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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 27 juin 2022 24 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSécuritéSolidarités & famille

Une "coalition de LR aux communistes, c’est intenable" estime Jean-François Copé

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Quel regard portez-vous sur la situation politique ce matin ? Le pays vous paraît-il gouvernable ?

  • 1:18RelanceRéponse partielle

    Vous tracez un parallèle historique entre la situation politique actuelle en France et la République de Weimar. Vous n'allez pas un peu loin ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous avez l'impression qu'Emmanuel Macron est un social-démocrate ? Quel est le terme que vous avez employé ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on n'est pas entré dans un régime banal en Europe, avec le gouvernement par coalition ?

  • 4:20RelanceRéponse directe

    Mais l'autre choix, à part le cas par cas, c'est l'alliance et la coalition, le pacte de gouvernement ?

  • 6:13OuverteRéponse directe

    Mais Jean-François Copé, je vous écoute ce matin, j'ai écouté les autres dirigeants de l'opposition toute la semaine dernière dire : il faut qu'il change son projet.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « Vous avez une crise géopolitique majeure, vous avez un choc inflationniste et surtout de stagnation de croissance qui fait que des périls économiques majeurs sont en jeu. »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « Vous vous retrouvez aujourd'hui dans une situation qui certes n'est pas comme c'était le cas de la République de Weimar dans les années 20 en Allemagne au lendemain de la première guerre mondiale. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Mais en revanche, vous avez quelques points communs avec la montée des deux extrêmes en même temps en France, extrême droite et extrême gauche, qui aujourd'hui sont en situation de bloquer complètement le fonctionnement de nos institutions. »
  • 6:00Invité politiquePromesse
    « C'est pour ça que j'ai parlé de pacte de gouvernement. Il faut que M. Macron, il accepte de changer son projet. »
  • 6:04Invité politiqueChiffre
    « Je voyais encore ce matin, chez vos confrères des échos, la nouvelle série de chèques que le gouvernement s'apprête à faire. C'est 8 milliards d'euros. »
  • 7:56Invité politiqueFait
    « Il ne l'a absolument pas faite pendant cinq ans. »
  • 8:04Invité politiqueFait
    « Le lendemain du premier tour, il croise une dame qui a été gilet jaune, qui le réprimande dans la rue, et il dit bon, ok, ce sera 64 ans. »
  • 13:50Invité politiqueFait
    « Qui peut imaginer un gouvernement dans lequel on se retrouve avec des gens de droite et des communistes et des Verts ? »
  • 23:00Invité politiqueFait
    « C'est une proposition de loi constitutionnelle qui vient de l'Assemblée et donc il faudrait un référendum. »

Temps de parole

  • Jean-françois Cope69 %
  • Présentateur12 %
  • Invité12 %
  • Invité 24 %
  • Invité 33 %

1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le maire LR de Meaux, ancien ministre, ancien président du parti UMP. Question, réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application mobile de France Inter. Jean-François Copé, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro une semaine après les législatives, passé le choc des résultats et la majorité relative pour le parti présidentiel. Quel regard portez-vous sur la situation politique ce matin ? Le pays vous paraît-il gouvernable ?

0:32
Jean-françois Cope

Gouvernable certainement, mais aujourd'hui bloqué, oui bien sûr. Totalement ? Ah ben là on est dans un blocage total. Et évidemment il y a lieu de s'inquiéter énormément, parce qu'il y a un décalage fou entre ce blocage dont tout le monde a parlé depuis 10 jours, je crois qu'on a à peu près tout dit sur le sujet, ce qu'on a moins rappelé c'est que face à ça il y a des enjeux absolument considérables. Vous avez une crise géopolitique majeure, vous avez un choc inflationniste et surtout de stagnation de croissance qui fait que des périls économiques majeurs sont en jeu.

Et pas seulement le pouvoir d'achat, il y a le pouvoir d'achat mais il y a aussi tout le reste, l'emploi, la croissance, l'investissement, enfin tout ça c'est devant nous.

1:09
Invité

Dans une tribune de l'Express, vous traciez un parallèle historique entre la situation politique actuelle en France et la République de Weimar. La République de Weimar, on le rappelle, c'est celle qui a précédé l'arrivée du nazisme au pouvoir en Allemagne. Vous n'allez pas un peu loin ?

1:21
Jean-françois Cope

Écoutez, il y a un moment où il faut quand même mettre les pieds dans le plat. Vous vous retrouvez aujourd'hui dans une situation qui certes n'est pas comme c'était le cas de la République de Weimar dans les années 20 en Allemagne au lendemain de la première guerre mondiale. Mais en revanche, vous avez quelques points communs avec la montée des deux extrêmes en même temps en France, extrême droite et extrême gauche, qui aujourd'hui sont en situation de bloquer complètement le fonctionnement de nos institutions. Ça rappelle la manière dont en Allemagne, les pauvres sociodémocrates un peu mollassons de l'époque se sont laissés déborder par des tensions considérables.

Il est né de cette pulsion, plus qu'une impulsion, de l'extrême gauche et de l'extrême droite.

2:00
Invité

Vous avez l'impression qu'Emmanuel Macron est un social-démocrate ? Quel est le terme que vous avez employé ?

2:04
Jean-françois Cope

Mollassons ? Lui, personnellement, je ne le crois pas du tout. Je pense qu'en revanche, les circonstances d'aujourd'hui le rendent assez largement impuissant. En tout cas, il donne le sentiment de ne pas avoir complètement atterri, en fait. De ne pas avoir complètement pris conscience de la gravité de la situation. En quoi vous voyez ? C'est-à-dire, j'ai l'impression qu'il est encore dans, si j'ose dire, l'ancien monde, c'est-à-dire celui qui a précédé l'élection législative, et qu'il n'a pas complètement conscience qu'il s'est passé quelque chose qui va l'obliger à changer complètement, en fait, sa posture. Il s'est fait surnommer souvent Jupiter.

Là, on n'est plus du tout avec Jupiter, en réalité. Là, le roi est nu. Et le vrai problème, c'est qu'il faut qu'il l'accepte. Et je comprends que c'est difficile humainement, psychiquement, etc. Mais il faut qu'il l'accepte. Nous sommes rentrés, et je le regrette pour ma part, parce que j'ai une vision très gaullienne des institutions, mais on est rentrés dans un régime parlementaire,

2:59
Présentateur

c'est-à-dire qui va tordre le bras à l'exécutif. Est-ce qu'on n'est pas entré dans un régime banal en Europe, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, avec le gouvernement par coalition, par compromis ? Ce sont des choses tout à fait normales dans ces pays. Est-ce que ça n'est pas la fin d'une exception française ? Voilà ! Et pas plus grave que ça, finalement.

3:22
Jean-françois Cope

Alors, d'abord, moi, je mets toujours un peu en garde quand on fait des comparaisons internationales. C'est important de les faire, il faut toujours avoir les yeux rillés sur ce qui se passe ailleurs. Vous faites ça dans les stress avec la République de Weimar. Laissez-moi finir. Je vous dis, quand je dis je mets en garde, c'est pas pour dire, au contraire, je vous dis, il faut toujours les regarder, mais après, il y a des spécificités. Bon, il y a une particularité chez nous, c'est qu'on est le seul pays d'Europe qui élit son président de la République au suffrage universel. Donc, il y a toujours cette dichotomie qui n'existe pas dans les autres pays.

Et donc, chez nous, il n'y a pas cette habitude de trouver un consensus. Ça, c'est ma première remarque. Deuxième remarque, en réalité, moi, je redoute ce que certains ont appelé le cas par cas. Parce que ce qu'on appelle le cas par cas, c'est-à-dire, de temps en temps, on vote un peu à gauche, avec des gens de gauche, d'une autre fois, des gens de droite. Or, ça, ça ne marche pas, parce que ça empêche d'avoir une cohérence. Et dès lors que vous n'avez plus de cohérence, l'alternative, elle ne peut être qu'avec l'extrême-gauche ou l'extrême-droite la prochaine fois. Et ça, c'est très inquiétant.

4:20
Invité

Mais l'autre choix, à part le cas par cas, c'est l'alliance et la coalition, le pacte de gouvernement, ce que vous appeliez de vos voeux le soir des résultats, il y a une semaine. Le pacte de coalition, comme vous dites, il faut le faire avec quelqu'un. Quand le quelqu'un, et en l'occurrence LR, votre parti, dit non, merci, et ils le disent clairement, parce qu'à part vous, pardon, Jean-François Copé, n'êtes-vous pas un peu seul dans votre parti ? La plupart, et notamment le président et la plupart des leaders de LR aujourd'hui, disent non, on est dans un parti d'opposition. Alors, de question de faire une coalition, c'est non.

4:48
Jean-françois Cope

Moi, je n'ai jamais parlé de coalition. Je n'ai pas parlé de pacte de gouvernement. Oui, mais c'est très différent. Une coalition, ça se négocie avant une élection. Un pacte de gouvernement, c'est pour acter le choix des Français. Et donc, ce n'est pas tout à fait la même chose. C'est post-électoral. C'est pour tenir compte d'une situation de blocage. Ça, c'est ma première remarque. Ma deuxième remarque, je ne suis pas complètement seul. Il faut savoir qu'il y a effectivement un petit noyau très respectable de dirigeants LR qui, pour toute une série de raisons, ne veulent rien entendre, ne veulent pas du tout même en parler. Le débat est interdit, il faut le savoir.

Mais de l'autre, vous avez un certain nombre de gens qui ont un peu de recul et qui disent, mais attendez, je vous rappelle qu'on travaille pour la France, les uns ou les autres, qu'on soit maire, qu'on soit parlementaire. On a eu des fonctions ministérielles. On doit être au service des Français. Les Français ne pourront pas durablement comprendre qu'on puisse se réjouir d'une certaine manière, de voir ce blocage, alors que notre mission en tant que droite de gouvernement, c'est de gouverner. La seule chose, c'est que ça ne peut pas être dans des compromissions. C'est pour ça que j'ai parlé de pacte de gouvernement. Il faut que M. Macron, il accepte de changer son projet.

Parce que son projet, aujourd'hui, ne fait pas la majorité. Il y a des attentes en matière de sécurité qu'il ne veut pas couvrir, en matière d'éducation, en matière de laïcité, en matière de compte public. Je voyais encore ce matin, chez vos confrères des échos, la nouvelle série de chèques que le gouvernement s'apprête à faire. C'est 8 milliards d'euros. 8 milliards d'euros. On les finance comment ? C'est une folie. Donc, il y a un moment où il faut que tout ça soit sur la table.

6:13
Invité

Mais Jean-François Copé, je vous écoute ce matin, j'ai écouté les autres dirigeants de l'opposition toute la semaine dernière dire, il faut qu'il change son projet. Lui, il vous répond, moi, j'ai été élu à l'élection présidentielle sur la base de mon projet, d'un projet clair, dit-il. Je ne sais pas s'il est clair, mais en tout cas, c'est ce qu'il affirme, c'est ce qu'il pense, c'est qu'il a eu l'onction du peuple sur son projet et sur son nom et qu'il n'a pas de raison, lui, d'amender son projet. Libre à vous, si vous voulez y participer. C'est ça qu'il vous dit.

6:40
Jean-françois Cope

Mais justement, c'est super, parce qu'en fait, vous avez fait la réponse dans la question. Vous avez tout dit quand vous avez dit projet clair et puis vous avez vous-même buté sur le mot parce que je pense qu'au fond de vous-même, même vous, vous vous êtes dit je ne suis pas sûr d'avoir complètement tout compris. Et vous n'êtes absolument pas la seule puisqu'en fait, d'une certaine manière, le génie d'Emmanuel Macron a été quand même de se faire élire sans à aucun moment accepter le débat.

Il a bénéficié de ce point de vue, ce n'est pas la première fois d'ailleurs, d'un rendez-vous de chance extraordinaire, mais c'est la chance sourit aux audacieux, très bien, mais la contrepartie, il y en a toujours une, c'est que quand on est élu sur une ambiguïté, à un moment ou à un autre, on est rattrapé par l'histoire et c'est ce qui s'est produit. Il n'a jamais été clair sur les sujets.

7:19
Invité

Il ne faut pas lui débattre globalement sauf le débat d'entre-deux-tours. En revanche, il avait un projet. La réforme à 65 ans, elle est inscrite dans le projet. Le RSA sous condition, c'est inscrit sur le projet. L'augmentation de l'allocation VAS, c'est inscrit sur le projet. Les six réacteurs nucléaires, non mais je ne vais pas vous le refaire, mais c'est vrai que...

7:34
Jean-françois Cope

Non mais vous allez à Salamé, je vais vous dire, vous n'allez pas me le refaire pour une raison très simple, c'est qu'assez vite, vous allez voir que vous n'allez pas très loin. Parce qu'en réalité, sur tous ces sujets, il a dit tout et son contraire. Le cas des réacteurs nucléaires est typique. Pendant cinq ans, il a tout débranché. Il s'y est remis il y a exactement deux mois avant l'élection. Vous me parlez de la réforme des retraites, il ne l'a absolument pas faite pendant cinq ans. C'est toute l'ambiguïté. Et je rappelle que quand il dit 65 ans, le lendemain du premier tour, il croise une dame qui a été gilet jaune, qui le réprimande dans la rue, et il dit bon, ok, ce sera 64 ans.

Au point que moi, je me suis dit, au rythme où ça va, à la fin de la campagne, on sera à 55 ans. Donc c'est ça qui ne va pas. C'est ça qui ne va pas. Et c'est cette ambiguïté sur laquelle il a été élu qui nous met tous dans une situation de fragilité. Donc la seule solution, c'est de lui dire, vous devez prendre acte que si vous voulez avoir une majorité, vous devez faire bouger les lignes. Et en réalité, le « en même temps » ne pourra pas marcher sur ce deuxième quinquennat.

8:27
Invité

Vous lui dites clairement, il faut être assumé un programme de droite avec une coalition de droite. Ce que vous lui dites, pour être clair, on met des mots. C'est le cas par cas, un peu à gauche, un peu à droite. Ça ne marche pas. Vous lui dites ce matin, assumez Emmanuel Macron, qu'il n'y a que la droite pour vous sauver.

8:40
Jean-françois Cope

Enfin, il y a un moment, il faut ouvrir les yeux. Vous vous rendez compte qu'on a fait toute l'élection législative sur le pouvoir d'achat, qui est un sujet absolument majeur. Mais à chaque fois qu'on a voulu parler de sécurité, on se dit « non, non, ça n'intéresse pas les Français ». Mais vous rigolez. D'ailleurs, le score réalisé par les députés du Front National en dit long sur le fait que les Français veulent plus de sécurité dans ce pays, que les Français veulent aussi qu'on tienne mieux les comptes publics. Enfin, c'est des sujets essentiels. Alors, je reconnais que c'est moins sympa que de parler de chèques supplémentaires pour les Français.

Mais à la fin de la journée, il faut qu'on ait avec les Français une réunion de vérité. Alors, cette réunion, aujourd'hui, elle n'a pas eu lieu.

9:14
Présentateur

Vous dites, Jean-François Copé, qu'en répondant à Léa, que c'est avec la droite, donc il faut qu'il y ait travail en commun. Excusez-moi, mais je ne comprends pas. Christian Jacob a répondu « Nous avons une ligne très claire. Nous sommes dans l'opposition. Nous avons fait campagne sur ce registre. Et nous y restons. » Guilhem Carayon, président des Jeunes LR. Alors, lui, il appelle carrément à votre départ du parti. « Vous réapparaissez chaque soir d'élection pour tenter de vous vendre. Vous ne représentez en rien les militants. Quitter les Républicains. » Donc, avec qui cette action à droite, cette action commune ?

9:54
Jean-françois Cope

D'abord, au-delà de la colossale finesse des propos que vous décrivez, qui en dit long sur l'état de tension de celui dont vous avez donné les propos. Mais il y a un moment où tout ça est bien sympathique. Mais d'abord, un, je n'ai pas fait tout ce que j'ai fait dans ma vie pour faire rectifier mes positions, quand même. Deuxièmement, si ça suscite de telles réactions, c'est peut-être que justement, le débat interpelle plus qu'on ne le croit.

Et je le sais, moi, qu'il interpelle plus qu'on ne le croit, des personnalités comme Jean Rottner, président de région, Christelle Morancet, présidente de région, Gaëlle Perdriot, maire de Saint-Étienne, Philippe Juvin, Alexandre Vincendez, député de Rieux-Lapas, il y a un moment où il faut arrêter de penser qu'il y a d'un côté les génies qui savent tout parce qu'ils sont chefs, et de l'autre les débiles qui ne savent rien. On est maire, on est élu sur le terrain, on peut avoir vécu des combats.

10:49
Invité

C'est ça que je veux dire. Ceux qui sont sur votre ligne aujourd'hui à droite sont souvent des élus locaux et pas des parlementaires ou des dirigeants du parti à l'air.

10:58
Jean-françois Cope

Léa Salamé, c'est intéressant de le dire. Ça rappelle quoi ? Ça rappelle qu'aujourd'hui, avec l'interdiction pour les maires d'être députés, vous avez d'un côté des députés qui sont à Paris coupés de fait du contact avec les citoyens en dehors de la période électorale, et puis vous avez des maires qui au quotidien voient ce qui se passe. Moi, je comprends très bien qu'un certain nombre de mes amis députés qui ont été élus contre Macron. Évidemment, c'est vachement compliqué pour eux de dire « Ah ben non, on va changer de position ». Moi, mon message, il n'est pas de dire que c'est dans la complaisance.

Et encore une fois, je suis d'autant plus à l'aise pour dire que je ne suis pas du tout dans l'intention d'entrer au gouvernement. Donc ça rend mon propos encore plus libre. Ça, vous n'êtes pas candidat ce matin ? On ne dit pas Emmanuel Macron, appelez-moi. Je l'ai dit mille fois. Non mais dialoguer, bien sûr, je rencontre qui veut, mais ce n'est pas le sujet. Moi, ce qui m'intéresse, c'est faire partager l'expérience qui est la mienne, de maire, d'anciens ministres. Je vois bien qu'aujourd'hui, la droite de gouvernement ne peut pas simplement se dire « Je vais continuer d'être absent du gouvernement alors que le pays est bloqué ».

Qu'est-ce qui révèle les hommes et les femmes de tempérament ? C'est les moments où on a besoin de prendre des responsabilités. Or, un certain nombre de mes amis à LR, y compris ceux qui veulent entendre parler de rien, ont toutes les qualités pour faire et pour faire dans le bon sens. On a besoin de ça. Sinon, ce seront les extrêmes. Et à ceux qui me disent « Ah oui, mais on a fait nos calculs, si on veut être élu en 2027 comme président de la République, il faut qu'on puisse rester dur dans l'opposition. On ne sera jamais plus dur que l'extrême droite ou l'extrême gauche. Jamais. Et si on accepte le cas par cas, le piège, il est démoniaque. Ça veut dire quoi, le cas par cas sur les lois ?

Les lois sympas, genre augmentation du pouvoir d'achat, ce sera voté par le PS. Et puis les lois un peu méchantes sur les retraites, sur la réforme de l'État, sur telle ou telle question de sécurité, ce sera par la méchante droite. Et on recommencera encore à être caricaturé et caricaturable, sauf à France Inter. Donc inutile de vous dire que de ce point de vue, il y a un moment où il faut quand même dire les choses. Surtout que rien n'empêche, si on doit rentrer au gouvernement, d'en repartir un ou deux ans avant la prochaine présidentielle. Ça doit pouvoir se scénariser très bien pour pouvoir préparer la suivante. Vous préparez même le...

Vous êtes même cyniquement électoraliste pour vos amis à l'air. Je me dévoue,

13:02
Présentateur

un niveau de coaching assez rare quand même. Emmanuel Macron a confirmé sa confiance à Elisabeth Borne et lui a demandé de former un nouveau gouvernement en incluant des personnalités qui vont des communistes au LR, excluant de fait les deux groupes d'opposition majoritaire que sont le RN et les Insoumis. La décision vous semble-t-elle juste ? Sur l'ensemble

13:24
Jean-françois Cope

de ce que je viens de dire. Écoutez, c'est intenable et c'est pour ça que de temps en temps, je pense que ce n'est pas inutile de solliciter quand même à ce niveau de responsabilité des gens qui ont une expérience politique. François Bayrou n'a pas complètement tort de mettre les pieds dans le plat là-dessus. Bon, j'ai suffisamment de différence avec François Bayrou pour dire que sur ce sujet, comme sur l'avortement d'ailleurs... Quand il a dit à ce micro

13:45
Invité

la semaine dernière il faut un politique ou une politique et on pose le Premier ministre.

13:49
Jean-françois Cope

Qui peut imaginer un gouvernement dans lequel on se retrouve avec des gens de droite et des communistes et des Verts ? Il y a un moment où il faut qu'on soit cohérents. Les Français, ils ne vont plus rien comprendre. On peut être de droite et avoir une très grande sensibilité environnementale et on le sait, donc ça suffit. Ce n'est pas que la gauche qui parle de ces sujets. Sur ce point, vous n'êtes pas d'accord avec François Bayrou. Lui veut un gouvernement d'Union Nationale. Oui, mais ça n'a pas de sens. C'est illisible pour les gens. Les gens ont besoin de savoir de quel côté on se trouve, quelle ligne politique on défend.

Sinon, ça veut dire que ce n'est plus un gouvernement, c'est un cabinet dans lequel tout le monde se réprimande, se conteste, etc. Donc il faudrait quoi

14:28
Invité

comme gouvernement ? Il faudrait un gouvernement uniquement macroniste et LR ? C'est ça l'idée ?

14:31
Jean-françois Cope

C'est ça que vous souhaitez faire ? C'est aujourd'hui. Ça n'a pas toujours été le cas dans notre histoire, mais aujourd'hui, les grands problèmes qui ont trait aux enjeux de notre pays, qui sont des problèmes de compte public, de réforme de l'État, de décentralisation, de modernisation économique et sociale, et d'autre part, de retour du régalien, ce sont des problématiques de droite. Il y a 30 ans, 40 ans...

14:51
Invité

C'est vous qui faites de la caricature, vous estimez que c'est des sujets qui n'intéressent absolument pas la gauche ou une certaine gauche ?

14:56
Jean-françois Cope

Ça ne les intéresse pas, c'est que vous ne pouvez pas passer une loi en matière de sécurité quand l'EPS en fait, à chaque fois, ça rentre de situation pour s'y opposer.

15:04
Invité

Bernard Cazeneuve, il n'a pas passé des lois quand il était Premier ministre ?

15:06
Jean-françois Cope

Oui, à quel prix ? Et comme vous le savez, ça s'est très mal terminé et Bernard Cazeneuve ne peut pas dire qu'il soit très majoritaire dans sa formation politique ou alors, je n'ai pas lu les journaux depuis longtemps. Donc il y a un moment, il faut voir ce que c'est devenu. Manuel Valls s'est complètement rejeté par sa famille politique. Celui qui a gagné, c'est Benoît Hamon qui a été relayé ensuite par Madame Hidalgo et qui ont accepté des alliances avec l'extrême gauche et ainsi ont complètement renié l'ADN du PS qui était la laïcité. C'est pour ça qu'ils en sont là.

15:34
Présentateur

Donnons la parole aux auditeurs d'Inter. Bonjour Christian. Bonjour. Bonjour à tous. Vous êtes à Montpellier, on vous écoute.

15:42
Invité

Oui, je voulais très simplement dire que je ne suis pas militant, je ne suis pas républicain et je ne connais absolument pas M. Copé. Mais simplement, je voulais féliciter M. Copé pour son approche constructive. J'ai compris que ce monsieur voulait travailler à des compromis mais n'était pas prêt à se compromettre. Il faut bien faire le distinguo entre compromis et compromission. Il est prêt à conserver et c'est tant mieux ses convictions Moi, je considère que de la diversité des échanges naît la richesse des débats et puis peut-être de lois beaucoup plus porteuses de consensus.

Il y a des problématiques comme la transition énergétique, les retraites, l'environnement au sens large qui devraient transgresser tous les clivages. On a besoin de personnes comme ce monsieur qui travaillent de façon constructive. Moi, je suis très agacé par les postures carriéristes d'élus qui ont été désignés récemment. Voilà très simplement ce que je souhaitais dire.

16:40
Présentateur

Merci beaucoup, Christian, pour cette question que je transmets, enfin, cette analyse que je transmets à Jean-François Copé. Peut-être qu'on pourrait parler de copéisme, là, dans les mots de Christian.

16:53
Invité

Il est d'accord et pas d'accord avec lui parce qu'il est d'accord avec vous mais il en appelle aussi aux constructivistes de gauche.

16:59
Jean-françois Cope

Mais moi, encore une fois, je pense qu'on peut ensuite aller susciter des soutiens ponctuels sur tel ou tel sujet de l'autre camp. Mais encore une fois, il faut de la clarté. La Ve République, c'est l'inverse de la Quatrième. La Quatrième, c'était des majorités de circonstances qui ne ressemblaient à rien. La Ve, il faut de la clarté. Et il faut qu'Emmanuel Macron, cette fois-ci, il sorte du en même temps, je fais plaisir à tout le monde, je dis oui à tout le monde. On n'y arrive plus là. C'est trop grave la situation.

17:24
Invité

Mais vous pourriez travailler avec Yannick Jadot, par exemple, dans un même gouvernement où c'est impossible.

17:28
Jean-françois Cope

Mais je n'en sais rien. Non mais c'est ça la question. Oui, non, mais encore une fois, pour moi, c'est pas une question... Vous vous dites qu'il faut

17:31
Invité

que ce soit Macron plus LR, point.

17:34
Jean-françois Cope

Léa Salamé, je vais vous dire, moi ce qui me gêne dans cette question, c'est que je ne peux pas parler d'hommes parce que moi je suis contre les débauchages individuels. Ça ne marche pas. Vous avez bien vu l'échec du transfert de M. Abad. Ça ne marche pas. Aujourd'hui, ça ne peut marcher que si les formations politiques...

17:48
Invité

Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, vous pouvez dire que ça n'a pas marché.

17:51
Jean-françois Cope

Mais c'était en 2017. C'était une autre histoire. On a changé de temps. Aujourd'hui, vu l'absence de majorité, il n'y a pas d'autre option que celle de choisir son camp, d'une certaine manière. Et la démocratie, c'est aussi ça. Et c'est ça qui fait la grandeur aussi de la France. Dans une démocratie, on ne fait pas 100% des voix. On en fait 51 ou 52 dans le meilleur des cas. 100% c'est des dictatures. Et on n'est pas en dictature justement.

18:12
Présentateur

Jean-François Copé, deux questions sur l'appli d'Inter. Corine, voulez-vous un poste au gouvernement ? Christophe, avez-vous été contacté par Mme Borne pour être ministre ? Est-ce une position qui vous intéresserait ?

18:25
Jean-françois Cope

J'ai répondu tout à l'heure, donc je redis non. Voilà, repréciser. Non, non, non. Encore une fois, ma démarche...

18:30
Invité

Et vous n'ont pas appelé ?

18:32
Jean-françois Cope

Non, ils ne m'ont pas appelé comme vous dites.

18:34
Invité

Et est-ce qu'ils sont appelés ? Est-ce qu'ils sont contactés d'aller le dirigeant à LR ? Écoutez,

18:37
Jean-françois Cope

je n'ai pas l'impression qu'ils sont encore dans ce schéma intellectuel. Et il est vrai aussi que les déclarations de Christian Jacob, de Laurent Wauquiez et de quelques autres n'ont pas aidé. En même temps, j'ai compris que Laurent Wauquiez avait désigné Michel Barnier pour prendre les rênes de LR dans cette période. Bon, après, il y a sans doute des calculs qui ont dû être faits qui m'échappent. Mais j'ai lu ça dans la presse.

19:00
Invité

Le prochain président devrait être Michel Barnier de Laurent Wauquiez. Écoutez,

19:02
Jean-françois Cope

j'ai lu dans la presse que c'était ce qu'avait décidé Laurent Wauquiez. Mais à la limite, Michel Barnier, moi je le connais très bien, j'ai beaucoup d'estime pour lui, c'est quelqu'un qui écoute, c'est un homme de dialogue. Il peut être l'interlocuteur aussi pour justement faire évoluer les choses. Parce que je pense que après le premier choc, si je puis dire, de l'élection, il faut se poser et quand même le débat avec d'autres, je mets sur la table. Je répète, Jean Rottener, Gaël Perdriot, Christelle Morancet, Philippe Juvin, enfin c'est pas que des gens qui sont extraterrestres, ils sont bien les pieds dans le sol quand même.

Bon, toutes les questions qu'ils posent, que nous posons, elles doivent être abordées sans se faire insulter. Voilà, ça me paraît quand même un élément majeur.

19:40
Présentateur

On a Marc au standard avec nous ce matin. Marc, je crois que vous êtes à Nice et je crois, me dit-on, que vous êtes légèrement agacé. Dites-nous pourquoi.

19:50
Invité

Je suis agacé, parce que je trouve quand même M. Copé extraordinaire.

19:53
Présentateur

Parlez bien devant votre téléphone parce qu'on vous entend très mal. Je trouve M. Copé

19:58
Invité

extraordinaire parce que pendant 5 ans, il n'est de cesse que de créditer M. Macron. Aujourd'hui, dans les LR, il y a des jeunes qui sont arrivés, qui ont leurs idées et qu'apparemment, M. Copé ne partage pas.

20:20
Locuteur

Je pense que M. Copé

20:21
Invité

fait partie de la vieille gale,

20:22
Locuteur

qu'il est un petit peu une girouette

20:26
Invité

comme l'a été M. Estrosi et qui voit surtout la fin de carrière personnelle qu'un engagement réellement républicain et démocratique.

20:38
Présentateur

Merci Marc pour votre intervention. Jean-François Copé vous répond.

20:42
Jean-françois Cope

Je voudrais vous répondre. C'est dommage d'ailleurs qu'on ne se voit pas en vrai parce que ça vaudrait le temps de prendre 5 minutes de plus. Mettons de côté le côté ad hominem. un, j'ai dit Urbi et Torbi que je ne faisais pas du tout ça pour moi, qu'il ne s'agit pas du tout pour moi d'être dans une fin de carrière. D'abord, je n'ai pas encore l'âge de la fin de carrière et j'imagine vous non plus. Troisièmement, encore une fois, il ne faut pas m'expliquer que j'ai critiqué Emmanuel Macron tout le temps. Je l'ai critiqué quand je considérais que ça méritait de l'être.

Je fais partie des déçus d'Emmanuel Macron puisque moi au début j'avais même dit c'est le président de droite qu'on n'attendait plus. Donc c'est vous dire entre 2017 et après j'ai été très déçu, je l'ai dit très souvent mais il y a eu des fois où j'ai approuvé. Voilà, je ne suis pas complètement abruti dans la vie. Il faut de temps en temps être positif quand les choses méritent de l'être. Quand il a gouverné par ordonnance au début de son mandat, je prêche pour qu'on gouverne par ordonnance parce que ça va plus vite et c'est plus opérationnel. Je n'ai pas de raison de critiquer là-dessus.

Donc encore une fois, et puis par ailleurs je vous rappelle que je suis l'inventeur de la droite décomplexée qui est une droite qui dit les choses clairement dès lors qu'elle est étanche avec l'extrême droite. Et dans ce domaine-là, je ne suis pas sûr d'avoir des tonnes de leçons à recevoir parce que vraiment j'ai mené des combats contre l'islamisme pour l'interdiction de la burqa et en même temps pour la modernité économique. Je pense que sur ces sujets, si on prend 5 minutes de plus, vous et moi, on peut se mettre d'accord. Donc on évite la caricature et on essaie de voir si le sujet n'est pas de sauver ce pays avant qu'une fois trop tard. Dernière question,

22:10
Invité

suite à la décision de la Cour suprême américaine qui est revenue vendredi sur le droit à l'avortement aux Etats-Unis, le groupe Renaissance LREM-Ror Berger a proposé d'inscrire le droit à l'avortement dans la Constitution. Elisabeth Bornier, favorable, y êtes-vous favorable ?

22:23
Jean-françois Cope

Moi, je pense que c'est incompréhensible d'ouvrir ce débat. Il n'y a aucune bonne raison de le faire. D'abord, la France, qui est un grand pays, je rappelle que c'est la droite qui a introduit le droit à l'avortement en France, n'a jamais remis en question ce droit qui est fondamental, qui est d'ailleurs inscrit dans le bloc de constitutionnalité de facto par la Déclaration des droits de l'homme qui évoque clairement la liberté des femmes.

22:47
Invité

Qui ne protège pas le droit à l'avortement.

22:49
Jean-françois Cope

Oui, enfin, écoutez, il va falloir s'accrocher pour expliquer que ce n'est pas une liberté des femmes quand même, compte tenu de la jurisprudence depuis 1974. Troisième élément, je rappelle que c'est une proposition de loi constitutionnelle qui vient de l'Assemblée et donc il faudrait un référendum. Est-ce vraiment indispensable de faire un référendum dans ce pays sur ce sujet alors que nous avons tant de chantiers difficiles sur lesquels nous avons besoin de débattre ? Rien que ces éléments-là me laissent à penser qu'il y a quelque chose d'incompréhensible dans cette démarche.

Nous avons des rendez-vous majeurs pour le pays et il faut, à mon sens, les évoquer et laisser celui-là à sa juste place, celui d'un bloc de constitutionnalité sur lequel nous sommes unanimement attachés.

23:29
Invité

même Elisabeth Badinter souhaite la constitutionnalisation de ce droit à l'avortement. Mais encore une fois, je respecte le point de vue

23:33
Jean-françois Cope

de tout le monde. Vous me demandez le mien. Oui, oui. Voilà, clairement.

23:36
Invité

Vous dites non, il n'y a pas besoin.

23:37
Jean-françois Cope

Mais je dis non, il n'y a pas besoin parce qu'on est tous très solides sur cette question et on sera tous garant de sa préservation.

23:42
Invité

Aujourd'hui, Jean-François Copé.

23:43
Jean-françois Cope

Mais la constitution, la constitution, la d'ores et déjà intégrée par le bloc de constitutionnalité de la déclaration des droits de l'homme. Si on devait revenir là-dessus, alors ce serait qu'on serait en dictature. Et là, croyez-moi, il y aurait d'autres raisons en plus de celles-là de se lever pour s'y opposer.

23:58
Présentateur

Jean-François Copé au micro d'Inter ce matin. Merci d'avoir été dans notre studio.

Une "coalition de LR aux communistes, c’est intenable" estime Jean-François Copé — Jean-françois Cope · Pourquijevote