Laurent Nuñez : "Je n'utiliserai pas le ministère de l'Intérieur comme une tribune politique "
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France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Au travail à présent a dit jeudi le Premier ministre Sébastien Lecornu tout juste rescapé de la double censure. Mais avec quelle feuille de route depuis des semaines, seules deux questions ont saturé l'espace médiatique, le budget et l'instabilité politique ? Pourtant dans les préoccupations des Français, après les inquiétudes sur le pouvoir d'achat, toujours largement premières, celles sur, par exemple, le niveau de délinquance, sont sur le même niveau que le souci de la dette et des déficits. C'est ce que nous dit le baromètre politique Ipsos BVA d'octobre.
Alors sécurité, immigration, sur ces dossiers Bruno Retailleux avait imprimé sa marque, très droitière, mais le LR a claqué la porte et l'homme qui est désormais installé, Place Bovo, s'est toujours gardé, lui, de dévoiler une quelconque sensibilité partisane. Il faut dire que ça n'est pas un politique, c'est un technicien. Alors quelles doctrines et quelles méthodes feront la patte du nouveau ministre de l'Intérieur, l'ancien préfet de Paris ? Une maison qu'il connaît bien, le ministère de l'Intérieur.
Il va nous répondre, Laurent Nunez, et dans Questions Politiques, sur France Inter, France Info, le canal 16, la télévision, et puis en partenariat avec le journal Le Monde, nous sommes ensemble, en direct, et jusqu'à 13h. France Inter, Questions Politiques, Alexandra Bensaïl. Bonjour et bienvenue, Laurent Nunez. Merci d'avoir accepté notre invitation. Bonjour. A mes côtés, pour vous interviewer, Alix Bouillaguet de France Télévisions. Bonjour, Alix. Bonjour, Alexandra. Qui est le nouveau ministre de l'Intérieur ? On en saura plus grâce à vos questions.
On va s'en poser une, précisément, est-ce que derrière le gant de velours de Laurent Nunez, ne se cache pas plutôt une main de fer ?
C'est la séquence « Qui êtes-vous, Laurent Nunez ? » Il y a une autre séquence qui s'appelle France 2027, et elle est la propriété d'Abel Mestre du journal Le Monde. Bonjour, Abel.
Bonjour, Alexandra. Bonjour, tout le monde.
Avec vous, tout à l'heure, on mettra en lumière une des questions de fond qui devrait faire partie de notre débat en 2027. Ce samedi ?
Ce sera la notion d'un état de droit qui est de plus en plus malmené par beaucoup de politiques.
La séquence France 2027, c'est vers 12h50. Mais tout de suite, vous en revenez, évidemment, du musée du Louvre. On a envie d'en savoir plus, Laurent Nunez, sur ce qui s'est passé. Un braquage spectaculaire, des bijoux dérobés. Que pouvez-vous nous dire sur ce sujet ?
Oui, effectivement, je reviens à l'instant du musée du Louvre. J'ai rejoint Mme Rachida Dati, la ministre de la Culture, puisqu'il y a eu un braquage important qui a été commis ce matin dans la salle Apollon, où des individus ont pénétré par l'extérieur du musée du Louvre en utilisant une nacelle qui était positionnée sur un camion. Ils ont fracturé la fenêtre et puis se sont dirigés vers un certain nombre de vitrines où ils ont dérobé des bijoux dont je ne donnerai pas la liste. Je crois qu'il y a une enquête judiciaire. Mais ce sont des bijoux qui ont une vraie valeur patrimoniale et qui ont une valeur inestimable en réalité. Et puis, ils se sont ensuite enfouis. Ça a duré 7 minutes.
Donc, ils sont repartis en T-Max et ils ont abandonné... En scooter, en scooter, T-Max, oui. Et ils se sont enfuis. Donc, évidemment, c'est un braquage important. Manifestement, une équipe qui avait fait des repérages, qui était manifestement aussi très chevronnée et qui a agi très, très vite. Les forces de l'ordre se sont immédiatement rendues sur place. Et surtout, surtout, c'est Mme la procureure de la République de Paris a saisi la brigade de répression du banditisme de la police judiciaire de la préfecture de police. Et le directeur me disait que l'ensemble des brigades centrales de la préfecture de police vont être mobilisées pour retrouver ces auteurs.
Et le taux d'élucidation de cette brigade est très élevé. C'est-à-dire ? Il est supérieur à 1 sur 2 pour les vols de cette nature. Et même pour les vols de cette ampleur, de cette nature, il est même très, très élevé. Et donc, j'ai bon espoir que très rapidement, nous en retrouvions vraiment les auteurs et surtout les biens qui ont été dérobés.
Quand vous dites les auteurs, vous dites qu'ils sont repartis en Tmax. Sur un Tmax, on peut monter à combien ?
On est sur 3 ou 4 auteurs. Encore une fois, là, je ne vous donne que des éléments factuels. Il y a une enquête judiciaire. C'est la procureure de la République de Paris qui communiquera. Moi, je me suis rendu sur le terrain en accompagnant évidemment Rachida Dati pour soutenir les effets. D'abord, me rendre compte de ce qui s'était passé et soutenir évidemment les effectifs de police qui vont être très mobilisés dans les investigations judiciaires qui s'ouvrent.
Laurent Nunez, avant d'occuper le poste du ministre de l'Intérieur, vous étiez, jusqu'à il y a quelques jours, le préfet de police de Paris. Ça paraît rocambolesque. Garer une camionnette, mettre un monte-charge, découper, vous ne nous l'avez pas dit, mais il semble que ce soit la tronçonneuse, la fenêtre.
La disqueuse, oui, la disqueuse.
La disqueuse. Ça prend du temps de découper une fenêtre à la disqueuse ?
Non, ça ne prend pas vraiment beaucoup de temps. Je vous dis, l'opération totale dure 7 minutes.
On a le sentiment d'une faille de sécurité ?
Non, mais il faut...
Est-ce que vous aviez prévu ce scénario ?
Non. D'abord, la sécurité, c'est la responsabilité de chaque établissement, vous vous en doutez bien. On sait très bien qu'il y a une grande vulnérabilité dans les musées français. D'ailleurs, il y a un plan de sécurité qui a été lancé par la ministre de la Culture qui n'épargne pas d'ailleurs le musée du Louvre. Vous savez qu'il y a un projet Louvre Nouvelle Renaissance dans lequel il y a des mesures de renforcement de sécurité. On fait régulièrement des audits. Les contrôles à l'accès au sein du musée du Louvre n'ont rien à voir avec ce qui se faisait il y a encore quelques années. Il y a des contrôles, des fouilles, des palpations. Il y a des agents de sécurité dans toutes les salles.
Donc, la sécurité a été évidemment renforcée. Mais on ne peut pas tout empêcher. Ils sont passés ici par l'extérieur. Par le cul, n'est-ce pas ? On ne peut pas tout empêcher. C'est très compliqué. Il ne faut pas non plus laisser toujours à penser que les risques zéros n'existent pas sur ce type d'action. Une équipe chevronnée, équipée, qui a agi très vite, qui est passée effectivement par les extérieurs avec une camionnette, une nacelle. Ils ont agi très très vite. Et encore une fois, vraiment, tout est mis en oeuvre pour que nous les retrouvions le plus rapidement possible.
Et j'ai bon espoir, compte tenu de la qualité des hommes et des femmes de la direction de la police judiciaire, que je dirigeais il y a encore quelques jours.
Absolument. C'est pour ça que c'est important de vous avoir sur ce plateau.
J'ai bon espoir que nous allions très vite. En tout cas, c'est une volonté très forte, évidemment, de l'ensemble des membres du gouvernement, de la ministre de la Culture, du président de la République, qu'on retrouve très vite. Ces biens qui ont une valeur inestimable, je le redis, inestimables.
Ce sont des bijoux de la collection de Napoléon, c'est ça ?
Voilà. Je ne peux pas vous en dire plus. Mais c'est ce qu'on a entendu.
Des vitrines Napoléon et des vitrines des bijoux souverains.
Ce sont des biens qui ont une valeur patrimoniale et historique et la valeur financière est inestimable.
Et ça se revend ?
Honnêtement, dans ce genre de situation, ça se revend très mal. Ça ne peut intéresser que des collectionneurs. Mais pour en faire quoi, on se le demande. Voilà. Donc, on va... Quand vous dites chevronnés,
ça veut dire grand banditisme ? Ça veut dire que c'est peut-être des gens qui sont déjà dans vos fichiers ? C'est ça qu'on entend ?
Oui. Chevronnés, ça veut dire que ce sont des équipes qu'on peut éventuellement déjà connaître parce qu'ils ont commis d'autres types, d'autres actions de cette nature. Les effectifs de police judiciaire, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Sous l'autorité de la Procureur de la République, ils vont relever toutes les traces, les indices, les objets qui ont été abandonnés. Regarder les vidéos. Il y en a déjà des vidéos. Donc, travailler en ce sens. Et puis, recouper avec des affaires similaires. Essayer de resserrer les mailles du filet pour retrouver très vite les auteurs.
Alex Bouillaguet. Et c'est forcément des Français ? Une équipe française ? Des braqueurs français ? Ou ça peut être des braqueurs étrangers ?
Pas forcément. Vous savez, on a eu une attaque bélier il y a peut-être 10-15 jours d'un magasin de luxe. Des sacs ont été volés. Les auteurs ont été interpellés très vite. Et tout le butin a été retrouvé. Et c'était des auteurs étrangers. Voilà. Donc, il est possible aussi que ce soit des auteurs de cette infraction, soit des auteurs étrangers. Ça peut être des équipes chevronnées qui envoient, pour exécuter leur mission, des individus qui le sont un peu moins. Manifestement, ceux-ci, vu le temps qu'ils ont mis, étaient quand même plutôt chevronnés. La sécurité va être renforcée dans tous les musées français ? Comment ? Elle l'est déjà.
Et surtout, on travaille aux mesures de renforcement de la sécurité dans tous les musées. Voilà. Il y a une fragilité. Ce n'est pas nouveau des musées. Ce type d'action est relativement... C'est assez nouveau dans le paysage. Donc voilà. On y travaille. Et il est bien prévu que ce soit le cas, notamment pour le musée du Louvre dans le cadre du projet Nouvelle Renaissance.
Qui reste fermé jusqu'à quand ? On dit qu'il est fermé aujourd'hui. Est-ce qu'il va...
Il est fermé aujourd'hui pour des raisons simples. Il a fallu évacuer les personnes d'abord parce qu'il y a des individus qui sont rentrés de vive force. On ne savait pas exactement ce qu'ils voulaient. Et puis, deuxièmement, c'est surtout pour préserver ce qu'on appelle les traces et indices pour que les enquêteurs puissent travailler sereinement. D'ailleurs, moi-même, avec la ministre de la Culture, nous ne sommes pas allés devant les vitrines, les deux vitrines qui ont été impactées. Je vous dis, ça a été très vite.
La dernière question, vous confirmez qu'il n'y a pas eu de blessés ?
Non, il n'y a pas eu de blessés. Et je vous confirme qu'on est déjà surtout en train de travailler pour retrouver très, très vite les auteurs. On a un certain nombre d'éléments.
On entend que vous avez bon espoir.
On a des vidéos. On a un chemin de fuite. Voilà. Donc, tout ça, il faut en dire le moins possible. Et Mme la procureure de la République communiquera. D'ailleurs, à partir du moment où j'ai prononcé ces mots, moi, je ne m'exprimerai plus sur le sujet. C'est elle qui le fera dans le cadre des investigations en cours.
Laurent Nunez, c'est donc la transition vers une interview du ministre de l'Intérieur pour sa feuille de route. Maintenant, on va parler de vos dossiers à venir. Mais quand même, depuis 2022, je l'ai dit, vous étiez le préfet de police de Paris. Vous avez accepté Beauvau, que vous connaissez puisque vous avez été secrétaire d'État de Christophe Castaner. Alors, Beauvau, c'est un beau fauteuil mais il est éjectable aujourd'hui. La contestation, elle se trouve aussi dans le socle commun chez les renaissances, les LR qui ont porté la réforme des retraites et qui n'avalent pas la suspension aujourd'hui. Que pourriez-vous leur dire ?
Alors, d'abord, deux choses. Je connais le ministère de l'Intérieur surtout parce que j'y ai servi comme haut fonctionnaire. J'ai effectivement été secrétaire d'État mais je crois que j'ai fait tous les métiers au sein du ministère de l'Intérieur, de sous-préfet, de l'action publique territoriale, de la sécurité dans tous les domaines. La lutte contre le terrorisme,
la lutte contre la directrice. Vous avez été patron, on peut le dire, le DGSI, vous avez été préfet de police, on l'a dit.
Préfet de police à Paris et à Marseille. Donc, je connais bien aussi la lutte contre le trafic de stupes, l'antiterreau, le renseignement.
Monsieur sécurité des JO, ça on peut le dire quand même ?
Oui, c'est une...
C'était quelque chose.
On a aussi préparé et j'ai dirigé l'ensemble de la sécurisation des Jeux Olympiques sur Paris et l'Île-de-France, c'est-à-dire 85% des JO et 95% des Jeux paralympiques.
Et là, vous voilà dans le chaudron politique, Laurent Lugnais.
Absolument, j'y viens et me voilà à la tête de femmes et d'hommes que je connais bien, dont je connais les talents, les compétences et j'apprécie évidemment tout particulièrement encore une fois d'être à leur tête. Pour moi, c'est une grande fierté, un grand honneur. Ensuite, sur le volet plus politique de votre question, il y a un compromis, oui, c'est un compromis qui a été fait avec la suspension de la réforme des retraites. Voilà, on vit une période d'instabilité politique qui est importante. il fallait éviter évidemment la censure du gouvernement qui aurait créé une instabilité encore plus accrue avec des risques sur les marchés financiers.
Et donc, il faut le voir comme étant un compromis. Voilà, c'est un compromis politique qui était absolument indispensable pour maintenir la stabilité de notre pays. Et c'est important parce que tout le monde n'en a pas tiré. Je crois qu'il faut qu'on arrête de penser qu'il y a la France et les Français. Il y a plein de choses qui se passent autour de nous. On a un certain nombre d'États qui mènent des actions d'ingérence très poussées. J'ai compris qu'on en reparlera.
Vous n'avez pas envie de parler de politique. Il y a la guerre
qui est à nos portes.
Vous avez envie d'être le technicien de cette équipe gouvernementale.
Vous savez, moi, je suis... Le Premier ministre a souhaité qu'au sein de son gouvernement, il y ait des membres de la société civile qui soient des connaisseurs des techniciens de leur sujet aussi pour faire de la politique mais aussi pour se débrancher des débats partisans dans la perspective de 2027 pour éviter que notre action soit polluée par cette petite musique un peu, je prépare la présidentielle, je dis des choses. Je vais être très clair avec vous. Je serai très politique. Moi, je suis très politique mais j'ai un couloir de nage, il est important et je n'utiliserai pas le ministère de l'Intérieur comme une tribune politique. Moi, quand je m'adresse...
Contrairement à Bruno Retailleau ?
Ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire mais quand je m'adresse aux fonctionnaires, aux fonctionnaires, aux fonctionnaires que je dirige, je ne fais pas un discours politique. Ce n'est pas un programme politique. Je donne... Moi, je suis un homme d'action. Je serai jugé sur des actions et rien d'autre. Et d'ailleurs, à droit constant. On y va. Je ne renverrai jamais sur la nécessaire modification des textes qui me permettront d'agir ou pas. Moi, le Premier ministre et le Président de la République qui me demandent d'avoir des actions maintenant à droit constant avec les moyens que j'ai, avec les moyens qu'on me donne.
Alors justement, parlons des moyens.
Et ça, c'est de la politique. C'est ma prochaine...
Allez chercher du budget, ça, c'est de la politique.
Ça, c'est de la politique. Non, mais de dire aussi que je n'utiliserai pas le ministère de l'Intérieur comme... Je ne l'instrumentaliserai pas mon passage au ministère de l'Intérieur. Moi, je suis le patron. Je vais diriger ce ministère. Je suis le patron des femmes et des hommes de ce ministère. Et je n'ai pas d'autre ambition que de protéger la sécurité de nos concitoyens.
Laurent Nunez, on entend quand même bien un message à Bruno Retailleau. Permettez-nous de l'entendre.
Non, c'est pas un message à Bruno Retailleau. Pas du tout. Voilà, j'ai travaillé avec Bruno Retailleau sur le fond. Je veux bien entendre une rupture de forme. Je vous le conseille. Il y a une rupture de forme. Moi, il y a des mots que je ne prononcerai pas. Mais il n'y a pas de rupture de fond. On va poursuivre la politique qui a été menée par Bruno Retailleau et avant lui, par Gérald Darmanin et avant lui, par Christophe Castaner que j'ai eu l'honneur de seconder au ministère de l'Intérieur. On va poursuivre évidemment cette politique pour la sécurité de nos concitoyens et qui part de très loin. On va y venir.
On va déplier tous vos sujets. D'abord, une question sur les moyens parce que le nerf de la guerre, c'est l'argent à Belmestre.
Oui, il y a beaucoup de questionnements à la base des policiers parmi les agents sur la revalorisation des rémunérations, sur un manque de personnel. Est-ce que vous allez obtenir des augmentations d'effectifs et des primes, des revalorisations financières pour eux ? Il y a une revendication très forte. D'abord, il y a un budget, le budget du ministère de l'Intérieur. Je veux quand même rappeler que depuis 2017, parce que quand je dis qu'on part de loin, c'est bien évidemment ce à quoi je fais allusion. 2017, le budget du ministère de l'Intérieur, il a augmenté, il sera en augmentation de 40% en cumulé. Ce qui est quand même extrêmement important.
Il y a un effort fort qui a été fait pour la sécurité de nos concitoyens qui s'est déjà traduit par des renforts d'effectifs, des renforts de moyens qui, notamment dans la lutte antiterroriste, mais pas que, de présence de voix publiques.
On va en parler. Mais là, cette année, l'envole.
Non, mais pour cette année, évidemment, on poursuit cette augmentation et il y a un certain nombre de priorités. Il y a un certain nombre de priorités pour le budget du ministère de l'Intérieur. Il y a la présence de voix publiques, c'est extrêmement important. On a prévu d'ouvrir un certain nombre de brigades territoriales de gendarmerie sur le terrain, qu'elles soient mobiles ou fixes. Et puis...
Mais en chiffres, pardonnez-moi Laurent Nunez, mais vous dites qu'il y a eu 40% d'augmentation sur votre enveloppe ministère de l'Intérieur depuis 2017. Le budget dans le PLF 2026, il y a combien ? Et ça ne diminue pas. Mais est-ce que ça augmente ? Et ça augmente de combien ?
Non, il augmente. Il augmente encore de 1,6%. Et 2% si on prend les dépenses électorales. On est sur 600 millions d'augmentation.
Vous êtes un des rares rescapés.
Non, je ne dirais pas de la disette. Ce sont des chiffres qui sont annoncés, qui ont été rendus publics. Ils sont dans le dossier de presse. Il y a des priorités, il y a des attentes fortes. Je parlais de la présence sur le terrain, et donc des brigades territoriales de gendarmerie. C'est cette hausse-là qui va aussi permettre d'armer ces brigades. Ça fait combien d'effectifs en plus ? Et puis, vous allez avoir également, et ça, c'est ce à quoi vous faites allusion, il y a une attente très forte des policiers sur la revalorisation de ce qu'on appelle la filière d'investigation judiciaire. C'est-à-dire, voilà, on a un stock de dossiers qui est en attente. Plus de 3 millions. Exactement.
3 millions, tout cumulé, tout service de police confondu. Et puis surtout, il y a une désaffection pour cette filière. Elle est moins attractive qu'elle ne l'a été. Et donc, il y a effectivement un certain nombre de mesures qui visent à la revaloriser. Mais c'est un plan au long terme. Ce n'est pas un plan qui ne va porter que sur 2026. C'est un plan qui va porter sur plusieurs années que j'aurai l'occasion de présenter aux organisations syndicales rapidement. Et le but, c'est de rendre attractive cette filière. Et comment on rend attractive cette filière ? Seulement par la rémunération ? Il y a des éléments de rémunération, mais pas que.
Il y a aussi des éléments d'amélioration de la procédure. Une procédure pénale qui devient extrêmement complexe. Et donc, il y a des éléments numériques de ces procédures, au moins là-dessus. Et on espère évidemment des simplifications de la procédure tout court. Et puis, effectivement, il faut rendre attractive cette filière. Et sur l'organisation de la police, la réforme qui a été menée par Gérald Darmanin est très critiquée, y compris parmi les policiers, mais aussi parmi les magistrats. Est-ce que revenir sur cette réforme, par exemple, c'est une piste que vous avez... Absolument pas. Il n'y aura pas de remise en cause de cette réforme qui a visé à unifier une filière judiciaire.
Il n'y aura pas de réforme, il n'y aura pas de remise en cause ce que vous leur dites aux policiers qui sont critiques de ça. Qui a été initié en 2019, puis remise en place par Gérald Darmanin. Et donc, je sais que Bruno Retailleau avait demandé un audit dont les résultats vont bientôt mettre communiqués, mais il n'y aura pas de remise en cause. Par contre, il y aura des mesures fortes pour revaloriser cette filière. Il faut qu'elle redevienne attractive. Donc, ça porte sur la formation, ça porte sur l'attractivité, qui, évidemment, est aussi financière. C'est quand ? Vous le présentez quand ? Je le présenterai aux organisations syndicales maintenant, dans les semaines qui viennent.
C'est le premier dossier dont les organisations syndicales m'ont parlé. Et c'est, je pense, ce à quoi vous faites très directement allusion. Formation, procédure, attractivité.
On passe à la sécurité du quotidien, si vous voulez bien, Laurent Nunez. Ça, c'était l'investigation. Mais il y a aussi Bruno Retailleau qui vous a laissé un projet tout ficelé avec beaucoup de mesures de fermeté. La prison pour les détenteurs de mortiers d'artifice, pour les organisateurs de rêve-partis, le retrait du permis de conduire pour les rodéos sauvages, les supporters violents jusqu'à deux ans d'interdiction de stade. Est-ce que tout cela, vous le reprenez ?
Bien sûr. Non, mais bien sûr. La sécurité du quotidien, c'est une politique qui est menée maintenant depuis plusieurs années. Bruno Retailleau lui a lancé, a demandé à chaque préfet de bâtir des plans plus précis. Donc, on est allé évidemment plus loin en ciblant, territoire par territoire, ce qu'on appelle les points chauds, les endroits où la délinquance est plus marquée.
Et ça veut dire donc des actions judiciaires de démantèlement de réseau, puisque c'est souvent très lié au réseau et au trafic de stupéfiants, des démantèlements de réseau, une présence de voix publiques, l'implication de tous les acteurs, les associations, les élus, les autres services répressifs, les douanes, les administrations fiscales, financières. Et donc, ce sont des endroits du territoire où on tape fort. Et puis, on sait, et qui ont produit des résultats. la délinquance et notamment les atteintes aux biens continuent de baisser dans notre pays. Évidemment, il faut continuer, il faut continuer à le faire, il faut accélérer le mouvement, mais ça continue à baisser.
Sur les mesures dont vous parlez, effectivement, on a constaté ces dernières années qu'à la fois sur les rodéos, par exemple, il y a une multiplication des rodéos avec systématiquement d'ailleurs des interventions des gendarmes et des policiers qui interviennent systématiquement pour y mettre un terme.
Oui, mais qui se plaignent de voir le lendemain le même jeune sur la même motocyclette.
Ça, c'est un souci. Et donc, il y a effectivement un durcissement des sanctions qui est prévu dans ce texte et je vais le reprendre en lien évidemment avec le garde des Sceaux. On va en discuter. Et puis, il y a d'autres mesures qui sont de nature plus administrative mais qui sont importantes et vous en avez cité une, c'est la suspension du permis de conduire. Suspension du permis de conduire pour celui qui se livre à des rodéos urbains, voire quand c'est un mineur qui n'a pas encore le permis de conduire par définition ou en tout cas qui a moins de 17 ans, l'impossibilité pour lui de le passer pendant une certaine durée.
Et ça, ce sont des mesures qui sont chocs, des mesures qui vont nous permettre de marquer le terrain. Vous avez cité aussi les rassemblements musicaux illégaux. Les rêves. On passerait du contraventionnel au délit actuel, ça deviendrait un délit. On passerait d'un système de déclaration à un système d'autorisation et puis surtout à des sanctions plus lourdes en cas d'organisation de rassemblements
non autorisés. Est-ce qu'il faut, notamment dans le cadre de cette sécurité du quotidien, une extension des pouvoirs des polices municipales ? Je pense notamment au pouvoir de verbalisation pour certains délits comme l'usage de stupéfiants, la vente à la sauvette, l'accès aussi à des fichiers, des moyens de contrôle élargis. Il paraît que le projet de loi il est déjà sur votre bureau.
Oui, alors c'est...
Est-ce que tout est dans les tuyaux et est-ce que ça va être étendu ?
C'est une chose légèrement différente. Donc les mesures dont on a parlé sont des mesures d'ailleurs auxquelles à l'élaboration desquelles comme préfet de police j'ai participé comme le directeur général de la Gendarmerie nationale, comme le directeur général de la police nationale... Mais là on passe mais c'est exactement le mot. C'est un continuum. Ces mesures-là dont vous avez parlé de la sécurité du quotidien elles ont été définies et puis elles vont être discutées maintenant en termes ministériels mais évidemment moi j'ai bien l'intention de les faire aboutir en tout cas de déposer un projet de loi parce qu'elles sont de nature législative avant la fin de l'année.
Puis il y a le projet de loi sur les polices municipales qui vise comme vous l'avez rappelé à considérer que nous avons quelque part une troisième force de sécurité intérieure dans notre pays qui sont les polices municipales. C'est 28 000 agents, 4 500 communes qui ont des polices municipales. 80 % d'entre elles sont armées dont 59 % avec des armes létales.
Il faut étendre leur pouvoir.
Et donc on a besoin en complémentarité de l'action des forces de sécurité intérieure nationale que sont la police et la gendarmerie nationale on a besoin effectivement d'avoir ces polices municipales plus investies dans les missions de salubrité de tranquillité publique et oui il faut étendre leur pouvoir.
Oui ça veut dire qu'il faut étendre leur pouvoir ça veut dire pour qu'ils puissent clairement jouer leur rôle il faut qu'ils puissent constater des délits constater des délits verbaliser notifier des amendes forfaitaires délicuelles c'est ce qui est prévu dans le texte notamment pour les ventes sauvettes les occupations de hauls d'immeubles et pour un certain nombre d'infractions avoir accès à certains fichiers auxquels ils n'ont pas actuellement accès pouvoir procéder à des relevés d'identité voilà tout cela est prévu dans le projet de loi sur les polices municipales et je réponds maintenant très clairement à votre question ce projet est prêt il est prêt
avant les municipales ?
Bien sûr non mais bien sûr l'objectif c'est de le faire aboutir très vite c'est la feuille de route que m'a signée le premier ministre oui bien sûr on les fera aboutir très vite et je pense que sur un sujet comme celui-là je pense qu'on aura un consensus très large très large
question corollaire est-ce que les policiers sont formés pour ça puisque vous leur donnez des compétences complémentaires
alors il y a tout un volet formation évidemment il y a tout un volet formation oui oui des policiers municipaux et encadrement par les autorités locales que sont les préfets et les procureurs est-ce qu'il n'y aura pas une concurrence ? vous parliez de la difficulté que vous aviez à recruter dans la police nationale est-ce que dans les polices municipales où il n'y a pas les mêmes concours où il y a moins d'exigences pour y rentrer est-ce que vous n'avez pas peur que ça attire plus de candidats potentiels pour la police nationale ?
non je pense que tout le monde il y a un équilibre qui va se faire non je n'ai pas de crainte à ce niveau-là d'abord l'exigence pour entrer dans les polices municipales elle est réelle elle existe oui mais elle est moindre que celle de la police nationale c'est d'ailleurs un des domaines qu'on essaie aussi d'alléger dans le cadre du projet de loi et des mesures à venir je ne vais pas rentrer dans le détail mais vous savez qu'un policier national ou un gendarme qui veut rentrer dans une police municipale souvent il est obligé de refaire sa formation arme de redemander un agrément voilà donc tout ça il faut aussi qu'on allège un peu les choses pour que les passages soient plus fluides non il n'y aura pas de concurrence sur le terrain en réalité dans la vraie vie il y a des conventions de coordination entre les polices municipales et la police nationale et la gendarmerie en fonction de la zone de compétence de la commune en question il y a des conventions de coopération de coordination d'échange d'informations donc tout ça fonctionne très bien et je n'ai aucun doute sur le fait que ça fonctionnera encore mieux mais on a besoin de cette force qui va s'occuper de tranquillité publique pourquoi ?
parce que quand il n'y a pas de police municipale efficace qui est-ce qui s'occupe de la tranquillité publique ? Ce sont les policiers nationaux et les gendarmes et ce n'est pas leur job et ce n'est pas leur job voilà je considère que ce n'est pas leur job et qu'eux ils doivent lutter prioritairement contre la délinquance un peu plus sérieuse voilà un peu plus sérieuse mais la tranquillité c'est très important aussi pour nos concitoyens donc c'est important que les polices municipales montent en puissance
La délinquance plus sérieuse c'est le narcotrafic par exemple une loi a été votée au printemps dernier alors sur la situation Bruno Retailleau parlait de mexicanisation de la société est-ce que vous reprendriez ce terme ?
Bruno Retailleau en parlait comme un risque un risque potentiel oui il y a une montée il y a une montée il y a une montée de l'organisation des trafics ces dix dernières années on a bien vu que là où vous aviez des réseaux qui pouvaient être très localisés on était sur la plaque marseillaise et on allait rarement au-delà on restait sur l'agglomération parisienne vous voyez que vous avez une ramification des réseaux qui vont investir maintenant des villes moyennes donc ça c'est quand même c'est quand même inquiétant et puis dans un deuxième temps vous avez aussi des narcotrafiquants qui ont durci leur mode d'action les actions d'assimilation c'est quand même pas le même qu'au Mexique on est d'accord bien sûr que c'est pas le même qu'au Mexique mais il faut éviter ce type de dérive et c'est pourquoi évidemment nous avons maintenant depuis bien des années une action qui est résolue déterminée pour lutter contre les trafics de stupéfiants chaque ministre a apporté évidemment sa pierre à l'édifice
laquelle sera la vôtre ? est-ce que vous allez refaire des opérations place net ?
mais les opérations place net n'ont jamais été interrompues Gérald Darmanin avaient lancé les opérations place net elles ont pris un autre nom une opération place net c'est quoi ? il y a un réseau à un endroit je le démantèle judiciairement c'est important parce que le B.A.B.A. c'est de démanteler les réseaux c'est pas de taper la fonds milieux
on voit ce qu'on entend c'est de dire il y a des opérations place net et puis le temps passe et les dealers reviennent et en fait rien n'a changé
non on démantèle les réseaux il y a des personnes qui partent en détention voilà donc il n'y a plus de réseau et on est présent ensuite sur la voie publique pour qui ne se réimplante pas puis ça arrive qui se réimplante oui et bien on y retourne et on les démantèle et c'est un travail qui va être mené inlassablement et c'est sur quoi je vais évidemment m'occuper maintenant moi sur le narcotrafic vous me posez et d'ailleurs j'ai des exemples très concrets j'en ai donné sur d'autres de vos médias le point de deal qu'il y avait à Lille-Saint-Denis qu'on l'avait démantelé avant les Jeux il a été totalement démantelé il est revenu on l'a redémantelé demander au maire de Saint-Ouen les efforts qui ont été faits d'une offre et pour les clients une facilité d'accès Saint-Ouen c'est pas loin du métro il y avait 7 points d'île il en reste 2 et qui sont très très moribonds au-delà de ces opérations qui sont souvent vues comme des opérations de communication non je vous assure quand vous démentez un réseau quand tous les membres du réseau sont condamnés que vous êtes ensuite présent sur la voie publique et que vous empêchez que le réseau sera implant parce que souvent c'est une autre équipe qui essaie de reprendre au-delà de ça il y a la question des moyens et il y a un an la cour des comptes je vous reprends sur la communication du verbe je suis un ministre des actions et j'agirai pour démanteler des réseaux et faire en sorte que les gens retrouvent une qualité de vie dans les quartiers qui sont parfois gangrénés il y a à peine un an la cour des comptes pointait le manque d'effectifs de l'office national anti-stup pour aller vite est-ce que pareil est-ce que vous allez recruter comment vous allez faire pour doter cet office de force nécessaire je ne veux pas me laisser enfermer dans le débat des effectifs il est important pourtant non mais il manquera toujours des effectifs il manquera toujours des effectifs toujours il faut travailler au décloisonnement à l'échange d'informations c'est ce qu'a fait Bruno Rotaillot et évidemment je vais poursuivre cette politique c'est ce qu'il a fait en matière de lutte contre la criminalité organisée qui est très liée enfin le narcotrafic criminalité organisée c'est un petit peu pareil maintenant les narcotrafiquants ont d'autres formes de délinquance c'est les vols violents c'est la criminalité les séquestrations les enlèvements il a créé à l'échelon national un état-major où vous avez tous les services de police judiciaire de renseignement de tous les ministères les douanes les services de police les gendarmes et qui échangent des informations sur les trafics de manière à pouvoir être en capacité de mieux répondre aux ramifications nationales les enquêteurs d'un département peuvent saisir cet état-major et savoir si il y a la présence de cette équipe contre laquelle ils veulent lutter sur un autre point du territoire national il y a des échanges d'informations en permanence et ça évidemment on va le poursuivre c'est un peu ce qu'on a fait d'ailleurs sur la lutte antitaroriste en 2017 et ça fonctionne et ça fonctionnera aussi pour le narcotrafic
une dernière question sur le narcotrafic
Alix Bouillaguet dans son rapport annuel l'IGPN sonne l'alerte sur les cas de corruption 234 atteintes à la probité soit deux fois plus qu'il y a cinq ans quelles sont les mesures à prendre en urgence est-ce que ça peut passer par une revalorisation des rémunérations par exemple ou est-ce que c'est ça la clé ?
Non non c'est une question de probité oui vous avez raison il y a eu les chiffres que vous donnez je crois que c'est entre 2020 et 2024 c'est inquiétant parce que c'est essentiellement beaucoup de consultations de fichiers c'est-à-dire que ce sont des policiers qui en nombre très marginal infime infime qui peuvent être amenés contre rémunération contre avantage ou avantage en nature à donner un certain nombre d'informations liées aux fichiers qui vont servir aux narcotrafiquants pour l'exercice de leur activité illégale donc c'est inquiétant on lutte en détectant d'abord il faut rappeler évidemment les règles de probité et surtout détecter ces consultations de fichiers et on a plusieurs inspections générales qui travaillent au ministère pour essayer d'améliorer la détection de ces consultations de fichiers qui sont illégitimes mais c'est un signe c'est un signe qui est le phénomène est marginal j'en prends le mot le phénomène est marginal mais c'est un signe par rapport à ce que vous disiez à l'instant sur le risque de mexicanisation en tout cas le risque je ne vais pas en prendre ce terme mais en tout cas le risque d'une montée en puissance dans leurs actions des narcotrafiquants ça c'est un signe qui inquiète c'est un signe qui inquiète ça ne concerne pas là le chiffre que vous citez pour vos éditeurs et téléspectateurs c'est le chiffre de la police nationale c'est le rapport de l'inspection générale de la police nationale mais on a un phénomène que l'on constate aussi chez les douaniers c'est certains agents de sécurité privée et dans d'autres corps de métier et donc pour nous c'est un signe qu'il faut être extrêmement vigilant et très ferme sur ces sujets
on voit ce qui se passe aux Pays-Bas ou en Belgique
Absolument
Laurent Nunez autre chapitre autre dossier dans votre portefeuille c'est l'immigration Sébastien Lecornu a donné une feuille de route c'était mercredi devant le Sénat
Nous avons à construire une politique migratoire claire stable et conforme à nos valeurs la France doit savoir accueillir mais elle doit aussi savoir dire non le défi n'est pas seulement juridique ou administratif il est social et républicain l'intégration n'est pas une option c'est une responsabilité partagée dont on ne parle plus assez dans le débat public de l'Etat des collectivités des entreprises et du monde associatif notre boussole doit être l'efficacité dans le respect du droit et l'équilibre évident entre humanité et autorité
Une première question peut-être sur ce dossier sur les OQTF les fameuses obligations de quitter le territoire français en 2024 140 000 OQTF un petit nombre finalement on le sait de départs effectifs sous la contrainte moins de 7% alors peut-être que vous allez me dire 20% finalement si on additionne les départs aidés les départs spontanés est-ce que vous sur ce dossier vous avez un objectif et un objectif chiffré ?
L'objectif c'est de continuer à augmenter les reconduites coercitives comme on les appelle les reconduites contraintes elles ne cessent d'augmenter dans notre pays moi sur mon périmètre à la préfecture de police lorsque j'étais préfet de police elles ont augmenté de 35% entre 2023 et 2024 c'était 10% au plan national évidemment je vais veiller à ce qu'on continue à augmenter à faire augmenter significativement ces éloignements forcés c'était le cas aussi au plan national et c'est encore le cas au moment où on se parle on est à plus 15-16% donc on va évidemment continuer à les exécuter après il y a des difficultés c'est le sujet des places en centre de rétention administrative donc c'est pas voilà donc il faut qu'on maintenant que je qu'on s'attelle à mettre en place le plan 3000 places en CRA en centre de rétention administrative et puis il y a aussi avec certains pays vous le savez des problèmes d'obtention de laisser passer pour pouvoir reconduire les personnes et ce qui fait que dans l'ECRA il y a des engorgements il y a des bouchons c'est-à-dire là où normalement en centre de rétention administrative ça n'est qu'un point de passage avant d'être reconduit vous avez des personnes qui restent très longtemps
40% d'Algériens en centre de rétention
une question d'Alix Boujou
notamment oui effectivement justement il y a 40% d'Algériens
sur l'Algérie moins de 5% des obligations de quitter le territoire français visant des Algériens sont réellement appliquées chaque année l'Algérie continue vous venez de le dire de refuser l'accès à son territoire pourquoi ne pas dire et bien écoutez un visa égale un OQTF repris est-ce qu'il ne faut pas durcir le ton ?
Oui alors la discussion avec l'Algérie de toute façon il faudra qu'à un moment il y ait un bouger aussi dans les discussions moi je suis ministre de l'Intérieur ma préoccupation c'est la sécurité de nos concitoyens je comprends que la tension qu'il y a actuellement avec l'Algérie fait qu'on n'a plus de relation sécuritaire avec eux d'échange sécuritaire je peux vous dire que pour un ministre de l'Intérieur c'est un problème c'est un gros problème voilà donc il faudra forcément qu'il y ait un bouger là-dessus et puis l'autre difficulté ça veut dire quoi c'est un gros problème mais il faudra à un moment qu'on reprenne le dialogue avec les Algériens sur les questions de sécurité et d'échange d'informations on parle attendez je vous parle d'antiterrorisme je vous parle d'antiterrorisme on parle de narcotrafic à un moment il faut que donc il faudra et en tout cas moi je veillerai je ne sais pas comment mais je veillerai en tout cas à ce qu'à un moment on reprenne langue évidemment à un niveau technique à un niveau sécuritaire mais ça me paraît important M.
Nunez
on a l'impression qu'on est perdant-perdant c'est-à-dire qu'ils ne reprennent pas les OQTF et en même temps on n'a pas d'informations sur le renseignement
oui mais en tout cas il faut que ça bouge et puis en même temps il faudra évidemment qu'on ait de nouveau la reprise du flux des laissés-passer
comment il faut que ça bouge
vous avez appelé votre homologue je n'ai pas appelé mon homologue que la chose soit claire je n'ai pas appelé mon homologue ça relève aussi du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères je vais en discuter avec eux voilà en tout cas moi comme ministre de l'Intérieur en charge de la sécurité mais à la fois par rapport aussi je parlais d'antiterror d'échanges sécuritaires avec les services de renseignement de ce pays mais ça vaut aussi évidemment pour les laisser passer vous savez de rétention administrative bon les personnes que nous plaçons en centre de rétention administrative et ça c'est une instruction que nous avions reçue de Gérald Darmanin en août 2022 elles n'ont pas été remises en cause ces instructions je vais évidemment les poursuivre nous les plaçons les personnes qui sont les plus dangereuses vous essayez de rattraper ce que Bruno Rotaillot a défait c'est ça ?
vous êtes en train de recoudre le lien qui a été défait pendant un an ? je vous parle de ce qui se passe dans l'écran dans l'écran il faut que vos téléspectateurs vos éditeurs comprennent qu'on a les individus les plus dangereux bon on a 40% d'Algériens effectivement
dans les centres de rétention administrative
qui restent plus longtemps donc qui restent plus longtemps dans les centres de rétention administrative et donc il y a moins de fluidité dans les reconduites elles augmentent quand même c'est tant mieux mais elles pourraient augmenter beaucoup plus s'il y avait une fluidité qui s'installait donc je ne suis pas en train de défaire ce que je ne suis pas en train de refaire enfin utilisez le mot que vous voulez en tout cas moi je considère qu'il faudra qu'il y ait un bouger
est-ce que ça n'est pas en train d'arriver est-ce que là on a vu l'ambassadeur de France en Algérie assister à Paris à une commémoration en mémoire des victimes du 17 octobre 1961 c'était la demande de l'Elysée est-ce que le bouger que vous désirez en fait il n'est pas justement en train de se produire est-ce que c'est un geste c'est ce que dit notre confrère du Figaro
interpréter cela comme vous voulez c'est vous qui êtes
numéro 2 du gouvernement monsieur Lignes
sur la branche sécurité en tout cas moi dans mon domaine de compétence je considère qu'il faudra qu'il y ait un bouger à un moment ou à un autre voilà je ne peux pas dire les choses plus clairement y compris comme numéro 2 du gouvernement vous avez dit que c'est quand même déjà pas mal ce que je viens de vous dire
c'est un gros bouger est-ce qu'il faut aller plus loin renégocier l'accord migratoire de 68 entre la France et l'Algérie c'est ce que préconise un rapport parlementaire qui est sorti cette semaine et qui est notamment signé par Mathieu Lefèvre Mathieu Lefèvre aujourd'hui il est au gouvernement donc est-ce que vous dites oui il faut le renégocier
je ne me prononce pas sur cet accord je ne me prononce pas il fonctionne il n'est pas complètement parfait ça je vous le concède mais voilà pour l'instant ce n'est pas à l'ordre du jour voilà ce rapport il faut qu'on l'étudie il faut qu'on le regarde il est paru cette semaine je le dis pour vos auditeurs et vos téléspectateurs n'attendez pas de moi une position immédiate sur ce sujet sur ce rapport dont je n'ai pas encore pris connaissance
tout ceci alors que Boilem Sansal et Christophe Glez le journaliste sont encore dans les présents
c'est aussi un sujet mais sur l'immigration par rapport à ce que vous dites je reviens sur ce que vous disiez monsieur mais moi j'aurais la même fermeté que Bruno Retailleau sur l'immigration il ne faut pas se tromper mon but ce sera d'avoir des OQTF exécutés c'est de mieux appliquer la loi qui a été que Gérald Darmanin a porté en janvier 2024 pour mieux contrôler l'immigration et de retirer aux étrangers en situation régulière leur titre quand ils commettent des actes délictueux importants je vais appliquer la même politique je ne vais pas revenir sur la circulaire de Bruno Retailleau sur l'admission exceptionnelle au séjour je vais rester très ferme comme je l'ai toujours été d'ailleurs comme haut fonctionnaire sur ces sujets pourquoi ?
parce que je considère que le vivre ensemble c'est respecter les valeurs de la République il faut que nous appliquions la légalité à tous les étages et il faut le faire pour la protection d'une grande majorité de nos concitoyens donc concitoyens qui sont d'origine étrangère et qui demandent cette fermeté mais qui dans le même temps peuvent être blessés heurtés par l'emploi d'un certain nombre de mots et ces mots là vous ne les entendrez jamais dans ma bouche moi j'ai grandi dans les quartiers nord de Bourges à la chancellerie au Gimjon qui sont deux quartiers populaires et je n'ai connu que la diversité je n'ai connu que la diversité voilà donc mais dans le respect des valeurs de la République par contre je serai intraitable avec ceux qui ne respectent pas les valeurs de la République c'est vrai pour l'immigration illégale et c'est vrai aussi pour l'islam politique
et les menaces extérieures Laurent Nunez c'est le dossier sur lequel je vais vous faire aller à présent des étoiles bleues des mains rouges les têtes de cochons déposées devant les mosquées en Ile-de-France nous savons que nous sommes la cible d'ingérence étrangère à six mois des municipales où en est-on de cette menace on voit aussi des faux sites d'information de presse quotidienne régionale mais en fait complètement fake
oui oui c'est ce qu'on appelle les guerres hybrides c'est ce que je pense que c'est ce qu'il faut bien expliquer c'est maintenant actuellement c'est la guerre que nous livrent certains états avec les moyens qui ne sont pas les moyens classiques les moyens conventionnels on ne se fait pas la guerre il n'y a pas d'échange d'artillerie mais il y a des actions qui sont menées sur notre territoire qui sont des actions d'ingérence ce sont celles que vous avez citées des actions comme les mains rouges le fait de taguer toute une nuit dans Paris
mais ça se renforce est-ce que vous voyez là oui oui ça se renforce
mais bien sûr ça se renforce ça se renforce et les services de renseignement y travaillent pour établir des liens avec des pays commanditaires et le but évidemment c'est de nous déstabiliser c'est-à-dire c'est d'insuffler dans le débat politique français des thèmes qui nous divisent c'est toujours la même chose ce sont toujours des thèmes qui nous divisent c'est les têtes de cochons qui sont déposées devant des mosquées c'est un acte abominable et ça vise à quoi à nous diviser à nous diviser à lancer des débats c'est les atteintes ignobles qui ont été portées à plusieurs sites de la communauté juive les mains rouges sur le mur de la Shoah et tout ça ça vise à lancer des débats à nous diviser en permanence puis il y a l'information vous avez raison on est victime de guerre de désinformation en permanence via les réseaux sociaux avec soit des comptes qui sont utilisés par des acteurs étrangers pour diffuser en masse des fausses informations et voir comme vous venez de le citer à l'instant des faux sites de médias classiques qui vont diffuser des informations sur ce qui se passe en France il les diffuse à l'étranger ou au sein du territoire national et ça peut un certain nombre de personnes peuvent se laisser séduire par ces informations qui sont mensongères vous alertez les français et qui visent là encore
un mot un mot rapidement sur juste un autre dossier quatre hommes originaires d'Agestan ont été écroués vendredi ils étaient soupçonnés ils sont soupçonnés d'avoir le projet d'éliminer un opposant russe qui vit à Biarritz qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ce dossier ?
là-dessus donc ça c'est autre chose on a parlé d'Agestan
c'est une réalité
c'est voilà vous avez aussi un certain nombre d'états qui essaient de contrôler voire d'éliminer leurs opposants je ne dis pas ce qui s'est passé dans cette affaire je suis prudent c'est une affaire qui a été rendue publique mais qui évidemment n'aurait pas dû l'être il y a le secret de la défense nationale qui protège toutes ces affaires mais il est certain qu'un certain nombre d'états s'intéresse à leur opposition sur le territoire national et de près et par des actes d'abord des actes de suivi c'est de savoir comment ce qu'ils font et donc ils sont suivis par les services de renseignement des états étrangers sur notre territoire ils s'intéressent à ce qu'ils font ça peut aller jusqu'à des actes d'intimidation et parfois des tentatives d'élimination et c'est très sérieux c'est arrivé enfin dans d'autres pays c'est arrivé dans des pays européens il y a eu des éliminations d'opposants politiques par des états étrangers et donc ça c'est le travail remarquable que fait la direction générale de la sécurité intérieure pour empêcher ces actions
Une question avant de passer à votre portrait à trois questions de portrait Laurent Nunez à propos des drones on a vu la pagaille là sur l'aéroport de Munich les drones dont on pense qu'ils viennent également de Russie est-ce que nous nous sommes bien protégés est-ce que Roissy est bien protégé ?
On a les moyens de détecter les drones évidemment alors vous avez
ça peut nous arriver ou pas
bien sûr vous avez des drones qui aient des tentatives bien sûr mais nous nous avons aussi des moyens de détection et de neutralisation des drones vous avez deux types de drones vous avez les drones militaires qui sont des drones d'assez haut niveau qui volent très haut qui sont quand même qui sont détectés par le ministère des armées c'est les armées et puis autour des aéroports vous avez aussi des systèmes de détection qui sont développés d'ailleurs par aéroports de Paris à Paris et puis les forces de police de gendarmerie sont également dotées
nous sommes vigilants mais ça peut arriver
ça peut arriver nous sommes extrêmement vigilants et nous sommes surtout dotés des moyens adéquats c'est ça aussi qu'il faut comprendre nous sommes dotés des moyens adéquats de détection de neutralisation
Le ministre de l'Intérieur est l'invité de Questions Politiques on va tenter de mieux vous connaître Laurent Nunez France Inter Alexandra Ben Saïd Questions Politiques
Ce que je vous propose c'est de trouver un chemin commun malgré les divergences le gouvernement proposera nous débattrons vous voterez là encore une rupture
On vient de vous entendre à l'instant vous lisiez la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu devant les sénateurs vous le faisiez parce que vous êtes on le signale le numéro 2 du gouvernement alors que lui-même se tenait au même moment devant les députés que de chemin parcouru et vous rêviez si je ne m'abuse d'être commissaire de police vous avez rêvé d'attrir à Beauvau la dernière fois puisque vous avez pensé plusieurs fois avoir le job si je puis dire la dernière fois c'est Bruno Rataillot qui vous a un peu coupé l'herbe sous le pied vous êtes aujourd'hui plutôt considéré par certains comme un ministre de gauche votre style ça va être une rupture avec le style Rataillot
une rupture dans la forme oui certainement je n'aurai pas de mots blessants je ne vise pas à diviser la société voilà c'est que les choses soient claires il y a des mots que je n'utiliserai pas quand vous convoquez le débat sur l'assimilation je ne le ferai jamais l'assimilation c'est certes un mot qui existe dans le code civil mais vous renvoyez forcément ça au débat intégration versus assimilation moi je crois à l'intégration on s'intègre parce qu'on respecte les règles des valeurs républicaines moi je n'ai connu que ça dans ma vie personnelle je pense que c'est ce que je veux pour mon pays mais attention intraitable avec ceux qui ne respectent pas les valeurs de la République
alors sur le fond justement rupture sur les cils on l'a vu sur le fond deux jours avant son départ du ministère de l'intérieur Bruno Rataillot a signé un arrêté pour durcir l'examen civique pour les étrangers voulant devenir français vous qui êtes issu d'une famille d'origine espagnole émigrée en Algérie avant de revenir en métropole d'approuver ce durcissement du questionnaire pour les candidats à la naturalisation
je ne le remettrai pas en cause oui je ne le remettrai pas en cause je pense que rejoindre le territoire national dans un cadre légal c'est quelque chose de beau de magnifique et oui il faut quand même avoir un niveau une capacité à s'intégrer réelle et quand ça n'est pas le cas on doit y mettre un terme je ne reviendrai pas sur ces dispositifs je vous dis il n'y a pas de rupture de fond que les choses soient claires il y a des ruptures de forme et je pense que nos concitoyens comprennent qu'on soit dur et intraitable avec tous ceux qui ne respectent pas les lois et qui ne veulent pas s'intégrer et qui ne veulent pas s'intégrer et ne pas observer respecter les valeurs de la république parmi lesquelles une des premières c'est la laïcité et j'y suis par mon parcours personnel très attaché
dur et intraitable vous êtes effectivement vous préconisez plutôt l'offensive dans vos méthodes notamment pour aller au contact mais vous qui avez assisté à la chute de Christophe Castaner en 2020 qui avez été coupable d'avoir braqué les syndicats en évoquant la suspension de policiers en cas de soupçon avéré de racisme je rappelle qu'à l'époque il était ministre de l'intérieur vous étiez son secrétaire d'état on a l'impression que vous avez pris un peu le contre-pied c'est à dire que pour durer vous ménagez et calinez les troupes notamment les syndicats
non c'est faux ça a toujours été ma position c'est pas moi qui ai prononcé les mots que vous dites c'est pas moi qui ai prononcé les mots dont vous parlez de Christophe Castaner si vous m'entendez à l'époque
je ne dis pas que c'est vous je dis juste que lui avait braqué les syndicats et que vous vous construisez un peu en opposition
je ne me faites pas un procès d'essayer de me faire tel que je ne suis pas j'ai toujours soutenu la police toujours la police et les gendarmes je sais qu'ils travaillent dans des conditions difficiles je sais que la moindre intervention dans des quartiers difficiles
il n'y a pas de violence policière
y compris sur des violences conjugales dans des quartiers ils sont pris à partie encore cette nuit ça s'est produit ils sont obligés de se dégager avec des moyens intermédiaires je sais la difficulté du métier et je suis j'ai toujours été c'est l'histoire de ma vie d'avoir été toujours en soutien des policiers et des gendarmes et en même temps évidemment ça doit se faire dans un cadre de déontologie la riposte doit être proportionnée mais il y en a marre de ces élus de la république parfois qui diffusent des petites capsules des petites vidéos où on ne voit qu'un bout d'une action on ne voit pas ce qui s'est passé avant on ne voit pas ce qui se passe après j'en ai marre regardez ce député qui m'en veut d'ailleurs manifestement beaucoup puisqu'il me traite d'être un artisan des contrôles enfin un partisan des contrôles au faciès ce qui n'est évidemment pas le cas qui a dénoncé des violences policières alors même que les policiers dont j'avais la charge à l'époque étaient en train d'interpeller un dealer qui a d'ailleurs par la suite été condamné voilà j'ai toujours défendu la police je ne me suis jamais positionné sur ce registre pour m'acheter vous savez je les ai dirigés moi j'ai d'abord été un opérationnel j'ai dirigé des actions de police c'est moi qui les envoie au charbon j'ouvre les guillemets donc je n'ai jamais eu cette posture et c'est me faire un bien vilain procès jamais jamais j'ai toujours été en soutien toujours et c'est pas à des fins intéressés c'est vraiment ce que j'ai au fond des tripes
Laurent Nunez on vous a demandé de venir avec une carte blanche c'est à dire un plaidoyer un fait sur lequel vous voulez braquer les projecteurs vous nous avez dit l'ultra-violence
oui parce que c'est un oui en une minute
si je vous donne une minute
ultra-violence des jeunes pourquoi ultra-violence des jeunes on voit la délinquance des mineurs elle reste à peu près stable mais on les voit impliqués dans de plus en plus d'actions extrêmement violentes des vols violents des cambriolages des home jacking cambriolages à domicile avec séquestration et ce sont de plus en plus des mineurs qui sont instrumentalisés par d'autres et ça c'est une préoccupation pour moi parce que pour nous pour les effectifs dont j'ai la responsabilité comme ministre de l'Intérieur il n'y a pas d'excuses de minorité et nous on interpelle tout le monde mais maintenant après il faut qu'on revoie la réponse judiciaire et ce n'est pas les magistrats qui sont en cause moi je ne dirais jamais mais ça ce sont les règles qu'ils appliquent je crois qu'il faut que maintenant on ait des peines courtes et vite rapides et puis surtout qu'on s'interroge collectivement collectivement sur comment des gamins de 15-16 ans en arrivent à faire ça maintenant là on parle de français ils sont nés en France comment ils en arrivent à faire ça maintenant ça pose un problème d'autorité parentale d'implication des élus des associations de la justice je viens de le dire c'est pas que le problème de la police malheureusement nous sommes les fonctionnaires dont j'ai la responsabilité sont un peu les seuls face à ce problème et l'ultra-violence oui des jeunes ça m'inquiète énormément et je prendrai évidemment des initiatives à commencer par à commencer par aboutir sur la stratégie de la prévention la stratégie nationale de la prévention de la délinquance sur laquelle ne l'ombreau ministre a travaillé dont Bruno Retailleau et François-Noël Buffet
on en arrive exactement à une bonne transition pour l'état de droit sur lequel vous vous questionnez à Belmestre
oui alors votre prédécesseur Bruno Retailleau dès sa prise de fonction quelques jours après avait dit dans un entretien que pour lui l'état de droit n'était ni intangible ni sacré est-ce que vous êtes d'accord avec lui ou est-ce que c'est une autre de vos ruptures de forme peut-être de fond cette fois-ci ?
je pense que c'est une rupture de forme c'est la façon dont on dit les choses il ne faut pas confondre l'état de droit et l'état du droit il y a l'état du droit il y a des normes qui s'appliquent qu'il faut évidemment pouvoir qu'il faut évidemment pouvoir modifier et il y a des modifications qui sont indispensables je viens de l'évoquer avec la les sanctions pénales qui pourraient être appliquées aux mineurs le droit on le fait évoluer en permanence c'est l'état du droit puis il y a l'état de droit entendu alors on peut l'entendre comme étant l'état du droit mais il y a une autre définition l'état de droit c'est un système politique c'est une constitution c'est en moins une hiérarchie des normes c'est des droits des droits qui limitent la toute puissance de l'état une égalité de droit et puis c'est la séparation des pouvoirs c'est la séparation des pouvoirs voilà donc mais l'état du droit oui il peut bouger oui il doit bouger je comprends que ce sera d'ailleurs un des débats de la présidentielle de 2027 sur une modification de certaines dispositions constitutionnelles ça peut rentrer dans le débat sur l'état du droit Eric Dupond-Moretti l'ex-garde des Sceaux pour décrire la politique pénale depuis son départ il y a un an dit qu'il y a une dérive sécuritaire est-ce que vous entendez ce qu'il dit ?
non je ne suis pas d'accord avec monsieur Dupond-Moretti il n'y a pas de dérive sécuritaire ça doit s'entendre la dérive sécuritaire ça veut dire qu'il y a des textes qui sont c'est deux choses la dérive sécuritaire c'est le comportement des policiers et des gendarmes sur le terrain et puis c'est les textes qu'on applique je crois qu'il faut maintenant mettre à niveau nos textes et notamment nos textes répressifs au niveau au niveau de la délinquance et quand je dis nos textes répressifs ça ne n'est pas que les sanctions je pense aussi aux capacités d'investigation des forces de l'ordre il faut se remettre à niveau en termes de techniques de renseignement il faut pouvoir avoir accès à d'autres types de communication aller plus vite dans l'utilisation de l'intelligence artificielle pour trier des données pour aller plus vite donc il faut c'est ça ça peut s'appeler dérive autoritaire mais il faut durcir notre appareil répressif c'est évident et puis ensuite il y a la façon dont les policiers et les gendarmes travaillent sur le terrain elle est tout à fait républicaine elle est toujours proportionnée je ne parlerai jamais de dérive sécuritaire regardez les manifestations vous sembliez parler de moi tout à l'heure en disant que dans les manifs j'avais montré que j'étais dur parce que j'allais au contact je demandais aux effectifs d'aller au contact je ne changerais pas comme ministre de l'intérieur mais vous oubliez de dire que toute la stratégie que j'ai adoptée pendant trois ans et demi à la préfecture de police et j'aurais la même comme ministre de l'intérieur c'est de prendre un peu de distance avec les manifestants et de n'intervenir que quand ils commencent à commettre des dégradations et des violences de manière à éviter à ce que l'on nous accuse et on ne m'accusera pas comme ministre de l'intérieur de faire dégénérer des manifestations je suis le garant de la liberté de manifester et c'est ce à quoi je vais m'employer Justement il y a peu de temps il y a quelques années quand même un syndicaliste policière avait dit que le problème de la police c'était la justice est-ce que vous trouvez qu'il a raison ou est-ce que vous trouvez que ce n'est pas normal qu'un syndicaliste policier dise ça ?
D'abord il est libre de le dire c'est quelqu'un que je connais bien vous imaginez qu'avec mon parcours je connais tous les syndicalistes je connais de nombreux fonctionnaires aux fonctionnaires de police militaire de la gendarmerie je le connais bien c'est un interlocuteur important pour moi mais il sait que je ne partage pas cela ou je le reformule différemment je le reformule que le problème de la police c'est aussi le problème de la justice c'est qu'il faut qu'on ait des textes qui soient plus répressifs les magistrats ils sont juste là pour appliquer des textes et si vous n'avez pas la possibilité de condamner les gens à des sanctions les délinquants à des sanctions qui correspondent à la gravité de leurs actes c'est aussi un problème pour eux voilà c'est aussi un problème pour eux
certains syndicats d'avocats de magistrats dénoncent des interpellations qui seraient un petit peu sans fondement vous vous dites qu'il n'y a pas d'interpellation préventive mais parfois il y a des gardes à vue et beaucoup de procédures qui sont classées sans suite qui montrent bien que l'infraction n'est pas caractérisée dans nombre de cas
oui alors ça c'est ce que disent les avocats qui viennent en défense des personnes qu'on interpelle ça c'est surtout dans les manifestations les cortèges chauvages que les éditeurs et les spectateurs comprennent bien il y a la défenseur des droits aussi qui va sur ce terrain oui on interpelle parfois des individus alors c'est pas des individus qui manifestent paisiblement c'est des personnes qui se cagoulent qui renversent des poubelles et essaient de dégrader des vitrines et puis on interpelle tout un groupe d'individus et on les poursuit pour associations constituées en vue de commettre des violences bon donc il y a des placements garde à vue de ce fait et puis après il faut établir que les personnes étaient bien impliquées etc et donc ça explique qu'il y a moins il y a moins de poursuites au final donc on y veille de plus en plus on a développé des outils qui permettent de mieux caractériser ce qu'a fait le groupe etc mais c'est jamais ces interpellations elles n'ont jamais lieu dans le cadre de manifestations paisibles c'est du maintien de l'ordre ce sont aussi des gens qu'on sort de la voie publique parce qu'ils commettent des exactions après les suites judiciaires bon ben il arrive ce qu'il arrive les critiques arrivent mais moi je suis là pour maintenir l'ordre je vais bien continuer comme ministre de l'intérieur
Laurent Nunez dernière minute de l'émission je vous propose un vrai faux je donne des affirmations vous répondez par vrai ou faux et ça va très vite vous préférez l'OM au Real Madrid vrai ou faux ?
non pas du tout je suis supporter de l'OM et c'est faux c'est faux je supporte les deux
c'est le dé sur le N de Nunez et vous y tenez
j'y tiens énormément
vous êtes le premier flic de France à l'origine vous étiez inspecteur des impôts
absolument
la chute du gouvernement Lecornuin les préfets avaient oui reçu la consigne de se préparer à des législatives anticipées les 16 et 23 novembre vrai ou faux ?
non non non c'est faux il y avait eu des c'est faux
après le gouvernement une carrière politique à Bourges votre ville de naissance ça vous tenterait vrai ou faux ?
c'est vrai mais quand tout sera fini vraiment quand tout sera fini
vous avez proposé que le préfet des Hauts-de-France Bertrand Gaume vous succède à la préfecture de police de Paris vrai ou faux ?
c'est faux
le jour de l'incarcération de Nicolas Sarkozy à la santé ce sera mardi ses fils Pierre et Louis appellent à un rassemblement dans le 16ème vous avez déjà prévu le dispositif de sécurité vrai ou faux ? c'est vrai votre directeur de cabinet est une directrice c'est la première fois à Beauvau c'est vrai merci Laurent Nunez d'avoir répondu aux questions à toutes les questions de questions politiques un excellent dimanche à tous
Laurent Nuñez