Jérôme Guedj : «Je continue à défendre une augmentation du Smic»
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Je vais prendre les deux questions dans l'ordre. Est-ce que la dignité au travail est une rémunération digne ? Là aussi, j'évoquais les préoccupations premières sur le pouvoir d'achat. Évidemment que c'est le sujet dont on parle partout. Il y a deux questions. Est-ce que les entreprises peuvent augmenter les salaires ? Je pense que oui. Avec les charges qui pèsent sur elles ? Je continue à défendre une augmentation du SMIC. Vous savez, aujourd'hui au SMIC, les charges, je préfère le terme de cotisation sociale, qu'elles soient patronales ou salariales, il n'y en a quasiment plus.
Les exonérations de cotisation sociale au niveau du SMIC, je crois qu'une entreprise paye 73 euros de cotisation patronale pour un niveau du SMIC. Vous avez regardé sur votre feuille de paye ? Vous avez vu les charges. Je connais par cœur. Je suis un amoureux du financement de la protection sociale parce que ça finance notre modèle. Là où vous avez raison, c'est qu'il faut que le financement de notre modèle de protection sociale, a fortiori dans une évolution avec le recours à la robotisation et à l'intelligence artificielle, soit différent. Le financement de la Sécu, il repose aux deux tiers aujourd'hui sur la masse salariale. Il faut qu'on revoie ça.
Il faut que l'intelligence artificielle, les investissements dans les entreprises soient mis à contribution pour financer le modèle social. Mais il faut aussi qu'on ait des contreparties à tout ça. Je reprends une proposition de Marie-Lise Léon, la patronne de la CFDT, qui est souvent connue pour des positions modérées. Si on fait des exonérations de cotisation sociale, alors il faut qu'il y ait des contreparties, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Je vous prends un exemple et un sujet sur lequel moi je souhaite me battre. Si le salarié reste au SMIC, on pourrait considérer que le SMIC, c'est le salaire d'entrée pour des métiers faiblement qualifiés.
Mais s'il reste deux ans, trois ans, quatre ans, six ans, sept ans au SMIC, est-ce que c'est légitime de maintenir les exonérations de cotisation sociale ? Moi, je reprends la proposition de la CFDT qui dit qu'au-delà de deux années au SMIC, l'entreprise ne doit plus bénéficier d'exonérations de cotisation. Et donc, elle va être incitée à augmenter les salaires. Il faut réviser les grilles de classification. Donc, le SMIC, une négociation salariale et un élargissement du financement de la sécurité sociale à d'autres ressources que sont notamment l'intelligence artificielle, la robotisation.
Bref, à chaque fois que la machine va remplacer un salarié, il faut que cette machine cotise d'une manière ou d'une autre à la sécurité sociale, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Jérôme Guedj