RUFFIN - "L'ANGOISSE, C'EST MÉLENCHON", LA FINANCE TÉMOIGNE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je disais, cas numéro 1, François Hollande est conciliant et il revient de lui-même sur ses maigres promesses de campagne, il libère le marché du travail et il en finit avec le CDI tel qu'on le connaît. Cas numéro 2, il lui faut une petite pression de ses partenaires européens, une petite concession qui lui sert de prétexte, et derrière, il libéralise le marché du travail. Cas numéro 3, le pire, mais pas le plus probable.
Vous nous dites : "Il refuse de se plier à ce programme, à cette injonction, et alors les marchés vont le punir, le rappeler sérieusement à l'ordre." C'est bien ça ? Oui.
Donc là je suis là dans les trois cas, c'est toujours le marché. Quand vous dites, soit les électeurs, soit les marchés seront déçus, dans les trois cas ce sont toujours les électeurs qui sont déçus et les marchés qui gagnent. Oui, oui.
Regardez la Grèce, regardez l'Espagne, regardez l'Italie, regardez tout ce qu'il se passe en Europe depuis 2010, on a bien vu que de toute façon à la fin, c'est le marché qui l'emporte. Je ne suis pas en train de dire que le marché a nécessairement raison, au sens moral du terme mais en tout cas il aura raison factuellement, puisqu'il s'imposera, ça c'est clair. Donc c'est de ce point de vu là que je le dis, oui, en effet.
Vous avez raison : les électeurs risquent d'être plus perdants que les marchés. Je ne sais pas où vous m'emmenez en fait. Je propose un quatrième cas.
Je propose un quatrième cas : l'irruption du peuple sur la scène de l'Histoire. - Ah... - Hier, à Paris. - La prise de la Bastille. - Pardon ? - La prise de la Bastille numéro 2. - Hier à Paris, il y avait bon, on va pas chipoter, 80 000, 90 000, 100000, 120000 manifestants, à l'appel du Front de gauche.
Si, comme en 1936, on avait une élection qui était suivie de mouvements de masse, de manifestations, de grèves... - Qu'est-ce qu'il se passe ?
Qu'est-ce qu'il se passe en Europe ? Bah je crois que c'est le gros d'angoisse. On va être très clair, c'est le gros coup d'angoisse.
Si quand les Grecs manifestent on a déjà une Europe qui se sent sur le point d'exploser, je vous laisse imaginer pour la France.
François Ruffin