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interviewBFM TV (sur YouTube)· 3 novembre 2023 5 min

Conflit Hamas-Israël: l’interview du ministre des Armées à bord du "Tonnerre" sur BFMTV

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Monsieur le ministre Sébastien Lecornu, merci de nous accueillir à bord du Tonnerre. Le 25 octobre, le président de la République a annoncé le déploiement d'un bateau de la Marine nationale pour venir, a-t-il expliqué, en soutien des hôpitaux de Gaza. Ce navire, il est désormais sur zone, pleinement opérationnel. Question très simple pour commencer. Est-ce qu'on peut dire où nous sommes ?

0:21
Sébastien Lecornu

On est entre Chypre et le Liban, mais le président de la République, il a annoncé quelque chose de plus large que ça. Il a annoncé que la France serait nation case, c'est-à-dire en clair un pays qui va emmener d'autres pays pour faire du soutien sanitaire aux populations civiles qui sont à Gaza. Donc ça se traduit évidemment par ce premier bateau qui est ici dans la zone méditerranée orientale, qui est un plot logistique important. Il va être accompagné en plus de frégates pour la défense aussi de ce bateau, une frème multimission à Alsace, une frégate légère furtive qui s'appelle le Surcouf. Et puis en plus, on a évidemment d'autres moyens militaires dans la zone.

Un A400M de l'armée de l'air et de l'espace s'est posé il y a quelques jours de cela en Égypte pour venir livrer du fret sanitaire, pour aider justement les ONG et les différentes organisations médicales. D'autres vols sont prévus, un vol le 3 novembre, un vol le 5 novembre. En clair, l'ensemble des forces armées vont se déployer, mais parmi d'autres ministères évidemment en France et parmi d'autres pays.

1:15
Présentateur

Alors, pour dissiper peut-être un malentendu, il est là le tonnerre, il est pleinement opérationnel, mais ce n'est pas un navire hôpital. Quelles sont ses capacités médicales et quelles sont les intentions que vous avez en termes, très concrètement, comme l'a dit le président, de secours aux hôpitaux de Gaza ?

1:31
Sébastien Lecornu

En fait, c'est un couteau suisse pour la marine nationale. On en a trois, le Mistral, le Tonnerre et le Dixmude. Et ce bateau, effectivement, il était déjà en mer quand le président de la République a annoncé de le projeter ici, ce qui nous permet d'avoir un premier plot logistique pour tout simplement y mettre du fret sanitaire. Il a quelques capacités hospitalières classiques et donc on est en train, en même temps, d'armer le Dixmude en fonction hospitalière pour pouvoir le projeter sur les autres. Mais il faut bien comprendre que ce qu'annonçait le président de la République, c'est une manœuvre importante et dans la durée.

1:59
Présentateur

Alors, deux choses importantes. Un, les capacités ici sont limitées pour l'instant. On parle, si on a bien compris, d'une soixantaine de lits, de deux blocs opératoires, de la capacité d'accueillir, nous a-t-on dit, deux blessés très graves et deux blessés graves. Donc on n'est pas dans un traitement de masse.

2:15
Sébastien Lecornu

En fait, il faut là aussi comprendre que c'est un tout. Et d'ailleurs, ce qui va être utile, c'est évidemment ce qu'on va pouvoir mettre au sol. Et c'est pour ça qu'on continue de discuter avec l'Égypte, avec Chypre, avec la Jordanie, avec Israël, bien entendu, pour être capable de positionner au plus près, évidemment, des zones où il y a des civils, des capacités de soins. Et c'est pour ça que, par exemple, le service de santé des armées sera en mesure de projeter des antennes de chirurgie avancées, spécialisées dans la médecine de guerre. Donc c'est autant de choses qui sont mises sur la table. Une fois plus, ne focalisons pas médiatiquement, si je peux me permettre, sur le tonnerre.

C'est une opération très large qui doit emmener plusieurs nations, qui va emmener aussi des capacités civiles, issues de la société civile, des ONG, issues d'autres ministères. Le ministère de la Santé, le ministère de l'Intérieur sont également sollicités. Après, les armées sont résilientes, particulièrement réactives, premières à marcher. Et donc le tonnerre, évidemment, est arrivé sur la zone parce que ça nous permet d'avoir un premier appui. Mais une fois de plus, regardez ces A400M. Ce sont les avions de transport de l'armée de l'air qui viennent déposer du fret en Égypte. On commence tout juste, en fait, cette planification.

3:12
Présentateur

Vous venez de nous dire quand même qu'il y aura un deuxième porte-hélicoptère amphibie qui va être déployé dans la région, le Dixmud. L'annonce très importante. Il n'y en a que trois dans la marine nationale. C'est les fleurons de la marine nationale. Quel sera son rôle ? Là aussi, un rôle couteau suisse, un rôle médical, peut-être davantage de capacité médicale que le tonnerre ?

3:30
Sébastien Lecornu

Le président de la République a demandé à ce qu'on prépare justement le Dixmud pour être capable de le projeter sur cette zone en relève du tonnerre. On est évidemment sur des rotations et pour le coup dans une structuration qui serait fortement médicale. Et ça, on aura l'occasion d'y revenir. J'insiste. Pourquoi on fait tout ça ? Pour entraîner les autres. Pourquoi on fait tout ça ? Pour faire effet de levier. Et ça, pour le coup, c'est le rôle de la France. C'est notre diplomatie. C'est l'engagement que le président de la République a pris.

Et c'est absolument une nécessité parce que si Israël doit se défendre et doit mettre le Hamas hors d'état de nuire, il n'en demeure pas moins que les populations civiles de Gaza doivent être préservées. Et le meilleur moyen de les préserver, évidemment, c'est aussi de les soigner.

4:08
Présentateur

Une dernière question sur la partie médicale, mais pas seulement d'ailleurs. Concrètement, comment est-ce qu'on va faire pour aller chercher ces patients, ces malades, dans la bande de Gaza, si c'est cela dont il est dans les questions, et les ramener sur ce bateau ? Et est-ce concevable de mener un tel type d'opération sans qu'il n'y ait... Certains disent cessez le feu, d'autres disent strèves humanitaires. C'est ce que la France réclame. Ce n'est pas concevable de faire venir des gens sur ce bateau sans que les combats s'arrêtent.

4:34
Sébastien Lecornu

Même réponse, c'est un tout cohérent qui doit faire l'objet d'une discussion et d'une planification. Évidemment qu'il faut des trêves humanitaires. C'est d'ailleurs pour ça que la France a voté un certain nombre de résolutions, notamment aux Nations Unies. Il est évident qu'il faut des corridors. C'est pour ça qu'il y a une discussion avec l'Égypte sur le fameux poste de Rafa. Il est évident que Tsaal et les autorités israéliennes doivent être moteurs pour donner les capacités justement de soigner. Il est évident qu'il faut accompagner l'Égypte qui est le premier pays en point de contact. Et tout ça va se faire évidemment en discussion.