1985 : Claude Malhuret "MSF en Ethiopie"| INA Politique
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
alors Claude maluré vous êtes le directeur de Médecin sans Frontières vous êtes allé souvent en Éthiopie là on commence vous commencez à à être opposé à un problème très grave parce que l'on vous empêche de sauver des vies humaines est-ce que vous pourriez nous dire combien de vies sont en périle aujourd'hui à cause de cette politique et bien pour prendre l'exemple simple de kelala qui est un des quatre camp où nous travaillons il y a aujourd'hui 8000 enfants qui sont auudessous de 70 % de leur point normal c'est un chiffre 70 % mais vous imaginez ce que c'est que 70% du point normal pour un enfant sur ces 8000 enfants 600 sont au-udessous de 60 % de leur point normal nous sommes installés à Kala depuis le mois de juillet depuis 4 mois nous avons multiplié les demandes verbales et écrites au gouvernement éthiopien et à la Commission de réhabilitation pour ouvrir un centre de nutrition pour ses enfants qui meurent tous les jours depuis 4 mois nous n'avons pas eu cette autorisation alors nous avons fini par protester après avoir fait des protestations directement auprès des Éthiopiens et n'avoir pas reçu de réponse nous avons bien été obligés de faire savoir que cette situation était inacceptable certains d'entre vous c'est certaines personnes qui qui soutiennent votre action elles sont nombreuses parlent de véritable déportation et le mot est fort c'est c'est un deuxième problème le premier problème c'est celui de pouvoir déjà nourrir les gens dans les régions qui où ils meurent de faim et le deuxième problème c'est que la solution trouvée actuellement par le gouvernement éthiopien est de transférer vous employez le terme de déportation disons puisqu'on n pas je ne sais pas comment ça se passe de transférer des centaines de milliers de personnes des zones du Nord dans les zones du Sud à plusieurs centaines de kilomètres au pire moment de la famille ce transfert pourrait PE peut-être se justifier mais de façon surprenante les dizaines de camps d'accueil pour ces gens sur les dizaines de camps d'accueil seul deux ou trois sont accessibles aux organisations humanitaire donc il n'y a pas de témoins et nous avons donc les pires craintes sur ce qui peut se passer dans ces conditions alors est-ce que vous pourriez m'expliquer pour que les téléspectateurs comprennent mieux comment ça se passe concrètement sur place les discussions avec les autorités avec vos vos confrères éthiopiens est-ce qu'il y a d'énormes difficultés est-ce que est-ce qu'il y a des gens de Médecins sans frontièrees qui ne peuvent pas travailler parce qu'on les en empêche je vais vous expliquer un petit peu tout d'abord il y a une commission éthiopienne de secours de réhabilitation cette commission jusqu'à une date récente était chargée de l'ensemble des secours et je dois dire que ça se passait pas mal et puis depuis quelques mois petit à petit depuis l'anniversaire la création du Parti des Travailleurs éthiopiens c'est directement le parti qui a petit à petit remplacé si bien qu'à l'échelon local les discussions sont de plus en plus dures parce qu'elles ne sont plus techniques entre techniciens médecins et membres des organisation de secours mais elles sont devenu politiques il a donc fallu monter d'un cran et c'est donc notre coordinateur Adis Abeba qui dans un deuxième temps est allé voir les dirigeants de la Commission de cours et les dirigeants éthiopiens et puis aujourd'hui c'est notre président le docteur Broman qui a dû dénoncer cet état de fite à Paris et qui est en train au moment où nous parlons de discuter avec le représentant de la Commission de secours qui se trouve lui-même à Paris en ce moment ils sont tous les deux à l'ambassade d'Éthiopie pour essayer de dénouer ce problème j'espère qu'il va se dénouer et qu'on aura satisfaction mais aujourd'hui nous sommes dans une situation de crise alors admettons que le problème ne puisse pas se dénouer entre votre président et le représentant éthiopien ce matin est-ce que l'on peut envisager une action du gouvernement français c'est-à-dire maintenant une action purement de politique internationale écoutez c'est un petit peu délicat nous sommes une organisation non gouvernementale nous sommes une organisation privée et nous nous targons toujours de notre indépendance je c vous avez besoin aussi quelquefois de de l'aide gouvernementale pour pouvoir accomplir votre mission humanitaire bien sûr mais ce ne sera pas le premier canal les le premier canal aujourd'hui et nous nous sommes déjà servis pour cette pour ce qui s'est passé à COREM récemment et qu'on vient de voir sur l'écran c'est le canal des responsables des Nations Unies qui coordonne l'aide humanitaire à addisabeba ils sont efficac sur place ils sont allés ils ont créé une commission d'enquête avec des membres d'organisation militaire des membres donc des Nations Unies et la commission de secours éthiopienne est allé voir sur place à Quême ce qui se passait donc dans un premier temps nous avons obtenu qu'on enquête sur ce qui s'est passé non et ça fait 4 mois que ça dure donc il faut absolument que dans les prochains jours nous obtenions une réponse mais avant tout il faut pour nous l'essentiel c'est que la crise se dénoue parce que avant d'aller plus loin ce qu'il faut pour nous c'est que nous puissions soigner les gens alors faire monter la crise veut dire qu'un jour ou l'autre nous risquons d'être expulsés ou qu'un jour l'autre nous disons nous allons nous retirer parce que nous ne pouvons plus cautionner ça nous souhaitons absolument que ça narrive pas là il quitte à passer sur certaines fourchesocodin mais nous ne pouvons quand même pas tout accepter alors docteur manur ce sera ma dernière question on parle beaucoup de l'Éthiopie parce que des des chanteurs d'abord parce qu'il y a beaucoup de d'aide sur place parce que des chanteurs se sont mobilisés mais il n'y a pas que l'Éthiopie qui soit victime de la famine et où vous soyez présents avec d'autres organisations bien sûr il n'y a pas que l'Éthiopie pour vous donner une idée aujourd'hui de l'océan Atlantique à l'océan Indien dans la bande du du Sahel il n'y a pas un pays dans lequel nos équipes ne soient pas présentes parce qu'ils sont tous frappés par la famille Mauritanie Mali Niger Tchad Soudan Éthiopie Somalie et difficultés dans ces pays aussi comme avec l'Éthiopie il y a des difficultés qui sont d'un autre ordre il y a des difficultés logistiques il y a des difficultés d'acheminement mais je dois dire qu'aujourd'hui nous n'avons pas de nous connaissons pas de situation d'opposition telle que nous tel que nous sommes en train de rencontrer en Éthiopie encore une fois ces difficultés arrivrive qu'elle soit politique ou qu'elle soit logistique et technique et nous espérons tout de même qu'elles vont se résoudre je remci d'être intervenu Anne demi sur cette question de l'Éthiopie je crois d'ailleurs savoir que le représentant éthiopien avec qui votre président est en train de discuter en ce moment sera l'invité de notre journal de 20h ce soir pour répondre aux critiques qui lui sont faites [Musique]
Claude Malhuret