Présidentielle, sécurité, vaccins... Le "8h30 franceinfo" de Fabien Roussel
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Bonjour Fabien Roussel, candidat à la présidentielle officiellement depuis quelques jours, vous avez été investi largement d'ailleurs par les militants communistes, sauf que pour le moment dans les sondages, c'est Jean-Luc Mélenchon qui fait la course en tête à gauche. Est-ce que vous êtes donc prêt à être le Christiane Taubira de 2022, celui qui va faire perdre son camp ?
Je souhaite surtout faire gagner des idées, faire gagner la gauche, déjouer tous les scénarios qu'aujourd'hui on voudrait déjà nous imposer, comme si le premier tour n'avait pas lieu. Et donc notre objectif à travers ma candidature, c'est de faire gagner des idées fortes aux élections présidentielles, mais aussi aux élections législatives qui ont lieu six semaines après. Et c'est pour ça que j'ai tout de suite, en présentant ma candidature, voulu parler du monde du travail, parler de la jeunesse, cette campagne qui arrive et qui va durer un an, c'est l'occasion d'imposer tout de suite de grandes propositions dans le pays, de faire en sorte peut-être qu'elles s'imposent.
Je prends l'exemple des étudiants, dès le mois de septembre, il faut qu'il y ait un revenu étudiant pour chacun de nos jeunes, pour que la rentrée, on va en parler, mais c'est pour donner le sens de ma candidature. C'est pas pour soustraire à qui que ce soit, c'est pour additionner, et c'est surtout pour faire gagner des idées. Et j'aimerais, pour ne pas parler de la jeunesse puisqu'on va le faire, imposer une loi anti-délocalisation immédiatement, que l'on arrête l'hémorragie de nos usines et de nos emplois dans des pays à bas salaire. Et ça, c'est le poids de la candidature que je voudrais mettre dans la campagne.
Très bien, Roussel, vous auriez pu les mettre au service d'un Jean-Luc Mélenchon qui est largement en tête à gauche dans les sondages aujourd'hui.
Je souhaite qu'il y ait un débat dans le pays, et que ce soit les Français, les Français, nos concitoyens, qui choisissent en fonction des idées des uns et des autres. Nous sommes différents à gauche. Enfin, nous sommes tellement différents que quand la gauche sociale-démocrate a eu le pouvoir, je pense à François Hollande notamment, mais ils ont tellement déçu, ils ont tellement tourné le dos aux engagements qu'ils avaient pris, avec Emmanuel Macron comme ministre de l'économie et des finances quand même, qu'aujourd'hui, beaucoup de nos compatriotes tournent le dos à cette gauche-là. Ça veut dire que le Parti Socialiste aujourd'hui... Parce qu'elle a renoncé.
Et donc moi, je souhaite une gauche de combat sincère, authentique, républicaine, laïque, et qui est prête à affronter tous les grands débats, tous les problèmes que nous avons dans le pays, avec une grande ambition. Je souhaite être le candidat du monde du travail, le candidat du pouvoir d'achat, le candidat des classes populaires. Et ça, je souhaite l'incarner pleinement et avoir ce débat avec les Français.
En tout cas, Jean-Luc Mélenchon, derrière qui les communistes s'étaient rangés il y a 5 ans, il y a 10 ans, lui ne comprend pas votre choix de vous lancer dans cette campagne, il l'a dit il y a quelques jours sur BFM TV.
J'ai fait deux campagnes présidentielles avec les communistes. On a eu quand même de beaux résultats. On a démarré à 3,5, on a fini à 11, puis le coup d'après à 19,5. À une poignée de voix, on y arrivait, on arrivait au deuxième tour. Pour moi, c'est une tristesse de voir que tout ça est passé par-dessus bord par Fabien Roussel. Est-ce que ça va m'empêcher d'y arriver ? C'est la question qui m'est posée. Eh bien, je vais me battre pour que non, mais ce sera plus difficile pour moi.
Petite amertume dans la voix de Jean-Luc Mélenchon. Il n'est pas tout seul d'ailleurs dans votre camp, puisque le maire de la Courneuve près de Paris, qui est lui aussi communiste, parle de votre candidature comme d'une candidature suicidaire.
Je souligne que vous avez souri pendant le son de Jean-Luc Mélenchon.
Mais non, je connais bien Jean-Luc. Je voudrais lui dire qu'il ne soit pas malheureux. Je l'entends plein de tristesse et d'émotion. C'est ironique tout ça, ce que vous dites. Mais non, comme s'il avait perdu quoi que ce soit. Nous sommes forts quand nous arrivons à additionner nos combats, nos idées, à convaincre le plus de monde possible. Et donc, c'est en ce sens qu'il faut qu'il voit ma candidature. Là, on dirait qu'il a déjà perdu, je ne sais pas quoi. Bon, soyons offensifs, combattifs. Moi, j'y vais. C'est pour ça que je souris. Je suis plein d'allant. Je suis combattif.
Je voudrais apporter quelque chose de neuf dans cette campagne, parce que les multiples crises que nous vivons, sanitaires, écologiques, économiques, imposent que l'on bouscule le débat d'idées. Et que cette candidature, la candidature que je porte, qui sera une candidature collective, celle du monde du travail et de la jeunesse, justement, et de la création, je pense au monde des arts et de la culture, eh bien, je souhaite qu'elle bouscule. Mais avec la porte de la fraîcheur dans le débat politique.
Aujourd'hui, on en a tellement besoin. Qu'est-ce candidat potentiel à gauche ? Ça semble impossible que vous vous qualifiez pour le second tour. Qu'il se soit à gauche.
Écoutez, regardez, l'histoire des dernières élections présidentielles, quand même, vous venez de célébrer les 40 ans de 81. Mitterrand, il n'a pas gagné tout seul, à ce que je sache. Le score de Georges Marchais était important.
Il faisait 40% à lui tout seul, François Mitterrand, 15% pour les communistes. Aujourd'hui, toute la gauche réunie n'atteint pas les 30%. Eh bien, vous posez bien le problème.
Oui, mais si chacun part de son côté...
Eh bien, donc, vous posez bien le problème, c'est qu'aujourd'hui, la gauche est très très faible. Et elle n'est pas faible de ses divisions. Elle est faite parce qu'elle a déçu, elle a tourné le dos. Et y compris les classes populaires. Même les classes moyennes ne s'y retrouvent plus. Qui va les défendre ? Qui va défendre le pouvoir d'achat, la hausse des salaires ? Qui va défendre les services publics ? Qui va défendre une grande ambition industrielle pour notre pays ? Qui va proposer la révolution écologique dont nous avons besoin ? Parce que ce que nous voulons, nous, ce n'est pas sauver le système, nous, c'est sauver le climat.
Eh bien, pour ça, il va bien falloir prendre le pouvoir sur l'argent, sur la finance. On va pouvoir reprendre le contrôle sur les banques. Qui va porter cette ambition-là ? Je ne crois pas, moi, à une candidature unique de la gauche. On se met d'accord entre nous sur un homme ou une femme. Et où on met de côté les idées. Je souhaite, moi, au contraire, bousculer, justement, le débat, les idées, et avoir des propositions offensives. Que les Français puissent se dire, ah, là, il y en a un, quand même, il me parle. Il me dit quelque chose. Il me parle de ma fiche de paye. Il me parle de mes conditions de travail. Il me parle de l'avenir de mes enfants.
Fabien Roussel, elles servent à quoi, alors, les réunions de la gauche, où tout le monde s'affiche en faisant une photo de groupe ? Elles servent à quoi ? Si elles ne servent pas à ça, à parler des thèmes ?
Si ça sert à faire des photos de groupe, ça ne sert à rien entre nous.
Non, mais je vous pose la question. Puisque vous, vous avez envoyé des représentants à cette réunion.
Oui, mais parce que, de la même manière, et donc c'est une des différences aussi que je peux avoir, justement, avec d'autres. Moi, je suis aussi pour le dialogue, pour qu'on continue de travailler toujours ensemble, que l'on ne soit pas... Nous ne sommes pas adversaires. Nous ne sommes pas ennemis.
Oui, mais c'est quoi le but ?
Nous ne sommes pas... C'est quoi le but de ces réunions ? Mais c'est de parler, de discuter, de regarder quels sont nos points de différence. Il y a quand même des sujets de société sur lesquels on peut être unis dès aujourd'hui. Quand je vous dis que cette campagne, ça ne doit pas être qu'une campagne électorale, ça doit être une année de lutte et de combat. Parce que notre pays, les Français, souffrent en ce moment. Et donc, on peut se retrouver dans la rue, ensemble. On peut... Si on est tous à défendre quelques idées communes, quand même, ça peut faire bouger les lignes.
D'ailleurs, au-delà de la gauche, le revenu étudiant, excusez-moi, les délocalisations, l'industrie, l'évasion fiscale, il y a quand même des sujets qui portent atteinte à la République.
Donc on discute sur les points communs, sur les différences, mais jamais on se dit qu'il y a une possibilité d'avoir une candidature commune qui pourrait vous permettre d'être un peu plus présent à la présidentielle.
Créons toutes les conditions pour que nous allions convaincre le plus de Français. Nous avons des différences. Nous ne sommes pas ennemis, adversaires. Moi, mon ennemi, c'est le chômage. C'est la pauvreté qui grandit. C'est de reprendre le pouvoir à cette minorité qui tient tout aujourd'hui dans les banques et les assurances. Je me suis fait un point d'honneur, par exemple, en tant que député, tout seul, à faire plier Bernard Arnault, LVMH, qui ne publiait pas ses comptes. C'est interdit par la loi. Personne ne s'était attaqué à ça. J'ai réussi à le faire plier. Aujourd'hui, il publie ses comptes. Aujourd'hui, on sait comment il fait de l'évasion fiscale avec la Belgique. Voilà.
Moi, je sers à ça. Je suis un député qui me bat et je serai un candidat à la présidentielle qui va se battre de la même manière. Je veux convaincre, sur ce terrain-là, justement, de l'efficacité. Et même pendant cette campagne, on peut marquer des points, gagner des combats. C'est le sens de ma candidature.
Jusqu'au bout, vous serez candidat au premier tour.
Mais c'est l'objet d'une candidature à la présidentielle. Non, mais vous imaginez qu'aujourd'hui, vous pouvez vouloir peser sur la campagne et puis vous retirer au dernier moment. Vous imaginez que je vous dise ici, oui, j'ai été désigné, mais bon, tout compte fait, on va voir, on verra bien, peut-être que je pourrai la retirer, etc. Non, mais attendez. Les Français veulent de la clarté et de la sincérité. Et je souhaite être ce candidat sincère, honnête, juste, qui ne trahira pas. Et quand je dis quelque chose, je suis un élu de terrain. Je suis un ch'ti. Je suis du Nord. Bon anniversaire, madame Braclia, je sais que vous êtes ch'ti, que c'est votre anniversaire.
Mais ce combat pour la sincérité dans la politique, l'authenticité, l'honnêteté, il est indispensable aujourd'hui, si on veut que les gens, les Français, se réintéressent à la vie politique. Je souhaite modestement porter ça à travers cette candidature. Donc, laissez-nous aller porter ce combat pendant cette année et laissez les Français faire leur choix, mon Dieu. C'est quand même eux qui ont le pouvoir.
On va parler des propositions que vous faites, justement, Fabien Roussel, député du Nord et candidat communiste à la présidentielle. D'abord, un coup d'œil sur le fil, info à 9h moins 20 avec Diane Ferchit.
Les Etats-Unis vont envoyer un émissaire au Proche-Orient. Ils appellent une nouvelle fois à la désescalade des tensions entre Israéliens et Palestiniens. Au moins 74 personnes ont été tuées ces derniers jours, 67 dans la bande de Gaza. Sept côtés israéliens, des centaines de blessés. Les vols vers Tel Aviv sont déroutés ce matin à cause des tirs de roquettes depuis Gaza. En Guyane, l'infectiologue de l'hôpital de Cayenne, Loïc Eppelboin, craint sur France Info que les structures hospitalières ne soient complètement débordées. La situation s'aggrave, selon lui, progressivement. Le taux d'incidence dépasse les 400 cas pour 100 000 habitants.
Le variant brésilien concerne 80% des prélèvements positifs sur place. Et la Haute Autorité de Santé maintient sa recommandation pour le vaccin AstraZeneca. Il reste destiné aux plus de 55 ans. Le gouvernement souhaitait détendre un public plus jeune afin d'accélérer la campagne de vaccination. Près de 19 millions de Français ont reçu au moins une dose de vaccin. La crise sanitaire a été à la fois un révélateur et un amplificateur des inégalités sociales, de la pauvreté. C'est ce qu'affirme sur France Info la présidente du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Il rend son rapport sur l'impact de cette crise.
Elle va avoir, selon lui, des conséquences encore à plus long terme. France Info Le 8.30 France Info, Saliabrakia, Laurent Sénéchal Toujours avec Fabien Roussel, député du Nord et candidat communiste à la présidentielle. Alors sur le fond, on va essayer de comprendre ce que vous proposez de différent ou de plus que les autres à gauche. Et il y a d'abord la question du nucléaire. Dites-vous, comme Emmanuel Macron, que le nucléaire, ça reste l'avenir, que la transition écologique passera par le nucléaire.
Pour nous, notre ambition, c'est d'avoir une empreinte carbone nulle en 2050. L'urgence climatique, elle est réelle. Ce n'est pas dans 10-20 ans. C'est aujourd'hui qu'on en subit les conséquences. Avoir une empreinte carbone nulle en 2050. Sortir des énergies fossiles. Les utiliser le moins possible. Le plus rapidement possible. Sortir des énergies fossiles. Ça passe par une augmentation de la production des énergies renouvelables, mais ça passe aussi par la production d'une énergie que l'on appelle pilotable. C'est-à-dire qu'on peut utiliser, quand nous en avons besoin, et une énergie décarbonée. Il n'y a que deux sources aujourd'hui.
C'est l'énergie hydraulique avec les barrages et l'énergie nucléaire. C'est la raison pour laquelle je défends le maintien d'une production d'énergie nucléaire dans notre pays, sous protection de l'État, d'une maîtrise publique, en investissant ce qu'il faut dans la sécurité, dans la recherche. Toujours, c'est déterminant. Mais avoir cette production d'énergie qui garantisse à nos entreprises comme à nos concitoyens l'énergie décarbonée et la moins chère possible.
Tout le contraire des écologistes, tout le contraire de ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
De Jean-Luc Mélenchon, oui. J'ai entendu chez les écologistes. Il veut sortir du nucléaire en 2030, Jean-Luc Mélenchon. Oui, mais chez les écologistes, j'ai entendu un débat parce qu'il y a une sorte de pragmatisme qui s'impose. C'est-à-dire que si nous voulons avoir les émissions de gaz à effet de serre les plus bas, si nous voulons avoir la production d'énergie la plus décarbonée, aujourd'hui, même dans le camp écologiste, il se dit qu'on a besoin de l'énergie nucléaire. On a même besoin d'investir dans la recherche. Et je regrette l'abandon du projet Astrid qu'a fait le gouvernement.
Parce qu'investir dans la recherche, c'est la possibilité demain d'avoir des réacteurs nucléaires qui utiliseront les déchets radioactifs dans la production d'énergie nucléaire.
Vous, président de la République, vous pourriez proposer ou prolonger la construction de nouveaux EPR ?
Oui, et je m'engagerai en même temps, oui, et je m'engagerai en même temps à baisser de 50% la facture d'électricité de nos concitoyens, de baisser la facture d'électricité des entreprises pour relocaliser l'activité ici en France, parce que c'est une charge qui pèse lourd. Non, grâce au nucléaire. Grâce au nucléaire, grâce à l'énergie hydraulique, grâce à la montée en charge des énergies renouvelables et grâce à une maîtrise publique de cette production d'énergie. Et c'est pour ça que je me bats farouchement contre le projet Hercule qui lui vise à privatiser cette production d'énergie en France.
Qui a priori n'est plus d'actualité. Vous vous démarquez également à gauche en parlant beaucoup de sécurité depuis que vous avez lancé votre campagne. Ma gauche sur cette question ne sera pas laxiste, c'est ce que vous dites. Est-ce que ça veut dire que tous vos concurrents à gauche le sont ?
Parce que je n'aime pas ce procès en laxisme qui est fait à la gauche. Et que nous devons investir ce terrain. Nous sommes beaucoup d'élus locaux de gauche et communistes en responsabilité dans des grandes villes de banlieue comme dans la ruralité. Mais dans ces grandes villes de banlieue où justement les maires se battent pied à pied tous les jours pour que l'État, la République, réinvestisse ces quartiers et qui sont en but justement, qui n'y arrivent pas et qui demandent plus de moyens de police, plus d'implantation de commissariats parce qu'ils les ont vus se fermer les uns après les autres les commissariats.
Eh bien je veux être le porte-voix de ces élus locaux qui réclament plus de moyens de sécurité, plus de sanctions et plus de républiques, plus de services publics.
Mais c'est parce que fait le gouvernement ? Jean Castex a annoncé des mesures qui durcissent les sanctions pour les personnes qui s'attaquent aux forces de l'ordre.
Et 10 000 postes en plus sur l'ensemble du quinquennat.
Donc c'est bien parce que fait le gouvernement vous entendre. Ça me fait rire parce qu'ils sont toujours en train de courir après. Les 10 000 postes que propose le gouvernement, ça fait 5 ans qu'il dit ça, ça va rattraper à peine ce que la droite, Nicolas Sarkozy, a cassé quand il était au pouvoir.
Il en avait enlevé 11 000 et le gouvernement en ajoute 10 000.
Donc ça va faire en sorte que notre pays ne sera même pas au niveau des forces de sécurité que nous avions en 2007. Enfin vous vous rendez compte ? Alors vous proposez quoi ? Alors qu'aujourd'hui il y a un besoin croissant de nos concitoyens de vivre tranquilles, de vivre en sécurité dans nos quartiers, dans nos villes, dans nos villages. C'est pour ça que je propose la création d'une police nationale de proximité dotée de 30 000 hommes et femmes et statutaires. Ça veut dire que je ne souhaite pas de la police privée comme le propose le gouvernement avec sa loi de sauvegarde. Nous voulons un service public de sécurité avec des hommes et des femmes formés.
Bon on va les chercher, il y en a beaucoup qui chargent du boulot quand même et qui demandent qu'à bosser aujourd'hui.
Mais vous voyez bien que le recrutement des forces de l'ordre c'est compliqué en ce moment.
Mais c'est recruté aussi parce que 1, les conditions de travail sont terribles. Ils se sentent visés, ils ont raison, ils en meurent, c'est un métier difficile. C'est un métier sous-payé. Quand on sort gardien de la paix avec un bac plus 3, on commence à 1 700, 1 800. Et vous savez à combien on finit en fin de carrière ? 2004. Après 30 ans, 35 ans d'exercice, ils n'ont pas d'évolution de carrière. Ils ont des primes, il faut faire du chiffre. Et pour faire du chiffre, ils prennent des risques inconsidérés. Ils en perdent la vie.
Et bien moi je souhaite être à côté d'eux et leur parler, aux gendarmes, aux policiers, pour me dire je vais me battre avec vous, pour faire en sorte que vous ayez les moyens d'assurer vos missions. Mais je veux aussi réintroduire la République dans les quartiers, dans les villes, dans les villages. Parce que quand la République se retire, c'est la violence qui s'installe. C'est la mafia qui prend le pouvoir. C'est pour ça qu'on doit se battre à côté.
Les policiers sont des cibles aujourd'hui selon vous ?
Bien sûr que ce sont des cibles. Enfin vous le voyez bien. Parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Quand ils interviennent comme à Avignon, ils sont deux quand même. Ils sont deux. Alors ce qui est terrible, c'est qu'aujourd'hui, pour un joint, pour un paquet de shit, on tue un homme, un policier, père de deux enfants. On n'imaginait pas ça il y a encore quelques années. Ça se produit aujourd'hui. Donc il faut y mettre un coup d'arrêt, il faut être ferme. Je suis pour ce discours de fermeté et je veux aussi à côté dire que l'on a besoin de réintroduire la République dans tous ces quartiers qui ne sont pas perdus. Ils sont oubliés de la République.
C'est pour ça que c'est un engagement fort que nous devons avoir de soutien à côté de nos maires, de nos élus locaux.
Revaloriser les carrières pour les forces de l'ordre et vous voulez aussi donner un coup de pouce à la jeunesse. On va y revenir dans un instant, juste après un coup d'œil sur le fil infos 9h moins 10 avec Diane Ferschit.
Il connaît parfaitement la zone. L'auteur présumé du double meurtre au plantier mardi dans les Cévennes échappe toujours aux 300 gendarmes déployés sur place. Les autorités l'appellent à la reddition. Selon le général Gislin Retti, commandant du GIGN, interrogé sur France Info, le terrain est favorable à l'adversaire. Autre difficulté selon lui, c'est un chasseur à un tireur sportif lourdement armé et entraîné. Plus de 400 cas pour 100 000 habitants. Le taux d'incidence du Covid en Guyane a doublé en un mois à cause du variant brésilien. En métropole, le taux d'incidence est là désormais en dessous de 200, excepté pour la Normandie, les Hauts-de-France et l'Île-de-France.
Une nouvelle réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU prévue dans la journée face à la situation au Proche-Orient. 67 personnes tuées ces derniers jours dans la bande de Gaza, 7 en Israël par des tirs de roquettes. Et les vols vers Tel Aviv sont déroutés ce matin et ce jusqu'à nouvel ordre. La fin du mois de Ramadan et la fête de l'Aïd Elfid, fête de la rupture du jeûne pour les musulmans. De leur côté, les catholiques célèbrent aujourd'hui l'ascension. Et pour le pont de l'ascension, c'est à nouveau orange partout en France sur les routes, selon Bison Futé Rouge, en Île-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes. France Info Le 8.30 France Info, Salia Brachia, Laurent Sénéchal.
Avec Fabien Roussel, député du Nord et candidat communiste à la présidentielle, si vous êtes élu, vous souhaitez décréter la jeunesse grande cause nationale et instaurer un revenu étudiant, c'est ce que vous disiez au début de cette interview.
Oui, parce que d'abord c'est ce qu'ils exigent, c'est ce qu'ils demandent depuis des mois et même avant la pandémie. C'est la génération qui va le plus souffrir de cette pandémie avec des séquelles graves pour des années.
Ça veut dire qu'on serait payé pour faire ses études, par l'État ?
Non, ce que je propose c'est une cotisation qui serait financée par les employeurs, les salariés, et qui permettrait de financer en partie ce revenu étudiant que nous proposons de mettre à 850 euros par mois pour chaque étudiant, mais variable en fonction du logement ou pas, en fonction du revenu des parents ou pas. Et donc cette moyenne à 850 euros serait déterminée en fonction de ces différents critères. Et ça garantit surtout à ce que nos jeunes ne passent pas des bancs de la fac au queue de l'aide alimentaire et qu'ils ne soient pas obligés d'aller faire Deliveroo ou UberEats pour payer leurs études.
Donc pour que je comprenne bien, le 850 euros c'est l'avocation maximale ?
C'est 850 euros, c'est le maximum, et avec dedans une part variable selon si on est obligé de se payer un logement, si on est en fonction du revenu des parents. Tout ça je le mets en discussion avec les jeunes, avec les organisations de jeunesse, c'est-à-dire que ce n'est pas figé. Je veux un grand débat. Ça coûte combien de faire ça ? Nous nous mettons, c'est entre 20 à 23 milliards d'euros.
Et c'est de cotisation, vous dites, qu'on augmente des impôts pour les entreprises.
Les cotisations, ce n'est pas un impôt, c'est une cotisation. Ça veut dire que chacun contribue pour financer la sécurité sociale, pour financer sa retraite. Donc c'est la possibilité pour chaque parent qui travaille d'avoir la garantie que son fils, sa fille aura un revenu étudiant. Parce qu'aujourd'hui quand on a des enfants et qu'on est père ou mère de famille, je peux vous dire que les études ça coûte cher sur un budget familial.
Alors Fabien Roussel, en ce moment, ce qui intéresse surtout le gouvernement, c'est la gestion de la crise sanitaire. Il faut aller très vite sur le vaccin. Il y a cet objectif de 20 millions de premières doses qui doit être atteint ce week-end. C'est ce qu'espère en tout cas le gouvernement. Vous, pour que plus tard l'Europe soit plus indépendante sur ce front du vaccin, vous proposez de créer un Airbus du vaccin. Ça ressemblerait à quoi ?
Je souhaite mettre cette proposition sur la table afin que nous en discutions. Aujourd'hui, la production de vaccins est entre les mains des Big Pharma et c'est la loi de l'offre et de la demande qui commande. Et c'est eux qui fixent les prix. Et les prix des vaccins vont augmenter de 20 à 30%.
Alizar l'a déjà annoncé effectivement.
C'est inadmissible. Et bien sur le même modèle que les états européens ont créé Airbus. Sur le même modèle que les états européens ont créé une agence spatiale européenne pour aller dans l'espace. On sait s'unir pour aller dans l'espace. On sait s'unir pour produire des avions. Mais mettons les états, mettons nos forces en commun en créant une agence européenne du vaccin pour produire le vaccin mais aussi le contenant du vaccin. C'est-à-dire autant les vaccins ARN messager, chimérique, tous ces différents vaccins, nous devons être capables de les produire nous-mêmes avec des scientifiques, en maîtrisant les savoir-faire. Donc il faut obtenir ce transfert de savoir-faire.
Et en même temps, on a besoin d'avoir... Aujourd'hui, nous sommes en difficulté parce qu'il manque de capsules, il manque de flacons. Nous ne sommes pas souverains à l'échelle de l'Union européenne pour produire nous-mêmes des vaccins.
Mais avant de les produire, il faut les trouver, les vaccins.
Les vaccins, ils existent.
Et ça, ce sont évidemment les big pharma.
Aujourd'hui, ce sont les big pharma. Donc la première étape, c'est la levée des brevets. La deuxième étape, c'est... Ça, ça va changer quoi, la levée des brevets ? La levée des brevets, c'est une première étape pour ensuite obtenir le transfert des technologies. Ce n'est pas le tout d'avoir la recette, c'est la levée des brevets. Il faut pouvoir les faire, ces vaccins. Et c'est pour ça qu'il faut une politique ambitieuse où on doit former des chercheurs, où on doit former de nouveaux salariés pour produire ces vaccins massivement et en avoir la maîtrise. Il faut faire du vaccin plus qu'un bien commun.
Il faut en faire un générique qui nous permettrait à l'échelle de l'Union européenne que les États maîtrisent la production, le coût et la distribution. Mais c'est ça une souveraineté européenne. Entre nous, c'est toute la différence avec l'extrême droite et son nationalisme qui votent contre la levée des brevets et qui, eux, envisagent le repli sur nos frontières. Je porte une ambition beaucoup plus grande à l'échelle de l'Union européenne et je demande à ce que les États mettent ensemble, mettent au pot commun, financent ensemble une grande agence de production des vaccins où nous maîtriserions tout, la production, la formation et la diffusion des vaccins.
Je reviens à la levée des brevets parce que c'est à partir de là que ça commence. Est-ce que vous ne craignez pas que les Big Pharma réagissent mal, à savoir, ils ont déjà réagi mal, parce que pour la prochaine pandémie, par exemple, ça risque de les décourager, de limiter leur effort, puisqu'il y a un problème avec la propriété intellectuelle. C'est pour ça qu'ils cherchent des vaccins.
C'est vrai, c'est une réalité. La réalité, c'est que quand vous allez voir les dividendes qu'ils vont se distribuer d'ici quelques mois par dizaines de milliards de dollars de dividendes que déjà, comment il s'appelle, Pfizer, Moderna ont annoncé. Le PDG de Moderna vient de rentrer dans les plus grandes fortunes de France. C'est un Français, M. Bancel. Quand vous allez voir les dizaines de milliards de dollars qu'ils vont se distribuer en dividendes, je poserai la question, mais pourquoi cet argent ne sert pas à financer la recherche ? Pourquoi cet argent ne sert pas à financer la construction d'usines pour que nous soyons demain autonomes et souverains en production de vaccins ?
Pourquoi ça va financer les actionnaires qui sont Goldman Sachs, Morgan & Staley, BlackRock et compagnie ? Vous rigolez ou quoi ? C'est ça qui les motive. Ça me fait rire. La levée des brevets, c'est pour empêcher qu'ils s'en mettent plein les poches et pour que l'argent serve à la santé publique. Sortons la santé des griffes de la finance. Ça, c'est un projet de société et c'est différent de celui porté par le président Macron et ce gouvernement.
Fabien Roussel, une dernière chose. Un sondage France Info hier donnait l'extrême droite, le Rassemblement National, largement en tête au premier tour dans la région PACA. Dans les Hauts-de-France également, le RN, votre région, est en position peut-être de l'emporter au régional le mois prochain. Est-ce qu'il faut que la gauche se retire ? La gauche qui à chaque fois est troisième dans ses enquêtes d'opinion, est-ce qu'il faut qu'elle se retire au second tour pour faire tout simplement barrage républicain ?
Mais vous, encore une fois, vous dites, d'abord, vous dites que la gauche l'emporterait dans les Hauts-de-France. La gauche n'emporterait pas dans les Hauts-de-France. La gauche serait troisième. La droite l'emporterait dans les Hauts-de-France, ça s'est vu nulle part. Donc, et vous me dites, il faudrait sortir du second tour.
En région PACA, le RN a 15 points d'avance sur la droite.
Laissez les électeurs choisir qui ils veulent voir au second tour et à quelle position. Il y a un risque RN important dans votre région, Fabien Roussel.
Trois ministres s'engagent dans la bataille. Est-ce que vous dites, c'est bien, au moins ils sont nombreux à s'engager contre le Rassemblement National ?
C'est bien qu'ils s'engagent et ils vont venir défendre leur bilan aussi. Ils vont venir défendre devant les salariés, les ouvriers des Hauts-de-France, les fermetures d'usines. Ils vont devoir se justifier. Ils vont devoir se justifier la raison pour laquelle ils ont supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune. Pourquoi ils ont fait autant de cadeaux aux plus riches et que nous, dans ma région, c'est la pauvreté, le chômage qui grandit. Donc, qu'ils viennent se justifier. Voyez-moi, je veux sortir de la politique politicienne. Je veux parler vrai et convaincre les gens d'aller voter, qu'ils se sentent utiles par leur vote.
Et c'est pour ça que, oui, il y a un vent mauvais qui souffle sur la France. Oui, il y a un vent mauvais. Je veux faire souffler un vent d'espoir. Je veux justement faire en sorte qu'on bouscule tous ces scénarios que vous prédisez ici. Et ça, laisser les Français être juges de ça.
Fabien Roussel, merci beaucoup d'avoir été ce matin l'invité de France Info. Bonne journée à vous.
Fabien Roussel