Maréchal / Bardella : ce qu'ils préparent... - C dans l'air 02.04.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Dans l'adversité, le clan Le Pen se retrouve toujours. Finalement, pour 2027, et si c'était elle, le plan B? - C.Roux: Encore faut-il qu'il y ait un plan B et que M.Le Pen ne puisse pas se présenter.
Est-ce que ça fait naître une petite musique autour de M.Maréchal? - N.Schuck: Inévitablement, on va regarder ce qui se passe, le combat entre J.Bardella et M.Le Pen.
Elle appartient à une dynastie, au clan Le Pen. Elle a du sang royal. Les Le Pen se transmettent le pouvoir de père en fille et de fille en nièce.
Elle doit avoir une certaine aura dans l'électorat. A-t-elle suffisamment envie? C'est une question...
P.Buisson, politologue très sulfureux, très partisan du monde des droites...
Il l'avait prise en adoration. Il disait que c'était quelqu'un qui avait un potentiel énorme. Il disait qu'elle n'avait pas assez envie, qu'elle n'était pas prête à tout sacrifier. - B.Sananès: Aujourd'hui, elle est derrière J.Bardella chez les électeurs du RN.
Mais c'est la seule autre personne qui peut émerger dans cet électorat. Elle a distancé E.Zemmour.
Il y a aussi la question de la ligne politique. Sur le sujet de l'union des droites, il y a des points de proximité avec J.Bardella, presque plus qu'avec M.Le Pen.
Il y a aussi le discours. Sur le discours social, on l'entend moins sur ces questions, qui sont une vraie force de M.Le Pen, qui lui ont permis de faire une synthèse entre les sujets régaliens et les sujets sociaux. - B.Morel: Le gros de l'électorat RN, sa force, c'est un électorat populaire, qui n'hésite pas entre le RN et un candidat de droite, B.Retailleau, L.Wauquiez...
Un électorat qui hésite entre le RN et l'abstention. M.Maréchal est sur une ligne union des droites.
Il n'est pas certain qu'elle arrive à parler, comme M.Le Pen, du chauffage au fioul...
En termes de désertion du monde rural...
Elle peut jouer la vieille droite légitimiste étendue à un électorat de centre droit, mais les gros bataillons de l'électorat RN, elle va beaucoup batailler pour les avoir. - C.Roux: Beaucoup plus que J.Bardella.
En termes de ligne, elle est, au Parlement européen, devenue assez proche de G.Meloni. M.Le Pen ne la porte pas forcément dans son coeur. - N.Mauret: Elle est sur une ligne plus identitaire, plus conservatrice que sa tante, qui a un profil plus social.
M.Maréchal, il ne faut pas la sous-estimer. J'ai des doutes sur son envie.
Elle a quitté l'Assemblée nationale pour s'occuper de sa fille en bas âge en disant que c'était ça, sa priorité. Quand même, elle a la politique dans le sang, comme sa tante. Elle s'appelle Le Pen.
De là à arriver à être un recours dans les prochains mois pour 2027, je n'y crois pas. Je ne vois pas J.Bardella laisser sa place comme ça à M.Maréchal. - C.Roux: M.Le Pen décidera? - N.Mauret: M.Le Pen est décidée à ne laisser sa place à personne.
Elle pense qu'elle est la meilleure candidate, à juste titre. Objectivement, elle est prête. Elle se prépare depuis des années.
J.Bardella a une image un peu plus dilettante. C'est la différence entre quelqu'un qui est là, qui gère un groupe de 120 députés, et quelqu'un qui est beaucoup sur les réseaux sociaux et sur la communication.
Tout ça peut évoluer. A date, objectivement, il faut que J.Bardella se structure.
Il écrit un 2e livre sur sa rencontre avec tous les gens...
Ecrire un livre, c'est un marqueur, pour un candidat à la présidentielle. - C.Roux: Sa rencontre avec les Français, ça ressemble à un livre pour la présidentielle.
On passe à vos questions. Question. - B.Sananès: C'est un argument compliqué à utiliser pour le RN.
Le RN dit qu'ils seront empêchés d'avoir un candidat. M.Le Pen serait empêchée, mais le RN pourrait avoir un candidat qui ne ferait pas de la figuration, qui pourrait être en tête au premier tour. - C.Roux: Question. - B.Morel: Oui, en revanche, on n'interdit pas ça de façon arbitraire.
Il faudrait des signes sérieux qu'il pourrait y avoir un trouble. Pour l'instant, on a plutôt peur au RN qu'il n'y ait personne plutôt qu'il y ait un coup d'Etat comme en février 34. - C.Roux: Ils savent affréter des cars pour remplir la place Vauban... - N.Schuck: L'actualité va tellement vite...
Même si c'est un four, ils peuvent s'en remettre, médiatiquement. - B.Sananès: La place Vauban est plus facile à remplir que la place des Invalides.
Il va y avoir une recherche sur la communication et sur l'image. On le voit dans le matériel de mobilisation, on veut montrer que c'est autour de M.Le Pen que se fait cette mobilisation.
C'est l'image qu'ils voudront envoyer dimanche. On ne va pas faire de pronostic de chiffres... - C.Roux: C'est important de voir comment ils se mettent en images.
Il y a l'affiche qui est uniquement sur la personne de M.Le Pen. Question. - N.Mauret: Pour l'instant, l'électorat RN est choqué par ce qui se passe.
Il est très fidèle à M.Le Pen. Tout ce qui est fait sur victimiser, intervenir sur les plateaux télé...
C'est fait pour les mobiliser. A court terme, je ne vois pas l'électorat RN aller voir ailleurs. - C.Roux: Question. - B.Morel: Théoriquement, non. dans le temps.
La loi, c'est une convention sociale à un instant donné au sein d'une société. Si la loi devient dérangeante, si on considère que l'inéligibilité, c'est une atteinte au droit des électeurs...
L'inéligibilité avait été utilisée pour purger les opposants politiques, notamment sur le Second Empire. Dans la tradition républicaine, on n'aimait pas ça, jusqu'aux affaires des années 80-90. - C.Roux: Donc ce ne serait pas choquant qu'on enlève l'inéligibilité? - B.Morel: Il y a eu une demande sociale de plus grande moralisation.
Elle peut s'inverser. Et ça s'est déjà inversé naguère. - C.Roux: Question. - B.Morel: Si jamais il y a une inéligibilité à titre provisoire, ça ne change rien.
Ce ne sera pas suspensif. - C.Roux: Elle ne pourra pas se présenter? - B.Morel: Non.
Marine Le Pen