"Les parlementaires ont contribué à la mort de l'agriculture française" (Bertrand Venteau)
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
7h 9h Europa matin. Il est 7h11 sur Europe Dimitri [musique] Pavlenco. Vous recevez ce matin le président de la coordination rurale Bertrand Ventau.
Bonjour Bertrand Ventau. Bienvenue sur Europain. Merci d'être avec nous ce matin.
Alors vous êtes à Paris depuis vous êtes arrivé vous quoi lundi c'est ça ? Parce que vous rencontriez le premier ministre le gros des troupes de la coordination rurale. Où est-il à l'heure où on se parle ?
Plusieurs convois de tracteurs ont réussi à passer. On les entendait dans le journal de de 7h sur Europe 1. Une partie sont devant la tour Effel.
D'autres sont sur les Champsélysées. L'idée c'était de rejoindre coûte que coûte le centre de Paris. Mission accomplie, vous dites ce matin Bertrand Vent.
Euh oui, mission accomplie avec des lieux symboliques, mais aussi une forte pensée à tous ceux qui sont fait arrêter par les forces de police qui aujourd'hui sont parqué dans le froid, qui sont partis pour les premiers depuis 5 jours donc et des tracteurs qui sont mis en fourrière. Donc ça c'est inacceptable parce que en fait on voulait simplement arriver pacifiquement dans Paris et les méthodes utilisées encore sont pas les bonnes. Qu'on les laisse tranquille, qu'on libère les tracteurs et qu'on nous laisse aller rencontrer.
Euh très concrètement les demandes sont pas compliquées. C'est euh la présidente de l'Assemblée et le président du Sénat parce qu'il faut qu'on leur explique que les parlementaires depuis 30 ans ont contribué à la mort de l'agriculture française. Alors, les règles du jeu, on va on va rentrer dans le vif du sujet, mais les règles du jeu, je les donne, la préfecture de police de Paris, elle vous a dit en gros OK pour les tracteurs euh dans Paris, même si elle vous a donc entravé compliqué compliqué les les choses, sauf près des lieux de pouvoir.
Là, on vous a dit Matignon, l'Élysée, ministère de l'agriculture, transition écologique, non. Et certains lieux symboliques aussi, l'ANES, l'INRA, le marché de Ring ça vous avez pas le droit d'y aller. Alors, moi j'ai moi j'ai eu aucune info de la préfecture de police.
Donc en fait, c'est le FP qui rapporte ça. Oui. Ben non, non, non.
La préfecture de police a donné aucun accord. Ils auraient dû le faire, on aurait dû faire des méfisations pour rentrer et aller porter nos doléances qui est quelque chose qui aurait été la ruralité montée, les agriculteurs montés pour porter les doléances pour qu'on puisse sortir de l'agriculture, du marasme qui en est et des agriculteurs qui puissent en vivre. Et la réponse, vous en avez pas.
C'est un peu comme quand vous allez parler à nos politiques aujourd'hui qui disent "Oui, on vous écoute mais qui vous répondent pas en fait sur les vrais sujets qui sont des sujets franco-français". Alors justement, on y va. C'est quoi les vrais sujets Bertrand Manteau ? parce queon entend le mercure, le la gestion de l'eau, la dermatose nodulaire et cetera.
Il y a tellement de choses et on a l'impression que c'est insoluble et que finalement aujourd'hui au stade où on en est, vous voyez pas pas de possibilité de sortir de la crise. Bertrand Manteau, quels sont les sujets centraux pour vous ? Il y a un sujet qui est européen avec une PAC qui doit être réformée, qui doit nous aider à être rémunéré suivant ce qu'on produit, pas par rapport à une surface parce qu'en fait c'est ça, on a des aides surfassiques mais on a pas d'aide à la production qui nous garantissent un revenu.
C'est pas vouloir de l'argent public, c'est vouloir avoir des prix qui nous permettent ben de d'en vivre dignement et que quand les prix s'effondrent par rapport au marché mondial, on soit compensé par un système de mécanisme qui est européen. Donc il y a un problème européen. Il y a un problème aujourd'hui effectivement de libre échange mais la mondialisation est passée et aujourd'hui il faut se protéger.
Ce que fait Trump, ce que fait les Chinois, ce que font les Russes, ce que font l'Amérique du Sud, c'estàdire que pour eux l'agriculture est primordiale et quand vous voulez toucher à l'agriculture, ils vous taxent d'autres produits. Nous, on doit le faire en France et en Europe, ce qui aujourd'hui n'est pas fait. Le vrai souverainiste, c'est d'être protectionniste et de protéger les filières agricoles.
Mais vous voyez bien ce qui se passe par exemple sur le Mercosur, la monnaie d'échange pour exporter des voitures allemandes peut axé en Amérique du Sud. Ce sont les produits agricoles. Oui, mais ça c'est ce qui se passait dans le monde d'avant.
Mais regardez ce qui se passe aujourd'hui et regardez ce que font des Trump et compagnie. Ils sont sortai des traités de livre échangeux. Ils en sortent petit à petit, ils disent "Nous, on s'en fout des traités de libre échange, on va négocier ça directement entre pays, on fait du commerce, ça vous y touchez, ça vous y touchez pas, sinon je vous taxe." Et il négocie par derrière.
On a un train de retard en France en Europe et puis après vous avez le problème franco-français où depuis 30 ans vous avez euh des lois qui sont sorties, qui se sont empilé, surtransposé, qui sont allés beaucoup plus loin que ce que demandait le cadre européen et qui ont été amenés par euh, il faut le dire, par une pensée qui est l'écologie punitive pour qu'on ne puisse plus produire en France et plus de production mais quand vous produisez pas, vous n'avez pas non plus de revenu. C'est ça un peu l'histoire franco-française. Donc aujourd'hui, il faut défaire cette surtransposition franco-française.
Et c'est là où la ministre de culture où le premier ministre et où également ben les assemblées c'estàd le Sénat et l'Assemblée nationale, il faut qu'il comprennent qu'il faut que plutôt que faire des lois, des taxes et des normes et ben il faut les défaire aujourd'hui et il faut mettre l'économie dont l'agriculture fait partie au cœur de la relance de du pays qui est la France et qui est un beau pays comme on fait nos confrères du sud de l'Europe eux ils ont fré ils ont connu un déficit massif et aujourd'hui l'économie c'est ce qui prime chez eux avec un gouvernement qui est mélonie qui est de droite extrême droite. et un gouvernement espagnol qui est à gauche. Mais l'économie est la priorité et on doit redresser la France et les agriculteurs en font partie.
On est entre guillemets les premiers de cordair vouloir redresser la France et la réponse qu'on a c'est qu'on nous ferme la porte à double tour. Mais vous comment vous l'expliquez ? C'est c'est une méconnaissance du secteur de l'agriculture de de la part des des des élus.
C'est une obsession sur la qualité de l'alimentation parce que malgré tout, on peut le dire, l'alimentation française, ce qu'on produit en France est d'excellente qualité. On sait que nos produits qui ne sont pas bios sont parfois de meilleure qualité que des produits bio produits ailleurs. Ça ce sont des acquis quand même pour les Français.
On apprécie ça. Oui, mais on a eu la montée en gamme. Mais c'est très bien d'être bio, d'être label, d'être AOP, c'est très bien.
Mais on avait aussi besoin d'une production de masque qui était de qualité chez nous qui est partie parce qu'effectivement le réglementaire a empêché de faire des bâtiments d'élevage pour faire du poulet de masse entre guillemets, pour faire du lait, pour faire de la viande bovine. Ça en fait, ça part à l'export ça. Et oui non, c'était sur un marché intérieur parce qu'aujourd'hui regardez le poulet écrunien, il vient chez nous parce qu'on le produit plus chez nous parce qu'on a été entravé par les nombres.
Et donc la nourriture qui était essentielle et de bonne qualité, de très bonne qualité, qu'on pouvait faire même de façon entre guillemets de masse en France et qui était abordable pour les consommateurs et ben aujourd'hui elle a disparu parce qu'elle a été entravée. Elle a été entravée par du réglementaire qui a dégoûté les producteurs de pouvoir faire des bâtiments et et d'en vivre. Donc tout ce qu'on a pas produit ici vient d'ailleurs et si on reproduit en France et que les producteurs bien sûr en vivent, c'est autant d'importantations qui ne rentront plus et qui permettront d'avoir la nourriture de qualité à la population qui est la classe ouvrière, la classe moyenne à un prix qui est abordable et d'une qualité qui est irréprochable comparé à ce qui peut venir d'ailleurs.
H Bert Vot, je reviens sur les actions du jour. C'est quoi le programme concrètement ? Si vous ne parvenez pas à obtenir les rendez-vous que vous demandez avec les présidents de l'Assemblée du Sénat, qu'est-ce que vous allez faire ?
Bertrentau, coordination rurale. Déjà, en espérant qu'on puisse tous rentrer chez nous parce que ça déjà, il va falloir que ça se libère et que ça se débloque très rapidement parce que je peux pas laisser nos collègues dans le froid. On a jusqu'à présent rien dégradé donc il faut les laisser pouvoir aller se laver, être au chaud, se reposer parce que c'est très dur psychologiquement.
Et puis si on n pas les rendez-vous, je vois pas pourquoi on les aurait pas parce que c'est un sujet majeur. Si on n pas les rendez-vous, ben écoutez, je sais pas ce qui va se passer. En tout cas, il va falloir qu'on rentre chez nous parce que on est fatigué mais je vous promets que ça chauffe encore.
Il pourrait y avoir un écho dans les campagnes qui pourrait être encore très fort. Ça fait plus d'un mois, bientôt plus d'un mois et demi que les premiers mouvements ont commencé. Euh nos paysans sont pas fatigués, ils peuvent continuer.
Mais moi, je souhaiterais quand même qu'il y ait une prise de conscience et qu'on soit reçu. Sinon, ça va être ça va devenir impossible. Je pense que les gouverneurs ont pas compris que la coordination rurale aujourd'hui pèse énormément dans la dans le monde agricole.
Ils ont pas compris qu'on pèse énormément. Il reste attaché à interlocuteur qui pour eux et la FNSA et mais qu'ils ouvrent leurs porte et qui nous écoutent et en particulier sur nos propositions. Je critique pas euh nos collègues de la FNSA, je voudrais juste un message à Aron Rousseau qui s'occupe du problème franco-français à nos côtés parce qu'il faut vraiment qu'on le faut vraiment le résoudre.
Merci beaucoup Bertrand Manteau, président de la coordination rurale donc d'être venu ce matin au micro d'Europe. Bonne journée à vous. Bon courage.
Xavier Bertrand