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InterviewEurope 1 — L'interview politique du week-end (sur Podcast)· 20 juillet 2025 5 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & élections

Ukraine : Frédéric Encel se dit «assez optimiste» pour les pourparlers mais reste «extrêmement prudent pour leur aboutissement»

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 50 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'on peut faire confiance au gouvernement syrien ?

  • 4:03OuverteRéponse directe

    L'Ukraine a proposé à la Russie de tenir de nouveau pour parler la semaine prochaine. Pensez-vous qu'ils peuvent avoir lieu, et si oui, pourrait-il aboutir cette fois ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:51PrésentateurFait
    « ceux qui aujourd'hui ont le pouvoir en Syrie, ce sont des anciens djihadistes. »
  • 3:38PrésentateurChiffre
    « plusieurs millions de Syriens, on parle d'une douzaine de millions de Syriens, ont fui soit en tant qu'exilés à l'intérieur, soit en tant que réfugiés. »

Temps de parole

  • Présentateur65 %
  • Invité35 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Europe 1 midi week-end, Véronique Verdun.

0:03
Invité

Il est midi 43, tout de suite on va évoquer un sujet qui nous préoccupe tout particulièrement, c'est la Syrie avec ce très lourd bilan, 1000 morts après une semaine d'affrontements en Syrie. Et ce matin, le gouvernement syrien affirme que les combats ont cessé, avec un cessez-le-feu entré en vigueur dans la province de Souedas. Invité d'Europe 1, Frédéric Ancel. Bonjour Frédéric Ancel. Vous êtes docteur en géopolitique, enseignant à Sciences Po Paris. Vous êtes notamment l'auteur de La Guerre mondiale n'aura pas lieu. Les raisons géopolitiques d'espérer, paru aux éditions Odile Jacob.

Alors merci d'être en direct sur Europe 1, car en effet, nous avons besoin de comprendre ce qu'il se passe précisément en Syrie. Sept mois après la chute de Bachar al-Assad, la situation est particulièrement chaotique avec ses combats qui opposent des tribus et des bédouins sunnites aux combattants de ruses à Souedas. Alors ce matin, il y a eu cet appel, cette annonce comme quoi les combats avaient cessé. Est-ce que l'on peut faire confiance au gouvernement syrien ?

1:12
Présentateur

La réponse est non, pour deux raisons. D'abord parce qu'en dépit de sa bonne volonté affichée, Al-Jolani, celui qui dirige le pouvoir aujourd'hui en Syrie, celui qui a pris le pouvoir après la chute d'Assad en décembre dernier, il est faible. Il est à la tête d'une véritable coalition et non seulement sa coalition pour partie ne lui obéit pas, même lorsqu'il affirme qu'il faut absolument promouvoir la paix et notamment la paix et la sécurité intercommunautaires puisque la Syrie, on va y revenir, est une mosaïque communautaire.

Donc non seulement il n'est pas écouté par une partie de ces miliciens extrêmement durs, mais la deuxième raison, c'est que justement ces miliciens, pour la quasi-totalité d'entre eux, ceux qui aujourd'hui ont le pouvoir en Syrie, ce sont des anciens djihadistes. Et le problème avec le terme de anciens, c'est que vous ne savez jamais dans quelle mesure ils sont sincèrement et réellement repentis ou s'ils ne le sont pas.

Et le problème aujourd'hui, c'est qu'au sud du pays, vous avez une population minoritaire que sont les Druzes, dont on parle beaucoup, qui sont à cheval sur trois pays du Proche-Orient et uniquement eux, le Liban, la Syrie et Israël, mais c'est en Syrie qu'ils sont le plus nombreux, un petit peu moins d'un million. Ces Druzes ne sont pas considérés comme de véritables musulmans par les islamistes.

Alors à partir du moment, et je conclue, à partir du moment où vous avez au pouvoir une coalition faite de différentes milices islamistes et parfois islamistes radicales, je rappelle quand même que pour beaucoup, ces gens-là ont crapahuté au sein de Daesh dans les années de 2010, il faut voir ce que c'est quand même, et qu'ils considèrent les Druzes comme des traîtres à l'islam, vous imaginez bien ce que ça peut donner.

2:40
Invité

Et là, on peut parler d'un véritable massacre.

2:42
Présentateur

Et il y a eu de véritables massacres. C'est absolument incontestable. Lorsque je lis ces derniers jours dans une partie de la presse qu'il y a eu des combats intercommunautaires, je ne suis pas d'accord avec cela. Il y a eu effectivement un certain nombre de cas de figure où des miliciens Druzes se sont vengés. Mais dans la ville de Souaïda, qui est la première ville Druze de Syrie, la plus importante, c'est bien des miliciens gouvernementaux, soutenus parfois par des Bédouins locaux, qui sont venus massacrer les Druzes.

3:08
Invité

Parce qu'il y a ces victimes, 1000 morts, aujourd'hui annoncées concrètement, mais il y a aussi ces déplacements de population.

3:16
Présentateur

Oui, de toute façon, au Moyen-Orient, d'ailleurs, cette région n'a pas l'apanage de ça, mais vous avez très régulièrement des exotes forcés. Et alors, ça s'est vu à maintes reprises au Liban, immédiatement voisins. Vous l'avez vu en Syrie depuis au moins 2014, puisque sous la férule du boucher Bachar el-Assad, des millions, pas des milliers, je dis bien des millions, et plusieurs millions de Syriens, on parle d'une douzaine de millions de Syriens, ont fui soit en tant qu'exilés à l'intérieur, soit en tant que réfugiés, c'est-à-dire à l'extérieur du pays.

Mais dans tous les cas de figure, au Moyen-Orient, malheureusement, c'est souvent le cas lorsque des exactions sont perpétrées, l'agresseur fait en sorte de chasser l'intégralité de la population qu'il souhaite voir déguerpirer.

3:59
Invité

Alors, Frédéric Ancel, avant de vous libérer, j'aurais une question concernant l'Ukraine, cette fois. L'Ukraine qui a proposé à la Russie de tenir de nouveau pour parler la semaine prochaine. Pensez-vous qu'ils peuvent avoir lieu, et si oui, pourrait-il aboutir cette fois ?

4:15
Présentateur

Alors, deux questions en une, j'allais vous dire oui à la première question. C'est-à-dire qu'on peut effectivement, et je suis assez optimiste sur la reprise de pour parler, d'ailleurs je rappelle que des pour parler ont commencé il y a trois ans, c'est-à-dire juste après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Mais alors après, est-ce qu'ils peuvent aboutir ? Je vais vous dire franchement, ça tient à Vladimir Poutine. Parce qu'aujourd'hui, sur le terrain, même s'il ne parvient pas à atteindre ses objectifs, et c'est même le moins qu'on puisse dire, il est quand même le plus fort pour être très objectif.

D'autant plus que les Américains, aujourd'hui, entretiennent une politique dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle est extrêmement fluctuante avec l'Ukraine. Donc évidemment, le président Zelensky a besoin, lui, davantage encore que les Russes, d'un cessez-le-feu. Donc je vous dirais pour résumer, oui, sans doute pour des négociations, je serai extrêmement prudent quant à leur aboutissement à court terme.

5:02
Invité

Merci beaucoup Frédéric Ancel, toujours aussi passionnant. Docteur en géopolitique, enseignant à Sciences Po Paris, ils ont bien de la chance vos étudiants. Vous êtes notamment l'auteur de La Guerre mondiale n'aura pas lieu, les raisons géopolitiques d'espérer. C'est paru aux éditions Odile Jacob. Merci d'avoir été en direct sur Europe 1.

Ukraine : Frédéric Encel se dit «assez optimiste» pour les pourparlers mais reste «extrêmement prudent pour leur aboutissement» · Pourquijevote