À l'Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet rend hommage à Robert Badinter
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
mesdames et messieurs les membres du gouvernement mesdames et messieurs les députés dans cet hémicycle où retentit sa voix en une séance inoubliable de septembre 1981 c'est avec une profonde tristesse et une indicible émotion que je veux évoquer devant vous la mémoire du grand républicain qui vient de nous quitter Robert Badinter pourtant semblait immortel depuis plus d'un demi-siècle nous l'avons vu agir inlassablement l'avocat pénaliste le conseiller très écouté de François mitteran le garde des saau portant l'art oratoire à son degré suprême mais aussi le président du Conseil constitutionnel le sénateur et le président d'honneur du mouvement pour l'abolition universelle de la peine de mort sa force de conviction son engagement son sens aigu de la justice et du droit vous les connaissez avec finesse avec élégance il les incarnait à la manière d'un sage fidèle aux principes indifférent aux outrages homme de culture amoureux des livres et des anciens manuscrits Robert Badinter puisait dans l'histoire les modèles qu'il se donnait de Victor Hugo il aimit à citer cette phrase le droit qu'on ne peut retirer à personne c'est le droit de devenir meilleur aussi considérait-il avec Hugo la peine de mort comme le signe spécial et éternel de la barbarie lui qui ne voulait plus d'une justice qui tue s'illustra aussi par d'autres avancées comme la fin des juridictions tion l'abrogation de la loi de 1942 qui discriminait l'homosexualité le régime indemnitaire des victimeses d'accidents de la route ou encore l'ouverture de recours individuels devant la Cour européenne des droits de l'homme dans tous ces combats le souci d'une pleine justice orientait et déterminait l'action publique humaniste avec Hugo il était socialiste à la façon de Jes qui disait la République a vaincu parce qu'elle est dans la direction des hauteurs et que l'homme ne peut s'élever sans monter vers elle ceux qui depuis un siècle ont mis très haut leur idéal ont été justifiés par l'histoire oui Robert Badinter allait à l'idéal par les chemins de Crète enfant de la République dont la famille avait fui la Bessarabie et ses persécutions il savait la puissance émancipatrice de l'universalisme républicain et à son tour la fait vivre à nous de continuer son œuvre à nous de suivre son magnifique exemple Hugo joress l'attend aujourd'hui au temple des grands hommes ce panthéon où je le souhaite Robert binter les rejoindra un jour à son épouse à ses enfants à ses amis et à ses proches au nom de la représentation nationale et en mon nom personnel j'adresse nos condoléances attristées mesdames et messieurs les membres du gouvernement mesdames et messieurs les députés en mémoire de Robert Badinter et en son hommage je vous demande de bien vouloir observer une minute de silence
Yaël Braun-Pivet