Cacao : une culture destructrice ? - Un monde en docs (21/09/2019)
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voilà donc la face cachée du cacao le travail des enfants la déforestation et tout cela bien sûr nous interroge sur nos responsabilités sur la responsabilité des pays du nord celle des géants de l'agroalimentaire celle des consommateurs que nous sommes celle des législateurs également la situation en côte d'ivoire fait bien sûr écho à ce que nous avons vu l'été dernier en amazonie l'amazonie en proie elle aussi à des destructions massives et nous allons approfondir à présent avec nos invités bonjour à vous jules à christiane vous êtes conseillère pour faire naître une ong qui se consacre à la défense des forêts et des peuples qui en dépendent présente à bruxelles donc au plus près des des enjeux européens bonjour à vous françois ruffin vous êtes économiste au centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement et je précise est important que vous travaillez en côte d'ivoire bonjour à vous christophe bertrand vous êtes artisan chocolatier et secrétaire général de la confédération des chocolatiers et confiseurs de france et vous êtes très sensibles vous allez nous l'expliquer aux questions soulevées par le documentaire vous nous direz comment vous allez à l'échelon qui est le vôtre vous y répondez et bonjour avoue cédric rabbani et vous êtes co directeur de l'association ni ty est spécialisée dans le développement et l'analyse de filières agro alimentaire et agricole rejoint d'abord une toute première réaction à ce que nous venons de voir cette ce système cette économie du cacao le travail des enfants la déforestation tout est lié on le voit bien une toute première réaction à ce que nous venons de voir françois ruffin le cacao est un microcosme de l'économie mondiale du capitalisme ont fait pas de croissance sans puiser dans les ressources naturelles on peut dans l'économie générale on notre économie est basée sur le pétrole le cacao est basé sur la forêt encore énormément c'est une économique et très manuelle donc les dérives d'utilisation de faire le travail des enfants est presque inévitable évitables presque inévitable louis ii tout dépend ce qu'on appelle enfants déjà et ça m'amène à la alao peut-être à la réaction suivante il ya un petit effet d'exagération kiné qui rien rien excuses le travail des enfants ou rien excuses la déforestation en soi mais en même temps le processus et est d'une complexité et norns et de faire travailler un enfant de 15 ans est pas tout à fait la même chose que faire travailler un enfant de 10 ans donc on l'a on va rentrer dans le détail de cette question là précisément mais effectivement c'est important de le préciser je suis là christiane vous aussi vous venez de voir ce documentaire qui et comment est ce que vous réagissez est ce que à ce que nous venons de voir j'étais assez choqué fin je suis d'accord que c'est pas la même chose quelqu'un de 15 ans quelqu'un de huit ans mais quand même ce qui a été montré dans le documentaire qui était assez choquant c'était en fait le trafic est l esclavage des jeunes aussi des adultes c'est tout à fait pour moi peut-être que c'est un cas extrême j'étais choquée pour voir cela sur le sur le caméra aussi c'était choquant et je pense bien fait de la part des gens qui ont fait le documentaire de pouvoir directement établir la responsabilité d'une entreprise européenne pour pour le cacao dans cette zone du reste christophe bertrand moi quand je vois ça ça me donne presque un peu envie de passer de chocolat comme si petit ou non effectivement c'est vrai que quand il ya des sujets comme ça qu'ils passent à la télévision nous les artisans reçoit dans nos boutiques le lendemain les consommateurs qui nous dit c'est pas très joli tout ça est donc effectivement c'est intéressant de pouvoir y répondre une m quelques bémols par rapport à ça je déteste ce qu'on vient de voir pour autant je pense que c'est intéressant de préciser que quand même la déforestation et le travail des enfants c'est dans un ou deux pays producteurs et c'est vrai que ça fait 60 % du cacao mondial et donc je pense qu'on peut aussi essayer d'avancer vis-à-vis de la connaissance des consommateurs sur ce qui se passe et puis que dans 90% des cas les planteurs sont des petits planteurs qui ont deux trois hectares derrière chez eux qui font 300 kg ha donc ils font une tonne par an et pour une tonne par an ils n'ont pas besoin de recruter du personnel donc la grande majorité du cacao dans les autres pays que ceux dans lesquels on vient de voir un sujet sont des pays sur lesquels je pense qu'il ya pas besoin de faire travailler des enfants parce qu'en fait il y assez peu de cacao qui est ramassé ça ce qui est très frappant dans le documentaire c'est à dire le fait le fait l'échelle des producteurs qui sont en fait chacun très qui travaillent très seul et ces multinationales qui elles viennent récupérer en quantité considérable la matière première françois ruffin ce qui est embêtant dans le dans le cacao entre entre guillemets c'est que c'est une agriculture familiale est donc ce ne sont pas ces vilains capitalistes ans comme comme les grands planteurs de grandes plantations multinationale de palmiers à huile en asie non ce sont des petits producteurs qui font peut-être 4,5 ha plutôt qu'un ou deux mais ils sont verrouillés le talent du capitalisme c'est de savoir faire travailler cette agriculture familiale à 100 à son intérêt mais quand même une fois qu'on a dit ça je voudrais quand même redire y compris en côte d'ivoire et en ghana au ghana ce qu'on a vu dans le film n'est pas représentative de l'ensemble de la cacaoculture on peut pas dans ces pays là y compris oui oui c'est que c'est quand même très exagérées j'ai fait rien sans le travail des enfants vous savez le ont fait le quantifier aujourd'hui dans la filière du cacao dans des pays comme la côte d'ivoire où le ghana oui il ya eu il ya eu des études relativement sérieuse faites par les universités américaines l'université tulane qui fixe un ordre de grandeur qui serait qui serait de l'ordre de 20% de on sait pas trop de quoi de 20% bon mais 20% allait travailler des enfants inclus aussi comme dans les gares beaucoup de goût de cynisme dans ce reportage dans les réponses notamment des multinationales ou des responsables de coopératives mais il ya aussi des choses vraies qui sortent quand le père de famille emmène son enfant travailler aux champs quel est le paysan de la planète qui naquit n'en fait pas autant donc il ya beaucoup de mélanges il ya ce qu'on appelle la pire forme d'exploitation de travail des enfants qui en général se passe aux confins des forêts classées dit classé qui sont défrichés et est donc je fais aussi une passation de 10 dès la le les multinationales autant responsable soit elles n'ont pas le monopole de cette responsabilité s'est dit un peu dans le film et les politiques publiques ont un énorme évidemment ses responsabilités c'est dur et juste blues d'adolescents ça n'enlève rien encore une fois là alors responsable à la responsabilité mais bon ce sont les bus il arrive t'on pas du ciel il passe les frontières il passe des structures qui sont supposés empêcher leur passage et c'est donc on pas non plus reprocher à car guilo à barry callebaut d'empêcher les bus de passer de ne pas empêché les bus de passer la responsabilité n'est pas là et ailleurs on a parlé du travail des enfants je vais m'arrêter quelques secondes sur sur la déforestation judas christiane ses mots ce chiffre qui a dans le documentaire m'a beaucoup frappé on parle de 90% de cette forêt 90 % de la forêt où a été tourné le documentaire qui a été perdu en 25 ans ça semble invraisemblable c'est un peu la même histoire ghana c'est pas que le cacao mais quand même c'est le secteur agricole qui est le plus important dans les deux pays en fait ce qui est triste c'est que avec cette déforestation ça peut aussi humaine à ce secteur cacao dans l'avenir dans le sens que le secteur cacao dépenses sur l'oeuf un certain couvert forestier autour des chants croce et si on perd toutes les forêts ont perdu si les puits qui vient avec les forêts donc c'est pour ça que le documentaire est très bien dit c'est un cercle vicieux nival c'est un secteur qui sait cannibalise en fait ils vont finir par perdre la ressource sur laquelle ils sont ils sont assis ouais a contrario je voudrais dire par exemple en haïti où on a coupé toute la forêt pour faire du charbon les seuls endroits où il reste des arbres c'est là où il ya du cacao est là où il ya du café parce que sur le principe le cacao il a besoin de pousser à l'abri des grand art donc normalement déforestation et cacau ça devrait pas faire bon ménage alors ça c'est très important que vous êtes en train de nous dire en fait qu'il y a une manière vertueuse de cultiver le cacao de le produire normalement oui normalement quelqu'un ou doit pousser à l'abri des grands arbres il a besoin d'avoir jeu peu près 40% de lumière mais pas tellement plus que ça et donc il est sous couvert des grands arbres donc logiquement le cacaoyer qui va pousser comme on le voit dans le sujet il va donner peut-être une tonne 5 de cacao parce qu'il est en plein soleil mais dans dix ans il est mort alors qu un cacaoyer normale peut tenir 80 ans mais il va donner que 300 kg lorsqu'ils poussent à l'abri des quasars qu'alors avoue cédric rabbani devant vous qui travaillez dans dans les filières agro alimentaire et agricole le développement de deux de ses forêts qu'il qui serait vertueuse où on pourrait faire pousser à la fois du cacao et tout en préservant la ressource forestière c'est quelque chose l'imaginent qui a été très étudiés c'est possible c'est possible on travaille sur le sujet nous la proche qu'on a choisi de en côte d'ivoire c'est que si on ne regarde finement la manière dont les producteurs sont les différents types de cacaoyère qui existe il existe beaucoup de vieilles cacaoyère qui sont petit à petit abandonné et les arbres se mettent à repousser dans ces cacaoyère pour reconstituer une jachère donc nous on travaille avec ses producteurs à accompagner ces l'entretien de ces jachères et revitaliser ces jachères en favorisant les interactions positives entre les arbres et pour faire ça ça demande du travail de l'investissement des producteurs et on a besoin d'eux de s'associer avec des entreprises qui sont prêtes à payer le prix parce que tous les viégeois ça veut dire former les cultivateurs payer la fève à un prix qui rémunère suffisamment ses efforts qui sont faits de régénération de vérité que hier d'entretien de cliqueurs est-ce que c'est des systèmes qui vont demander aussi plus de travail par rapport à ce système on va mettre des engrais et des pesticides donc ça il faut aussi trouver des partenaires qui sont capables de s'engager donc techniquement oui c'est possible mais il faut être aussi prêt à payer une fève qui est produite dans ces conditions là et les forêts qu'on a vu des truites dans le film est ce qu'elles seront elles sont perdues pour toujours les faux en côte d'ivoire les forêts globalement sont perdus pour toujours nous le discours qu'on a parce qu'on travaille aussi sur tous les cartes qui sont cités dans le reportage on a contribué à la réflexion de la réalisation de ces cartes parce qu'en fait du suivi satellitaire le discours qu'on a c'est qu'il reste aujourd'hui quelques forêts en côte d'ivoire il faut plutôt focalisés sur ces forêts là il ya un très bon exemple dans l'ouest de la côte d'ivoire qui une forêt qui est très bien pas réservé qui est patrimoine de l'unesco dont canton quand les pouvoirs publics s'engagent à la préservation des forêts il est possible de les protéger maintenant il faut accompagner dans le domaine rural une transition de la cacaoculture veine quelques tubes qui intègrent mieux les savoirs des paysans et leur utilisation des armes donc ça veut dire effectivement de la formation l'éducation était pas pour l'idée de la formation qui est toujours répété par les politiques publiques par le secteur privé a un côté condescendant et alors que l'ignorance serait plutôt de mon point de vue du côté des mots je le dis carrément à limiter des politiques publiques et du côté de des multinationales les paysans oui ce sont les paysans qui ont fait en qui ont mis en place ces systèmes là mais il faut aussi être comprendre pourquoi il était dans un environnement où ils étaient exclus de toute valeur de larmes l'arbre appartient à l'état qui le qui confie l'exploitation de l'arbre à des sociétés privées donc le planteur de cacao n'a aucun intérêt à garder les arbres et vous contraire il a intérêt à s'en débarrasser pour pas ensuite avoir une sa plantation dévastée par un forestier qui vient prélever les arbres dans la plantation donc c'est la première raison rial il ya d'autres raisons ce sont des migrants qui sont dans une situation d'incertitude foncière dont ils ont paradoxalement ils ont intérêt à planter des cacaoyers le plus vite possible pour sécuriser un peu laurent de responsables donc s'ils vont plus doucement dans des systèmes agroforestiers ils vont contre leurs intérêts si l'environnement change si le planteur me immigrants et y compris celui qui a brûlé ses forêts et placés dans des conditions où il a intérêt de nouveau à reconstruire un environnement ival il va le faire ils ont commencé c'est peut-être juste qui manque dans le film c'est qu'il ya un énorme processus de rénovation prenons un autre exemple de c'est pas la forêt de gouin db il ya le parc national de la mauricie le parc national de la marahoué qui a disparu une conversion accéléré d'une forêt en cacaoyère et la carrière a été ravagé par une maladie mortelle qui s'appelle sur le foot ils ont tout perdu il ya plus de quatre ouvriers on pourrait dire il abandonne il s'est fichu que c'était un nom ils s'accrochent ils diversifient vers l'élevage heroes ils vont retrouver l'anacardier qui est un arbre de savane ils le font descendre y aurait il espère et reconstruisent il replanté car si les pouvoirs publics se débrouille pour que l'intérêt des cultivateurs soit d'être vertueux dans leur manière de cultiver alors il n'y a pas de raison que ça se passe mal la législation ses clés voilà c'est ça la première chose c'est que les planteurs vivent de leur travail vivent de leurs innovations et is enough tous les jours et y travaille tous les jours à des années lumière de ce que les politiques publiques et les multinationales croit faire ou pensent de ce que ce que imagine ce que les paysans font ou ne font pas donc les paysans se débrouille et si l'environnement est plus favorable il se débrouille on encore mieux et j'ai dit à christiane voulu réagir après tout les jeux de la partie en fait je suis tout à fait d'accord je pense que il y en avait beaucoup de formations ça c'était l'approché à qui a été prise jusqu'à maintenant et ça ne marche pas non enfin vous recycler toutes formes mais il faut juste changer les conditions dans lesquelles les producteurs produisent donc la première je sais il ya vraiment des choses au niveau national par exemple le manque de foncier de larmes qui est aussi en projet mais au ghana il ya plein de problèmes de gouvernance au niveau national mais aussi c'est ce problème de prix si si si les planteurs son papier assez c'est pas étonnant qu'ils peuvent faire envoyer leurs enfants à l'école et donc il faut vraiment qu'on soutient un prix plancher enfin au niveau geeks assez rappelé d'ailleurs dans le documentaire le set ce principe de prix plancher la côte d'ivoire et le ghana ont pris des mesures tout récemment il essaye mais ça fonctionne et c'est difficile c'est difficile pour eux je pense de bloquer certain tonnage de cacao et il faut bien un moment payer les planteurs donc à mon avis c'est un plutôt un message mais ils vont pas réussir à le faire on parlait du prix à l'instant je voudrais juste donné deux éléments en 77 on acheté dix sept mille dollars la tonne de cacao à londres aujourd'hui on est à 2000 dollars donc on a parfois leur constant d'aujourd'hui voilà alors ça on a parfois l'impression où on essaie de nous faire croire qu'il va y avoir une pénurie de cacao qui n'arrivera jamais donc tout ça sont des messages qui nous donne l'impression que les prix vont naturellement augmenter donc on va acheter du chocolat plus cher c'est pas du tout le cas au contraire ça s'est effondrée parce qu on est plutôt sur une petite forme de surproduction aujourd'hui parce que ces messages justement inquiète la côte d'ivoire par exemple qui se mettent à planter beaucoup de cacao alors que pour le moment il n'a pas besoin et si demain on accepter payer un peu mieux les planteurs il pourrait acheter éventuellement des engrais et faire que la même le même hectares au lieu de donner 300 kg donne une tonne 5 je voudrais qu'on s'éloigne un tout petit peu quelques instants de la problématique du cacao pour élargir la focale parce qu'on ne peut pas aborder ce type de sujet sans faire référence à ce qui s'est passé et ce qui se passe d'ailleurs encore en amazonie et en regardant des archives on s'est rendu compte que il ya la côte d'ivoire et à l'amazonie cet été et puis il ya une dizaine d'années encore en argentine il s'agit de culture du soja là et bien exactement le même type de phénomène avec des incendies de la destruction de la déforestation regardez l'extrait de ce reportage ça date de 2010 et en parle après la déforestation dans le centre de l'argentine avance à grands pas l'une des causes principales le soja toutes ces parcelles rectiligne de forêt primaire fraîchement coupé lui sont destinés dans la région sa production s'est multipliée par 26 ans 20 ans notamment depuis l'arrivée de la semence transgénique en 96 la culture dominent les terres disponibles et cherche à s'étendre toujours davantage notre pays a déjà perdu 70% de sa forêt primaire au cours de son histoire et ses dix dernières années plus de deux millions et demi d'hectares ont été abattus notre moyenne de déforestation était plus élevé que celle de l'afrique et la situation similaire à celle que vit l'amazonie alors est ce que dans le cas du cacao on est exactement dans la même logique que dans ce que nous venons nous voyons dans ce reportage ou dans ce que nous avons vu en amazonie et sadek rabbani la logique est pas tout à fait la même comme l'expliqué tout à leur ruche c'est des migrations c'est des petits producteurs qui vont consommer la forêt ici c'est plutôt des grandes fermes de la destruction avec des engins sont les résultats sur les mêmes mais les moteurs ne sont pas les mêmes essais c'est pas les mêmes du coup c'est ce ne sont pas les mêmes échelles enfin pour autant la destruction du cacao gallant la déception d'une forêt c'est pas les mêmes leviers pour lutter contre ce phénomène d'accord ce qui en commun c'est pour ça qu'il faut faire attention aux prix on est dans un monde capitaliste le cacao n'échappa pas plus que le soja d2 ce point de vue là on est dans la même logique donc si le prix augmentent il faut faire attention aussi le prix augmente vous aurez pas forcément moins d'enfants peut-être un peu moins d'enfants dans les champs mais vous aurez peut-être encore plus de déforestation parce que vous rendez la cacaoculture plus attractive vous allez entraîné plus de migrants à venir et donc c'est ça suffit pas le prix c'est un tacle viril comporte si vous voulez qu'on était à refaire il faut protéger la forêt il ya aucune illusion à se faire il ya aucune à 4x le cacao est en afrique de l'ouest est un moteur de défrichement le palais veut dire quoi ça veut dire qu'il faut là sanctuariser il faut qu'ils aient des contrôles beaucoup plus important oui et puis en même temps ne pas faire que de la répression mais aussi associé faire participer les planteurs ceux qui sont autour de la forêt à la protection de la forêt ça il y avait une expérience de la coopération allemande dans l'est de la côte d'ivoire qui a très bien marché pendant 15 ans là-dessus voudrais qu'on parle de nous responsabilité à nous européens pour savoir parce que nous nous pouvons faire à notre échelle à la fin du film il est dit que le chocolat est une affaire essentiellement européenne pour des questions de consommation est ce que vous confirmez je suis pas tout à fait sûr parce que je pense qu'il ya deux chocolats d'une part c'est un peu technique mais il ya 10% du cacao mondial qui va être fait remonter il va passer six jours dans des bacs de fermentation pour développer ces précurseurs d'arômes c'est celui qui va intéresser les artisans chocolatiers en france par exemple et puis 90 % du reste c'est ce qui va servir à faire de la poudre de cacao qui va en robes et des barres de céréales ou des cacahuètes et celui ci l'industrie n'a pas besoin qu'il est debout donc il n'est pas fermenté et donc forcément il vous attendez reste que les pays les plus gros consommateurs de cacao ce sont des pays européens deux fois alors retransforme airtran soit en vie mais quand il est importé c'est importé en europe d'où l'importance d'être implantés comme votre ong donc à bruxelles pour éventuellement faire évoluer les législations c'est ça c'est ça en fait ce qu'on veut voir effectivement c'est une loi qui responsabilise les entreprises non seulement un chocolatier mais aussi les entreprises de cacao afin de soja aussi de du boeuf qui vient de la meuse owni qui vient de l'amérique du sud est en effet qui responsabilise ces entreprises qui est leur hobby l'y oblige de savoir d'où vient leur produit et 2,6 et issues de la déforestation et des violations des droits de l'homme pour moi ça à bord de l'autre moteur ce qui est en effet c'est la consommation en fait les consommateurs doivent être sensibilisés oui il ya quand même via le chocolat que vous mangez sans vous en rendre compte et puis à celui que vous dégustez celui sur lesquels on essaie de trouver des saveurs et coluche disait que c'est étonnant il suffirait que les gens n'achètent plus pour que ça ne se vend pas aussi au consommateur peut être d'essayer de ne pas aller sur les tablettes qui sont les moins chers et peut-être aussi c'est un peu schématique ce que je pourrais raconter mais ce qui est intéressant c'est d'acheter un chocolat qui vient de quelque part voilà y compris dans les supermarchés acheter un chocolat qui vient du du panama rats qui vient peut-être du mexique mais qui les unit volume est le prix là pour le coup le consommateur il ya un moment faut accepter de mettre un peu le prix si on veut éviter que ce qui se passe là et à la confédération des chocolatiers on a mis en place une certification un système de labels qui s'appelle chocolatier engagé sur lequel justement où parle d'une chose d'abord c'est du prix évidemment delà des forces de la non déforestation par dd on va reparler des labels mais avant ça je voudrais quand même vous entendre notamment françois rue sur la question des négociants puisqu'ils sont pointés du doigt dans le documentaire est dit pas que vous avez semblé les défendre mais en tout cas vous étiez un peu plus nuancé que ce qu'on a vu dans le documentaire quand on voit quand même ce film on a l'impression qu'ils ferment les yeux oui mais c'est tellement complexe qu'il faut exagérer ni dans un sens ni dans l'autre et alors peut-être qu'on annule à la fin là là où ils ont une responsabilité énorme et ce qui me choque le plus c'est le leur cynisme et lors ils sont ridicules dans leur tentative de défense là dans le film c'est grotesque alors il ya un gros point la traçabilité la traçabilité est une arnaque pour dire les choses comme elles sont il n'a qu'une arnaque et nana qui savent pas d'où vient leur cacao il remonte jusqu'à la coopérative ou jusqu'au traitants mais en sus en dessous du en amont du salon la paix ce qu'ils n'ont pas les moyens de savoir ça donne pas le savoir il ferme les yeux mais ils savent très bien ils savent très bien qu'il ya huit cent mille tonnes sur 2 millions de tonnes en cacao de cacao en côte d'ivoire hier il ya 700 et 800 mille tonnes qui viennent des forêts classées ils ont fait un bon tiers qui viennent des forêts classées oui il ferme les yeux il ferme les yeux parce que - mines en même temps il vous pouvez pas demander à akkar guilde aller faire la police dans les forêts classées on n'est pas dans une république bananière en côte d'ivoire c'est c'est la responsabilité de demander à une entreprise à l'heure où on parle de responsabilité sociale des entreprises en france on peut demander à une entreprise d'avoir un minimum responsabilités sont très diffuses l'état une fois de plus aisés structure les herbes une hystérie zoé forêt la sodefor ont des responsabilités énormes d'une certaine façon il faut pas oublier que chaque fois qu'un kilo de cacao sort de la côte d'ivoire ou du ghana ou du panama ou de n'importe où dans presque tous les pays l'état et marge par une taxation qui est particulièrement élevé en côte d'ivoire et au ghana donc l'état n'a pas intérêt à se tirer une balle dans le pied à court terme et donc ils continuent à laisser faire on comprend le processus mais l'état les états ont des responsabilités importantes le les structures d'état ont des responsabilités les coopératives les soi-disant coopérative qui sont souvent débridée business privé ont des responsabilités ils savent très bien il ya combien de coopérative qui sont entourés de champs de cacao dévastées par la maladie du soleil chaud tu sais pas qui vont dès lors que ces vertueux c'est juste le nom de coopérative s il ya des pays où ça se passe vraiment bien la culture du cacao mais je pense que c'est pas la bonne approche parce que ça mène à abandonner par exemple là que tu vois si on est si on est inquiète pour les enfants yves orient ça serait la pire chose d'abandonner la côte d'ivoire où le ghana juste parce que c'est risquer sur la course pour encourager enfin il faut encourager la résolution des problèmes il faut pas juste changé du liant notre cacao comme il ya des pays qui sont ici sont très vertueux sur le sujet et comment c'est peu vous pensez à quels pays avaient quel pays vous par exemple aimé travailler je suis au cameroun est très souvent j'ai monté une petite coopérative de production là bas pour aider un village qui vendait son cacao à peu près 1 euro le kilo il ya trois ans et aujourd'hui on a deux euros cinquante donc on a très nettement amélioré les conditions de vie des gens simplement parce qu'on est passé par la fermentation donc on intéresse des chocolatiers non plus l'industrie et au cameroun je me balade pas mal à on en a parlé un peu tout à l'heure mais bon moi je moi j'ai pas vu ou très peu de déforestation et c'est franchement un pays où il pourrait y avoir des des vertus alors non mais plus la moitié de la production de cacao du cameroun est à base de migration est déforestation pas peut-être pas aussi intense qu'en côte d'ivoire mais le processus est universel est ce que c'est la question qui est posée en fait dans le gard ce documentaire est quasiment dès le début puisque le il il est dit que la production est de 7 millions de tonnes par an au niveau mondial et qu'elle double tous les dix ans on est en droit de se demander si ces soutenable pour ces pays de toute façon quoi qu'il arrive compte tenu de notre appétit à nous autres notamment européens pour le cacao toute l'histoire du cacao est fait d'une succession de pays qui deviennent les champions un moment et puis qui stagne et qui s'écroule remplacé par un autre qui à son tour va consommer la forêt c'est le modèle général je pense pas qu'il ait un seul pays qui échappent à ce modèle vous décrivez une forme de fatalité un oui les mais deviennent eux mêmes parce que ça fait quatre siècles que ça dure va qu'on s'arrête sur vous vouliez peut-être ajouter quelque chose sur les planteurs je voulais juste dire que ce genre de reportages permettent de comprendre que le cacao aujourd'hui que l'on mange c'est parce qu on a bouffé de la forêt et on a bouffé une une immigration de gens qui cherchent à s'en sortir donc on peut comprendre ça maintenant on arrive aux limites de ce système qui peut être fataliste et la question c'est quel est le nouveau cycle pour que ses producteurs pour que ces planteurs puisse vivre du cacao continue à le produire techniquement compte socialement et quels sont les partenariats économiques il faut faire alors la gouvernance dans ce pays qu'il faut avoir pour que chacun puisse vivre de son travail et il ya quand même des exemples de d'entreprise de chocolatiers qui travaillent avec des coopératives dans un même direct dans des approches vertueuse dans des engagements sur le long terme sur le prix ça ne règle pas tous les problèmes parce qu'il ya des problèmes à régler aussi à l'échelle des pays eux mêmes on disait c'est pas aux multinationales de faire la loi mais voilà il existe quand même des des pistes de travail et ça c'est ce qui est intéressant et je rebondis du coup sûr ce que vous nous disiez tout à l'heure christophe bertrand à propos des labels j'ai entendu à ma gauche la traçabilité c'est une arnaque les les grands négociants ne savent pas trace et le cacao ces labels que l'on met en place et sur lesquels le consommateur se basent souvent pour vous pour acheter qu'est ce qu'il ya derrière comment est ce qu'on les cons qui sont vraiment contrôlable alors moi je je sais pas dire comment on peut ou pas les contrôler dans les pays producteurs le label grosso modo ça commence par on achète 30 pour cent de mieux que le cours normal donc si le cours est un euro on achète à 1,30 et on est labellisé équitable maintenant il ya aussi des acteurs qui sont beaucoup plus engagé et qui eux vont aller aider les coopératives sur la fermentation du cacao je pense à ethiquable par exemple et qui achètent du le cacao pour le coup à deux euros et 2 euros quelque du kilo ce qui est quand même nettement mieux notamment parce qu'on est passé par la fermentation donc on développer des arômes et qu'on a fait un chocolat cora oui un peu plus intéressant donc il ya à la fois la marque distributeur qui a un label bon c'est sympa mais c'est pas grand chose de mieux et à la fois des acteurs comme ça et s'il fallait inviter les consommateurs allaient chez quelqu'un c'est plutôt chez chez le brésil mais évidemment c'est pas les mêmes volumes oui c'est bien cela hélas mais je pense que le problème avec la preuve certification c'est que vous arrivez à certifier une petite très petite partie de la production et même si la certification et fiable ce qui est souvent pas vous avez vu dans le documentaire qu'il y avait du cacao fairchild commerce équitable qui venait de voir un bébé mais même le cacao certifié ça fait partie une petite partie du marché qui est vendue aux clients qui veulent payer plus pour le cacao il faut trouver des solutions plutôt systématique pour pouvoir mettre fin au problème dans le film alors justement dans le film il ya une question qui n'est qu'effleurée sur la législation européenne sur le sujet est-ce qu'il faut une législation d'heures peut-être qu'elles existent mais à ce moment là ce qu'il faut la durcir en fait c'est ce que je viens de dire on fait du plaidoyer pour une loi européenne qui responsabilise les entreprises de savoir d'où vient le cacao est de s'assurer que c'est pas issues de la déforestation du travail d'enfants et de prendre des mesures pour en fait médecin la déforestation dans la chaîne d'approvisionnement et que ça soit aussi accompagnée par des mesures pour soutenir les pays les gouvernements des pays producteurs pour par exemple résoudre ses problèmes de foncier de l'arbre et d'autres problèmes de gouvernance qui qui sont moteurs de déforestation puisqu'on l'a vu vous parlez du foncier de l'arbre ça aussi ça apparaît dans le documentaire ce sont notamment des jeunes qui ont parfois qui sont parfois vraiment des enfants ou des adolescents a qui travaillent pendant plusieurs années gratuitement et qui ensuite pour les récompenser des certaine manière pour les rémunérer on leur donne une petite parcelle et le le cercle vicieux s'entretient de cette manière oui c'est ça a été aussi c'est un processus très anciens depuis depuis plus de 50 ans le le pronom le migrant le migrant qui vient des hauts plateaux mossi il ay vois pas un billet de 500 francs cfa 2 dedans pendant plusieurs mois il arrive en côte d'ivoire ils acceptent des conditions de travail difficiles dans l'espoir d'avoir une meilleure vie et le cacao malgré tout ce qu'on dit sur la pauvreté c'est c'est devenu c'est un facteur d'ascension sociale et des économique mais savoir si tu assistes cccc situation si on parle des solutions vous pensez que une législation par exemple à l'échelle européenne qui responsabiliserait les négociants ça pourrait être efficace j'espère mais dans le contexte dans le contexte international et dans les mesures pour pour pouvoir faire une législation efficace il faut qu'elle puisse être contrôlables du niveau qu'on puisse contrôler son application et dans les conditions aujourd'hui en afrique de l'ouest mais même dans d'autres dans d'autres pays je parle pas spécialement de l'afrique c'est très compliqué encore une fois une fève de cacao de la tracé depuis depuis le cacaoyer haut depuis la plantation doit elle vient sonner on n'a pas les compétences pour ça en heure on peut on sait pas faire et même les nouvelles technologies comme là aussi c'est un peu montrés dans le film ça sert pas à grand chose les noëls que technologie c'est un coût supplémentaire est en général ce coût est payée par les producteurs pour que tous les systèmes de traçabilité on est bien placé pour le savoir on peut faire tout avec un smartphone on peut mettre des bars code sur les tout ça ou de déploiement et si elle est le père du leader et rival pays je pense que si on accompagne d'un tel règlement une telle loi avec des mesures pour augmenter le prix ça pourrait marcher je sais que c'est possible par exemple déjà les entreprises tracent leur chaîne d'approvisionnement de cacao pour le conduire la sécurité alimentaire non c'est pas ça pour la sécurité des motards ou cfc de la religion donc ça existe déjà c'est juste que ça coûte à l'argent de faire la traçabilité les entreprises vont pas le faire c'est tout l'or campe compétiteurs n'auront pas la même chose le mot de la fin est toujours dans l'hypocrisie moi ce qui me frappe toujours c j'ai entendu encore en belgique et peu de temps sait où on l'a vu dans le sujet aussi tout à l'heure c'est on s'engage à échéance 2030 à être être vertueux et je comprends toujours pas pourquoi l'industrie a besoin d'attendre 2030 pour savoir combien faut payer un planteur de cacao mais passait pas l'industrie cela alors il y aura moins d accord c'est une compagnie on est dans un système capitaliste c'est pas une compagnie qui vêle prix vous discutez avec les chocolatines l'industrie du chocolat pour pas faire de confusion avec les artisans chocolat ils vous disent les lamas sur le coeur il ya une part de cynisme et il ya une part de réalité moi je veux bien payer beaucoup plus le planteur je veux bien le payer beaucoup plus mais je veux pas payer plus que mon concurrent est aujourd'hui dans le capitalisme comment vous faites pour que pour que réguler un prix c'est quasiment impossible qu'on n'est pas là on va devoir ce qu'on va devoir s'arrêter merci beaucoup merci d'où vient d'ailleurs le cacao des chocolats c'est un chocolat qu'on va pouvoir consommer à aujourd'hui non pas en 2005 en tant que l'on y vient de chez la reine astrid qui ma petite d'accord en banlieue parisienne et le cacao et le cacao c'est du cameroun c'est le cameroun merci beaucoup merci à tous les quatre de nous avoir aidés à approfondir je signale deux ouvrages pour pour aller plus loin d'abord françois rue vous avez co écrit les cultures pérennes tropicale s'était en 2013 et c'est aux éditions quae enjeux économiques et écologiques de la diversification je le signale aussi que fern lo ng que vous représentez judas christiane vient de lancer une publication sur la déforestation un rapport de mesures réglementaires qui est destiné à l'union européenne pour réduire la pauvreté et la déforestation dans la filière du cacao on vous mettra bien sûr le lien vers ce rapport sur le site internet de démission merci à tous de nous avoir suivi à très bientôt sur public sénat [Musique] [Musique]
Xavier Bertrand