Guerre au Moyen-Orient : le hezbollah continue les combats
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
le sud du Liban. On va voir comment les Israéliens vivent cette guerre dans un kibboutz à la frontière avec le Liban. - A seulement 5 km de la frontière avec le Liban, dans le nord d'Israël, le kibboutz de Kfar Blum, en première ligne du conflit avec le voisin libanais. - Juste derrière cette montagne, c'est le Liban.
Tout ce que vous voyez derrière, c'est le Liban et le Hezbollah peut nous voir ici. - Cette femme a perdu son mari il y a 27 ans. Il était un commandant très connu des forces spéciales israéliennes, mort dans une intervention contre le Hezbollah. - Le 23 février 1999, il est rentré au Liban pour une opération.
Mais ils sont tombés dans une embuscade. Les terroristes ont ouvert le feu et il a été tué. 27 ans ont passé, mais c'est comme si c'était hier, et tous les événements actuels au Liban nous replongent dans ce souvenir. - Vivre à proximité de la guerre... - Nous allons nous réfugier dans l'abri. - Les enfants du kibboutz aussi s'y sont habitués.
Pas d'école en présentiel pour eux depuis dimanche dernier et jusqu'à nouvel ordre, ils restent confinés dans ces bunkers souterrains. - Nous voulons juste la paix. - Mais c'est nous qui avons déclenché cette guerre? - Et l'Amérique, alors? - Pourquoi nous avons commencé?
Parce que l'Iran veut nous éliminer. - Il ne faut pas sortir quand ça sonne pour ne pas nous infliger plus de traumatismes. - Ca m'inquiète un peu.
Il y a tellement d'alarmes...
Maintenant, le Hezbollah veut aussi entrer en guerre. Je suis un peu stressée par la situation entre l'Iran et le Hezbollah. On ne peut pas parler avec eux. - On essaye de leur apporter le meilleur soutien possible.
Quand ils sont avec leurs amis, ils voient des visages familiers. C'est notre force, celle d'une communauté qui parvient à organiser un tel lieu comme il n'y en a pas ailleurs. Cet endroit est important pour eux.
C'est comme de l'air qu'ils respirent. - Depuis hier, dans le kibboutz, certains petits rassemblements sont de nouveau autorisés. - Tu as pu dormir un peu cette nuit? - La roquette n'est pas passée loin.
C'était bruyant, cette nuit, mais tout est redevenu le plus normal possible. - Ce café a de quoi ouvrir, mais pas de quoi dissiper la lassitude ambiante. - On en a marre.
On veut du calme. J'espère que c'est la dernière, celle-là. - On espère qu'on aura la paix dans toute la région.
Mais pour eux, au Liban. Eux aussi en ont marre. Ils n'ont pas demandé ça.
Ils ne veulent pas ça. - Raya soutient le gouvernement israélien dans ses attaques contre l'Iran tout en appelant au départ du Premier ministre B.Nétanyahou. - C'est une guerre inévitable.
Il n'y a pas d'autre choix. L'Iran veut fabriquer une bombe nucléaire. Nétanyahou est un homme très intelligent, et dans cette guerre, il agit correctement, mais il doit partir.
Il doit démissionner à cause des événements du 7-Octobre. Sous son mandat, le pire est arrivé au peuple juif après l'holocauste, et il ne doit pas rester. Il faut que quelqu'un assume la responsabilité de cet événement. - Peu après le départ de notre équipe du kibboutz, une vague de roquettes et de drones s'est abattue sur la zone.
Les enfants et les parents se sont tous retrouvés dans le bunker en attendant l'accalmie. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous a marqué dans ce reportage? - B.Tertrais: On est au nord d'Israël, dans un endroit qui s'appelle le Doigt de Galilée.
C'est une région où on a des gens plutôt nationalistes. A la frontière libanaise, on voit les villages du Hezbollah et sans doute des armes proches...
En même temps, on voit que cette femme a un discours qui consiste à dire: "Nous soutenons la guerre, l'Iran est une menace existentielle..." Ca fait 20 ans que j'entends dire en Israël que l'Iran est une menace existentielle.
Le débat, c'est de voir ce qu'on fait pour cette menace existentielle. En même temps, elle dit qu'il faut que Nétanyahou s'en aille. Quoi qu'il se passe dans les semaines qui viennent, on assiste probablement à la fin de la séquence Nétanyahou.
Il y a encore les élections...
On commence à s'approcher de la fin. Pardon pour cette digression...
C'est l'état d'esprit de la personne qui était interviewée. Elle a perdu quelqu'un d'extrêmement proche. - A.Casse: Elle dit qu'il faut que ce soit la fin de Nétanyahou au pouvoir. "Il faut que quelqu'un assume la responsabilité du 7-Octobre." - L.Menget: Il n'y a pas que ça dans les responsabilités de B.Nétanyahou.
Beaucoup de gens en Israël sont très critiques envers Nétanyahou. Dès qu'il y a des soldats engagés, il y a une forme d'unité nationale et des critiques globalement entre politiques s'éteignent. Nétanyahou cristallise tout ce qu'une certaine partie de la société israélienne de droite et d'extrême droite, qui a une vision messianique du Moyen-Orient...
Nétanyahou est passé très à droite, avec une vision messianique d'Israël. A l'inverse, il cristallise contre lui tous ceux qui sont attachés à un Etat d'Israël laïque, démocratique, républicain, qui n'utilise pas des symboles religieux pour faire la guerre. C'est tout ce qui va se jouer aussi au Liban.
Il y a la volonté d'éradiquer une dernière fois le Hezbollah. C'est comme si les Israéliens avaient "profité de la situation" d'une certaine manière. Le Hezbollah savait très bien à quoi s'attendre quand ils ont tiré des roquettes sur Israël.
Ils mettent la population libanaise en très grand danger. C'est à eux que revient la responsabilité de ce qui se passe, mais l'ampleur de la réplique israélienne sur le Hezbollah depuis 48 heures... - A.Casse: Quel est le plan? - L.Menget: Ca fait 30 ans que les Israéliens disent: "Une bonne fois pour toutes, on va y aller." Ils envisagent de faire monter des troupes vers le nord, à l'assaut, au Liban.
Des dizaines de milliers de réservistes sont mobilisés en Israël à ces desseins. Après, il peut y avoir beaucoup de morts. Le Hezbollah n'est pas complètement désarmé.
Une fois qu'il y aura des morts israéliens au Liban, c'est autre chose que les avions à Téhéran. - A.Casse: Question. - B.Tertrais: Je regardais l'amiral...
Lors de la 1re intervention télévisée d'E.Macron, il a fait implicitement référence à cette possible menace. Je ne dis pas qu'il y a une véritable menace, mais les services français sont mobilisés pour surveiller les éléments favorables à l'Iran.
Il y a des réseaux iraniens ou pro-iraniens extrêmement structurés en France. Il y a une influence iranienne qui existe. Il y a eu des tentatives d'attentats sur notre sol, pas forcément du type de ceux qu'on a vécus dans les années 1980,
Emmanuel Macron