Lycées : "On a des collègues et des équipes qui sont épuisés", témoigne ce responsable des proviseurs de la Vienne
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Chapitres
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Questions et réponses
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Est-ce que vous croyez à un retour du mouvement à la rentrée après deux semaines de pause ?
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Il y a beaucoup qui vous concernent directement, notamment sur les absences d'enseignants. À quoi on s'attend chez nous ?
- 1:42OuverteRéponse directe
C'est quoi ces disciplines où il y a des besoins, justement ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Comment on compose avec ça pour essayer de combler des trous quand on doit gérer un emploi du temps de lycéen ?
- 3:35OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a conduit à ce qu'on en arrive là aujourd'hui ? Pourquoi les étudiants sont soumis à des plages horaires de 8h-18h ?
- 4:39OuverteRéponse directe
De votre point de vue à vous, de chef d'établissement, comment on a vécu ce mouvement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09InvitéFait
« On a dans des lycées aujourd'hui de nouvelles nominations qui arrivent. »
- 1:17InvitéFait
« La difficulté, elle va être que les enseignants soient nommés réellement où il y en a besoin. »
- 1:23InvitéFait
« Tous les ans, on a des disciplines qui restent non pourvues parce que déficitaires ou parce que les contrats proposés sont sur des temps partagés. »
- 2:41InvitéFait
« Parmi les revendications des lycéens, ces fameuses emplois du temps qui ont une plage de 8h à 18h. »
- 3:47InvitéFait
« Il y a eu une évolution du lycée, et puis alors pas seulement induite par l'évolution du bac. »
- 4:49InvitéFait
« On a des collègues, on a des équipes qui sont épuisées. »
- 4:55InvitéFait
« On a eu des violences qui, on peut le dire, dans notre académie ont aussi été importantes sur certains établissements. »
Temps de parole
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Trois jours des vacances de la Toussaint, la mobilisation lycéenne faiblit dans l'académie de Poitiers. Les élèves promettent de revenir pour porter leurs revendications, Clément. Et on en parle ce matin avec Jérôme Santis. Bonjour, vous êtes le secrétaire départemental du SMPDE à
l
'UNSA, c'est le syndicat majoritaire chez les chefs d'établissement. On l
'a
dit, on l'a vu hier, c'était plus calme que lors des plus grosses mobilisations qu'on a connues au cours des cinq dernières semaines. Est-ce que vous, vous croyez à un retour du mouvement à la rentrée après deux semaines de pause ?
Bonjour à vous. Alors aujourd'hui, c'est difficile de pouvoir prédire ce que ce mouvement deviendra. Je ne
sais
pas si les vacances vont suffire. Je pense aujourd'hui que c'est surtout les annonces du gouvernement et leur concrétisation qui permettront ou pas le retour des lycéens dans nos lycées.
En parlant de revendication des lycéens, c'est un peu ça le nerf de la guerre, on va dire, entre guillemets. Il y
en
a beaucoup qui vous concernent directement, notamment sur les absences d'enseignants, on peut le citer. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geoffray, justement, en parlant d'annonce, il a promis 3000 enseignants en renfort à venir dans les semaines à venir. À quoi on s'attend chez nous quand on sait que c
'est
déjà difficile de trouver des enseignants
? Alors
ce qu'on a pu constater, c'est qu'on a dans des lycées aujourd'hui de nouvelles nominations qui arrivent. On a des enseignants qui ont été nommés depuis ces derniers jours. La difficulté, elle va être que les enseignants soient nommés réellement où il y en a besoin. Et puis, nous, aujourd'hui, ce qu
'on
va observer, c'est la capacité à pouvoir trouver des enseignants sur des disciplines qui sont aujourd'hui déficitaires. Tous les ans, on a des disciplines qui restent non pourvues parce que déficitaires ou parce que les contrats proposés
sont
sur des temps partagés. C'est surtout là que l'enjeu va se jouer.
C'est quoi ces disciplines où il y a des besoins, justement ?
On
a des disciplines qu'on retrouve qui peuvent être des disciplines littéraires ou scientifiques ou même des disciplines, des fois, très techniques sur des domaines particuliers où il est difficile aujourd'hui d'arriver à trouver des compléments pour assurer les heures d'enseignement.
Ce que vous nous dites, ce n
'est
pas tant le nombre d'enseignants qui posent problème, mais c'est plutôt les spécialisations des uns et des autres, en tout cas des enseignants.
Effectivement, voilà. C'est les difficultés qu'on rencontre aujourd'hui de se retrouver face à l'incapacité à trouver un enseignant pour venir faire les heures dans les lycées.
Et
comment on fait quand on est un chef d'établissement comme vous et qu
'on
doit pallier, justement, parce que les élèves, les lycéens se plaignent beaucoup de ces absences de professeurs, ça fait partie de leur revendication principale. Comment on compose avec ça pour essayer de combler des trous, on va dire, quand on doit gérer un emploi du temps de lycéen
? Alors,
il y a deux choses dans votre question. Quand, effectivement, au quotidien, on doit essayer de remplacer un enseignant, on essaie en interne et ce n
'est
pas toujours facile. Et puis après, aujourd'hui, je crois que parmi les revendications des lycéens, ces fameuses emplois du temps qui ont une plage de 8h à 18h, c'est une réalité avec des fois des pauses méridiennes qui sont très courtes. Mais c'est des contraintes induites par des postes partagés. Ce n
'est
pas toujours évident d'avoir une réponse. Et je crois qu'aujourd'hui, les réponses, elles ont été, dans la quasi des cas, apportées par les équipes de direction qui travaillent aussi à favoriser les conditions d'exercice des élèves. Et on va avoir aujourd'hui des réflexions, mais tout ne se résoudra pas pendant les vacances, ou en tout cas, là, sur les deux prochains jours, sur des emplois du temps qui seraient totalement refondus. À la rentrée, ce serait inusoire de laisser entendre que l'ensemble des emplois du temps seront retouchés pour le retour des vacances.
Je rebondis sur cette question des emplois du temps. Elle a aussi beaucoup évoqué par les lycéens dans les manifestations. On entend parfois, pour critiquer le mouvement, que les lycéens ne voudraient plus travailler. Mais quand on vous écoute, on a l'impression que c'est une réalité, que les étudiants ont des plages horaires qui sont très importantes. Qu'est-ce qui a conduit à ce qu'on en arrive là aujourd'hui ? Pourquoi les étudiants sont soumis à des plages horaires, comme vous dites, de 8h-18h, sans compter les temps de trajet, parfois très longs quand on habite à la campagne
? Parce
que je crois qu'il y
a
eu une évolution du lycée, et puis alors pas seulement induite par l'évolution du bac. Et puis on a aujourd'hui des enseignements de spécialité, on a des équipes de direction qui s'attachent aussi à faire en sorte que la plupart des élèves puissent avoir leurs enseignements de spécialité. Tout ça a fait qu'il y a nécessité d'avoir des alignements d'emploi du temps, de mobilisation d'enseignants sur des plages contraintes, et puis des services partagés plus importants qu'avant. Et donc il faut arriver à jouer, à mettre en place toutes ces briques. Et donc on arrive aujourd'hui effectivement à des emplois du temps qui sont, pour certains élèves, un peu plus étendus sur la semaine.
Je crois qu'il y a de multifacteurs qui expliquent aujourd'hui qu'on a en 2026, des emplois du temps qui ne sont pas les mêmes que ceux qu'il y a 15 ans.
Un mot quand même, là on a parlé des revendications et de ce qu'il faudrait amener aux étudiants pour peut-être apaiser leur colère. Un mot sur la forme du mouvement qui a surpris beaucoup de monde, notamment sur certaines violences, certaines formes de blocages qui ont été surpris dans les établissements. De votre point de vue à vous, de chef d'établissement, comment on a vécu ce mouvement
? Alors
on l'a très mal vécu. Aujourd'hui on a des collègues, on a des équipes qui sont épuisées. Certaines ont été choquées. On a eu des violences qui, on peut le dire, dans notre académie ont aussi été importantes sur certains établissements. Et donc je crois que moi, le bilan qu'on doit retenir, c'est qu'on a aujourd'hui des revendications légitimes. On a des lycéens qui ont su, notamment dans nos départements, dans notre département des Deux-Sèvres et puis dans l'académie, de façon majoritaire, utiliser les instances qui leur étaient données. Et donc il faut écouter cette violence et puis je crois cette revendication, excusez-moi, et puis je crois aussi qu'il faut qu
'on
soit en capacité aujourd'hui de protéger les équipes.
Est-ce qu'on a eu du personnel ? Alors on l
'a
vu dans d'autres départements.
Est
-ce qu'il y
a
eu du personnel qui a été pris à partie comme on a pu le voir dans d'autres départements
? Je
crois qu'on a, voilà, ici et là. Alors on en a peut-être un peu moins parlé, mais moi je n
'ai
pas un retour exhaustif de ce qui a pu se passer sur notre territoire. Mais il y a eu certaines manifestations qui ont un peu débordé. Je pense qu'on a des équipes de direction qui sont au contact des élèves, qui sont allées là pour apaiser, et qui dans certains cas ont pu effectivement se retrouver dans des situations qui ne sont pas habituelles dans la mission d'un personnel de direction.
Merci beaucoup Jérôme Santisson. On va terminer sur cet appel au calme et au dialogue dans ce mouvement lycéen. Merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin pour parler des revendications de ce mouvement lycéen. Merci beaucoup.