Grégory DOUCET : Maire Les Ecologistes de Lyon
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:40OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire les JO ?
- 2:15RelanceRéponse directe
Pourquoi avoir refusé le passage de la flamme olympique ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Accueillir les Jeux d'hiver 2030 est-ce une bonne chose ?
- 5:37OuverteRéponse directe
Quels sont les enjeux des Eurogames ?
- 6:30OuverteRéponse directe
En quoi le port Édouard-Aériot est un enjeu pour Lyon ?
- 9:10OuverteRéponse directe
Pourquoi aller voir ce qui se passe dans d'autres collectivités ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 21:01Invité politiqueChiffre
« On est à 60% de bio dans les cantines lyonnaises et à 40% de local. »
- 22:45Invité politiqueChiffre
« On va gagner d'ici à 2035 130% de capacité de transport de personnes en plus à Lyon. »
- 27:02Invité politiqueFait
« On a eu deux séquences électorales successives, les européennes, les législatives qui ont rebattu les cartes à l'Assemblée nationale. »
- 37:49Invité politiqueFait
« Lyon est lauréate d'un programme de la Commission européenne qui s'appelle 100 villes climatiquement neutres et intelligentes. »
Temps de parole
- Invité politique72 %
- Présentateur26 %
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A Lyon, vous écoutez Lyon Première. Lyon Première ! Lyon Première, l'invité politique du samedi, avec Lyon Positif, Frédéric Duval. Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux de vous retrouver pour cette nouvelle émission, l'invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon Première, et vous l'aurez vu, une émission un peu exceptionnelle. D'abord parce qu'on a un invité exceptionnel, monsieur le maire, Grégory Doucet, bonjour. Bonjour. Et on est dans votre bureau, et on va pouvoir retrouver évidemment ce format sur les ondes de Lyon Première, mais aussi sur notre chaîne Lyon Positif.
Merci d'avoir accepté notre invitation, on va parler de plein de choses, et puis de l'actualité, vous savez on commence toujours par une actualité, alors c'est vrai qu'en ce moment on est très Jeux Olympiques, qu'est-ce que ça vous inspire les JO ? Je crois qu'il y a un certain nombre de manifestations qui ont lieu à Lyon notamment.
Oui, alors d'abord vous dire que je suis ravi de vous accueillir effectivement dans mon bureau, on peut même dire pour ceux qui nous regardent que vous êtes à ma place, en fait, on a échangé les places et j'en suis ravi. En tout cas, merci aussi de me donner l'occasion justement d'évoquer la question de l'engagement de la ville de Lyon pour le sport, et en particulier pour cette période où l'olympisme est à l'honneur.
Alors, on s'est engagé déjà depuis le début de cette année 2024, c'est la grande année effectivement de l'olympisme pour la France, pour Paris en particulier bien sûr, notamment en accueillant, vous savez, plusieurs délégations dans le cadre de la préparation des Jeux, parce que les athlètes ont besoin de faire des repérages, de s'adapter au climat, à l'ambiance, voilà. Donc on a déjà accueilli une délégation taïwanaise d'abord en début d'année, une délégation arménienne des athlètes, ensuite des gymnastes japonais là plus récemment au mois de juillet, et puis il y a l'équipe de France féminine de basket aussi, qui est venue faire un match de préparation.
Il y a l'équipe masculine aussi, il y a eu le match France-Serbie.
Une terre d'accueil un petit peu Lyon. Oui, on peut dire qu'une terre de préparation.
Il y aura aussi des matchs d'ailleurs je crois de l'équipe de France féminine. De foot, effectivement, on accueille à Lyon, enfin précisément évidemment à des signes des matchs de football masculin et féminin, ça commence d'ailleurs très très prochainement.
Alors c'est une belle année effectivement l'olympisme, c'est quelque chose d'important, sans revenir sur peut-être une polémique, mais il y a un moment, il y avait une discussion je crois sur notamment le passage de la flamme olympique, et je crois que je ne sais plus si c'est la métropole ou la ville, mais en tout cas à Lyon vous aviez décidé que ce n'était pas forcément opportun. Est-ce que vous pourriez nous expliquer pourquoi finalement ça n'avait pas été fait, et s'il se passe quand même quelque chose avec la flamme olympique, je crois pour les paralympiques d'ailleurs ?
Comme je vous le disais un peu plus tôt, ce qui était important pour Lyon, c'était de s'engager dans la grande année de l'olympisme, et notamment sur la préparation des athlètes. Encore, quand on nous a sollicités, bien évidemment, on a ouvert tous nos équipements pour pouvoir accueillir autant de délégations possibles, j'en ai cité quelques-unes tout à l'heure. Et puis sur la question de l'événementiel, on a souhaité, j'ai souhaité moi, avec le président de la métropole, on va dire prioriser ce qui correspondait le plus à nos politiques sportives. Et c'est vrai, on a aussi voté cette année un grand plan handicap.
On a souhaité dans nos politiques sportives à la ville de Lyon, mettre l'accent sur l'égalité femmes-hommes, sur la transition écologique dans le sport, mais aussi, et c'est un sujet très important pour moi, sur l'inclusion, et notamment, des personnes handicapées dans le sport. Donc, accueillir la flamme paralympique, ce que l'on va faire le 26 août prochain. On va aussi installer sur la place Bellecourt un village paralympique. C'était pour moi une ambition. C'était dire, eh bien, la participation de la ville de Lyon, dans cette grande année olympique, elle va être priorisée. Elle est plus utile à cet endroit, quoi.
Vous avez fait des priorités, un peu.
Absolument. Vous savez, on a choisi. Comme on dit, choisir, c'est renoncer à un moment. Donc, on s'est dit, nous, on veut mettre l'accent sur le paralympisme parce que c'est un grand sujet. C'est un sujet qui a longtemps été peu traité, vous le savez. Et je ne vous jette pas la pierre, mais c'est vrai que les médias se sont moins intéressés aux paralympiques par le passé qu'aujourd'hui. Il faut aller encore plus loin. En tout cas, à Lyon, on a décidé de mettre la priorité
sur les Jeux paralympiques cette année. On va rester un peu dans les Jeux parce qu'il y a une actualité aussi sur les Jeux olympiques. C'est ceux potentiellement de 2030. Alors, j'aimerais comprendre, du coup, si c'est une belle idée, peut-être potentiellement, d'accueillir les Jeux d'hiver en 2030. Et puis, je crois qu'il y avait une question un peu de sécurisation de tout ça. Est-ce que vous en savez un peu plus sur est-ce que ça se fera, est-ce que c'est une bonne chose ou pas, d'ailleurs, d'accueillir les Jeux ici en 2030 ? Vous savez, sur les Jeux olympiques d'hiver,
puisque c'est ce dont il est question, le vrai sujet, c'est quoi ? Est-ce qu'on va, après 2030, être en capacité encore de pouvoir organiser des Jeux olympiques avec le climat qui se réchauffe ? Est-ce qu'on est capable, collectivement, à l'échelle de la planète, de faire en sorte que ça soit le cas ? Déjà, ça, c'est un premier sujet. Et donc, en 2030, il sera absolument nécessaire de démontrer qu'on est capable de continuer à organiser des grands événements comme celui-là en respectant totalement les limites planétaires, en faisant en sorte que les Jeux de 2030 soient les plus vertueux, les plus responsables possibles.
Moi, je tends la main très clairement aux deux régions qui ont candidaté, donc notre région Aura et puis la région PACA ensemble, vous le savez, pour que Lyon prenne sa part. On a, on va dire, une certaine expérience, déjà, dans l'organisation de grands événements responsables.
Mais vous voulez que ça corresponde à quelque chose d'intelligent ? On reparlera, d'ailleurs, tout à l'heure de l'horizon 2030, mais c'est bien.
Et moi, j'adore les grands événements sportifs. Vous savez, on a accueilli, l'année dernière, la Coupe du Monde de rugby. Vous m'interrogiez un petit peu plus tôt sur la participation de Lyon aux Jeux Olympiques et Paralympiques.
Il va y avoir les Eurogames l'été prochain ? On va parler de ça. Vous revenez, je crois, d'Autriche. Absolument. Parce que ça, c'est aussi quelque chose qui est très, à la fois, inclusif, très sportif. Est-ce que vous pouvez nous parler quels sont, en gros, les Jeux un peu de la communauté FPT ?
On adore accueillir des grands événements sportifs à Lyon. Et ce qu'on veut pour ces grands événements sportifs, c'est qu'ils soient les plus responsables possibles dans tous les domaines, les plus inclusifs possibles dans tous les domaines. Donc, on va être très attentifs à l'égalité entre les femmes et les hommes. On va être très attentifs à l'éco-responsabilité des événements. On va être très attentifs à l'inclusion et notamment la question de l'accessibilité et de la participation des personnes handicapées. Et de toutes les communautés d'une manière générale. C'est ça un peu l'objet des Eurogames l'année prochaine ? Vous le disiez à l'instant, oui. J'ai été à Vienne, j'en refais là.
À la fois, pour ça. Et puis, pour un autre sujet, parce que je crois que c'est aussi une actualité qui est assez intéressante et dont on parle peu. Je crois que vous étiez aussi en Autriche pour visiter un port, le port de Linz. Absolument. Parce qu'il y a des vrais enjeux. Je sais que vous êtes attentifs à cette espèce de retour vers les fleuves. Il y a le festival, il y a les navettes, etc. En quoi le port Édouard-Aériot est aujourd'hui un enjeu pour la ville de Lyon, par exemple ? Le port Édouard-Aériot,
c'est un magnifique outil industriel.
Et méconnu d'air.
Et très méconnu. Qui est au service du territoire, pas simplement de la ville de Lyon, mais qui n'est d'ailleurs pas assez tourné vers la ville. Sur le port Édouard-Aériot, on y trouve des activités de stockage d'hydrocarbures. On y trouve des activités de recyclage de matériaux de chantier. On y trouve aussi l'incinérateur de nos déchets. Il y a plusieurs activités. Il est assez isolé du reste de la ville. Assez méconnu, vous le disiez à l'instant. Et donc, effectivement, je suis allé à Lins en Autriche pour voir comment un port, parce que c'est aussi un grand port, un grand port fluvial, a pu évoluer. À Lins, on y trouve des activités artistiques et culturelles en plein milieu du port.
Intéressant. Regardez. Mais ce n'est pas que pour les objectifs de fret ou du dernier kilomètre, c'est aussi pour en faire un lieu de vie davantage.
Alors, il y a un vrai sujet. Un vrai sujet sur la logistique, sur le transport fluvial. Il y a des équipements,
d'ailleurs, qui viennent d'arriver.
Mais d'ailleurs, vous savez, j'avais été visiter le port de Marseille aussi. J'avais été visiter aussi le port de Barcelone, le port du Havre. Et notamment, j'en ai rediscuté du port de Marseille il n'y a pas longtemps avec Benoît Payan, le maire de Marseille, pour qu'on réfléchisse ensemble sur comment est-ce qu'on fait travailler ensemble nos deux grands ports. Alors, le port de Marseille est plus important encore que celui de Lyon, bien sûr. Mais comment on fait en sorte de développer le transport fluvial ? Parce que le transport fluvial, c'est moins de CO2 émis, c'est moins de camions sur les routes, tout simplement.
Donc, un élément un peu... Parce que je crois, vous l'aviez dit, d'ailleurs, c'était à la fois un événement d'un outil industriel, d'attractivité, et puis comme un lieu de destination. Est-ce qu'il y a aussi une question parfois peut-être des croisières sur le Rhône, ce genre de choses ?
Alors, moi, je veux travailler ces sujets-là d'abord avec l'État et en particulier avec la Compagnie Nationale du Rhône qui gère le port de Lyon pour l'État aujourd'hui. Je rencontre d'ailleurs sa directrice générale prochainement, enfin cette semaine, pour qu'on puisse évoquer les possibles évolutions du port. On a de belles opportunités, d'abord pour développer le transport fluvial, je l'évoquais un peu plus tôt, et puis pour envisager d'autres activités, d'autres métiers qui pourraient se déployer sur le port de Lyon. Peut-être, pourquoi pas, du tertiaire. Pourquoi pas aussi envisager que des croisiéris puissent y abarrer de temps en temps ?
Il y a plein de choses à faire, maintenant il faut le faire avec ceux qui font vivre le port, donc les entreprises et puis le gestionnaire.
Est-ce que c'est important d'ailleurs d'aller voir ce qui se passe dans d'autres collectivités ? Parce que je sais que vous êtes attentifs à vos déplacements, que normalement vous prenez l'avion je crois une fois par an. Une fois par an, et ça y est c'est fait pour cette année. Et ça y est c'est fait, je crois que vous étiez allé soutenir les filles de l'équipe de foot d'air, non c'est ça ? Oui, je suis allé voir
les filles de l'OL,
c'était quand même
la finale européenne. Vous êtes attentifs
à ces déplacements, mais c'est quand même important d'aller voir ce qui se passe ailleurs, pourquoi ? Pour s'en inspirer, pour partager ? Est-ce que vous allez voir d'ailleurs tout type de collectivité, d'élus ?
Alors c'est important effectivement pour chercher, j'ai envie de dire, de l'inspiration, de déguiser sa curiosité, pour pouvoir aussi aller collecter des bonnes pratiques ici et là. On a beaucoup d'idées à Lyon, on a un très bel esprit d'entreprise, avec beaucoup de parties prenantes, qu'elles soient publiques, privées, qui prennent des initiatives dans beaucoup de domaines, en particulier en matière de transition écologique. Vous savez qu'on est très engagés dans ce domaine ici à Lyon. On va en parler d'ailleurs tout à l'heure. Et aller voir ce qui se passe en Espagne, en Autriche, en Italie, un peu partout en Europe.
Pour moi c'est important, d'abord parce que je suis un Européen convaincu et il m'importe que, eh bien, d'arriver la ville de Lyon au projet européen. Ça pour moi c'est vraiment important, ça contribue à consolider la citoyenneté européenne et la vocation européenne de la ville de Lyon. Et puis ça permet de nouer aussi des amitiés, des relations économiques, de faire valoir sa ville, de la défendre, de se comparer aussi. Je vous dis, on va chercher des idées ailleurs, mais c'est aussi l'occasion de montrer ce qu'on est capable de faire à Lyon. Et d'ailleurs, on intéresse beaucoup.
Je crois, on en reparlera d'ailleurs dans une deuxième partie de notre émission sur le fameux plan climat 2030 et l'agora 2030 dont on va parler dans quelques instants. On se retrouve à tout de suite pour une deuxième partie de notre émission. On se retrouve pour la deuxième partie de notre émission, toujours avec vous, Grégory Doudoucet. Je rappelle que vous êtes maire de Lyon, ça n'a pas changé. On est dans votre bureau pour une émission exceptionnelle à la fois avec évidemment Lyon 1er et Lyon Positif.
On était en train de parler de l'inspiration et vous étiez en train de me dire que quelque part, quand vous allez regarder, c'est pour vous inspirer, mais c'est aussi, et vous le constatez, que vous êtes inspirant. À quel endroit, par exemple, on se dit, tiens, la ville de Lyon, elle fait des choses assez étonnantes, assez nouvelles sur la question des transitions, je pense. En particulier,
je vous dirais même prioritairement, quand je rencontre certains homologues européens, ils sont, je vous le dis, épatés de l'ampleur des transformations qu'on fait dans la ville, notamment la place de la nature en ville qu'on est en train d'agrandir. 8,5 hectares de sol perméable en plus, c'est ce qu'on a gagné depuis 2020. Donc, c'est autant de bitume qu'on a enlevé, autant d'espaces qu'on a pu renaturer, végétaliser. Pour que les gens se rendent compte, c'est quasiment une dizaine de terrains de foot. Oui, c'est 12 terrains de foot. Donc, on peut le dire, ça fait quand même une belle surface.
Et je ne connais pas d'autres villes, en tout cas en France, qui se soient engagés dans un tel plan de végétalisation
et de renaturation. Ça veut dire que c'est aussi et avant tout une question de volonté. C'est-à-dire que si on veut vraiment, on peut, parce que c'est quand même assez compliqué. On a vu, il y a un certain nombre de travaux. Ce sont des choix politiques, c'est sûr.
Ce sont des choix politiques, ce sont des orientations qu'on donne à la ville. Bon, il faut aussi avoir conscience que Lyon est une des villes les plus massivement impactées par le réchauffement climatique. Vous savez, depuis 1960, en moyenne, on a pris plus 2,4 degrés à Lyon. Donc, c'est une moyenne, ça veut dire que les épisodes de très forte chaleur ont aussi augmenté à la fois en nombre, en intensité. Donc, il faut en tenir compte. Et on a besoin d'adapter la ville parce que cette augmentation des températures
va se poursuivre. Et à l'horizon 2050, je crois que ce sera d'ailleurs une des villes considérées comme les plus chaudes de France. Donc, il faut agir maintenant. Qu'est-ce que vous dites d'ailleurs ? Parce que d'ailleurs, ça, c'est aussi un sujet. La canicule, le changement climatique, tout ça, c'est très présent. Il y a encore des gens qui doutent ou qui ont l'impression que ce n'est pas de la responsabilité de l'homme. Est-ce que vous êtes parfois confrontés à ces gens qui vous disent mais non, c'est des saisons, ça va changer ? Ou vous avez l'impression que ça a quand même bougé ? Et qu'est-ce que vous leur répondez à ces gens qui sont encore comme ça ?
Non, il reste ce qu'on appelle des climato-sceptiques ou des climato-négationnistes eux-mêmes. Il en existe encore. Certains ont intérêt à, on va dire, à ce que rien ne change. Voilà. Bon, moi, je regarde ce que nous dit la science. Le GIEC, que vous connaissez comme moi, publie des rapports très régulièrement. Maintenant, je crois que c'est établi que la responsabilité de l'homme est première et prioritaire dans l'augmentation des températures à l'échelle du globe. Voilà. Il faut faire avec. Et ici, à Lyon, on prend nos responsabilités et le plan de végétalisation dont je parlais tout à l'heure, c'est une réponse.
La transformation des mobilités aussi, de l'organisation de l'espace public pour donner plus de place aux piétons, plus de place aux cyclistes, plus de place aux transports en commun. Ça fait partie aussi des très grandes transformations que les homologues européens observent avec beaucoup d'attention et à la fois beaucoup de curiosité, parfois aussi avec une certaine, j'allais dire, admiration parce que l'ampleur des transformations qu'on a engagées à Lyon donne envie à beaucoup.
Ce qui est dur un peu, c'est que ça me fait penser à Nul n'est prophète en son pays quelque part. On a l'impression que parfois on conteste peut-être ce que vous faites mais les gens à l'extérieur le voient peut-être plus facilement que les gens à l'intérieur.
Je peux vous dire qu'à l'échelle européenne, aujourd'hui, on voit Lyon comme une ville qui bouge, comme une ville extrêmement dynamique, extrêmement engagée sur la question de la transition écologique, sur la question des transformations à la fois de ses modes de vie, de son économie. Et en fait, ça intéresse et du coup, ça rend aussi la ville attractive. S'il y a des entreprises qui continuent à venir s'implanter ici à Lyon, c'est parce qu'elles savent très très bien qu'on a engagé la ville dans cette transformation qui amène de la qualité de vie, qualité de vie dans votre vie personnelle, mais aussi qualité de vie au travail.
Parce qu'aujourd'hui, les entreprises, pour pouvoir attirer des salariés, elles ont besoin d'offrir un environnement global, pas simplement un environnement de travail immédiat, mais un environnement qui soit confortable, attractif, séduisant. C'est ce qu'on est en train d'offrir aussi à Lyon.
Vous parliez de l'exemplarité de Lyon. Il y a un sujet sur ce qu'on appelle le plan climat 2030 pour lequel je crois Lyon est une des villes européennes, un peu pilotes. Vous faites partie des 100 villes qui ont vocation à être climatiquement neutres en 2030. Comment on s'y prépare ? Pourquoi est-ce qu'on a besoin d'avoir cette vision un peu globale ? Concrètement, est-ce qu'on peut y arriver ? Déjà, est-ce que tout seul, vous allez pouvoir y arriver ? Et comment vous mettez en place un certain nombre de choses très concrètes pour y arriver ? Certainement pas tout seul.
Certainement pas tout seul. Si je regardais que les émissions de gaz à effet de serre de la ville de Lyon en tant qu'institution, je verrais très très vite, on voit très très vite les limites de l'exercice. Parce que la ville de Lyon en tant que telle n'est responsable que de 5% des émissions de gaz à effet de serre de son territoire. Les 95% restants, c'est vous, c'est moi dans nos vies personnelles, dans nos vies professionnelles par ailleurs. Et donc il faut travailler avec les entreprises, avec l'hôpital public.
Et à l'échelle de la métropole aussi, évidemment.
Et à l'échelle de la métropole, il faut travailler avec les autres pouvoirs publics, métropoles, régions, états. Il faut travailler avec des grands acteurs. C'est d'ailleurs avec des grands acteurs structurants pour le territoire. L'hôpital public, les hospices civils de Lyon sont engagés aussi dans l'atteinte de cette neutralité carbone. On travaille avec des entreprises comme la SNCF, comme La Poste, et puis beaucoup d'entreprises privées aussi. Des entreprises du bâtiment, du commerce, des travaux publics, de la finance. Et puis le monde arrive dans le même sens. Et puis le monde de l'enseignement supérieur.
Tout le monde de l'enseignement supérieur lyonnais est engagé dans cette démarche d'atteindre de la neutralité climatique d'ici à 2030. Ça va de l'ENS à Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3. C'est Sciences Po, c'est l'EM Lyon, c'est Central, c'est l'INSA. Tout le monde est engagé. Pourquoi ? Parce que tout le monde voit bien et a conscience de l'importance d'atteindre le plus rapidement possible cette neutralité. C'est ça qui va nous rendre robustes dans la durée. C'est parce qu'on aura engagé les transformations au bon moment et le bon moment, c'est maintenant.
Et puis c'est aussi peut-être une réponse à tous ces climato-sceptiques. C'est-à-dire qu'il faut que chacun prenne sa part et que tout le monde y contribue. Alors, ce qui est intéressant aussi, je crois, d'ailleurs, Lyon 2030, il y a un drapeau ici sur le changement. Vous avez aussi fait une démarche qui est assez intéressante pour mobiliser qui s'appelle l'Agora 2030. Quel était l'enjeu, l'idée ? C'était de réunir le monde associatif des individus, des entreprises comme dans un collectif un peu d'ambassadeurs. C'était quoi cette démarche qui, elle aussi, est assez originale, je crois ? Je vous disais, à l'instant, on a besoin de tout le monde
pour atteindre cette neutralité climatique d'ici la fin de la décennie. Mais tout le monde, pas simplement, on va dire, pour faire des grandes déclarations. Non, on a besoin de gens qui s'engagent concrètement, d'abord, à transformer leur façon de travailler, d'étudier, de vivre. Donc, ces parties prenantes, j'en ai cité quelques-unes, on a proposé de les réunir dans une agora. Donc, il y a déjà une centaine de personnes et d'organisations. Ce sont des associations, ce sont des universités, des grandes écoles, des entreprises, des entreprises publiques. Vous-même, aussi, y êtes engagés.
Et je vous en remercie parce qu'on a besoin de gens qui s'engagent concrètement, mais aussi, vous le disiez, on a besoin de gens qui s'engagent comme des ambassadeurs. Et puis,
qui racontent l'histoire. Oui, est-ce qu'aujourd'hui, ce n'est pas d'ailleurs un des très grands combats et c'est une question qui dépasse peut-être simplement votre mandat, mais il y a la question du faire et il y a la question du raconter. Est-ce que la question du récit écologique, du changement écologique, ce n'est pas aussi aujourd'hui quelque chose qui est éminemment stratégique ? Comment est-ce qu'on partage l'histoire avec le plus grand nombre ? Exactement,
avec des outils très concrets comme celui de l'Agora. C'est-à-dire que le maire de Lyon, même s'il passe dans les médias et qu'il explique les transformations qui sont à l'œuvre, ne suffit pas. J'ai bien conscience, je vous dis ça en toute humilité, que la simple parole politique ne suffit pas à tout transformer. Elle est importante, elle est nécessaire, mais elle n'est pas suffisante. Moi, tous les jours, je parle de cette transformation de la ville. Tous les jours, j'évoque la décarbonation, j'évoque la neutralité climatique, mais il faut aussi dans le quotidien de chacune et de chacun que ces messages puissent entrer en résonance avec vous. À travailler.
Eh oui, qui allez expliquer, ne serait-ce qu'au sein de vos équipes, comment on va travailler et vous les faites travailler ensemble. Comment est-ce que demain, un média comme le vôtre peut avoir des pratiques respectueuses des limites de la planète ? Voilà une belle question aussi qui permet d'engager des équipes professionnelles.
questionner sur à la fois sa responsabilité et ce qu'il peut en faire. Sur cette notion du récit et de l'histoire que vous racontez depuis le début, vous la racontez, est-ce que vous avez l'impression qu'aujourd'hui, vous êtes davantage entendu ? J'ai l'impression que peut-être la résonance, comme vous le dites, est un peu plus forte ou que l'écosystème est peut-être plus attentif maintenant qu'il y a 4 ans quand vous êtes arrivé.
Oui, parce que les transformations elles sont visibles et elles interviennent dans le quotidien. Vous savez quand par exemple on a décidé de transformer la restauration scolaire dans les écoles lyonnaises et qu'on est passé à une part significativement plus importante de bio mais aussi de local et qu'on a commencé à associer les enfants à la constitution des menus au choix aussi des menus. Qu'on a introduit une alternative végétarienne quotidiennement possiblement. Ce n'est pas imposé, c'est un choix qui est donné aux enfants et aux familles. On a réalisé des transformations très importantes. Aujourd'hui, on est à 60% de bio dans les cantines lyonnaises et à 40% de local.
C'est une transformation considérable. On a même été plus loin dans les crèches. Dans les crèches municipales aujourd'hui, les plus petits mangent 100% bio. Ce sont des transformations importantes que les gens peuvent voir, dont ils peuvent bénéficier concrètement. C'est parce que ces transformations sont à l'œuvre que l'on montre que c'est possible et que c'est même souhaitable, c'est désirable et que ça entraîne d'autres transformations qui sont pour certaines individuelles. Vous avez peut-être, vous, depuis quelques années, changé certaines de vos habitudes.
On est obligé de se questionner effectivement. Ce n'est pas toujours simple. D'ailleurs, il faut aussi avoir la conscience de se dire que ça demande changer. Ce n'est pas évident.
Et ça nécessite de répondre à des questions personnelles. Comment je mange ? Comment je me déplace ? Comment je m'habille ? Comment je travaille ? Tout ça, c'est à la fois des questions personnelles mais c'est aussi des sujets qui ne peuvent être traités que dans le cadre de grandes politiques publiques. si la ville et la métropole ne s'allient pas pour réaliser par exemple des investissements considérables dans les transports en commun. C'est le cas. 2 milliards et demi d'investissements dans les transports, dans le métro, dans les trams, dans les bus. Comment voulez-vous que les gens changent leurs habitudes de transport ? Ça ne sera pas possible.
Mais heureusement, on les fait ces investissements. C'est de nouvelles lignes de trams T9, T10 qui sont en train d'être construites aujourd'hui. C'est le prolongement de la T6. C'est le rallongement des rames sur T1 et T2. Je pourrais aussi vous parler des investissements qui sont réalisés dans l'automatisation et le rallongement des lignes de métro. On va gagner d'ici à 2035 130% de capacité de transport de personnes en plus à Lyon. C'est considérable. 130%, ça veut dire qu'on fait plus que doubler la capacité de transport.
C'est la réalité de ce qui se passe avec des chiffres et de manière assez factuelle. On est dans la vie publique et politique et vous le savez bien, ce n'est pas toujours forcément évident. Je repense à l'exemple de ce qui se passait dans les cantines. Ça a créé d'énormes polémiques. On vous a accusé de vouloir supprimer la viande, de mal nourrir les enfants, etc. Comment est-ce qu'on verre ces apparentes contradictions alors qu'on sait qu'on fait à priori quelque chose qui est utile et nécessaire ? Il faut faire plus de pédagogie. Comment on tient le cap face à des choses qui sont parfois un peu excessives ou qui peuvent vous sembler injustes ?
On fait d'abord pour les gens avec les gens en priorité. Vous savez, ce que je vous expliquais tout à l'heure sur les cantines est un très bon exemple. En fait, d'abord, on n'impose pas si les familles et les enfants veulent continuer à manger de la viande et du poisson. Il n'y a pas de souci. Ils choisissent le menu petit bouchon et il y en aura toujours dans leur assiette. En revanche, s'ils veulent réduire la part de viande ou de poisson dans leur assiette, ils choisissent le menu jeune pousse et très bien, ils pourront manger végétarien toute la semaine à la cantine. Donc déjà, on ne l'impose pas, on le propose. Ensuite, on le fait avec les enfants.
Régulièrement, on réunit plusieurs classes de différentes écoles de la ville de Lyon et puis on leur fait tester les futurs menus. Je peux vous dire une chose, les futurs plats, s'il n'y a pas 70% de niveau de satisfaction sur un plat, il n'est pas retenu. Et dans ces plats, j'ai fait la dernière séquence avec plusieurs dizaines d'enfants. C'était un moment absolument remarquable d'organisation et surtout très enthousiasmant. Les enfants faisaient ça avec beaucoup de sérieux. Ils étaient très rigoureux. Ils notaient les goûts, ce qu'ils avaient aimé, ce qu'ils n'avaient pas aimé, etc. Et on leur a fait goûter des plats totalement végétariens.
Et il y a des enfants qui mangeaient par exemple des haricots rouges pour la première fois de leur vie. Et très bien, ils découvraient ça. Donc en plus, c'est un éveil culinaire que l'on fait par la même occasion. Parce que ce n'est pas simplement en pensant à la planète qu'on le fait, c'est aussi en pensant bien évidemment à l'habitude, aux nouvelles habitudes de consommation, de nourriture. Ça, c'est très important.
Vous accordez d'ailleurs, c'est un nouveau mantra, beaucoup de place aux enfants et notamment dans cette période d'été parce qu'on parle des canicules, on parle des climats. Je sais que vous vous êtes exprimés il n'y a pas longtemps, mais c'est aussi peut-être le moment de parler de ce qui va se passer pour les vacances ? Parce que vous êtes aussi attentif à ceux qui ne partent pas en vacances avec cette opération qu'on appelle Tout Monde D'Or. Est-ce que vous voulez nous en dire quelques mots ? Tout Monde D'Or,
c'est l'un de nos grands festivals. Alors, il est gratuit, en plein air et c'est une multitude d'activités culturelles et artistiques que vous pouvez retrouver partout dans les neuf arrondissements de la ville. C'est au total 180 événements sur juillet et août. Donc, franchement, il y a de quoi bien... On peut trouver son bonheur. On peut largement trouver son bonheur. On peut aller revoir Persepolis au cinéma en plein air. On peut aller écouter l'histoire de Saint-Exupéry. On peut découvrir des expositions dans différents musées aussi parce que nos grands musées sont bien sûr ouverts pendant tout l'été.
Alors, il y a tout le monde dehors mais il y a aussi le dispositif EOP pour les plus jeunes. Vous m'interrogez sur les enfants. Donc, ce qui permet pour les familles qui ne peuvent pas partir en vacances en dehors de Lyon d'inscrire leurs enfants à des activités. Alors, il y a du sport, il y a de la culture, il y a de l'animation. Voilà. Et donc, on peut aussi passer de très bonnes vacances à Lyon.
Et toutes les infos sont sur le site de la ville et on reparle de tout ça. Et puis, un petit peu de politique dans une troisième partie de notre émission. A tout de suite. On se retrouve pour la troisième et dernière partie de notre émission L'Invité politique le samedi de 11h à midi sur Lyon 1ère. Cette émission exceptionnelle dans le bureau de M. le maire avec vous, Grégory Doucet. Merci encore de nous avoir accueillis. On va parler peut-être un petit peu aussi de politique mais en essayant de prendre un peu de hauteur. J'imagine que ce n'est pas forcément évident. Comment est-ce qu'aujourd'hui vous regardez la situation politique nationale ?
Vous vous êtes exprimé un moment après les élections mais aujourd'hui, qu'est-ce que vous diriez à quelqu'un qui découvre cette situation ?
C'est une très bonne question. Écoutez, on est dans un moment assez particulier. On a eu deux séquences électorales successives, les européennes, les législatives qui ont rebattu les cartes à l'Assemblée nationale. Moi, j'attends maintenant tout simplement comme beaucoup de Françaises et de Français qu'un gouvernement puisse être nommé avec un Premier ministre qu'on doit choisir. Donc, moi, j'attends du nouveau Front populaire que j'ai soutenu bien évidemment à l'occasion des législatives mais j'ai envie de vous dire que je pratique quotidiennement parce que... Depuis à Lyon, c'est déjà un peu comme ça ?
Depuis 2020, ici, moi, je suis un maire écologiste, bien sûr, vous le savez, mais je gouverne avec des socialistes, des communistes, des insoumis, des représentants de la société civile, des gens qui n'étaient pas nécessairement engagés en politique avant 2020. Donc, on a une pluralité déjà très forte ici à Lyon. Donc, moi, j'expérimente quotidiennement le fait que... Ça peut marcher. Ça marche,
en fait. Mais vous pensez qu'il y aura quand même un gouvernement et un gouvernement de gauche dans une échéance assez rapide ? Parce que le président, aujourd'hui, il n'a pas l'air très très pressé, là.
C'est mon souhait. Alors, c'est vrai qu'on l'a vu plus pressé quand il s'est agi de dissoudre en l'espace de quelques minutes après les résultats catastrophiques des Européennes pour le gouvernement Attal à cette époque-là. Il n'a pas attendu très longtemps pour dissoudre. Là, on attend un peu quand même qu'en tant que garant des institutions, qu'il prenne ses responsabilités.
Est-ce qu'il n'y a pas un risque, d'ailleurs, parce que je me mets moi à la place comme citoyen même, je me dis est-ce que quand même quelque part, ce n'est pas une porte ouverte à d'autres manifestations de colère, d'incompréhension ? La politique, c'est devenu quand même un univers assez compliqué. Il y a visiblement une majorité qui s'est exprimée. Si elle ne trouve pas des satisfactions, est-ce que ce n'est pas de nouveau la porte ouverte aux extrêmes, aux populistes et aux rassemblements nationaux ?
D'où l'importance d'apporter rapidement une réponse très claire, très nette aux attentes des Françaises et des Français. Je crois que les résultats des Européennes dans un premier temps puis des législatives ont clairement démontré que la politique qui est menée on va dire depuis 2017 elle ne satisfait pas les attentes des Françaises et des Français. D'ailleurs, on a connu quand même un certain nombre de périodes assez tumultueuses. Je pense aux Gilets jaunes et puis plus récemment à toutes les manifestations contre la réforme des retraites.
Donc, on voit bien que la réponse, elle n'est pas à la hauteur qu'en France, l'accroissement du nombre de personnes qui vivent sous seuil de pauvreté par exemple, eh bien, elle n'est plus acceptable. Donc, on a besoin de changer de politique. Bon, le premier signal qui a été envoyé avec la réélection de la présidente de l'Assemblée nationale, Yalemonde Pivet, n'était plutôt pas un bon message. Il était même carrément un mauvais message. Il n'y a pas de changement. Parce qu'on a l'impression qu'on est dans la totale continuité. Je pense que les Français ne vont pas se satisfaire de ce type de message.
Et effectivement, moi j'attends, comme beaucoup d'entre elles, beaucoup d'entre eux, la nomination d'un ou d'une première ministre issue des rangs du nouveau Fonds populaire pour engager des politiques différentes. Après, eh bien voilà, même si le NFP n'a aujourd'hui qu'une majorité relative à l'Assemblée nationale, eh bien, on va apprendre à gouverner avec une majorité relative. D'autres pays le font, y arrivent. Ces pays arrivent à être gouvernés de manière tout à fait, je veux dire, ambitieuse et même enthousiasmante. C'est un changement d'habitude. Eh, parce que ça oblige à mieux travailler peut-être. Plus discuter. Ces dossiers à plus discuter, à convaincre, à embarquer.
Donc, eh bien voilà, c'est ça aussi la démocratie.
Et si jamais, je suppose que j'ai déjà la réponse, mais vous connaissez un petit peu, si jamais on vous propose d'intégrer un ministère quelconque.
Moi, je suis à Lyon, je suis maire de Lyon. Je me suis engagé auprès des Lyonnaises et des Lyonnais. On a des transformations massives de cette ville qui sont quotidiennement en place. Là, on en a parlé un peu plus tôt. On a cette ambition d'atteindre de la neutralité climatique d'ici 2030, d'adaptation de la ville. Moi, je ne regarde pas qu'à 2030, je vais vous dire. L'adaptation de la ville, on la pense, on la travaille en se donnant comme horizon la fin de ce siècle. Parce que ce que l'on fait aujourd'hui doit durer, doit être robuste, doit être pérenne. Bon, ce n'est pas pour aller m'engager dans autre chose, chaque chose en son temps.
Donc, vous êtes pleinement à votre place et je suppose d'ailleurs que si on regarde simplement les résultats électoraux sur la ville de Lyon où il y a 4 députés du Nouveau Front Populaire et dont au moins une de vos adjointes, Sandrine Ruenel, sur une circonscription qui n'était quand même pas forcément évidente, est-ce que ça, c'est aussi un motif de satisfaction par rapport à votre collectif, par rapport aux perspectives des prochaines élections ? Ne nous en cachons pas.
Mais restons humbles. Loin de moi, l'idée de vouloir tirer des conclusions hâtives en disant on a 4 députés NFP sur Lyon sur les 4 circonscriptions. Ça veut dire que tout le monde est content. Ce n'est pas aussi simple que ça, d'abord parce que quand on regarde les résultats au plan national et même local, on voit aussi à Lyon une montée de l'extrême droite et il faut en tenir compte. Donc, voilà, les scrutins sont différents. Les européennes sont des européennes, les législatives sont des législatives, les municipales seront des municipales, les gens ne votent pas forcément avec les mêmes regards, les mêmes attentes. Donc, voilà. Vous savez, vous vous projetez de toute façon.
Moi, je me réjouis par ailleurs que 4 députés du Nouveau Front Populaire aient été élus, bien évidemment, parce qu'en plus, ils reflètent sur Lyon cette belle pluralité d'opinions, d'origines même, j'ai envie de dire. On a quelqu'un qui est issu des rangs de l'écologie politique, Marie-Charlotte Garin. On connaît bien qu'on a été réellement invité. Elle était déjà députée. Boris Tavernier, issu de la société civile. VRAC. Voilà. Anaïs Belouassin, qui est une insoumise. Et puis, Sandrine Renel, que vous avez cité tout à l'heure, qui est socialiste. On a un panel assez représentatif de ce qu'est le nouveau Front Populaire. Et c'est heureux.
Alors, dans ces élections, il y a aussi quelques changements, je vais dire, politiques, dans l'écosystème élargi, puisque vous avez entre guillemets perdu votre président de région, Laurent Wauquiez. C'est une notoriété publique que vous n'étiez pas forcément toujours en accord, au-delà peut-être des coréles politiciennes. C'est aussi peut-être sur une logique, notamment quand on parle de transport, de ce genre de choses. On avait l'impression qu'il y avait parfois une petite hostilité. Est-ce que vous avez l'impression que vous allez pouvoir retrouver peut-être une marge de manœuvre dans les discussions avec la région, tout simplement.
On l'évoquait pour les Jeux Olympiques, on l'évoque pour le TVR et la mobilité. Est-ce que, après tout, peut-être que ça va ouvrir un nouvel espace de discussion ? Je le souhaite.
Je crois que toutes les Lyonnaises et les Lyonnais attendent que l'on puisse développer l'offre de transport qui connecte notre ville au reste de la région et je dirais même au reste du pays. Mais il est certain que quand on habite à 10, 20 ou 30 kilomètres de Lyon aujourd'hui, on fait le constat que l'offre de transport régional, elle est insuffisante. et il faut la renforcer. Laurent Wauquiez a déjà un mandat derrière lui. Il est dans son deuxième mandat. Vous faites le constat comme moi que les choses n'ont quand même pas beaucoup bougé.
Malgré des grandes déclarations dans les faits, on n'a pas vu s'améliorer le fonctionnement des lignes principales qui connectent Lyon au reste des villes, y compris d'ailleurs des petites villes de la région. Moi, j'espère qu'avec une nouvelle présidence, je ne sais pas encore, qui sera choisie, on puisse reprendre le dialogue. Mais au-delà du dialogue, moi, j'ai besoin d'actes concrets. Très concrètement, je vous dis, j'ai des grosses attentes comme chaque Lyonnaise et chaque Lyonnais en matière de développement
d'une offre de transport. Vous n'êtes pas surpris de toute façon par la place qu'il prend aujourd'hui à l'Assemblée. Il est dans son destin présidentiel. Il construit son histoire avec son pacte législatif. Ce n'est pas votre sujet. tout ça.
Très franchement, ça ne m'intéresse pas de commenter les ambitions individuelles des uns et des autres. Si vous voulez interroger Laurent Wauquiez sur ce sujet... On le fera avec... Non, non, mais c'était juste
pour l'anecdote
par rapport à... Je trouve que d'alimenter, vous savez, moi, je n'aime pas être là-dedans parce que je trouve que les petites phrases ici et là, lâchées, ça alimente un climat qui n'est pas forcément bon pour la démocratie. Je trouve assez délétère. Moi, j'ai été élu pour m'occuper de Lyon. Donc, j'y suis engagé à 100%. À quoi ça sert d'aller balancer des petites phrases ici et là ?
Si on reparle sur la dimension un peu politique de ce qu'est l'écologie aujourd'hui, vous évoquiez le fait que, notamment à l'étranger, Lyon est une ville un peu pilote, aspirante, etc. C'est un peu un laboratoire de l'écologie comme d'ailleurs, je suppose, d'autres collègues maires que vous croisez régulièrement, que ce soit à Poitiers, à Bordeaux, à Strasbourg, etc. Est-ce que, pour vous, l'écologie politique, elle a un avenir ?
Parce que, si on regarde les résultats, on peut s'interroger sur le fait qu'il y a une prise de conscience écologique, qu'il y a plein de choses qui sont écologiquement faites, intelligentes, et puis que, globalement, que ce soit au niveau national, etc., l'écologie politique, peut-être a du mal à cranter. Est-ce que ça, vous le vivez, vous le ressentez ? Ou ce n'est pas non plus un sujet parce que vous êtes ancré sur votre territoire ?
Frédéric, si vous me le permettez, d'abord, je reviendrai sur un mot que vous avez utilisé. Vous avez parlé de laboratoire. Moi, je n'aime pas cette expression parce que ça donne l'impression aux gens qui sont en train d'être, on va dire, victimes d'une expérimentation. D'accord, d'une expérimentation
en mode éprouvette.
Exactement. Vous m'interrogiez tout à l'heure sur les grandes ambitions qu'on peut porter pour la ville de Lyon. Et je vous disais, on est engagé dans des transformations qui se veulent durables, pérennes, parce qu'on est en train d'adapter la ville aux nouvelles conditions climatiques. Et donc, on n'est pas en train de tester quelque chose qu'on change à demain. C'est plus sérieux que ça. Eh oui, c'est beaucoup plus engageant que ça.
Quand on décide, je vous le disais tout à l'heure, de massivement végétaliser la ville, de transformer les mobilités, de transformer l'alimentation dans les cantines, et puis je pourrais multiplier les exemples, on ne le fait pas comme ça, juste pour un ou deux ans pour tester quelque chose. On est dans des transformations qui sont durables. Quand on va faire le réaménagement massif de la rive droite du Rhône, ça va commencer prochainement, et qu'on va créer trois hectares de parcs, quasiment en cœur de ville, ce n'est pas pour les enlever quelques mois ou quelques années après. Donc, ce sont des transformations véritablement durables.
Que l'écologie politique à l'échelon national, notamment, ne progresse pas davantage, oui, bien sûr. J'en suis le premier à être meurtri. D'autant plus que je vois qu'à l'échelle européenne, quand je discute avec des représentants de la Commission européenne, c'est elle qui nous soutient dans le cadre de ce projet Lyon 2030 dont on a déjà parlé tout à l'heure. C'est parce que Lyon est lauréate d'un programme de la Commission européenne qui s'appelle 100 villes climatiquement neutres et intelligentes, qu'on a pu s'engager dans ce programme de transformation et d'atteinte de la neutralité climatique pour 2030. Et là, je vois qu'à l'échelle européenne, l'ambition, elle est là.
Les crédits, ils sont là. Maintenant, c'est vrai qu'à l'échelle nationale, l'État français, le gouvernement français, les gouvernements successifs n'ont pas été au rendez-vous. n'ont pas été au rendez-vous. Quand on a des ministres ou des premiers ministres qui rechignent ou rognent sur certaines ambitions environnementales en disant ici, ça va trop vite ou ça va trop loin alors que quelques mois ou quelques années auparavant, ils avaient pris des engagements à l'égard des Françaises et des Français pour aller si loin et si vite. Quand ils reviennent dessus, électoralement, finalement, ils nous mettent en danger.
Ils nous mettent en danger parce que le réchauffement du climat, lui, n'attend pas. Vous savez ? Je pense qu'on devrait davantage s'inspirer des chefs d'entreprise qui, quand ils ont devant eux un risque qui pourrait advenir, eh bien, anticipent, prennent les bonnes décisions pour que ce risque n'advienne pas. C'est ce que, eh bien, nos gouvernements précédents n'ont pas fait. C'est ce qu'ils auraient été bien, on va dire, inspirés de faire, c'est-à-dire de mesurer ce risque et pourtant, je pense que les rapports du GIE sont assez explicites.
Je veux dire, on ne peut pas dire que le gouvernement ne se soit pas entouré de suffisamment de scientifiques et prendre les décisions parce que les Françaises et les Français ont besoin d'être rassurés, ont besoin qu'on leur montre, qu'on ne les prend pas à la légère,
qu'on les considère
et parfois, les considérer, c'est, eh bien, les engager dans des transformations audacieuses, ambitieuses, d'ampleur. Oui, et moi, je préfère donner de l'ambition, montrer qu'on est prêt à transformer, plutôt que de laisser penser à des gens que tout va très bien, madame la marquise, tout continuera comme avant, alors qu'on sait que ça ne va pas arriver.
Alors, on est à la fin de cette émission déjà parce que ça passe toujours très vite, on est dans la dernière émission de l'année, on est sur les vacances, je suppose que vous allez pouvoir prendre quelques jours quand même de congé. est-ce qu'on arrive à, c'est souvent ma question à ce moment-là, est-ce qu'on arrive un peu à décrocher quand on est mère comme ça de Lyon et qu'on a une telle responsabilité pour prendre un peu de temps pour soi pour s'inspirer, se reposer, être en famille ? Je sais qu'il y avait une polémique au moment de la naissance de vos derniers enfants quand vous avez pris un congé de parentalité mais est-ce que vous êtes toujours attaché à ces congés ?
Je suis très attaché
à mes enfants et je fais en sorte de prendre du temps aussi avec eux parce que je veux aussi quand même les voir grandir et je considère que même si j'ai un mandat de mère, je suis aussi un père et qui a envie de s'attacher à l'éducation de ses enfants donc voilà, oui je vais passer un peu de temps rassurez-vous après est-ce qu'on décroche ? Non, on ne décroche pas complètement parce qu'on reste attentif on répond aux urgences quand elles arrivent voilà mais ça ne m'empêche pas de prendre quelques vacances avec ça
et avec peut-être un livre de chevet parce que c'est une question traditionnelle avant qu'on se quitte est-ce que vous avez un livre que vous allez emporter en vacances ?
Oui, je viens juste de commencer un livre qui s'intitule le ministère du futur de Kim Stanley Robinson qui est un livre de science-fiction enfin un roman de science-fiction mais comme son nom l'indique qui n'est pas complètement loin des sujets qui me préoccupent au quotidien mais voilà je viens juste de le commencer donc je ne peux pas vous en dire davantage mais pour l'instant
il est déjà passionnant on vous réinvitera pour en parler et puis on se quitte c'est aussi la tradition avec un morceau de musique vous avez quoi dans votre playlist en ce moment ?
Je réécoute parce que je l'ai beaucoup écouté par le passé Ludivico Enodi alors il y a plein de morceaux fantastiques voilà c'est le genre de musique qui me permet voilà de déconnecter de m'apaiser de me concentrer voilà
bon et bien on se quitte en musique un très grand merci pour votre accueil M.
Le Maire c'était un plaisir merci ça fait quelques années qu'on avait envie de vous avoir c'est fait je vous souhaite de bonnes vacances en tout cas et puis quant à vous je vous dis à très bientôt pour une nouvelle émission au revoir au revoir c'était l'invité politique du samedi sur Lyon Première en partenariat avec Lyon Positif la plateforme inspirante des acteurs engagés dans la transition du territoire retrouvez tous les invités politiques en podcast sur lyonpremière.fr et lyonpositif.fr écoutez votre radio Lyon Première en direct sur l'application Lyon Première lyonpremière.fr et bien sûr à Lyon sur 90.2 FM et en DAB+.
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