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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 8 mai 2026 36 minContradictoireMixte

Dons aux associations : Les Français ont-ils encore les moyens d'être généreux ?

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Présentateur

France Inter, France Inter, le 18-20, Eric Delvaux. Question ce soir sur les dons que vous faites ou pas aux associations. Les Français ont-ils encore les moyens d'être généreux ? Nous commenterons ce soir le septième baromètre annuel de la solidarité que publie la fondation Apprenti d'Auteuil qui a interrogé les Français sur leur générosité passé et avenir dans un contexte international politique et économique très incertain. Les dons reculent et les intentions de dons également. 92% des Français se disent préoccupés par le contexte international.

On verra précisément quelles sont leurs inquiétudes et surtout quelles répercussions cela entraîne sur les dons aux associations et au final souvent sur les plus démunis, les jeunes notamment, dont se préoccupe cette fondation Apprenti d'Auteuil depuis près de 160 ans. Et vous ? Quel rapport entretenez-vous avec les dons aux associations ? Êtes-vous prêt à donner ? À donner moins ? À ne pas donner du tout ? À donner de votre temps ? Pourquoi pas ? Venez nous faire part de vos commentaires, de vos questions aussi. Le standard est ouvert 0145 24 7000 ou bien via l'appli Radio France. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne ? 0145 24 7000.

Je vous présente les invités dans un instant. D'abord notre auditeur qui appelle Manolo, qui est à Montmerle-sur-Saône. Bonsoir Manolo, vous êtes à l'antenne.

1:31
Invité

Bonsoir. Je voulais simplement témoigner. Moi je donne, du moins nous donnons à 12 associations 75 euros par association tous les ans. Ce qui est un effort relativement considérable. Et nous sommes malheureusement relancés régulièrement par les différentes associations à lesquelles nous donnons. À d'autres, parce qu'on doit être dans des fichiers de donateurs. Et il y a un moment où on ne peut plus, en fait.

2:05
Présentateur

Vous êtes obligé de faire des choix. Vous faites comme vous pouvez et vous faites des choix. Merci beaucoup de ce témoignage, Manolo. Avec ce soir, trois invités pour vous répondre, chers amis auditeurs. Vanessa de Lozinguin, vous êtes la directrice de communication et ressources à la Fondation Apprenti d'Auteuil. Salomé Quétier, directrice d'études au département Opinion d'Ipsos BVA. Et Tarek Daher, déléguée générale d'Emmaüs France. Salomé Quétier, je vais peut-être vous soumettre ce premier témoignage de cet auditeur qui donne 75 euros à 12 associations chaque année. Est-ce qu'on peut rappeler quel est le montant moyen des dons chaque année aux associations ?

2:48
Invité

Oui, bonsoir et bonsoir Manolo. Et merci d'avoir partagé votre témoignage. Déjà, il faut savoir qu'en France, aujourd'hui, on a 47% de donateurs. Donc, un peu moins d'un Français sur deux fait des dons à des associations ou des fondations. Et le montant moyen du don, aujourd'hui, il est de 336 euros. Il faut savoir que, d'une part, la part de donateurs est en baisse. Vous l'avez déjà évoqué. Une baisse assez conséquente de 5 points. C'est la plus haute qu'on ait jamais enregistrée. Et depuis le début du baromètre, en 2020, on est au plus bas niveau en termes de part de donateurs. Les montants moyens sont également en baisse, 336 euros. Sachant que c'est une moyenne.

La moyenne, elle est forcément tirée par des valeurs très hautes. En réalité, parmi les donateurs, la majorité des donateurs donnent moins de 100 euros. Donc, effectivement, les dons de Manolo sont très importants. On le remercie, d'ailleurs, pour sa générosité, pour sa solidarité. Et bien sûr, on ne peut pas donner plus que ce qu'on peut. Forcément, nous, ce qu'on voit en termes de profil de donateurs, c'est que plus on a de revenus, et notamment quand on a des très hauts revenus, plus on donne. Mais ceci rassurant de voir qu'y compris parmi les plus modestes, on a une part de donateurs relativement importante.

Par exemple, parmi les personnes qui gagnent moins de 15 000 euros par an, on a tout de même 32% de donateurs. Et voilà, chacun forcément donne à hauteur de ce qu'il peut. Mais en tout cas, voilà, effectivement, ces dons-là sont extrêmement généreux et très précieux.

4:14
Présentateur

Et on verra dans un instant quel rôle joue la défiscalisation dans ce système. Vanessa de Lozinguin à la Fondation Apprenti d'Auteuil, chute des dons donc, chute des prévisions de dons également. Depuis 7 ans que votre baromètre existe, vous n'aviez jamais connu de perspective aussi sombre ?

4:34
Invité

Effectivement, ce qu'on peut constater, bonsoir à tous et bonsoir aux auditeurs, on peut constater une baisse importante qui nous inquiète, une baisse significative sur l'année 2025. Alors à Apprenti d'Auteuil, on constate déjà une baisse du nombre de donateurs en 2025. Mais ce qui nous inquiète le plus, c'est que c'est une tendance qui commence à s'inscrire dans la durée. Et on avait pressenti déjà cette tendance à la baisse lors du baromètre l'an passé. Là, ça se confirme et on sent que les prévisions de 2026 sont fortement impactées par les incertitudes liées au contexte international et français.

5:13
Présentateur

Tarek Daher, délégué général d'Emmaüs France. Comment est-ce que vous ressentez chez Emmaüs, ce qui apparaît donc comme une lassitude des Français face aux dons ? Don de la personne, j'imagine, plus que de dons financiers en ce qui vous concerne peut-être ?

5:26
Invité

Alors bonsoir, don de la personne pour en effet de nombreux bénévoles, à 16 000 bénévoles dans le mouvement. Donc ce sont des gens qui viennent donner de leur temps et c'est précieux et nous en avons besoin. Don d'objets aussi puisque le mouvement Emmaüs, il fonctionne et il réussit à tourner de manière assez autonome grâce aux textiles, aux mobiliers, aux livres, aux jouets qu'on nous donne pour qu'ils aient une seconde vie et que derrière nous puissions les revendre. Alors ce sont 320 000 tonnes d'objets chaque année que nous collectons dans nos 500 points sur tout le territoire donc c'est évidemment significatif.

On observe comme partout un peu de fragilité sur ces dynamiques qu'on peut observer aussi. Je pense qu'il faut prendre un petit peu de hauteur sur cette question-là. Au-delà du contexte, c'est vrai qu'on a sur la question du don, on a l'impression qu'elle n'est plus trop portée politiquement, sociétalement, philosophiquement. On est quand même dans l'ère du tout marchand, où chaque objet a une valeur, il faut absolument la revendre, etc. Et le premier réflexe est souvent celui-là, d'essayer de rentrer dans des logiques économiques.

On essaye de revaloriser aussi ce que ça veut dire que de donner un objet, ce que ça permet de financer derrière pour nous les personnes qu'on peut accueillir grâce à ça. Et quand on donne du temps aussi pour les gens qui viennent et qui sont bénévoles chez nous, on essaye de renouveler, de faire venir les jeunes générations sur ces aspects-là, comme vous l'imaginez.

6:46
Présentateur

On en reparlera tout à l'heure du renouvellement des nouvelles générations, notamment chez vous, chez Emmaüs France. Patrice... Ah non, c'est Claude qui est en ligne. Alors j'y retourne. C'est bien Patrice qui est en ligne, de la Meuse. Bonsoir Patrice. Oui, bonsoir. On vous écoute.

7:02
Invité

Alors en petite question, j'ai entendu dire que c'était 336 euros. Je ne sais pas si c'est avant ou après l'éduction fiscale. Ceci dit, il existe des associations qui bénéficient d'un abattement fiscal de 75%. Et c'est très bien comme ça. Je pense au Resto du Coeur, à la Croix-Rouge. Alors que d'autres n'ont qu'un abattement de 66%. Bien qu'elles soient très dévouées pour des aides à des populations en difficulté. Prenons les exemples, en dit CAPA international, élevage sans frontières. Et puis il y en avait d'autres aussi pour la protection de l'environnement, les animaux. D'autres exemples, Bloom, Schaeffer, Greenpeace, celle 214.

Des petites associations comme le Duché du Chalibre à Bar-le-Duc. Mais qui font tout un travail remarquable, très loin d'une intention mercantile. Et au service du vivant, de tout le vivant. Je pense qu'elles pourraient bénéficier aussi de 75% d'abattement.

7:50
Présentateur

Merci de ce témoignage que je vais soumettre à Salomé Quétier, qui est directrice d'études au département Opinion Ipsos BVA. Notre auditeur nous dit d'abord sur les 336 euros.

8:04
Invité

Sur les 336 euros, effectivement, c'est avant déduction. Sachant que tous les dons ne sont pas défiscalisés. Ne serait-ce que parce qu'une partie des donateurs ne sont pas soumis à l'impôt sur le revenu. Mais effectivement, voilà pour cette précision sur le montant.

8:17
Présentateur

Et il y a le deuxième aspect de son témoignage. Certaines associations bénéficient de 75% de déduction fiscale. D'autres de 60 ou 66% seulement. Selon quels critères, Vanessa Delosinguin ?

8:30
Invité

Effectivement, certaines organisations telles qu'Apprentis d'Auteuil, d'aide aux plus démunis et de l'aide aux victimes de violences, bénéficient de ce qu'on appelle l'amendement Coluche. qui fait que nous avons une déductibilité à 75% à la hauteur de 2000 euros de déduction fiscale. Et ça passe ensuite à 66% comme l'ensemble des acteurs associatifs. Alors je partage évidemment. Si l'ensemble du secteur associatif pouvait bénéficier des mêmes avantages fiscaux, ça permettrait d'avoir une lisibilité, une clarté plus grande pour les Français. Mais malheureusement, ce n'est pas entre nos mains, là, pour le coup. C'est l'État qui décide de ces déductions.

9:13
Présentateur

Cela dit, Salomé Quétier, c'est depuis 2020 que le plafond de déduction des dons aux associations peut atteindre 75% sur son impôt sur le revenu. C'est passé de 552 euros à 1000 euros, je crois ?

9:26
Invité

En 2020, oui. C'est passé de 550 à 1000 euros en 2020. Donc ça, c'est pour le changement de 2020. Et il y a un nouveau changement dont peu de personnes sont au courant. Donc depuis cette année, c'est tout récent, le plafond, comme l'évoquait Vanessa, est passé à 2000 euros. C'est vrai que, voilà, c'est une...

9:42
Présentateur

Il est placé pour tout le monde à 2000 euros ?

9:43
Invité

Pour les associations qui peuvent bénéficier effectivement des 75%.

9:48
Présentateur

Ma question, Salomé Quétier, c'est, est-ce que les Français sont bien au courant de toutes ces offres de défiscalisation selon les dons ?

9:56
Invité

Alors effectivement, non, tous les Français ne sont pas au courant. Alors, on ne pose pas toutes ces questions précisément, mais on avait sur la dernière édition des questions sur la connaissance, par exemple, du montant de plafond, où on voyait que seulement une minorité des Français étaient au courant qu'on pouvait défiscaliser jusqu'à 1000 euros et que le plafond avait été relevé. Donc effectivement, il y a des efforts à faire là-dessus, d'autant plus qu'on sait que ça a un impact, y compris les plus hauts revenus, puisque dans le cadre du baromètre, on interroge aussi séparément, en parallèle, un échantillon de très hauts revenus.

Ils nous intéressent forcément parce qu'ils sont particulièrement généreux, donc leur solidarité pèse pour beaucoup sur les revenus des associations, y compris eux ne sont pas tous au courant, alors même que ça peut avoir un impact très important sur leurs dons. Aujourd'hui, on a parmi les hauts revenus à peu près 80% d'entre eux qui se disent bien informés, mais seulement 37% qui se disent très bien informés sur les dispositifs en place.

10:49
Présentateur

Au Standard de France Inter, Claude nous attend. Il appelle de grâce. Bonsoir Claude. Elle, vous êtes une Claude au féminin. Bonsoir Claude. On vous écoute.

10:59
Invité

Bonsoir à tous. On vient longuement de parler des dons, mais tout dépend, par exemple, de ces moyens. Si on est quelqu'un d'égé et qu'on fait un don pour avoir une baisse des impôts, etc., sans se préoccuper à quoi ça va servir. Mais ce qui est très important, c'est regarder autour de soi, même si on n'a pas de gros moyens. Il y a des petites mamies, il y a des étudiants, il y a des femmes seules. On peut toujours aider ces gens-là. Et quelquefois, on va vous dire, ouais, mais je donne une pièce et ils achètent de la boisson. Mais celui qui donne ne se trompe jamais.

Si celui qui reçoit se trompe, mais encourager énormément dans les temps qu'on vit de regarder autour de soi, ce serait très important.

11:53
Présentateur

Merci beaucoup de ce beau témoignage, Claude. Je vais le soumettre à nos invités, pour commencer, Vanessa de Lozinguin. Ceux qui donnent ne se trompent jamais, dit cette auditrice. Comment est-ce que vous encouragez ça, la Fondation Auteuil ?

12:09
Invité

Ça me fait chaud au cœur d'entendre votre témoignage, Claude. C'est sûr que le don, et on a des témoignages tous les jours à Apprentis d'Auteuil, de donateurs modestes qui nous disent qu'ils ont envie de continuer à soutenir la Fondation, qui ont confiance en nous, qui ont envie de soutenir la jeunesse en difficulté, mais qui malheureusement, compte tenu d'un pouvoir d'achat plus restreint, ont plus de difficultés à le faire. Donc c'est certain que chaque don compte, il n'y a pas de petit don ou de grand don. Vraiment, chaque don a de la valeur, et on remercie infiniment l'ensemble des donateurs qui soutiennent Apprentis d'Auteuil, comme l'ensemble des causes d'intérêt général.

12:48
Présentateur

Tarek Daher, chez Emmaüs France, qui sont les bénévoles qui viennent vous soutenir ? Qui sont ceux qui viennent vous donner leurs objets, leurs biens ?

12:58
Invité

Heureusement, parce que nous sommes là depuis 70 ans, c'est souvent un réflexe qui est assez installé, de venir nous donner des objets, parce qu'un proche décède, qu'on vide sa maison, parce que les enfants grandissent, etc. C'est quelque chose qu'on essaye de maintenir et de cultiver. Et pour aller dans le sens de ce que Mme l'auditrice disait à l'instant, c'est vrai que le don, c'est quand même une opération de solidarité simple, qui est accessible à tout le monde, et qu'on essaye de valoriser par tous les moyens, et surtout de montrer qu'on peut faire du don de plein de manières. Il y a évidemment le don financier, mais il y a le don d'objets, il y a le don de temps, etc.

Le don d'attention, et en fait, c'est pour ça que nous, ce qu'on essaye de mettre en avant, c'est le fait de venir, de rencontrer, d'échanger. Et les bénévoles qui viennent chez nous, bien sûr, parfois, ils ont des passions ou des objets militants qui sont très liés à ce qu'on fait. Ils sont très attentifs à la seconde main, ils sont très attentifs à l'agroécologie, ils sont très attentifs aux personnes en parcours d'exil. Mais ce qui les bouleverse, c'est toujours de rencontrer les personnes, de venir échanger, de venir discuter, de finalement, de cheminer dans leur vie avec les gens qu'on accueille et les gens qu'on aide à se reconstruire, et c'est ça qui fait la différence.

14:06
Présentateur

Colette nous appelle à France Inter. Vous habitez dans les Charentes, Colette, on vous écoute.

14:11
Invité

Oui, bonsoir, je suis bénévole chez Emmaüs, et depuis quelques années, je constate que nous avons une baisse de dons, enfin, la qualité des dons est en baisse, parce que les gens, les personnes vendent sur les différents sites, font des vies de maison, font des vies de grenier, et quelquefois, ils nous appellent, ils appellent Emmaüs pour leur dire « Venez chercher, en fait, on va chercher ce qui reste qu'ils n'ont pas pu vendre. »

14:41
Présentateur

Merci beaucoup de ce témoignage, je vais en parler avec le délégué général d'Emmaüs France, Tarek Daer, ce que vous récupérez désormais, et je pense aux vêtements notamment, est de moins bonne qualité que par le passé ? On explique ça comment ?

14:56
Invité

Alors, il y a des phénomènes de système, en fait, des phénomènes de marché. Vous avez cité le textile, qui est un assez bon révélateur, en fait, d'un phénomène qu'on observe. Le textile, pourquoi c'est un bon révélateur ? Parce que c'est une filière sur laquelle on produit de plus en plus. On pourrait penser qu'on est passé un peu à l'air de la consommation responsable, etc. En fait, pas du tout. La fast fashion est encore là. La fast fashion est largement là. Il y a 3,3 milliards de pièces par an qui sont mises sur le marché en France. Et en moyenne, les Français achètent 49 pièces par an, par Français. Donc, c'est gigantesque. Ce sont des produits neufs.

Et donc, évidemment, vous imaginez tout ce que ça génère, au-delà de la pollution, même tout ce que ça génère, d'ailleurs, comme don. Parce qu'évidemment, les gens ne peuvent pas garder autant d'objets. Et donc, il y a une consommation très rapide et très cyclique qui fait que nous, nous récupérons des quantités importantes. En termes de quantité, ça n'a pas nécessairement diminué. Mais souvent, sur des objets de moins bonne qualité. On sait qu'aujourd'hui, 70% des achats dans le textile, ce sont des produits de première main, de premier niveau, pardon, de première catégorie.

C'est-à-dire, voilà, souvent des produits de mauvaise qualité, dont la durée de vie est faible, qui perdent leur couleur rapidement, etc. Qu'est-ce que vous faites de ces objets-là ? Eh bien, évidemment, c'est une problématique pour nous.

16:08
Présentateur

Parce que vos concurrents, chez Emmaüs, finalement, c'est devenu Internet. Et quand on voit, je vais citer Vinted, parce que je la connais de nom, en tout cas. Mais on vend d'abord, sur les plateformes, les vêtements de qualité. Et c'est ce qui reste qu'on vient vous proposer, chez Emmaüs ?

16:26
Invité

Exactement. Et vous savez qu'il y a même un terme pour ça. Dans les filières de réemploi, on appelle ça la crème. Ce qui est la crème, nous avons besoin de la crème, en fait. Parce que la crème, elle nous permet de financer un modèle qui fait que nous collectons tout, en fait. Nous ne trions pas, nous. Évidemment, quand vous allez sur une plateforme, vous ne verrez que des beaux objets. Donc, vous ne verrez que de la crème. Nous, on a un modèle qui permet de tout récupérer. Ce qui est un modèle, évidemment, vertueux, même écologiquement. Parce qu'en fait, mieux vaut que ça vienne chez nous plutôt que ça aille en déchetterie.

D'abord pour le portefeuille des Françaises et des Français et des collectivités. Mais aussi parce que le bilan carbone d'un tri qui est fait chez nous est évidemment bien meilleur que celui d'une incinération en déchetterie, comme vous l'imaginez. Et donc, en plus, derrière, si nous, nous avons de moins en moins d'objets de qualité, il faut rappeler que derrière, ce sont nos actions qui sont menacées. Et avec cet argent-là, qu'est-ce que nous finançons ? Nous finançons des places d'hébergement, nous finançons de l'accompagnement social, nous finançons de l'insertion.

C'est toutes ces actions du quotidien et qui font le mouvement Emmaüs aujourd'hui et ces 40 000 personnes qui sont fragilisées.

17:24
Présentateur

Vanessa de Lozenga, on parlait de l'épargne. Est-ce que vous avez des garanties sur la pérennité de l'épargne et de la défiscalisation ? On parlera de l'épargne tout à l'heure, qui est un peu l'ennemi des dons. Est-ce que vous avez des garanties sur la pérennité de ce système de défiscalisation des dons ? Ou est-ce que vous redoutez un jour une remise en cause de ce système ?

17:46
Invité

Malheureusement, on n'a pas de garantie. Et on a effectivement, on redoute année après année à chaque discussion sur les projets de loi de finances dans le contexte français où les économies sont recherchées un peu partout sur les budgets. La défiscalisation des dons est régulièrement interrogée, potentiellement remise en cause. Et ça, c'est catastrophique pour le secteur associatif. Parce que les donateurs, et c'est bien normal, ils ont besoin de stabilité. Ils ont besoin de savoir exactement quand ils font un don, quelle est l'incitation fiscale. Il ne faut pas oublier que même s'il y a cette incitation fiscale, le don reste un acte volontaire.

Il reste un don de chacun des Français vers une cause d'intérêt général qui en a besoin.

18:32
Présentateur

Face à l'incertitude géopolitique, l'incertitude économique, les Français ont-ils encore les moyens d'être généreux ? Les dons aux associations, on en parle jusqu'à 20h. France Inter, le téléphone son. Fabienne nous appelle d'Aix-en-Provence. Bonsoir Fabienne.

18:52
Invité

Bonsoir.

18:52
Présentateur

On vous écoute.

18:53
Invité

Oui, alors simplement pour apporter mon témoignage, voilà, je donne régulièrement à peu près 200 euros à une association qui s'appelle les Chiens Guide d'Aveugle. Je le fais parce que c'est une cause qui me tient à cœur pour des raisons personnelles. Et pour rebondir sur votre reportage précédent, ce n'est pas par défiscalisation ou autre, parce que pour 200 euros, voilà, c'est simplement par, dirais-je, humanité, par intérêt. Parce que je pense que, voilà, il est important de soutenir certaines causes, dont celle-ci qui, encore une fois, me tient à cœur. Et bon, le gouvernement ne peut pas tout faire, l'État ne peut pas tout faire.

Donc je pense que quand on a la possibilité de s'investir, voilà, c'est la moindre des choses. Enfin, moi, c'est comme ça que je le ressens, voyez-vous. Voilà, c'est simplement pour un témoignage.

19:39
Présentateur

Mais merci beaucoup, merci beaucoup. On a bien compris que ce n'était pas pour la défiscalisation que vous apportiez chaque année de 100 euros aux chiens guides d'aveugle. Salomé Quétier, à propos des riches, je veux parler de la méthodologie chez vous, chez Ipsos. La méthodologie de votre enquête sur les dons des Français, elle repose sur deux panels bien distincts. Un, notamment, sur les riches, les hauts revenus, au-delà de 120 000 euros.

20:04
Invité

Au-delà de 120 000 euros nets par an au sein du foyer. Donc ça peut être, par exemple, un couple où chacun gagne 5 000 euros par mois. Donc effectivement, on est sur des très hauts revenus. Et c'est effectivement aussi important, intéressant, de savoir ce qui se passe de ce côté-là.

20:21
Présentateur

Mais ma question, c'était, est-ce que les hauts revenus donnent des dons parce qu'il y a défiscalisation ? Est-ce qu'on arrive à faire un lien, forcément, entre les deux ? Je pose la question d'ailleurs aussi à Vanessa de Lozinga.

20:31
Invité

Oui, je pense que ce n'est clairement pas la première motivation. Non, il y a un vrai souhait d'engagement des donateurs, de venir soutenir la cause qui leur tient à cœur. Dans notre cas, il y a vraiment un engagement et une prise de conscience très profonde des difficultés de la jeunesse. Une conscience que l'avenir des jeunes en France, c'est quand même l'avenir de toute notre société. Et il y a une envie d'agir pour cette jeunesse, aussi bien pour des sujets d'éducation, de décrochage scolaire, mais aussi bien des jeunes sortant de l'aide sociale à l'enfance ou encore de leur insertion sociale et professionnelle. Il y a vraiment un moteur.

Et je rejoins Fabienne, clairement, le moteur n'est pas la défiscalisation. Le moteur, c'est vraiment l'engagement, le souhait de soutenir et le souhait de, à nos côtés, accompagner ces jeunes en difficulté.

21:22
Présentateur

Salomé Quétier pour Ipsos. Les Français prennent le don pour un investissement de la société. La prévision, la prévention vaut mieux que la guérison.

21:33
Invité

Oui, exactement. Cette année, dans le baromètre, on a posé des nouvelles questions pour essayer de comprendre un petit peu plus précisément les motivations des donateurs. Et on leur a notamment demandé s'ils étaient d'accord ou pas avec la phrase selon laquelle, pour eux, donner c'était un investissement pour la société davantage que de la charité. On a une majorité, aujourd'hui, de donateurs qui sont d'accord avec cette idée-là. Donc, ça va au-delà de la simple générosité. Et au-delà de ça, on a quasiment trois donateurs sur quatre, 72% qui nous disent que ça leur permet aussi de se sentir utiles, de se sentir bien, de se sentir fiers. Donc, on le fait aussi pour ça.

Et d'ailleurs, je trouve assez intéressant de voir que quand on demande aux donateurs s'ils en parlent autour d'eux, s'ils parlent du fait qu'ils donnent... Ils sont assez discrets, en général. Voilà, ils sont en fait assez discrets. C'est plutôt une pratique intime. On a seulement une minorité qui en parle autour d'eux. Donc, on ne le fait pas pour le montrer. On le fait vraiment pour soi, parce que ça a du sens. Je trouve ça assez beau.

22:30
Présentateur

Donner du sens, Tarek Daher. Quand on parle des nouvelles générations, les nouveaux bénévoles que vous cherchez à attirer, ils veulent, ces nouvelles générations, donner du sens à leur don. Ils y mettent quel sens, d'ailleurs, parfois ?

22:43
Invité

Alors, il y a deux phénomènes qui sont incontestables dans le monde associatif, je crois. Le premier, c'est le vieillissement des bénévoles, du maire général. Et c'est vrai que, chez nous, on estime qu'on a à peu près plus de 80% de nos bénévoles qui ont plus de 60 ans. Et l'âge de la retraite est aussi propice à ce temps bénévole. Donc, ça s'explique aussi pour de très bonnes raisons.

23:06
Présentateur

Donner de son temps dont on dispose. Tout à fait.

23:08
Invité

Et la seconde chose, c'est que la jeunesse n'est pas moins engagée qu'elle l'était avant, comme parfois on l'entend. Mais, au contraire, elle a d'autres formes de mobilisation. Elle s'engage différemment. C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'elle va essayer de cibler de manière un petit peu plus précise les objets. Souvent, on a des générations très militantes. Sur des objets assez, on ne va pas dire niches, mais assez précis de mobilisation. Et elle est plus dans des petits coups et des mobilisations ponctuelles, plutôt que dans des engagements dans la durée. Nous, on a des bénévoles chez nous qui sont là depuis 30 ans.

Et bien ça, je pense que c'est un schéma qui va progressivement s'amenuiser et qu'on aura plutôt maintenant des mobilisations sur des actions précises, des combats avec un début et une fin, etc. Et donc, il faut que nous, les associations, on réussisse aussi à s'adapter à cette nouvelle manière de s'engager. Et il faut aussi qu'on soit un petit peu plus, je crois, visibles sur ce qu'on est capable de proposer comme modalité de bénévolat. Parce que c'est souvent un petit peu, malheureusement, soit peu compris, soit caricaturé.

24:09
Présentateur

Dites-le, un bénévole jeune qui vient chez vous, enfin on va prendre l'exemple d'un jeune qui se sentirait une aspiration à venir soutenir Emmaüs hebdomadairement, il fait quoi chez vous ?

24:20
Invité

Alors, il peut faire plein de choses et ça dépend en fait de ses appétences. Quelqu'un qui adore les questions alimentaires peut travailler sur des questions d'agroécologie dans des groupes Emmaüs qui maintenant se positionnent de plus en plus sur ces questions-là. Si c'est les personnes à la rue qui l'interpellent et qui le font souffrir personnellement, il peut faire des maraudes et aller évidemment en accueil de jour, échanger avec des personnes à la rue qui viennent chercher un peu de réconfort. Il peut donner des cours de français langue étrangère pour les personnes en situation, en parcours d'exil que nous accueillons.

Il peut travailler sur ces questions de réemploi et nous aider à rendre le réemploi sexy. Le réemploi, il faut dire ce que c'est, c'est remettre à neuf un objet vétuste. Tout à fait et nous ne remettons pas que, d'abord nous remettons par exemple bien sûr du textile mais nous pouvons en faire des choses assez jolies à partir de textiles usagés. Mais nous avons aussi du réemploi sur le numérique, nous avons du réemploi sur le mobilier et évidemment on a besoin que ce réemploi-là, il trouve une clientèle. Et donc les jeunes peuvent nous aider aussi à ça.

25:18
Présentateur

Vanessa de Lozinguin pour la Fondation des Apprentis d'Auteuil, je voulais qu'on parle aussi de l'épargne parce qu'en ces temps d'incertitude économique, géopolitique, les Français font de plus en plus d'épargne. L'épargne c'est la mort des dons pour vous ?

25:32
Invité

Je ne sais pas si l'épargne est la mort des dons mais forcément ce phénomène qu'on a pu constater dans le baromètre de repli sur soi, d'inquiétude, peut mettre à mal la volonté de don. Je pense qu'il y a chez les Français une envie de soutenir mais des incertitudes et des craintes tellement fortes et qui se renforcent dans le contexte actuel qu'effectivement ce réflexe d'épargne peut mettre à mal la générosité du public.

26:04
Présentateur

On va retourner au standard. David nous attend au standard. Bonsoir David.

26:09
Invité

Bonsoir. Bonsoir à vous, bonsoir à vos invités.

26:12
Présentateur

Soyez le bienvenu.

26:14
Invité

Merci. Mon témoignage en fait c'était par rapport à le sujet qui est l'inquiétude par rapport aux dons moindres. Moi je suis à la tête d'une association dans le Gard qui fait du soutien à la parentalité auprès de parents qui ont actuellement un enfant en service de néonatologie. Et en fait on n'est pas inquiets je dirais par rapport à cette baisse des dons. On sait très bien que chaque année on perd des donateurs mais on en gagne d'autres. C'est plus je dirais plus stable que la part subvention publique qui est très aléatoire. Et je dirais pour nous petite association, le marathon de la prématurité, c'est vraiment être présent dès qu'on nous ouvre une porte pour une manifestation.

C'est la meilleure publicité je dirais pour ce que l'on fait et puis aussi pour des donateurs potentiels parce que passer par là, 8% des naissances.

27:09
Présentateur

Merci beaucoup de ce témoignage. Salomé Quétier, notre auditeur qui est donc à la tête d'une association de soutien à la parentalité d'enfants malades. Il est assez optimiste, il dit de temps en temps il y a un peu moins d'argent qui rentre mais finalement grosso modo les français restent généreux. C'est une tradition française que d'aller faire des dons.

27:31
Invité

Les français restent effectivement généreux. Je pense qu'il faut quand même faire attention parce que pour le moment la baisse de la part des donateurs est modérée. Mais on prévoit sur 2026 potentiellement que ça continue dans ce sens là. Donc il y a quand même vraiment une cassure qu'on n'avait pas observée jusqu'ici ou même en 2022-2023 alors que l'inflation était plus haut. On avait presque à l'inverse une sorte d'élan de solidarité et là ça s'essouffle. Mais pour autant effectivement, j'ai envie de dire, il y a les dons qui restent relativement stables même s'il faut faire attention.

Et puis il y a la question des finances publiques et du financement des associations par les aides publiques qui sont aussi une part importante. Et où pour le coup potentiellement il y a plus d'inquiétudes parce que plus de fluctuations, plus de flou. Et je vais peut-être laisser Vanessa en chérir là-dessus parce que ça...

28:19
Présentateur

Pour la fondation Auteuil, vous l'avez senti aussi. Et vous vous inquiétez de cette pérennité de baisse des dons qui pourrait s'inscrire dans la durée donc ?

28:29
Invité

Effectivement, on s'inquiète pour les mois à venir puisque les difficultés de la jeunesse sont fortes pour donner quelques données. On a encore aujourd'hui en France près d'un enfant sur cinq qui vit sous le seuil de pauvreté. On a 75 000 enfants qui quittent le système scolaire sans qualification. Vous avez près de la moitié des sans-abri de Paris qui sont d'anciens jeunes de l'aide sociale à l'enfance. Donc évidemment, les besoins sont importants et on a envie de pouvoir les accompagner, répondre à ces besoins. Je rejoins David sur le sujet des financements publics.

On subit à Auteuil, comme l'ensemble du secteur associatif, des baisses de financement public et des budgets publics qui se contractent et qui mettent à mal un certain nombre d'actions.

29:21
Présentateur

Il faut expliquer d'où vient l'argent public. Il passe par la municipalité, par le département, par la région ou directement de l'État ?

29:27
Invité

Ça dépend des activités. Vous pouvez avoir des financements qui passent effectivement par la municipalité, le département, la région, l'État directement quand c'est des financements ministériels. Pour le coup, par exemple, dans le budget d'Auteuil, on n'a qu'à 59% de nos financements qui proviennent de financements publics. Donc forcément, les 41% de financements privés sont essentiels, primordiels pour poursuivre notre action en faveur des jeunes. Tarek Daher ?

Oui, pour compléter, il faut peut-être se rappeler que le 11 octobre dernier, il y a eu un mouvement assez inédit de l'ensemble du monde associatif qui s'est réuni pendant une journée, qui s'est mobilisé pendant une journée dans toute la France, autour d'un mot d'ordre qui était « ça ne tient plus ». Et ce « ça ne tient plus », il s'appuyait sur pas mal de faits assez observables et incontestables, et en particulier la fragilité croissante des associations. Le fait qu'on estime qu'il y en a à peu près un tiers qui sont très fragiles en trésorerie, qu'on voit des associations fermées, des petites, des grosses, des moyennes, sur des territoires fragiles comme sur des grands centres urbains.

Bref, le monde associatif n'a jamais été aussi fragile, alors que si on prend un seul indicateur, on a atteint pour la première fois les 10 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, donc mettre ces deux éléments en regard, ça montre bien que cette question du don et de la mobilisation des gens est essentielle et vitale pour nous.

30:47
Présentateur

Et je crois que c'est un thème que voudra aborder également Francisco, vous êtes dans le Rhône, bonsoir Francisco.

30:53
Invité

Oui, bonsoir monsieur, bonsoir bien. Oui, je peux commencer ? Bien sûr, vous êtes à l'antenne. Bien, entendu, merci. Voilà, moi je dis en préambule d'abord que je verse 80 euros par prélèvement automatique tous les mois, ça fait à peu près 1000 euros pour l'année. Mais il y a une grande absence ce soir dans ce débat, c'est l'État, parce qu'il me semble que l'État a une certaine responsabilité quand même dans la situation sociale en France. Bien sûr qu'il y a la défiscalisation dont l'impôt participe évidemment à cela.

Voilà, moi j'étais particulièrement choqué pendant il y a quelques années lorsque monsieur Manuel Valls était premier ministre et qu'il participait avec le président des Restos du Coeur au lancement de la campagne. Eh bien moi, j'ai trouvé ça presque obscène. Voilà.

31:42
Présentateur

Est-ce que vous vous demandez pourquoi c'est obscène qu'un ministre soutienne les Restos du Coeur ?

31:46
Invité

Eh bien, parce que je pense que monsieur Manuel Valls à l'époque, comme tous les autres premiers ministres qui l'ont suivi, ont une certaine responsabilité dans la situation sociale en France. Et que ça serait intéressant que l'on demande à monsieur Macron s'il n'y a plus personne qui dort dans la rue, chose qu'il avait promise. Ça serait intéressant de voir dans son bilan, au bout de ses deux mandats. Donc ça serait bien qu'on mette l'État au centre de tout ça et voir quelle est la responsabilité des différentes politiques, des différents gouvernements qui se succèdent dans l'augmentation de la misère en France.

32:19
Présentateur

Merci beaucoup de ce témoignage, Salomé Quétier chez Ipsos BVA. Il y a une forte demande comme ça de demander à l'État dans vos enquêtes d'être un peu plus présent et cet auditeur dit plus responsable.

32:35
Invité

Oui, merci. Merci beaucoup à Francisco pour son témoignage. Effectivement, il y a aujourd'hui en France une défiance assez forte vis-à-vis du politique, là où les associations rassurent plutôt. Et à titre d'exemple, je vais citer une autre étude qu'on a faite cette fois pour le CESE, le Conseil économique, social et environnemental, où on voit qu'aujourd'hui seulement 48% des Français, donc une minorité, estiment que c'est utile aujourd'hui de s'engager en politique, alors que 88% estiment qu'il est utile de s'engager auprès des associations.

Donc c'est assez logique finalement que dans ce contexte-là, les Français finalement, pour ceux qui peuvent se le permettre, réorientent une partie de leurs impôts effectivement pour des causes qui leur tiennent à cœur. C'est une manière de faire de la politique différemment, de s'investir à leur échelle. Pour autant, il peut aussi y avoir de la frustration et forcément, de la part d'une partie importante de personnes, de se dire, en fait, non, je ne veux pas faire de dons parce que j'estime que finalement, l'éducation, l'enfance, c'est aussi le rôle de l'État et on ne devrait pas avoir à en arriver là.

33:38
Présentateur

Vanessa de Lozenguin, on l'a dit, cette baisse des dons et cette baisse des intentions de dons, chez des apprentis d'Auteuil, ça aura quelles conséquences ?

33:49
Invité

La conséquence, elle peut être forte. Aujourd'hui, on accueille 40 000 jeunes au sein de 430 établissements et dispositifs, des jeunes de la naissance à 30 ans avec des dispositifs de protection de l'enfance, de lutte contre le décrochage scolaire, d'insertion sociale et professionnelle. Évidemment, les besoins sont toujours présents et ne font qu'augmenter. Donc forcément, la baisse des dons pourrait nous amener à ne plus être en capacité de répondre à ces besoins-là et pour le coup, c'est quelque chose qu'on ne souhaite pas.

Mais on reste malgré tout confiants et on a quand même des donateurs qui, année après année, depuis l'origine de la Fondation, il y a 160 ans, soutiennent les actions de la Fondation et on a un espoir, en tout cas partagé avec eux, que ça continue et perdure pour les 160 ans à venir.

34:39
Présentateur

On va terminer, Tarek Daer, avec vous, délégué général d'Emmaüs France. Vu par le prisme d'Emmaüs, comment est-ce que vous avez vu évoluer et comment vous voyez l'évolution de la solidarité en France ? C'est une grande question, mais par votre prisme, c'est toujours un peu intéressant.

34:56
Invité

Alors, c'est une bien grande question. Elle nous paraît d'autant plus essentielle aujourd'hui que les actions que nous menons sont beaucoup plus larges qu'elles ne pouvaient l'être il y a quelque temps. En fait, ce qu'on a pu observer de manière générale, c'est que les besoins sont de plus en plus nombreux. Pour plein de raisons, mais la précarité prend des formes très diverses. Et donc la solidarité, elle s'est adaptée à tout ça. Il faut ici souligner l'extraordinaire plasticité et adaptabilité des acteurs associatifs, et pas que du mouvement Emmaüs. Et aujourd'hui, c'est ce mouvement-là qui fait tampon et qui est un peu le dernier recours.

Et donc il faut que la solidarité, elle suive ces dynamiques-là, qui sont des dynamiques d'adaptation, parce que la précarité augmente et la précarité se diversifie.

35:37
Présentateur

Parce qu'on a beaucoup parlé ce soir des dons aux associations pour les plus démunis, mais les dons, on va le rappeler aussi, peut-être Salomé Quétier, les dons, les associations, ce sont aussi parfois en tête. Les associations de santé, la recherche.

35:50
Invité

Oui, effectivement, la santé, la recherche médicale reste la cause pour laquelle les Français projettent le plus de données. C'est le cas depuis le début du baromètre en 2020, ça continue d'être le cas. Il y a une année où l'aide aux plus démunis est passée devant, mais effectivement, c'est la première cause qui mobilise aujourd'hui.

36:07
Présentateur

Les personnes les plus démunies, la recherche médicale et les animaux, c'est à peu près à chaque année le trio de tête des associations qui bénéficient des dons des Français. Merci beaucoup à tous les trois d'avoir répondu aux auditeurs de France Inter. Le téléphone sonne, c'est terminé.