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interviewSud Radio· 28 mars 2026 24 min

Patriarcat : "Quasiment 90% des femme ont été agressées dans les transports"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La Caisse d'épargne [musique] île de France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio [musique] Parlons femmes, Judit Beller. Parce que chaque femme qui s'impose fait avancer, les autres parlons femmes sur Sud Radio, c'est maintenant. Bienvenue les amis.

À l'heure où le mouvement Mythou a profondément bouleversé notre rapport aux violences faites aux femmes, une question reste souvent dans l'angle mort. C'est la celle de la place des hommes dans ce combat. C'est précisément là que le travail de Sarah Baruc prend toute sa force.

Écrivaine, activiste, présidente de l'association 125 et après vous ne venez Sarah aujourd'hui avec votre dernier livre les hommes non plus n'aiment pas les cons et le sous-titre c'est et le féminisme ne se fera pas sans eux. Puis il y a aussi marqué euh 60 hommes et des milliers d'alliés au côté des femmes. C'est important.

C'est chez Harper Collins et c'est un regard différent comme on les aime. Bienvenue dans Parlons femmes. Sarah Parc.

Merci beaucoup. Avec plaisir. Sud Radio Parlons femmes.

Juditth Bellaire. Alors Sarah Parlons femme vous pose des questions. Vous êtes prêtes toujours ?

Quelle femme vous fait rêver ? Quelle Pardon j'ai pas Quelle femme [rires] vous fait rêver ? Vous étiez moyen prête hein. [souffle coupé] Ah bah Simon veille.

Ouais. Il y a quelle ? Ouais.

Pourquoi ? Il y en a d'autres quand même ? Euh oui, il y en a d'autres mais j'aime le fait qu'elle ait fait à ce point euh des actions qui ont permis aux femmes de changer de vie, aux hommes aussi quelque part de changer de vie et que elles ne se revendiquent pas du tout militante.

Ouais. Et ça, je trouve ça intéressant comme quoi pour elle le féminisme c'est un travail. Bien sûr, c'est vrai aussi.

Et ça ça vous correspond comme idée en fait ? Ben la manère dont vous placez dans dans votre combat vous-même. Oui, parce que finalement tant qu'on en fait quelque chose de politique, on clive la société.

Tant [raclement de gorge] que finalement on donne au féminisme une couleur politique ou une couleur défensive pour continuer à s'opposer à l'autre bord et cetera, bah on exclut les victimes et euh et on donne l'impression que c'est juste des considérations, alors des considérations politiques et importantes certes, mais que c'est pas central. pour euh la sociologie pour moins écoutable voilà que c'est et puis du coup on sort aussi des solutions très pragmatiques. Euh finalement ce qu'a fait Simon Veille c'est d'arriver avec un projet de santé h euh un projet social.

Je rappelle que l'avortement n'existerait enfin la possibilité d'avorter en tout cas en France n'existerait pas si Simon Vétait pas mêlé. Exactement. [grognement] Puis je disais la limite derrière aussi quand même très importante pour faire appliquer.

Est-ce qu'il y a un moment de doute qui vous a vraiment transformé Sarah ? Euh oui, je dirais peut-être mon premier avortement. H ouais.

Oui. Vous en parlez dans le livre d'ailleurs. J'en parle.

Euh en fait, j'ai eu l'impression de de devoir faire le choix entre la femme que je voulais être et celle que j'étais vraiment. Hm. Euh que finalement je rêvais d'être maman ou en tout cas euh peut-être je rêvais de correspondre à ce qu'on attendait de moi.

Hm hm. Et euh ma grand-mère a eu ma mère à 24 ans. Ma mère m'a eu à 24 ans.

Je suis tombée enceinte à 23 et je devais accoucher à 24. Ouais. Et je me suis dit bah en fait là est-ce que c'est pas maintenant que je renonce à tout ce qu'on attendait de moi ?

Et finalement c'est un peu une première décision de liberté. C'est un choix quoi. C'est un premier choix.

Je l'ai pas perçu comme ça tout de suite, mais je dirais que euh avec le temps, je comprends mieux mes choix ou mes choix ou mes incapacités. En fait, à ce moment-là, j'étais incapable de garder euh cet enfant seul. H, j'étais incapable d'affronter le alors ce qu'on ce qu'on me faisait passer pour une trahison parce que le père avec qui j'étais resté très longtemps et puis qui était parti voir ailleurs finalement voulait plus de cette relation et donc garder cet enfant signifiait le garder mal s'était lui imposé et donc j'avais l'impression d'être une traître d'être la méchante de l'histoire et c'était quelque chose que je n'assumais pas du tout du tout à ce moment-là.

Puis vous aviez peut-être conscience aussi que imposer un enfant à quelqu'un, c'est pas forcément un bon départ dans la vie pour l'enfant. Bien sûr. Et puis au-delà du fait qu'à ce moment-là, comme j'avais quitté le domicile qu'on partageait et rassembler mes affaires dans h sacs plastiques, enfin h sacs poubelles qui ça vous arrivait souvent hein de rassembler vos affaires dans des sacs poubell ouais.

Je bah du coup j'ai arrêté les sacs poubelles. [rires] Voilà, vous avez une valise maintenant. Voilà, il y a plus de sac poubelle dans la maison. [rires] Euh mais oui.

Et là du coup ils étaient rassemblés chez mes parents. H euh et moi je dormais sur le canapé. Donc je trouvais que c'était pas la meilleure configuration pour accueillir un premier enfant.

Euh que j'étais jeune et que j'espérais que la vie m'offrirait autre chose. Après, c'est pas du tout une critique. Il y en a qui se sentent mère avant tout, qui sont sûrs d'elle à ce niveau-là.

Mais moi, en fait, j'étais intérieurement pas suffisamment. Vra décision de faire un enfant toute seule. Oui.

Et puis j'en je n'en étais pas capable à ce moment-là. [raclement de gorge] H voilà, donc j'ai dû faire ce choix avec tout ce que ça Est-ce que ce serait pas ce jour-là que vous êtes devenu femme vraiment ? Ben quelque part oui.

Et en tout cas une femme différente de ma mère puisque ma mère quand je lui ai annoncé que j'étais enceinte et que j'allais sûrement pas le garder à totalement paniqué en me disant mais tu pourras plus jamais avoir d'enfant. H euh Ouais. Bon génération pas tout à fait informée.

Voilà donc on était quand même en 2003 donc là jugé vous pensez ou non ? Je pense que ma mère, elle est avec mon père depuis qu'elle a 15 ans, enfin 14 et demi, qu'elle a eu un homme dans sa vie, que elle a voulu trois enfants, elle a eu trois enfants et que du coup je très tôt j'ai été confrontée à des problématiques de femmes, mais que ni ma mère, ni ma grand-mère, ni les femmes autour de moi n'avaient connu dans leur vie. Donc une immense solitude euh au départ mais euh qui m'a forgé et euh qui m'a quelque part euh obligé à trouver euh des mères ailleurs que dans ma famille.

C'est beau. Quand on parle euh est-ce que Non, on va commencer par celle-là plutôt. Est-ce que notre société, elle aime vraiment les femmes puissantes selon vous, Sarah Baruc ?

Non, pas du tout. [rires] Pourquoi ? parce qu'une femme puissante, c'est perçu comme une menace souvent, mais c'est perçu comme une menace entre femmes aussi hein.

Personne vous en parlez aussi dans votre bou dans votre bouquin entre on parle effectivement du rapport des hommes aux femmes puissantes mais il y a un vrai problème de sororité et de et de de de quoi ? Parce que je ne connais pas ce mot. [rires] D'accord.

Donc donc les relations entre femmes sont en fait les femmes sont souvent celles qui désignent hein. C'est ça. Bah oui.

Alors on peut prendre des exemples, on va dire assez caricaturaux. Par exemple en Iran, les premières à dénoncer les femmes qui ne portent pas le voile, ce sont des femmes. Ouais.

La police de des mœurs, quoi. Voilà. la police des meurs est très très souvent aidé par les femmes elles-mêmes.

Euh en ce qui concerne l'excision, bah elle est pratiquée par des femmes. Euh alors là-dessus, les féministes rigoristes vous diront que c'est un système patriarcal, que finalement comme les femmes n'ont pas de pouvoir et bien entominer. Alors en Afrique, il y en a qui vous diraient que c'est plutôt un système matriarcal à la maison hein.

Donc c'est une question de point de vue ça encore. Voilà. Donc bon c'est une réponse qu'on me fait souvent mais que du coup la réponse c'est comme les femmes sont opprimées, dominées, du coup entre elles, elles exercent un pouvoir et donc la violence qu'elles qu'elles exercent parfois les unes envers les autres, c'est pas de leur faute.

Moi en fait tout mon discours, il est un peu à l'opposé. Je pense qu'on est toujours responsable de la violence qu'on exerce. Dominer, pas dominer et puis dominer par rapport à qui voilà.

Alors, vous nous en parlez du patriarcat d'ailleurs dans votre bouquin. Donc la question a pas vraiment de sens mais je vais quand même vous la poser. Quand on parle du patriarcat aujourd'hui, est-ce qu'on parle d'un système réel ou d'un symbole Sarah Baruc ?

Un peu des que oui et je dirais que tout l'enjeu de ce livre, ça a été en tout cas c'est ça existe le patriarcat. Oui. Euh dans les sphères de pouvoir, ben les femmes sont minoritaires euh que oui, il y a encore des réflexes qui sont patriarcaux, enfin tel qu'on l'entend dans la définition du patriarcat notamment, on le voit dans toutes les affaires médiatisées de viol, c'est systématiquement la femme qui espère récolter de l'argent en portant plain de pourviol quoi c'estàd que on par même pas 2 secondes à se poser la question les affaires, c'est comme ça ça la plupart enfin en tout cas c'est très rare. que la parole de la femme soit prise en compte au même titre que celle de l'homme aussi au même moment.

C'est que souvent Oui. Voilà, on preuves on attend des preuves, on attend que la victime finalement se défende aussi par rapport à l'opinion. C'estd qu'on n jamais au même moment, c'est-à-dire au moment où une affaire sort éclate la même considération envers la famille porte plainte qu'envers le pauvre accusé dont on gâche peut-être la carrière.

H voilà. Donc ça c'est un fait. En revanche de dire que la problématique des femmes sa cause c'est uniquement le patriarcat tel qu'on le définit dans notre société.

Ben non, c'est justement c'est multifactoriel et il y a pas une manière de l'envisager. Ça va du biologique au médical en passant effectivement par la structure de la société mais c'est pas la la seule problématique en tout cas des femmes. Et la manière dont on élève nos fils.

He je vous le recommande le livre de Sarah Baruc vous qui nous écoutez aujourd'hui les hommes non plus n'aiment pas les cons. C'est chez Harper Collins et c'est vachement bien justement parce que c'est des paroles d'homme. Oui hein.

Ça c'est important. Euh Sarah, dans 20 ans, quel combat vous espérez plus avoir amené ? Euh bah déjà euh dans pas très longtemps, j'aimerais bien arrêter de voir ma vie comme un combat.

C'est un peu le message de ma psy chaque chaque semaine, on peut faire la même chose mais de manière un peu plus apaisée. Vous allez jamais vous arrêter de combattre, j'ai l'impression par un bar. Oui, je je [grognement] Il y aura toujours un sujet.

Ouais. Bah un combat que j'aimerais bien qui n'existe plus, c'est finalement la non protection des enfants victimes d'inceste euh quand on sait que quasiment la moitié, en tout cas 41 à 42 % des cas d'inceste se produisent dans un écosystème, voilà, dans un écosystème de violence conjugale. Finalement, on se rend compte que oui, quand on veut faire mal à la mère, on fait mal à l'enfant.

Euh et j'aimerais bien qu'on croit un petit peu plus les enfants et les mères et que ces systèmes de comme on les appelle les mères protectrices qui se retrouve à devoir attendre 6 mois, 1 an qu'il y ait une enquête et que pendant ce temps-là, elles doivent continuer à remettre leur enfant chaque semaine au père, ça y est plus en fait. Hm. Qu'est-ce que être une femme vous a appris que rien d'autre ne vous aurait appris, Sarah Barru ?

Euh je dirais que il y a de la magie dans ce monde triste, que euh créer la vie, c'est de la magie. Hm. Voilà.

Et ça, euh je je l'ai ressenti moi dans mon corps. Alors, de la magie, ça peut être de la magie noire aussi, hein, parce que parfois là, on se demande "Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire Euh euh mais oui, je crois que en tout cas pour moi euh avoir bataillé comme j'ai bataillé pour avoir un enfant et euh et connaître ce moment où euh je me dis bah voilà, j'ai cette responsabilité et en même temps, je me suis tout de suite dit, c'était une phrase un peu spéciale, moi j'ai pris conscience de ma finitude quand j'ai eu ma fille. Vraiment, je me suis dit mais en fait voilà, je serai pas là pour voir toute sa vie.

H et du coup ça remet vachement à sa place. C'està-dire que avoir un enfant c'est la magie de la vie mais c'est l'humilité aussi. On comprend qu'on est de passage vraiment.

C'est vrai. C'est beau. C'est parlons femmes.

Sud radio avec [rires] Sarah Baruc. C'est l'émission qui vous raconte la puissance des femmes. Vous l'aurez compris.

On est avec Sarah Baruc et son son livre que je vous recommande he vraiment les hommes non plus n'aiment pas les cons et ben comme quoi on peut être féministe quand on est un mec. Et ouais restez avec nous. La Caisse d'épargne [musique] île-de-france pière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes.

Judit Beller. Parlons femme et parlons vrai sur Sud Radio comme chaque samedi à 13h30. Vous êtes avec Sarah Baruc aujourd'hui, activiste, écrivaine, présidente de l'association 125 et après c'est une association qui est contre les violences faites aux femmes.

Et puis ce livre les hommes non plus n'aiment pas les cons dont le sous-titre et le féminisme ne se fera pas sans eux et ça en aime bien et c'est chez Harper Collins. Alors on va décortiquer un peu votre livre Sarah. Déjà des chiffres des chiffres que vous nous donnez.

Les hommes représentent 96 % de la population carcérale française, sont auteurs de 99 % des viols, de 97 % des agressions sexuel, de 84 % des coûts et blessures volontaires et puis on peut continuer longtemps comme ça. La liste est très très longue malheureusement. Oui.

Voilà. Euh quand on on voit ça, un autre truc tiens, à l'échelle mondiale, environ 5100 femmes et filles ont été tué en 2023 par un partenaire ou un membre de leur famille, soit 140 par jour. toutes les 10 11 minutes euh c'est c'est enfin je veux dire c'était l'année que je cite c'est pareil tous les ans hein donc Ouais ouais ouais toutes les euh 10 minutes et demi en gros il y a une femme qui meurt d'être femme et qu'en général c'est exactement pareil pour les violences sexuelles.

Le mythe de l'inconnu qui vient tuer une femme ou violer une femme c'est totalement faux dans les séries quoi. Voilà c'est dans les séries, c'est dans irréversible. Enfin le viol c'est pas ça.

Le viol c'est à 75 % quelqu'un qu'on connaît régulièrement le mari ou l'ex ou avec qui on vient de se séparer mais on sait pas encore ou donc il y a une zone grise et puis pour les violences les féminicides c'est rarement un inconnu qui se dit "Allez, je vais aller choper de la femme ce soir quoi." C'est vous vous êtes une femme puissante Sarah. Ah bon ?

Ouais. [rires] Moi je le dis. D'accord.

Et vous êtes aussi une victime et vous aimez pas ce mot-là. Vous le dites dans le bouquin euh vous dites que vous aimez pas l'idée que les gens vous regardent à travers ce prisme- làà. Pourtant, ça fait aussi partie de vous et c'est ce qui vous donne votre force.

Est-ce que ça part de là chez vous, hein, quand même votre engagement ? J'ai abandonné, alors c'est peut-être ça la puissance. J'ai abandonné l'idée de vouloir imposer aux autres de me voir comme quelqu'un de fort.

H voilà, je j'ai totalement abandonner ça parce que oui, j'ai été victime de plein de trucs pas très drôles que normalement les féministes doivent affronter enfin doivent combattre pardon euh et que la plupart des femmes doivent affronter. Mais c'est vrai que quand on regarde dans nos entourages féminins, nos copines, en général, il y en a même une sur deux carrément qui a déjà connu une agression ou whatever quoi. Bah de toute façon déjà dans les transports, quasiment 90 % des femmes ont déjà été agressées ou été exposé à de la nudité ou menacé ou suivi.

Enfin, je veux dire même dans une société qui est censée respecter les droits universels de l'humain. qui je je vous raconte même pas dans d'autres pays où c'est pas le cas euh les femmes courent des des dangers en sortant et et on parlait du patriarcat tout à l'heure par exemple le problème des transports. Je commence d'ailleurs le livre en racontant une formation que j'ai fait auprès de chauffeur VTC qui était quand même assez saisissante euh où l'un d'entre eux m'a quand même sorti que le viol il croyait pas [raclement de gorge] ce qu'il avait essayé avec sa femme et que ça avait pas marché.

Voilà. Mais les transports, c'est pas uniquement le fait d'avoir peur dans les transports, c'est qu'aujourd'hui les femmes, la plupart du temps, elles vont se limiter dans leur épanouissement social. Si elles ont une sortie, que ce soit une sortie professionnelle ou personnelle, d'ailleurs après une certaine heure, elles ne vont pas prendre le métro.

Mais du coup, la sociabilisation a un coût pour elle qui n'est pas le même que pour les hommes. Et donc à la fin du mois, bah les femmes vont moins sortir que peut-être elles vont rencontrer moins de personnes clées pour leur travail parce que justement elles ne peuvent pas avoir une vie aussi mondaine que les hommes. Et donc tout ça en fait, il y a des effets secondaires je dirais qui sont pas les premiers dont on se rend compte mais qui impactent leur carrière et donc leurs moyens et donc leur émancipation.

Ouais, c'est un système hein. Quand on dit ça, c'est un système hè. Alors, vous avez un entretien euh dans ces 60 hommes, il y en a quelques-uns de de particulièrement intéressant dont un que pour lequel j'ai beaucoup de respect, c'est monsieur Boris Cyulnique, hein, qui est neuropsychiatre euh et qui nous explique qu'en fait la violence vient dans le ventre de la mer.

C'est-à-dire que euh une femme enceinte qui est stressée euh elle va secréter du cortisol et ça ça traverse le placentage. Ça ça modifie en fait le système dans lequel le bébé baigne. Et euh en fait c'est une niche sensorielle prénatale qui est pas sécurisée et qui fait que potentiellement par exemple si c'est un garçon ça peut devenir un garçon violent très rapidement dès l'enfance.

Exactement. Et en fait là juste que la mère soit bien hein. Ouais.

Mais vous touchez un sujet essentiel pour moi dans le féminisme, c'est qu'on a tendance toujours à regarder le féminisme à un niveau horizontal, c'est-à-dire à l'instant t euh une photographie de la société. Alors qu'en fait pour moi, le féminisme, il doit s'envisager dans le transgénérationnel et l'hérédité. Qu'est-ce que notre mère et notre père d'ailleurs n'ont pas compris et nous ont transmis ?

Donc avec quoi on s'est construit, qu'est-ce que je dois pour eux quoi ? que je dois dénouer pour eux et pour ne pas à mon tour transmettre euh à partir de quand je dois protéger un enfant et cetera. Et du coup, c'est pour ça que je n'aime pas cliver les femmes et les hommes parce que quand on attend un bébé, on choisit pas le sexe de l'enfant dans notre ventre.

Donc ce que l'on n pas bah finalement résolu soi-même, ben on le transmet. H c'est très intéressant. Et alors, il y a un autre homme auquel vous parlez qui s'appelle Joseph qui est entrepreneur dans l'attaque.

Il m'a fait il m'a beaucoup beaucoup amusé parce que [rires] en fait il nous explique que apprendre à dresser son sexe, c'est-à-dire à dominer son propre sexe pour les hommes, hein. Donc quand ça monte ou pas, l'érection, donc euh le fait de devoir dominer cela eux-mêmes, ça change complètement leur rapport justement au pouvoir et à la domination. et que c'est pour ça en fait comme ils doivent apprendre à dresser, on peut on peut pas dire le mot mais bon leur sexe euh du coup euh bah derrière ils dressent les autres quoi en fait.

C'est ça. Ben alors vous enfin moi il m'a fait mourir de rien. Très drôle.

Alors c'est je dis je dis quand même que c'est un repentier lui. Oui oui c'est un homme qui a été violent et qui est un grand entrepreneur dans la tech. C'est pas son vrai nom Joseph euh que je voulais moi interroger sur justement la place des femmes dans la tech et puis au bout de 3 minutes, il m'a parlé de son sexe et pendant 45 minutes, il n'a fait que ça.

Mais si on creuse un peu plus, moi je trouve ça très intéressant parce que à l'âge où finalement les garçons se mettent à vouloir discipliner leur organe génital et donc à être dans un rapport de performance et donc de maîtrise, les filles elles sont obligées de par leur corps d'adopter l'attitude inverse de lâcher-prise. C'est-à-dire qu'on ne sait jamais quand est-ce qu'on va avoir nos règles. La première fois, on sait pas et puis par la suite, on sait pas non plus, hein, qui n'a pas connu la chaise et le pantalon blanc qu'on aurait vraiment pas dû mettre ce jour-là.

Quand on perd les eaux, bah en général, on sait pas c'est quand. Quand on a finalement quand on allait être un enfant, on a démonté de lait, on ne sait pas quand. En fait, on a sans cesse des sécrétions qui nous prennent par surprise ou notre corps nous prend par surprise et dès l'adolescence, on doit accepter ce lâcher-prise vis-à-vis de de la nécessité humaine.

Alors que chez les hommes, c'est l'absolu contraire. C'est assez intéressant parce qu'on se dit que finalement si on les éduquait à avoir un rapport plus doux à eux-mêmes, en fait, ça changerait complètement leur rapport derrière aux autres. Bon, c'est assez logique ce que je vous dis.

J'ai envie de dire un mais mais oui mais en fait il y a c'est ce qu'il raconte très bien. Il raconte qu' c'est comme s'il avait une deuxième personne et d'ailleurs il lui donne un prénom et j'ai cru comprendre qu'il était pas le seul. [rires] Euh voilà.

Euh mais du coup ça devient presque au début cette c'est un ennemi qu'il faut faire sien quoi. Parce que incontrôlable et cetera et que les garçons entre eux à ce niveau-là sont pas tendres. h euh que finalement euh ben il se regarde, il se jugent, il se jauge et que c'est finalement le le boys club à tous les niveaux qui engendre de la violence.

Euh on commence à compter les filles au kilo pour plaire à la galerie. H c'est assez terrible ce que vous racontez. Il y a Harry El Malé aussi, c'est qui est comédien réalisateur et qui vous avez fait un entretien et lui c'est intéressant parce que pour lui être un homme c'est reconnaître que les hommes se sont pas toujours bien comportés quoi.

Oui. Alors il a aussi souvent en fait je me rends compte que les hommes prennent conscience de l'enjeu quand ils ont des filles et Harrier ben a une fille et euh et la plupart d'ailleurs hein ne sont plus les mêmes hein. il le raconte, le le jeune homme qu'ils étaient n'est pas le père qu'ils sont devenus.

Euh et Harrier, oui, il a cette lecture du poids du passé dans sa manière de percevoir la place qu'il a aujourd'hui. Et c'est vrai que en plus, il est dans un milieu du théâtre, du cinéma, de la télévision dont on a beaucoup entendu parler. Voilà.

Et puis il y a une forme de narcissisme qui qui l'assume totalement. Enfin, je veux dire, pour avoir envie d'être observé, filmé du matin au soir, euh, il faut s'aimer, il faut avoir un rapport à soi quand même. Euh, bon, souvent, ce sont d'ailleurs des enfants qui ont pas été beaucoup regardés et qui ont besoin de rattraper ça, donc qui sont dans un rapport au désir constant.

Enfin, c'est pas tout à fait euh la la même condition que quand on travaille dans une société d'ordinateur, quoi. Euh même si des agresseurs peuvent exister dans des sociétés d'ordinateur. Mais donc oui, Ariel lui, il le voit plutôt comme un héritage du passé pour lequel il se sent redevable. et j'ai trouvé ce discours assez intéressant parce que il fait pas non plus Calimero.

H euh il a toute une approche de la selfdéfense que je trouve intéressante. Et d'ailleurs, j'ai aussi interrogé un professeur de CR Maga [raclement de gorge] qui lui a une association où il finalement il défend, il a commencé en Inde, il a été appelé par les RA Brigad et il apprend aux femmes qui ont été violées à se se à se reconquérir elles-mêmes déjà par la self-défense. Et c'est toute une réflexion finalement de considérer le danger, non pas pour se percevoir comme une victime potentielle, mais pour se dire "Non, je suis capable de faire face, je suis plus forte parce qu'en fait j'anticipe." Sarah, je serais bien resté longtemps avec vous.

Je dépasse tout le temps. Ouais. Non mais on va être obligé de se quitter.

On va se quitter avec une phrase de vous qui est un peu parlons vrai sur Sud Radio. [rires] Le problème c'est pas le genre c'est les connards et les Oui heinar. Mais oui je mais on n'aime pas les cons sur Sud Radio non plus hein.

Je valide à 200 %. Le problème effectivement c'est les cons. Voilà je vous recommande je vous recommande tous et toutes.

D'ailleurs le livre de Sarah Baruc les hommes non plus n'aiment pas les cons. C'est chez Hper Collins. Le féminisme ne se fera pas sans les hommes et on est tous et toutes bien d'accord là-dessus n'est-ce pas ?

C'est aussi bah le le motif de parlons femmes he donner la parole à ces femmes puissantes qui ont été élevées aussi par des hommes, n'est-ce pas Sarah Baruc ? Exactement. Merci merci d'être venu partager.

À bientôt. On se retrouve nous demain pour cette excellent à 19h. Je remercie Quentin qui réalise pour vous aujourd'hui et moi je vous embrasse.

Bye. Sud Radio Parlons femmes. Judith Beller avec la Caisse d'Épargne Îlede-France. [musique]