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interviewFrance Inter — Questions politiques· 22 février 2026 55 min

Mort de Quentin Deranque : Paris convoque l'ambassadeur américain, confirme Jean-Noël Barrot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Au lendemain de la marche à Lyon, en hommage au militant d'extrême droite radicale Quentin Deran, qu'on s'interroge ce midi sur les conséquences politiques, est-on à un point de bascule ? En tout cas, la pression est maximale sur la France insoumise, mais on entend aussi certains s'inquiéter que l'on puisse renvoyer à dos LFI et le Rassemblement national. Et les réactions dépassent les frontières avec des postes sur les réseaux de la dirigeante italienne Giorgia Meloni, mais aussi de l'administration Trump. Est-ce de la solidarité ou de l'ingérence dans la vie politique française ?

Nous en parlons ce dimanche avec notre invité. De cela et bien sûr du coup de tonnerre après la décision de la Cour suprême américaine sur les droits de douane de Donald Trump. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud est en direct sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télévision. Une émission en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Questions politiques. Alexandra Ben Saïd. Bonjour et bienvenue Jean-Noël Barraud. Bonjour Alexandra Ben Saïd. Merci d'avoir accepté notre invitation. A mes côtés pour vous interviewer, je les salue, Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour Alix. Bonjour Alexandra.

Avec vous tout à l'heure, on fera un portrait fouillé de Jean-Noël Barraud.

1:34
Invité

Oui, parce que Jean-Noël Barraud, rien ne vous prédestinez à devenir ministre des Affaires étrangères. On va essayer d'en savoir plus sur votre style, sur vos références, mais aussi sur vos ambitions politiques.

1:45
Présentateur

Françoise Fressos du journal Le Monde est également sur ce plateau. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et à tous. Alors avec vous, on va se projeter vers 12h50 en 2027. Une question qui animera les débats de la campagne présidentielle ce midi.

1:59
Invité

Que pèse encore la France dans le nouvel ordre mondial imposé par Donald Trump ? Emmanuel Macron a beau se démultiplier, multiplier les initiatives sur toute la scène mondiale, une vraie doute existe, la crainte d'une marginalisation est là.

2:14
Présentateur

On se retrouve tout à l'heure Françoise pour cette séquence France 2027. Mais d'abord Jean-Noël Barraud. 5 minutes entre 4 yeux au sujet de la marche à Lyon. Hier, en hommage à Quentin Deranque, battu à mort par des militants d'ultra-gauche. On a vu les images de ce rassemblement. Des groupuscules d'ultra-droite, des jeunes masqués mélangés à quelques familles, un dispositif de sécurité massif, aucune grande figure politique. La famille n'y participait pas, voilà pour la photo. La préfecture du Rhône a annoncé qu'elle compte saisir la justice au sujet de salut nazi ainsi que d'insultes racistes et homophobes pendant l'hommage.

Jean-Noël Barraud, comment est-ce que vous qualifiez ce que l'on vit depuis une semaine est-on dans le paysage politique à un moment de bascule ?

2:57
Jean-noël Barrot

Je condamne évidemment les signes, les saluts nazis qui ont été observés hier lors de la manifestation. Et la préfecture du Rhône a eu raison de saisir la justice à leur sujet. Est-ce que nous vivons dans un moment de bascule ? Ce qui est clair, c'est que la question de la violence et du civisme est aujourd'hui posée.

Et nous avons eu cette semaine, à la suite de ce drame qui touche la communauté nationale, qui a endeuillé une famille française, des débats qui portaient, à mon sens, sur la responsabilité ou l'irresponsabilité de certaines forces politiques qui, par leurs discours, par leurs ambiguïtés, par leur manque de clarté, créent un terreau propice au développement d'autres propos et parfois au passage à l'acte.

3:49
Présentateur

À qui pensez-vous ? Jean-Noël Barraud ?

3:50
Jean-noël Barrot

Mais je crois, pardonnez-moi, Alexandra Ben Saïd, ce débat a eu lieu. Mais je crois, comme le Premier ministre l'a dit, comme le Premier ministre l'a dit, avec beaucoup de sagesse, que cette irresponsabilité de certaines forces politiques aux extrêmes de l'échiquier politique français ne doit pas éclipser la responsabilité civique individuelle. Ce qui fait la grandeur d'un pays et même d'une civilisation, c'est sa capacité à repousser, à rejeter la violence. Et cela dépend de la capacité de chacun de ses membres à s'opposer.

4:20
Présentateur

Sébastien Lecornu a dit que la France insoumise devait faire le ménage dans ses rangs. C'est cela que vous ne nous met pas ce midi, mais c'est cela dont vous êtes en train de parler.

4:27
Jean-noël Barrot

En l'occurrence, ce drame provient d'un acte de violence inouïe, motivé sans doute par des convictions d'extrême-gauche, mais l'extrême-droite n'est pas étrangère à des violences qui ont endeuillé la communauté nationale par le passé. Tout acte de violence, d'où qu'il vienne, est inacceptable. Mais ce que je veux dire par là, c'est que nous avons la responsabilité individuelle de tout faire pour refuser la violence, quelle qu'elle soit. Dans les mots et dans les actes. Et si nous formons ensemble un cordon sanitaire pour endiguer et contenir la violence, nous parviendrons à ne lui laisser aucun oxygène pour pouvoir prospérer.

Quelle est la responsabilité de la puissance publique pour nous parvenir à contenir la violence ? Eh bien, c'est d'abord, évidemment, de donner tous les moyens aux instruments de la République, la justice et la police, de qualifier et de sanctionner les faits lorsqu'ils sont établis. Mais c'est aussi de former des citoyens qui, en responsabilité, demain, parviendront par leur décision, par leur posture, à rejeter la violence d'où qu'elle vienne.

Et ça veut dire la famille, ça veut dire l'école, ça veut dire le démantèlement des réseaux sociaux tels qu'ils existent aujourd'hui et qui sert pour notre jeunesse de caisse de radicalisation, ou de radicalité en tout cas, et de caisse de polarisation.

5:50
Présentateur

Emmanuel Macron a annoncé une réunion la semaine prochaine pour discuter des groupes d'action violente avec les ministres concernés. Il dit qu'il n'y a pas de place pour les ministres, d'où qu'elles viennent, il faut être totalement intraitable. Est-ce qu'on n'est pas assez intraitable aujourd'hui avec ces groupuscules ? Est-ce que c'est cela dont il s'agit ?

6:04
Jean-noël Barrot

Il faut en tout cas tirer les leçons. Chaque fois qu'un acte de violence, comme celui qu'on a observé, qui a beaucoup choqué dans les images qui ont été diffusées, les Françaises et les Français, tirer toutes les leçons, pour donner les moyens à la justice, à la police, mais aussi pour en tirer les leçons, comme je le disais, pour restaurer le civisme, qui est indispensable pour que la violence reflue.

6:23
Présentateur

Vous avez sans doute lu ce poste d'un ancien ministre des Affaires étrangères. La France traverse un moment de Charlie Kirk, c'est ce qu'a écrit Dominique de Villepin sur X. Il fait donc référence à ce militant d'extrême droite américain, assassiné par un homme se revendiquant de l'antifascisme. Donald Trump et ses partisans, vous le savez, Jean-Noël Barraud, ont tenté d'en rendre responsable l'opposition démocrate. Dominique de Villepin fait donc un parallèle et il explique qu'il refuse la symétrie des violences entre gauche et droite. Il dénonce une diabolisation de LFI qui prépare la prise de pouvoir de l'extrême droite. Dominique de Villepin, ça n'est pas un insoumis.

Là, il tire un signal d'alarme sur ce qui est en train de se passer. Est-ce que vous l'entendez ?

7:02
Jean-noël Barrot

Je n'ai aucune complaisance avec le discours de la France insoumise que je condamne et que j'attaque régulièrement sur les sujets internationaux, encore la semaine dernière ou cette semaine, à l'Assemblée nationale. Ceci étant dit, il faut se garder, ici comme ailleurs, de toute instrumentalisation à des fins politiques de ce drame. Il faut s'interroger sur l'époque que nous vivons, la place que nous laissons à la violence. Et je crois que le constat est clair, c'est que nous avons laissé s'introduire, nous sommes habitués à une forme d'ambiguïté, à une forme d'acceptation, de tolérance de la violence, pas toujours par les actes, mais y compris dans les paroles.

C'est pourquoi je parlais des familles, je parlais de l'école, je parle aussi des réseaux sociaux qui nous ont imposé une grammaire de la violence et de la radicalité. Il nous faut à tout prix reprendre le contrôle pour pouvoir rejeter la violence. La violence, il y en a toujours eu. L'objectif, quand on s'engage, quand on est militant politique et démocrate, c'est mon cas, c'est de faire en sorte que la violence toujours et partout reflue.

8:02
Présentateur

Cette violence, Jean-Noël Barraud, elle a été observée à l'étranger. Jeudi, sur les réseaux sociaux, l'administration américaine a dénoncé, justement, la violence de l'extrême gauche. Une menace pour la sécurité publique est-il écrit dans ce poste que l'ambassade des Etats-Unis en France a traduit et relayé ? Est-ce qu'à la demande du chef de l'État, vous allez bien convoquer l'ambassadeur Charles Kushner ?

8:24
Jean-noël Barrot

Oui, nous allons convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis en France puisque l'ambassade des Etats-Unis en France a fait un commentaire sur ce drame dont je rappelais tout à l'heure qu'il concerne la communauté nationale. Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française à des fins politiques. Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier, à recevoir de l'international réactionnaire et les analyses de la vie politique, de la place qui occupe la violence et des violences plus généralement. Nous nous les servons nous-mêmes avec assez de verbes et nous ne permettons pas que d'autres nous les servent.

Ça ne sera pas la première fois que vous recevrez Charles Kushner ? Non, bien évidemment, nous avons beaucoup de sujets à aborder

9:08
Invité

avec les Etats-Unis, y compris, vous le savez,

9:12
Jean-noël Barrot

le sort qui a été réservé à un juge français de la Cour pénale internationale, à un ancien ministre, ancien vice-président de la Commission européenne français, Thierry Breton, tous deux ciblés par des sanctions américaines qui sont injustifiées et injustifiées.

9:26
Présentateur

Emmanuel Macron a écrit une lettre à ce sujet à Donald Trump pour expliquer justement que c'était injustifié. Est-ce que vous pensez que Charles Kushner va vous apporter des réponses ? Est-ce qu'il y a déjà eu un accusé de réception à Washington, à cette lettre ?

9:38
Jean-noël Barrot

Je lui dirais en tout cas que s'agissant du juge français, Nicolas Guillou, les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte à l'indépendance de la justice internationale. Et s'agissant de Thierry Breton, que les sanctions dont il fait l'objet sont une atteinte à l'autonomie décisionnelle de l'Union européenne, s'agissant tout particulièrement d'une régulation que la France a soutenue de toutes ses forces pour réguler les réseaux sociaux et qui n'a aucune portée, comme on dit, extraterritoriale, c'est-à-dire qui ne concerne pas les Etats-Unis, mais uniquement l'Europe.

10:13
Présentateur

Il n'est pas le seul, l'administration Trump n'est pas la seule à avoir réagi. Il y a aussi un pays européen, l'Italie, Georgia Meloni, qui vient du parti d'extrême droite, fratelli d'Italia, sur les réseaux. C'est elle aussi dite choquée par la mort de Quentin Deranque. Et selon son entourage, Georgia Meloni a été stupéfaite de la réaction d'Emmanuel Macron, qui a dit que chacun reste chez soi, les moutons seront bien gardés. Est-ce que là, Jean-Noël Barrault, c'est de la solidarité européenne ou c'est de l'ingérence de la part de l'Italie ?

10:41
Jean-noël Barrot

Si je file la métaphore agricole, puisque le Salon international de l'agriculture vient d'ouvrir ses portes, c'est la réponse du berger à la bergère. Et je crois que l'incident est clos. Ce que nous demandons simplement à nos partenaires et à nos amis, c'est de respecter un principe auquel nous nous tenons, pas d'ingérence dans nos affaires, et singulièrement pas dans un drame qui, une nouvelle fois, je le répète, touche d'abord la communauté nationale.

11:05
Présentateur

Allez, Jean-Noël Barrault, on ouvre la conversation avec les questions d'Alix Bouillaguet et de Françoise Fresseuse et cet événement majeur aux Etats-Unis qui concerne toute la planète. La Cour suprême américaine a déclaré que les taxes supplémentaires, les fameux droits de douane réciproques, ainsi que Donald Trump les a appelées, étaient en fait illégales.

11:22
Locuteur non identifié

Je traduis Donald Trump.

11:41
Présentateur

Le jugement de la Cour suprême sur les droits de douane est profondément décevant, dit le chef de l'État américain. « J'ai honte de certains membres de la Cour qui ne font pas ce qu'il faut pour notre pays. » Question de Françoise Fresseuse.

11:53
Invité

Que vont faire la France et les entreprises françaises ? Est-ce qu'elles vont demander un remboursement des droits de douane qui avaient été imposés ? Quelle est votre position ?

12:01
Jean-noël Barrot

D'abord, si vous me permettez, de qualifier cette nouvelle, qu'on ne peut pas qualifier de mauvaise nouvelle. Pourquoi ? Eh bien parce que les droits de douane, c'est d'abord un impôt sur les foyers et sur les entreprises américaines. C'est d'ailleurs les entreprises américaines qui avaient attaqué cette décision du président des États-Unis devant la Cour suprême qui leur donnent raison. Et force est de constater que les études dont on dispose aujourd'hui montrent que c'est bien en grande partie les ménages américains, les Américains eux-mêmes, qui ont payé la facture. Bon, mais nous, on est quand même aussi impactés. Et que le déficit commercial américain ne s'est pas résorbé.

Donc, difficile de qualifier cette décision de la Cour suprême de mauvaise nouvelle. Maintenant, le président des États-Unis a annoncé une nouvelle vague de droits de douane. 10% puis 15% dans la nuit. Nous allons analyser l'impact potentiel de telles décisions sur l'économie européenne. Nous allons essayer de comprendre si cela signifie que l'accord qui avait été trouvé par la Commission européenne et les États-Unis, vous vous en souvenez, dans un golfe écossais est toujours valable. Il est permis d'en douter. Et nous allons prendre les mesures pour répondre. Mais des mesures en France

13:14
Invité

ou des mesures en Union européenne

13:16
Jean-noël Barrot

négociées, concertées ? Vous savez que c'est la Commission européenne qui négocie au nom de la France et des autres pays de l'Union européenne les accords commerciaux. Mais rien n'empêche la France de donner son avis. Ce que nous ne nous priverons pas de faire.

13:29
Invité

Mais est-ce que ça veut dire que cette décision, elle va donner la possibilité aux partenaires des États-Unis de renégocier ces accords signés, notamment pour l'Union européenne ? Est-ce qu'en clair, on a un coup à jouer ?

13:40
Jean-noël Barrot

De toute évidence, il y a quelque chose à réécrire, à reconstruire. Je le dis, entre deux partenaires commerciaux de premier plan, l'Union européenne et les États-Unis, aucun ne peut sortir gagnant de guerre commerciale. Donc peut-être qu'on peut reprendre sur une feuille blanche ou en tout cas reprendre les éléments.

13:58
Invité

Vous êtes optimiste parce que là, on voit plutôt l'escalade du côté de Donald Trump. Mais si j'étais pessimiste,

14:02
Jean-noël Barrot

François Sfresseau, je ne serais sans doute pas à la place que j'occupe aujourd'hui. Ce que je dis simplement, c'est que de toute évidence, quelque chose doit être repris. Ensuite, la France n'est pas seule décisionnaire. Le Parlement européen qui s'apprêtait à avaliser la semaine prochaine l'accord de Turnberry, celui qui avait été trouvé en août dans un golfe écossais, va lui aussi se poser des questions. Bref, tout le monde va se poser des questions. Et dans ce moment d'interrogation européenne, il faut une position unie. Et dès demain, je serai pour ma part à Bruxelles, je ferai un certain nombre de propositions sur la balle des éléments que j'ai.

14:33
Présentateur

Est-ce que vous pensez qu'il faut reporter la ratification de cet accord commercial ?

14:38
Jean-noël Barrot

La question s'était déjà posée, vous vous souvenez, puisque c'est la combinaison de la position très forte de la France, mais aussi celle du Parlement européen qui a remis en question cet accord, qui a sans doute amené l'administration américaine à revenir sur ses prétentions telles qu'elles étaient exprimées sur le Groenland. Donc les parlementaires européens étaient encore en train de débattre de cette question-là. Évidemment, ces informations récentes, même si je le dis, il faut se garder de prendre des conclusions hâtives. Jean-Noël Barron, mais vous ne nous dites pas

15:09
Présentateur

quelles sont vos recommandations ? Mais non, parce que j'attends d'avoir les analyses,

15:12
Jean-noël Barrot

mais j'aurais l'air de quoi... Si d'ores et déjà je prenais des recommandations sans avoir une analyse détaillée de l'impact sur les filières françaises, j'aurais l'air de quoi ?

15:20
Invité

On sent la fermeté quand même.

15:22
Jean-noël Barrot

Il faut toujours faire preuve de fermeté dans ses affaires. Ce sont les intérêts français, mais aussi les intérêts de l'Europe.

15:27
Invité

Sauf que Donald Trump, la fermeté, souvent, il passe outre. Ce n'est pas son sujet, la fermeté des autres.

15:31
Jean-noël Barrot

Non, mais regardez ce qui s'est passé quand la Cour suprême a annoncé sa décision. Est-ce que vous avez observé ce qui s'est passé ? Les marchés boursiers américains ont rebondi comme pour saluer la décision de la Cour suprême. Et c'est bien que, quelque part, l'intérêt américain lui-même est en jeu. Et ça,

15:51
Invité

le fait que, justement, la croissance des ménages soit en train de s'effondrer aux Etats-Unis, Donald Trump a été élu sur l'équation la vie moins chère. Est-ce que ça, est-ce que le président américain peut peut-être changer d'avis sur ses droits de douane ?

16:04
Jean-noël Barrot

Bon, j'ai dit tout à l'heure qu'il ne fallait pas faire d'ingérence chez les autres. Je ne vais pas en faire moi-même. Mais ce que je constate, c'est que nous sommes deux économies très interconnectées. L'économie américaine a un besoin vital de l'économie européenne. Les géants du numérique font la moitié de leurs profits en Europe. Et l'épargne européenne finance très largement les entreprises américaines et leurs déficits.

16:25
Présentateur

Là, vous pensez à l'instrument anti-rétorsion. Vous dites qu'on aurait des armes pour tenir la page et haute aux Etats-Unis.

16:30
Jean-noël Barrot

Une guerre commerciale entre les Etats-Unis et l'Europe ne peut avoir aucun effet positif bénéfique pour l'économie américaine. Et donc, espérons que sur cette base-là, on puisse conclure des accords équilibrés.

16:41
Présentateur

Est-ce que vous pensez que tous les pays ont été très prudents ? Et vous êtes encore ce midi très prudent, Jean-Noël Barron.

16:46
Jean-noël Barrot

Mais parce que je n'ai pas encore les chiffres.

16:47
Présentateur

Et les chiffres 2 ? Quel chiffre précisément ?

16:50
Jean-noël Barrot

Quelle filière ? On avait un accord tricoté. Alors nous, on a dit que c'était une première étape, que c'était sans doute pas tout à fait encore équilibré. Mais vous savez, chaque filière, il y avait une sorte de taux au général, mais chaque filière avait des traitements particuliers. Tout cet édifice, avec la décision de la Cour suprême, s'effondre. Et les décisions qui suivent du président américain, c'est de dire je vais mettre 10 ou 15 % partout. Et donc, il faut voir pendant 5 mois quelles sont les filières qui gagnent, qui perdent, qu'est-ce qui se passe après les 5 mois. C'est tout ça qu'il faut bien analyser avant de prendre des décisions.

17:24
Présentateur

Donald Trump qui avait dit, c'était pendant sa campagne en 2023, que s'il était élu, il pourrait arrêter le conflit en Ukraine en 24 heures. Et pourtant, mardi, l'Ukraine entrera dans sa cinquième année de conflit depuis l'invasion de la Russie. Dans un entretien, vendredi, à l'AFP, Volodymyr Zelensky affirme que l'armée de Kiev a libéré 300 km² dans le sud du pays. Vous dites oui ? Vous le confirmez, cette information ?

17:48
Jean-noël Barrot

Non seulement, l'armée ukrainienne vient dans un geste d'un panache et d'un courage inouï de libérer 300 km². Mais rendons-nous compte qu'après 4 ans, le bilan de Vladimir Poutine, c'est un échec cuisant et humiliant.

18:07
Invité

Un échec cuisant, il est quand même...

18:09
Jean-noël Barrot

Mais non ! Aujourd'hui, la Russie contrôle la moitié des territoires qu'elle occupait illégalement au printemps d'il y a 4 ans. La Russie a perdu plus d'un million ou a accusé plus d'un million de pertes humaines dans cette guerre, c'est-à-dire plus que l'ensemble des pertes soviétiques et russes depuis 1945. Et aujourd'hui, c'est 1000 soldats russes qui sont tués sur le front pour des gains qui sont microscopiques.

Et quand je dis des soldats, je suis aimable parce que vos confrères des journaux indépendants russes et ukrainiens ont démontré que ce que l'on trouve sur le front ce sont des mercenaires et des repris de justice et que parmi ces 1000 pertes humaines russes sur le front, il y en a un nombre considérable qui sont provoquées par la Russie elle-même, par des assassinats des chefs militaires russes contre les soldats russes.

19:02
Présentateur

Mais nous disons cela, est-ce que ça veut dire que vous croyez que la Russie ne pourra pas soutenir longtemps cet effort et que ça lui coûte trop cher ?

19:09
Jean-noël Barrot

Mais ça lui coûte très cher. La Russie va entrer en récession. Les caisses de la Russie sont vides. L'essence est rationnée dans un grand nombre de régions russes et maintenant ce sont les télécommunications, les communications, les applications qui sont bloquées.

19:27
Invité

Voyez où en est réduite la Russie. Mais Vladimir Poutine, on a le sentiment qu'il a le temps devant lui.

19:32
Jean-noël Barrot

Je crois que le temps joue contre Vladimir Poutine et que si les communications sont coupées ou si une décision a été prise de bloquer les communications en Russie, c'est que l'ambiance, l'atmosphère politique en Russie ne va pas si bien que cela. Et il y a une raison simple, c'est que Vladimir Poutine est en train de ruiner et de discréditer la Russie. Et c'est une honte et ça doit cesser.

19:57
Invité

Selon l'Express, le chef de la cellule diplomatique de l'Elysée, Emmanuel Bonn, a rencontré le 3 février dernier, c'est-à-dire il y a deux semaines, Yuri Utschakov, c'est le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine. Est-ce que d'abord vous pouvez nous confirmer cette information ? Est-ce qu'il s'agit aussi avec cette rencontre de préparer une rencontre ou un échange entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ?

20:20
Jean-noël Barrot

La France n'a jamais exclu par principe d'avoir des contacts avec la Russie, en transparence avec nos partenaires et amis ukrainiens et à condition que ce soit utile. C'était trois ans qu'on ne lui a pas parlé ? Oui, mais à condition que ce soit utile.

20:36
Invité

Vous nous confirmez que cet échange, cette rencontre a eu lieu ?

20:40
Jean-noël Barrot

À condition que cela soit utile. Et pourquoi c'est utile ? Et pourquoi ça peut être utile dans le moment

20:45
Invité

que nous vivons ? Mais est-ce qu'elle a eu lieu déjà ?

20:47
Jean-noël Barrot

Pourquoi ça peut être utile dans le moment que nous vivons ? Pas de réponse. Tout simplement parce que l'Europe est devenue le premier soutien de l'Ukraine sans aucune comparaison possible. Le premier soutien financier, le premier soutien militaire. Et qu'il est donc normal que l'Europe puisse disposer d'un canal indépendant de contact avec la Russie sans avoir à dépendre des autres.

21:05
Invité

Vous avez ce canal indépendant. Est-ce qu'il s'agit bien là de préparer une rencontre, un échange entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron ? On a le sentiment qu'Emmanuel Macron dit aujourd'hui oui, il faut reprendre le dialogue.

21:18
Jean-noël Barrot

Non mais je le redis. D'abord, il y a eu un échange entre le président de la République et Vladimir Poutine l'été dernier. Vous vous en souvenez. Il y a des contacts entre diplomates. Ça n'est pas nouveau. Il y a une ambassade ici. Il y a une ambassade là-bas. La raison pour laquelle les contacts indépendants européens peuvent être utiles aujourd'hui, c'est que je le redis. D'abord, c'est notre sécurité qui se joue dans le règlement de cette crise. Et par ailleurs, aujourd'hui, nous sommes les principaux soutiens de l'Ukraine. Et donc, il est important que nos messages puissent être entendus mais qu'on puisse entendre aussi là où on est je dirais l'administration du Kremlin.

21:59
Invité

Alors attendez, la France se met beaucoup en avant mais quand on regarde en pourcentage du PIB l'aide apportée à l'Ukraine, on n'est pas si bon que ça en fait. Le Danemark nous précède, la Lituanie, la Lettonie. Est-ce qu'on a vraiment les moyens de nos ambitions pesés pour essayer de régler ce conflit ?

22:15
Jean-noël Barrot

Alors, d'abord, notre soutien à l'Ukraine, il ne se limite pas mais j'y reviendrai à nos efforts budgétaires nationaux. C'est le prêt de 90 milliards d'euros qui vient d'être agréé au niveau européen et qui permet, disons-le, au moment où les caisses se vident en Russie, à l'Ukraine d'aborder les deux prochaines années sans soucis financiers.

C'est ensuite la coalition des volontaires dont le président de la République est à l'initiative et qui est un exemple sans équivalent dans notre histoire récente depuis des décennies de mise en commun à l'extérieur de l'OTAN en coopération avec l'OTAN des forces ou des capacités militaires de plus de 30 pays pour pouvoir nous assurer que la paix une fois conclue soit véritablement garantie. Ensuite, sur le plan budgétaire, nous avons fait beaucoup depuis le début de la guerre.

nous avons d'ailleurs cette semaine annoncé le deuxième volet d'un fonds 71 millions d'euros qui permet aux entreprises françaises des infrastructures, de l'eau, de l'énergie, etc., d'aller développer des projets en fonction des besoins ukrainiens. Donc nous continuons je dirais au fil de l'eau dans le domaine militaire, dans le domaine civil, dans le domaine humanitaire aussi à apporter de l'aide au niveau national. Mais disons-le et on y reviendra sans doute sur le dernier point, la place de la France 2027, etc. Notre capacité à peser à l'extérieur dépend de notre force intérieure et des décisions courageuses que nous aurons à prendre. Alors justement,

23:38
Présentateur

Jean-Noël Barraud, on a entendu cette semaine des reproches inhabituellement sévères de la Pologne et de l'Allemagne sur nos dépenses d'armement plus globales. Le chef de la diplomatie allemande dit que les efforts de Paris pour la défense sont insuffisants. En clair, Paris parle beaucoup de souveraineté mais n'augmente pas assez vite son budget de défense. Qu'est-ce que vous lui leur répondez à la Pologne et à l'Allemagne ?

23:58
Jean-noël Barrot

Je dis que étant donné l'ampleur des défis et des transformations que nous vivons aujourd'hui, il est normal qu'avec nos plus proches partenaires, puisque vous savez que l'Allemagne et la Pologne sont des partenaires très proches. Le triangle de Weimar. Exactement. Nous avons même ce groupe que nous formons tous les trois qu'on appelle le triangle de Weimar au sein duquel nous nous coordonnons étroitement. Et donc il est normal d'avoir des divergences. L'importance c'est que nous puissions parler des débats et le dialogue, aplanir ces divergences et faire des convergences.

24:29
Présentateur

Là c'était sévère, le triangle de Weimar il y a un petit coup dans l'aile.

24:32
Jean-noël Barrot

Mais c'est normal d'avoir de temps en temps des débats entre amis, tout le monde en a, c'est normal. A condition bien sûr de pouvoir converger. mais les débats, les débats, ils doivent se faire sur la base, disons-le, de la clarté, de la vérité. Et quelle est la vérité des chiffres ? Eh bien c'est que aucun pays de l'Union Européenne n'a dépensé autant que la France pour sa défense depuis la Seconde Guerre mondiale.

24:57
Présentateur

Aucun. Donc il mente en fait. Donc l'Allemagne ment. L'Allemagne ne dit pas la vérité, la Pologne non plus.

25:03
Jean-noël Barrot

L'Allemagne et la Pologne se sont appropriés une idée que le président de la République a beaucoup promue depuis dix ans qui est celle de la souveraineté, de l'autonomie stratégique appliquée désormais à leur défense puisqu'ils voient bien comme nous le voyons la menace augmenter sur notre flanc oriental à l'est de l'Europe mais aussi ailleurs dans le monde et ils voient bien que le principal partenaire ou allié dans l'OTAN est tenté est en train de faire un pivot et de réduire son niveau d'engagement. Et donc ils disent il faut vraiment que j'accélère et que je me dote de mes propres capacités.

Mais nous répondons que pour ce qui nous concerne ça fait depuis la Seconde Guerre mondiale qu'on s'y prépare en ayant fait non seulement le choix d'être fort mais aussi un choix qui est essentiel qui est celui de l'indépendance. L'indépendance de notre dissuasion nucléaire l'indépendance de nos forces armées et cette indépendance aujourd'hui qui est un vrai modèle que le monde entier nous envie et bien nous devons pouvoir en faire un exemple pour l'Europe. Ce que nous voulons c'est que l'Europe demain soit aussi forte que la France aujourd'hui. Mais pour ça il faut s'appuyer sur la vérité historique et la vérité des chiffres.

26:16
Présentateur

C'est de la conviction. França Spressoz une question sur l'autre sujet qui fâche entre Berlin et Paris.

26:21
Invité

L'avion de combat du futur c'était un projet emblématique de la défense européenne il a été lancé en 2017 9 ans plus tard le chancelier Merz doute en public du besoin pour l'Allemagne d'avoir le même avion de combat que défend la France. L'industriel Airbus évoque déjà une autre solution entre deux avions. Est-ce que le SCAF est enterré ou est-ce que vous pensez qu'on peut encore le défendre ?

26:45
Jean-noël Barrot

C'est un projet essentiel pour la sécurité de la France pour la sécurité de l'Allemagne et la sécurité de l'Europe ça fait 8 ans qu'on y travaille et on se battra jusqu'au bout pour qu'il aboutisse jusqu'à la dernière seconde.

26:58
Présentateur

Est-ce qu'on n'est pas les derniers à y croire à Paris ? Parce que quand le chancelier et Mertz évoque en public qu'il doute de l'avenir du SCAF

27:05
Jean-noël Barrot

quand mon lointain prédécesseur Robert Schumann était le seul à nager à contre-courant en 1950 5 ans après la Deuxième Guerre mondiale où déjà on entendait le ressentiment monter partout à Paris et en Allemagne et bien il a proposé et il a réussi à faire aboutir un projet de coopération qui a apporté 8 décennies de paix et de prospérité à l'Europe pardon mais si la France aujourd'hui renonce à créer avec l'Allemagne des projets de coopération qui nous engagent pour des décennies et bien alors nous trahissons l'héritage des pères fondateurs. Qu'est-ce qui peut encore sauver cet avion ?

Et bien je crois qu'il faut que les industriels fassent un pas chacun dans la direction l'un de l'autre et je crois qu'il faut que nos responsables politiques comme le président de la République mais ça doit être le cas en France mais ça doit être le cas en Allemagne voient qu'il ne s'agit pas là simplement d'un projet d'équipement militaire mais qu'il s'agit d'un projet politique comme la communauté du charbon et de l'acier la communauté européenne était avant tout un projet politique ça n'était pas que pour le charbon et pour l'acier c'était pour lier nos destins les uns aux autres et être ainsi plus forts pour affronter les défis et pour être aussi plus indépendants.

28:18
Présentateur

Jean-Noël Barou un nouvel exemple de l'ordre mondial selon Trump jeudi à Washington le président américain a réuni pour la première fois son conseil de la paix censé aider à la reconstruction à Gaza et à résoudre les conflits armés dans le monde une question d'Alex Bouillaguet

28:32
Invité

Bruxelles a dépêché une de ses commissaires à cette réunion avec pour mission d'évoquer uniquement le plan de paix et la reconstruction de Gaza sur Twitter sur X vous avez déclaré que la commission n'aurait jamais dû assister à cette réunion inaugurale pourquoi est-ce que c'est une erreur ?

28:49
Jean-noël Barrot

Je ne veux pas faire toute l'émission sur Robert Schumann mais les pères fondateurs de l'Union Européenne en Italie en France en Allemagne quand ils ont conçu ces institutions européennes qui sont aujourd'hui si décriées ils l'ont fait avec un principe en tête un principe fondamental et fondateur ce principe c'est la subsidiarité chacun s'occupe de ses affaires et certaines affaires sont traitées au niveau européen parce que c'est plus efficace d'autres le sont au niveau national parce que c'est là qu'elles doivent l'être et d'autres enfin doivent l'être au niveau local du local à l'européen le pouvoir doit être exercé là où il peut l'être avec le plus d'efficacité et de justice et quand la commission européenne part assister à une réunion à Washington sans en avoir reçu le mandat des états membres c'est-à-dire en violant en quelque sorte les règles qui partagent les pouvoirs entre les états membres et la commission et bien c'est ma responsabilité de successeur de Robert Schumann de le dire publiquement

29:41
Invité

Mais concrètement il va y avoir des sanctions il va y avoir je ne sais pas une réunion pour justement dire qu'il y a eu un faux pas

29:47
Présentateur

Là vous accusez Ursula von der Leyen en fait vous dites que la commission décide c'est Ursula von der Leyen

29:52
Jean-noël Barrot

Ce n'est pas Ursula von der Leyen qui s'est rendue à Washington c'est une commissaire

29:57
Invité

Elle est la présidente de la commission européenne Elle n'a pas pris des petites jambes elle y allait toute seule elle avait une petite idée en tête et sans doute qu'elle avait prévenu des gens

30:03
Jean-noël Barrot

au-dessus d'elle Vous aurez compris que je défends et défendrai l'Europe la construction européenne la souveraineté européenne mais dans un moment où les institutions sont si décriées il est indispensable que les règles de droit les règles d'équilibre entre les institutions européennes soient pleinement respectées

30:24
Invité

Mais il va y avoir des sanctions pour cette commissaire qui est allée à cette réunion ?

30:29
Jean-noël Barrot

Je ne peux pas vous faire je dirais l'analyse exhaustive des conséquences que peuvent entraîner une telle décision mais en tout cas ça ne doit jamais se reproduire

30:39
Invité

Est-ce que vous décrivez en tout cas c'est une sacrée situation de crise pour l'Europe ?

30:43
Jean-noël Barrot

Je crois que la commission a beaucoup à faire vous savez il y a aujourd'hui on a parlé des Etats-Unis on a parlé de notre place dans le monde mais tout ça dépend de notre force intérieure c'est vrai pour la France c'est vrai pour l'Europe la commission devrait se concentrer dans les 100 prochains jours à 100% sur l'unification et le renforcement du marché intérieur pour qu'on se renforce à l'intérieur et pour qu'on puisse faire entendre notre voix sur tous les grands sujets le commerce l'Ukraine le Moyen-Orient le Soudan la République démocratique du Congo tous ces sujets si nous avons un marché intérieur encore plus fort encore plus puissant si nous donnons à nos entreprises les moyens de se développer et si nous devenons plus indépendants nous serons beaucoup plus écoutés Des questions

31:23
Présentateur

sur une autre partie du monde l'Iran Jean-Noël Barraud parce que de nouvelles manifestations étudiantes ont eu lieu hier à Téhéran et parce que les Etats-Unis ont quand même déployé un arsenal militaire impressionnant dans la région Françoise ? La France est-elle pour ou contre une intervention militaire

31:40
Invité

américaine en Iran ?

31:41
Jean-noël Barrot

La France considère qu'on ne change pas les régimes de l'extérieur et par la force Cependant la France suit avec évidemment beaucoup de préoccupations et d'attention à ce qui se passe en Iran en appelant d'abord à la fin définitive de la répression à la libération des prisonniers des prisonniers politiques à l'arrêt des exécutions au rétablissement des moyens de communication et un changement de posture radicale de la part du régime vis-à-vis de son propre peuple Mais concrètement

32:11
Invité

comment elle fait ? Qu'est-ce qu'elle fait là en ce moment ?

32:13
Jean-noël Barrot

La France a pris un certain nombre de décisions je sais que une actualité en chasse une autre mais nous avons décidé et proposé un certain nombre de sanctions au niveau européen qui ont été adoptées il y a quelques jours nous avons soutenu l'inscription du corps des gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes de l'union européenne et nous sommes très attentifs à pouvoir apporter tout le soutien que nous pouvons au peuple iranien tout cela nous le faisons en étant attentifs

32:44
Invité

Le peuple iranien qui réclame une intervention américaine d'une certaine manière

32:47
Jean-noël Barrot

Alors les avis sont très partagés puisque nous ne sommes pas les seuls à considérer que les interventions par la force ne produisent pas d'effet souhaitable ou désirable Par ailleurs nous sommes très attentifs également à nos intérêts directs d'abord en Iran nos agents nos ressortissants nos emprises Cécile Colleur et Jacques Paris qui sont encore en sécurité à l'ambassade de France mais dont nous exigeons le retour en France et la libération définitive Nous sommes aussi vigilants à nos ressortissants nos agents nos emprises dans la région qui pourraient être entraînés dans une escalade extrêmement grave dans le cas où une intervention militaire interviendrait Tout cela ce sont des sujets qui nous mobilisent beaucoup ces derniers jours

33:33
Présentateur

Parlons à présent d'une nouvelle polémique au sujet de la rapporteuse de l'ONU pour les territoires palestiniens Francesca Albanese Alors je cite ce que certains lui reprochent Elle est accusée d'avoir désigné Israël comme un ennemi commun de l'humanité Francesca Albanese dément Elle dénonce une manipulation de ses propos La semaine dernière vous avez appelé à la démission de madame Albanese Jean-Noël Barraud Mais dans une lettre ouverte mercredi 150 personnalités dont une majorité d'anciens diplomates néerlandais il y a aussi d'anciens ministres grecs, argentins ou encore danois affirment que la rapporteuse n'a pas qualifié Israël d'ennemi commun de l'humanité Ils appellent donc j'y arrive le quai d'Orsay à revenir sur les déclarations inexactes attribuées à madame Albanese et à les rectifier publiquement

34:18
Jean-noël Barrot

Eh bien non parce que d'abord je n'ai pas dit que madame Albanese avait dit qu'Israël texto était un ennemi commun de l'humanité Reprenez mes propos ils sont publics ils étaient à l'Assemblée nationale Donc cette tribune comme beaucoup d'autres d'ailleurs se sont fondées sur une interprétation de mes propres propos Moi ce que j'ai fait parce que ces propos sont condamnables je les ai condamnés et qui s'ajoutent à une longue liste de provocations inacceptables comme la justification la relativisation du 7 octobre pire massacre antisémite de notre histoire au cours duquel 51 de nos compatriotes ont perdu la vie et que je vais vous dire plus généralement ce qu'est ma philosophie Si ces propos

34:53
Présentateur

donc vous dites ces propos sont condamnables mais ils n'ont pas été prononcés moi j'ai du mal je suis un petit peu perdue

34:58
Jean-noël Barrot

Bah écoutez-les et vous verrez et si vous ne voyez pas pourquoi ils sont condamnables et bien c'est précisément pour revenir au premier sujet parce que dans l'ambiguïté dans l'absence de clarté et bien se propagent tous les discours de haine et en particulier les discours de haine antisémite et moi je vais vous dire pourquoi nous avons fait la reconnaissance de l'état de Palestine l'année dernière parce que nous refusons que le camp de la guerre ne l'emporte sur le camp de la paix et nous refusons en Israël que les extrémistes puissent nier au peuple palestinien le droit d'avoir la dignité de se tenir debout sur la terre dans laquelle plongent ses racines nous condamnons les décisions du gouvernement israélien les décisions récentes visant à étendre son contrôle en cisjordanique mais nous refusons aussi les extrémistes de l'autre côté ceux du Hamas et de leur soutien qui nie à Israël le droit à l'existence et à la sécurité et donc moi pardon mais ayant contribué aux côtés du président de la république à faire prendre à la France une décision capitale de politique étrangère tous les discours de haine d'où qu'ils viennent prenant partie d'un côté ou de l'autre je les condamne

36:02
Invité

votre appel à la démission de Madame Albanese bien sûr et qu'est-ce qui va se passer lundi justement à cette réunion il y a une session

36:09
Présentateur

du conseil des droits de l'homme des Nations Unies

36:11
Jean-noël Barrot

au cours de laquelle la France réaffirmera évidemment son attachement viscéral non seulement aux Nations Unies mais aussi au comité des droits de l'homme attendez aussi au comité des droits de l'homme qu'est-ce qu'il fait le comité des droits de l'homme parce qu'on parle beaucoup de choses on ne sait pas le comité des droits de l'homme il mène des enquêtes et sur la base de ces enquêtes on peut faire la chasse à l'impunité et c'est le cas notamment de la Syrie où vous vous souvenez que grâce à l'exfiltration par la France de César 55 000 photographies ont pu être en quelque sorte rassemblées par le comité des droits de l'homme pour que des enquêtes de l'homme

36:43
Présentateur

demain vous demandez sa démission demain jeudi qu'est-ce qui se passe quand ?

36:47
Jean-noël Barrot

vous savez les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants qui sont nommés pour trois ans et qui sont irrévocables pendant leur mandat lorsque la question de son renouvellement a été posée j'ai dit que nous n'étions pas favorables j'ai regretté qu'elle le soit et ce que j'ai attendez moi j'ai pas ce que j'ai dit pardon ce que j'ai dit à plusieurs reprises c'est pas merci de bien vouloir faire démissionner madame je sais qu'elle n'est pas démissionnable mais ce que j'ai dit c'est que la succession des provocations dans un contexte où nous essayons de tracer un chemin vers la paix devrait l'amener elle-même à avoir la dignité de démissionner de ses fonctions elle a dit qu'elle ne démissionnerait pas bon

37:25
Présentateur

on ouvre un autre chapitre de l'actualité Jean-Noël Barrault l'affaire Epstein Epstein avec Alex Bouillaguet

37:32
Invité

le nom du diplomate François Edan apparaît près de 200 fois Fabrice Edan près de 200 fois dans les documents Epstein entre 2010 et 2017 il était secrétaire des affaires étrangères pour l'Orient il aurait transmis à l'américain des informations diplomatiques sensibles de quelle nature

37:49
Jean-noël Barrot

alors je rembobine comme vous j'ai sans doute et comme beaucoup de français j'ai été effaré d'apprendre ce que j'ai appris et quand je l'ai appris j'ai immédiatement pris trois décisions la première c'est de saisir la justice parce qu'il faut que la justice puisse faire toute la lumière sur cette affaire et qu'elle dispose de moyens dont je ne dispose pas j'ai lancé une enquête administrative donc une enquête interne qui est en cours il n'y a pas de retour

38:16
Invité

à ce stade-là sur cette enquête

38:17
Jean-noël Barrot

elle n'est pas terminée des auditions ont eu lieu tout au long de cette semaine d'autres ont eu à ce prochain on suppose que vous êtes un peu au courant de ces auditions l'enquête est en cours et on a lancé ou j'ai lancé une procédure disciplinaire à l'encontre de monsieur Fabrice Edan qui elle aussi est en cours donc il est un peu tôt d'abord pour vous livrer toutes les conclusions savoir un peu comment les responsabilités peuvent être établies mais ce qui est sûr c'est qu'il y a ces trois procédures en cours et que on ira jusqu'au bout et qu'on veillera évidemment à ce que les responsabilités puissent être établies vous me posez une question sur

38:52
Invité

les informations diplomatiques qu'est-ce qu'il a transmis concrètement à Jeffrey Epstein

38:59
Jean-noël Barrot

je ne peux pas vous répondre exactement et il faut bien comprendre que ça va concerner sans doute cette affaire-là mais ça va concerner aussi beaucoup d'autres affaires de cette nébuleuse Epstein il y a d'autres diplomates qui sont concernés non je vous parle du reste mais les informations chacun le sait sont extrêmement parcellaires donc il y a des documents qui soit n'ont pas encore été rendus publics d'autres donc je ne sais pas vous dire à ce stade la manière dont ce caractère parcellaire de l'information va influer sur le résultat des enquêtes ce que je peux vous dire c'est que ceux qui en ont la charge pour ce qui concerne mon ministère la justice fait son travail indépendamment sont déterminés à faire toute la lumière et aller jusqu'au bout du travail

39:42
Présentateur

la dernière question de cette séquence d'actualité vous êtes le ministre d'affaires étrangères donc on fait le tour des grands dossiers internationaux il y a eu une visite du ministre de l'intérieur en Algérie une visite de deux jours que pouvez-vous est-ce que cette visite a apporté des informations nouvelles au sujet du journaliste Christophe Gleize qui purge une peine de sept ans de prison en Algérie pour guillemets apologie du terrorisme

40:04
Jean-noël Barrot

nous demandons la libération immédiate et inconditionnelle de Christophe Gleize et des messages ont été passés en ce sens d'ailleurs nous ne sommes pas les seuls à passer des messages et je veux une nouvelle fois comme j'ai déjà pu le faire publiquement saluer l'attitude très digne de la famille mais aussi la mobilisation de certaines figures du monde du sport qui comptent quand elles s'expriment ensuite ce déplacement il avait vocation à obtenir un réengagement des autorités algériennes sur des sujets qui sont très importants pour nous sécuritaires et migratoires le dialogue a été apaisé maintenant il faut qu'il se traduise en actes nous verrons bien va-t-on vers une

40:44
Invité

renégociation des accords de 1968 qui ont été évoqués récemment par Sébastien Lecornu le premier ministre

40:50
Jean-noël Barrot

oui c'est notre souhait mais est-ce que ça progresse ou pas ? c'est notre souhait que ça progresse

40:56
Présentateur

Jean-Noël Barraud vous êtes l'invité de questions politiques et on tente encore de mieux vous connaître aujourd'hui France Inter Alexandra Ben Saïd questions politiques avec Alex Bouillaguet qui veut vous faire entendre cette archive

41:13
Locuteur non identifié

dans ce temple des Nations Unies nous sommes les gardiens d'un idéal nous sommes les gardiens d'une conscience la lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix et c'est un vieux pays la France d'un vieux continent comme le mien l'Europe qui vous le dit aujourd'hui

41:41
Invité

Jean-Noël Barraud vous avez d'illustres prédécesseurs au Quai d'Orsay on vient d'entendre Dominique de Villepin c'était le 14 février 2003 à l'ONU un discours pour dire non à la guerre en Irak un discours qui a marqué les esprits bien au-delà des frontières françaises on se souvient aussi d'Hubert Védrine avec son franc-parler son indépendance sa portée médiatique et vous quel est votre style votre marque de fabrique et même votre référence

42:09
Jean-noël Barrot

ce que je peux vous dire en tout cas c'est que dans les fonctions qui m'ont été confiées par le président de la république il y a une décision qui a été préparée pendant plus d'un an et qui aura très largement structuré mon action au sein du ministère des affaires étrangères qui est une décision capitale de politique étrangère qui est la reconnaissance de l'état de Palestine

42:29
Invité

mais c'est pas vous qui avez fait le discours

42:30
Jean-noël Barrot

aux Nations Unies j'en ai fait un puisque la reconnaissance par la France de l'état de Palestine ne s'est pas inscrite dans un vide elle s'est appuyée sur une déclaration la déclaration de New York qui a été conçue au mois de juillet dernier qui a été adoptée à l'écrasante majorité des Nations Unies et que j'ai portée et qui pour la première fois post 7 octobre qui a été quand même un événement très traumatique dans la région mais au-delà ramenait si vous voulez ensemble des objectifs qui jusqu'à présent ou des parties prenantes qui s'affrontaient et cette vision-là d'équilibre de rejet des discours de haine je crois que c'est d'où qu'ils viennent d'ailleurs sans prendre parti sans mettre en concurrence les souffrances je crois que c'est ce que j'ai apporté dans ce processus qui nous a conduit

43:21
Invité

je vois sur le fond mais là je vous parle de votre style vous avez un référent en tête on a entendu Dominique de Villepin je vous ai parlé d'Hubert Védrine

43:31
Jean-noël Barrot

mon histoire familiale et politique explique bien des prises de positions qui sont les miennes notamment sur ce conflit-là la diplomatie et cette histoire c'est celle c'est celle des pères fondateurs de l'Europe qui ont surmonté le confort la facilité du ressentiment pour avoir la hauteur de vue de proposer aux anciens ennemis des voies de coopération c'est celle des justes et des résistants qui ont fait objection de conscience qui ont objecté ou opposé à la violence qu'on voulait leur imposer les armes de l'esprit et c'est ça qui m'inspire

44:09
Invité

au quotidien vous êtes un jeune ministre puisque vous avez 42 ans vous vantez votre proximité avec Emmanuel Macron il paraît que vous l'avez même au téléphone à toute heure du jour et de la nuit mais vous êtes aussi dans l'ombre quelque part d'un président qui est hyperactif et beaucoup sur ces dossiers-là est-ce que c'est possible d'exister aux côtés d'Emmanuel Macron ?

44:26
Jean-noël Barrot

ça c'est aux autres qu'il faut le demander parce que moi je ne fais pas ça pour exister je me suis engagé pleinement sur le sujet de la Palestine que j'évoquais là je m'engage aussi pleinement pour la transformation la modernisation de mon ministère qui en a besoin qui avec ses 14 000 agents fait un travail remarquable mais qui doit continuer de se réformer de s'armer face aux défis et puis je crois qu'on en a un de défi qui est considérable qui est devant nous et qui en fait est sous-jacent à toutes les discussions que nous avons eues aujourd'hui qui est l'Europe quelle Europe ? et on va avoir la discussion dans quelques instants en 2027

45:05
Invité

quelle Europe ? Juste pour conclure vous êtes aussi un ambitieux un ambitieux politique vous entretenez une relation de filiation politique avec l'ex-premier ministre François Bayrou il se dit que vous rêvez de prendre sa suite à la tête du Modem est-ce que c'est tabou d'évoquer sa succession ?

45:24
Jean-noël Barrot

Je ne suis pas un ambitieux je suis un militant un militant de la démocratie un militant de la justice un militant aussi de l'espérance c'est un certain nombre d'engagement de cause que j'ai défendu et que je défends encore et que je continuerai de défendre aux côtés de François Bayrou

45:44
Invité

Mais vous dites qu'il faut aussi un centriste candidat à la présidentielle en 2027 François Bayrou il aura 75 ans est-ce que vous pouvez être ce candidat-là à la présidentielle ?

45:54
Jean-noël Barrot

Je crois que la période de réserve pour les élections municipales s'est ouverte aujourd'hui donc je vais répondre avec un tout petit peu de retenue mais oui ce grand courant de la vie politique française doit être représenté dans ses idées dans ses femmes et dans ses hommes à l'élection présidentielle de 2027 Il a des réponses à apporter mais non des idées et la force des convictions

46:15
Présentateur

Jean-Noël Barraud vous êtes venu avec votre carte blanche militant sur quel thème voulez-vous braquer les projecteurs

46:23
Jean-noël Barrot

ce midi ? Bien sur les réseaux sociaux j'en ai dit un mot tout à l'heure mais je me suis réjoui que lors de son déplacement en Inde le président de la république est obtenu du premier ministre indien qu'il se joigne à cet effort qui maintenant rassemble plusieurs dizaines de pays pour restreindre l'accès des plus jeunes aux réseaux sociaux je me félicite que cette prise de conscience nationale internationale progresse maintenant il va falloir passer aux actes et j'entends déjà un certain nombre qui disent ça sera impossible parce que les plateformes sont trop puissantes

46:55
Présentateur

parce que les Etats-Unis ne veulent pas de gouvernance mondiale et bien moi je dis

46:58
Jean-noël Barrot

que c'est possible et je l'ai démontré dans mes fonctions précédentes lorsque j'étais chargé du numérique en bloquant les sites pornographiques qui ne vérifiaient pas l'âge de leurs utilisateurs et un an après puisqu'on peut faire le bilan et bien les résultats sont là la fréquentation l'exposition des mineurs dans notre pays aux sites pornographiques a baissé de moitié donc c'est possible

47:21
Présentateur

Jean-Noël Barraud nous allons parler de France 2027 l'Europe la place de la France dans le monde mais d'abord je voudrais vous faire réagir à cet urgent qui vient de tomber au sujet de la Russie la Hongrie va bloquer le 20ème paquet européen de sanctions contre la Russie c'est ce qu'on apprend de Budapest quelle est votre réaction ?

47:41
Jean-noël Barrot

que ce sont des blocages qu'on doit pouvoir surmonter comme on l'a fait par le passé puisque ça fait 20 fois qu'on y parvient

47:48
Présentateur

donc pas d'inquiétude sur le 20ème paquet

47:51
Jean-noël Barrot

je vais sans doute prendre connaissance des raisons invoquées et consacrer une partie de bon après-midi à tenter de lever ce blocage

48:00
Présentateur

Allez Françoise Fressoz une question qui sera au coeur du débat public et de la présidentielle dans deux ans

48:04
Invité

la question de la place de la France dans le monde autrement dit sa capacité à porter une voix singulière ce qui a toujours été sa vocation depuis le général de Gaulle alors on voit Emmanuel Macron qui se démultiplie sur tous les fronts l'Europe l'Ukraine la Palestine il cherche de nouveaux partenaires avec son récent voyage en Inde il se bat pour contrer le nouvel ordre mondial que tente d'imposer Donald Trump mais concrètement les résultats apparaissent minces et ce qui est frappant aussi c'est le rapprochement aujourd'hui entre l'Allemagne et l'Italie leur difficulté à se couper des Etats-Unis et l'idée au fond de dire en 2027 il n'y aura plus d'Emmanuel Macron donc on se débrouille sans lui est-ce que la France est déjà enterrée ?

48:46
Jean-noël Barrot

D'abord je vais dire un mot pour défendre ma boutique parce que dire que la diplomatie française que nous conduisons n'a aucun effet c'est quand même un peu sévère pour les diplomates français

48:58
Invité

je ne dis pas que ça n'a pas d'effet mais regardez

49:00
Jean-noël Barrot

bien sûr que chacun est lucide chacun voit bien que le grand défi géopolitique de notre siècle c'est la rivalité croissante entre les Etats-Unis et la Chine l'un voulant rattraper l'autre l'autre voulant éviter que cela ne se produise et que dans cette équation la place de l'Europe et la place de la France est posée mais regardez ce que nous avons fait l'année dernière on a parlé de la reconnaissance de la Palestine je pourrais parler aussi de ce que nous avons fait à Nice où nous avons organisé la plus grande manifestation jamais consacrée à la préservation des océans et obtenu en deux ans la ratification ou l'entrée en vigueur d'un traité pour la protection de l'océan ou plus précisément de la haute mer c'est-à-dire toute la partie de l'océan qui ne dépend pas des juridictions nationales aucun pays du monde je dirais de notre taille comparable ne peut se prévaloir de tel succès diplomatique maintenant pour la suite 2027 quelle sera la place de la France dans l'ordre mondial et bien ce sont les français qui en décideront et ils vont décider en fonction de quoi peut-être de l'état

49:57
Invité

des déficits

49:58
Jean-noël Barrot

d'abord je le disais la donne principale c'est la conflictualité la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine qui pourrait à un moment ou à un autre se transformer en une conflictualité dans laquelle nous pourrions d'ailleurs selon les choix que nous ferons en Europe être entraînés et dans cette équation qui semble déjà résolue il y a en réalité une variable inconnue et cette variable inconnue c'est l'Europe je n'y reviens pas on en a beaucoup parlé l'indépendance etc mais pour que l'Europe soit à la maille pour changer l'équation géopolitique mondiale et bien il faut que la France soit à la hauteur de son histoire et donc le choix que feront les français en 2027 sera essentiel pourquoi ?

parce que notre capacité à influer en Europe dépend directement et dépendra directement de notre force militaire diplomatique économique budgétaire et morale parce que quand on voit dans le conflit franco-allemand

50:48
Invité

qu'on voit surgir il y a beaucoup cette question de la France arrive pas à réduire ses déficits la France dépense beaucoup trop la France se cache derrière l'Europe pour emprunter toujours vous vous dites 2027 il va falloir un sacré plan de rigueur

51:03
Jean-noël Barrot

je dis en tout cas qu'il faudra choisir allons-nous nous laisser aller à la facilité à la facilité pardon de projets qui nous seront proposés par les deux extrêmes d'ailleurs projets de déclin qui diront pas leur nom mais qui seront des projets de vassalisation à ces grandes puissances Etats-Unis Chine je ne mets pas la Russie dans les grandes puissances puisque je vous ai dit qu'elle s'était totalement discréditée mais on voit un petit peu l'idée ou alors allons-nous faire le choix de la conquête du courage qui emporte des conséquences sur l'organisation des pouvoirs dans notre pays mais aussi sur le rétablissement des finances publiques et qui permettront à la France de conserver la place qui est la sienne au premier rang c'est au fond ça le projet des conservateurs des clinistes ou un projet de conquête pour notre pays

51:52
Invité

La troisième voie c'est avec quel partenaire ? Alors on a vu qu'il y avait eu ce voyage en Inde mais on voit l'Inde au fond qui multiplie les gestes Etats-Unis Chine France C'est quoi nos partenaires fiables pour incarner une troisième voie ?

52:07
Jean-noël Barrot

Pour incarner une troisième voie il faut d'abord s'interroger sur nous-mêmes Je le disais la variable inconnue de cette équation qui semble inéluctable et qui comme Sparte et Athènes dans la guerre du Péloponnèse ont fini par s'affronter semble nous condamner à un affrontement entre la Chine et les Etats-Unis Donc l'Europe peut changer la domme si elle ouvre une troisième voie Mais pour qu'elle ouvre une troisième voie il faut d'abord qu'elle se lève qu'elle redresse la tête et qu'elle se défasse de ses servitudes et qu'elle se renforce Et une fois qu'elle l'aura fait une fois qu'elle pourra parler de manière crédible et qu'elle sera un acteur dominant sur un certain nombre de sujets qui touchent à notre voisinage on a parlé de l'Ukraine Et bien alors je peux vous garantir que la majorité des pays du monde s'engouffreront dans cette troisième voie n'ont aucune envie de devoir choisir un camp Ils entendent rester libres Et donc si l'Europe montre la voie alors on peut espérer d'abord avec l'Asie du Sud-Est avec cette organisation qui s'appelle le CPTPP Pardon pour l'acronyme Mais c'est en gros tous les pays du Pacifique ça va jusqu'au Canada Eux, ils se disent l'Europe C'est notre partenaire privilégié mais il faut encore que l'Europe L'Afrique voit bien avec quel cynisme elle est traitée par les deux grandes superpuissances de ce monde Et quant à l'Amérique latine elle voit bien aussi que si rien n'est fait elle va se retrouver en quelque sorte vassaliser dans un hémisphère dont elle n'a pas la maîtrise du destin Donc toutes ces régions du monde ont envie que l'Europe se lève redresse la tête et c'est notre responsabilité

53:38
Présentateur

Jean-Noël Barraud ce sont les dernières minutes de l'émission on se quitte c'est le principe avec un vrai-faux et vous connaissez la règle alors je démarre si vous étiez député mardi vous voteriez contre le droit à l'aide à mourir vrai ou faux ?

53:53
Jean-noël Barrot

Vrai

53:53
Présentateur

Si le remaniement est repoussé c'est parce que Rachida Dati veut rester encore un peu au gouvernement vrai ou faux ?

53:59
Jean-noël Barrot

Faux sans doute mais c'est pas moi qui décide

54:02
Présentateur

La France insoumise ne fait plus partie de l'arc républicain vrai ou faux ?

54:06
Jean-noël Barrot

Je ne sais pas ce que c'est que l'arc républicain Vous jouez sur les mots Oui Vrai aussi Les comportements de la France insoumise s'inscrivent à l'Assemblée nationale à l'extérieur du respect des institutions républicaines

54:18
Présentateur

Il ne faut pas renvoyer dos à dos le RN et LFI vrai ou faux ?

54:22
Jean-noël Barrot

Faux Il n'y a pas des dizaines Enfin pardon il ne faut pas renvoyer dos à dos LFI et le RN donc vrai à votre affirmation

54:30
Présentateur

Il n'y a pas des dizaines de milliers de français fortunés qui ne paient aucun impôt sur le revenu mais il y en a bien 13 335 et finalement on a des documents à Bercy qui le montrent Vrai ou faux ?

54:40
Jean-noël Barrot

J'ai l'impression que c'est vrai

54:41
Présentateur

Jean-Noël Barraud merci d'avoir répondu à nos questions politiques et merci à la grande équipe Fabienne Lemoal Marius Serres et nos équipes du son et de l'image auditeurs téléspectateurs nous vous souhaitons un excellent week-end on se retrouve la semaine prochaine Sous-titrage Société Radio-Canada