Gérard Larcher : "On a eu "balance ton maire" et "accroche-toi à ton maire", et si on se faisait confiance ?"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Et avec Léa Salamé, nous recevons aujourd'hui, dans le grand entretien du 7-9, le Président du Sénat. Question, réaction, amis auditeurs, au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Gérard Larcher, bonjour. Bonjour. Et merci, Monsieur le Président, d'être au micro de France Inter. Merci beaucoup de faire ici votre rentrée médiatique au moment où l'exécutif met la question de l'immigration au sommet de son agenda et en débat à l'Assemblée Nationale. Devant les députés de la majorité lundi soir, le Président de la République a dit vouloir préparer notre pays aux défis contemporains qui font peur.
Il a appelé les troupes La République En Marche à se défier des bons sentiments sur l'immigration qu'il faut aborder avec maturité et calme. Il veut la fermeté sur le détournement du droit d'asile et admet la sécession de certains quartiers au sein de la République. Voilà, citation d'un certain nombre de thèmes, parfois de mots qui sont identitairement, Gérard Larcher, ceux de votre famille politique, la droite. Est-ce que vous saluez à ce titre ce discours de fermeté de la part du Président de la République ?
Ecoutez, d'abord je regarde le bilan de deux ans et demi. Et le bilan, on a 255 000 titres de séjour en plus, on a 125 000 presque demandeurs d'asile et on a surtout un chiffre qui est accablant. 90% des déboutés du droit d'asile restent sur le territoire. Il y a donc un échec de cette politique.
Le gouvernement, je précise, affirme qu'en 2018, il n'y a jamais eu autant de reconduite à la frontière depuis 2012.
10% ! Voilà le chiffre. Et quand vous parlez avec les préfets, ils vous disent que la réalité c'est qu'on ne reconduit pas. Alors le Sénat avait fait des propositions. Souvenez-vous dans la loi Colomb. Et maintenant on attend les actes. Les actes, ils peuvent venir très vite. On a le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Nous avons l'an dernier proposé le remplacement de l'aide médicale d'Etat par une aide médicale d'urgence. Parce qu'il ne s'agit pas de ne pas apporter d'aide médicale. Nous sommes aussi dans des relations humaines. Mais, eh bien, j'allais dire, maintenant, dans un mois et demi, le gouvernement peut poser un acte en vérité et un acte concret.
Et ensuite, il va falloir faciliter le travail des préfets, souvent entravés, quand il y a une décision de reconduite à la frontière, qui, je le rappelle, est une décision de droit. Et qui est donc soumise à des décisions de justice.
Donc vous dites à Emmanuel Macron, allez réformer l'AME, montrez-nous des actes. Et les quotas aussi ? La question des quotas n'est pas exclue, dit-on.
Nous allons voir le débat le 30 septembre, le 2 octobre au Sénat. Attention, qu'est-ce qu'on entend par quotas ? Nous avons un sujet constitutionnel, et ce qu'il ne faut pas que nous définissions des plafonds. Nous avons toujours proposé qu'il y ait des débats au Parlement. Je vous le rappelle donc, ce sujet-là. Et puis, derrière, il y a quand même un petit aspect politique. Enfin, pardonnez-moi, je dis ça comme ça, en passant.
Comment ça ?
Je ne voudrais pas que s'installe cette espèce de sentiment binaire qu'il n'y aurait qu'un débat qu'entre Emmanuel Macron et Mme Le Pen. Je crois que pour la démocratie, c'est aussi un vrai sujet.
Vous avez l'impression que c'est ce qu'il est en train de faire ?
C'est l'impression qu'il n'est pas... Regardez les élections européennes. Moi, je pense que nous avons une responsabilité politique. C'est aussi une responsabilité pour la gauche sociale-démocrate de réinventer les espaces, parce qu'une démocratie binaire, ça peut se finir très mal.
Je cite encore le président de la République. La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois ne croisent pas l'immigration, les classes populaires vivent avec. Si je pousse le raisonnement, vous, Gérard Larcher, vous êtes un bourgeois. Est-ce qu'il a raison d'employer un terme de ce type ?
Je crois que c'est un terme, une fois encore, clivant, mais je vis la réalité tout près de chez moi, dans mon département. Quand la question est posée à Trappes, au Mureau ou à Mantes-la-Jolie, je n'ai pas l'impression d'être un bourgeois, je suis un élu de ce territoire. Et je me pose aussi la question de l'échec de l'intégration. Le sujet de l'intégration est un sujet majeur. Pas un mot sur l'intégration, qui est un sujet. Comment on fait communauté nationale en étant venu d'horizons différents ? C'est aussi un vrai sujet.
On ne peut pas traiter de la question migratoire sans traiter du co-développement dans un certain nombre de pays, sans traiter de la question européenne face au droit d'asile, et sans traiter de l'intégration.
Vous avez entendu, vous avez employé le mot clivant sur l'immigration. Vous avez l'impression que Macron fait du Sarkozy ?
Il ne fait pas du Sarkozy, il fait du Macron. C'est-à-dire, mais maintenant j'attends les actes.
Passons à la réforme des retraites. Emmanuel Macron a choisi de prendre son temps, Gérard Larcher, le temps de consulter les partenaires sociaux, de débattre avec les Français sur le modèle du grand débat national après la crise des gilets jaunes. Sur la méthode, est-ce qu'il a raison, d'après vous, de laisser du temps au temps, simplement, et de ne pas passer en force ?
Je crois qu'il n'a pas le choix. Donc, peut-être feindre le temps du dialogue. Il y a eu un travail fait par Jean-Paul Delevoye comme mot-commissaire. Nous y avons participé. Nous, au Sénat, y compris en organisant deux colloques, nous voyons que les sujets s'accumulent, qu'ils ont parfois oublié, notamment, de traiter les régimes autonomes, en donnant le sentiment, parfois, que c'est plutôt un braquage des régimes autonomes. Et donc, c'est bien de prendre le temps. Je ne suis pas certain que l'horizon 2020 ne soit pas repoussé. C'est un peu comme les marins. Je ne sais pas quand est-ce qu'on arrivera au port. J'ai l'impression que l'horizon recule au fur et à mesure du temps.
Vous avez l'impression qu'il ne va pas la faire, cette réforme des retraites ? C'est ça que vous dites, ce matin ?
Je pense qu'en tous les cas, il va mettre un certain temps. Donc, c'est comme la chaleur du fût du canon. Je ne sais pas le définir.
Sur le fond, il semble favorable, Emmanuel Macron, à l'allongement de la durée de cotisation, plutôt qu'à une mesure type H-pivot. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne voie d'abandonner l'âge pivot et d'aller plutôt vers un allongement de la durée de cotisation ?
Je crois que les Français sont perdus. 62 ans, âge pivot, allongement des cotisations. Il y a une question qui est posée partout, dans tous les pays, quel que soit le système, c'est l'âge de départ. Autour de l'âge de départ, on peut articuler, en fonction de la pénibilité des métiers, des réalités. A force de ne jamais vouloir prononcer le mot âge de départ, on raconte des cracks aux Français. Ils sont en train de s'en rendre compte.
Vous dites à Emmanuel Macron, il faut pousser à 65 ans.
Mais bien sûr, il faut dire là, si on disait la vérité. Si on disait la vérité.
Vous craignez que la Macronie soit sur pause, on l'a entendu. Vous craignez ou vous notez, Gérard Larcher. Il y a un changement de méthode, on l'a dit. Débat de proposer, consulter, dire au fond que l'acte II sera moins vertical. Sur le sujet, Nicolas Sarkozy a déclaré, moi je crois au principe de verticalité dans l'exercice du pouvoir, car le pouvoir s'exerce debout, pas couché, pas à plat ventre. Vous partagez cette vision sarkozyenne du pouvoir ? Je suis pour la verticalité inversée, moi.
Ça veut dire on marche sur la tête. Très bien, je vais vous l'expliquer. La confiance vient d'en bas. L'autorité d'en haut et de surcroît. Celui qui a dit ça, il s'appelait CIS. Et c'est la démarche que je poursuis au travers des conventions qui visent à rassembler les élus, et pas simplement les élus, les citoyens, les acteurs, des familles du centre et de la droite républicaine. Je pense que c'est du terrain que peut naître quelque part une partie de la réduction des fractures de ce pays, qu'il y a sur le terrain des expériences absolument exceptionnelles. Vous savez, j'étais chez Xavier Bertrand, et on parlait d'industrie.
J'étais chez Christelle Morancé dans Pays de Loire, et on parlait formation professionnelle. On va bientôt parler en région centre du désert médical. Qui est-ce qui a trouvé une solution au désert médical ? J'étais en Saône-et-Loire la semaine dernière. Le président du conseil départemental a décidé d'embaucher des médecins.
C'est du concret. Puisque vous le mentionnez, monsieur le président Larcher, Xavier Bertrand va faire sa rentrée politique demain soir sur France 2. Est-ce que vous lui dites, je ne sais pas si vous vous tutoyez, j'imagine, Xavier rentre à la maison, rejoint la maison du père, vient dans ton parti Les Républicains ?
Moi, j'ai une vision écuménique, mais je n'ai pas une vision unique. Et Xavier a pris sa décision. Simplement, je sais Xavier, nous partageons beaucoup de choix, de direction, d'orientation.
Mais vous lui dites, reviens ?
Je ne lui dis pas, reviens. Je lui dis, Xavier réussit d'abord dans les Hauts-de-France, ce qu'il est en train de faire. Et Xavier, on a besoin de toi. Et on a besoin de toi dans la famille politique ou aux côtés de la famille politique. C'est à toi de le décider. Et c'est le sens... Moi, je suis là pour rassembler. Pour, au-delà de ce rassemblement, essayer de bâtir un référentiel. Voilà pourquoi la verticalité inversée, chez moi, elle a du sens. On part du terrain. Ça ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des fonctions régaliennes essentielles pour l'État.
Est-ce que vous êtes favorable à une primaire ouverte de la droite pour décider qui sera votre candidat en 2022 ? Ou est-ce que la précédente primaire vous a définitivement vacciné contre ce processus ?
Non, ce n'est pas la primaire qui a été le motif d'une vaccination. La primaire, c'est une méthode de choix qui a ses qualités et ses défauts. Mais ma préoccupation, c'est que toutes celles et tous ceux qui voudront concourir pour l'élection présidentielle, il faut que nous leur proposions d'être dans ce choix. Voilà pourquoi je suis pour, naturellement, un dispositif qui soit ouvert. Il faut sans doute revoir un certain nombre de conditions. Vous savez, j'ai été un des garants de l'ancienne primaire. Donc je connais ses qualités et ses défauts, mais ce n'est pas ça qui a fait échouer.
D'accord. Donc pour la primaire ouverte, on l'a entendu.
Alors les élections à la présidence de votre parti, les Républicains, auront lieu le 13 octobre prochain. Gérard Larcher, Christian Jacob, qui n'avait pas reçu l'appel de la foi, s'est sacrifié pour l'unité du parti. C'est une candidature casque bleue, en quelque sorte, le temps que le parti se reconstruise. Mais est-il l'homme de la situation, là, aujourd'hui, 2019 ?
Écoutez, il y a trois candidats, les militants choisiront. Il faut naturellement reconstruire cette formation politique, définir son projet, définir ses alliances, être en capacité de se retrouver dans la diversité de ceux que nous sommes. C'est ce à quoi je travaillerai.
Vous nous faites de la langue de bois, ce matin ?
Pas du tout.
Alors, Christian Jacob, c'est l'homme de la situation, ou pas ?
Je vous réponds que c'est le choix des militants, parce que ma fonction de président du Sénat m'amène à devoir. Je voterai comme militant. Mais sur le sujet, ce n'est pas la langue de bois, c'est le respect des institutions que j'ai l'honneur de présider.
Gérard Larcher, quelques questions d'actualité encore. Gérard Darmanin reconnaît ce matin que le déficit va se creuser plus que prévu dans le budget 2020, à 2,2% du PIB. Il assume, nous avons préféré baisser les impôts plutôt que le déficit. Est-ce qu'il a raison de privilégier le pouvoir d'achat des Français plutôt que les comptes publics ?
Écoutez, je crois qu'on ne va pas pouvoir continuer dans une situation où les comptes publics nous classent dans les derniers de l'Union européenne en matière de déficit, en matière de dette. Et il faut nous préparer à un éventuel retournement de la situation. Je crois que nous sommes dopés, pour ne pas utiliser une formule d'hallucinogène, nous sommes dopés par des taux d'intérêt négatifs. Je pense qu'aujourd'hui, le gouvernement fait exactement l'inverse de ce qu'Emmanuel Macron avait proposé aux Français en 2017.
Il assume vouloir baisser, Gérard Darmanin, la fiscalité sur l'héritage pour les classes moyennes. Est-ce que ça va dans le bon sens de baisser les droits de succession ou est-ce que ça va réactiver l'image de président des riches ?
Écoutez, en tous les cas, il paraît qu'il ne faut pas être bourgeois. On parle des classes moyennes. Je crois qu'on a aujourd'hui un dispositif sur la transmission qui est un dispositif obsolète. C'est vrai pour les entreprises, c'est vrai pour les familles. S'engager dans cette réforme est une bonne chose. Si ça doit être simplement un cadeau, alors que ça doit être un facteur de dynamisme et quelque part d'ancrage et de transmission, à ce moment-là, ça peut être... Léa, et puis on passe au standard.
Dernière proposition, et je sais que ça ne vous fait pas plaisir, il n'y aura pas d'augmentation de la taxe foncière, mais si les élus locaux veulent augmenter les impôts, eh bien qu'ils le fassent, dit Gérard Darmanin ce matin. Manière de dire que c'est aux collectivités locales de se débrouiller pour gérer le manque à gagner de la suppression de la taxe d'habitation. Vous dites quoi ce matin ?
D'abord, je lui rappelle que balance ton maire. Il nous a déjà fait le coup. La deuxième des choses, c'est que le foncier bâti, c'est un vote qui appartient aux collectivités territoriales, et notamment demain, au bloc communal, puisque sur un coin de table, on a décidé, mais c'est dans le projet présidentiel, la suppression de la taxe d'habitation. C'est une responsabilité que les élus assumeront. Encore faut-il que les dotations que l'État doit aux collectivités territoriales soient à la hauteur. C'est un peu facile.
Vous savez, on a eu balance ton maire en novembre, on a eu, au moment du grand débat, accroche-toi à ton maire, et si on se faisait confiance, et je propose, moi, que l'exécutif, les collectivités territoriales, les élus, on se fasse confiance, plutôt que se balancer ce genre de formule au moment de présenter son budget.
Il est 8h36, la parole aux auditeurs nombreux ce matin, au Standard. Bonjour François. Bonjour. Bonjour M. le maire de Saint-Jouin-Bruneval. Oui, c'est pas facile de dire, c'est à côté des trottins,
c'est de ma rétive. Allez, on vous écoute, M. le maire. Bonjour M. le maire de France Inter, et bonjour M. le maire de France Inter, et bonjour M. Gérard Larcher. Moi, je suis maire d'une commune, donc, et si on se faisait confiance, vous disiez. Moi, dans notre petite commune, de 2000 habitants, on a accueilli une petite famille syrienne, on a fait notre petite part, en tout cas d'humanité, dans ce monde, vous savez qu'il devient de plus en plus compliqué. Et donc, moi, je vous entendais ce matin, on vous parle des chiffres, on vous parle des problèmes, on vous parle de se replier sur soi-même. L'immigration n'est pas qu'un problème, il faut rester humain, il faut ouvrir les cœurs.
Et ce matin, je vous sens plutôt en repli sur vous-même, et inciter l'ensemble de nos concitoyens et des auditeurs à fermer les portes. Et moi, je vous sollicite sur... Ouvrez les portes.
Ouvrez les portes. Merci, M. le maire. Que répondez-vous, Gérard Larcher,
à François ? La semaine dernière, M. le maire, j'étais avec un maire et une chambre des métiers, c'était en Loire-Atlantique, pour examiner comment des mineurs étrangers non accompagnés étaient en quelque sorte accompagnés vers l'emploi par une formation. Parce que je pense, et vous avez raison, j'évoquais la question de l'intégration, à la fin de mon propos. Je ne suis pas que dans une analyse de chiffres, mais je pense que des femmes et des hommes méritent notre attention. Je voudrais simplement rappeler ce que disait le président du Sénat de Côte d'Ivoire il n'y a pas si longtemps, quand nous étions rassemblés avec les Sénats d'Afrique.
C'est l'Afrique qui se vide aussi, au goutte à goutte, de ses meilleures capacités par une immigration qui nous prive d'un développement et d'un avenir.
On a un petit problème au standard, on vient de retrouver Vincent de Mulhouse. Bonjour.
Oui, bonjour. Bonjour à toute l'équipe. Bonjour à monsieur Larcher. Ma question concerne la fragilisation de l'organe législatif depuis la mise en cause du président de l'Assemblée nationale et sa mise en examen surtout. Donc, je suis curieux de savoir sa réaction et de savoir quelle aurait été sa décision à la place du président de l'Assemblée nationale s'il avait été lui-même mis en examen.
Merci, merci Vincent. Alors, si vous aviez été mis en examen, Gérard Larcher, qu'auriez-vous fait ? C'est la question de notre édite.
Comme Richard Ferrand mis en examen dans l'affaire des mutuelles de Bretagne.
Le mis en examen est présumé innocent. Je crois que ce principe-là, et ce n'est pas au cours d'une instruction que nous devons décider si un élu de la nation, élu par le suffrage universel, qu'il soit direct ou indirect, voit son mandat, j'allais dire, achevé. Je dois vous dire que plus personne ne se souvient de la jurisprudence baladure, mais ça ne m'apparaît pas être une démarche saine. Moi, j'ai un souvenir, il y a longtemps que je suis élu, j'étais en 93, jeune parlementaire, et quand on a remplacé l'inculpation par la mise en examen, c'était pour renforcer les droits, les droits de celui qui pourrait un jour être traduit devant la justice.
Eh bien, je crois que ça s'applique pour un président de l'Assemblée nationale.
Donc, vous comprenez la décision de Richard Ferrand de rester à son poste puisqu'on est sur ces questions-là. Patrick Balkany dort à la prison de la Santé après sa condamnation à 4 ans pour fraude fiscale. Est-ce justifié
ou disproportionné ? C'est une décision de justice et je ne la commande pas. Simplement, je me suis posé la question sur le mandat de dépôt. Et j'ai... Regardez, on fait un mandat de dépôt immédiat s'il y a un danger pour la société ou s'il y a un risque de fuite ou de pression. Est-ce que ceci était rassemblé ? A écouter son avocat, M. Dupond-Moretti, je ne crois pas que c'était rassemblé. C'est simplement une question que je me pose.
Une autre question pour vous, Gérard Larcher. C'est Maximilien qui vous la pose sur l'application France Inter. Devrait-on, M. Larcher, accepter la demande d'asile d'Edouard Snowden ? Demande d'asile qu'il a formulée ici même à ce micro, au micro de France Inter. C'était lundi matin.
Je crois qu'il faut, comme les demandes d'asile, la faire examiner parce qu'il a droit, comme tout humain, à exercer le droit d'asile. Je rappelle que le droit d'asile est un droit reconnu au plan des sociétés, notamment, qui sont basées sur la démocratie. Je ne connais pas suffisamment le dossier pour faire en lieu et place de ceux qui vont gérer l'instruction du droit d'asile. Donc, ne se prononce pas ce matin, c'est ça ? Écoutez, on se prononce tellement par approximation, j'essaie d'éviter cela.
On retourne au standard. On nous attend Gérard. Vous êtes là ? Oui, bonjour. Bienvenue. On vous écoute, Gérard.
Bonjour et bravo à toute l'équipe. Alors, je vais être rapide. Ma question est très simple. Macron a décidé de réduire le nombre de parlementaires, notamment, les sénateurs. Je voulais savoir, je suis d'un département de 230 000 habitants, nous avons deux députés et deux sénateurs. Alors, je voulais savoir, dans le cas précis... Vous ne seriez pas
de la Haute-Saône, par hasard ?
Non, c'est la Haute-Loire.
Haute-Loire. C'est à peu près le même nombre, c'est pour ça.
Je voulais savoir... On va laisser les deux Gérard
débattre ensemble.
Je voulais savoir si oui ou non, on va réduire le nombre de parlementaires. Vous pourrez vous en parler longuement, mais je vais être très bref. Quatre parlementaires, 230 000 habitants. Qu'est-ce que vous en pensez, M. le Président ?
Merci, Gérard. Gérard Larcher, vous répond. Le chiffre, nous sommes favorables à l'ajustement du nombre de parlementaires. Simplement, nous posons un principe. Un parlementaire, c'est quoi ? C'est une proximité avec les citoyens et avec les collectivités territoriales. Et nous devons être attentifs aux territoires comme le vôtre, entre guillemets, un peu plus pauvres en démographie que d'autres. Voilà pourquoi nous avons dit au Sénat collectivement qu'il n'était pas question qu'il y ait plus de 20 départements ou collectivités à statut spécifique qui est un seul député et un seul sénateur. Avec aussi deux observations.
Est-ce que la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie n'auraient plus qu'un seul député ou un seul sénateur ? Au nom d'une forme d'arithmétique du chiffre, je n'ai pas besoin de me lancer dans de grandes explications sur l'importance de la diversité. Proximité, et je crois que la crise dite des gilets jaunes nous rappelle à ce besoin de proximité. Voilà pourquoi nous proposons 281. On ne fera pas croire que 20 sénateurs d'écart et 33 députés d'écart, ça mérite qu'on suspende une révision constitutionnelle.
Nicole Belloubet dit que ce sera au Sénat de faire un pas maintenant pour qu'il y ait cette réforme institutionnelle que veulent les citoyens. Elle vous dit que c'est à vous, c'est vous qui bloquez.
Elle a tort. Le Premier ministre sait parfaitement par un courrier. Notre position, nous sommes disponibles pour la révision constitutionnelle, mais nous posons le principe de la proximité et nous posons le principe de la continuité.
Le tribunal correctionnel de Lyon a relaxé lundi deux militants pour le climat qui avaient décroché le portrait d'Emmanuel Macron en février dernier. Le juge a motivé sa décision par, je cite, l'état de nécessité et un motif légitime face à l'inaction de l'État contre le réchauffement climatique. Certains ont salué le courage et une décision historique des juges. D'autres ont critiqué les juges qui cautionneraient la désobéissance civile. Vous êtes où, vous, face à cette décision ?
Quand je suis face à cette décision, c'est que le juge est sorti parce que l'état de nécessité est quelque chose qui a été créé au XIXe siècle. Elle était notamment liée à la pauvreté, à la mendicité. Je crois qu'il ne faut pas mélanger les choses. Je pense que ce jugement sera réformé. Et d'ailleurs, ça me renvoie au discours de la nouvelle présidente de la Cour de cassation. Il y a besoin d'une justice indépendante. Mais je ne mets pas en cause l'indépendance de la justice. Je ne fais pas partie de ceux qui la mettent en cause. Mais il y a besoin d'une forme de stabilité. Et sur ce sujet, en fait, vous avez un juge militant. Ce juge militant, il faut qu'on y soit attentif.
La tête de Macron, on a eu le mur des cons. Je crois qu'il faut qu'on fasse attention si on veut que collectivement, nous ayons confiance dans l'autorité de justice. Et moi, je suis de ceux qui pensent qu'il faut faire confiance à l'autorité de justice.
Il nous resterait peu de temps. Deux minutes. Leïla est en ligne depuis Paris. Bonjour.
Oui, bonjour. Alors, j'avais une question assez simple. Début septembre, le journal Le Monde révélait qu'un buste d'Hitler et qu'un drapeau nazi étaient conservés, en fait, dans les sous-sols du Sénat. Que faisaient-ils là encore en 2019 et comment se fait-il que personne, alors que j'imagine qu'il y a des employés qui sont là pendant des années, 20 ans, 30 ans, comment se fait-il que, en fait, personne ne savait que ces objets étaient dans les sous-sols du Sénat ?
Merci, Leïla, pour cette question. Monsieur le Président du Sénat,
vous répondez. La décision a été prise. Il a été proposé en dépôt au musée de l'armée. Oui, mais ce n'est pas la question. Qu'est-ce que ça fait depuis 1944 ? Je vous donne son avenir. Et nous ignorions, nous ignorions en tous les cas, le Président du Sénat, Alé Kester, que ce buste existait.
Ça traduit simplement qu'il y a une histoire au Sénat, qui est l'occupation par les forces allemandes et notamment par la Louvre à feu, où le chef d'état-major d'ailleurs occupait le bureau du Président du Sénat, qu'il y a eu un grand combat au moment de la libération de Paris entre les forces de la résistance et le 501ème régiment de chars de combat et que sans doute à ce moment-là, mais j'ai demandé...
Mais comment c'est possible que vous ne le saviez pas qu'il y avait son fils
d'Itler et ce drapeau n'a dit ? Parce que... Il était caché,
on ne vous avait pas dit ?
Non, personne ne nous l'avait dit. Personne ne nous l'avait dit. Et j'ai demandé à ce que le service des archives d'ailleurs travaille sur l'ensemble des archives de cette période car il y a eu des moments aussi qui sont des moments de dignité nationale de la part notamment d'agents du Sénat.
Est-ce que la cave du Sénat est mieux tenue ? La cave du Sénat elle est mieux tenue que... Vous parlez des caves
des archives ? Non, le pinard. Écoutez, c'est un sujet qui réjouit tout le monde mais je vous rassure elle est tenue et elle est raisonnable.
Allez, dernière petite question avant de vous libérer M. le Président du Sénat. Le parti des... Plusieurs élus des Républicains veulent changer les dates du procès Fillon Hasard des calendriers le procès de François Fillon aura lieu entre le 25 février et le 11 mars c'est-à-dire à quelques jours des municipales est-ce que vous demandez aussi un changement de calendrier ?
Il y avait une tradition républicaine qui... Moi je suis pour une démocratie apaisée et une justice apaisée avoir une conclusion trois jours avant les élections municipales je ne suis pas certain que ce soit les conditions de cet apaisement je n'ai pas caché que quand je rencontrerai la présidente du conseil supérieur de la magistrature qui est la présidente de la Cour de cassation je lui poserai la question en toute indépendance de sa part mais je pense que la question mérite d'être posée.
Merci monsieur le Président du Sénat Gérard Larcher au micro de France Inter ce matin
Merci de m'avoir invité Merci à vous d'avoir répondu positivement. Merci à vous.
Merci à vous. Merci à vous. Merci à vous.
Gérard Larcher