La majorité se déchire en attendant le futur Premier ministre - Reportage #cdanslair du 09.10.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Hier soir, le Premier ministre a estimé qu'il fallait bien rouvrir le débat. Des noms circulent depuis ce matin de nouveau en coulisses. - Derrière les murs de l'Elysée, une longue journée de réflexion et encore quelques heures d'attente pour mûrir un choix.
Quel Premier ministre? Quels accords? Avant demain soir, le président dévoilera un nom après avoir chargé l'éphémère Premier ministre Lecornu de consulter une fois encore toutes les forces politiques. - S.Lecornu: L'équipe qui devra prendre les responsabilités dans les temps à venir, quel que soit le choix du président de la République, devra être une équipe complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027.
La situation est déjà suffisamment difficile. Il faut qu'on ait une équipe qui décide de se retrousser les manches et de régler les problèmes du pays jusqu'à la présidentielle et, c'est légitime, des équipes pour un beau débat démocratique qui se prépare à la présidentielle 2027. - Et voilà esquissé le portrait-robot du futur Premier ministre et du gouvernement.
Sans appétit pour 2027, cela en exclut quelques-uns. Certains noms circulent parmi ceux qui pourraient parler à la gauche jusqu'au centre droit. J.-L.Borloo, qui dément tout contact avec l'Elysée... - P.Kanner: Est-ce qu'E.Macron est prêt à entrer dans une forme de cohabitation avec quelqu'un qui lui dirait qu'il n'a rien à lui proposer, sauf à changer le pays de fond en comble?
C'est la volonté d'un J.-L.Borloo.
J'aurais plutôt envie de dire "chiche", mais quoi qu'il arrive, ça ne remplace pas notre volonté initiale de gouverner ce pays. - La gauche y croit et les prétendants se positionnent. - M.Tondelier: On ne peut pas faire de la politique, être à un moment où l'hypothèse d'un Premier ministre de gauche ou écologiste n'a jamais été aussi proche, et ne pas y aller. - Poussé par des déclarations inattendues... - E.Dupond-Moretti: A droite, on a essayé avec Barnier.
On a essayé au centre. S.Lecornu n'est pas un homme de gauche.
Il faut aller, de mon point de vue, je ne suis mandaté par personne pour dire ça...
Il faut aller à gauche. - Au sein du gouvernement démissionnaire, la ministre de l'Education, ancienne Première ministre, a proposé mardi de ne plus faire de la réforme des retraites un totem. Réforme qu'elle-même avait mise en oeuvre. - E.Borne: Je n'ai pas dit qu'il fallait bazarder la réforme des retraites.
J'ai dit précisément qu'il fallait examiner les modalités et les conséquences concrètes d'une suspension de la réforme jusqu'au débat qui, de toute façon, interviendra dans le cadre de la présidentielle. - Coup de tonnerre pour les députés macronistes et réactions fiévreuses au sein des messageries communes. ...
A droite, la suspension évoquée de la réforme ne passe pas non plus. Au cours d'une nouvelle réunion de crise hier soir en visio, le président des Républicains voit rouge. ...
Quelle pourra bien être la position du RN, pourtant fervent défenseur de l'abrogation de la réforme des retraites? Depuis hier, la ligne officielle reste la censure. - S.Chenu: On en est au 3e depuis M.Barnier.
Ils peuvent nous en présenter 10 à la suite et on va les censurer. - Même un Premier ministre apolitique, technique? - S.Chenu: Ca n'existe pas. - R.Badinter, ancien garde des Sceaux, entre au Panthéon ce soir, 44 ans après l'abolition de la peine de mort.
E.Macron évoquera sans doute la sagesse d'un homme et le poids de l'histoire, en pleine crise politique. - C.Roux: On peut s'en féliciter?
Ce sera une parenthèse de concorde nationale autour de la figure de R.Badinter? - J.Fourquet: Même s'il y a eu cette affaire avec la profanation de sa tombe.
On voit comment le président de la République essaie de se ménager des moments de respiration. Il a beaucoup misé sur les commémorations, les grands rassemblements internationaux, durant ses mandats. Malheureusement pour lui, le réel se rappellera très rapidement à sa personne.
On a toujours cette alchimie très compliquée. Il faut être jésuite ou très pointu en termes de vocabulaire pour comprendre les subtilités des uns et des autres. - C.Roux: On a parfois du mal. - J.Fourquet: Les suspensions, ça veut dire retraite...
Jusqu'au débat, ça veut dire jusqu'à la présidentielle? On essaie de gagner du temps. Les oppositions font monter les enchères.
Elles savent que ceux qui vont accepter de rentrer dans un gouvernement vont devoir payer l'addition aux municipales. - C.Roux: Question.
L'hypothèse de J.-L.Borloo, depuis qu'on change de Premier ministre tous les 15 jours, à chaque fois, ce nom revient.
Pourquoi il apparaît dans le jeu politique comme une figure qui pourrait rassembler? - S.Pierre-Brossolette: Il a été l'auteur d'un rapport sur la politique de la ville qui était assez malin.
Lui-même a donné des preuves de son savoir-faire chez lui, à Valenciennes. Il avait été missionné par le président de la République pour proposer un plan très ambitieux tué dans l'oeuf le jour même par le président de la République, vexant horriblement J.-L.Borloo.
C'est un centriste humaniste, J.-L.Borloo.
Il est écologiste, plus très macroniste depuis cette mésaventure. Il peut apparaître comme un Bayrou en plus efficace sur le centre de l'échiquier politique, donc pas un urticant pour la gauche. Mais la gauche ne demande pas quelqu'un de tolérable dans le socle ex-commun, mais quelqu'un de gauche, et que ce soit O.Faure, le premier secrétaire.
Ils veulent les retraites et le gouvernement. - C.Roux: On a entendu parler de P.Moscovici, de B.Cazeneuve...
Ca fait partie des noms qui reviennent systématiquement dans le débat politique parce que ce sont des personnalités respectées. - S.Pierre-Brossolette: Ce sont des noms honorables, capables.
O.Faure n'a qu'une idée en tête: être lui-même à Matignon parce qu'il pense à la présidentielle, à la concurrence avec J.-L.Mélenchon.
Il a bien expliqué que c'est comme ça qu'il serait le meilleur garant de l'application d'un accord sur les retraites. Il craint encore une embrouille. Tant que le débat arrive vraiment à l'Assemblée sur la retraite, qu'est-ce qui peut se passer?
Il y a une majorité pour l'abroger. - C.Roux: L'abroger ou la suspendre? - S.Pierre-Brossolette: Ca revient au même.
Si on dit qu'on supprime la mesure d'âge, c'est un peu une abrogation de 64. Jusqu'à la présidentielle, on verra qui reprendra après. On peut toujours faire jouer l'article 40 en disant de ne pas voter des mesures qui coûtent de l'argent sans compensation.
Après, il faut trouver la compensation. C'est le gouvernement qui peut dire s'ils peuvent mettre une compensation ou pas. Il y a une méfiance terrible chez les socialistes.
C'est pour ça qu'ils veulent les rênes du gouvernement pour eux-mêmes. Ils se disent que si c'est quelqu'un d'autre, ils vont se faire avoir au tournant. - C.Roux: Dans le débat, on voit qu'il y a une partie de la classe politique qui dit: "Le coût de l'instabilité politique est énorme." E.Borne dit que la crise et l'instabilité politique vont coûter des milliards.
Ca a même été chiffré. En gros, ça coûte plus cher, l'instabilité politique, que de suspendre la réforme des retraites. Ce débat a du sens? - G.Macke: Sur un plan comptable, il a du sens, même s'il faut regarder de plus près.
C'est assez difficile de chiffrer le coût de l'instabilité politique. C'est assez multifactoriel. Est-ce qu'on intègre là-dedans l'idée que la consommation est atone?
Elle serait de combien sans instabilité politique? - C.Roux: L'OFCE parle de 15 milliards. - G.Macke: Les entrepreneurs sont attentistes. 15 milliards, mettons...
Si on suspendait la réforme des retraites, c'est-à-dire qu'on n'abrogerait pas ce qu'elle a déjà fait, mais on arrêterait à 63 ans. Ca avait été chiffré dans un scénario de la Cour des comptes, en préparation du conclave. En gros, pour l'ensemble des finances publiques, ça coûterait 13 milliards d'euros par an à partir de 2035.
Qu'est-ce qu'il y a dans ces 13 milliards? Le fait qu'il y aurait moins de cotisations sociales puisque les gens travailleraient moins. Il y aurait plus de prestations de retraite, de pensions de retraite, et il y aurait
Sébastien Lecornu