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AutreFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 18 mai 2025 24 minAutoproduitMixte

Avenir de la Syrie, "nettoyage ethnique" à Gaza : décryptage de Rym Momtaz et Christophe Boltanski

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0:01
Présentateur

Et un grand entretien ce matin, les yeux tournés vers le Moyen-Orient. L'Orient compliqué, l'offensive israélienne qui se poursuit et s'intensifie à Gaza. La perspective d'une occupation de l'enclave palestinienne qui s'approche en Syrie, le pays voisin. C'est la question qui se pose à la une du magazine Le 1, où va la Syrie ? Avec deux invités aujourd'hui dont on a voulu croiser les regards, Christophe Boltanski et Rime Momtaz. Bonjour à tous les deux. Bonjour. Et bienvenue Rime Momtaz, vous êtes journaliste, géopolitologue, rédactrice en chef du blog Strategic Europe de la Fondation Carnegie pour la paix internationale.

Christophe Boltanski, vous êtes grand reporter, reporter de guerre, écrivain. On vous doit de nombreux ouvrages, dont une biographie de Yasser Arafat. Vous avez été correspondant pendant des années à Jérusalem. Et vous revenez tout juste de Homs. Vous collaborez justement à ce numéro spécial du 1 qui est consacré à la Syrie. Homs comme ville test, test pour la Syrie et pour la région. Vous allez nous expliquer pourquoi tout à l'heure. C'est un reportage absolument passionnant, très impressionnant sur cette ville déchirée. Et chers auditeurs, intervenez, posez vos questions au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France.

Mais partons de l'urgence, partons de la poursuite des frappes israéliennes sur Gaza, intensification des bombardements hier en Gor, sur Gazaville, Caniounes, d'autres villes encore. 32 personnes tuées hier samedi avec Israël qui cherchent à provoquer un nouveau mouvement de population, des tracts qui encouragent les habitants, les Gazaouis, à se déplacer vers le sud de cette enclave dont il faut rappeler qu'elle est minuscule. Elle fait à peine 40 kilomètres de long, 6 à 12 kilomètres de large. 2 millions de personnes y vivent ou plutôt y survivent. Mais partons justement de cette situation de survie, de la situation humanitaire à Gaza, Rimmomtaz.

Quels sont vos mots ce matin pour qualifier ce qu'il passe quand on sait que l'accès à l'aide humanitaire est complètement entravé et que selon l'UNICEF, 71 000 enfants ont besoin d'être traités de toute urgence contre la malnutrition ?

2:29
Invité politique

Je pense qu'il est temps qu'on pose des mots et qu'on parle d'une volonté de nettoyage ethnique de la part du gouvernement de Netanyahou. Je dis nettoyage ethnique parce qu'aujourd'hui...

2:39
Présentateur

Les mots vous les avez employés justement, ce sont vos mots et les mots sont explosifs. On sait qu'ils sont quasiment incandescents à chaque fois qu'on veut qualifier la situation sur place.

2:49
Invité politique

Et je parle de nettoyage ethnique parce qu'on a des déclarations très claires de la part du Premier ministre Netanyahou, du ministre des Finances, du ministre de la Sécurité Nationale, qui disent que leur intention c'est de forcer en fait les Gazaouis à quitter leur terre et à ne plus revenir. C'est du nettoyage ethnique et aujourd'hui, ça fait plus de deux mois qu'ils utilisent de manière délibérée l'arme de la faim. Ils essayent d'affamer ces gens pour les pousser à partir.

3:17
Présentateur

Les pousser à partir, mais vers où ? Vous qui connaissez la région, Christophe Boltanski, est-ce qu'on a pu imaginer quand on était comme vous à l'époque à Jérusalem, quand on a connu la bande de Gaza à l'époque où elle accueillait Yasser Arafat, c'était il y a pile 30 ans lorsqu'il revenait d'exil de Tunisie. Est-ce qu'on a pu un jour imaginer qu'Israël chercherait à réoccuper ce territoire, ce territoire palestinien ?

3:44
Invité

Non, c'était impensable. Moi, j'ai vécu à Gaza plus des semaines et des semaines, parce que je pourrais écrire notamment cette biographie sur Arafat. Et c'était un territoire extrêmement vibrant. Il y avait des universités, des hôpitaux, des cafés, des restaurants, des intellectuels, des artistes. J'ai pu travailler tout à fait librement. J'ai sur-tourné, y compris sous la domination du Hamas. C'était plus compliqué, mais j'ai sur-tourné en 2009 et en 2014, quand il y a eu ces différentes guerres. Mais on pouvait aussi travailler comme journaliste.

4:25
Présentateur

Comment se fait-il qu'on ait si peu d'informations, malgré tout, sur ce qu'il se passe là-bas ? Parce que vous êtes grand reporter. Je rappelle que vous avez reçu le prix Bayeux, que vous avez été sur des théâtres de conflits extrêmement intenses et compliqués, inaccessibles. Mais là, c'est particulier. On a le sentiment d'un trou noir dans ce territoire dont je rappelle la superficie, 40 km sur 10.

4:47
Invité

Il faut rappeler que les journalistes étrangers n'ont pas le droit de rentrer à Gaza. Donc, il y a effectivement un blackout complet sur l'information qu'il y a des journalistes palestiniens qui font leur travail, mais qu'ils sont la cible répétée de l'armée israélienne. Il y a plus de 300 journalistes palestiniens qui ont été tués. Donc, effectivement, c'est un trou noir. Rimantaz.

5:13
Invité politique

En fait, c'est une politique délibérée de la part du gouvernement israélien. Mais expliquez-le à nous. D'ailleurs, c'est contre le droit. Depuis le début de leur riposte, donc ça a commencé comme une riposte après les attaques terroristes du 7 octobre, qui est terrible, évidemment, en Israël, que le Hamas a fait. Depuis le début de leur riposte, l'État israélien, le gouvernement israélien, empêche, interdit aux journalistes à l'extérieur de rentrer à Gaza. Parce qu'ils ne veulent pas les projecteurs.

5:43
Présentateur

Oui, la question peut vous paraître totalement naïve, mais pourquoi on peut aller couvrir des théâtres d'opérations très compliqués partout sur la planète ? De quoi a peur le gouvernement israélien ?

5:55
Invité politique

Je pense que c'est une question qui est très importante. S'ils n'avaient pas des choses à cacher, ils permettraient aux journalistes indépendants, étrangers tels qu'ils les décrivent, de rentrer et d'informer le monde sur ce qui se passe.

6:10
Présentateur

Est-ce que vous comprenez cette situation, Christophe Boltanski ?

6:13
Invité

Je pense que c'est... Oui, vous avez tout à fait raison. On se retrouve face à deux narratifs. Donc, il y a le narratif israélien. Donc, à chaque fois qu'il y a une exaction contre un hôpital, contre des secouristes, ils vont dire, ben non, il y avait des gens armés, etc. Et puis, il y a un autre narratif, qui est le narratif palestinien. Et c'est là où la presse internationale peut jouer un rôle d'enquêter et d'évaluer les faits. Et effectivement, en empêchant cet accès, ça permet au gouvernement israélien de dire c'est de la propagande et tout ça, ce sont des mensonges.

6:47
Présentateur

Est-ce que vous comprenez aujourd'hui, puisque vous avez été en Syrie et qu'Israël y joue un rôle de plus en plus important, est-ce que vous comprenez la logique du gouvernement Netanyahou dans la région, Christophe Boltanski ? On va parler de la Syrie spécifiquement, mais est-ce que vous comprenez non seulement le durcissement de la politique sécuritaire, de l'offensive militaire et l'entrave aux règles du droit international ? J'avoue que j'ai du mal à le comprendre. Vous avez du mal à le comprendre ? J'ai du mal à le comprendre.

7:13
Invité

Malgré des années passées. Parce que même en Syrie, l'intérêt d'Israël, à long terme, c'est que la Syrie redevienne un arbre de stabilité. Et les nouveaux dirigeants syriens, d'ailleurs, ont évolué, ont fait évoluer de façon incroyable à l'égard d'Israël. Et on a l'impression que la politique israélienne est plutôt de mettre de l'huile sur le feu. Et pourquoi ? Je ne comprends pas.

7:40
Locuteur non identifié

Alors, à Gaza, il y a eu 33 morts hier matin depuis l'intensification des frappes israéliennes. Les appels au cessez-le-feu au niveau international, ils se multiplient, il y a une vraie pression qui monte, y compris de la part de Donald Trump qui dit, enfin, nous nous intéressons à Gaza. Rimomtaz, est-ce que cette pression-là, elle a des chances d'obtenir des résultats ?

8:01
Invité politique

La seule chance, c'est que le président américain Trump continue ce qu'il vient de commencer, c'est-à-dire d'arrêter de constamment tout coordonner avec le gouvernement israélien. Il parle de Gaza, déjà c'est nouveau. Il parle de Gaza, il dit qu'il y a trop de gens qui meurent, et surtout son envoyé spécial est allé en Israël à rencontrer les familles des otages israéliens parce qu'il y a encore des otages israéliens retenus par le Hamas et il leur a dit aujourd'hui la partie qui entrave la libération de vos enfants, c'est votre gouvernement, c'est le gouvernement israélien, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'envoyé spécial de Trump qui est au cœur des négociations.

8:42
Présentateur

Trump qui n'emploie pas des mots aussi durs, il déplore que des enfants soient affamés à Gaza, il évoque une situation qu'il veut régler, c'est son mot et c'est le mot qui revient systématiquement dans sa bouche pour absolument tous les problèmes, c'est vrai qu'on est encore très très loin d'une condamnation, encore un mot avant de se tourner vers vous Christophe Boltanski et ce travail incroyable que vous avez fait en Syrie, hier lorsque vous voyez les pays arabes réunis à Bagdad en Irak pour parler d'un plan de reconstruction de Gaza, Rimontaz, je le dis mais parce qu'on n'a pas la vidéo, vous souriez, vous souriez en l'occurrence, l'Irak a promis une contribution de 20 millions de dollars, le mot de reconstruction, il semble totalement farfelu aujourd'hui.

9:25
Invité politique

Oui, je souris parce que la ligue arabe, on sait qu'elle n'est pas très efficace, par contre, je pense que c'est très intéressant ce qui est en train de se passer, il y a des pays arabes comme l'Arabie Saoudite, comme l'Egypte, comme le Qatar et comme la Jordanie qui sont en train de travailler à un plan qui n'est pas un plan de reconstruction parce que comme vous dites, on n'est pas du tout au moment de la reconstruction, il travaille avec la France et les Etats-Unis pour déjà avoir un plan de gouvernance, de démilitarisation du Hamas à Gaza, de gouvernance de Gaza sans le Hamas et de réforme de l'autorité palestinienne qui quand même est très corrompue et pas du tout efficace elle aussi.

10:06
Présentateur

C'est le moins qu'on puisse dire. Il y a une question de Jean-Luc sur l'application Radio France Christophe Boltanski il dit on dit que le Hamas voulait créer la Palestine du Jourdain donc du fleuve le Jourdain à la mer mais avec cette guerre en fait c'est le gouvernement d'extrême droite d'Israël qui tente de créer un grand Israël du Jourdain à la mer. Pourquoi ? Et là aussi conflit de narratif ou conflit en tout cas de volonté ?

10:31
Invité

Alors oui c'est vrai que l'extrême droite israélienne qui a des ministres au sein du gouvernement de Benyamin Netanyahou a toujours été hostile au retrait israélien de la bande de Gaza qui avait été effectué par Ariel Sharon en 2005

10:47
Présentateur

Oui par Ariel Sharon qui n'était pas une colombe.

10:49
Invité

Et donc effectivement il y a toujours eu chez eux ce rêve de retourner à Gaza de réimplanter des colons dans la bande de Gaza et ils disent aujourd'hui ouvertement que c'est ça leur projet.

10:59
Présentateur

Mais vous l'avez vu naître vous ce discours nationaliste qu'il était minoritaire lorsque vous étiez installé à Jérusalem comment expliquer qu'il ait pu prendre à ce point dans la société israélienne on sait qu'elle est fragmentée il y a des manifestations tous les jours à Tel Aviv ou à Jérusalem contre Benyamin Netanyahou et son gouvernement certains pour réclamer le retour des otages d'autres pour réclamer l'arrêt de la guerre d'autres enfin pour arrêter tout simplement d'une situation humanitaire catastrophique ça existe ça en Israël malgré tout le discours nationaliste comment est-ce qu'il a émergé et pris à ce point

11:36
Invité

je pense qu'effectivement il y a eu le 7 octobre bien entendu ce traumatisme terrible dans la société israélienne mais que c'est antérieur à cela il y a une évolution de l'opinion israélienne longue qui s'est droitisée terriblement au cours des dernières années moi quand j'étais à Jérusalem c'était une autre époque j'ai le souvenir d'être allé comme ça dans un des plus grands théâtres de Tel Aviv qui montrait une pièce d'Anneur Levin qui est un grand dramaturge israélien qui commençait par la torture d'un palestinien par des soldats et dans la salle il y avait à peu près le public était composé pour un tiers de cadets de l'armée emmenés par leurs officiers cette chose serait juste impensable aujourd'hui impensable je pense

12:19
Présentateur

un autre auditeur Emmanuel vous demande ce que vous voulez dire quand vous dites que Netanyahou veut faire partir les palestiniens alors même qu'ils sont totalement bloqués et coincés sur place il y a une forme de contradiction aussi dans les faits pour qu'on essaye de mettre les choses au clair

12:35
Invité politique

alors on assiège pour que les populations perdent tout espoir et qu'à la fin en fait ils se rendent dans le sens d'une capitulation et acceptent de quitter leur terre ancestrale

12:50
Locuteur non identifié

c'est ce qui est en train de se passer on a entendu la lassitude d'ailleurs ce matin dans les journaux dans terre les gens qui en ont assez d'être baladés du nord au sud de devoir se déplacer à chaque fois oui il faut essayer

12:59
Invité politique

de comprendre ce que c'est ça fait quand même presque deux ans maintenant que ces populations civiles chaque deux trois jours on leur dit allez vers là c'est safe pour le moment deux jours plus tard c'est bombardé il faut quitter il faut partir il y a des enfants il y a des gens qui ont des maladies chroniques il y a des femmes enceintes il y a des vieillards et ça fait un an et demi deux ans qu'ils vivent

13:18
Locuteur non identifié

ce calvaire alors on parlait d'une société fragmentée Christophe Boltanski c'est pour ça qu'on vous a invité aussi parce que vous êtes allé en Syrie et qui est une société déchirée c'est comme ça que vous la décrivez pour le magazine Le 1 ça s'appelle Où va la Syrie Le 1 cette semaine et la réponse vous êtes allé la chercher à Homs parce que Homs en quelque sorte en tout cas c'est comme ça que vous le décrivez c'est une ville test c'est une espèce de Syrie miniature parce qu'il y a toutes les communautés qui sont présentes

13:46
Invité

Oui toutes les communautés confessionnelles et ethniques sont effectivement présentes à Homs Un mot de géographie

13:52
Présentateur

quand même pour qu'on situe ça alors on n'est pas très loin c'est une région qui est au fond minuscule on est à 500 km de Jérusalem à peu près on est au-dessus de Damas c'est une ville qui a été une ville importante mais donc on est dans un mouchoir de poche et Homs donc vous y avez été ville divisée ville fracturée

14:12
Invité

Oui donc on est au centre enfin au centre de la Syrie utile celle de l'ouest celle de l'ouest près de la mer totalement désertique donc à mi-chemin entre Damas et Alep et ce qui est absolument frappant quand vous allez à Homs c'est que c'est une ville divisée en deux vous avez d'une partie une partie de la ville qui a été qui s'est rebellée contre le régime et qui a été entièrement détruite et donc c'est comme si vous marchiez à Berlin en 1945 et une autre partie de la ville qui est à majorité même presque souvent exclusivement à la 8

14:49
Locuteur non identifié

donc c'est la communauté de Bachar el-Assad

14:52
Invité

et qui elle est intacte mais donc d'un côté vous avez des gens qui vivent dans des ruines et qui sont du côté des vainqueurs et de l'autre des gens qui vivent qui ont un toit mais qui sont du côté des vaincus

15:02
Présentateur

Déchirée cette ville en deux camps irréconciliables la métropole je vous cite Christophe Boltanski concentre les conflits du pays Homs c'est une Syrie en miniature toutes les ethnies toutes les religions y sont représentées la situation est explosive et vous reprenez un titre de Dickens Homs sous le compte à deux cités c'est vrai qu'il y a donc cette ville en ruine et ceux qui résistent encore ou tient debout mais où va la Syrie ?

C'est la question qu'on peut vous poser puisque le président de la république recevait récemment le nouveau président syrien Ahmed El-Chara à l'Elysée c'est une visite qui a été vivement critiquée notamment à droite à l'extrême droite il a défendu le président français la poursuite de la levée des sanctions économiques européennes est-ce que vous comprenez ce choix ce geste d'Emmanuel Macron ?

15:54
Invité

Oui je le comprends D'abord il a été suivi par Donald Trump qui a rencontré Ahmed El-Chara en Arabie Saoudite je pense que rien n'est écrit en Syrie aujourd'hui que les choses peuvent effectivement empirer ou évoluer vers un mieux et qu'il faut tout faire pour encourager

16:18
Présentateur

Ça peut évoluer vers un mieux

16:19
Invité

Ça peut évoluer vers un mieux on sent c'est ça qui est très étrange dans ce pays c'est qu'on sent à la fois un pays totalement détruit prêt à exploser prêt à exploser pour un rien un peu simple étatiel peut se terminer par des combats à l'arme lourde comme on l'a vu entre les Druzes et des groupes combattants sunnites mais un immense espoir et une volonté de changement

16:43
Présentateur

L'espoir malgré une répression qui a été écrasée malgré la dictature de Bachar el-Assad malgré les profondes divisions de la société syrienne Rimmomtaz le mot espoir vous y croyez ?

16:56
Invité politique

Mais en fait la Syrie m'a aidée à recroire à ce mot Ah oui ? Oui oui moi j'ai passé 14 ans de ma vie à couvrir ce conflit j'avais perdu espoir j'avais perdu espoir dans la communauté internationale qui a laissé faire pendant 14 ans un régime sanglant avec la Russie et l'Iran qui utilisaient des armes chimiques contre ces populations Toutes les lignes rouges

17:18
Présentateur

ont été franchies Toutes les lignes rouges On se souvient du discours d'Obama et de l'impuissance de François Hollande On se souvient de ce moment oui où les occidentaux ont renoncé finalement à intervenir

17:29
Invité politique

Ils ont totalement renoncé L'Iran et la Russie ont pris le contrôle et surtout c'est terrible et il faut le dire parce qu'on est à Paris Daesh était une abomination et il faut se rappeler que le régime Assad a été pire que Daesh pour la population syrienne Qu'est-ce que ça veut dire pire que Daesh ?

Pire que Daesh Il a tué 90% des victimes Il a fait disparaître plus de 200 000 personnes En fait on n'a pas un chiffre exact de combien de gens ont disparu Plus de 500 000 personnes ont été tuées par ce régime Il a utilisé des armes chimiques Il a bombardé ses populations avec des barils Il y a des villes entières qui ressemblent à Drest aujourd'hui après la seconde guerre mondiale à cause du régime d'Assad

18:11
Invité

Christophe Boltanski Oui On peut rajouter encore des chiffres Un million de personnes ont été en prison et passer par la prison ça veut dire qu'ils ont été systématiquement torturés Vous avez les deux tiers de la population qui ont quitté qui ont dû fuir leur maison C'est juste des chiffres absolument considérables Et c'est effectivement c'était le régime qui a fait tout cela Donc il faut effectivement Et qui a réprimé le vent de liberté extraordinaire Oui Et qui a tout fait pour que ça bascule dans un conflit armé Des villes comme Daraya qui est une ville qui était juste dans la banlieue de Damas où j'ai pu retourner qui est aujourd'hui un tas de ruines parce qu'en plus le régime après cela a fait sauter les maisons pour pouvoir récupérer la ferraille et pour pouvoir s'enrichir donc sur des ruines dans la ville de Daraya il y avait au départ un mouvement pacifiste où les manifestants distribuaient des fleurs et des bouteilles d'eau aux soldats ils se sont fait tirer dessus

19:14
Locuteur non identifié

Rémantaz vous parliez de l'espoir qui naît en Syrie qui vous a redonné espoir mais il y a quand même cet énorme point d'interrogation Ahmed Al-Shara le chef des autorités qui en fait est un ancien djihadiste est-ce que vraiment Emmanuel Macron par exemple a raison de le recevoir il y a des jours à l'Elysée pour lui parler de la levée des sanctions ou est-ce qu'il faut se méfier de lui ?

19:36
Invité politique

Non mais moi j'ai suivi l'évolution d'Ahmad Al-Shara effectivement c'était un djihadiste dur il faut vraiment reconnaître Mou je ne sais pas ce que ça veut dire Non mais ce que je veux dire c'est qu'en fait il faisait partie vraiment des leaders du mouvement djihadiste dur Donc on peut s'interroger Il y a des Syriens avec qui j'étais en contact pendant toutes ces années qui ont dû rejoindre les rangs par exemple de certains groupes djihadistes parce qu'ils n'avaient pas d'autres choix et eux n'étaient pas idéologiquement

20:01
Présentateur

Pour se battre contre le pouvoir

20:02
Invité politique

C'est pour ça que je dis vraiment Shala c'était un choix idéologique qu'il a fait il y a plusieurs années et maintenant c'est vrai que le mot incroyable moi j'attends encore de voir comment il va gouverner parce qu'aujourd'hui c'est le président auto-déclaré il n'a pas été élu non plus il ne parle pas de démocratie C'est une transition mais ce qui est intéressant c'est qu'on voit qu'il est très pragmatique qu'à chaque fois que ça risque de sauter il arrive à faire des accords avec les druzes avec les aloites avec les chrétiens etc.

et à ramener le calme et Emmanuel Macron a eu absolument raison c'était une décision stratégique intelligente de faire ce qu'il a fait parce que deux choses un pour préserver les intérêts des français qui sont syriens et de la France des intérêts stratégiques et économiques deux c'est la meilleure façon de rester dans le jeu d'imposer des conditions d'essayer de faire en sorte de s'assurer que la transition va être pas seulement inclusive mais en fait représentative du peuple et qu'elle va rester sur des lignes

21:05
Locuteur non identifié

de plus en plus modérées Christophe Boltanski vous êtes d'accord il faut faire confiance à ce régime ?

21:10
Invité

Je ne sais pas ce que veut dire le mot confiance parce qu'il y a eu les violences

21:13
Locuteur non identifié

contre les aloites voilà

21:14
Invité

donc les aloites aujourd'hui sont des victimes ça il faut le dire alors il faut dire que c'est

21:19
Présentateur

une minorité dans ce pays qui est composite et qui est incompréhensible vu de l'extérieur qui a été découpée à la hache pendant la première guerre mondiale et c'est vrai que cette minorité qui a exercé le pouvoir à travers le clan Assad aujourd'hui est persécutée même ceux qui n'ont pas exercé de responsabilité

21:37
Invité

alors encore une fois donc je ne suis pas je ne me suis pas rendu sur la côte où il y a eu à peu près entre 1300-1600 morts à la suite il faut le rappeler quand même d'une attaque qui a été orchestrée par des anciens des fidèles du régime qui ont tué des policiers de la sûreté générale donc ça a entraîné des représailles et c'était d'ailleurs le but avoué de cette attaque mais aujourd'hui effectivement à Homs vous avez donc cette population à la huit qui vit dans la peur parce qu'il y a des exactions absolument quotidiennes des assassinats des enlèvements des vols des cambriolages des pillages et effectivement le rôle de cette nouvelle police qu'on appelle la sûreté générale interroge dans la mesure où ces exactions sont commises malgré leur présence et parfois on le sait il y a des témoignages ce sont même ces gens qui portent cet uniforme noir de la police qui commettent ces crimes donc il y a effectivement il faut vis-à-vis de ces nouvelles autorités être attentif et il faut exiger des gestes et la communauté internationale contrairement à ce qui se passait sous les Assad a un pouvoir de levier sur ces nouvelles autorités c'est-à-dire que la question des sanctions est absolument centrale pour la Syrie d'aujourd'hui donc la communauté internationale peut effectivement peser sur le cours de ce qui se passe actuellement

23:17
Présentateur

en tout cas il y a les grandes questions géopolitiques il y a ce que peut faire la communauté internationale et puis il y a le reportage à hauteur d'hommes c'est absolument passionnant de vous lire au cœur de cette ville Homs Christophe Boltanski en l'occurrence à la rencontre d'un marchand de foule une petite soupe traditionnelle à la rencontre de chrétiens c'est vraiment impressionnant comme travail bravo c'est à lire dans le magazine le 1 cette semaine merci removed merci

23:45
Locuteur

merci merci merci