Conseil national du 26 novembre | L'introduction d'Olivier Faure
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Applaudissements] c'est vrai que c'est un vrai plaisir de se retrouver pour de vrai on finissait par se demander s'il y avait déjà derrière les écrans et bien une partie d'entre eux sont là et je crois qu'une autre partie nous regarde en direct aussi et évidemment c'est un vrai bonheur de vous retrouver pour cette matinée consacrée à notre conseil national de synthèse alors avant de passer au débat de congrès moi je voulais quand même revenir sur l'actualité politique de ces dernières heures derniers jours qui a marqué notre vie politique et sur ces sujets là j'imagine et d'ailleurs je n'en ai aucun doute nous sommes parfaitement rassemblés Unis parce que au-delà de ce qui peut nous faire diverger nous avons aussi une claire conscience de ce qui se joue dans la période présente nous sommes face à un gouvernement qui est un gouvernement du passage en force qui n'hésite plus semaine après semaine à déployer le 49.3 et qui n'a aucune volonté aucune de passer le moindre compromis avec qui que hier soir j'écoutais Valérie qui intervenait à notre nom sur la dernière motion de censure et qui rappelait que sur le budget la marge de compromis sur les 1500 milliards et bien elle avait été la marge qu'ils avaient autorisé à la négociation portait sur 0,05 % du montant total c'est vous dire à quel point ils ont en tête le fait de nouer des accords avec une majorité relative et la volonté de chercher avec d'autres à construire des majorités cette majorité ils ne veulent même pas la construire avec eux-mêmes la réalité vous la connaissez c'est que même quand modestement le MoDem se réveille et vient expliquer qu'il faudrait peut-être pas taxer les super profits au moment elle est super dividendes pour un montant qui avait été évalué à 200 millions 200 petits millions je rappelle que la proposition de loi que nous avons déposée elle permettrait des recettes évaluées par les économistes indépendants autour de nous qui disent qu'elle rapporterait entre 20 et 40 milliards même pour 200 millions le gouvernement l'a refusé voilà le contexte dans lequel nous sommes un contexte où malheureusement nous faisons face à un gouvernement qui n'a pas compris la logique dans laquelle les Françaises et les Français l'avaient placé le président a été élu vous le savez dans des conditions particulières liées au barrage républicains et nous n'y sommes pas pour rien et ne lui ensuite pas autorisé une majorité absolue puisque il voulait en finir avec la puissance jupitérienne et donc ils appelaient le Parlement à jouer son rôle nous y sommes prêts nous avons depuis le début rappelé que nous étions ouverts au compromis nous savons bien que nous n'avons pas gagné et donc que nous ne pouvons pas imposer la politique que nous avons nous-mêmes prôné mais à minima à minima au moins chercher à avancer ensemble et faire en sorte que dans ce pays dans un moment où les crises se cumulent et bien nous puisserons trouver ensemble quelques solutions au lieu de quoi que font-ils et bien ils sont en train de saccager notre modèle social et j'y reviens en quelques mots et vous aurez là aussi un panorama que vous connaissez bien mais que je veux rappeler ce panorama il est le suivant en fait d'abord nous étions il y a quelques heures au Congrès des Maires de France et bien ils sont là pour étrangler les collectivités locales ce n'est pas nous qui le disons je lis parfois comme vous les journaux délibéraux avec comme référence les agences de notation que disent-elles elles disent que ce sont trois milliards de moins pour les collectivités locales 3 milliards de moins pour les collectivités locales avec cette triple peine la fin de la TH la fin de la CVAE et à minima la stabilisation de la DGF 3 milliards de moins ce sont des investissements en moins de l'emploi en moins et si je parle d'emploi c'est maintenant pour faire la transition avec le travail nous savons nous que pour retrouver les classes populaires les classes moyennes pour retrouver les classes laborieuses il va falloir être des défenseurs intransigeants n'ont pas de la valeur travail la valeur travail c'est la dernière fois qu'elle était invoquée comme valeur c'était Vichy non nous nous invoquons la valeur du travail donner une valeur au travail parce que celles et ceux qui se lèvent le matin et bien qui participe à la création de richesse mérite la reconnaissance de la Nation et depuis quelques jours et même depuis quelques heures nous avons la mise en place de la réforme de l'assurance chômage ils ont demandé un chèque en blanc à l'Assemblée le chèque en blanc leur a été signé par la majorité et par majorité relative et puis par c'est supplétifs des républicains jusqu'à nous n'avions pas d'indications elles sont venues elles sont venues d'ailleurs hélas par la bouche de l'un de ceux qui hier était encore enfin hier peut-être même avant-hier et même avant avant-hier mais celui qui était notre porte-parole pour dénoncer le premier budget de l'ère Macron est celui qui a malheureusement porté cette réforme de l'assurance chômage s'apprête à emporter une autre j'y reviendrai après sur l'assurance chômage que nous disent-ils ils nous disent que et bien les chômeurs les précaires les femmes célibataires les plus jeunes les étudiants celles et ceux qui vivent de prestations chez McDonald's ou d'autres afin de publicité pour les autres et bien seront les premiers pénalisés il y avait déjà eu une réforme qui a coûté 2 milliards au chômeurs et aux précaires ils s'apprête à le retirer maintenant 4 milliards 6 milliards qui vont partir qui vont être dégagés de celles et ceux qui en ont le plus besoin qui avaient pourtant cotisé pour cela et qui vont se retrouver dans une difficulté supplémentaire à un moment où l'inflation égale aux pente voilà le résultat de cette réforme avec un discours qui peut paraître un discours de bon sens ils nous disent mais écoutez quand ça va mieux on est plus dur mais quand ça va moins bien on sera plus souple mais regardez bien le critère qui a été fixé le critère qui a été fixé fait que en réalité si on reprend sur les 40 dernières années et bien selon eux tenez-vous bien les choses se seraient bien passé pendant 12 ans sur 40 ans pendant 30 ans nous serions nous aurions été dans une période qui ont été considérées comme pour par eux comme une période fast une période où on peut réduire de 25% la durée de l'indemnisation du chômage alors chaque camarade je sais que cette bataille là il est compliqué parce que depuis longtemps la bataille culturelle sur la question de ce que eux appellent l'assistanat a été perdu par la gauche et que nous avons besoin sur ce terrain-là du rock enquête de revenir en avant de reparler aux françaises et aux Français et c'est la raison pour laquelle nous devons décrypter avec eux cette réforme le faire avec le monde syndical qui est vend debout unis pour une fois sur le sujet je continue parce qu'ils veulent faire ensuite sur la question des retraites la question des retraites là aussi je ne veux pas épiloguer parce que le temps m'est compté et je regarde le compteur voilà et bien sur les retraites là aussi ils ont prévu de prélever 8 à 9 milliards d'euros sur les retraités il ne se cache même plus lors de la réforme systémique il y a un peu plus de deux ans ils avaient cherché au moins à emballer l'ensemble dans un espèce de de discours d'amélioration de la situation des retraités cette fois-ci les choses sont claires les motifs sont avoués un motif qui est purement budgétaire et là aussi il faudra dénoncer il faudra se mobiliser il faudra expliquer aux françaises Français de quoi il s'agit 65 ans âge légal il y a beaucoup de gens parmi vous qui ont fait des études supérieures cela ne sont pas touchés pas concernés et au fond n'ont aucune raison de se lever la situation ne bougera pas la situation bougera sur tous les autres celles et ceux qui ont commencé plus tôt qui ont souvent les métiers aussi les plus pénibles ceux qui ont l'espérance de vie la plus courte et c'est sur eux que va peser cette économie de 8 à 9 milliards et c'est la raison pour laquelle la gauche ne peut pas rester muette qu'elle doit se mobiliser pleinement faire en sorte que ce mois de janvier soit un mot de mobilisation de résistance de relations avec l'ensemble du monde syndical avec l'ensemble de la gauche politique parce que nous devons ensemble porter un rapport de force ne pas nous résigner je sais bien que le temps est parfois aussi à la résignation parce que sur ce terrain là ils n'ont pas gagné la taille culturelle en mai en revanche progressivement ils ont habitué les phrases et les Français à l'idée que de toute façon il passerait et que rien ne s'arrêterait que ce serait le rouleau compresseur et on le sent bien dans les rencontres que nous faisons sur les marchés dans les portes à portes dans les rencontres que nous faisons comme élu il y a beaucoup de résignation beaucoup de gens qui sont prêts à baisser la nuque parce qu'il ne voit plus comment résister parce qu'ils n'ont plus confiance dans le monde politique et nous devons restaurer cette force parce que les Français nombreux sont là attendent de nous que nous puissions les mobiliser je termine sur une dernière question qui est peut-être passé pour l'instant sous les radars mais qui touche aussi à la question de la valeur qu'on accorde au travail je veux parler de la question de ce qu'on appelle trivialement l'ubérisation l'ubérisation c'est le retour aux tâches rhônage le retour a des travailleurs qui ne sont plus protégés par rien c'est le tricotage tout ce que nous avons construit patiemment pendant plus d'un siècle ce code du travail donc chaque page porte la marque d'un combat et bien ce qui se passe aujourd'hui c'est que d'abord les travailleurs des plateformes souvent là aussi des travailleurs très précaires mais qui sont pour l'instant dans des catégories sociales qui concerne moins souvent parce que ce sont des étrangers ou d'origine étrangères et donc on regarde moins et puis pendant les matchs de la Coupe du Monde se faire livrer pour ceux qui regardent la Coupe du monde et je sais que aucun d'entre vous ici n'a allumé son téléviseur ne riez pas ce serait désagréable mais donc beaucoup sont heureux de se faire livrer leur pizza la réalité c'est que ce phénomène va s'amplifier et qu'il va considérer il va il va demain saisir d'autres catégories et là ce sera trop tard et donc nous avons besoin aujourd'hui de lutter et ça tombe bien ça tombe bien il y a un homme en Europe Nicolas Schmitt commissaire européen socialiste qui au sein de la Commission européenne porte un projet essentiel qui permettrait de faire en sorte de présumer le salariat à partir de critères qui déterminent le degré de soumission à une plateforme et bien ce projet figurez-vous qu'il est aujourd'hui bloqué oui bloqué par le gouvernement français et donc nous devons là aussi mener campagne faire savoir dire que c'est l'Europe qui protège et c'est la France qui au contraire aujourd'hui est là pour nous empêcher de protéger c'est la France qui aujourd'hui refuse une nouvelle protection refuse un nouveau progrès social et c'est l'Europe qui est là pour faire avancer et en Europe cette socialiste qui le porte un socialiste oui qui le porte parce que nous avons toujours porté ces questions là au devant de la scène et c'est la raison pour laquelle chaque camarade je vous demande dans les semaines qui viennent je sais bien qu'il y a un congrès mais les congrès ne peuvent pas nous empêcher de continuer à parler aux françaises et aux Français empêcher de mener campagne de faire ce qu'est notre devoir notre devoir ce n'est pas simplement de nous parler entre nous c'est d'abord de parler aux françaises et aux Français de leur dire ce que nous voulons pour eux et donc je vous demande oui dans les prochaines semaines de mener campagne et on me fait signe d'arrêter je m'arrête je m'arrête pour vous dire oui menons campagnes ensemble décryptons organisons des rencontres dans toute la France expliquant ce qu'il détricote patiemment du modèle social français et faisons en sorte que la mobilisation soit la plus forte pour que Jean quand janvier nous puissions nous retrouver et empêcher ce que je ne crois pas inéluctable mais que ce que je mets malheureusement je connais la volonté du président et je sais qu'il mettra toutes ses forces pour arriver à construire une nouvelle majorité politique autour de ces projets de déconstruction alors chaque camarade soyons fier de ce que nous portons effectivement battons-nous ensemble [Applaudissements]
Olivier Faure