La hausse des tarifs des mutuelles est justifiée, selon la Macif, pour qui revenir en arrière "n'est pas une solution"
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:09InvitéChiffre
« 8 ministres en 8 ans. »
- 4:23InvitéFait
« Les mutuelles répercutent tout ce qui leur est transféré. »
- 4:30InvitéPromesse
« Ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne. »
- 4:41InvitéChiffre
« C'est à peu près 4%. »
Temps de parole
- Invité62 %
- Présentateur38 %
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Bonsoir à toutes et à tous, ce soir dans l'invité éco, je reçois le directeur général de la Massif, Jean-Philippe Donneton, bonsoir.
Bonsoir Isabelle Raymond.
La Massif, son nom, son logo, on les a vus très très tôt, mardi matin, sur la voile du bateau du vainqueur du Vendée Globe, Charlie Dalin qui a franchi la ligne d'arrivée le premier, après 64 jours, 19h22 et 49 secondes, au-delà du record, de l'immense fierté et de l'émotion intense, on imagine, que peut procurer une telle performance pour vous comme sponsor. Qu'est-ce que cette victoire peut représenter concrètement, financièrement, comme retombée économique ?
Oui, on ne l'aborde pas sur ce sujet-là spontanément. D'abord, on vibre, il y a toute l'émotion, c'est un immense succès, c'est un immense monsieur et c'est une immense aventure. Et je crois que tous les Français et nos concitoyens l'ont perçu comme ça, au travers de leur télé, mais pas seulement, ils étaient des millions à venir voir le départ du Vendée Globe, ils étaient des milliers à braver le froid au moment de l'arrivée. Donc tout le monde aperçut qu'il y avait derrière une aventure humaine incroyable. Et puis il y a un sacré monsieur, c'est d'abord Charlie Dalin.
Vous étiez, vous, à l'arrivée du Vendée Globe ?
Ah oui, j'étais à l'arrivée.
Dans l'eau ?
Presque dans l'eau, en tout cas. Et j'avoue que j'ai encore cette émotion, je vibre. C'est un formidable monsieur, c'est un grand professionnel qui a préparé pendant 4 ans intensivement ce Vendée Globe. Il voulait le gagner, conception du bateau, réglage, tout est dans le détail. Et puis c'est un formidable stratège, c'est un type qui a des valeurs incroyables de fidélité, d'engagement, de loyauté.
Donc c'est une aventure humaine, sportive, mais ça reste une interview éco. Et donc ça m'intéresse forcément de savoir ce que ça représente pour un sponsor en termes de retombées.
J'imagine que vous pouvez le mesurer quand même un petit peu. Chaque euro investi, et je vous jure que je n'ai pas les yeux sur le compteur, chaque euro investi, évidemment, retrouve sa rentabilité. C'est des montants très raisonnables et c'est quelques centimes par sociétaire adhérent. Voilà ce que je veux dire.
Vous avez 5,8 millions de sociétaires et de clients.
Voilà. Et la vraie question, c'est est-ce qu'on est légitime à être sur l'eau ? Est-ce que la Massif est légitime à être sur l'eau ? Eh bien, elle l'est, parce qu'elle est le premier assurant de navigation de plaisance, parce qu'elle a une école de voile qui a formé des milliers de petits jeunes ou de parents qui accompagnent la SNSM, qui accompagnent Jean-Louis Etienne dans sa recherche sur les puits carbone dans l'Antarctique, qui, évidemment, s'investit dans la RSE, qui lutte contre les plastiques. Donc, notre légitimité, elle est totale.
En termes de valeur. Est-ce que vous avez de nouveaux clients qui ont vu, justement, qui ont vu le nom de la Massif sur la voile de Charlie Dalin pendant tous ces jours ? Très certainement, parce qu'elle est très visible.
Mais la Massif, c'est la marque préférée d'assurance des Français. Et cette notoriété-là, elle se bâtit sur notre légitimité et sur la confiance, et sur la cohérence de notre parcours.
Donc, vous ne regrettez absolument pas ce que je veux dire ?
Ah non, non, non, non. Et puis, vous savez, on est dans l'IMOCA et dans le Vendée Globe. Depuis des années, on avait déjà gagné avec François Gabart en 2012.
Oui, effectivement. Et est-ce que vous avez quand même eu des nouveaux sociétaires avec cette course ?
On peut l'imaginer, mais au fond, c'est un cercle vertueux. En tout cas, on nous remercie. On nous remercie de participer à cette aventure, de la rendre possible. Et je crois qu'il y a beaucoup plus de sponsors qu'il n'y en avait. Et on peut saluer aussi le second, Johan Richom, qui est de l'école.
Vous étiez second la dernière fois.
Voilà, on était second, tout en franchissant la ligne en premier. Et puis, Johan Richom, qui est de l'école Skipper Massif, eh bien, lui, avec Paprec, est arrivé second. Et c'est évidemment, pour les sponsors, un véritable retour d'image.
Alors, l'autre actualité, Jean-Philippe Donneton, c'est évidemment la hausse des tarifs des mutuelles. Cette année, les tarifs des mutuelles ont augmenté de 6% en moyenne, en prévision d'un transfert de reste à charge de l'assurance maladie vers les complémentaires. Sauf que, vous l'avez entendu, c'était aussi mardi, dans son discours de politique générale, le Premier ministre François Bayrou a dit qu'il revenait dessus. Est-ce que ça veut dire que cette hausse de tarifs, aujourd'hui, vous allez la rendre patient ?
Alors, moi, ce qui me frappe, déjà, c'est l'inconstance de la politique en matière de santé. 8 ministres en 8 ans. Alors, un coup, on transfère. Un coup, on transfère moins. Un coup, on fait de la grande sécu. Un coup, on revient en arrière. Donc, c'est l'inconstance. Et l'imprévisibilité dans notre métier, c'est vraiment un vrai drame.
Parce que les tarifs des mutuelles, ils augmentent au 1er janvier.
Ils augmentent, ils s'arrêtent bien avant. Et surtout, vous n'imaginez pas que les mutuelles répercutent tout ce qui leur est transféré. Ce n'est pas comme ça qu'on fonctionne. Et les mutuelles d'assurance, elles sont à peine à l'équilibre, même en déficit, selon les différentes études.
Ils ont augmenté de combien, du coup, les tarifs de la massif au 1er janvier ? En moyenne, en moyenne.
C'est à peu près 4%.
Donc, moins que la moyenne.
Notre credo, c'est l'accessibilité. Et donc, c'est le pouvoir d'achat. Donc, vous imaginez bien qu'on prend sur nous-mêmes, et on compense une partie de ces charges-là. Et il faut se dire aussi que sans ces mutuelles d'assurance, on n'aurait pas les filets de sécurité que l'on offre pour la population qui, évidemment, est exposée à ces situations.
Sauf que, du coup, qu'est-ce que vous allez faire, sachant que les transferts de charges ne vont pas avoir lieu ?
Vous aviez anticipé une hausse du ticket modérateur, notamment. Non, non, pas dans cette proportion-là. Et ensuite, je crois qu'il faut retenir l'idée positive qui a été soutenue par le Premier ministre, d'une vision sur un plus long terme. Et la vision, coup par coup, n'est pas une bonne solution pour le monde de la santé. Donc, il faut imaginer une vision pluriannuelle, et c'est ce qui est proposé.
Donc, c'est-à-dire que cette hausse des tarifs, vous pensez qu'elle est justifiée, qu'elle correspond à la réalité du coût des soins, et donc, il n'est pas question de la rendre, entre guillemets, aux patients,
puisqu'elle est indépendante du transfert de compétences.
C'est ça que vous êtes en train de me dire ?
Absolument, parce que les soins sont en augmentation, en nombre et en valeur. La population vieillit, le coût des médicaments augmente, le coût des services augmente également. Ça, c'est une réalité. Et les mutuelles complémentaires, qui ont eu beaucoup de transferts de charges, aujourd'hui, sont à peine à l'équilibre, voire en déficit. Donc, ce n'est pas une solution.
En gros, ce que vous dites, c'est que vous ne faites pas de l'argent sur le dos des patients ?
Non, absolument pas.
Sauf que la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, a dit dans la foulée de ce discours de politique générale qu'elle voulait récupérer cet argent de l'ordre d'un milliard. Est-ce que vous avez discuté avec ces services ? Qu'est-ce que vous lui répondez ? Non, pas encore.
Et on évoque dans les médias une taxation.
Alors voilà, c'est effectivement ma prochaine question. Est-ce que vous craignez une taxe sur le modèle de la taxe Covid ?
Alors, qu'en représente la taxation aujourd'hui sur les contrats santé ? Eh bien, c'est deux mois de votre contrat de santé individuel. Voilà. Chaque adhérent paye à peu près l'équivalent de deux mois en taxe. Alors, on peut toujours imaginer d'en rajouter. Mais si on considère que la santé est un besoin élémentaire et un besoin premier, on verrait plutôt un ordre décroissant.
Donc, ce que vous dites, c'est que cette taxe, elle n'a pas lieu d'être.
Elle n'a pas, en tout cas, de légitimité. Et elle crée un risque pour nos concitoyens d'exposition à une taxe supplémentaire. Car, indirectement, vous voyez bien que l'acteur qui soit en assurance complémentaire risque de répercuter cette taxe.
Donc, vous la craignez, cette taxe, aujourd'hui, Jean-Philippe de Gnoton ?
Je la crains. Je la crains pour nos concitoyens. Et je dis qu'ils payent déjà l'équivalent de deux mois de leur contrat. Faut-il qu'ils en payent plus ?
Est-ce que vous avez parlé avec vos autres confrères mutualistes ?
Écoutez, c'est encore très frais, mais les positions des fédérations sont claires et alignées sur cette analyse-là.
Et donc, si je résume, la hausse des tarifs de l'ordre de 4% pour la Massif sont justifiés et il n'est pas question d'une taxe sur les mutuelles cette année.
En tout cas, ce n'est pas notre recommandation. Et nous nous inscrivons plutôt dans la logique d'une vision pluriannuelle du financement de la santé.
Merci beaucoup, Jean-Philippe de Gnoton, directeur général de la Massif. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir.
Merci à vous. Merci.