informatique a commencé.

La tendance, ça a été plus on a de développement en informatique qui se fait, plus on a besoin de spécialistes capables de discuter avec les personnes de l'art. Je vais aussi, si vous me permettez, revenir sur trois petits points qui sont là. D'abord, je n'ai pas répondu à votre question sur les silos connectés.

36:28
Présentateur

Oui, par exemple, la Chine.

36:29
Invité

Mais c'est pour moi un modèle horrible, vraiment effrayant. C'est cette idée de donner la surveillance à la machine comme si nous étions tous des prisonniers avec quelqu'un qui s'occupe d'examiner nos gestes. J'ai même vu passer des projets où par exemple on examine les yeux, le regard des élèves pour voir ceux qui ont des sautes d'attention. C'est vraiment comme si on était les prisonniers surveillés par leurs gardiens. Il y a quelque chose complètement inhumain là-dedans. Deuxième chose sur laquelle je voudrais insister c'est le fait quand on dit ce que disait Isabelle quand vous demandez mais ça ne va pas être la révolution elle dit mais pourquoi ?

Tous ces outils attention on n'est pas en train de dire nous ne sommes pas en train de dire ça n'a rien changé on est en train de dire c'est un outil qui vont prendre leur place comme les autres de la même façon que les tutoriels YouTube ont pris leur place dans les pratiques éducatives de la même façon que les formations en ligne ont pris leur place ça m'est arrivé d'en faire une j'ai vu les avantages et les inconvénients c'est un outil intéressant de la même façon que le fait de pouvoir faire des recherches sur un moteur de recherche ça a apporté quelque chose dans la construction des devoirs des dissertations des discours et tout ce que vous voulez ici on a un outil qui va venir dans la panopie qui va réaliser l'intégration et qui va assurer comme un médiateur le passage entre l'outil et l'élève en y rajoutant de la motivation en y rajoutant de la vision en y rajoutant des éléments humains c'est le boulot en premier lieu de l'enseignante de l'enseignant et on voit que certains sont déjà très forts pour s'approprier l'outil il y a eu une enquête parue dans Libération il y a quelques semaines dans le numéro spécial IA sur certains enseignants j'avais fait le rédacteur en chef juste pour la journée mais les rédacteurs les journalistes avaient fait un travail remarquable pour explorer et instruire le dossier et là ils étaient allés chercher des interviews entretiens avec des enseignants qui cherchaient certains avec difficulté d'autres avec bonheur à s'approprier cet outil par exemple une enseignante en cours élémentaire qui faisait et qui utilisait mid-journée ou d'ali avec ses élèves où la pratique était par exemple maintenant voici une carte postale décrivez-la au logiciel de façon qu'elle reproduit le contenu ou faites-lui faire le contenu de la carte postale que vous imaginez c'est un enseignement de langage vous devez imaginer par exemple avec un château avec des il faut que la grille soit comme ci que les douves soient comme ça le fait d'arriver à tel résultat vous oblige à utiliser des mots à explorer votre vocabulaire à procéder par essai-erreur vous pouvez finalement faire un exercice d'appropriation du vocabulaire à travers les instructions que vous donnez à la machine ça c'est quelque chose auquel j'aurais jamais pensé moi auquel les enseignants avec le génie qui peut être le leur quand ils sont face au terrain de se demander comment on va transformer cet outil en possibilité peuvent penser et apporter une étincelle de plus dans leur salle de cours

39:22
Présentateur

et pourtant ces frondeurs sont un peu laissés seuls aujourd'hui de temps en temps ils sont très mal vus des salles de classe qu'est-ce que vous leur répondez justement Isabelle Rille à tous ces gens qui essayent qui initient qui tâtonnent sans aucune consigne de l'éducation nationale

39:37
Invité

alors c'est pas à moi de donner conseil les consignes de l'éducation nationale je me doute bien que c'est pas à vous mais qu'est-ce que vous pensez qu'ils sont courageux ils ont raison de s'approprier les outils et d'essayer de les intégrer dans la mesure où de toute façon les élèves les ont les élèves les utilisent et je pense qu'il n'y a rien de pire que les laisser démunis c'est-à-dire sans aucune aucune instruction aucun encadrement face à ces outils pour en revenir justement en conclusion sur la question de votre auditeur sur les inégalités donc oui il y a des inégalités de fractures numériques en France encore donc ça en est une moi je suis très inquiète sur la question qu'il posait dans l'autre sens quand il dit certains auront à disposition chez eux un prof particulier qui est de chaque GPT rappelons-nous tout ce qu'on a dit depuis le début il ne dit pas la vérité il n'a pas l'exactitude ça ne peut pas être un enseignant et enfin l'éducation la manière justement de se positionner face à ces outils n'est pas égale en fait pour moi le vrai problème qu'on a actuellement c'est le rapport à la vérité pour les jeunes comment ils détectent le vrai contenu du faux contenu la rumeur d'autre chose et s'ils n'ont pas justement l'enseignant qui les amène sur ces outils pour leur expliquer comment s'en servir ils vont se retrouver totalement démunis et puis prendre pour argent comptant tout ce qu'ils vont trouver

40:56
Présentateur

et en tout cas on a reçu énormément de messages d'auditeurs notamment Gwanael qui est professeur de français qui dit je préfère accompagner les élèves pour qu'ils utilisent chat GPT pour progresser dans leur apprentissage plutôt qu'ils l'utilisent d'une mauvaise manière on va continuer ce débat sur l'intelligence artificielle voir s'il faut réguler cette intelligence artificielle notamment à l'échelle de l'Europe et si elle menace nos métiers

41:19
Locuteur non identifié

c'était

43:51
Présentateur

Roisin Murphy de Universe

43:53
Invité

débat de midi à Puerrari

44:04
Présentateur

on est toujours dans le débat de midi sur France Inter en train de se demander quelle est la meilleure façon d'armer nos enfants pour demain et le roi nous écrit j'ai programmé chat GPT pour aider ma fille dans la révision de son brevet l'idée était de détecter ses faiblesses et de créer des exercices sur mes yeux et bien elle a eu une mention très bien bravo à elle et Robin nous demande aussi quid de la fracture numérique Luc Ferry

44:27
Invité

elle existe déjà comme le disait Isabelle tout à l'heure non seulement elle existe entre les classes sociales parce que tout ça par exemple chat GPT 4 il faut s'abonner donc il y a quand même un abonnement à payer par exemple mais elle existe aussi et peut-être même beaucoup plus encore entre les pays entre les pays occidentaux les pays du tiers monde etc et donc on a une fracture numérique aussi bien entre les classes sociales qu'entre les pays mais je dirais que c'est quelque chose qui se comble relativement vite parce que ça n'est pas si cher que ça c'est un peu comme en médecine pour vous donner un exemple en médecine ça coûte combien par exemple

45:02
Présentateur

un abonnement ?

45:02
Invité

un abonnement je crois qu'il est autour de 8 ou 10 euros peut-être que ça change de temps en temps mais je crois que c'est autour de 10 euros par exemple 10 euros par mois quand même donc c'est pas rien et donc je vous donne un chiffre en médecine parce que c'est la même chose dans tous les domaines de la 3ème révolution industrielle moi je dis 3ème et pas 4ème mais on peut en discuter si vous voulez mais parce que la 3ème je veux dire les data et la robotique sans IA c'est que dalle donc en fait la 3ème révolution industrielle c'est celle qu'on vit mais on peut en parler si vous voulez mais je laisse ce débat de côté le premier séquençage du génome moi j'y ai participé avec notre prix Nobel de médecine de l'époque au CEF qui m'avait demandé gentiment de travailler avec lui c'était en 1998 ça a duré 13 ans et ça a coûté 3 milliards de dollars aujourd'hui un séquençage de génome si vous voulez en faire un si un jour vous êtes enceinte par exemple et que vous voulez faire un DPNI plutôt qu'une amiosynthèse que je vous conseille fortement et bien ça coûte 150 dollars on est passé de 3 milliards de dollars pour un séquençage du génome à 150 dollars voilà et donc c'est la même chose dans tous ces domaines où finalement les coûts se divisent se divisent chaque année assez considérablement et si vous voulez Tchadipiti 3 simplement mais enfin il est beaucoup beaucoup moins performant que le 4 c'est gratuit donc c'est pas cette fracture numérique elle est plus sociologique qu'économique si vous voulez Vous êtes d'accord Cédric Villani ?

Complètement d'accord d'abord tout à l'heure l'un des auditeurs posait la question est-ce que cette nouvelle technologie va participer à l'augmentation à renforcer les inégalités l'expérience montre qu'en général toute nouvelle technologie est d'abord utilisée par ce qu'on va appeler la classe dominante ou ce qu'on va appeler les personnes qui ont le plus de compétences le plus d'aisance et que c'est avant tout une question d'habitude même plus que de coût même une fois que le coût rend les choses démocratiques vous avez toujours quelqu'un qui va pouvoir programmer plus aisément indiquer la référence parfois juste le simple fait d'insister sur la de faire vivre au sein de la famille la discipline propice la discipline personnelle propice au fait d'exercer tel ou tel outil va jouer son rôle je me souviens d'un ancien et je me souviens en ce qui concerne la technologie d'un ancien ministre d'un pays asiatique me disant en privé texto artificial intelligence is the greatest in-equalizer ever la plus grande machine à fabriquer des inégalités qu'on ait jamais vu parce que ça vient tout sur des questions d'information pour lesquelles il y a toujours un biais favorable pour les personnes les plus aisées les plus connectées et ainsi de suite et aplanir ces inégalités c'est pas quelque chose qui se fera avec une technologie ça peut venir que d'une politique assumée

47:46
Présentateur

vous êtes d'accord oui j'avais un immense projet

47:51
Invité

pour moi c'est peut-être le plus important quand j'étais ministre de l'éducation c'était l'école des parents je pense que c'est absolument vital d'ouvrir les collèges et les lycées le soir après la classe aux parents qui souvent n'ont pas fait d'études ont peur de l'école ont des mauvais souvenirs de l'école on est quand même très nombreux moi j'ai quitté l'école en troisième parce que je ne supportais pas on est nombreux à avoir des mauvais souvenirs du lycée et surtout les parents qui n'ont pas continué les études après qui disent c'est pas pour moi j'ai peur ouvrir à ces parents-là pour les aider à aider leurs enfants et là je pense que justement un programme sur ces questions d'intelligence artificielle dans une école des parents ça existe en Angleterre ça existe en Allemagne ça n'existe pas en France et moi je voulais absolument créer ça si j'étais resté six mois de plus c'était fait parce que je pense que c'est absolument crucial d'aider les parents à aider leurs enfants et notamment sur des questions nouvelles comme celles qu'on est en train de discuter aujourd'hui

48:40
Présentateur

Isabelle Hill justement est-ce qu'il faudrait oui éduquer les parents justement parce que ce Tchad GPT c'est aussi une on ne sait pas donc vous parliez de cette vérité

48:50
Invité

justement qu'il ne faut pas prendre je pense qu'il faut éduquer tout le monde évidemment les parents c'est un peu plus compliqué parce qu'ils ne sont plus dans les mains de l'école il faut éduquer tout le monde à l'IA à Tchad GPT à l'IA et en fait au numérique de manière générale c'est-à-dire à toutes ces nouvelles technologies qu'on utilise sans réfléchir à ce qu'elles impliquent sans réfléchir au risque quand on poste une photographie quand on laisse traîner un code voilà et donc Tchad GPT oui mais aussi les réseaux sociaux aussi tous les autres systèmes de diffusion c'est vraiment de prendre du recul on a l'impression que le recul et la capacité d'analyse reculent je suis désolée je boucle un peu sur le mot là mais face à du contenu qu'on absorbe de manière quotidienne et puis sans quelque part de manière une espèce de gavage et donc c'est absolument ça qu'il faut arrêter effectivement les parents qui se retrouvent aussi un peu démunis soit parce qu'ils n'ont pas accès ils ne savent pas manipuler les outils soit parce qu'ils n'ont pas les mots pour expliquer effectivement il faut les aider alors est-ce qu'il faut les faire revenir à l'école ça je ne sais pas ça dépasse mes compétences mais il faut absolument proposer quelque chose pour pouvoir encadrer tout cet explosement de technologie et est-ce que l'Europe doit s'en mêler est-ce que l'Europe devrait essayer de réguler cette intelligence artificielle l'Europe a décidé de réguler l'intelligence artificielle je ne suis pas sûre qu'elle l'ait faite dans le but de l'éducation d'éduquer les parents c'est plutôt je pense sur un problème économique et puis de sécurité plus large donc oui l'Europe le fait alors là en tant que chercheur bien évidemment nous défendons le fait que la recherche ne doit pas être régulée elle doit être encadrée dans des cadres stricts lorsque c'est dangereux mais surtout pas arrêté mais par contre les usages doivent être régulés ce qui est en train d'être fait l'acte je crois on est à ces dernières comment c'est dernières étapes

50:47
Présentateur

l'IA acte de Thierry Breton

50:49
Invité

et on est à ces dernières étapes avant d'être promulgué là où il ne faut pas se tromper non plus c'est de ne pas freiner l'innovation on sort un peu de notre sujet aujourd'hui et si je reprends la casquette technologique de ne pas imposer de manière légale des vérifications qui ne sont pas techniquement faisables aujourd'hui si vous imposez d'avoir une IA par exemple parfaitement explicable on ne sait pas faire

51:12
Présentateur

ça c'est la question aussi Luc Ferry justement que l'Europe ne tue pas l'intelligence artificielle française écoutez moi j'avais

51:19
Invité

il n'y a pas très longtemps il y a quelques années un débat avec le patron de Google Europe qui est un jeune américain sympathique d'ailleurs et qui un peu en rigolant mais pas entièrement en rigolant me disait c'est con parce que nous on a les GAFA et vous avez les CNIL voilà voilà donc le problème c'est qu'on aimerait bien avoir les deux et donc c'est un vrai vrai sujet parce que chat GPT est plein de biais il est californien il est wokiste il est féministe il est écolo c'est son droit mais il est plein de biais intellectuels il vous répond toujours de manière politiquement correcte il n'est pas éduqué il n'a pas une éducation morale qui est disons du type idée républicaine à la française et donc c'est juste c'est pour ça que je rejoins ce que disaient mes camarades sur la nécessité de l'esprit critique il y a eu une grande enquête de l'IFOP qui était sortie il y a deux ans et qui montrait que huit français sur dix c'est pas simple dans les enfants huit français sur dix partagent une thèse complotiste fausse et 15% de nos enfants pensent que la terre est plate et le platisme mon ami Étienne Klein un de nos grands physiciens disait le platisme gagne du terrain chaque année bon voilà donc je pense qu'on a un vrai sujet qui est le problème de l'éducation scientifique parce que je pense que ça passe d'abord par là et je ne comprends pas je ne cesse d'engueuler les ministres de la culture je ne comprends pas pourquoi les ministres de la culture n'ont jamais voulu considérer que la culture scientifique faisait partie de leur escarcelle ça devrait être au coeur du coeur du ministère de la culture pas seulement du ministère de l'éducation parce que la culture scientifique et moi j'ai dit à mes collègues ministres de la culture mais mettez par exemple une grande émission façon dossier de l'écran en prime time puisqu'on a encore un service public mettez une grande émission scientifique sur les grands comme ceux qu'on vient de discuter les grands sujets comme ceux qu'on vient de discuter mettez une fois par semaine une grande émission scientifique parce que la culture scientifique passionne les gens et on a 30% de chute des vocations dans les deux scientifiques dans les 20 dernières années et c'est vraiment pas une bonne nouvelle parce que malgré tout l'esprit critique il passe quand même aussi par la quête de la vérité

53:23
Présentateur

Isabelle Rill le mot de la fin alors vous soutenez Luc Ferry dans sa démarche j'imagine

53:27
Invité

la culture scientifique bien sûr nous sommes je pense que nous tous trois ici nous sommes absolument fans de cette idée bien sûr c'est Drake Villani qui fait partie de la culture et ça comprend aussi la familiarité avec l'histoire toute pleine de dialectiques et de controverses qui caractérisent les sciences et qui fait partie de l'histoire humaine et une compréhension aussi de ce qu'est le grand marché bazar dérégulé des idées sur les réseaux sociaux ça peut faire partie de la compréhension du monde un livre comme celui de mon ami David Chavalarias Toxic Data sur la façon dont ce grand marché grand bazar est organisé fait partie des références qui pourraient utilement être étudiées en cours de philosophie par exemple

54:10
Présentateur

merci à tous les trois merci à tous les trois d'avoir accepté ce grand oral merci à Constance Villanova Florence Gimalac Savannah Ruelan et Aloïs Nollet qui ont préparé cette émission à la réalisation Étienne Bertin à la technique David Diboué Black à suivre le journal de 13h Sous-titrage ST' 501