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Audition parlementaireSénat (sur YouTube)· 5 juin 2026 39 minContradictoireFond programmatiqueOutre-merÉducation & rechercheSantéÉconomie & entreprises

La Réunion : Huguette Bello, présidente du conseil régional

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse partielle

    Quelles pistes pour favoriser l'insertion des publics éloignés de l'emploi et de la formation à La Réunion ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    L'efficacité des dispositifs de péréquation est-elle suffisante pour La Réunion ?

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Quels résultats après 10 ans de loi sur l'égalité réelle outre-mer ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quelle appréciation sur la loi du 21 mai 2001 reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Comment améliorer la situation des enseignants réunionnais mutés en hexagone ?

  • 30:00RelanceRéponse directe

    L'octroi de mer doit-il être réformé pour lutter contre la vie chère ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Huguette BelloFait
    « La loi de 2001 est une première mondiale qui met un terme à un siècle et demi d'oubli officiel. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Il faut que je prenne la parole parce qu'il faut c'est une commission d'enquête donc euh la la l'audition est diffusée en direct et donc on va je sais que bon le temps est pressé mais euh alors madame la présidente, nous avons le plaisir euh de vous entendre aujourd'hui euh pour la première de nos auditions de ce jour. Nous vous remercions euh de vous être rendu disponible malgré votre agendra très chargé, on le sait. Je rappelle que notre commission d'enquête a été constituée à la demande du groupe communiste républicain citoyen écologique et madame Éveline Corberna Benzone est la rapporteur.

Nous attend nous nous attachons à comprendre les causes profondes des inégalités qui persistent dans les outre. Le territoire de la Réunion reste conforté à d'importantes difficultés notamment au taux de chômage des jeunes très élevés. La région exerce des compétences essentielles en matière de développement économique, de formation professionnelle et d'apprentissage.

Nous serions bien sûr intéressés par vos pistes pour favoriser une meilleure insertion des publics les plus éloignés de l'emploi et de la formation. Nous souhaiterions également recueillir votre appréciation sur les l'efficacité des dispositifs de péréquation. La Cour des comptes souligne notamment qu'à la Réunion, la péréquation verticale augmente le potentiel financier du territoire de près de 25 % contre un peu plus de 3 % en moyenne dans l'hexagone, mais que ce potentiel demeure néanmoins sensiblement inférieur à la moyenne nationale.

Partagez-vous ce constat. Les spécificités réunionnaises nous vous paraissent-elles aujourd'hui correctement prises en compte ? pour par les mécanismes de péréquation financier.

Enfin, alors que la loi du 28 février 2017 relative à l'égalité réelle en outreem avait fixé un objectif de convergence de 10 ans entre les outresemes et l'hexagone, nous citerions connaître votre appréciation sur les résultats obtenus à ce jour à la Réunion. Madame la présidente, je vous rappelle qu'un questionnaire indicatif vous a été transmis en amont pour lesquels nous vous remercions d'apporter vos réponses écrites d'ici le 5 juin. Alors cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat.

Je rappelle aussi qu'un faux témoignage devant notre commission d'enquête serait passible des peines prévues aux articles 433 13 434 143- 15 du code pénal. Madame Bello, je vous invite maintenant à prêter serment à dire toute la vérité, rien que la vérité, en levant la main droite et en disant je le jure, je le jure, je le jure. Je vous remercie.

Donc nous allons nous écouter à présent. pour vos propos liminaires et après je laisserai la parole à madame la rapporteur. Je vous remercie.

Non, merci à vous. Merci et bonjour à tous. Je le disais tout à l'heure que vos questions traduisent vraiment l'intérêt euh que vous portez à la situation de la réunion et donc on pourrait les 14 questions que vous nous posez, ce sont des questions qui sont extrêmement pertinentes et euh nous nous y nous répondrons à toutes ces questions par écrit, mais cet après-midi pour le temps que qui met un partie, je ne répondrai qu'à quatre questions sur les 14 questions que vous nous posez.

OK, très bien. D'accord. Ben, nous vous écoutons.

Oui, très bien. Et donc, je vais commencer par la la question 4 qui a trait à l'adoption de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. Vous savez que la reconnaissance officielle de la traite et de l'esclavage colonial comme crime contre l'humanité constitue en soi une avancée majeure.

Le vote de la loi de 2001 est une première mondiale qui met un terme à un siècle et demi d'oubli officiel. Moi, j'y été lors de l'heure du vote de cette loi. En un/art de siècle, le bilan est incontestable.

Deux journées commémoratives inscrites dans le calendrier mémorial national les 10 et 23 mai qui s'ajoute aux différentes dates locales. une présence de plus en plus affirmée dans l'espace public et dans le récit national une progression remarquable de la recherche et des connaissances sur l'esclavage ainsi comme vous le savez d'une fondation dédiée et reconnue la fondation pour la mémoire de l'esclavage. et ses avancées sont contrebalancées par la persistance de thèses racialisantes et de préjugés hérités de la période esclavagiste.

Le travail doit donc se poursuivre. Il est indispensable d'accorder la plus grande attention à la transmission du savoir aux nouvelles générations afin qu'une histoire commune soit véritablement partagée. De même, le projet du mémorial aux victimes de l'esclavage colonial qui doit voir le jour à Paris dans les jardins du trocadéro est essentiel tant mémoire collective apaisée que pour des réconciliations plus intimes.

Il faut pour autant mentionner, s'agissant plus précisément de la Réunion, qu'il faut constamment et encore aujourd'hui se battre pour la prise en compte dans la politique mémorielle de la France de la traite de l'esclavage colonial dans l'océan Indien. Le dernier épisode remonte à quelques jours et à l'abrogation le texte sur l'abrogation du code noir pour la l'Assemblée par l'Assemblée nationale ou le code noir des îles de France et de Bourbon ne sont pas mentionnés dans l'article 1er. Déjà, au moment du vote de la loi de 2001, il a fallu déposer un amendement et plaider avec vigueur pour que le texte ne se limite pas à la traite transatlantique.

Plus tard, au sein de la fondation pour la mémoire de l'esclavage, les représentants de la Réunion ont dû encore lutter pour que le 20 décembre ne soit pas relégué à la périphérie du calendrier national des commémorations. et pour remplacer le mois des mémoires prévu initialement, c'est-à-dire exclusivement les journées nationales et les abolitions antiaises. On a remplacé par le temps des mémoires cette terminologie permettant d'intégrer toutes les dates commémorant l'abolition de l'esclavage dans les territoires français.

Avec une lecture mémorielle si souvent trop souvent amputée, la France s'inscrit dans une lecture partielle de l'esclavage colonial. Lecture qu'elle contribue sans doute malheureusement à renforcer. Vous aurez noté sur le plan mondial cette fois que le 25 mars dernier, la résolution adoptée par l'Organisation des Nations Unies ne mentionne que la traite transatlantique.

Nous regrettons nous regrettons absolument l'abstention de la France lors de ce vote et nous déplorons le silence de la résolution sur la traite dans l'océan Indien. Cette résolution fait couler beaucoup d'ancre, mais nous ne sommes pas nombreux à souligner les deux manquements. L'enjeu est de taille.

Il ne s'agit non seulement de ne pas oublier ou de ne plus reléguer au second plan les anciennes colonies françaises et européenne de l'océan Indien, mais aussi et peut-être surtout de considérer la globalité de la traite et de l'esclavage colonial, c'est-à-dire comme des phénomènes mondiaux qui ont marqué durablement toutes les sociétés et qui dessinent l'identité planétaire et influence toujours les imagin originaire. La thèse développée par Hubert Gerbeau, ce grand historien il y a plus de 20 ans dans un bel article intitulé "L'océan Indien n'est pas l'Atlantique, il est toujours d'actualité et demande à être approfondi notamment dans une démarche comparatiste." Et j'en viens au deuxème point de votre question sur l'enseignement aussi de cette longue page d'histoire dans son versant réunionné.

Une fois salué avec ferveur l'inscription de l'esclavage dans les programmes scolaires ainsi que la prévue la loi de 2001, je dois immédiatement déplorer que ces programmes ne concernent que l'esclavage transatlantique et les colonies d'Amérique, la traite, l'esclavage et les abolitions indoéaniques et donc à la Réunion sont absents des manuels et des programmes scolaires. Cette grave anomalie a des effets qui sont dévastateurs. Imaginez une seconde un jeune collégien réunionné dans son cours d'histoire étudier les phénomènes de la traite et de l'esclavage colonial sans que sa propre réalité historique ne soit évoquée, sauf à compter sur le bon vouloir de son maître d'école, de son enseignant, de son professeur de collège.

Je répondrai d'ailleurs par écrit sur la justice réparatrice sur laquelle vous nous questionnez. C'est une question aussi délicate qui demande de longs développement. Permettez-moi seulement d'indiquer ici que nous concernant, elle pourrait à minima commencer par la prise en compte de cette page de l'histoire de la Réunion dans les programmes scolaires nationaux.

C'est une priorité pour la connaissance historique. C'est un devoir envers notre jeunesse. C'est la première question à laquelle je voulais vous répondre et donc je vais vous répondre maintenant sur le la situation des professeurs ultramarins mutés dans l'hexagone.

Je considère que la situation des professeurs ultramarins originaires de la Réunion lorsqu'ils sont mutés pour leur premier poste dans l'hexagone doit être abordé avec vraiment lucidité et sens de la justice. Dans les faits, la première affectation s'accompagne trop souvent d'une forme de mobilité contrainte. Beaucoup de jeunes enseignants à peine entrés dans le métier se voit éloigné de leur territoire. de leur territoire d'origine contre leur gris sans que leur situation familiale, sociale ou économique ne soit réellement prise en compte de manière suffisante.

Cette réalité interroge l'équité du système d'affectation. Je pense que cette mobilité contrainte peut effectivement produire des inégalités. Elles sont d'abord matérielles.

Les coûts importants des déplacements entre la Réunion et l'hexagone. La difficulté à assumer les frais d'installation dans les zones où la pression immobilière est forte. La nécessité d'une organisation financière parfois très lourde dès la prise de poste.

Mais ces inégalités sont aussi humaines, elles sont aussi sociales. Éloignement prolongé de la famille, rupture avec le tissu social. sentiment d'isolement et parfois difficulté d'adaptation à un environnement professionnel, à un environnement culturel très éloigné de celui du territoire d'origine.

Pour des jeunes enseignants en début de carrière, ces éléments peuvent poser peser fortement sur la stabilité et la continuité du parcours professionnel. Certains du reste démissionnent malheureusement et renoncent à exercer le métier d'enseignants qu'ils avaient au départ choisi d'exercer. Je ne remets pas en cause le principe de mobilité qui fait partie de la fonction publique et peut-être aussi une richesse d'expérience.

En revanche, je considère qu'elle ne peut être acceptable que si elle n'est pas imposée, si elle est réellement choisie et correctement accompagnée. C'est pourquoi il me paraît nécessaire de renforcer les dispositifs existants pour ceux qui sont volontaires au départ. une meilleure anticipation des premières affectations, un accompagnement financier, un accompagnement logistique plus solide, une facilitation des retours vers les territoires ultramarins après une première expérience et prise en compte plus fine des réalités spécifiques des agents issus des outresemes dans la gestion des ressources humaines de l'éducation nationale.

L'objectif doit être clair. Garantir que l'accès au métier et le déroulement de carrière ne soi pas fragilisé par l'origine géographique et que la mobilité ne se traduise pas de fait par une forme d'inégalité structurelle. Alors, il y a le problème de que que nous nous posons, c'est comment les règles actuelles d'affectation devraient-elles évoluer pour mieux prendre en compte les réalités propres aux ultramarins ?

Depuis de nombreuses années, des centaines de réunionnaires et réunionnaises sont contraints d'exercer leur métier loin de leur territoire d'origine, parfois durant de longues périodes. Malgré l'existence de besoins réels. Il y a des besoins réels dans l'Amie de la Réunion.

Cette situation provoque des conséquences humaines, familiales, sociales et économiques particulièrement lourdes pour notre territoire. Au-delà des parcourses individuells, cette réalité alimente un sentiment profond d'injustice et d'inégalité de traitement entre fonctionnaires selon leur territoire d'origine. Elle interroge également la capacité de l'État à prendre pleinement en compte les spécificités ultramarines reconnues par l'article 73 de la Constitution ainsi que par la loi du 28 février 2017 relative à ce dont vous parlez tout à l'heure, l'égalité réelle outreem.

La région Réunion constate par ailleurs que les procédures actuelles demeurent marquées par une insuffisance de transparence administrative. Les critères d'affectation et de mutation restent difficilement accessibles. Ça ça n'est pas normal.

Insuffisamment explicité. Les modalités d'attribution des centres d'intérêt matériel et moral des CMM apparaissent inégalement appliqués. Enfin, les postes vacants ne font pas toujours l'objet d'une publication exhaustive permettant un cont un contrôle démocratique, un contrôle contradictoire.

Ces difficultés interviennent dans un contexte particulièrement préoccupant pour le système éducatif à la Réunion. La Réunion demeure confrontée à des inégalités sociales et scolaires parmi les plus importantes de du territoire national. le taux de pauvreté élevé, la précarité sociale massive, les difficultés d'accès à l'emploi des jeunes, l'illétrisme persistant, le décrochage scolaire, les fractures territoriales et l'insuffisance de dispositifs d'accompagnement éducatif.

De nombreux établissements scolaires connaissent également des tensions liées au manque de personnel titulaires, à la rotation importante des équipes pédagogiques, aux difficultés de remplacement ainsi qu'aux conditions d'exercice spécifique propres aux territoires ultramarins. qui convient en outre de rappeler la spécificité linguistique et culturelle de la réunion où la langue créole occupe une place essentielle dans la vie quotidienne dans la vie familiale sociale d'une grande partie de la population cette réalité constitue un enjeu éducatif majeur reconnu par de nombreux travaux en sciences de l'éducation et en sociolinguistique. La compréhension des pratiques linguistiques locales, des mécanismes de bilinguisme français, créolités culturelles réunionnaise représente un atout fondamental dans l'accompagnement pédagogique des élèves, notamment dans les premières années de scolarisation dans les territoires les plus fragilisés socialement.

Dans ce contexte, la présence d'enseignants connaissant la langue, connaissant la langue créole réunionnaise, les références culturelles locales et les réalités sociales du territoire participe pleinement à la qualité du service public, de l'éducation, à la lutte contre les inégalités scolaires et à la réussite, surtout à la réussite des élèves. Cette dimension doit être pleinement prise en compte dans les politiques d'affectation, de formation et de recrutement au sein de notre académie, de l'Académie de la Réunion. Face à cette situation et afin d'adapter la gestion des ressources humaines aux réalités locales et aux impératifs constitutionnels d'égalité réelle, la région Réunion demande l'ouverture rapide d'un chantier national de réforme des procédures d'affectation concernant les enseignants ultramarins et plus particulièrement ceux de la Réunion.

Dans ce cadre, nous sollicitons des mesures concrètes articulées autour de trois exigences fondamentales : instaurer une transparence administrative totale, la publication exhaustive et transparente des postes vacants, des postes attribués ainsi que des critères précis ayant présidé aux décisions d'affectation. La communauté la communication pardon officielle est opposable aux règles de mutation et d'affectation sous forme de circulaire public. La publication annuelle de données anonymisées permettant un véritable contrôle démocratique des procédures doublé de la mise en place d'un dispositif qui soit dispositif transparent suivi de demandes et demandes de retour des enseignants réunionnés. consacrer l'encadrage territorial et le droit au retour l'instauration d'un dispositif prioritaire de retour pour les enseignants titulaires originaires de la réunion. l'examen prioritaire des candidatures des lauréats réunionnés sur les postes vacants de l'académie avant toute affectation extérieure.

La revalorisation des points liés au centre d'intérêt matériel et moraux, les fameux CIMM sur la base de critères stables, objectifs et vérifiables, la révision des mécanismes d'extension des vœux pour l'Amie de la Réunion afin de corriger les déséquilibres structurels constatés. la prise en compte effective des réalités familiales, des réalités sociales, des réalités de la réalité territoriale et linguistique des enseignants réunionnés dans l'ensemble des décisions d'affectation. Construire une gouvernance ressources humaines de proximité.

L'ouverture d'une concertation formelle associ associant les organisations syndicales, les représentants des familles, les collectifs d'enseignants concernés, l'élaboration d'un plan pluriannuel de gestion des ressources humaines intégrant pleinement les réalités humaines, sociales et territoriales de la Réunion. La question du droit des réunionnés et des des réunionnaises et des réunionnais à travailler à la Réunion ne peut plus être considéré comme une problématique secondaire. Elle touche à l'égalité entre les territoires de la République, au respect des attaches familiales et culturelles ainsi qu'à la dignité des agents publics ultramarins.

La région Réunion demande que l'État engage sans délai une réforme ambitieuse, une réforme juste, une réforme transparente des politiques d'affectation des enseignants afin que les réunionnaises et les réunionnais puissent vivre, travailler, transmettre leur savoir dans leur propre territoire. Nos services se tiennent à la disposition de vos ministères pour faire de notre académie un territoire pilote de la mise en œuvre de ces nouveaux mécanismes. Un traitement équitable dès cette rentrée scolaire 2026-2027 parce qu'il y a déjà un dossier serait une première traduction de la prise en compte des aspirations légitimes des jeunes réunionnaises et jeunes réunionnés pour que le traitement qui a été fait à la Guyane soit le même qui soit fait à la Réunion.

Voilà pour ce pour ce dossier. Je vous remercie. Et ensuite euh je nous allons vous parler de l'octro de mer.

Je vais vous parler de l'octro de mer. L'octro de mer euh qui est un carrefour des enjeux économiques et sociaux et les intérêts et des intérêts croisés des entreprises, des collectivités locales et évidemment des consommateurs. On voudrait assigner à l'octro de mer un rôle de bouc émissaire de la vie chère que l'on ne s'y prendrait pas autrement. vouloir réformer à tout prix l'ctro mer pour s'attaquer à la vie chère qui a de multiples causes, c'est une fausse bonne idée.

Il faut savoir en effet que le dispositif actuellement en vigueur est extrêmement flexible et que dans le cadre législatif et réglementaire actuel, il permet aux conseils régionaux d'outre mer la possibilité de varier les taux dans les limites permises par l'Europe en fonction des objectifs poursuivis. Il est donc pas besoin de le réformer pour le rendre plus efficace. Ainsi, la région Réunion applique un taux zéro ou un taux très faible sur tous les produits de première nécessité.

Ce faisant, elle répondent à un objectif de lutte contre la vie chère. C'est évident. Sur un autre plan, la région Réunion soutient.

Nous soutenons la production locale par rapport aux importations en appliquant des taux différenciés évidentes. Il n'est donc pas besoin de toucher à la loi ou au règlement pour rendre l' tro de mer plus vertueux. Mais pour tout cela, il faut une pédagogie pour toute la population de la Réunion que l'on explique à tout le monde comment ça se passe.

Il faut faire confiance aussi aux élus régionaux. L'octro de Mire est un dispositif qui réussit la prouesse de concilier plusieurs fonctions. C'est un outil d'autonomie fiscale.

On ne peut afficher une volonté de lancer un nouvel acte de décentralisation dans le même temps, remettre en cause un levier de souveraineté fiscale. C'est un moyen de soutien à la production locale. On ne peut parler de développement endogène et remettre en cause un dispositif de soutien à la production locale.

Ce sont des ressources financières pour les collectivités locales, les 24 communes. On ne peut à la fois diminuer, on diminue les dotations des collectivités et diminuer leurs ressources propres. C'est inconcevable. ouvrir en permanence le débat sur l'octro de mer s'est créé un climat d'instabilité préjudiciable à l'économie.

Ce serait aussi un mauvais signal envoyé à la Commission européenne alors même que tous les arguments doivent être déployés pour reconduire pour garantir la reconduction du dispositif à partir de 2028. Je vais en venir maintenant si vous voulez bien à la à la question sur la situation sanitaire réunionnaise. S'agissant de l'accès au spécialistes de la santé mentale ou la prise en charge des maladies chroniques sur l'île comme votre comme vous le vous posez la question.

Pour décrire rapidement la situation sanitaire à la Réunion, je vais m'appuyer sur deux points de comparaison. La demande de soins est grandissante en raison du triple défi d'une population qui augmente, qui vieillit, qui subit une forte précarité. de la surprévalence des maladies chroniques, des épisodes épidémiques récurrents, la COVID et un nouveau chikungunia et des phénomènes climatiques de haute intensité, Garance, cyclone Garance, mais aussi et il faut encore le souligner depuis Chido où un véritable pont sanitaire a été mis en place de la solidarité dont nous devons faire preuve à l'égard des patients en provenance de Mayotte.

Mais face à ces besoins, la capacité d'accueil des établissements de santé reste reste moindre par rapport à la France hexagonale. Le nombre de lit est inférieur en médecine chirurgie obscétrique - 12 %. En soins médicaux de réadaptation 104 lit pour 100000 habitants 30 %.

En psychiatrie 52 lit pour 100000 habitants - 31 %. Le taux d'emploi hospitalier à la Réunion est le plus faible des régions françaises hors Mayotte 13000 contre 17000 dans l'hexagone. Pour sa part, la médecine de ville présente une densité de généraliste pour 100000 habitants supérieurs à la moyenne nationale mais un déficit persistant en ce qui concerne les spécialistes dans les deux cas de forte disparité interne et donc une inégalité dans l'accès aux soins selon les microrégions de l'île.

La situation est particulièrement préoccupante s'agissant de la santé mentale puisque les troubles dépressifs sont parmi les plus élevés de France, 32 % à la Réunion alors que l'offre de soins est la plus petite et la plus faible. quatre psychiatres pour 100000 habitants contre 10 dans l'hexagone. Tout ça c'est pas joyeux, c'est pas beau non plus pour l'hexagone.

Le deuxème point de comparaison et dans le rapprochement entre d'une part l'espérance de vie à la naissance qui a fait des progrès considérables depuis en un demi-siècle pour se situer à plus de 83 ans pour les femmes et de 77 ans pour les hommes. et d'autre part la perception que les réunionnés ont de leur santé puisque ils sont les moins nombreux à se déclarer en bonne santé. 56,2 % des adultes contre 68 % sur le plan national.

Pour comprendre ce décalage, il faut considérer la place des maladies chroniques dans le tableau sanitaire de la Réunion et d'abord du diabète dont la surprévalence ne faiblit pas. Bien au contraire, puisque désormais 14 % de la population réunionnaise adulte est prise en charge, soit deux fois plus que dans l'hexagone. Vous imaginez sur une population de 911000 habitants à la Réunion.

C'est le record de France. Chaque famille est concernée. C'est un enjeu de santé publique majeur.

La maladie apparaît plutôt avec des complications sévères. Les amputations, mes amis, les amputations sont plus fréquentes. 370 amputations par an, 31 amputations par mois.

Les incapacités sont plus sont plus nombreuses et les décès surviennent de manière plus précoce. La Réunion avec le soutien de la région investit et innove beaucoup dans le domaine curatif qui sont hyper bar pour traiter les plées et cicatrisation des patients diabétiques. Construction en cours d'une unité préstgreffe rénale.

Mais il est urgent de mettre l'accent sur le diagnostic précoce du diabète de type 2 afin d'agir et de réduire les risques de complication. Tout comme il est prioritaire de repérer les déterminants spécifiques du diabète réunionné avec le lancement d'une grande enquête épidémiologique spécifique de manière générale et plus qu'ailleurs. La prévention doit être fortement dynamisée.

Plusieurs études indiquent que l'offre et l'efficacité du dépistage des cancers sont moins favorables en outre mère. La participation de la population étant moindre, les cancers sont plus souvent diagnostiqués à un stade avancé. Malheureusement, les parcours de soins prédépistage sont aussi le plus souvent défaillants.

Au-delà de ces constats, et pour aller au cœur de la thématique de votre bonne commission d'enquête, il est nécessaire de montrer le mode de fabrication des inégalités. Trois situations correspondent à trois temporalités différentes. D'abord sur le long terme avec le coefficient géographique qui en dépit d'une revalorisation à 34 % en 2024 et après une apre bataille ne compense toujours pas intégralement les charges réelles supportées par les établissements de santé.

Ce qui n'est surprenant quand on sait qu'il a été calculé à partir d'une base n'intégrant ni les poussées inflationnistes ni les conflits en cours. Une phrase résume parfaitement la situation. Je l'emprunte à la direction générale des finances publiques dans un rapport en 2023 et il écrit le CHU établissement public de référence de l'océan Indien inscrit son action dans un contexte marqué par la nécessité de répondre à des besoins sociaux croissants et plus aigus que ceux habituellement ouverts par ces homologues hexagonaux tout en disposant de moindres moyens.

Le deuxième exemple concerne une réforme toujours plus ou moins en cours qui modifie la tarification des soins médicaux et de coût et qui et également de la réadaptation des SMR pour la réunion et pour la seule réunion. Cette réforme se traduit par une diminution de leur dotation populationnelle. Et ce et à ce paradoxe où les établissements en grande majorité privée enregistrent une baisse de leur recette quand leur activité augmente.

Au final, c'est la faculté pour les patients de bénéficier d'une offre de soins sans reste à charge qui se trouve fragilisée et remise en cause. Le troisème exemple qui illustre parfaitement en temps réel la fabrique des inégalités, elle est relative à la formation des soignants médicaux et paramédicaux. Non seulement le nombre d'universitaires au CHU de la Réunion est le plus faible, le plus faible parmi tous les CHU français, 24 titulaires et 24 contractuels et que le rattrapage se fait petit pas petit pas.

Mais voilà que la dotation pour la construction du futur centre de formation et de simulation de haute technologie est réduite à la portion congrue. Il y a pas si longtemps on en a parlé 18500 €. 0,13 % de l'enveloppe nationale de 14500000 €.

Pas de commentaire à ce jour, il y a aucune explication qui a été apportée pour justifier ce sous-financement national pour la création d'un outil de formation que l'État aant lui-même rendu obligatoire dans sa stratégie nationale de santé 2018-2022. Je ne manquerai pas de vous communiquer le tableau très parlant qui liste les dotations. Ne pas accompagner l'émergence à la réunion d'une offre de formation initiale et continue de très haut niveau.

C'est évidemment prendre le risque de priver les étudiants, de priver les professionnels de santé de la Réunion de cet outil d'excellence. C'est oublié ce grand principe d'égalité républicaine. Ma conclusion sur cette question sera seulement de vous signaler la thématique que je me permettrai d'ajouter à votre questionnaire et qui portera sur les inégalités de financement dans l'enseignement supérieur.

Et euh voilà, je vous en parlerai vraiment avec des écrits que je vous enverrai. Vous aviez dit le délai c'est vendredi. Voilà.

Madame la présidente, madame la rapporteur, monsieur l'administrateur, [rires] j'en ai terminé parce que pardonnez-moi, euh ça n'était pas prévu mais voilà. Merci madame la présidente imprévu. Merci madame la présidente pour ses propos et ses réponses claires et précise.

Donc nous attendons avec une attention particulière votre la réponse à ce questionnaire et effectivement vous pouvez rajouter ce bon vous semble à ce rapport et nous le et nous le souhaitons même que vous le fassiez. Et je passe la parole maintenant quand même à madame la rapporteur. Merci madame la présidente pour vos propos euh très clair.

Vous nous avez euh dressé un panorama euh très très détaillé et très précis de la situation à la Réunion. Euh je vous remercie particulièrement pour les éléments que vous nous avez partagé sur la question portant sur la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité. Euh vos vos contributions seront apportées à nos à nos travaux puisque en effet il y a là des des préconisations qui pourront faire avancer le sujet.

Elle rejoignent un peu la réflexion que je portais sur le travail qui a été publié récemment par l'historienne Camille Lefèbre qui disait que ce n'est pas la colonisation qui a construit des routes, des écoles et des hôpitaux dans les territoires colonisés. ce sont les impôts et le travail des populations colonisées elles-mêmes qui ont financé ces infrastructures. Et l'histoire de la réunion et ce que vous nous avez partagé cet après-midi nous conforte dans l'analyse qu'elle même qu'elle même a faite.

Moi, je je souhaiterais revenir et vous l'avez dit, vous je vous remercie également madame la présidente pour le l'analyse que vous faites et et la réponse que vous nous transmettez sur la réforme potentielle de l' trois de mer et d'avoir bien expliqué les le mécanisme existant et les vertus de cette Ouctro de mer trop souvent et si souvent critiqué. Moi, je j'aurais juste une question sur qui porte qui porte sur la santé, j'aimerait beaucoup y revenir. Euh vous parlez de diagnostic précoce, vous parlez également de l'action de la région Réunion en matière de soutien politique de santé et d'adaptation que qui est mise en œuvre aussi bien dans le fonctionnement mais surtout également dans l'investissement.

Euh comment euh quels seraient vos euh les mesures qui rendraient euh la prévention, qui rendrait le diagnostic précoce plus efficace dans un territoire comme la Réunion où euh finalement euh on fait le constat après les auditions de professionnels de santé que on n'atteint pas les mêmes résultats, les mêmes objectifs qu'on peut atteindre en territoire hexagonal. Quelles seraient les des propositions que vous pourriez émettre ou en tout cas peut-être des dispositifs qui sont mis en œuvre à la réunion et qui pourrai figurer parmi les préconisations de notre rapport comme des exemples à suivre. Vous savez parfaitement aussi que la santé ça n'est pas la compétence de la région mais nous avons quand même un certain nombre d'idées.

Moi, je trouve aussi que il y a pas suffisamment d'information aussi qui soi donné. Je pense même qu'il y a une régression. On est informé sur les cumes mais les choses profondes, nous ne sommes pas informés aussi là-dessus.

Et donc il y a beaucoup à faire dans un sur un territoire comme la Réunion où l'on voit que la mortalité infantile et la est est très importante. Je crois que c'est 6,4 6,5. 1000 sur sur notre territoire.

Il y a encore beaucoup à faire pour l'information euh des notamment des des des des mamans, des familles. Il y a encore beaucoup à faire. Et donc là-dessus aussi, c'est l'information.

Il y a toutes sortes de comment de de de d'informations qui sont faites à travers les médias. Et donc mais il y en a pas suffisamment qui éclaire le réunionnaire. Un peu comme pour l'octroit de mer, on n'est pas éclairé et donc sur la santé aussi on a besoin d'être éclairé.

Il fut un temps où il y avait un éclairage aussi, c'était il y a longtemps un éclairage sur le problème de comment de de de la santé pour les personnes, pour les femmes, pour les enfants. Et aujourd'hui, ben il faudrait qu'il y en ait plus, que l'on fasse plus. C'est cette responsabilité d'État, ben il faut qu'il la prenne entièrement aussi.

Il faut aussi que nos territoires aient des moyens. Par exemple, quand on pense par exemple au au aux spécialisations, euh le temps qui est mis pour que quelqu'un ait un rendez-vous avec des spécialistes, avec un cardiologue, avec un opthtamo et cetera. Donc nous n'avons pas suffisamment de de spécialistes et on a des régions qui sont particulièrement des déserts médicaux.

Je pense notamment à l'est de la l'est de la Réunion et donc et pourtant nous nous sommes là dans l'aide dans le soutien au au au CHU même [raclement de gorge] si cela n'est pas notre compétence, on soutient. Et donc là l'État doit apporter sa contribution pour le coefficients géographique pour tout pour que ce cela ailleux. Donc, on pourrait je pourrais vous répondre, mais je vais vous répondre par écrit parce que pour le temps le temps presse.

Pardonnez-moi, excusez-moi. Madame la présidente, je vous remercie en tous les cas pour votre écoute. Merci.

Il y aurait peut-être encore une question de madame la présidente Jacques, président de la délégation autreemire. Merci madame la présidente. Je ne serai pas longue et vous pourrez me répondre par écrit.

En fait, je vous remercie déjà pour votre pour votre exposé liminaire qui est vraiment euh qui auquel j'adhère et qui reflète la situation euh des des spécificités ultramarines. Et mon prédécesseur Michel Magra, président de la délégation, avait beaucoup travaillé sur la différenciation territoriale et il plaidait pour une révision constitutionnelle permettant à chaque territoire d'avoir sa propre loi organique pour être géré avec sa loi organique. Bon, je connais la Réunion, bon, il y a il y a l'amendement Virpoulet.

J'aurais aimé avoir votre avis sur cette possibilité. Pensez-vous que cela pourrait être aussi une réponse pour euh réduire à tout le moins si ce n'est pas effacé mais réduire les les différences structurelles entre les territoires ultramarins et la la France hexagonale. C'est une question très complexe.

On va vous répondre. Un territoire ne ressemble pas à notre territoire. Nous ici à la Réunion, on a un territoire, il a 911000 habitants.

C'est le territoire le plus peuplé. le territoire ultramarin le plus peuplé. Mais je pourrais vous répondre madame par écrit à la question que vous posez.

Je vous remercie. Merci. Merci madame la présidente.

La Réunion : Huguette Bello, présidente du conseil régional — Evelyne Corbière Naminzo · Pourquijevote