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80e Congrès | Matinée de clôture avec le discours du Premier secrétaire, Olivier Faure

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3:54
Présentateur

Allez, tous ensemble, on est un peu en retard. Et donc, entre-temps, je me suis entouré de jeunes de mon âge. Merci d'être là. Il a théorisé l'alliance entre la question climatique et la question sociale. Il est le président du Parti socialiste de Belgique. Il est le bourgmestre de Charleroi. Je vous demande d'accueillir Paul Magnette.

4:25
Invité politique

Merci, merci, merci, merci, chers amis, chers camarades. Qu'est-ce que ça fait du bien de vous voir si nombreux ? Qu'est-ce que ça fait du bien, tous ces applaudissements, toute cette chaleur ? Je vous avoue qu'on a eu un peu peur, quand même, ces derniers jours. Il y a quelques jours, un copain me dit « Qu'est-ce que tu fais dimanche ? » Je lui dis « Dimanche, je vais à Marseille. » Il fait « Waouh ! » Et puis il me dit « Qu'est-ce que tu vas faire à Marseille ? » Je lui dis « Je vais au congrès du Parti socialiste. » Il fait « Ouh ! » Il faut dire que les dépêches qui nous tombaient les unes après les autres étaient quand même un peu sanglantes.

On sait, ça fait partie de la vie de la gauche, de la vie du Parti socialiste. Il n'y a pas de grande conquête et il n'y a pas de grand projet sans un peu de conflit. Mais quand même, là, vous y avez été un peu fort. D'ailleurs, ce copain me disait « Tu sais, si un dimanche matin, pour l'ouverture, ils invitent un Belge, c'est que la situation doit être assez critique. » Et puis non, finalement, vous êtes là et hier après-midi, juste au moment où j'allais quitter Charleroi pour vous rejoindre, j'apprends le miracle de Marseille, un grand accord. C'est comme ça, en bord de Méditerranée, les plus belles choses du passé finissent toujours par renaître.

Et je suis sûr que dans quelques temps, on se souviendra de ce 80e congrès de Marseille comme le début d'une renaissance, le début d'une reconquête. Il n'y a pas de mal. Et à ceux qui nous dénigrent, à ceux qui ne comprennent pas que parfois, nous devons prendre le temps de réfléchir et de discuter entre nous et de nous engueuler fraternellement, à ceux qui ne comprennent pas que parfois, oui, il faut poser les questions stratégiques, il faut rappeler que toujours dans notre histoire, nous avons dû le faire. Et que, bien sûr, il y a eu des moments douloureux. Il y a eu des congrès de tours et des grandes ruptures. Il y en a eu d'autres. Mais c'est ça qui a permis le Front populaire.

C'est ça qui a permis l'union de la gauche, qui a permis la gauche plurielle. Chaque fois, la gauche, dans la diversité de ses composantes, arrive à retrouver son unité. Et chaque fois, ça commence ici, au Parti Socialiste. Et donc, je suis vraiment convaincu que c'est le début d'une grande reconquête. Et puis, ce qu'il y a de bien avec les débats stratégiques, c'est que, quand on s'engueule sur la stratégie, ça veut dire que, dans le fond, on est d'accord sur le fond. Et, voilà, j'ai eu beau lire les interviews des uns et des autres, j'avoue que j'avais un peu du mal à trouver les grandes divergences idéologiques. La question, c'était comment ?

Mitterrand disait autrefois, la méthode suivra. Ah oui, mais la méthode suivra si on est d'accord sur le fond. Et là, je pense que vous êtes, et je pense même que nous sommes très largement d'accord sur le fond. Le grand, et c'est le plus important, le grand, le tout grand, le tout, tout grand défi du XXIe siècle, qui va nous occuper tout au long de la prochaine, même des deux prochaines générations, c'est la transition climatique. Tout le monde, tout le monde l'a compris. Enfin, je dis que tout le monde l'a compris, presque tout le monde. Il y en a quand même un qui, dans une intervention récente et solennelle, a posé cette question, fabuleuse, qui aurait pu prédire la crise climatique ?

Mais, Manu, monsieur le Président, tout le monde, à part toi, tout le monde sait, tout le monde sait que la crise climatique va arriver, tout le monde sait qu'elle est là. Il faut sortir de temps en temps. Il faut aller dans les territoires, il faut aller rencontrer les gens, il faut voir un peu ce qui se passe. Mais, si tout le monde, ou presque tout le monde, comprend que la transition climatique, c'est le grand enjeu du siècle, la question de savoir comment on va l'affronter, et quelles réponses on va y apporter, elle, elle ne fait pas encore l'objet d'un consensus.

Pour nous, qui sommes socialistes, la question de la transition climatique, c'est d'abord et avant tout une question de justice sociale. Parce que, quand on dit qu'il faudra atteindre la neutralité carbone, quand on dit que les gens vont devoir réduire leur consommation carbone, on oublie que les gens, ça n'existe pas. Quand on est une maman qui vit seule, avec son fils, dans un HLM, qu'on n'a pas de voiture, qu'on ne part pas en vacances, qu'on s'habille de vêtements qu'on achète dans des boutiques de seconde main et qu'on se nourrit comme on peut, on a un bilan carbone proche de zéro. 50% de la population française émet moins de CO2 tous les ans que ce que nous devrions atteindre en 2030.

C'est évidemment les 50% les moins riches. Et puis, à côté de ça, vous avez des Bernard Arnault qui se demandent le matin s'ils vont prendre leur yacht ou leur jet et dans laquelle, de leurs très nombreuses résidences secondaires, ils vont aller passer la journée ou le week-end. Et qui, eux, émettent tous les jours plus de gaz à effet de serre que des centaines, des milliers de familles françaises. C'est ça, la réalité de la transition climatique.

Si, depuis un demi-siècle, que nous savons que nous allons dans le mur, nous ne sommes pas parvenus à organiser cette très grande transition, c'est parce qu'on ne peut pas régler la question de la transition climatique sans régler la question des inégalités sociales. Et parce qu'elle est au cœur et au cœur du conflit écologique. Et que fait la droite ? Que fait la droite ? La droite, alors que ces millionnaires sont largement responsables, non seulement les millionnaires, mais tous ceux qui ont un très large train de vie et qui les suivent, alors qu'ils sont largement responsables de la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, la droite supprime l'impôt sur la fortune.

Et elle fait augmenter le prix des carburants, carburants dont de très très nombreux travailleurs, malheureusement, ne peuvent pas se passer, parce que s'ils veulent aller travailler tôt pour nettoyer les bureaux dans lesquels nous travaillons tous les jours, eh bien, il n'y a pas de transport en commun, ils ont besoin de leur voiture. Eh bien, c'est exactement l'inverse qu'il faut faire.

Si on veut réduire la place de la voiture, et bien sûr il faut réduire la place de la voiture, tout le monde est d'accord, il faut investir massivement dans les transports en commun et il faut les rendre gratuits, comme on le fait dans tant de municipalités et d'arrondissements français dirigés par la gauche, et comme on le fait en Belgique. Et plutôt que de dire aux familles modestes qui ne savent pas comment se chauffer, qu'il ferait mieux de mettre un col roulé, il faut investir massivement dans une planification écologique et sociale, dans des régies publiques d'isolation des bâtiments, qui permettent d'investir, réduire drastiquement la consommation d'énergie.

Et plutôt que d'embêter les gens en leur disant qu'il ne faut pas faire de barbecue, parce que ce n'est pas bon pour la planète et qu'en plus c'est viriliste, plutôt que d'embêter les gens, il faut investir dans des solutions collectives, créer des cantines scolaires gratuites, alimentées par une agriculture locale et biologique qui permet de relocaliser notre alimentation et de la rendre accessible à tous. Les solutions dont nous avons besoin sont des solutions collectives. Et nous, socialistes, nous sommes les seuls à pouvoir le dire et le dire avec force. Parce que nous avons plus d'un siècle d'expérience.

Parce que depuis plus d'un siècle, nous savons ce que sont les inégalités et combien elles rongent le corps social. Parce que depuis plus d'un siècle, dans les municipalités, dans les parlements, dans les régions, nous avons innové, nous avons apporté des solutions collectives construites avec la société civile, avec les syndicats, avec les associations, et que nous pouvons nous appuyer sur cette histoire et sur ce patrimoine pour construire les solutions de demain. Alors évidemment, la droite va nous dire « Oui, tout ça c'est très bien, mais qui va payer vos fameuses solutions collectives ? » Comme ça, chers amis, c'est vraiment la question la plus simple du monde à résoudre.

Ceux qui vont payer, c'est ceux qui ont de l'argent, et qui aujourd'hui ne payent pas grand-chose. Et je peux même vous dire combien ils vont payer, et comment ils vont payer, et qui va payer. La Commission européenne elle-même a dit « Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faut investir tous les ans environ 2% du PIB. » Ça fait en gros 300 milliards d'euros par an, pendant 25 ans à peu près. Ce n'est pas un montant inatteignable. 300 milliards d'euros par an. La même Commission européenne nous dit « Tous les ans, à cause de la fraude et de l'évasion fiscale, 1 000 milliards d'euros échappent à l'impôt dans l'Union européenne.

À cause des multinationales, des millionnaires et des fraudeurs qui font tout pour ne pas payer d'impôts, c'est 1 000 milliards d'euros qui ne rentrent pas dans les caisses des États, des régions, des municipalités et qui devraient permettre de financer cette transition écologique et sociale. Alors la réponse, elle est très simple. Et je voudrais, chers amis, chers camarades, vous faire une proposition concrète. Je crois que nous ne devons pas attendre 2024. Nous ne devons pas attendre d'être dans cette campagne pour les élections européennes. Nous devons agir immédiatement.

Et Olivier, je voudrais te proposer qu'ensemble, belges et français, il faut toujours commencer quelque part, on se comprend, on a la même langue, qu'ensemble, on initie une initiative citoyenne européenne. C'est un espèce de référendum d'initiative citoyenne qui existe dans les traités européens, qui n'a pratiquement jamais été utilisé. Il y a quand même eu, en 2015, 3,5 millions d'Européens qui ont signé une pétition contre le CETA et contre le TTIP et qui ont permis une grande mobilisation qui a beaucoup vécu, chez nous en particulier.

Eh bien, relançons le mouvement, créons une initiative citoyenne européenne et proposons aux Européens de taxer les riches, de taxer les grandes fortunes, de taxer enfin les multinationales et de financer grâce à cela une transition écologique et sociale juste et populaire et qui profite à tous. Il nous faut un million de signatures dans 7 pays. Je suis convaincu que nous pouvons les réunir et les réunir rapidement. C'est cela, chers amis, chers camarades, en un mot comme un sens, c'est ça l'éco-socialisme. Ce n'est pas très compliqué, c'est un retour aux sources finalement.

C'est revenir à ce temps où l'on savait qu'il faut, comme un impératif moral, réduire les inégalités sociales et qu'elles sont partout, en ce compris aujourd'hui, au cœur de la question environnementale. Et que pour cela, il ne suffit pas d'avoir des petits gestes ou des actions individuelles, mais qu'on a besoin de vraies actions collectives, qu'on a besoin de vrais combats menés en commun.

Et que chacune des conquêtes, chacune des avancées que nous produisons, chaque fois que nous renforçons les services publics, la sécurité sociale, chaque fois on fait aussi reculer le règne de l'argent, chaque fois on fait aussi reculer le monde du marché et sa logique du tout au profit, chaque fois on impose dans le corps social et dans la morale publique des principes de cohésion sociale et de solidarité. Et en paraphrasant, j'ai envie de vous dire que je crois que nous devons nous dire aujourd'hui, ici, à Marseille, que celui qui n'accepte pas la rupture avec l'ordre établi, celui qui n'accepte pas la rupture avec la société capitaliste, celui-là n'est pas éco-socialiste.

16:05
Invité

Et nous, nous sommes éco-socialistes. Merci, chers amis, chers camarades, vive l'Europe, vive la gauche et vive le Parti Socialiste. Merci.

16:17
Présentateur

J'allais dire merci une fois, mais même plein de fois. Bon, chers amis, l'accord politique que nous avons voté hier après-midi prévoit que Hélène Geoffroy sera la prochaine présidente de notre Conseil national. Permettez-moi donc, en un quart de millième de seconde, de vous dire à la fois ma reconnaissance avec Marie, qui s'exprimera ensuite, et puis mon plaisir d'avoir assumé cette fonction au cours des dernières années. C'était à la fois un plaisir d'essayer de renouveler le genre, mais aussi, disons-le, pour le gamin qui a 17 ans, en 1983, a adhéré au PS. Un immense honneur que de présider le Parlement de d'autres partis.

Plaisir immense aussi parce que on a donné ce week-end l'image qu'on attendait de nous. Paul l'a dit, on pouvait craindre le meilleur ou le pire, comme parfois les socialistes le font. Mais on a été, hier et ce matin encore, à la hauteur de l'attente des Français qui, en tout cas, espèrent en nous. Certains, des fois, notamment dans ma génération, un peu plus ancienne même, pensent que c'était mieux avant. Moi, je ne crois pas. Certains ont parlé, je ne sais plus qui, hier, d'une forme de congrès d'épiné de la nouvelle génération.

Moi, souvent, je me dis, si on remplaçait le gouvernement actuel par au hasard, Paulier Fort, Johanna Roland, Nicolas Maillard-Rossignol, et toute une partie de personnes qu'on a entendues hier ou pas, d'ailleurs. Mais, Hélène Geoffroy, évidemment, pardon, n'y voyez pas d'équilibre, vous voyez ce que je veux dire. Il y a là une génération qui me paraît être d'une force incroyable, surtout quand on compare à quelques-uns des membres actuels du gouvernement. Mais on a aussi, au-delà des talents d'aujourd'hui, des talents de demain. Et ça a été, je le dis devant Olivier, un de ces bienfaits des deux mandats précédents, d'avoir mis en exergue, en valeur, un certain nombre de jeunes.

Au-delà de la génération dont je viens de parler, on a des espoirs. Et dans la catégorie espoir, on a des Pierre Jouvet, des Lamia et Larage qui sont ici, Anna Pic, Arthur Delaporte, Philippe Brun, toute une série de jeunes qui, comme Sarah Kérich, qui ont une trentaine d'années et qui sont, là aussi, une génération qui va, avec les autres, construire le Parti Socialiste de demain, peut-être aussi à travers la date d'aujourd'hui qu'est le Congrès de Marseille. Il y a une qui symbolise, oui, c'était un peu long comme couloir, mais je vous conseille que...

Une qui symbolise le renouveau des jeunes socialistes, un visage, une voix, un charisme, une capacité d'entraînement qu'elle va à nouveau nous démontrer. Je vous demande d'accueillir Emma Raffovitz. Chers amis, chers camarades, alors, il était difficile déjà de parler après Paul, mais après cette introduction de Luc, j'espère vous éblouir avec mon charisme, parce que c'est ce qu'il a évoqué à l'instant. J'aimerais commencer mon propos par saluer, évidemment, Luc et Marie pour tout le travail qu'ils ont mené pendant ces jours de Congrès, mais aussi pour tout le travail qu'ils ont mené à la présidence de ce Conseil national.

J'aimerais aussi saluer Yannick Oanesian, les camarades des Bouches-du-Rhône, mais aussi, et je le dis, Sibou Rosic, animateur fédéral des jeunes socialistes des Bouches-du-Rhône et membre de l'équipe nationale des jeunes socialistes. Il fallait commencer par ça, parce que oui, chers camarades marseillais, grâce à vous, mais pas seulement, évidemment, ce Congrès ne ressemble à aucun autre. Il ne ressemble à aucun autre, déjà, parce qu'évidemment, il est intervenu dans un contexte politique singulier qui fait état d'un réel bouleversement. Notre monde est traversé par d'immenses désordres.

Le défi du siècle, le péril climatique, dont les enjeux ont été si bien décrits par Paul à l'instant, oblige toutes les sociétés à travers le monde à repenser leur manière de produire, de consommer et finalement même de vivre. La guerre aussi est de retour en Europe. L'agression de Poutine en Ukraine est une agression envers l'humanité et l'équilibre mondial qui a par ailleurs des conséquences désastreuses sur la vie des Français avec la flambée des prix, de l'énergie et de l'alimentation.

Enfin, ce congrès est singulier parce que le gouvernement français, plutôt que de prendre à bras le corps ces défis, préfère s'en prendre à nos concitoyens les plus fragiles en repoussant l'âge légal de départ à la retraite. Singulier aussi, et je le dis avec des jeunes socialistes à côté de moi qui beaucoup m'en ont parlé, parce qu'il se situe après un cycle électoral éprouvant pour nous socialistes. Il y a maintenant un peu plus d'un an, à Villeurbanne, nous nous sommes rassemblés pour préparer avec fierté la campagne de l'élection présidentielle. Les jeunes socialistes ont été engagés avec force dans cette campagne autour de notre candidate Anne Hidalgo.

Moi, je dois vous le dire, jeune femme, jeune élue, je dois vous dire ma fierté d'appartenir au parti qui a pour la première fois amené une femme au second tour de l'élection présidentielle avec Ségolène Royal et qui a soutenu une nouvelle fois en 2022 une femme pour être candidate. Camarades, faites du bruit pour celles qui nous ont représentées à l'élection présidentielle, s'il vous plaît. Avec les jeunes socialistes, nous avons traversé tous les territoires avec notre caravane. Nous avons inventé de nouvelles manières de militer et de réfléchir ensemble. mais malgré tout cela, nous n'avons pas réussi à convaincre. La gauche divisée est donc perdante.

Voilà la réalité qui nous a bousculés et qui toujours aujourd'hui nous oblige. Mais ensuite, camarades, ensuite, nous avons enfin compris. Nous avons enfin compris ce que le peuple de gauche attendait de nous. En parlant à nouveau à l'ensemble de la gauche et des écologistes, nous avons été à la hauteur du moment, à la hauteur de l'histoire de notre parti et surtout à la hauteur des attentes des Français. L'union de la gauche était nécessaire. L'accord qui a été conclu en juin était essentiel parce qu'il a refait de nous, aux yeux du peuple de gauche, qui nous reprochait des fautes des militants de gauche. Nous sommes redevenus de gauche pour le peuple qui nous attendait.

Mais cet accord, camarades, et nous sommes là aussi entre nous dans cette famille pour le dire, cet accord, il fut aussi douloureux. Dans de nombreux territoires, nous avons été des dizaines à renoncer à mener une bataille qui nous paraissait quasi vitale. J'ai fait partie de cela. Camarades, après la déception, après l'amertume, parfois même, de ne pas avoir pu porter nos couleurs et de représenter notre famille socialiste et les jeunes socialistes dans une campagne législative, je dois vous dire cependant que je n'ai jamais été aussi fière d'être une militante socialiste qu'en voyant enfin notre parti se réconcilier avec la gauche et avec son histoire.

Pour autant, disons-le, disons-le, camarades, cela n'a pas suffi. Le gouvernement est toujours de droite. Et nous avons fait face à une percée historique de l'extrême droite en France. 89 députés. Le Rassemblement National est plus dangereux que jamais pour nous, pour la France et pour la République. À gauche, et à fortiori au Parti Socialiste, c'est face à ce danger que nous devons nous rassembler. Mais la réalité, chers camarades, aussi, c'est qu'en 2027, après une décennie de macronisme, de violence sociale, d'irresponsabilité écologique, de libéralisme déchaîné qui abîme les femmes et les hommes jusque dans leur chair, viendra le temps de l'alternance.

Et je vous le dis avec toute la gravité que cela requiert. Si l'alternance n'est pas celle de la gauche unie et rassemblée, alors elle sera d'extrême droite. C'est une conviction profonde qui m'effraie, mais qui me pousse aussi à prendre mes responsabilités et qui guide mes choix au quotidien et ceux des jeunes socialistes. Alors, durant ce congrès, durant ce congrès, chers camarades, je dois vous dire avoir été inquiète. Le socialisme et son parti, c'est d'abord et avant tout le collectif. C'est construire ensemble, malgré nos différences, et se battre ensemble. Et je souhaitais le rappeler, le respect et la base de tout travail en commun.

Hier, nous avons réussi à rassembler et je pense que c'est un choix de raison qui permet de faire de ce congrès une réussite collective. Au moment où nous sommes amenés à nous battre très largement avec le reste de la gauche, avec les syndicats, avec la société civile organisée, contre cette injuste et injustifiée réforme des retraites, certains comportements n'ont pas été à la hauteur. Que pensent, en ce moment, les Français de nous ? Que se disent-ils ? Je crois que, finalement, ils se disent que nous avons été bien meilleurs que ce que ça espérait. Bravo à nous tous pour ça.

J'ai aussi envie qu'ils se disent que nous sommes au Parti Socialiste une force politique qui connaît les crises mais les traverse, qui renaît quand on nous dit mort. J'ai envie qu'ils se disent qu'être un parti démocratique où ce sont les militants qui choisissent, ce n'est pas facile tous les jours mais que c'est notre force. Nous pouvons avoir des débats entre nous, faire savoir nos désaccords stratégiques et une fois le vote passé, nous rassembler, nous rassembler parce que, camarades, nous sommes une famille. Ce rassemblement ne peut sûrement entraîner aucune perte de sens.

La ligne politique qui a remporté l'adhésion de la majorité, c'est celle de l'Union, portée par notre premier secrétaire, Olivier Faure. Nous restons fidèles à ce que nous avons créé, à ce que nous avons construit ces derniers mois. Et j'ai écouté hier avec admiration le propos d'André Léniel qui nous appelait à la sagesse et à la sérénité. C'est la logique même de nos statuts et de nos institutions mais aussi tout simplement le choix des militants qui doit désormais nous guider.

Nous avons déjà su animer des collectifs divers et riches à une époque que je n'ai pas connue mais qui n'est pas si lointaine, coopérer au sein de notre parti des courants de pensée et des personnalités en désaccord, en conflit, parfois même beaucoup plus fort qu'aujourd'hui. Moi, comme d'autres ici, ai été bercée par ces récits de congrès, racontée par nos aînés avec fierté et passion. On m'a parlé d'Épinay, de Rennes, de Rince même. Et un jour, camarade, je dois vous le dire, un jour, je raconterai Marseille et voici ce que je dirais. À Marseille, nous sommes arrivés divisés. Nous en sommes partis rassemblés pour gagner.

Pour gagner, nous nous devions de l'époque, nous nous devions à l'époque de ne pas transiger sur notre ligne politique. Pour gagner, nous nous devions d'unir les socialistes pour unir la gauche. Pour gagner, nous devions assumer nos divergences pour en faire des forces, parce qu'elles nous permettent de nous réinterroger en permanence et de nous améliorer chaque jour. Aujourd'hui, camarade, je suis fière d'être socialiste, fière d'être à vos côtés. Nous sommes des héritiers aussi. Les héritiers des socialistes du XIXe siècle, des socialistes saint-simoniens aux socialistes qui ont conçu les phalanstères en passant par les adeptes de Charles Fourier.

ne croyez pas, chers camarades, ne croyez pas, chers camarades, qu'il n'y avait aucune opposition, aucune animosité entre eux. L'histoire du Parti socialiste, la beauté de notre parti, c'est justement d'avoir regroupé en son sein des courants éparpillés pour en faire des dynamiques et non pas un éclatement de bulles idéologiques. Nous portons des combats socialistes. Et c'est parce que nous avons la volonté chevillée au corps de gagner que nous opérons ce rassemblement. Les amis, notre vocation comme parti socialiste, c'est de transformer la vie des gens. C'est de combattre les déterminismes, de sortir de chacune et chacun des destins déjà tracés dans lesquels ils sont parfois enfermés.

C'est tout cela qui doit nous rendre fiers. Nous nous rassemblons parce que nous voulons gagner et parce que cette unité est la condition de la victoire. Voilà la réalité des socialistes. Je dis je dis aussi à celles et ceux qui ailleurs dans d'autres partis, dans d'autres organisations de jeunesse de gauche nous regardaient avec curiosité mais surtout en fait s'ennuyaient de ne jamais avoir le droit à la parole chez eux et à la décision. Qu'ils ont le droit et le devoir même d'exiger ce que nous avons. Ailleurs qu'ici cependant je vous le dis vous ne l'aurez pas. Vous ne l'aurez pas avec la même passion ou avec la même exigence. La solution est simple rejoignez-nous.

Depuis juin depuis juin vous avez commencé à le faire vous avez commencé à le faire indigné par les affaires indigné par le manque de démocratie jeunes insoumis jeunes écologistes vous êtes devenus jeunes socialistes. Merci. Pour autant camarades nos combats nos combats ne doivent jamais devenir des pugilats nous devons toujours être exemplaires et faire preuve d'exigence envers nous-mêmes. C'est le sens du pacte qui a été signé hier parce que pour nous rassembler nous sommes dans l'obligation de renouveler nos pratiques. Vous le savez je vous parle en tant que présidente des jeunes socialistes. Les jeunes socialistes c'est une organisation qui a connu ces crises.

Une organisation au sein de laquelle régnaient des pratiques que nous ne voulons plus. Les violences notamment envers les femmes étaient une norme. J'ai dû avec mon équipe et avec tous les jeunes socialistes engager de nombreux chantiers pour qu'au quotidien change nos méthodes sur la base du respect mutuel et de la bienveillance. Ce renouvellement des pratiques au parti socialiste je l'appelle aussi de mes voeux et je prendrai ma part pour le voir se réaliser dans les faits. Mais vous savez je veux vous parler aussi des femmes de ce parti. de Christine et de toutes les autres. Pour ma part et je terminerai là-dessus je veux vous parler de ma Christine à moi.

De celle qui m'encourageait à parler en réunion de section. Qui me disait de ne pas me laisser faire. Qui guide alors qu'elle n'est plus à mes côtés chacun de mes pas dans ce parti. Je veux vous parler de Daniel Hoffman-Rispal. de celle je veux vous parler de celle qui est partie du sentier pour se rendre au perchoir. Qui devait écrire ce livre et qui ne l'a pas fait mais qui nous laisse raconter cette histoire. Elle ne manquait jamais une réunion de section. Jamais un conseil fédéral. Toutes les deux nous étions d'accord sur tout et sur rien. Elle me parlait de Rocard avec des étoiles dans les yeux. Elle me parlait de ses luttes et de ses obsessions.

Elle me conseillait et me houspillait en sirotant un verre et en fumant une cigarette de trop. À côté d'elle parfois on disait qu'elle était trop vive trop bruyante trop tout. Elle m'a appris que la passion est bonne conseillère. Ses choix tous étaient guidés par des convictions et par l'amour de son parti. Je lui dois tout. Et n'oublions jamais chers camarades que nous sommes tous les maillons d'une longue chaîne celle du socialisme et de son parti. Soyons à la hauteur de celles et ceux qui comme Daniel nous ont précédés mais surtout soyons à la hauteur de toutes celles et tous ceux qui suivront. Vive les jeunes socialistes. Vive le parti socialiste. Vive Marseille.

et nous pouvons être fiers qu'elle soit la présidente des jeunes socialistes. Merci. Merci Emma. Chers camarades, Marseille c'est beaucoup de choses. Nous l'avons entendu pendant tout ce congrès. C'est un peu là que nous sommes nés. C'est la deuxième ville de France. C'est l'une des plus belles victoires de 2020. Marseille c'est aussi ce port où se sont retrouvés beaucoup de marins après des tempêtes. Et pour en arriver là chers camarades nous en avons traversé des tempêtes depuis maintenant trop longtemps et jusqu'à ces derniers jours de terribles tempêtes que nous aurions voulu tous éviter. Mais nous sommes là maintenant. Nous avons réparé le bateau. Nous avons relevé le mât.

Les voiles sont recousus. Et j'ai envie de vous dire chers camarades il ne tient qu'à nous. Nous sommes maintenant réunis. Nous avons un cap. Le rassemblement de la gauche de toute la gauche et des écologistes. Nous avons un blason celui du socialisme. Nous avons des équipiers et permettez-moi de penser d'abord aux équipières à ces Christine qui ont pris un peu la lumière un peu plus la lumière pendant ce congrès. Finalement chers camarades nous sommes prêts. Il ne nous fout plus qu'un capitaine et nous l'avons. Je vous demande d'applaudir que dis-je d'ovationner notre premier secrétaire Olivier Faure.

37:38
Olivier Faure

chers camarades chers camarades chers Luc chers Marie chers Paul chers Emma chers toutes et tous quel plaisir de vous retrouver ce matin ici à Marseille. Merci à Yannick et à tous les militants de la fédération des bouches du Rhône pour nous avoir si bien reçus. merci aux bénévoles du service d'ordre auquel je renouvelle en votre nom à tous notre affection notre admiration pour la dévotion dont ils font preuve à chacune de nos manifestations. Sans eux ce congrès n'aurait jamais eu lieu. Merci Anna Bénédicta Andrèche Connie et à tous nos amis de la grande famille sociale démocrate européenne et internationale socialiste d'avoir été parmi nous pendant ces trois jours.

Merci à toutes et tous chers camarades délégués et congressistes merci d'avoir fait vivre la démocratie de notre parti.

Chaque camarade cher Benoît comme tu peux être et comme tu dois être fier de présider au destiné de cette ville félicitidément l'homme de tous les rassemblements Marseille Marseille la plus ancienne ville de France est l'une des rares à avoir tutoyé le monde parce que tout transitait par son port sur les toits des cinq continents on trouvait des tuiles moulées à l'estac sur l'ensemble du globe on lavait son linge au savon de Marseille Marseille a brillé Marseille aurait pu s'éteindre mais depuis 2020 Marseille brille à nouveau parce qu'elle est entre de bonnes mains entre les mains d'une gauche rassemblées et Marseille continuera de briller demain Marseille ville métissée ville monde ville généreuse qui du fond des âges a toujours été un port d'attache pour les femmes et les hommes fuyant la faim la guerre la misère ou les violences politiques ils étaient italiens et voulaient échapper au fascisme espagnols et s'arrachaient des griffes du franquisme juifs et arméniens qui fuyaient la barbarie et le génocide ils sont venus d'Algérie du Maroc de Tunisie recruter en masse dans nos usines pour assurer l'expansion des trente glorieuses ils sont ceux que l'espoir d'une vie meilleure a conduit jusqu'ici fenêtres ouverte sur l'autre rive de la Méditerranée toutes et tous ont fait Marseille Payan Rouenessian Carlotti Menouchi Gibrayel Mébarek vous êtes les enfants de cette ville de cette histoire Marseille Marseille vous a tout donné et vous lui avez tellement rendu c'est la richesse d'une ville et d'un pays que de savoir accueillir et c'est la fierté de ceux qui ont connu cette bienveillance que de servir à leur tour et de perpétuer cette hospitalité légendaire aujourd'hui lorsque la ville et Benoît Payan ouvrent leurs portes à l'Océane Viking parce qu'ils refusent que la Méditerranée devienne un immense cimetière alors que tant d'autres détournent le regard c'est Marseille qui est l'honneur de la France c'est un immense défi qui est entre tes mains Benoît avec tes colistiers du printemps marseillais tu sais comme au premier jour que tu peux compter sur notre soutien Marseille a beaucoup donné à la France et aussi beaucoup donné à la gauche la ville peut-être le savez-vous a déjà donné deux congrès de l'ASFIO le 34ème et le 21ème 1924 et 1937 j'entends au premier rang Arthur qui n'est pas seulement le jeune député brillant que l'on connaît désormais mais aussi un historien émérite du parti et qui sait comme l'a rappelé Benoît hier que c'est surtout dans cette ville que s'est tenu le 3ème congrès du parti socialiste ouvrier ce congrès de 1879 dont Jules Gued disait qu'il était l'immortel congrès parce qu'il fut la première étape vers l'unité des socialistes ce 3ème congrès ouvrier on le sait moins fut aussi celui au cours duquel une femme une femme parce que c'est une femme peut-être que l'histoire a oublié Hubertine Auclair retenait son nom qui la première a jeté les ponts entre féminisme et socialisme jusque là même dans nos rangs la femme avait pour devoir d'élever ses enfants et de pourvoir essentiellement à l'éducation de la famille alors Hubertine Auclair vient à Marseille non pas parce qu'elle est ouvrière mais en tant que femme c'est à dire exploité comme elle le déclare à l'assemblée devant elle elle se dit esclave déléguée de 19 millions d'esclaves elle vient proposer aux assises du prolétariat un pacte d'alliance défensif et offensif contre nos communs oppresseurs dit-elle près de 150 années avant les christines et bien il y avait déjà dans nos rangs dans l'histoire du mouvement ouvrier un mouvement puissant un mouvement qui faisait déjà l'égalité nécessaire entre les femmes et les hommes j'y reviendrai tout à l'heure mais à ce moment à ce moment présent je pense à ces femmes qui se battent en Iran en Afghanistan face aux Mollahs et aux talibans leur courage est à la hauteur de ce qu'elles subissent ne cessons pas de parler d'elles le silence est l'arme de tous les tyrans alors faisons-leur une ovation chers camarades oui une ovation pour leur courage pour leur force pour leur dire que nous sommes avec elles et que nous ne les âgerons pas Marseille c'est évidemment aussi la ville du père de la décentralisation qu'asse-t-on de faire aujourd'hui la décentralisation s'est imposée comme une évidence et même aux yeux de la droite qui la combattait pourtant férocement la décentralisation est devenue la règle de vie face aux crises successives sanitaires économiques sociales démocratiques qui les éprouvent durement face à un gouvernement qui les déconsidère injustement nos collectivités ont une nouvelle fois fait la démonstration de leur capacité d'action de leur rôle de garde-fou social alors merci à tous nos maires président de département président de région qui donne vie aux valeurs que nous portons et mention spéciale au dernier arrivé au président de Haute-Garonne Sébastien Vassini tous mes vœux de réussite bon si je cite tic il faut que je cite tac et à travers Pierre Jouvet Johanna Roland Nicolas Mayer-Rossignol Hélène Geoffroy toutes celles et ceux qui sont dans cette salle Mathieu Klein et je vais en oublier donc je vais peut-être m'arrêter là Mathieu Annotin toutes celles et ceux que j'ai vus hier Hélène de Comarmont qui sait qui ceci je vais en oublier mais leur dire à toutes et à tous notre admiration parce qu'ils sont celles et ceux qui portent partout dans les villes et les villages nos valeurs nos principes et qui font vivre ce que nous sommes alors merci à toutes et à tous merci à eux de porter avec courage et fierté ce que nous sommes et je vais en citer un autre parce que nous sommes à quelques kilomètres d'une ville qui s'appelle Vitrolles j'étais il y a quelques semaines à Vitrolles avec son maire notre camarade Loïc Garachon avec Thomas Roller aussi et Yannick Cohen-Essian la fédération des bouches du Rhône nous y étions à l'occasion des 30 ans de reconquête de la ville aux mains du clan Maigret Vitrolles c'était la première ville arrachée par l'extrême droite à la gauche et qui me soit donc permis de saluer une nouvelle fois parce que ce n'était pas facile leur courage leur abnégation le sens du combat de celles et ceux qui ont permis de remettre Vitrolles dans la République mais depuis ailleurs d'autres villes sont tombées dans les mains du Front National et elles n'ont pas été reprises l'extrême droite progresse d'élection en élection et hélas l'année de son jubilé l'extrême droite a pu compter sur l'arrivée à l'Assemblée de 89 députés nous nous retrouvons donc aujourd'hui à Marseille emprunt d'une certaine gravité mais aussi je le dis pour lancer la contre-offensive et puisque vous êtes ici vous les plus jeunes et bien ce combat là ce sera le combat de votre génération d'abord la nôtre aussi mais nous qui n'avons pas réussi jusqu'ici à enrayer sa progression nous comptons sur vous sur votre dynamisme votre enthousiasme sur votre capacité à recréer de l'espoir pour permettre à celles et ceux qui se sont égarés dans les bras de l'extrême droite de revenir vers la gauche parce que c'est la gauche et elle seule qui peut leur rendre réellement l'espoir alors je vous le dis nous comptons sur vous en France l'extrême droite est née de son refus de la République et de sa promesse égalitaire la gauche elle elle est née au contraire pour construire et consolider la République tout nous oppose rien de ce qui a été construit de grand de beau de ce qui nous rend fiers d'appartenir à la République ne l'a jamais été avec l'extrême droite nous serons toujours toujours les premiers les premiers à faire barrage à l'extrême droite à nous opposer à la préférence nationale et à toute tentative de défaire notre constitution c'est à dire à tout ce qui voudrait entailler notre pacte républicain le parti présidentiel joue avec le feu en lui offrant le costume de la République avec l'élection de deux vice-présidents à l'Assemblée nationale alors qu'Emmanuel Macron a été élu lui à deux reprises grâce à nos voix grâce au barrage républicain il a baissé le pont-levis et ouvert les portes du pouvoir au RN alors n'ayons pas crainte de l'assirmer nous ce combat il nous faut le mener au nom des lumières qui ne sont pas simplement un siècle mais un courant de pensée un courant politique qui place le progrès la justice la raison et l'égalité au-dessus de tout depuis les décennies le monde s'en éloigne et le devoir de la gauche c'est d'en reprendre le flambeau et puis à la vôtre et puis Marseille restera évidemment dans nos mémoires notre 80e congrès le 80e en 117 ans c'est dire si nous aimons nous réunir nous sommes un grand parti démocratique un parti de militantes et de militants qui s'investissent qui ne se limitent pas à prendre une carte pour se comporter en simple supporter chez nous tous discutent c'est ce qui fait notre singularité peut-être même notre charme nous pouvons passer des jours à débattre d'une orientation et ensuite passer des nuits à recoller la vaisselle cassée d'où la commission de récollement de ce fait les journalistes viennent régulièrement assister à notre enterrement et à chaque fois heureusement nous les décevons mais bon je vous le dis aussi n'y voyez pas une incitation nous ne sommes pas obligés à chaque fois de rejouer le grand frisson mais chers camarades merci à toutes et tous de faire vivre le débat merci Hélène de porter une contradiction utile depuis longtemps il y a beaucoup de réseaux de migrateurs en politique et tu portes tes convictions avec une cohérence et une constance que les socialistes découvrent au fur et à mesure qu'ils apprennent à te connaître tu as choisi tu as choisi d'assumer tes divergences stratégiques et de ne pas rejoindre la direction du parti alors que tu en avais la possibilité je ne désespère pas de te convaincre mais pour le moment je te dis déjà tout mon respect je te remercie aussi pour les mots que tu as prononcé hier en nous disant que ton parti resterait définitivement le parti socialiste et alors que tu vas prendre la présidence du conseil national je veux aussi adresser un mot tout particulier à Marie et à Luc leur dire ma reconnaissance notre reconnaissance pour leur travail et leur engagement pour faire vivre notre démocratie interne et donner une saveur particulière à nos débats je ne sais pas où sont Luc et Marie mais vous avez mis de l'enthousiasme et de l'humour dans des débats qui étaient parfois compliqués et tendus merci merci merci merci Nicolas merci à toi se retrouver n'était pas forcément une évidence il y a eu des mots blessants des désaccords surjoués de part et d'autre et une dernière semaine où de nombreux militants se sont sentis parfois insultés pas respectés mais toi et moi nous avons fait un choix celui de dépasser ces moments de faire ensemble plutôt que les uns contre les autres et je veux te remercier sincèrement de cet esprit de responsabilité et à travers toi toutes celles et ceux qui t'ont accompagné dans cette aventure et ont voté pour toi et ont voté pour ton texte d'orientation ce n'est jamais simple de faire le choix d'abandonner le confort de la critique pour se confronter aux décisions forcément imparfaites tu es maire et tu le sais mieux que quiconque merci donc d'avoir accepté d'intégrer la direction toi et moi nous allons faire mieux toi et moi nous allons en apporter la démonstration claire avec Johanna et l'ensemble de la future direction je crois en nous merci donc à tous les deux merci à vous toutes et à vous tous délégués et congressistes pour avoir permis ce rassemblement mais je ne voudrais pas non plus vous donner le sentiment de traiter par l'humour ou par les remerciements traiter ce débat à la légère ce congrès était nécessaire il venait d'abord après une défaite cuisante à l'élection présidentielle alors même que nos espoirs étaient grands après les séquences électorales territoriales ce congrès venait aussi après l'accord de la NUPES que personne n'avait anticipé ni les insoumis qui avaient prévu une coalition dont nous ne soyons pas ni nous-mêmes qui n'avions aucun rapport avec la France insoumise depuis sa création et c'est assez logiquement que cet accord législatif a occupé nos esprits pendant les quatre mois de débat que nous venons de connaître alors je veux ce matin vous redire ma conviction et ma détermination nous ne procédons de personne si ce n'est de nous-mêmes Boris et l'ensemble du groupe en sont les garants et depuis six mois aucun d'entre nous n'a eu à se renier notre liberté de vote est totale comme l'est réciproquement celle de nos partenaires mais à chaque étape c'est vrai nous avons et nous devons chercher à faire converger les points de vue sur la défense du pouvoir d'achat ou sur les budgets de l'Etat et de la sécurité sociale socialistes insoumis écologistes communistes ont cherché une voie commune et nous apprenons mutuellement les uns des autres les français eux ont compris depuis longtemps que le rassemblement de la gauche et des écologistes était une nécessité dans la tripartition de la vie politique trois blocs un d'extrême droite un bloc libéral et un bloc de gauche et de l'écologie il n'y a jamais il n'y a pas de place pour le troisième au second tour en 20 ans à trois reprises la gauche s'est vue remplacée par l'extrême droite à l'élection présidentielle nous avions grâce à François Mitterrand réussi à nous hisser au premier rang de la gauche et nous avons longtemps dans son sillage incarné le vote utile celui qui permet de faire gagner son camp disons les choses ce n'est plus le cas ce n'est pas un trou d'air ce n'est pas un passage à vide momentané mais la perte d'un lien de confiance difficile à retisser depuis 2017 l'élection d'Emmanuel Macron président issu d'un gouvernement socialiste l'apparition à ses côtés d'anciens socialistes pour mener une politique de détricotage du modèle social ont achevé de semer la plus totale confusion nos hésitations initiales à son endroit ont achevé aussi de brouiller notre message un socialiste c'est qui ?

un aspirant ministre dans la salle d'attente un traître en devenir voilà ce que nombre de nos concitoyens ont pensé et c'est à nous à nous qui étions pourtant restés sur la rive gauche que le reproche était formulé alors avec l'accord de l'ANUP pour la première fois depuis 5 ans les français ont pu nous situer avec certitude entre la gauche et la droite nous avons affirmé notre appartenance indéfectible à la gauche chers camarades chers camarades on ne bâtit rien sur un terrain instable on ne construit rien à proclamer les gauches irréconciliables et c'est pourquoi je veux porter avec vous l'affirmation de ce que nous sommes au coeur de la gauche et c'est pourquoi je vous demande avec insistance de refuser toute forme de repli sur nous-mêmes je crois tout l'inverse c'est en portant les ambitions de toute la gauche que nous redeviendrons sa force motrice c'est la leçon de François Mitterrand d'abord on rassemble son camp et ensuite on rassemble les français alors qu'avons-nous à apporter à la gauche et à ces millions de françaises et de français qui ont cessé d'espérer comment face au grand dérèglement du monde retrouver l'espérance Benoît nous l'a dit hier le poison de la gauche le poison pour la gauche c'est la résignation les défis semblent parfois si démesurés que l'idée même de les relever est effrayante le repli identitaire l'apathie démocratique l'atomie de la société sont aussi l'effet d'une sidération face à un monde que l'on ne pense plus pouvoir maîtriser l'accumulation des crises et des menaces est sans équivalent crise financière écologique sanitaire retour de la guerre en Europe retour brutal de l'inflation comment garder la tête froide face au grand dérèglement du monde lorsque les perspectives sont aussi noires et que le caddie est aussi vide dans les creux que laisse la parole politique l'extrême droite prospère ces réponses ont le mérite d'offrir une clé de lecture simple en sacrifiant des boucs émissaires sur l'autel des peurs la résignation la peur face à la résignation face à la peur notre premier devoir à nous c'est de réveiller l'espérance oui un autre monde est possible oui la paix est un horizon atteignable oui le changement est possible oui la réduction des inégalités est à notre portée c'est cette espérance qui fait qu'un peuple se lève pour se battre pour prendre son destin en main donc chers camarades notre premier devoir notre premier devoir c'est de faire gagner l'espérance alors mettons toutes nos forces en commun pour redevenir le parti de l'espérance pas le parti des petites rustines que l'on pose sur les fuites non le parti de l'espérance en France en France et en Europe le temps est venu de la grande confrontation politique du grand choix collectif entre trois chemins le chemin libéral encore dominant dans les esprits est condamné par les grandes crises que nous traversons la maladie ne peut prétendre au rôle de médecin le chemin populiste et identitaire celui de l'extrême droite enferme les individus exalte les nationalismes pousse au conflit atomise les liens humains et puis notre chemin celui du socialisme devenu écologique toujours porté par l'impératif d'égalité et de justice sociale est désormais la seule alternative aux deux premiers et c'est pourquoi nous devons expliquer jour après jour pourquoi nous nous battons c'est la question centrale et notre réponse à nous c'est la république sociale et écologique d'où venons-nous d'où venons-nous du choix résolu de la démocratie et de la république comme projet commun et nous venons d'une conscience aiguë de la justice sociale née de la condition ouvrière Jaurès en a fait la synthèse celle de la république sociale nous sommes les héritières et les héritiers de la république sociale et pendant un siècle nous avons vécu avec cet horizon mais que nous dirait Jaurès aujourd'hui qu'il n'avait pas conscience des effets de l'activité humaine sur la planète qu'il n'avait pas conscience de ce que nous appelons désormais l'anthropocène que l'activité humaine est la cause exclusive du réchauffement climatique et qu'au projet qu'il avait initié il faudrait à l'évidence ajouter la dimension écologique la croissance telle que nous l'avons connue n'est plus supportable la recherche du profit la concentration des richesses entre les mains de quelques milliardaires ne sont plus supportables elles contredisent l'idée de justice climatique elles empêchent la justice sociale elles n'offrent pas de vie meilleure et c'est pourquoi nous nous battons c'est bien pour offrir à la multitude une vie large une vie large merci cher Paul d'avoir remis au goût du jour cette belle formule du grand Jaurès la république sociale et écologique appelle aussi il faut le dire des ruptures la première d'entre elles consiste à rompre avec le tout marché la société de marché pour reprendre l'expression de Lionel Jospin rompre avec l'idée que tout s'achète et tout se vend rompre avec la marche sans fin de la mondialisation libérale qui étend ses tentacules jusqu'au coeur de notre vie privée et de nos corps rompre pour remettre les choses dans l'ordre d'abord l'humain et la terre qui le nourrit nous ne disons pas pour autant qu'il faut renoncer au monde nous replier nous enfermer la promesse de l'autarcie de l'entre-soi c'est celle de l'extrême droite nous disons nous qu'il faut avoir le courage de limiter ce qui relève du marché et ce qui n'en relève pas en définissant ce que sont nos biens communs en nous donnant les moyens de les préserver cela s'appelle exercer face aux forces du marché la souveraineté populaire le pouvoir de faire des choix de maîtriser notre destin et contrairement à d'autres cette souveraineté se construit pour nous dans la démocratie dans la justice sociale dans l'écologie dans la coopération internationale et surtout à l'échelle européenne alors oui face à la dictature des marchés financiers et des intérêts privés nous défendons les biens communs et la souveraineté industrielle sanitaire et alimentaire de l'union européenne je prends un exemple celui de l'énergie qui est un bien commun et même un bien de première nécessité elle est un monopole naturel les libéraux ont bien essayé de nous faire croire le contraire ils ont prétendu qu'elle était un bien comme un autre ils ont affirmé qu'on pouvait le monétiser comme on le dit à l'Elysée ou chez McKinsey remarquez c'est un peu devenu synonyme la concurrence était présentée comme un miracle vous verrez les coûts vont baisser la crise a dévoilé l'imposture les prix n'ont pas chuté et le système électrique tout entier s'est fragilisé les ménages les collectivités les entreprises les artisans vivent avec l'angoisse que provoque l'explosion des factures d'énergie les boulangers menacent de ne plus allumer leur four quotidien les mairies ferment les piscines et les gymnases les ménages modestes doivent arbitrer entre chauffage et alimentation alors nous proposons avec Boris avec Philippe Brun et le groupe socialiste de renationaliser EDF et oui de renationaliser EDF et comme nous l'avions déjà proposé dans le projet socialiste pour l'élection présidentielle de nationaliser les réseaux de transport et de distribution du gaz et de l'électricité car oui oui l'énergie est un bien commun rompre avec le marché avec le tout marché pardon s'investir massivement pour atteindre la neutralité carbone en 2050 c'est réduire nos consommations d'énergie transférer massivement oui massivement les usages vers des productions d'énergie non carbonée cette première rupture en appellera une seconde nous devons rompre avec la casse méthodique des services publics qui sont l'outil de protection de nos biens communs la recette des libéraux nous la connaissons tous dans les services publics publics il faut chasser le gras dégraissons allons chercher le nerf le muscle optimisons coupons alors ils ont tout coupé coupé recoupé encore et coupe après coupe le service public s'est fragilisé quelques exemples nos universités reconnues à travers le monde pour leurs enseignants prestigieux et leur recherche de pointe essentielle pour bâtir l'avenir du pays et former les générations nouvelles les voilà désormais exsangues comme notre recherche par la pénurie des postes et par des conditions d'enseignement dégradées le service public judiciaire pourtant indispensable au bon fonctionnement de la société il manque de tout de tout de moyens de greffier et nos hôpitaux nos grands hôpitaux publics leurs patients peuplent les couloirs des urgences quand les services ne ferment pas les infirmières les aides-soignantes les internes enchaînent les gardes épuisés les soignants sont devenus maltraitants faute de temps et d'argent dans tout le service public ils ont tellement dégraissé qu'au lieu de relever de révéler les nerfs et les muscles ils ont raclé jusqu'à l'os les services publics ne tiennent plus que parce que ces agents se dévouent et restent fidèles à leur mission alors il est temps de leur rendre hommage leur donner les moyens d'exercer leur mission à toutes et à tous nous adressons nos remerciements il est temps de rappeler l'excellence de leur travail de rappeler son caractère indispensable de dire que nous sommes fiers de notre fonction publique assez de ce dénigrement permanent assez de ces informations qui louent le privé pour mieux dénigrer le public nous sommes fiers de vous fiers de votre engagement au service de la collectivité fiers de vos métiers du lien du soin de la transmission vive le service public la troisième la troisième rupture que nous devons engager c'est celle de la définition du mérite pour redonner dignité à tous les travailleurs au nom de quels critères payons-nous si mal les salariés de la première ligne au nom de quels critères payons-nous si mal ces auxiliaires de vie ces aides-soignantes ces femmes de ménage je les aurais remorcelées au nom de quelles valeurs supérieures invisibilise-t-on ces métiers exercés principalement par des femmes les socialistes ne croient pas à la valeur du mérite mais à celle du travail et tout travail mérite reconnaissance les socialistes se battent pour les travailleurs pour la dignité des vies pour les salaires pour le partage du pouvoir dans l'entreprise alors oui il est temps de revisiter l'échelle salariale et de reconnaître sa juste valeur au travail des salariés de la première ligne ces métiers que l'on dit essentiels sans pourtant jamais leur accorder la moindre importance la méritocratie récompense et punie selon des critères fixés par les gagnants du système et si tu tombes ou si tu chutes c'est que tu l'as bien cherché comme s'il n'était pas assez difficile de tomber voilà qu'on vous demande même des comptes comme si la réussite devait tout au talent comme si la société n'y était pour rien comme si le hasard d'être née quelque part et d'en avoir tant reçu en héritage n'y était pour rien comme si le fait d'avoir eu accès à la bonne formation d'avoir fréquenté la bonne école d'avoir grandi avec les bons codes d'avoir eu accès et à la culture n'y était pour rien faire croire à chacun à chacune qu'il est responsable de ses échecs c'est le plus grand numéro d'illusionnisme que la droite depuis si longtemps est parvenue à imposer et à dérouler devant nous c'est cette politique d'humiliation qui lui permet ensuite de justifier la réforme de l'assurance chômage si des offres d'emploi ne sont pas pourvues c'est que les chômeurs ne veulent pas vraiment trouver du travail ben voyons c'est ce numéro d'illusionnisme qui lui permet de justifier le versement du RSA sous condition d'activité si tu veux survivre prouve-le et donne-toi la peine de le mériter voilà trop longtemps qu'on nous assène que les gagnants ont mérité leur destin quand les perdants seraient coupables du leur trop longtemps le mythe de l'égalité des chances ne peut masquer les déterminismes culturels et sociaux et l'école doit retrouver sa mission première aider chacun à se former aider chacun à réussir aider chacun à réussir oui pour donner sa chance à tous les talents quand un jeune est en difficulté on l'aide avant qu'il ne chute voilà le sens de notre combat pour une école zéro décrocheur nous voulons l'école de l'égalité et de la mixité sociale et oui donner aux écoles des moyens en fonction de l'origine sociale des élèves et oui contraindre les établissements privés comme les établissements publics à respecter une carte scolaire et à accueillir tous les publics engager la rupture avec la tyrannie du mérite voilà ce qui doit nous porter c'est en assumant ces ruptures que nous pourrons réveiller l'espérance c'est en proposant et en déployant le socialisme écologique que nous pourrons la faire gagner et c'est en faisant gagner l'EPS que nous pourrons faire gagner la gauche dès aujourd'hui notre parti doit se mettre en mouvement nous allons dès demain engager le travail au travers de nos premières conventions je les souhaite ouvertes à tous les français je veux que tous sachent que nous préparons l'alternative et que chacune et chacun pourra apporter sa pierre je veux que nous allions à la rencontre de toutes les associations organisations universitaires intellectuelles bref de tous ceux qui peuvent nous aider à affiner le projet de la gauche la première de ces conventions vous le savez sera consacrée à faire gagner la révolution féministe une révolution féministe est en cours elle est aussi en cours au sein même de notre parti le mouvement mitou a libéré une formidable énergie qui pousse à remettre en cause les mécanismes de domination le virilisme arrogant parfois présent jusque dans nos rangs dans nos congrès ça suffit le règne du patriarcat qui soumet les vies parfois les brises ça suffit les violences sexistes et sexuelles souvent minorées trop souvent minorées toujours minorées toujours ignorées ça suffit les parcours scolaires genrés qui brident les ambitions et ferment les choix de carrière ça suffit les inégalités face au travail face aux retraites ça suffit plus que jamais je suis persuadé que le combat féministe est un puissant moteur de la transformation sociale mais aussi un puissant levier pour réveiller l'engagement et la citoyenneté alors oui je vous le dis notre parti doit devenir enfin un grand parti féministe dans toutes ses facettes je vois même des hommes qui applaudissent debout attention à vous parce que maintenant je vais expliquer ce que ça veut dire un parti féministe dans toutes ses facettes ça veut dire que le projet qu'il porte ses règles de vie interne les villages les villages les visages qu'il incarne dans sa direction dans ses élus tout doit être désormais paritaire ici à Marseille je voudrais vous dire merci merci aux Christine pour le formidable temps d'échange qu'elles ont animé dans ce congrès et dans les mois qui ont précédé merci aussi pour l'ovation que vous avez réservée hier à Johanna Roland et je vous dis aujourd'hui ma fierté ma fierté de la savoir à mes côtés rien ne se fera sans vous dès demain matin emparez-vous du sujet donnez-lui par votre engagement du souffle et de l'impact et faisons ensemble véritablement du féminisme notre étendard je le sais le deuxième chantier qui est devant nous c'est celui de l'Europe nous allons entamer au cours de ce premier semestre le travail préparatoire à l'élection européenne longtemps la gauche s'est interrogée sur la question de savoir si l'Europe était un frein ou au contraire le niveau pertinent pour traiter des sujets sur lesquels nos états-nations sont impuissants à les résoudre seuls le moment n'est plus aux interrogations l'union européenne bouge il faut se saisir de cette opportunité les portes fermées d'hier se sont entreouvertes alors allons-y regardons ce qu'il s'est passé il y a peu de temps encore la mutualisation de la dette c'était impossible interdit mais l'Europe l'a fait pour réparer les dégâts de la crise Covid le pacte de stabilité était devenu l'équivalent des tables de la loi idée roger vous promettait aux enfers l'Europe a laissé les états-membres gonfler leurs dépenses publiques et suspendu le critère des 3% c'est la présidente de la commission elle-même qui nous dit aujourd'hui que la libéralisation du marché de l'énergie est la perte des stupidités que l'Europe ait faite ces 20 dernières années face face aux crises et aux dérèglements du monde la camisole libérale craque l'Europe devient même l'outil qui permet aux socialistes de pousser à des progrès que certains états refusent c'est un socialiste Franz Timmermans qui porte en Europe le Green Deal et les nouvelles ambitions d'autonomie énergétique quand c'est le gouvernement Macron qui lui est condamné à 500 millions d'euros de pénalités pour être le seul état européen à ne pas respecter ses objectifs en matière de production d'énergie renouvelable c'est un autre commissaire européen Nicolas Schmitt qui porte un projet de directive permettant aux travailleurs des plateformes numériques de se faire reconnaître le statut de salarié de plein droit et c'est oui vous pouvez l'applaudir en revanche vous ne pourrez pas applaudir le gouvernement français qui lui fait tout pour bloquer ce projet de directive qu'est-ce que cela signifie tout simplement que le libéralisme est impuissant à affronter les crises impuissant pour lutter contre le changement climatique impuissant aussi pour construire la souveraineté industrielle alimentaire et sanitaire impuissant pour garantir l'accès au bien commun l'Europe ce sont aussi des valeurs à défendre un modèle social un mode de vie c'est vrai que depuis longtemps nous nous étions habitués à la paix nombreux croyaient que les échanges commerciaux déplaceraient définitivement les conflits sur un autre terrain et puis la guerre est revenue il y a un an avec son quantité d'atrocité c'est un peuple tout entier qui s'est levé David contre Goliath l'Ukraine contre la Russie face à Poutine et à Wagner l'Ukraine aspire à l'Europe dans leur combat pour leur souveraineté les Ukrainiens défendent nos valeurs et les valeurs du modèle européen nous avons choisi de les soutenir et de les accueillir au sein de l'Union Européenne céder céder à Poutine ce serait ouvrir la voie à la récidive ailleurs par le même ou par d'autres les grands empires d'hier russes chinois ottomans testent les défenses immunitaires des grandes démocraties Ukraine Taïwan Xinjiang Arménie si nous ne réagissons pas ils avanceront l'international des autocrates est en mouvement et elle ne connaît qu'une seule langue le rapport de force alors face aux menaces autoritaires nous avons besoin d'une Europe à la hauteur d'une Europe qui s'affirme enfin comme puissance capable d'assurer notre défense et notre sécurité commune alors oui le rendez-vous européen sera décisif et nous le préparerons dans un dialogue sincère et exigeant avec les autres formations de la gauche il faut préparer toutes les convergences qui permettront de trouver demain des majorités au Parlement européen mais nous préparerons d'abord ce grand rendez-vous avec notre famille politique nos amis socialistes travaillistes sociodémocrates du Parti Socialiste européen et je les remercie d'être aussi nombreux avec nous à Marseille et d'avoir autant apporté à nos débats oui chers camarades nous le ferons avec toutes celles et ceux qui le partagent mais nous porterons avec fierté le projet des socialistes européens des socialistes français lors des élections de juin 2024 après la révolution féministe après le rendez-vous européen le troisième défi qui nous attend c'est celui de la reconquête des classes moyennes et populaires qui sera l'objet d'une troisième convention nous nous battons pour tous mais singulièrement pour elles nous nous battons pour celles et ceux qui ont le sentiment de ne pas compter et de toujours passer après les autres nous nous battons pour les territoires ruraux des territoires dynamiques créatifs mais aussi des territoires par excellence où vivent des gens modestes ou vivent par exemple plus d'ouvriers que dans le cadre des agglomérations toujours toujours passer après les autres ce sentiment est puissant et il nous arrive parfois devant lui de nous sentir nous impuissants et de ne pas savoir entendre nous ne savons pas toujours entendre ces français qui ont l'impression de ne susciter que l'indifférence il suffit disent-ils de voir les territoires où ils vivent les uns après les autres les services publics ferment le travail manque dans certains territoires je pense notamment aux zones rurales mais ce ne sont pas les seuls il faut faire des kilomètres pour déposer ses enfants à l'école faire ses courses aller travailler il faut des mois d'attente pour décrocher un rendez-vous chez le pédiatre chez le médecin et ce que ces français nous disent au fond c'est que la république ne passe plus chez eux et nous ne savons pas toujours comment répondre à ce sentiment mais l'extrême droite elle sait parfaitement l'exploiter comment avons-nous pu nous la gauche laisser l'extrême droite dire qu'elle défend les exclues et affirmer que nous protégeons les inclus comment avons-nous pu nous la gauche laisser l'extrême droite affirmer qu'elle protège les oubliés et dire que nous défendons ceux qui savent se faire entendre comment avons-nous pu nous la gauche laisser l'extrême droite se faire le porte-parole de la ruralité et en laissant l'extrême droite le dire la gauche oui c'est oublié ces femmes ces hommes n'attendent pas de nous de grands discours sur la fracture territoriale ils ne demandent qu'une chose qu'on les regarde sans misérabilisme ils demandent qu'on les considère considérer nos concitoyens c'est peut-être d'abord concevoir et mettre en oeuvre avec eux une vraie politique d'aménagement du territoire c'est remettre du service public là où il n'y en a plus de l'humain là où il n'y en a pas assez considérer nos concitoyens c'est peut-être d'abord et avant tout les écouter il ne suffira pas de dire à ces femmes et ces hommes que c'est pour eux que nous nous battons pour qu'ils nous jugent dignes de confiance il faudra le leur prouver c'est cela qui devra nous animer dans les prochains mois nous continuerons sans relâche à dénoncer les impostures du RN ces contradictions entre ces mots et ces votes c'est du prix aussi mais nous devons à présent poser les combats à mener ceux de la reconquête républicaine alors chers camarades j'entends la question suivante celle qui vous taraude qui nous taraude tous comment comment nous battons-nous comment redevient-on le grand parti de la gauche et bien chers camarades il y a en réalité une réponse toute simple à cette question ne cherchez ni le sauveur suprême ni César ni Tribun qui viennent éclaircir votre horizon électoral ils n'éclaireront votre route que le temps d'une illusion la réponse au fond elle est au fond de vous pourquoi vous êtes-vous engagé un jour dans ce parti parce qu'en vous raisonnaient les mots de Léon Blum de quoi est né le socialisme le socialisme est né de la conscience de l'égalité humaine alors que la société où nous vivons est toute entière fondée sur le privilège il est né du contraste à la fois scandaleux et désolant entre le fâche des uns et le dénuement des autres entre le labeur accablant et la paresse insolente et votre cœur battait à l'évocation de ce monde plus juste un monde où chacun trouve sa place se sert respecté pour ce qu'il est partage un droit au bonheur un monde citoyen où chacun possède une voix égale pour dessiner l'avenir un monde sans contre-mettre à penser un monde où la culture et les arts deviennent notre luxe collectif commun un monde où les rêves ne sont pas à vendre et un mot un mot à lui seul représentait le sésame pour ouvrir tous les chemins inexplorés et ce mot ce magnifique mot ce mot que nous avons tous chéri depuis si longtemps c'est celui de socialiste et ce mot et ce mot là éveillait en nous cet invincible espoir dont nous parlait Jaurès et bien réveillez cet enthousiasme réveillez votre enthousiasme réveillons notre enthousiasme elle est là la condition de notre retour affirmer haut et fort notre fierté notre fierté oui d'être socialistes tous socialistes ne vous laissez pas affadir par ces petits bons hommes gris qui respirent l'uniformité qui gèrent tout en ignorant les vies qu'ils brassent derrière les tableurs excellent qui vivent esclaves de règles dont ils ont fini par oublier le sens qui comptent sans savoir ce qu'ils comptent n'intériorisez pas la contrainte de ceux qui vous dominent dans ce congrès j'ai souvent entendu parler de soumission et bien ne redoutez de vous soumettre qu'aux puissants ne cédez pas à la résignation fuyez la lâcheté battez-vous pour ouvrir de nouveaux espaces changez les règles du jeu alors alors ils vous diront que vous êtes effrayants mais qu'y a-t-il de plus effrayant qu'une gauche devant laquelle le CAC 40 ne frémirait même plus ils chercheront à vous diviser c'est la condition de leur règne alors restez unis et le nôtre viendra faites france ensemble forgez de nouvelles solidarités dans les combats partagez le frisson d'un rouge baiser ils vous diront que rien n'est possible ils n'ont jamais cessé de le dire ils l'ont dit à Jaurès ils l'ont dit à Blum ils l'ont dit à Mitterrand alors ne craignez pas leur regard ne redoutez que le vôtre croisant votre reflet dans le miroir de vos relancements les congés payés les congés payés bien sûr que c'était impossible mais quelle idée saugrenue que de vouloir payer des ouvriers à ne rien faire pire encore comment imaginer ces ordres de gens de rien avec lesquels il faudrait désormais partager une plage ou le bonheur d'un coucher de soleil sur l'océan et nous l'avons fait les 40 heures avec Léon Blum les 39 avec Pierre Moroy les 35 heures avec Martine Aubry et Lionel Jospin bien sûr que c'était impossible mais quelle folie de vouloir partager les gains de productivité de rendre du temps à des salariés au détriment rendez-vous compte de la compétitivité nous l'avons fait la retraite là je crois que vous voyez où je veux en venir vous avez raison j'y viens la retraite elle est pour nos gouvernants du moment du moment je précise au mieux un salaire différé et un équilibre à trouver entre cotisants et retraités alors ils sont loin les jours heureux du conseil national de la résistance loin des mots d'Ambroise Croizat qui voyait dans la retraite non plus une antichambre de la mort mais une nouvelle étape de la vie la vie la vie enfin voilà ce que ce gouvernement ne comprend pas la vie pour celles et ceux qui se sont usés à la tâche qui n'ont pas goûté aux joies du travail parce que le leur ils ne l'avaient pas choisi mais subi la vie enfin pour en finir avec les réveils aux aurores les gestes répétitifs les charges lourdes les cadences imposées la tutelle du petit chef ces travailleurs ces travailleuses qui se lèvent chaque matin pour attraper un RER ou un bus qui travaillent à l'usine à l'hôpital ou à l'EHPAD ces auxiliaires de vie ces caristes ces français au 3-8 ou sur les chantiers ou qui bitument nos routes ceux dont les corps sont marqués et usés attendent ce moment de leur vie où ils pourront enfin s'occuper d'eux-mêmes et des leurs pour tout cela pour tout cela chaque année supplémentaire est une année de trop et pour tous ceux qui arriveront à l'âge de la retraite au chômage ou au RSA ce sera une année d'humiliation de plus serait-ce donc déraisonnable de vouloir bien vieillir après avoir si mal vécu redevenir maître de son temps celui qui reste c'est un enjeu que doit porter la gauche le droit à la retraite est l'un des plus beaux droits que nous ayons conquis depuis la naissance de l'humanité la vieillesse n'était que naufrage et misère nous avons permis qu'elle soit un nouvel âge de la vie nous avons diminué drastiquement le taux de pauvreté des personnes âgées alors oui nous devons défendre dans ce combat sur les retraites une certaine idée du bonheur le bonheur est une idée neuve disait ça injuste pour qu'il ne soit le plus le privilège de quelques-uns mais accessible à tous nous en sommes toujours là ce débat oppose deux visions du monde la leur et la nôtre leur cynisme c'est de connaître le prix de tout mais la valeur de rien pour reprendre les mots d'Oscar Wilde pour économiser ils sont disposés à oublier cette formidable inégalité qui est celle de l'espérance de vie et surtout de l'espérance de vie en bonne santé et c'est bien un impôt sur la vie qu'il s'apprête à prélever sur les femmes les précaires les carrières longues les métiers pénibles et dans le même temps il continue de baisser les impôts des entreprises de refuser de revenir sur la décision sur l'ISF sur la flat tax les super profits et les dividendes roulent sous nos yeux là-haut ces bombances mais ce serait injuste à leurs yeux de ponctionner ceux qui ont déjà tout leur seul courage c'est de s'attaquer aux gens ordinaires jamais contre les puissances de l'argent alors pour celles et ceux qui aspirent au repos et aspirent à vivre mieux nous serons dans la rue mardi prochain avec des millions de français et de français nous marcherons nous marcherons chaque jour qu'il faudra chaque jour où l'intersyndical le proposera nous marcherons contre la réforme nous marcherons contre le déni de démocratie nous marcherons contre un gouvernement qui refuse le débat bâcle l'examen du texte réduit drastiquement le temps de travail des parlementaires pour mieux empêcher les amendements et faire tomber une réforme dont les français ne veulent pas nous marcherons et personne ne sera de trop nous irons au devant de cette majorité sociologique qui sera demain celle du changement j'appelle nos parlementaires l'ensemble de nos élus et militants à organiser partout en France dans nos villes et nos villages meeting atelier de lecture distribution de tracts au coup du 49-3 permanent opposant notre roi de résistance leur brutalité et pensée pour nous décourager nous ne nous découragerons pas nous sommes là nous dès demain nous serons au travail c'est à dire mobilisés pour faire entendre une autre voix aucune intimidation ne nous fera taire nous parterons au parlement la voix de ceux qui n'ont que nous pour les défendre nous nous montrerons fidèles à notre histoire à nos principes à nos valeurs c'est la promesse de Marseille française français vous n'aurez plus jamais à attendre notre retour parce que nous ne vous quitterons plus rejoignez-nous rejoignez-nous apportez-nous votre force et votre créativité ensemble ouvrons une nouvelle panne glorieuse vive les socialistes vive la gauche vive la République la France