Ormuz : le détroit de tous les dangers
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Repartons à présent sur ce desroit au cœur du conflit. 3000 bateaux sont bloqués actuellement dans la zone dans le trit d'Ormous depuis le début de la guerre. Et parmi eux, des marins français pris au piège.
Comment vivent-ils à bord ? Combien de temps vont-ils rester bloqués ? Léa des châteaux, Emmanuel Lagarde, Alexandre Gras.
Sur ces images satellites prise au large du D3 d'Ormous des bateaux immobiles bloqués entre deux fronts au milieu d'une guerre et des milliers de marins qui assistent au passage de missile parfois juste au-dessus de leur tête. Des cargos coincés dans le golfe persique sans pouvoir traverser le D3 d'Ormouse. Parmi eux, cinq sont sous pavillon tricolore.
Et au total, une cinquantaine de marins français seraient encore présents répartis sur plusieurs navires. La question de leur prise en charge se pose plus que jamais selon ce syndicaliste. Très tôt ce matin. qu'on a eu quand même des remontées des équipages sur le fait que qui confirmait que la nuit a été particulièrement intense et assez éprouvante.
Voilà, ça nous a ça nous inquiète évidemment et ça justifie donc le fait que nous on demande qu'il y ait des mesures qui soient prises le plus rapidement possible. À bord, [musique] certains marins partagent leur quotidien sur les réseaux sociaux comme cet ingénieur grec aux journées rythmé par les alarmes et l'angoisse d'une situation qui dure. Nous devons rationner notre consommation d'eau, de nourriture et de pétrole.
Nous ignorons combien de temps cette histoire durera. Depuis 4h du matin, on reçoit des messages d'alerte en continu. Il a finalement pu débarquer ce matin.
C'est l'heure du retour les amis. Merci pour votre soutien. Mais n'oublions pas tous ceux qui restent bloqués sur les navires sollicité.
Aucun armateur français n'a souhaité commenter, mais il nous assure que les équipages sont désormais réduits avec uniquement des volontaires. Une crise inédite, déjà 12 jours de paralysie et toujours l'incertitude sur la durée du conflit. Il va falloir forcément recharger en vivre en carburant.
Par exemple, les bateaux fonctionnent avec du diesel pour faire fonctionner leur système électrique. Il va bien falloir à un moment peut-être les réapprovisionner. Donc on est dans une vraie question.
Je pense que c'est une inquiétude. On a jamais vu ça. C'est-à-dire un monde maritime qui est figé.
Certains armateurs comme le Danois Mersque alertent déjà pour l'approvisionnement de ces navires en carburant. Les stocks diminuent. Ils redoutent d'être à cours de fioule.
La sécurisation du détroit d'Ormous d'où transit le quart du pétrole et du gaz consommé dans le monde est vraiment un enjeu clé de ce conflit. Mais ce n'est pas nouveau. Cela fait 40 ans que cette zone de passage d'une trentaine de kilomètres est au cœur de tous les dangers.
Magalie Boissin, Alexis Lisimac. Un pétrolier qui prend feu, touché par un projectile et démarre impaniqué dans le détroit d'Ormous. Un des trois stratégiques dangereux où des tanqueurs étaient déjà mitraillés et bombardés il y a 40 ans.
Un lieu sous haute tension où chaque incident a des répercussions mondiales. Nous sommes à l'entrée du golfe Persique dans le D3 d'Ormouse. Ce goulot d'étranglement de 40 km de long qui contrôle toute l'entrée du golfe Persique. 1979, la guerre Iran- Irak se prépare et déjà tous les yeux sont tournés vers le Détroit d'Ormouse.
L'armée du nouveau régime iranien et ses vedettes rapides, inquiètes dans cette zone clé du commerce international. La menace d'une nouvelle guerre du pétrole est donc à nouveau brandie. 1980, l'Irak de Saddam Husin attaque l'Iran de Roménie.
Le début d'une guerre de 8 ans. Les navires pétroliers font des ronds dans l'eau. Il passent. au compte pour le moment la seule conséquence certaine de la guerre ce que chacun redoute par contre c'est la fermeture durable du détroit d'Ormous elle serait insupportable pour les pays industrialisés par là en effet transite plus de la moitié du pétrole exporté à travers le monde.
La menace est alors partout. Des missiles peuvent frapper les alliés de l'Iran comme de l'Irak au sein du golfe persique. Aujourd'hui, une bonne dizaine de pétroliers ont été attaqués.
Le D3 d'Ormouse. Un corridor maritime partagé entre l'Iran et Oman. Seulement une trentaine de kilomètres de large au point le plus étroit.
Deux couloirs de navigation de 3,7 km dans une zone peu profonde, 60 m maximum. Un étroit passage, presque un piège. Ça a tout pour être une embuscade.
Voyez, vous connaissez les western et vous avez vu de nombreuses embuscades et bien c'est comme un défilé en quelque sorte. Et donc de chaque côté et en particulier du côté iranien, il peut y avoir installation de menaces. En 1987, c'est tout le MoyenOrient qui est en tension.
Guer Iran Irak, crise au Liban. Les forces américaines interviennent et la France envoie son porte-avion où déjà un président français s'exprime depuis la passerelle du cléanceau. Avons cette force qui est là pour préserver nos intérêts.
Pour éviter le blocage du trafic dans le D3, les pays producteurs voisins comme l'Arabie Saoudite ou les Émirats arabes unis ont investi d'autres solutions pour acheminer le pétrole. Aujourd'hui, il existe des alternatives terrestres, c'est-à-dire des oléoducues qui vont aller de l'est vers l'ouest de l'Arabie Saoudite et de la même manière, il existe des oléoduces, partant des Émirats arabes unis. Mais ces oléoduces n'ont pas la même capacité d'exportation que la voie maritime.
Le D3 d'Ormous n'a jamais été totalement fermé en 40 ans. Environ 25 % du gaz liquéfié et 20 % du pétrole mondial, il circulent toujours. Et arrêtons-nous encore sur une petite île d'environ 25 km² situé près des côtes iraniennes.
L'île de Carg, c'est le principal terminal pétrolier de l'Iran. C'est par cette île que transite 9 barils sur 10 partant pour l'étranger. Elle est devenue un enjeu stratégique pour les États-Unis cette petite île.
Ils envisagent même de s'en emparer. Clerver Benécte Mingo. C'est une île aussi petite que convoité, stratégique pour l'Iran et pourtant épargnée par l'armée américaine.
L'île de Carg dans le golfe Persique. 20 km carr quasi exclusivement consacré à la principale richesse du pays. du pétrole, des dizaines de réservoirs, une piste d'atterrissage et surtout des terminaux pétroliers qui depuis le début de la guerre n'ont jamais cessé de fonctionner.
C'est par cette île que l'Iran exporte 90 % de son pétrole. Voici une image satellite capturée samedi. On observe deux tankers amarrés ce jour-là.
L'activité continue. Nous avons identifié un navire Skywave, anciennement Blue Golf sous sanctions américaines. Il y a une semaine, il charge du pétrole sur l'île de Carg.
Aujourd'hui, il vient de passer le D3 d'Ormous direction la Chine sans être menacé. Le Skywave, c'est un un pétrolier parmi d'autres. Encore une fois, on a vu à peu près une dizaine de chargements depuis le début de la guerre.
Les bateaux arrivent, ils éteent leurs signal lorsqu'ils chargent, ils font leur chargement et puis ensuite ils partent en direction de la Chine. Évidemment, puisque c'est des bateaux iraniens, ils ne sont pas pas inquiétés par les les tirs de missiles ou de drones iraniens. Donc, ils arrivent à passer sans problème euh le le D3 d'Ormous.
Depuis le début de la guerre, 14 millions de barils de pétrole ont ainsi chargés comme avant. L'île de Carg est une zone décisive pour l'Iran depuis des décennies. En 1987, [musique] elle est même ciblée par l'Irak.
Les terminaux pétroliers iraniens ont été endommagés par l'aviation iraakienne. [musique] Le plus important d'entre eux, le terminal de l'île de Cark, est régulièrement piloné. [musique] Dès 1984, une note interne de la CIA soulligne : [musique] "Les infrastructures pétrolières de l'île de Carg sont les plus vitales du système énergétique de l'Iran et leur fonctionnement continu est essentiel pour l'économie iranienne.
Une zone stratégique connue donc par Washington. Selon les médias américains, l'administration de Donald Trump aurait d'ailleurs envisagé de s'emparer de l'île de Carc ces derniers jours. Un drone militaire américain a même été détecté en train de la survoler dimanche.
Des reconnaissances, [musique] mais pas encore d'attaque. Le risque, c'est d'abord que le marché pétrolier mondial réagisse très mal et le prix du pétrole aille encore plus haut. Ce qu'on sait très bien que surtout Donald Trump, c'est c'est pour lui, c'est c'est un cauchemar.
Une attaque américaine pourrait aussi décupler la colère de Teran. 40 % des revenus du régime viennent des exportations de pétrole.
Jean-Pierre Bataille