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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 27 juin 2026 12 min

Iran : un cessez-le-feu déjà compromis ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Que signifie cet accrochage? Est-ce que les combats pourraient reprendre? Que donnent les négociations? - Après 10 jours seulement de cessez-le-feu au Moyen-Orient, les frappes reprennent déjà au niveau du détroit d'Ormuz.

Ce vendredi, l'armée américaine a pris pour cible la côte sud de l'Iran, une réponse à l'attaque d'un cargo singapourien par les Iraniens. Une frappe qui a eu le don d'énerver Donald Trump. - Vous avez dit que l'Iran avait violé le cessez-le-feu.

Il y aura des conséquences? - Vous verrez. - Le cessez-le-feu est toujours en vigueur? - Je n'aime pas qu'ils aient tiré quatre fois sur un navire. - Colère du régime iranien qui accuse les Etats-Unis de rompre le cessez-le-feu. - Le ministère des Affaires étrangères a condamné ce qu'il a qualifié de "violation flagrante par les Etats-Unis du protocole de paix" et a déclaré: "Nous défendrons la souveraineté, la sécurité et les intérêts nationaux du pays de toute notre force." - Elle semble loin, la sérénité affichée par Donald Trump il y a 10 jours, lors de la signature d'un protocole de paix dans l'enceinte dorée du château de Versailles.

Trump affiche un sourire, mais la veille, il concédait à demi-mot que les 60 jours de négociation seraient difficiles. - Un homme sage a dit un jour, en janvier 2020, que l'Iran n'avait jamais gagné de guerre, mais qu'il n'avait jamais gagné une négociation non plus. - Quel homme sage a dit ça? - Donald Trump. - C'est ce que je me disais. - Les Iraniens, des négociateurs redoutables.

Ils ne cèdent sur aucun terrain. Ils auraient même lu le livre de Donald Trump de 1987 où il assume d'être agressif et imprévisible pour faire céder ses adversaires. Ils auraient consulté des psychologues pour mieux anticiper les réactions du président américain.

Les Iraniens semblent avoir compris la leçon et n'hésitent plus à jouer la politique de la chaise vide. - J'ai dit à Vance que j'étais là pour mener des pourparlers. La première clause stipule qu'il ne doit y avoir ni menace ni coercition.

Votre président a proféré une menace. Nous ne négocierons jamais sous la menace ou la coercition. Nous avons quitté la salle. - Dans le protocole de paix, 14 points, mais 3 sujets de blocage demeurent.

L'Iran conservera-t-elle le contrôle du détroit d'Ormuz et pourra-t-elle imposer des droits de péage? Washington s'y refuse. La question du nucléaire iranien reste en suspens.

Dernier obstacle: le conflit au Liban. Avancée majeure hier soir, un accord-cadre a été signé à Washington pour avancer vers la paix. Israël est loin de se retirer comme le réclame l'Iran. - C'est une grande victoire.

Nous continuerons tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé, tant qu'il y a un danger pour l'Etat d'Israël. C'est un coup dur pour l'Iran. Ils tentent de nous forcer la main.

Ce ne sont pas vos affaires. - Un accord que rejette catégoriquement le Hezbollah, allié de l'Iran. - Israël n'a d'autre choix que de se retirer complètement de chaque centimètre de notre terre libanaise et de cesser toute agression par air, par terre et par mer, sous toutes ses formes. - 6000 personnes ont été arrêtées depuis le début de la guerre et les exécutions se poursuivent. 75 personnes seraient en attente de leur exécution prochaine. -A.Casse: La promesse de cette émission, c'est de vous emmener dans les coulisses.

Vous allez nous expliquer ce qui s'est vraiment joué, Lucas Menget. On voit la médiation qui est proposée. Les Qataris semblent donner des conseils à JD Vance.

Les Qataris semblent lui donner des tournures de phrases. Cette image est étrange. On peut y voir ce qu'on veut, mais on a l'impression que JD Vance est dépassé par les événements. -L.Menget: Après, c'est une photo.

On ne sait pas sur quoi il travaille. Elle est très symbolique et impressionnante. C'est un peu le stagiaire de JD Vance qui vérifie ce que fait son patron.

L'image montre surtout le poids du Qatar dans cette affaire pour les Américains. Les Qataris comme les Pakistanais sont indispensables dans cette négociation. Ils connaissent très bien les Iraniens.

Et surtout, je vais peut-être dire une banalité, mais ils connaissent la culture régionale. JD Vance ne connaît rien au Moyen-Orient. Peut-être que dans la manière de s'adresser aux gens et dans la respectabilité qu'il faut pour s'adresser aux Iraniens, les Qataris servent aux Américains de fixeurs dans la région.

Ils leur expliquent comment leur parler. Il y a des points très techniques sur lesquels je n'ai pas d'informations aujourd'hui, on ne sait pas exactement ce qui se négocie, notamment sur le nucléaire, mais on sait que les Américains ont vraiment besoin de cette aide régionale et de compréhension. JD Vance est un Américain très typique, qui a très peu voyagé.

L'international n'est pas sa culture ni sa passion. C'est un spéciialiste de politique américaine, dans laquelle il fait une carrière exceptionnelle, mais il ne connaît pas le Moyen-Orient. -A.Casse: Les Iraniens ont claqué la porte des discussions.

On a vu aussi la surprise quand on lui rappelle sa formule: "L'Iran n'a jamais perdu une négociation." Comment vous mettez en parallèle cette déclaration et cette image? -E.Sheppard Sellam: Leur renvoyer dans la figure ses paroles, c'est symptomatique de ce qui se passe aujourd'hui.

Il y a des questions sur cette naïveté que JD Vance a sur le Moyen-Orient. Il y a aussi des photos de lui avec des lobbys. Il y a beaucoup de questions aujourd'hui sur son professionnalisme.

Les paroles qui auraient été tenues à une époque autour de l'Iran, aujourd'hui, c'est l'opposé. Il y a beaucoup de questions. -A.Casse: L'Iran persiste et signe à dire qu'il y aura un péage. "Nous allons mettre en place un mécanisme d'assurance pour couvrir les navires." C'est ce que dit un des visages du régime.

Ca aurait été un problème concernant le droit international. -D.Rigoulet-Roze: C'est tout l'art de la formulation.

Il y a des frais de gestion imposés. En théorie, c'est plutôt une offre qui peut être faite. -A.Casse: Cet homme, il pèse? -D.Rigoulet-Roze: Oui, dans le cercle des ultras, des radicaux.

C'est un Gardien de la Révolution. J'évoque souvent son parcours personnel emblématique. Il aurait été éliminé à l'étranger en 2011, son fils, avec son accord tacite, parce qu'il aurait trahi les idéaux de la République islamique.

Il ne l'a pas fait tuer, mais il ne s'y est pas opposé. Ca situe la personne. -L.Menget: Ce n'est pas un partisan acharné de la négociation.

Il fait Il est en train de cristalliser une mutation du régime. -D.Rigoulet-Roze: Cela frôle le racisme arabe.

Il a des formules parfois maximalistes. -A.Casse: Pourtant, voici comment Donald Trump a parlé ces derniers jours du régime iranien. - Nous avons affaire à des gens que je trouve très rationnels.

Ils ont été agréables dans les négociations. Ce sont des gens forts et intelligents. Ils ne sont pas radicalisés et cherchent à aider leur pays. -A.Casse: Je vous vois réagir. -L.Menget: On réagit tous.

Donald Trump promettait il y a trois mois l'enfer sur terre aux Iraniens. Il disait qu'ils étaient des fous complets. C'est ce qui nous sidère.

Il peut changer d'avis complètement. -A.Casse: Pourquoi? -L.Menget: Parce qu'il veut ce deal.

Il veut passer à autre chose et qu'on arrête de l'embêter avec l'Iran. Il sait que cette aventure militaire va lui être reprochée. Il ne veut pas continuer.

Il est capable de dire l'inverse de ce qu'il avait dit avant. Ca nous fait sourire, mais c'est sidérant d'entendre le président américain qualifier les dirigeants iraniens qui sont beaucoup plus durs que les précédents de personnalités agréables et pas radicalisées. -A.Casse: C'est surprenant.

On sait s'il y a un téléphone rouge entre le nouveau guide suprême et Donald Trump? -A.Levallois: Je ne pense pas qu'ils se parlent.

On assiste à une évolution du régime. Les interlocuteurs, ce ne sont pas les religieux, et encore moins le guide suprême. C'est les Gardiens de la Révolution.

Dans ses déclarations, j'entends de la part de Trump qu'il aime les rapports de force. Il n'est que dans des rapports de force. En face de lui, il a un pouvoir qu'il a détesté car il a promis d'éliminer le pays, mais il est face à des politiques qui lui tiennent tête et qui arrivent quand même à dire des choses et à imposer des choses.