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interviewBLAST· 21 juin 2022 5 min

"POUR SE DÉBARRASSER DES LEPÉNISTES, IL CONVIENT DE VIRER AUSSI LES LEPÉNISATEURS" - [TRIBUNE]

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Au lendemain du second tour des élections qui lui ont permis de s’équiper de 89 députés, il faut le souligner un peu nettement, cette victoire, car c’en est une, du Rassemblement National, est le résultat d’un remarquable travail d’équipe. Le peuple s’est exprimé. Il a décidé d’envoyer un très puissant groupe parlementaire de députés Rassemblement National à l’Assemblée.

Le parti lepéniste a bien sûr sa part dans cette réussite, il n’a jamais dévié de sa ligne chauvine, et dans un pays dont l’éditocratie nous redit toutes les 20 secondes qu’il n’est pas le moins du monde raciste, ni même d'extrême droite, cette constance xénophobe a, bien sûr, fini par payer. Mais il doit surtout son succès aux politiciens et à leurs journalistes d’accompagnement, qui, depuis 20 ans, estimation basse, nous répètent sur tous les tons que pour combattre l’extrême droite, la morale, devenue un gros mot, ne marche pas. Et qu’il convient plutôt de faire preuve de réalisme, lequel dans l’esprit de ces fins stratèges, consiste, comme on sait, à légitimer un parti cofondé notamment par un ex Waffen SS et un ancien milicien en le laissant imposer dans le débat public ses thèmes préférés, l’immigration, l’islam, l’immigration et bien sûr l’islam.

Alors moi, ça m’a toujours choqué d’entrer dans un hypermarché et de voir qu’il y avait, en arrivant, un rayon de telle cuisine communautaire et de telle autre à côté. Voilà, en tout cas moi c’est mon opinion, c’est comme ça que ça commence le communautarisme, voilà, je pense. Dans cette constante soumission, les “socialistes à guillemets” se sont illustrés lorsqu’ils n’étaient pas occupés à casser le code du travail ou à confectionner des lois sécuritaires, par une ardeur particulière.

C’est monsieur Valls, et non la présidente du Front National, renommé Rassemblement National en 2018, qui a publiquement théorisé, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur de monsieur Hollande, que “les roms avaient vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie”. Les Roms ont vocation à rester dans leur pays et à s’y intégrer, là-bas. Et c’est le même monsieur Hollande qui a alors jugé, dans un livre d’entretien avec deux journalistes du Monde, qu’il y avait trop d’immigration qui n’aurait pas dû être là.

Le cas de Monsieur Macron est un peu différent. En 2017, il a été élu pour faire barrage à l’extrême droite, par des gens qui, sans cela, sachant de quelle pâte il était fait, n’auraient jamais, au grand jamais voté pour lui. Moyennant quoi,, il s’est aussitôt flanqué d’un ministre de l’Action et des Comptes publics, promu ensuite à l’Intérieur, qui avait naguère promis, lorsqu’il n’était que maire, qu’il ne célébrerait pas personnellement de mariage entre deux hommes et deux femmes.

Je trouve qu’en effet, vous êtes plus molle que nous pouvons l’être. Puis, monsieur Macron s’est empressé d’annoncer dès 2018 qu’il comptait honorer la mémoire du grand soldat Pétain Veni, vidi, Vichy. On connaît le rôle que Pétain a eu pendant la première guerre mondiale en tant que maréchal.

Je considère qu’il est tout à fait légitime que nous rendions hommage aux maréchaux. Puis, il a , en 2019, accordé un entretien exclusif au magazine Valeurs Actuelles, condamné pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers les Roms. Puis il a, en 2020, apporté son soutien à un agitateur d’extrême droite condamné pour provocation à la haine raciale ou religieuse.

Il lui a, au passage, demandé de produire une note sur l’immigration. Pour le dire plus simplement, Monsieur Macron a, comme avant lui monsieur Hollande, beaucoup oeuvré à la normalisation de l’inacceptable. Parce que c’est notre projet !

Quant à la presse, fut-elle “de référence”, et aux médias ou les pires philosophes ont, depuis 20 ans, table ouverte, ils n’ont cessé, depuis 20 ans, d’alimenter quotidiennement des paniques identitaires et islamophobes. Je ne veux pas de voile dans les lieux publics. Dans le cour des dernières semaines, ces mêmes fourriers du pire ont, par un ultime effort, renvoyé d’abord les extrêmes dos à dos, et réinstallé dans l’opinion l’idée selon laquelle la gauche antiraciste ne différait guère de l’extrême droite raciste, avant d’appeler finalement à la veille du second tour à se mobiliser contre l'extrême gauche et à faire barrage à Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon a beau jeu d‘expliquer qu’il est évidemment opposé à l’extrême droite, mais son programme le rejoint. Et les voilà qui lundi matin après avoir ainsi dansé pendant 20 ans avec les “fafs”, s’étonnent et s’offusquent soudain que ces derniers investissent la scène et veulent virer l’orchestre. Mais désolé, ça ne prend plus.

Tout le monde voit désormais que vous faites partie du problème, et que pour se débarrasser des “lepénistes”, il convient de virer aussi les “lepénisateurs”.