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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 13 février 2021 25 min

Islamisme, polémique à Trappes, crise sanitaire... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le 8h30, France Info, Radio et sur le canal 27 de la TNT, avec Myriam Ancaouad, la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.

0:06
Invité

Bonjour Ercine, bonjour à tous.

0:08
Présentateur

Notre invité, le député Rassemblement National du Nord et porte-parole du RN, Sébastien Chenu, bonjour. Bonjour Monsieur. A la dernière présidentielle, Marine Le Pen avait sombré pendant le débat de l'entre-deux-tours. Je crois d'ailleurs que vous étiez vous-même assez catastrophé à ce moment-là. Est-ce que jeudi soir, face à Gérald Darmanin, vous l'avez trouvé au point meilleur qu'à l'époque ?

0:29
Sébastien Chenu

Le moins qu'on puisse dire, c'est que jeudi soir, Marine Le Pen nous a démontré à la fois sa capacité à gouverner la France, la pertinence de ses constats et de ses solutions. Et puis Gérald Darmanin l'a dit lui-même pendant cette émission, elle est une authentique républicaine. Elle est la plus convaincante sur ce sujet, et sur d'autres aussi d'ailleurs, mais sur ce sujet de lutte contre l'islamisme dans notre pays. Et je crois qu'elle a fait la démonstration face à la faiblesse du ministre de l'Intérieur, qui a brassé et continue à brasser beaucoup de vent. Eh bien, elle a fait la démonstration de sa solidité.

Et puis surtout, peut-être que finalement, on ne se posera plus le débat ou les aternoiements de certains sur la recherche d'un éternel candidat de substitution. Oui, Marine Le Pen incarne l'alternance possible demain à Emmanuel Macron.

1:20
Invité

Sur les chiffres, pourtant, l'immigration, c'est votre cheval de bataille. Sébastien Chenu, ça n'est toujours pas ça. Elle a dit 471 000 titres de séjour en 2019, alors que c'est 200 000 de moins. C'est un problème quand même ?

1:33
Sébastien Chenu

Non, pas du tout, parce qu'en fait, Gérald Darmanin ne compte pas là-dedans, les demandeurs d'asile et les mineurs non accompagnés. Donc en fait, lorsqu'on calcule...

1:40
Invité

Alors, avec les mineurs isolés étrangers, c'est 16 000, on est loin de 400 000.

1:44
Sébastien Chenu

Non, non, mais je vous avais parlé des demandeurs d'asile, des boutées du droit d'asile et qui restent sur notre territoire. Et on arrive à ces chiffres-là. Je vous rappelle que dans l'autre sens, le ministre de l'Intérieur, c'est probablement plus grave, car il est à la tête de ses services, n'a pas été capable de nous donner le pourcentage de reconduite à la frontière de personnes qui ont une obligation de quitter le territoire. C'est 12% dans notre pays. Le ministre de l'Intérieur n'en a pas été capable. Alors, on peut avoir un débat pic-crocolin sur les chiffres. La réalité, vous savez, c'est que les Français ont les yeux ouverts sur la situation.

Et qu'à partir du moment où nous accueillons sur notre territoire, chaque année, 250 000 personnes qui viennent d'autres pays. Et en général, ils viennent assez peu du Canada, du Luxembourg ou de la Suisse. Alors, vous vous dites 250 000, donc vous ne dites pas 471 000. Non, mais légalement. Et je rajoute, les gens qui sont déboutés du droit d'asile, qui restent sur notre territoire et les mineurs non accompagnés. 250 000 légaux. Je parle des chiffres légaux auxquels vous ajoutez les illégaux et les mineurs non accompagnés.

2:37
Invité

Mais alors, avec les demandeurs d'asile, ceux qui obtiendront l'asile, c'est dans les légaux aussi.

2:43
Sébastien Chenu

Mais aussi avec ceux extrêmement nombreux qui sont déboutés du droit d'asile et qui demeurent sur notre territoire. On a 400 000 personnes qui, en réalité, entrent chaque année sur notre territoire. Il y a des gens aussi qui sortent, pour d'autres raisons d'ailleurs, en général. Pas parce qu'ils sont expulsés, puisque je vous rappelle qu'en période de Covid, on n'expulse plus personne. Il n'y a plus d'avions qui, aujourd'hui, ramènent des gens qui sont obligés de quitter notre territoire à l'extérieur des frontières que nous ne méprisons plus.

3:07
Invité

D'ailleurs, à ce sujet, elle a expliqué que, dans ce cas-là, quand les pays d'origine n'acceptent pas, au fond, d'accueillir ceux qu'on expulse, eh bien, on les enfermerait, ces personnes en situation irrégulière.

3:19
Sébastien Chenu

On les enferme où ? Comment ? Combien de temps ?

3:21
Invité

Irrégulière ?

3:22
Sébastien Chenu

Vous savez, nous, on a un principe qui est très simple. Lorsqu'on doit quitter le territoire français, quand on est sanctionné, il faut quitter le territoire français. Aujourd'hui, quelle est la situation ? J'ai visité, il y a peu de temps, le centre de rétention administrative de Lille, l'Équin, où vous avez des gens, notamment, sanctionnés pour terrorisme. Je ne parle même pas de fichiers S. Des gens qui sont condamnés pour terrorisme. Ils sont dans l'obligation de quitter le territoire français. Ils sont enfermés pendant 6 à 7 mois dans ce centre de rétention. Il n'y a pas de vol. Eh bien, à l'issue de ces 6 à 7 mois, ils ressortent et ils sont réassignés à résidence.

Mais alors, qu'est-ce que vous proposez pour rester dans l'état de droit ? Eh bien, nous, nous proposons que la loi s'applique, madame. Quelqu'un qui doit quitter le territoire français, eh bien, il n'a pas d'autre solution. Si le pays refuse à l'accueillir, alors ?

4:03
Invité

L'Algérie, par exemple, refuse pendant la crise sanitaire.

4:06
Sébastien Chenu

Alors, nous devons entretenir avec ces pays-là des relations qui soient beaucoup plus exigeantes. En termes de délivrance de visas, nous ne délivrerons plus de visas aux pays qui refusent de prendre leurs délinquants étrangers. Ou alors, en termes aussi de capacité à empêcher ceux qui sont de leurs compatriotes sur notre territoire, d'envoyer via Western Union ou un certain nombre d'organismes de ce type, l'argent qui, touché en France, va dans leur pays. Oui, il y a des mesures de rétorsion, des mesures diplomatiques. Tout ça n'est évidemment pas fait.

4:34
Présentateur

Donc, c'est une rupture diplomatique générale ?

4:36
Sébastien Chenu

Ce n'est pas une rupture diplomatique, c'est une exigence diplomatique. Qui mènera à une rupture, fatalement. Mais pourquoi ? Non, vous ne pensez pas. Parce que vous croyez que l'Algérie a envie de rompre, ou ces pays-là ont envie de rompre avec la France ? Moi, je ne crois pas du tout. Moi, si on supprime les visas, par exemple. Moi, je crois qu'ils ont très envie de garder des relations diplomatiques et économiques avec notre pays, mais on va être probablement un peu plus exigeants.

4:55
Invité

Et puis, Sébastien Chenu, sur l'islamisme, Marine Le Pen a surpris en disant ça. C'est une idéologie, l'islamisme. C'est une idéologie totalitaire. Et on peut parfaitement la séparer de la religion. L'islamisme n'a aucun lien avec la religion.

5:15
Sébastien Chenu

Oui, mais Marine Le Pen dit les choses très clairement. C'est-à-dire que nous, nous ne combattons pas une religion, mais nous combattons l'islamisme. Nous combattons une idéologie. Et c'est bien là-dedans que le gouvernement se prend les pieds dans le tapis. Parce qu'à partir du moment où il refuse de dire qui est l'adversaire, qui est celui qui nous mène la guerre, alors il entretient une espèce de flou qui fait que, dans cette loi qui a de nombreuses faiblesses, que nous travaillons en ce moment à l'Assemblée nationale...

5:40
Invité

Mais sur l'absence de lien, simplement, c'est bien une dérive sectaire, dévoiement de la religion ?

5:46
Sébastien Chenu

Non, c'est une idéologie d'importation. Je crois que si on veut être précis, c'est ça. L'islamisme, c'est une idéologie d'importation. D'importation d'autres pays, évidemment, oui. Donc aucun rapport avec l'islam, pour dire les choses clairement. Mais il n'y a pas de rapport direct avec la religion de l'islam, qui peut être pratiqué d'une façon tout à fait banale et laïque par un grand nombre de nos compatriotes.

6:06
Invité

Mais quand on ferme des lieux de culte, quand on ferme des mosquées, par exemple, Sébastien Chenu, parce qu'on y prêche la haine, c'est bien un lieu de culte, donc en lien avec une religion malgré tout.

6:14
Sébastien Chenu

Bien sûr, parce que cette idéologie, en réalité, elle a pénétré l'islam de France, l'islam en France. Cette idéologie, elle a pénétré d'ailleurs pas uniquement l'aspect religieux, elle a pénétré des milieux économiques, elle a pénétré des quartiers. Oui, c'est une idéologie qui s'infiltre partout et qui vise à faire basculer la République. Moi, je crois, si vous voulez, que les faiblesses principales de ce texte, bon, d'abord, c'est qu'il est d'une portée tellement générale qu'il manque l'objectif, mais c'est aussi qu'il taquine cette idéologie islamiste. En fait, ce texte, il vient taquiner cette idéologie, alors qu'il faut la combattre, l'interdire, l'expulser.

Taquiner, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en fait, ce sont des petites mesures qui viennent gêner au contour ceux qui pratiquent cette idéologie. Il faut l'interdire, il faut expulser ceux qui la pratiquent, il faut être d'une fermeté sans faille, il n'y a rien de tout ça.

7:02
Présentateur

Alors, on va revenir en détail, justement, sur ce que propose le Rassemblement National sur ce sujet, juste après le Fininfo, puisqu'il est 8h40. Armel Balogog.

7:11
Invité

Le vaccin AstraZeneca, de nouveau injecté aux soignants de moins de 65 ans, il a été suspendu quelques heures ou quelques jours à Brest, Morlevan et Saint-Lô, à cause des effets secondaires, effets tout à fait classiques, selon l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament. Ce matin, d'ailleurs, le nombre de vaccinés en France dépasse les 2 840 000. Un non-lieu requis 5 ans après la mort de Babacar Gueye, qui est sénégalais sans papier tué par un policier de la BAC à Rennes. L'agent était en légitime défense, selon le procureur au juge, maintenant de trancher. Mario Draghi forme une large majorité parlementaire en Italie. Son gouvernement représente tous les principaux partis.

Le nouveau Premier ministre va prêter serment ce midi, avant des votes du Sénat et des députés, mercredi et jeudi. 17 départements en vigilance orange, 13 pour Grandfroid en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand Est. Le Finistère, les Côtes-d'Armor et le Morbihan en alerte orange pour neige et verglas. Et toujours attention aux crues en Charente-Maritime. France Info

8:17
Présentateur

Le 8.30 France Info avec Myriam Ancaoua de la chaîne parlementaire. Nous recevons Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord et porte-parole du RN. On parlait du projet de loi dit séparatisme et donc le Rassemblement National propose d'aller beaucoup plus loin, de mieux cibler les séparatistes islamistes. Vous proposez notamment l'interdiction des tenues islamistes dans les rues, les lieux publics. C'est quoi les tenues islamistes ?

8:45
Sébastien Chenu

Vous savez, je crois qu'il ne faut pas être grand clair pour le voir. La première des tenues, c'est le voile. Le voile qui est un outil vestimentaire d'appartenance à une idéologie islamiste. Et qui n'a pas de rapport avec la religion musulmane. Qui est un outil d'appartenance à une idéologie. Je pense que la religion musulmane...

9:02
Présentateur

Tout voile, tout musulman, toute femme musulmane voilée est une revendication islamiste.

9:08
Sébastien Chenu

Je suis un enfant de l'école publique. Il y a 25 ans, on ne parlait pas de ces histoires-là. Et j'étais dans des écoles dans lesquelles il y avait probablement de jeunes musulmans, de jeunes catholiques, de jeunes athées, que sais-je. En fait, on n'en parlait pas. Et chacun repartait chez lui avec pratiquer. S'il devait pratiquer une religion, on la pratiquait chez lui. Et aujourd'hui, on a des gens qui ont érigé à travers le voile une contestation des règles de notre République. Le voile, quel qu'il soit, est une tenue islamiste. Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr. On peut, vous pouvez faire naître ce débat.

Et nous, nous sommes en capacité de vous dire que oui, le voile est une revendication politique de l'idéologie islamiste. Alors, vous rendez aussi possible, M. Chenu ? Parfois, ce voile, il est revendiqué, assumé. Parfois, il est contraint. Il y a des femmes qui le portent parce qu'elles sont dans des environnements dans lesquels elles n'ont pas le choix. Le foulard également, tenue islamiste ? Le voile, je vous parle du voile. Est-ce que le foulard, je vous pose la question, est-ce que le foulard islamique est également d'après vous tenue islamiste ? Le foulard n'a pas forcément la même portée politique. Le voile, celui qui enferme, celui qui cache... Donc, la burqa ?

La burqa, évidemment, le burqini, évidemment. Oui, tous ces outils-là, parce que ce sont des outils de conquête, doivent être prohibés sur notre territoire.

10:16
Invité

Alors, vous rendez également possible, M. Chenu, les licenciements pour islamisme dans les entreprises privées. Et vous protégez les lanceurs d'alerte qui dénonceraient tel ou tel salarié dans les entreprises. Comment ça va se passer si vous êtes élu ? Comment vous contrôlez ? Comment on ne tombe pas dans une forme de société de la délation ? Comment éviter les abus ?

10:40
Sébastien Chenu

Madame, il faut être clair. Et c'est bien parce qu'il faut définir ce qu'est l'islamisme dans notre pays que nous pourrons le combattre. Si nous ne le définissons pas, à travers des critères objectifs. L'islamiste ou l'islamisme, c'est ceux qui empêchent la liberté de croire ou de ne pas croire dans d'autres dieux, de changer de religion, qui nie la Shoah, qui nie l'égalité homme-femme. Voyez-vous, il y a tout un certain nombre de critères qui permettent de définir cette idéologie. Et bien, à partir du moment où on la définit, ceux qui la pratiquent sont chassés de nos entreprises et de notre pays. Et c'est la raison pour laquelle il faut définir ce qu'est l'islamisme dans notre pays.

Sinon, on passe à côté et on a des tas de trous dans la raquette. Il faut être clair avec ce que nous combattons.

11:21
Invité

J'imagine à vous entendre ce matin que vous allez voter contre ce texte ? Quelle est la position finale ? Marine Le Pen a dit sur France 2 qu'elle attendait de savoir ce qu'il allait être voté sur l'instruction à domicile, l'école à la maison. Finalement, les ambitions de l'interdire sont revues à la baisse. Vous votez pour ou votez contre ?

11:39
Sébastien Chenu

Madame, ce n'est pas parce que vous prenez du doliprane pour soigner une douleur que vous avez réussi à vous soigner d'une maladie. Donc vous votez contre ? Donc nous allons, nous allons voir, le débat n'est pas fini. Mais aujourd'hui, nous avons...

11:50
Invité

Il se termine la missionnaire.

11:51
Sébastien Chenu

Pardon. Nous avons voté un certain nombre d'articles parce qu'ils vont dans le bon sens. Et d'ailleurs, je dois dire que nous, nous souhaitons que ce qui aille dans le bon sens aboutisse, même si nous trouvons tout ça très insuffisant. Je note que nous, nous le faisons. Nous avons le souci de l'intérêt national en votant ce qui va dans le bon sens. L'inverse n'est jamais vrai. Le vote global, le vote Solanet, c'est mardi.

12:13
Invité

C'est pour ou c'est contre ?

12:13
Sébastien Chenu

Non, mais l'inverse n'est jamais vrai. Ce que nous, nous proposons est toujours combattu. Donc nous, nous irons voter ce qui va dans le bon sens. Et si au global, ce texte, parce qu'on a une différence d'approche très forte, notamment sur l'instruction en famille. Le gouvernement a simplement reporté, en fait, la fin de l'instruction en famille. C'est Jean-Michel Blanquer qui a fait passer un amendement à 2024 de mémoire.

Donc par conséquent, si le gouvernement ne va pas plus loin sur l'instruction en famille, ce sera difficile de voter une loi qui interdit l'instruction en famille, qui est une liberté qui existe dans notre pays, qui va être combattue au nom d'une lutte contre une idéologie qui ne dit pas son nom. Donc il faut que les choses soient claires. Ou on lutte contre l'islamisme, on le définit, on l'éradique. Ou alors on embête les Français dans toute leur diversité et on en vient à interdire l'éducation en famille.

12:59
Présentateur

Alors je reviens sur les propositions que vous faites, et donc cette idée maîtresse que l'islamisme n'a pas de rapport avec une religion. vous proposez également que les lieux de culte soient tenus de, je cite, « s'insérer harmonieusement dans l'environnement sans éléments ostentatoires ». Sans minaret, sans clocher pour une église ? Bien sûr, vous savez, il y a un code de l'urbanisme.

13:19
Sébastien Chenu

Pas de rapport avec l'islam non plus ? Là aussi, je vous l'ai dit, l'idéologie islamiste a conquis un certain nombre de mosquées dans notre pays.

13:25
Présentateur

Le minaret est un symbole islamiste dans les mosquées ?

13:28
Sébastien Chenu

Le minaret me semble être un symbole, en tous les cas, de conquête, un symbole qui cherche à, comment dire, à être prosélite, à affirmer sur un territoire qu'il y a ici une laïcité qui va être peut-être discutée à l'intérieur. Le clocher de l'église, même chose ? Non, mais nous sommes, nous avons, vous savez, notre pays n'arrive pas à la planète Mars, nous ne laissons pas à la planète Mars. Je vous rappelle qu'un village sur quatre ou cinq s'appelle Saint-quelque-chose, qu'il y a des églises partout dans notre pays, ça ne nous transforme pas en grenouille de bénitier. Mais c'est notre héritage. Ça ne nous oblige pas à aller d'ailleurs à l'église. Mais c'est notre héritage.

Il se trouve que l'idéologie islamiste qui rentre dans des mosquées, je le disais, est une idéologie d'importation. Nous devons la combattre, nous devons la définir. Et par conséquent, oui, je crois que les minarets font partie de ces outils qui servent aujourd'hui à être prosélytes.

14:20
Invité

Sébastien Chenu, après une semaine intense de polémique et d'indignation, Didier Lemaire, ce professeur de philosophie dans un lycée de Trappes, placé sous protection policière et qui avait publiquement dénoncé la montée de l'islamisme dans sa ville, a décidé de quitter l'enseignement. Retourner devant ses élèves n'était plus possible. Quelle est votre réaction ?

14:39
Sébastien Chenu

C'est consternant. Ça souligne évidemment la faillite de notre État. Dieu qu'il est courageux, cet enseignant, comme il est courageux, comme il a été lâché par le maire, un maire socialiste qui aujourd'hui le met en cause, distribue des tracts à l'intérieur de son lycée, alors qu'on attendrait l'unité derrière ce prof qui vit quand même l'horreur. Eh bien, moi je pense que ça en dit long sur l'impuissance de l'État à endiguer la montée de l'islamisme.

15:06
Présentateur

Ce monsieur est quand même largement revenu sur le fait qu'il avait effectivement reçu des menaces.

15:11
Sébastien Chenu

Oui, enfin, on voit bien qu'il ne vit pas. Cette histoire est quand même relativisée. Ça ne lui permet pas de vivre et d'enseigner dans un environnement apaisé. Depuis Samuel Paty, on voit que les enseignants sont des cibles, comme le sont d'ailleurs les policiers, comme le sont d'ailleurs les fonctionnaires bien souvent. Oui, il y a une menace islamiste. Oui, elle fait pression partout. Vous savez, c'est le cas à Trappes. Ça peut être le cas à Roubaix également. Moi, je suis élu du Nord.

Et parfois, ce qui est vécu, ce qui nous est rapporté de ce qui est vécu à l'hôpital public a de quoi non seulement interroger, mais mettre en colère largement sur la capacité qu'a l'État à protéger ses agents.

15:46
Invité

Justement, vous mentionnez le maire de Trappes, Ali Rabet, qui a trouvé en la personne de Benoît Hamon un avocat. Écoutez. Vous savez, Ali Rabet, le problème, c'est qu'il a bon de montrer une patte blanche une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Ça ne sert à rien. On lui renvoie toujours l'image d'un maire qui serait duplice. Pourquoi ? Je le dis ici parce qu'il s'appelle Ali Rabet. Sébastien Chenu.

16:10
Sébastien Chenu

Bon, moi, je ne crois pas du tout à ça, mais je reconnais à Benoît Hamon une chose, c'est une cohérence. Avec la défense qu'il se fait d'Ali Rabet, qui est un maire largement contestable sur les pratiques qu'il a, la gauche, au moins, elle n'avance pas masquée.

16:21
Invité

Vous demandez à ce qu'il soit révoqué, comme Valérie Pécresse ?

16:24
Sébastien Chenu

Non, mais moi, je pense qu'Ali Rabet doit rendre des comptes. Mais les comptes qu'il va rendre, il doit les rendre d'abord devant les électeurs, puisqu'il y a une élection partielle à Trappes qui va se tenir, et on verra ce que les habitants de Trappes pensent de lui. Moi, je pense simplement qu'il faut arrêter les complicités entre les élus, des élus de la République, qu'ils soient de droite, Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, Gilles Platret en Bourgogne, et puis, ou des élus de gauche, il faut que ces gens-là arrêtent les complicités, les financements qu'ils ont de structures qui ont un lien avec l'islamisme.

16:49
Invité

Et en matière d'égalité des chances, alors, à Trappes ou ailleurs, dans les zones de plus, plus, plus, dans les campagnes, dans la France périphérique, qu'est-ce que le Rassemblement national propose ?

17:03
Sébastien Chenu

Vous savez, c'est l'ensemble de l'édifice qui est à restaurer. On voit bien, vous parlez, vous avez raison, de la ruralité. Oui, la contestation d'un certain nombre de programmes, elle existe aussi dans la réalité, ce n'est pas réservé aux banlieues, parce qu'aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, évidemment, vous avez des jeunes gens qui contestent partout sur le territoire ce que nous cherchons à enseigner, qui vont contester les passages sur la guerre 39-45, sur l'Algérie, etc. Donc, évidemment, c'est cet édifice de l'éducation nationale qui, probablement, est le premier à restaurer.

Mais si on ne le restaure pas, avec à l'autre bout la restauration de l'édifice pénal, alors, on ne fait que la moitié du chemin.

17:40
Présentateur

Sébastien Chenu, invité du 8h30 France Info, député Rassemblement national du Nord, Porte-parole du RN, on va reprendre cette discussion juste après le fil Info, puisqu'il est 9h moins 10, Armel Balogogne.

17:51
Invité

Début des vacances dans la zone C, mais ce n'est pas la cohue dans les gares ce matin, la vente des billets de train en baisse de 40%, seulement 30% d'occupation dans les résidences Pierre et Vacances. Pierre et Vacances. Le maire de Thionville dénonce l'amateurisme de la politique vaccinale du gouvernement. Pierre Cuny demande la fermeture des établissements scolaires en Moselle, particulièrement touchés par le variant sud-africain du coronavirus. Des dizaines d'étudiants rassemblés devant les instituts d'études politiques de Grenoble, Strasbourg. Hier, mobilisation contre la culture du viol à Sciences Po, contre les violences sexuelles et l'Omerta.

Un ancien étudiant de Toulouse en garde à vue. Verdict attendu dès aujourd'hui, peut-être aux Etats-Unis. Donald Trump jugé en destitution pour incitation à l'insurrection. Ses avocats demandent l'acquittement. Pomme sacrée, meilleure artiste féminine de l'année au 36e victoire de la musique. Benjamin Biolet remporte son pendant masculin. Les deux révélations de l'année sont Iseut et Hervé. France Info.

18:57
Présentateur

Le 8h30, France Info avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Nous recevons Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord, porte-parole du RN. A propos de la crise sanitaire que nous vivons, Sébastien Chenu, la France semble échapper à un nouveau confinement et aussi à une explosion des contaminations. Le nombre de cas est plutôt stable. Manifestement, le gouvernement a réussi son pari, celui de ne pas reconfiner le pays. Vous le reconnaissez ou pas ?

19:25
Sébastien Chenu

Si le choix, c'est entre couvre-feu à 18h et confinement, confinement et couvre-feu à 18h, réussir un pari de cet ordre-là, il n'y a pas de quoi en être très satisfait. Simplement, je pense que... Pourquoi ? Parce qu'en fait, le confinement, c'est grosso modo quand plus rien ne fonctionnait, quand rien ne fonctionne. C'est la fin... C'est un horizon bouché. Là, on y échappe, contrairement à le voisin. On y échappe et moi, je trouve que le gouvernement a eu raison de ne pas reconfiner. Je voudrais vous dire deux choses. Je pense que les Français ont besoin d'une ligne d'horizon désormais. On ne va pas vivre sous cloche éternellement.

On ne va pas voir le château de Chantilly qui est au bord de la ruine financière parce qu'il n'y a plus personne qui le visite. Les Français ont besoin de retrouver une ligne d'horizon. Et moi, je demande au gouvernement de faire un effort dans ce sens-là.

20:10
Invité

Il faut rouvrir les lieux de culture ?

20:12
Sébastien Chenu

Il faut rouvrir les lieux de culture. Quand ? Il faut... De façon départementalisée, d'ailleurs. Ça ne sert à rien de faire la même chose partout dans le pays. Vous demandez un allègement, en fait, des mesures sanitaires. Et puis, je demande, et je veux vraiment passer ce message parce qu'il m'a touché hier. J'étais avec des restaurateurs et des patrons de bars dans le Nord. Il faut que les mesures économiques soient vraiment adaptées. Enfin, deux choses. Il faut que... Le monde de l'assurance. On nous avait dit, oui, oui, on va mobiliser le monde de l'assurance. J'en profite vraiment pour passer ce message. C'est insupportable augmentation des assurances aujourd'hui.

Notamment, je le cite, alliance plus 20% sur des restaurateurs qui ne peuvent pas travailler. Mais elle est où l'exigence qu'on a du monde de l'assurance ? Les fonds de solidarité, dans l'aide aux petits bistrots, qui ne sont pas arrivés en décembre et en janvier. Comment font-ils pour vivre ? Au bout d'un moment, il faut arrêter. Notre pays est en train de mourir de sa suradministration, de sa bureaucratie. Ça ne redescend pas juste sur le terrain.

21:07
Présentateur

Le quoi qu'il en coûte n'est pas allé assez loin. On n'est pas encore allé assez loin.

21:11
Sébastien Chenu

C'est pas ça. C'est qu'aujourd'hui, par exemple, j'étais avec des patrons de bar de Douchy-les-Mines et d'Avennes-le-Sec, et que je cite parce que c'est cette France qui vit les choses. Eh bien, ils n'ont pas eu le fonds de solidarité en décembre et en janvier parce qu'il y a une espèce de suradministration qui empêche à des décisions que nous avons votées aussi et que nous avons soutenus à se débarrasser de cette bureaucratie. Les aides suivent contrairement sur le terrain. Et de mobiliser le monde de l'assurance. Ça aussi, ça suffit le blabla.

21:36
Invité

Le gouvernement a d'ailleurs fait pression sur les assureurs, apparemment sans succès. Mais il n'y a pas de résultat ? Sinon quoi ? Parce qu'on s'étonne à Perpignan. Louis Alliot, au fond, a permis la réouverture d'un certain nombre de musées. Vous êtes attaché aux lois de la République. Est-ce qu'il y a une forme de désobéissance civile par endroits dans les villes Rennes ? Est-ce que vous soutenez cette idée de commencer à ne pas obéir aux règles ?

22:04
Sébastien Chenu

Vous aurez du mal à faire croire que les élus RN sont hostiles à l'autorité. Mais Louis Alliot a agi comme un lanceur d'alerte. Et je crois que c'est bien de le faire sur la culture. Parce qu'il a voulu démontrer qu'à un moment, il faut redonner des perspectives. Et je pense que quel est finalement l'univers le plus adapté pour nous redonner une ligne d'horizon ? C'est celui du monde de la culture. Et en rouvrant avec, évidemment, les gestes barrières, les jauges, les mètres carrés adaptés, etc. Eh bien, il démontre qu'il est possible d'y avoir une vie culturelle à minima dans notre pays.

C'est un lanceur d'alerte comme souvent l'ont été d'ailleurs et le sont les élus du Rassemblement National. Pourquoi, d'après vous, le gouvernement français ne procède-t-il pas à la réouverture des lieux de culture ? Vous savez, il y a beaucoup d'incohérences. Je pense que d'abord, souvent, le gouvernement a choisi de s'adosser à une espèce de république des experts et des sachants qui se contredisent de façon permanente. Et par conséquent, il a été fébrile et probablement il l'est-il encore sur ce type. Parce qu'il y a des gens qui lui disent, vous vous rendez compte, il va y avoir trois personnes sur le trottoir après qui parlent, etc. On écoute trop les scientifiques, c'est ça ?

Des scientifiques qui peuvent se contredire, en tous les cas. Le politique doit reprendre la main sur la gestion de cette pandémie. Et c'est à lui de donner la ligne d'horizon dont je parle. Moi, je crois qu'il y a des mesures de bon sens, de raison qu'attendent les Français. Ça aiderait aussi, certainement, à faire remonter un peu le moral des Français qui en ont bien besoin.

23:27
Invité

Est-ce que reprendre la main, c'est aussi reconfiner la Moselle ? Parce que là, vous qui défendez, au fond, une politique territorialisée de la crise sanitaire, vous souhaitez, au fond, qu'on boucle cette région-là ?

23:39
Sébastien Chenu

Alors, je pense que boucler une région n'est peut-être pas le mot le plus adapté, voyez-vous. Je pense, en tous les cas, que les mesures territorialisées, c'est-à-dire les mesures adaptées à des territoires, c'est pas la même chose en Moselle, c'est pas la même chose en Bretagne, par exemple, elles doivent être prises en concertation avec les élus. Il faut cesser ces décisions qui dégringolent du haut jusqu'en bas de notre pays, d'une façon quasi autoritaire, et qui n'ont pas d'effet. S'il y a des endroits dans notre pays dans lesquels il faut prendre ce type de mesures, il faut le faire en concertation avec les élus. C'est quand même eux qui sont aux premières loges.

24:10
Invité

Je voudrais qu'on parle un petit peu de politique, il nous reste quelques minutes. Éric Zemmour. Éric Zemmour pourrait être candidat à Lire l'Express et ses proches prépareraient sa candidature. Est-ce que vous le craignez ? Est-ce que vous craignez qu'il le vienne chasser sur vos terres ?

24:23
Sébastien Chenu

Non, pas du tout. Et je crois d'ailleurs, moi j'ai de la sympathie pour Éric Zemmour, on se connaît très bien depuis 25 ans. Mais je crois qu'aujourd'hui, il n'y a plus de débat. Marine Le Pen à 48% dans les sondages. Marine Le Pen, sur France de jeudi soir, nous a démontré qu'elle était l'alternative. Et j'invite Éric Zemmour à nous accompagner dans ce changement. Vous savez, ce changement, il se dessine. Si demain, l'idée c'est de sortir du Covid pour refaire les mêmes politiques que celles que nous avons subies pendant 30 ans et qui ont amené si peu de résultats, alors ça n'aura servi à rien. Moi je crois que le Covid doit nous permettre de faire une autre politique.

Elle est incarnée par Marine Le Pen. Merci Sébastien Chenu.

24:58
Présentateur

Député Rassemblement National du Nord, porte-parole du RN, invité du 8h30 France Info.